Salut mes lapins. ( Joyeuses pâques en avance!)

Je me suis ENCORE tranché la main. (Avec un tuyau cette fois. Voilà voilà.) Donc vous avez ENCORE sous les yeux un chapitre qui a été écrit à une main. Toujours la même en plus bordel de merde. (Wade vous dirait que c'est chiant pour autre chose, une seule main, mais bon…)

C'est dire que je vous aime…

Pour ce chapitre, (et les deux suivants) j'ai emprunté un personnage adorable à sa non moins adorable propriétaire Obviously Enough. Si vous voulez en savoir plus sur Luke, c'est dans De la pureté des Lucioles Mortes ! Merci à elle pour sa confiance xD Des gros poutoux d'amour.

Bonne lecture!


Premier Cercle. – Partie 1


L'été déclinait timidement, apportant aux feuilles des ormes de Central Park une belle teinte d'or et d'ambre. Un grand soleil frais illuminait le salon et une scène de vie quotidienne particulièrement calme.

Peter lisait tranquillement dans l'un des grands fauteuils de cuir, le dos chauffé par les rayons lumineux. Sur le canapé plus loin, Wade, en peignoir, s'appliquait à déposer une couche de vernis rose sur ses ongles de pieds.

La routine.

Peter, légèrement incommodé par l'odeur de dissolvant, leva le nez de La Divine Comédie.

- Wade. Tu fais quoi ?

- Je mets du durcisseur, j'ai les ongles un peu fragiles en ce moment…

La remarque n'arracha même pas un haussement de sourcil au plus jeune, déjà largement habitué à l'excentricité de son aîné.

- Tu jetteras tes cotons dans la poubelle de la salle de bain, sinon tu vas nous coller un cancer avec ces vapeurs.

Wade releva la tête, blasé.

- Pardon, se reprit Peter avec un demi-sourire, qui prouvait clairement qu'il n'était pas désolé le moins du monde pour cette vanne de mauvais goût.

Le visage scarifié de son ami lui renvoya une grimace. Peter se perdit un instant dans la contemplation des cicatrices qui marbraient les traits de son colocataire.

La plupart du temps, Wade conservait son masque. Même à la maison, même pour dormir. Tout le temps. De temps à autres, probablement par lassitude, il laissait sa peau respirer un peu. La première fois que Peter l'avait vu ainsi, il lui avait fait une ou deux blagues. Que Wade avait bien pris. Après tout, la pitié, ça n'avait jamais été son truc. Sentant tout de même le sujet sensible, Peter insistait rarement. De son côté, Wade ne lui demandait plus comment il était passé du héros national à un junkie misérable. L'accord tacite maintenait une ambiance relativement apaisée sur leur maisonnée.

Peter médita quelques minutes, silencieux, encore plongé dans la philosophie du livre qui reposait à côté de lui. Il aimait cette œuvre, même si elle le mettait mal à l'aise. Il gigota sur son fauteuil, ennuyé.

- T'es baptisé, Wade ?

L'intéressé releva un œil curieux.

- C'est quoi cette question ?

Peter tapota le dos de la Divine Comédie.

- Dante dit que dans le premier cercle de l'enfer, on trouve les gens qui n'ont pas été baptisés.

- Et tu t'inquiètes pour moi, ma puce ? C'est mignon.

- Faudrait pas qu'on soit séparés dans la mort, tu comprends…

- Tu me paches une bière ch'il te plaît, rétorqua vivement Wade, le pinceau du vernis à ongle entre les dents.

Peter soupira, reposa son livre sur ses genoux, et activa le lance-toile fixé à sa main gauche.

La toile jaillit et s'enroula autour d'une bouteille posée le bar. Il se fustigea. Pourquoi avait-il ne serait-ce qu'envisagé de parler philosophie avec l'autre déjanté ?

- Décapchuleur ?

- Un grand type comme toi…

Wade leva les yeux au ciel, et fit sauter la capsule avec les dents. Peter grimaça en entendant le son strident. Le calme revint, peu à peu. Différent. Les deux hommes semblaient absorbés dans des pensées peu reluisantes. Aucun des deux ne se doutait qu'elles étaient alors assez semblables.

- Je crois que je suis pas baptisé, répondit finalement le mercenaire, après de longues minutes de silence. Mais en même temps, comme je peux pas mourir… L'enfer est assez improbable. Enfin, un accident est vite arrivé…

Il paraissait ennuyé, songeur. Préoccupé, presque.

