Pour ce chapitre, je conseillerais « Il y a je t'aime et je t'aime » de Quentin Mosimann comme musique de fond. Après vous faites comme vous voulez bien sûr mais c'est ce que j'ai écouté en boucle pendant l'écriture !

Je sens que beaucoup ne vont pas aimer ce chapitre !

Vous avez pas mal parié sur le fait que c'était Draco ou Ginny qui les découvrait. La réponse de suite :

Bonne lecture.

Chapitre 10 :

Ron.

Son meilleur ami était là, dans le couloir, en pleine nuit, l'air aussi étonné que lui, et Harry ne savait vraiment plus quoi faire. Il resta immobile un instant, incapable de trouver une idée. Il avait encore un maigre espoir que le rouquin n'ait pas compris pour lui et Severus.

- Toi ! Tu… Avec lui !

Ouais, espoir totalement anéanti. Ron semblait rouge, autant de confusion que de colère. Il bafouilla un instant et finit par repartir en courant.

- Attends ! Ron !

Sans hésiter, Harry se mit à le suivre, faisant un geste d'excuse à Severus :

- Ne bouge pas, je reviens. Je veux juste lui parler cinq minutes. Je fais vite.

Snape acquiesça, furieux contre Weasley. Les Gryffondors avaient vraiment le chic pour l'énerver. Il se posa à la fenêtre, admirant la vue en attendant que son amant revienne. Depuis quand il obéissait lui d'ailleurs ?

- Ron ! Reviens s'il te plait !

Le roux avait beau être plus grand, Harry avait d'avantage l'habitude de se balader dans les couloirs en pleine nuit, il réussit donc à le rattraper. Il lui attrapa le poignet, le forçant à se retourner mais Ron se dégagea vivement, comme s'il s'était brulé.

- Fous-moi la paix !

- Mais écoute-moi !

- Non ! Je n'ai pas envie du tout d'entendre ce que tu as à me dire. Tu… Tu te tapes Snape merde ! Je ne savais même pas que tu l'aimais ! Comment…

- Ce n'est pas si simple, tenta Harry.

- Oh mais si ! C'est très simple au contraire. Tu couches avec ton pire ennemi, encore en vie, celui qui a fait de nos vies scolaires un véritable enfer et tu nous le caches bien ! Tu…

Ron n'ajouta rien de plus et se mit à courir de plus belle dans les couloirs. Harry renonça à le poursuivre. Il savait que ça se finirait comme ça, enfin il s'en doutait. Mais il n'imaginait pas que ce serait aussi dur, ni aussi violent. Il pensait que Ron le prendrait mieux que ça, après tout il était au courant des penchants de Harry. Après c'était compréhensible qu'il ait été choqué par l'identité de son amant mais la réaction avait peut-être été exagérée. Et il aurait pu laisser son meilleur ami s'expliquer.

Harry retourna vers Severus. Celui-ci n'eut pas besoin de poser de questions, il pouvait lire toutes les réponses sur le visage du plus jeune. A son approche il ouvrit les bras. Harry fut plus qu'heureux de s'y blottir, enfouissant sa tête dans le cou de son aîné.

- Tu veux toujours passer le reste de la nuit avec moi ? demanda Severus.

- Oui… de toute façon je ne serais pas le bienvenu au dortoir. Puis je dors mieux dans tes bras.

Severus ne put retenir un sourire en lui embrassant tendrement le front.

XXX

Enfin il avait beau dire ça, Harry n'avait pas passé la meilleure des nuits non plus. Severus avait été gentil et n'avait pas reparlé de ça. Il s'était contenté de le serrer contre lui

Au final Harry s'était levé en même temps que le soleil, laissant dormir son aîné, et de fait, était arrivé le premier dans la Grande Salle. Il s'assit à la table des Gryffondors et attendit sans manger. Les élèves se mirent à arriver petit à petit, souvent encore ensommeillés. Neville fut le premier de ses amis à le rejoindre. Il le salua distraitement et s'assit à son tour, menaçant de tomber dans son bol.

Quand Ron arriva, Harry redressa la tête, mais son meilleur ami se mit au plus loin possible et évita son regard. Cela mit un coup au cœur du brun. Cela lui rappelait sa quatrième année quand Ron lui avait fait la gueule parce qu'il ne le croyait pas. Ils étaient revenus au même point des années après. Sauf que cette fois Ron n'avait même pas cherché à entendre ses explications. Non pas qu'il l'aurait cru mais bon.

