oOOo MOIS 9 oOOo

Cela faisait un mois qu'ils avaient préparé les sacs pour la maternité, depuis qu'ils avaient fini la chambre. Et maintenant le stress était là, en permanence, surtout pour les papas. Lydia, de son côté, ne rêvait que d'une chose : La libération ! Elle n'en pouvait plus, elle trouvait le temps beaucoup trop long, c'était horrible. À croire que ces petits bouts voulaient rester au chaud le plus longtemps possible.

Et les petiotes n'avaient pas tort de vouloir rester au chaud, car il faisait bien froid par ce mois de décembre. Ce fut d'ailleurs dans ce froid que la meute fêta noël, tous ensemble, au manoir Hale pour que Lydia n'ait pas à se déplacer, et parce que c'était assez grand pour accueillir tout le monde. Même ceux qui s'étaient éloignés de la meute comme Isaac ou Liam et Mason, qui étaient partis étudier, étaient revenus pour les fêtes. Ce fut la plus longue veillée de Noël de la vie de Lydia. Pas que l'ambiance n'était pas là, au contraire, mais elle avait eu l'impression de ne faire que bâiller et elle avait refusé de partir se coucher avant que les invités ne soient partis.

Pour le vingt-cinq, les futurs parents avaient simplement invité les futurs grands-parents, à savoir madame Martin, Shérif Stilinski et psychopathe Hale. Lydia avait grandement insisté pour que Peter soit de la partie et Derek avait hésité uniquement le temps de voir le regard noir de Stiles qui semblait lui dire « Fais gaffe à ta réponse ».

Finalement, tous furent surpris de l'entente des trois futurs grands-parents (ou grand-oncle) ils avaient parlé de leur propre expérience entre eux et avec les plus jeunes, que ce soit le sujet de la grossesse ou de l'éducation des enfants, le sujet semblait intarissable. Et ils avaient bien sûr amené des sujets embarrassants sur la table, surtout pour certains.

Stiles, qui avait l'habitude de se ridiculiser, n'avait pas réagi quand son père expliqua les bêtises qu'il avait faites plus jeune, comme la fois où il avait effrayé ses parents, racontant qu'il avait vu un loup à côté de la maison. Les Stilinski, effrayés, l'avaient fait rentrer en vitesse et avaient fait des recherches. Ce fut ce jour-là que Stiles apprit qu'il n'y avait plus de loup dans la région depuis les années 1950. Finissant son histoire, John ouvrit de grands yeux en regardant Peter et Derek alternativement.

-Mais alors... Avait chuchoté le shérif.

Mais avant que quelqu'un ne prenne la parole, Stiles fit un geste de victoire.

-Ha ha ! Tu vois je n'avais jamais menti ! Dit-il en pointant un doigt accusateur sur son père.

Le Shérif, dépité de n'avoir jamais cru son fils, se contenta d'écouter l'histoire de madame Martin. Et il fallait l'avouer, Lydia avait passé son moment de gêne avec brio. La fille avait raconté comment sa mère avait pris une cuite et dansé sur la table il y a plusieurs années à Noël, après que sa mère ait raconté le jour où elle avait enlevé sa couche sale sous la table d'un restaurant.

Le pire moment fut pour Derek, ou Peter, dont le plus jeune se vengerait. Car dans l'euphorie, l'oncle n'avait pas pensé aux conséquences de son acte en racontant le jour où il avait offert son premier cadeau à Derek. C'était pour l'anniversaire de ses un an : il avait apporté un cadeau et Derek s'était réjoui, tapant dans ses petites mains. Mais, quand il l'avait ouvert et qu'un clown sur son ressort avait surgi en faisant du bruit, le petit garçon avait sorti tous ses apparats de petit loup et il avait balancé le cadeau*. Après cela il s'était mis à pleurer dans les bras de Talia alors que Peter rigolait à gorge déployée, fier de lui. Encore en train de rire de ce souvenir, Peter ne vit pas le regard de Derek qui lui disait « Tais-toi, maintenant ! » et il continua sans même s'en apercevoir :

-C'est depuis ce jour qu'il a la phobie des clowns. Le pauvre, la tête qu'il a fait quand ils sont allés au cirque pour sa rentrée au collège, il a pleuré pendant tout le trajet. Il n'est même pas rentré dans le chapiteau, la prof avait dû appeler Talia. Et la fois où il avait seize ans et qu...