- Tu ne devrais pas lire. Ce n'est pas bon pour ton cerveau. C'est bien connu : les romans, ça rend violent et asocial, et ça fait confondre la réalité avec la fiction.

Peter esquissa un sourire, le soleil venant désormais lui caresser le sommet du crâne. Comme souvent, l'humour de Wade chassait les prémices de pensées noires susceptibles de l'envahir. Wade avait raison. Contre la déprime, il y avait mieux que lire La Divine Comédie. Il pouvait s'allumer un joint, par exemple.

La vie était presque belle, vue sous cet angle.

Enfin, sauf l'angle où le peignoir de Wade était légèrement trop petit, et où Wade avait tendance à écarter les jambes.

Le calme apparent de la situation fut soudain déchiré par le résonnement strident de la sonnette de la porte d'entrée. Les deux hommes échangèrent un regard surpris. Ils n'attendaient personne.

- T'y vas ? supplia Wade, qui ne pouvait pas encore se lever de peur d'abîmer son vernis.

Peter soupira, plaça un marque page dans la Divine comédie et posa soigneusement l'ouvrage sur la table basse. Il se leva avec une mauvaise volonté évidente, et traîna les pieds jusque la porte. Dans le couloir, une vieille femme pourvue d'une tignasse de cheveux gris mal dissimulés par un châle violet attendait. De grosses boucles d'oreilles en or ornaient ses lobes d'oreilles pendants, et d'épaisses lunettes noires masquaient ses yeux. Elle se déplaçait en outre à l'aide d'une canne blanche.

- Je peux vous aider ? S'enquit Peter, vaguement curieux.

- J'viens vous embaucher, rétorqua l'intruse, et elle entra d'elle même dans la pièce, balayant le sol de sa canne.

Peter s'écarta de justesse pour la laisser passer. Dans son canapé, Wade grogna.

- Pfff… Moi qui croyais que c'était une VRAIE première cliente…

- Ben quoi ? Je ne suis pas assez vraie pour toi ? rétorqua la vieille femme, en s'asseyant prudemment sur l'accoudoir du premier fauteuil venu.

- Quelqu'un m'explique ? Soupira Peter, conscient de manquer quelque chose.

- Je suis Al, expliqua la nouvelle venue. Je connais bien ton associé, jeune homme. Jamais de ma vie je ne lui aurais confié la moindre mission. Mais maintenant que tu es là… Et j'ai vraiment besoin d'aide.

- C'était ma… Colocataire, ajouta le mercenaire, ôtant les cotons qui séparaient ses orteils.

Le vernis était sec. Il agita les pieds, satisfait.

- Ouais. Enfin, pas vraiment. Il m'a kidnappée et séquestrée pendant plusieurs mois.

- Après t'avoir sauvé la vie, contra Wade.

- Tu m'as enfermée dans une pièce tapissée d'objets pointus. C'était mesquin. Et t'as tué huit types qui essayaient de venir me sauver.

- T'as mis des laxatifs dans ma bouffe !

Peter demeurait entre eux deux, suivant l'échange comme une balle de ping pong, sans vraiment comprendre.

Le débat « tu m'as séquestrée, mais non, tu étais libre de partir fallait juste trouver la clé et elle était sous tes yeux, ahah » se poursuivit quelques minutes.

- T'as vraiment kidnappé cette femme ? interrogea Peter, n'y tenant plus.

Wade haussa une épaule.

- C'est compliqué. Alors, Al, tu veux quoi ?

- J'ai une mission pour vous…

- Je ne fais pas de prix d'ami, j'annonce !

La vieille femme haussa une épaule. Peter, comprenant enfin l'enjeu de la visite et voyant là l'opportunité d'avoir leur première mission officielle, vint s'installer en face d'Al. Les jambes croisées, deux doigts soutenant son menton, et les lèvres pincées, il ressemblait vaguement à un étrange Sherlock Holmes qui attendrait qu'on lui explique une affaire tortueuse.

- Je vous écoute.

- Je suis ravie de traiter avec vous, poursuivit Al. Peter, c'est ça ?

Les yeux de Peter s'obscurcirent.

Il n'avait pas fallu plus de dix jours pour que son identité secrète s'écroule. Il s'y préparait depuis de longues semaines, mais tout de même, c'avait été un choc. Les médias diffusaient partout son image, et celle de Wade. En tant qu'ancien Spider-Man, toujours accusé du meurtre de Gwen et son père, il était recherché. Wade devenait complice.