L'estomac noué, Harry quitta la table sans rien avaler. Il faillit percuter Hermione devant la porte.

- Harry ? Ça ne va pas ?

- Je… Désolé mais je ne me sens pas bien…

Il ne savait pas ce qu'il pouvait lui dire. Et Ron se ferait un plaisir de lui raconter ce qu'il avait vu. Alors autant attendre.

Perdu, Harry sortit prendre l'air. Il se mit à réfléchir. Il était bien avec Severus et n'avait aucune intention d'arrêter avec lui. Il devait dire ça à Ron. Mais il faudrait lui expliquer que la terreur des cachots n'était pas celui qu'il semblait être, lui dire comment ils s'étaient rapprochés. Et pour ça il faudrait qu'il avoue avoir menti en disant qu'il allait bien et ne faisait plus de cauchemars. Et s'ils ne le détestaient pas pour avoir menti sur sa relation, ce serait à propos de toutes les cachotteries depuis le début de l'année. Même si cela partait d'une bonne intention, pour ne pas les inquiéter, cela ne changerait rien.

Une demi-heure avant le début des cours Hermione le retrouva à proximité des serres. Elle resta un moment à ses côtés sans rien dire, se contentant de regarder le même point d'horizon. Le silence pesant finit par faire craquer Harry :

- Ron t'a raconté.

- Il m'a dit ce qu'il a vu en effet. Et aussi ce que tu lui as dit. A savoir que « ce n'était pas simple ».

- Toi aussi tu es contre c'est ça…

- Non, pas contre. Je n'ai rien contre le fait que tu sois avec un homme, expliqua la jeune sorcière. Et je me doute que si tu es avec le professeur Snape c'est que tu as confiance en lui. Il doit être différent avec toi qu'en cours. Non je suis juste déçue.

- « Déçue » ?

Harry se retourna vers son amie. Il avait un peu de mal à comprendre. En quoi sa relation pouvait la décevoir ?

- Oui, déçue par ton attitude.

- Ah…

- Tu nous as menti Harry. A nous, tes meilleurs amis. Tu ne nous as rien dit sur ta relation, qui a l'air d'être sérieuse en plus.

- Je ne pouvais pas Hermione ! Comment tu veux que je vous dise ça ?

- Normalement. Tu nous aurais expliqués, on aurait accepté ! Tu es notre ami. Tu ne le comprends pas ça !

Le ton commençait à monter entre eux. Harry savait qu'Hermione avait raison mais pour le moment il avait juste besoin d'évacuer. Il savait que ce n'était pas la bonne solution pourtant il ne pouvait s'en empêcher.

- Qu'est-ce que tu voulais que je vous dise ? demanda Harry à la limite de crier. Vous avez vu combien je me sentais mal ! Je fais des cauchemars toutes les nuits, je me réveille en tremblant, j'ai des absences. Le seul moyen de me calmer était de m'éloigner, de me vider la tête. Là Severus m'a trouvé, là Severus m'a aidé. Il m'a compris.

- Tu ne nous as pas laissé t'aider ! Comment est-ce qu'on peut deviner ? Nous ne sommes pas devins non plus et tu dois avouer que tu as tout fait pour nous le cacher à la perfection. Tu te poses en victime mais ça n'empêche tes mensonges ! Tu n'es pas totalement innocent.

Harry voulut ouvrir la bouche pour répliquer mais ne trouva rien à dire. Hermione avait raison, comme toujours. Il avait merdé. Ses larmes se mirent à couler sans bruit. La jeune femme le laissa évacuer sans rien dire.

- Et est-ce qu'au moins tu es heureux avec Severus ? demanda t-elle d'une voix plus calme une fois Harry apaisé.

- Oui, répondit le brun d'une voix encore un peu étranglée. Je ne saurais pas t'expliquer mais on s'entend plutôt bien. C'est étrange.

- Malgré tout je suis contente pour toi. Je trouve ça bien pour toi que tu trouves quelqu'un avec qui tu peux être. Et c'est bien pour lui aussi. Depuis… depuis combien de temps êtes-vous ensemble ?

- C'était au début des vacances de Noël. Deux semaines en gros. Et… lui ne voulais pas que ça se sache.

- Mais… tu es sûr de toi ? hésita Hermione.