Peter, se rendant compte que plus personne ne rigolait, releva la tête pour voir les visages surpris qui dévisageaient Derek.

-Oups. C'était un secret ?*

Après cela, ce fut comme si on avait appuyé sur un bouton. Tout le monde se mit à rire, enfin tout le monde sauf Derek qui s'enfonçait dans son siège. Il savait qu'un jour cette histoire ressortirait, et cela insupportait le loup. Mais au fond de lui il était heureux que la découverte ne se soit pas faite alors qu'il croisait un clown. Au moins là, il pouvait rester aussi digne que possible.

Ce fut Lydia qui les fit s'arrêter de rire, se plaignant d'avoir mal. Derek fut le premier à réagir puisqu'il ne rigolait pas. Il se précipita à ses côtés, l'assaillant de questions.

-C'est une contraction ? Tu as mal ? Il faut appeler Melissa ? Aller à l'hôpital ? Pourquoi tu ne réponds pas ?

Derek marqua une pause, et repris contenance avant de reprendre la parole :

-J'ai recommencé.

Sa dernière phrase était bel et bien une affirmation. Il devenait pire que Stiles quand il était question des bébés, il trouvait cela terrifiant. Une fois tout le monde plus ou moins calmé, Lydia les rassura. Ce n'était que parce qu'elle avait trop rigolé, mais Derek insista pour l'emmener à l'hôpital, (il en profita surtout pour éloigner le sujet Clowns). Une fois là-bas, avec enfin un médecin à disposition, elle fut auscultée et les papas stressés furent rassurés, cela sous le regard narquois de Lydia qui semblait dire « Je vous l'avais bien dit. ».

Après la fin des réjouissances des fêtes de Noël et de ses péripéties, Lydia avait trouvé que les journées étaient de plus en plus longues, comme si quelqu'un s'était amusé à ralentir le temps. Chaque heure était d'un ennui mortel. Bien sûr, il y avait toujours Stiles ou Derek pour pallier son ennui mais c'était pas réellement efficace. Les deux étaient bien trop souvent stressés pour qu'elle trouve leur compagnie réellement agréable.

Ce matin-là, trois jours après noël, les garçons étaient en train de faire les ongles de Lydia sous les recommandations de celle-ci (Entendez ordre). Derek faisait avec une grande concentration, prouvé par ses sourcils, les ongles de sa main droite, et pendant ce temps Stiles faisait ses orteils.

-Stiles, fait attention un peu ! On dirait que j'ai trempé mes orteils dans le pot ! Regarde, prends ex...

Seul un sifflement conclu la phrase de Lydia. Empêchant Stiles de savoir sur qui prendre exemple, bien qu'il se doutait que c'était de Derek qu'il faillait s'inspirer. Il continuait donc toujours sa tâche périlleuse quand il entendit Derek :

-Lydia ? Ça va ?

-Oui, ce n'est rien, continuez.

Derek fronça les sourcils mais continua sa tâche en commençant la seconde main de la jeune femme avec la même concentration. Et alors qu'il tentait de faire le dernier ongle, il vit avec surprise des veines noires passer de Lydia à son bras.

-Lydia ?! Qu'est-ce qu'il se passe ?

Cette fois, tout le monde était concentré sur la future maman. Stiles avait même laissé tomber le second pied qu'il avait à peine commencé. Il fit glisser son regard de son amie à son amant plusieurs fois, semblant ne pas comprendre. Mais ce ne fut pas le cas de Derek qui avait compris immédiatement ce qu'il se tramait.

-Combien de temps ? Ça fait combien de temps que tu as commencé à avoir des douleurs Lydia ?

-Quoi des douleurs comme... Comme... La fin de sa phrase ne franchit jamais la bouche de Stiles.

-Combien ? Redemanda Derek.

Lydia eut la décence de paraître gênée avant de prendre son temps pour choisir ses mots.

-Quand vous m'avez coiffé tout à l'heure ?

-On t'as coiffé il y a deux heures Lydia ! La voix de Stiles était horrifiée.