L'adolescent imaginait Tante May, devant son écran de télévision, les larmes aux yeux. L'avantage, c'est qu'elle était ainsi placée hors d'atteinte. Tout le monde la voyait comme une victime, et imaginait les sévices que Peter lui avait infligés par sa simple présence sous son toit. A priori, elle le détestait, il s'en fichait d'elle : personne n'irait lui faire du mal.

Elle avait toujours su, probablement. Savait-elle aussi quelle était la part de mensonge, et quelle était la part de vérité, quant aux crimes qu'on lui imputait ? Le SHIELD les recherchaient donc tous deux. Ils prenaient leurs précautions, et personne ne connaissait le lieu de leur appartement. Seul Weasel était dans la confidence. Les clients potentiels se présentaient à lui. Personne ne venait chez les deux hommes en rouge et noir sans recommandation. Le bouche à oreille, voilà tout. Impossible d'entrer au contact des deux mercenaires sans avoir montré patte blanche…

« T'inquiètes, pour le Shield, avait voulu le rassurer Wade. Comme d'hab, dans un mois, je vais les aider à coffrer un méchant, et ils effaceront l'ardoise. On s'occupera de ça plus tard. »

- Que peut-on faire pour vous, répondit sobrement Peter, happé hors de cette réflexion.

- J'ai perdu mon chat.

Le jeune homme se laissa mollement retomber dans sa banquette, les yeux roulés vers le plafond sculpté.

« Évidement… Une vieille mamie aveugle qui a perdu son putain de chat… Comment j'ai pu croire un instant que l'idée de Wade allait fonctionner ? »

- Je crains que ce ne soit pas dans nos cordes, répondit poliment Peter, masquant une certaine forme de lassitude.

- Bah si, on sait carrément faire ça ! Le détrompa son collègue, les bras croisés sur son peignoir.

- Wade. Un mot. En privé.

- Je ne veux pas courir après le chat de ta grand –mère, bordel ! C'est pas une mission pour mercenaire ça, mais pour scout !

- Allez quoi… C'est un début… Faut bien commencer quelque part…

- Putain mais Wade je croyais que t'étais mercenaire ! Que t'avais l'habitude qu'on te confie des vraies missions !

- Oui, bah y'a des moments avec et des moments sans… Et puis pour palper, moi j'acceptais les missions où il faut tuer des gens, mais tu ne veux pas !

- Ah ça y'est, ça va être ma faute…

- Non mais t'es hypocrite. Genre prise d'otage, vol, intimidation, torture ça va, mais pas meurtre ? C'est con, c'est ça qui banque le plus !

- Wade concentre-toi. On. Ne. Va. Pas. Chercher. Le. Chat. De. Ta. Putain. De. Mamie.

La voix grave, posée et légèrement rauque de leur cliente se fit entendre, dans la pièce voisine.

- Y'a 70.000 dollars de coke enfermés dans le chat de la putain de mamie.

La nouvelle interrompit le débat, et les deux hommes échangèrent un regard stupéfait.

- Ah ouais. J'tai pas dit. Elle est aveugle, mais elle entend plutôt bien…


- Mon chat, c'est une mule. Je fais passer régulièrement grâce à lui des substances illicites à différents endroits. Mais là, la bestiole s'est barrée ! Après avoir ingéré 70.000 euros de ma meilleure cocaïne !

- Il va se taper un sacré trip, s'esclaffa Wade, que l'idée d'un chat défoncé amusait visiblement.

- Abruti. Elle lui a fait avaler dans des sachets étanches. Le but c'est pas que ce soit le chat qui en profite, sinon c'est pas rentable…

Wade le fusilla du regard, croisa les bras, relevant le menton d'un air hautain.

- Ah, bah pardon, j'avais oublié que Monsieur Peter est un expert quand il s'agit de se défoncer !

- Culture générale, bredouilla Peter en rougissant légèrement, comme pour s'excuser de détenir de telles connaissances.

- Et pis toi, tu ne pouvais pas le surveiller ton chat ? Garder un œil dessus ? Garder un œil… héhé… Ohla, on se détend, c'était une vanne.

Peter analysa la situation sous tous les angles. Un chat, enfui dans New York, avec un bon pactole dans les intestins. Moins de vingt-quatre heures pour le trouver, sous peine de perdre la marchandise par voie naturelle… Comme chercher une aiguille dans une botte de foin de la taille du Pacifique. Le frisson de l'adrénaline courrait déjà le long de son échine.

Il y avait un nouveau défi à relever.