- Je l'aime.

Harry sembla aussi choqué qu'Hermione par ses paroles. Elle, parce qu'elle ne s'attendait pas à un sentiment aussi fort entre les deux hommes et lui parce qu'il venait tout juste de s'en rendre compte. Mais oui il l'aimait.

- Excuse-moi… Je… Il faut que j'y aille.

Le Gryffondor planta là son amie et se mit à courir vers le château. Il devait voir Severus au plus vite. Sur le chemin il se mit à réfléchir. Comment avait-il fait pour ne pas remarquer ses sentiments ? C'était pourtant tellement évident ! Il cherchait toujours le professeur des potions des yeux, se sentait bien qu'avec lui ces derniers temps, il s'était confié à lui. Il s'était donné tout entier à Severus sans la moindre hésitation. Mais il n'avait pu voir ce que renfermait vraiment son cœur, trop obnubilé par ses peurs.

Au plutôt il n'avait pas voulu le voir. Il avait tellement souffert des pertes qu'il s'était forcé à ne plus aimer. Pourtant on ne pouvait donner d'ordres au cœur et l'amour y avait fait sa place.

A présent il avait juste besoin d'en parler à Severus.

XXX

Pour sa part, la terreur des cachots avait aussi pas mal cogité. Quand il s'était réveillé Harry n'était déjà plus là, la porte claquait derrière lui. Aucun mot, aucune explication. Il l'avait alors pris comme le signe que le jeune homme n'allait plus revenir. Après tout c'était normal. Ron et Hermione allaient lui ouvrir les yeux, lui montrer à quel point il avait eu tort. Mais oui, Severus Snape n'était qu'un vieux, acariâtre, sans cœur, c'était bien connu. Harry avait fait une connerie, une erreur de jeunesse et ce serait vite oublié. Dès que le jeune était revenu vers lui après avoir couru derrière la belette rousse, le professeur avait pressenti que ce serait sa dernière nuit à ses côtés. Et se réveiller seul en avait été la preuve.

L'esprit confus, Severus s'était forcé à se lever, à agir comme d'habitude. Il n'était pas allé manger, il savait qu'il n'aurait rien pu avaler. Et il n'avait pas envie de se mêler aux autres.

Il entendit du bruit dans le couloir et releva la tête au moment où Harry débarquait dans son salon, l'air paniqué, perdu, presque honteux. A cet instant Severus comprit. C'était fait, il allait retourner à sa solitude. Mais il ne comptait pas se laisser faire. Oh non, il ne serait pas malmené sans rien dire. Il avait quand même un minimum de fierté.

- Severus, j'ai quelque chose à te dire…

- Pas besoin, le coupa le professeur.

- Que…

- Maintenant que Mr Weasley est au courant, je ne tiens plus à poursuivre notre relation.

C'était décidé, il prendrait les devants. Tant pis si ça devait lui faire mal, tant pis s'il souffrait, Severus refusait de se faire jeter comme un malpropre. C'était dur mais nécessaire. Car il pouvait supporter beaucoup mais pas l'humiliation publique. Il se força à redresser la tête et pinça les lèvres.

De son côté Harry était choqué, dans l'incapacité de bouger ou même d'articuler le moindre son. Il ne comptait pas plus que ça alors ? Alors qu'il venait enfin de se rendre compte de ses sentiments, il se faisait jeter.

Bien vite la colère prit la place de la tristesse.

- C'est tout ? Je n'étais qu'un plan baise pour toi ! C'est ça n'est-ce pas ?

- Non, bien sur que non.

- Pourtant c'est ce que tu insinues fortement ! s'emporta le Gryffondor.

- Jamais de la vie !

- Je n'ai été pour toi qu'un moyen de passer le temps. J'étais juste un trou !

- Harry…

Mais Severus était incapable de parler. Il laissait le jeune déverser sa colère, les bras croisés. Harry ne le connaissait pas, au trop mal s'il pensait avoir raison. En fin de compte c'était mieux ainsi. Il referait sa vie facilement, oublierait le vieux potionniste. C'était ce qu'il voulait après tout. Et lui, Severus Snape, il resterait là. Il avait envie de le prendre dans ses bras, pour le consoler, mais se retint.

Les poings serrés, Harry était au bord des larmes. Et son ancien amant qui restait immobile, insensible. Furieux, il repartit en faisant claquer la porte derrière lui et s'enfuit dans les couloirs, essayant d'oublier les perles d'eau sur ses joues.