Ce fut à partir de ce moment-là que la panique commença, bien que Lydia ait tenté de les ramener à l'ordre pour leur rappeler les recommandations du médecin, comme « restez cool, ne stressez pas » mais il semblait que rien ne pouvait atteindre les deux hommes. Elle attendit donc patiemment sur le lit qu'ils aient fini de courir partout à la recherche des sacs ou des clés de voiture perdues. Quand ils eurent enfin toutes les affaires chargées dans la voiture, Derek et Stiles prirent place à l'avant du véhicule.

-Lydia ! Hurla Stiles, alors que Derek était en train de démarrer.

L'homme derrière le volant fit caler la Toyota, se demandant pourquoi diable Lydia n'était pas dans la voiture. Les deux hommes, d'un commun accord, se mirent à courir jusqu'à la maison, puis se dirigèrent à l'étage, direction la chambre de la jeune femme. Quand ils poussèrent la porte de la chambre, ils soufflèrent de soulagement à l'unisson. Elle était bien là, et en pleine forme.

-Alors, vous avez oublié quelque chose les garçons ?

Après ces rebondissements, les trois parents partirent enfin ensemble à la maternité. Une fois là-bas, Melissa les accueillit directement, grâce à Stiles qui l'avait prévenue de leur arrivée, et après les avoir installés dans une chambre elle embrassa Lydia.

-J'appelle Scott, il préviendra ta mère et ton père, annonça-elle en regardant alternativement Stiles et Lydia, et la sage-femme arrive bientôt, d'accord ? Elle se tourna vers les garçons et reprit : et vous, faites en sorte qu'elle se repose. Elle doit être en forme pour quand ce sera le grand moment. Et surtout arrêtez de stresser.

Les heures suivantes furent encore plus longues et lentes que toutes celles qu'avait vécues Lydia. Elle était heureuse qu'il y ait ses hommes et sa mère pour l'accompagner. Cela faisait déjà huit longues heures qu'elle sentait les douleurs se rapprocher de plus en plus depuis la première douleur qu'elle avait ressentie pendant la séance de coiffure. Elle n'en pouvait plus, à chaque fois que sa sage-femme venait, elle espérait que ce soit le moment. Mais à chaque fois c'était une nouvelle déception.

Ce ne fut qu'une heure plus tard, vers dix-neuf heures que la vieille sage-femme annonça la bonne nouvelle :

-C'est le grand moment pour la maman !

Lydia souffla de soulagement malgré la douleur toujours présente et la sage-femme l'amena enfin en salle d'accouchement. Elles étaient suivies de près par les deux papas qui n'arrivaient plus à se lâcher la main l'un l'autre. Ce fut une fois devant la porte battante de la salle que la sage-femme posa la question qui fâche :

-Qui est le papa ?

Les papas pris au dépourvu, bafouillèrent des paroles incompréhensibles alors que les deux Martin présentes la fusillait du regard. Finalement, Derek reprit ses esprits et répondit en premier :

-Nous... Nous sommes tous les deux les futurs papas.

La sage-femme, dont le visage ne revenait décidément pas à Derek ni à personne d'autre, leva les yeux au ciel avec un air tout à fait condescendant avant de prendre la parole :

-Alors décidez-vous vite Messieurs parce que je n'en veux qu'un seul à l'intérieur.

-Mais... commença Derek avant d'être coupé par son compagnon.

-Vas-y Derek, discute pas, ça va aller.

Le jeune homme lâcha la main qu'il avait gardée jusque-là et s'approcha de Lydia pour l'embrasser sur le front. Quand il fut à ses côtés, Lydia fut horrifiée : elle voyait distinctement la souffrance et la détresse que Stiles tentait tant bien que mal de camoufler et alors qu'il commençait à reculer de quelques pas pour laisser la sage-femme prendre place, Lydia se mit à crier :

-Je vous préviens vieille bique que s'ils ne sont pas tous les deux avec moi dans cette pièce je v- ARRRGH je vous coller un procès !

La sage-femme capitula vite face à la colère de la jeune femme. Elle était pourtant habituée aux jeunes femmes en colère, cela faisait des années qu'elle pratiquait. Mais quelque chose dans l'aura de la jeune femme la retint de le lui refuser.

oOOooOOo

C'est le moment, on est trop à l'étroit on veut sortir de cette chaleur rassurante, faire entendre nos voix nous aussi. Voir enfin ceux qui nous ont accompagnées, pour les toucher, les sentir. Être avec eux. Ensemble.