-Eh merde, grommela Peter en se réceptionnant laborieusement.

-Quoi donc mon poussin ? demanda Wade à travers l'oreillette Bluetooth de l'homme araignée.

-J'ai déchiré mon collant en descendant la façade d'une baraque en ruine. Pour un enfoiré de chat-junkie. Et pour couronner le tout, le foutu Felis silvestris catus, n'est pas là !

-Cactus-quoi ?

Peter souleva des sacs de détritus puis retourna brutalement une poubelle à la recherche du félin. Il fouilla dans son sac et s'empara d'une boite de croquettes odorantes, bourrée de somnifères. Après l'avoir positionnée au centre de l'allée avec un piège à phéromones, il se suspendit dans le vide à quelques mètres du sol.

-J'espère que le chinois qui m'a fourgué cette lotion « chatte en chaleur » mérite les vingt dollars qu'il m'a fait cracher…

Wade ne put s'empêcher d'ajouter :

-J'adore quand tu me parles comme ça mon poussin. Au fait, où ton collant est-il déchiré ? A l'entrejambe ?

-Ça t'aurait plû, hein, rétorqua l'adolescent, qui depuis quelques jours accentuait sa manie de rentrer dans le jeu de Wade plutôt que de l'envoyer promener.

Son aîné, d'ailleurs, ne s'était pas encore habitué à ce revirement de situation, lui qui se prenait des bâches à tout va depuis des années. Il s'excusa presque :

-C'est toi qui parle de chatte en chaleur…

-Mais tu vas te taire ? Je n'aurais jamais dû accepter cette oreillette, maintenant j'ai l'impression que tu parles dans ma tête !

-Ah ! Tu n'imagines même pas quel effet ça fait d'être Deadpool ! Moi j'ai dix personnes qui parlent dans ma tête. Bon, okay. Deux. Mais c'est déjà beaucoup.

-Ça doit être vraiment usant ! Au fait il s'appelle comme ce chat ?

-Pique, répondit Wade en toute simplicité.

-Pique? C'est pourri comme nom pour un chat.

-… Ch'est parche que cha Pique…

-… Okay, je débranche l'oreillette.


Wade glissa l'oreillette dans la poche de sa combinaison, satisfait.

De toute façon, il arrivait à Central Park.

Les deux associés, après avoir longuement discuté du montant de leurs honoraires avec Al, s'étaient mis en chasse. Pour augmenter leurs chances, ils s'étaient séparés. Peter ratissait le quartier d'Al, dans l'espoir de tomber sur la sale bête. Wade lui, avait choisi de prendre conseil auprès d'un expert. D'une experte, plutôt. Capable de retrouver des humains à l'autre bout du monde, des bugs dans des codes informatiques longs comme la bible, des artefacts aliens que tous croyaient perdus.

Il avait appelé Natasha dès le départ d'Al.

Malgré l'alignement discutable de Wade en termes de moralité, lui et la Veuve Noire s'entendaient très bien. Probablement qu'en tant qu'ancienne mercenaire, Natasha ne se sentait pas le cœur de lui faire la leçon…

Aujourd'hui, l'appel l'avait dérangée. Elle avait tergiversé, hésité, refusé, pour finalement finir par céder au ton implorant du mercenaire.

- Okay… Je ne suis pas loin de chez toi de toutes façons. Rejoint moi à Central Park.

Wade avait raccroché. Il lui avait fallu quelques minutes pour tiquer.

Les gars… C'était pas censé être secret, là où on habite avec Peter ?

Ben ouais, et alors ?

Ben alors, comment Tata Nat elle fait pour être déjà au courant ?

Saloperie d'espionne. C'est vraiment d'elle dont on a besoin.

L'image était frappante. Dérangeante, presque.

Natasha Romannof, assise sur un banc de Central park, vêtue d'un jean, d'un tee-shirt noir et de baskets de running, pas maquillée, les cheveux en désordre. Pour tous ceux qui étaient habitués à la voir en mode « femme fatale toute de latex vêtue », c'était presqu'un choc.

Mais ce n'était pas le plus étrange. Non, le plus étrange, c'était la poussette. Et les mains de l'espionne refermées sur la poussette. Et le bébé dans la poussette.

- Meuf, t'as eu un mioche ? C'est moi le parrain ? S'égosilla Wade, faisant se retourner la moitié des joggers et touristes qui profitaient de la douceur de la fin d'après-midi.