A peine le gryffon était-il parti que Severus s'était effondré au sol. Il avait pourtant pensé que ça ne le toucherait pas, qu'il arriverait à rester stoïque, comme toujours. Il cacha son visage dans ses longues mains pâles.

Une seule fois. Il serait faible une seule fois et se referait un masque. Il resterait la terreur des cachots mais une seule fois il s'autoriserait à se laisser aller. Il ne pensait pas que cela lui ferait aussi mal. Depuis quand était-il aussi attaché à Potter ? Pourquoi est-ce qu'il avait l'impression d'avoir un vide à la place du cœur ? Là il avait envie de rejoindre Harry, de le prendre dans ses bras pour ne plus jamais le lâcher et s'excuser, lui couvrir le visage de baisers, lui dire qu'il ne pensait absolument pas ça. C'était tout bonnement impossible !

Alors la vérité lui sauta au visage. Il était tombé amoureux. Ce n'était pourtant pas normal. Il n'avait pas le droit ! Il s'agissait d'un morveux ! Oui, ils s'entendaient bien, oui il l'aimait l'avoir contre lui, voir son sourire, entendre sa voix. Il aimait ses cheveux totalement indisciplinés, les grands yeux verts qui ne cachaient rien de ses pensées et de ses émotions.

A quel moment s'était-il mis à éprouver des sentiments aussi forts ? Peut-être depuis le début en fait. Quand il veillait sur Harry, dans l'ombre. Il avait admiré le courage de ce jeune homme qui n'avait jamais failli, malgré toute la pression sur ses épaules. Il s'était battu jusqu'au bout afin de sauver tout le monde, même si il devait y laisser sa peau. Puis il n'était pas seul, il ne l'avait jamais été. Et Severus lui avait envié ça aussi. C'était peut-être à ce moment là qu'il avait voulu se rapprocher de lui. Mais de là à tomber amoureux, il y avait une sacrée différence. Puis l'année avait recommencée et ils s'étaient rapprochés. Lentement, difficilement, ils s'étaient connus, plus ou moins supportés. Les sentiments avaient changé, évolué. Et maintenant il avait tout gâché. Harry était la seule personne qui aurait pu lui convenir, ça il en était persuadé. Avec lui il aurait pu être heureux.

Severus se mit à pleurer. Il y avait bien longtemps qu'il n'avait pas vu couler ses larmes. Mais à cet instant cela lui faisait tellement de bien. Un seul instant de faiblesse. Un seul et ce serait terminé.

XXX

Harry avait couru un long moment, sans réfléchir à là où il allait. Il s'était retrouvé en haut de la tour d'astronomie, les yeux fixés dans le vide sous ses pieds. Les cours allaient commencer dans quelques minutes mais le brun n'en avait cure.

Il avait l'impression que son cœur était brisé, déchiré, morcelé. Il avait tout perdu et ne pouvait s'en prendre qu'à lui-même. Il l'avait quelque peu mérité. Il avait menti à ses meilleurs amis de toujours, il s'était fait avoir comme un débutant par son professeur. Il aurait dû s'en rendre compte avant, il n'était qu'un passe-temps pour lui, jamais il n'aurait pu tomber amoureux de lui. Et maintenant il se retrouvait seul, totalement abandonné. Encore.

A cet instant il regretta d'autant plus fort la mort de ses parents. Il aurait pu leur écrire, leur raconter ses peines. Bon, ils n'auraient surement pas apprécié qu'il ait couché avec Snape mais ils auraient fait abstraction de leur rancœur pour le réconforter. Son père lui aurait promis qu'il le vengerait et sa mère l'aurait pris dans ses bras et lui aurait dit quelque chose du genre « Tu trouveras mieux plus tard, ce n'était pas la bonne personne ».

Harry tomba assis et resta là, même une fois ses larmes taries. Il n'y aurait personne à cette heure-ci, il avait largement le temps de trainer, il ne serait pas dérangé. Il ramena ses jambes contre son torse et se mit à contempler le terrain en contrebas. Il n'y avait personne dehors, le seul mouvement venait du vent dans les arbres et le frémissement du lac indiquait qu'il y avait de la vie en dessous. Harry pouvait voir de la fumée sortir de la cabane de Hagrid. Le demi géant ne devait pas avoir de cours pour le moment.