Lydia essayait de se rappeler les conseils qu'ils avaient donnés au cours prénatal, mais elle n'y arrivait pas. La douleur était horrible et ce malgré la main de Derek dans la sienne qui prenait discrètement sa douleur. Elle écoutait la voix de Stiles qui la rassurait dans son oreille, puis dès que c'était le moment, elle poussait comme lui demandait la sage-femme. Pousser et encore pousser, broyer la main de Derek, sans culpabiliser, il guérit de toute façon. Elle avait de plus en plus de mal à reprendre son souffle mais elle respirait en rythme avec celui indiqué par Stiles.

Puis, plus rapidement qu'elle ne le pensait, elle sentit que le bébé était sorti, et elle entendit ses cris. Elle n'avait jamais entendu un aussi beau son. Derek, ému, regarda sa première fille, inspirant une bouffée de son odeur de bébé, puis il coupa le cordon quand on le lui demanda. Lydia vit dans un état second qu'on lui posait sa fille dans ses bras, elle ne voyait plus qu'elle. Mais ce moment fut vite interrompu par la voix nasillarde de l'infirmière :

-Allez, on ne se ramollit pas, il y en a encore une qui veut sortir.

-Plus jamais, plus jamais...

Mais malgré ses paroles, Lydia recommença le même manège, pousser, respirer, pousser, respirer, broyer la main, pousser. Elle voulait en finir, et vite. Elle voulait qu'on lui donne ses filles. Elle voulait les avoir contre son cœur. Et son vœu fut exaucé quelques minutes plus tard.

Elle avait eu l'impression que pour la seconde, ce fut plus facile mais elle pleura tout autant de douleur et de joie quand elle entendit son premier cri se mêler à celui de sa sœur qui s'était calmée. Stiles, les larmes aux yeux, coupa le cordon avec l'aide de Derek quand celui-ci lui mit les ciseaux entre les mains.

Enfin, la sage-femme, après avoir pesé et mesuré les bébés, les posa à même la peau de Lydia pour la première tétée. Stiles pleurait maintenant autant que Lydia, lui embrassant ses cheveux humides de sueur. Derek lui, bien qu'aucune larme n'était là, était totalement et entièrement chamboulé. Il sentit une envie impériale qui lui disait de hurler à la lune, qu'il savait pleine dehors. Tous les trois ne cessaient de fixer leurs filles magnifiques et en pleine forme.

Ce ne fut que lorsque leur ivresse de bonheur leur laissa un peu de répit que Stiles se tourna vers Derek. Croisant enfin les yeux de son compagnon, il lui sauta au cou. Derek inspira l'odeur de celui-ci, alors Stiles ne cessait de lui parler à son oreille :

-On est papas... Elles sont là mon loup. Regarde comme nos filles sont belles... On est papas.

Sur ces paroles, Derek s'éloigna de Stiles, pour mieux se rapprocher ensuite, et l'embrasser avec une passion authentique et sincère. La sage-femme qui s'occupait toujours de la délivrance de Lydia les regarda d'un œil mauvais. Ce n'était pas naturel comme famille selon le vielle dame. Mais cette famille atypique n'avait que faire de son jugement. Ils étaient là, ils s'aimaient, ils étaient heureux. Lydia était heureuse, leurs filles tétaient avec bonheur. Personne ne leur enlèverait ce bonheur, rien ne changerait cela. Ils traverseront tous les obstacles que la vie leur mettrait, ENSEMBLE.

oOOo FIIIIN oOOo

* « le petit garçon avait sorti tous ses apparats de petit loup et il avait balancé le cadeau. » inspiré d'une bd de « monkeyelbow » sur tumblr vous la trouverez à cette adresse : http (deux points slash slash) www (point) tumblr (point) com (slash) tagged (slash) peter-hale-gifts Voilà c'est une petite perle, j'adore.

* « Oups. C'était un secret ? » et VOILÀ le secret de Derek Hale enfin dévoilé, il a la phobie des clowns ! Merci à Uki-96 pour cette merveilleuse idée !

NdlA : Ça y est c'est finiiiiii ! Quoi ? Comment ça ? Les prén... j'entends pas les quoi ? Prénoms ? Non je vois pas de quoi vous parlez héhéhé... Il est possible que vous receviez un faire-part d'ici peu... Je dis ça je ne dis rien, rien n'est moins sûr...