Natasha elle-même sursauta, alors que Wade arrivait dans son dos et la gratifiait d'une claque sur l'épaule.

- C'est pas à moi, je fais juste la baby-sitter, grommela la jeune femme, se décalant pour laisser une place à Wade à sa droite.

- Cool. C'est quelle race ?

- … Wade ?

- Pardon. Je veux dire, quel sexe ?

- C'est un petit gars, ça ne se voit pas ?

Wade se pencha au-dessus du berceau ou somnolait un bambin d'à peine un an, à l'ombre des ormes. Des cheveux noirs très marqués, contrastant avec une belle peau de bébé blanche. Le gamin entrouvrit un œil vert et brillant, probablement dérangé par le peu de discrétion de Wade Wilson. Jugeant qu'il n'y avait pas de danger, il se rendormit presqu'aussitôt.

- La vache… Tu t'es fait virer des Avengers ? Tu te recycles ?

- Je dépanne. C'est le fils de… D'une connaissance.

- D'une connaissance ? Souligna Wade, qui trouvait tout ceci extrêmement louche.

- D'un ami. Il s'appelle Luke.

Wade sembla réfléchir quelques secondes, dévisageant clairement le bambin au fond de son landau.

- Il est baptisé ?

Natasha manqua de s'étouffer avec sa propre salive. Venant de Wade, cette question était le summum de l'improbabilité.

- De quoi ?

- Tu sais mon colloc en ce moment il lit ce bouquin bizarre… La céleste farce ou un truc du genre.

- … La divine comédie ? Mais quel rapport avec…

- Ouais. Bon, bref, osef. Il me fait flipper avec ce bouquin. En gros, l'auteur explique comment ça marche l'enfer. Et l'enfer est découpé en neuf cercles.

Natasha soupira discrètement. Pourquoi avait-elle accepté qu'il vienne, déjà ? Et quel était le rapport avec leur discussion ? Et pourquoi s'évertuait-elle à essayer de suivre ses raisonnements ?

- Et dans le premier cercle, poursuivit Wade, imperturbable, ben on trouve tous les gens qui ne sont pas baptisés. C'est hardcore quand même ! Ça me fait grave flipper son truc ! J'y pense tout le temps depuis ce matin t'sais.

- Wade… Viens en au fait !

- Ben, le fait : il est baptisé le gamin ?

L'espionne eut un moment de flottement. Elle avait beau connaître le schizophrène depuis des années, parfois, il était juste trop dur à suivre.

- Mais je n'en sais rien, moi ! Je ne crois pas ! J'aurais été invitée sinon…

- BEN VOILA. UN GAMIN HÉRÉTIQUE. Je ne trouve pas ça normal ! Que moi j'aille en enfer c'est une chose, mais lui il a encore rien fait de sa vie !

- Que puis-je faire pour toi, trancha la jeune femme, blasée et pressée d'en finir avec ce monologue sans queue ni tête.

Ahah. Elle a dit « Sans queue. »

Non mais c'est vrai quoi, c'est Peter, il fait chier avec son bouquin… Genre nous on n'est pas baptisés !

Ouais. Non mais nous c'est différent. Déjà on ne peut pas mourir donc fuck l'enfer.

Ouais mais tu sais, si jamais…

Non mais t'inquiète. Y'a encore huit cercles après le premier, et je crois que dans notre vie on a fait mille fois pire que de pas être baptisés…

Deadpool chassa les voix comme on chasse une abeille.

- Ouais, t'as raison. Je ne suis pas là pour parler de couches et des conneries de mon colloc. De toute façon je vais cramer son bouquin quand je rentre. Comme ça au moins la cheminée servira à quelque chose, puisqu'il veut pas qu'on baise devant. J'ai besoin de conseils !

- J'avais cru comprendre…

- Je cherche un chat.

Natasha leva les yeux au ciel.


La veuve noire livra de bons cœurs quelques conseils pratiques, et rapides à mettre en place. Le temps pressait, et le foutu félin ne voulait visiblement pas rentrer de lui-même chez sa propriétaire. Wade prit des notes – en faisant des petits dessins de Spider-Man sur le côté de la feuille froissée.

Il en était au paragraphe « pièges à ours » quand l'improbable se produisit.

Natasha devança l'agression d'une seconde à peine. L'instinct le plus pur. Une main gantée de noir se refermait sur les épaules de la jeune femme, deux sur celles de Wade. Les deux amis se levèrent d'un bond, et Natasha hérita d'un coup de poing à la tempe qui la fit vaciller. Elle retint un cri, se baissa juste à temps pour éviter le second coup, apprécia du coin de l'œil Wade qui tordait le bras de son adversaire.