Le brun se mit à frissonner. Il ne faisait vraiment pas chaud en cette matinée d'hiver et il n'avait pas pris sa cape. Et un sort de chaleur ne l'aiderait pas vraiment. Pourtant il ne bougea pas.

Qu'est-ce qu'il lui restait à présent ? Il lui restait d'autres amis : Luna, Neville, Dean, Seamus… mais ce n'était pas pareil. Ils n'avaient pas vécu les mêmes choses, n'avaient pas été là durant la chasse aux Horcruxes. Ce n'étaient pas eux qui avaient soutenu Harry à chaque instant de doute. C'étaient toutes les épreuves qui les avaient rapprochés. Est-ce que Ron et Hermione lui pardonneraient un jour ?

Et Severus ? Harry avait voulu aimer de nouveau, il avait voulu y croire et voilà où ça l'avait mené. A être abandonné de nouveau, jeté, traité comme un objet. Il aurait pourtant dû s'en douter, cela finissait toujours pareil. Tant pis, il devait oublier Severus. Ce serait dur, d'autant plus qu'ils se verraient au moment des cours. Les vacances seraient une délivrance, il pourrait se reconstruire. Il avait déjà prévu de retourner au Square Grimmaud de toute façon et d'en faire un lieu agréable. Il y avait réfléchi un bon moment avant de prendre une décision. Harry se raccrocha à ces pensées positives pour ne pas déprimer. Il imagina tous les travaux qu'il allait devoir entreprendre, les couleurs qu'il voudrait voir dans les différentes pièces.

Il se décida enfin à quitter la tour, frigorifié.

XXX

- Ron, on doit parler… Ron !

Mais le rouquin s'éloigna sans un mot, laissant Harry seul, debout au milieu de la salle commune. C'était comme ça depuis midi. Le brun avait tout tenté pour s'expliquer mais sans succès. Il était allé en cours l'après-midi mais n'avait pas réussi à se concentrer un seul instant, manquant presque de faire passer Parvati par la fenêtre à cause d'un sort vraiment mal exécuté. Et Ron s'était toujours tenu le plus loin de lui, tournant la tête quand Harry essayait d'accrocher son regard. Même Hermione l'évitait plus ou moins.

- Ce n'est pas contre toi Harry, lui avait-elle dit. Mais j'ai promis de soutenir Ron. Tu comprends… tu nous as quand même menti… à tous les deux. Ecoute, je vais tout faire pour arranger ça au plus vite. Laisse-nous un peu de temps.

Puis elle avait rejoint son petit ami. Même s'il s'y attendait ça avait fait comme un poignard dans le cœur d'Harry.

McGonagall vint le voir à la sortie de son dernier cours, l'emmenant dans son bureau.

- Vous n'étiez pas en cours ce matin. Auriez-vous eu un problème ? Pourtant l'infirmière ne vous a pas vu.

- Ce n'était rien professeur, je vous assure.

En même temps qu'est-ce qu'il pouvait lui dire ? Qu'il avait déprimé suite à sa rupture avec Severus Snape, alors qu'il l'aimait comme un fou, et par la dispute avec Ron, qui les avait surpris tous les deux en plein milieu de la nuit ? Là elle l'enverrait illico à l'asile.

- Juste une grosse fatigue, mentit-il. R… Ron et Hermione m'ont convaincu de rester au lit ce matin. Ils auraient dû vous prévenir mais je pense qu'avec le stress des examens ils ont oublié.

- Je suis consciente Mr Potter que votre puissance magique dépasse largement celle de vos camarades à cause, ou grâce, à ce qui s'est passé durant la dernière guerre. Mais ce n'est pas une raison pour manquer des cours où vous pourriez apprendre à canaliser cette énergie. De plus votre statut de Sauveur du monde magique ne vous rend pas différent d'un autre élève. Ai-je été bien clair ?

- Oui professeur. Je m'excuse et vous promets que ça ne se reproduira plus.

- Je l'espère Mr Potter. Vous pouvez disposer. Nous nous verrons demain pour le cours de Métamorphose de 10h.

Harry acquiesça et sortit du bureau. Comme d'habitude il avait réussi à ne rien dévoiler. Jamais sa directrice de maison ne s'était doutée de quoi que ce soit.

Epuisé, le jeune sorcier était monté se coucher assez tôt, n'allant pas manger non plus. Toutes ses affaires étaient laissées en plan dans le dortoir, c'était pas important. Il s'affala sur son lit sans prendre la peine de se déshabiller, se pelotonnant sous les couvertures. Là il s'autorisa de nouveau à pleurer. Cette journée avait sa place dans le top 5 des pires journées de sa vie. A se demander si elle n'était pas la deuxième ou même la première. Et le lendemain serait sûrement pareil, ainsi que les jours suivants.

Harry finit par s'endormir les joues encore humides.

XXX

Toujours les mêmes arbres et la clairière qu'il pouvait deviner au loin.

Un lieu de paix, de silence, vide. Un lieu où il se sentait bien. La nuit calme et tranquille dans la Forêt Interdite.

Harry pouvait sentir le vent sur ses bras nus, sa peau brillait sous la lune blanche. Cette fois ce n'était pas des cris qu'il entendait mais un simple appel, la voix bienveillante de sa maman qui flottait jusqu'à lui :

- Harry… Viens mon enfant… Mon fils… Moi je serais toujours là.

Le brun se mit en marche. D'abord doucement puis se mit à courir, désespéré. Il voulait sauver sa mère des flammes et voulait aussi qu'elle le sauve à son tour. Comme elle l'avait toujours fait. Elle était la seule personne à vouloir encore de lui, il le sentait. La seule qui l'aime vraiment et à jamais.

Harry manqua de tomber à plusieurs reprises, il se griffa aux branches des arbres mais rien ne le ralentit.

- Mon petit… Maman est là… pour toi.

C'était une litanie apaisante. Lily était toujours au même endroit, tombée à l'autre bout de la clairière. Harry se mit à pleurer et lui tomba dans les bras.

Ils restèrent enlacés un moment. Puis Harry se mit à sentir de la chaleur sur sa peau. Le feu, celui qu'il avait oublié, arrivait. Il essaya de se redresser mais sa mère ne le laissa pas faire.

- Laisse-moi te consoler…

- Il faut y aller maman. Nous aurons tout le temps plus tard. Viens, s'il te plait.

- Mon petit…

Mais il remarqua bien vite qu'elle ne pouvait pas bouger. Quelque chose la retenait ici, contre sa volonté. Elle était condamnée à périr dans les flammes. Harry se mit à pleurer de désespoir. Il était destiné à tout perdre, il n'y avait jamais d'espoir pour lui. Quelle vie pouvait-il construire en sachant qu'il serait toujours seul, incapable de garder quelqu'un ?

Juste avant que le feu ne les englobe tous les deux sa mère se pencha vers l'oreille de son fils et lui murmura :

- Viens me chercher… Je t'en prie.

Puis ce fut le moment des flammes.

Harry se redressa sans bruit. Il se frotta le visage et se leva. La nuit était déjà bien avancée. Tous les autres Gryffondors dormaient, ronflant légèrement pour certain.

Le brun descendit les marches, traversa la salle commune sur la pointe des pieds. Une fois dans le couloir il hésita un instant. Quelque chose en lui disait de ne pas y aller mais l'appel était trop fort. Il serra les poings et se décida. Le regard fixe, sans trop y penser, sans faire attention à ce qu'il y avait, ou pouvait avoir, autour de lui, Harry se mit à descendre. Il avait beau être en tee-shirt, il se sentait brûlant, à la limite de la fièvre.

Marche après marche il descendit jusque dans le hall. Là il hésita une dernière fois devant la lourde porte en bois, la main posée dessus. Mais quelque chose, quelqu'un l'appelait. Il avait encore la voix de sa mère en train de le supplier de venir qui résonnait à ses oreilles.

Il poussa doucement le panneau de bois et sortit sous le ciel étoilé. Il marcha en direction de la Forêt Interdite. Il entendit un cri derrière lui et vit Hedwige du coin de l'œil qui volait vers lui. Elle se posta devant son visage et battit des ailes comme pour le repousser.

- Ne t'en fais pas, murmura Harry. Tout ira bien…

Il lui caressa la tête et l'écarta doucement de son chemin. Puis il pénétra sous le couvert des arbres.

Alors, vos réactions ? (ne me tapez pas s'il vous plait ^^. Attendez au moins la fin de la fic)

Au final il y aura un épilogue à cette histoire donc un chapitre en plus !

A dans 15 jours !