Six hommes en noir se laissèrent glisser des ormes les plus proches. Cagoule sombre, poignards en mains, revolver sanglés aux hanches.

- Putain de merde ? Commenta Wade à très juste titre.

Aucun signe avant coureur. Aucun mobile apparent. L'un des agresseurs sauta sur Deadpool, l'envoyant rouler au sol. Wade eut besoin de quelques secondes pour se débarrasser de lui, f'une torsion sèche de la nuque. Natasha quant-à elle se fit encercler par trois hommes, la garde parfaite, la posture d'assassins entraînés. A ne pas sous-estimer. L'espionne palit dangereusement, alors que l'un des voyous s'approchait du landau, mains tendues en avant.

- Wade ! hurla-t-elle, et les corbeaux s'envolèrent, alors qu'un cercle de touristes effrayés mais curieux se formait à bonne distance de la scène. Prends Luke !

Deadpool ne se fit pas répéter l'ordre deux fois. Un katana coulissa joyeusement hors de sa gangue protectrice, et trancha une tête. La violence de l'évènement arracha des cris à la foule amassée, qui entreprit de se disperser en pépiant. Les deux autres adversaires de Wade hésitèrent, mais ne rompirent pas leurs gardes. Déjà, du renfort descendait des autres arbres. Natasha se trouva bientôt acculée, cernée d'une dizaine d'hommes en noir.

- Prends-le ! Enfuie-toi ! cria-t-elle, alors que ses ennemis passaient à l'assaut.

Wade dégaina son Beretta et troua l'estomac de l'homme penché au-dessus de la poussette. Celui-ci s'écroula, stupéfait. Wade sauta par-dessus le banc, attrapa Luke au vol et vida son chargeur vers le cercle des ennemis.

Natasha, toute combattante experte qu'elle était, désarmée face à de valeureux ennemis entraînés, sentait sa marge de manœuvre réduire dangereusement.

- Cours ! s'époumona-t-elle, se débarrassant d'un homme à l'aide d'une série d'atémis d'une précision mortelle.

Wade serra le bambin contre lui. Celui-ci, les yeux grands ouverts, ne perdait pas une miette du spectacle. Il ne pleurait pas, semblait à peine effrayé, plutôt curieux.

- Allez, le spermatozoïde. On se casse.

Et, pris en chasse par une douzaine de ninjas, Wade démarra le plus beau sprint de sa vie entre les ormes de Central Park.


Attends… Encore une course poursuite ?!

Génial ! J'adore !

Ouais bah la dernière fois on s'est fait niquer, y'a juste eu une ellipse !

Nan mais attends, là je crois qu'on va avoir la course en entier. Au prochain chapitre.

QUOI ? C'est une fin de chapitre, ça ? Mais c'est de la merde ! Ça devrait être illégal, bordel !

Ouais mais sinon ça aurait fait trop d'émotions d'un coup… Bon, du coup on court ?

Bah ouais. Pas le choix hein. Y'a une dizaine de gargantuesques boloss qui nous collent au cul. Et… ET PUTAIN mais ils nous tirent dessus, carrément ? Pfff… J'aime pas courir après avoir mangé en plus.

Allez. Dit toi que courir, ça fait des belles fesses !

Les gars. On se concentre. Déjà que ça va être folklo de rentrer à l'appart en un seul morceau, et avec le mioche, alors recentrez-vous !

Pfffff. On va encore êtres bons pour laver la combinaison.

Eau de Seltz et citron ?

… Eau de seltz et citron.


Voilà pour ce (gros !) chapitre ! J'espère qu'il vous a plu ! La suite arrive bientôt, avec toujours Luke en guest star xD Alors préparez-vous pour « Wade et Peter aka les deux plus gros irresponsables de la ville doivent s'occuper d'un enfant en bas âge. »

Sinon, je lance un appel du fond du cœur. Vous êtes plusieurs à m'avoir réclamé la page février du calendrier des mercenaires… Et moi aussi, j'avoue, j'aimerais bien avoir cette page ! Je sais qu'il y a des artistes parmi vous, alors si l'un (l'une, soyons réalistes) d'entre vous se sent le courage de gribouiller un petit quelque chose à ce sujet, je l'utiliserais avec grand plaisir comme cover de cette histoire =D

J'vous kiffe mes ptits rats.

A tout vite.

Laukaz