Repost du 06/01/2017 : j'ai décidé de reposter tous les chapitres pour corriger quelques erreurs ou maladresses de traduction ! J'espère que la lecture sera plus fluide, et qu'il y aura moins de coquilles/erreurs de frappe.

SevLiLyHarry


Voilà le nouveau chapitre ! Vous voyez, je ne vous ai pas fait attendre trop longtemps !

Bonne lecture !


Harry était tétanisé sur place tandis que le silence se prolongeait dans la salle de classe des cachots. Il ne regardait pas Snape. Il ne pouvait pas. Il avait trop peur de ce qu'il allait voir dans le visage de l'homme.

Et puis il vit les robes sombres passer devant lui du coin de l'œil, et une seconde plus tard, la porte de la classe, que Snape avait ouverte à la fin de la retenue d'Harry, claqua à nouveau, faisant grimacer Harry.

Le silence dura encore plusieurs longues secondes, puis le maître des potions parla enfin.

"Asseyez-vous."

Le ton de sa voix était indiscernable, mais Harry n'osa pas désobéir. Il se laissa tomber sur le tabouret le plus proche, et saisit le bord de la table en face de lui aussi fermement qu'il le put, car il n'avait plus sa photo pour s'accrocher. Il garda ses yeux résolument vers le sol, tout en voiyant Snape se déplacer dans sa vision périphérique.

Encore quelques secondes passèrent.

Et encore. Snape ne parlait toujours pas. Ca ne ressemblait pas du tout à l'homme, Harry ne put s'empêcher de penser. Le professeur n'était jamais à court de mots.

Puis enfin, le maître des potions vint se placer directement en face de son élève le moins aimé, la table à laquelle Harry était toujours accroché était la seule chose qui les séparait.

"Où est-ce que vous avez eu çà?"demanda finalement l'homme, pointant la photo vers Harry.

La voix de Snape semblait bizarre. Elle n'était pas basse ni soyeuse comme elle l'était normalement. C'était un ton étrange qu'Harry n'avait jamais entendu dans la bouche du professeur auparavant. Tout ce qu'il savait avec certitude était que son professeur exigeait une réponse de lui, et Snape n'était pas connu pour être patient avec ses élèves.

"De…de la maison de ma tante et de mon oncle, monsieur," dit Harry, déglutissant alors qu'il continuait à regarder le sol. "Je l'ai trouvée là-bas. Cet été."

"Vous allez apprendre à me regarder quand je vous parle, M. Potter," grogna Snape, frappant une main sur la surface de la table.

Harry tressaillit et leva les yeux, ses yeux remplis de crainte, alors qu'il rencontrait ceux du professeur.

Snape se redressa alors, retira sa main de la table, et donna à Harry un de ses regards les plus redoutables. "A combien de personnes avez-vous montré cela?" il agita la photo avec emphase.

Harry secoua la tête, se sentant malade.

"Répondez-moi, Potter!"

"A personne, monsieur," la réponse de Harry était presque inaudible.

"Personne? Personne? Alors pourquoi la transportez-vous partout avec vous?"

Il devenait plus difficile à Harry de parler avec la boule qui se formait dans sa gorge. "Je… je…c'est ma mère, monsieur."

Snape regarda alors Harry, une lueur étrange et inconnue clignotant dans ses yeux sombres pendant un bref instant, sans laisser assez de temps à Harry pour essayer de comprendre ce qu'elle signifiait.

"Vous la connaissiez," Harry laissa alors soudainement échapper, avant qu'il ne puisse savoir lui-même ce qu'il disait.

Snape resta silencieux pendant quelques secondes de plus, et il baissa les yeux sur la photo dans sa main. Puis, il tourna son regard sur le jeune garçon devant lui.

"Vous ne parlerez de cela à personne, Potter. Comprenez-vous? Pas à une seule âme".

Le front d'Harry se fronça dans la confusion, et ce sentiment de déception commença à se propager à travers lui une fois de plus. Pourquoi Snape était-il si inquiet que quelqu'un d'autre le sache? Avait-il été embarrassé par sa mère? Souhaitait-il maintenant qu'ils n'aient jamais été amis?

"M'avez-vous bien compris?" menaça Snape.

Harry hocha la tête en silence, refoulant les larmes dans ses yeux qui étaient soudainement apparues de nulle part.

"Alors, partez," dit Snape, secouant la tête vers la porte.

Harry se leva, tout son corps semblait engourdi, et se pencha pour ramasser son sac d'école. Mais plutôt que de se détourner alors, Harry resta cloué sur place, regardant Snape.

"Je crois que je viens de vous dire de partir, M. Potter," l'homme grogna. "Le professeur McGonagall vous attend."

Harry ouvrit et ferma la bouche plusieurs fois avant qu'il ne soit finalement en mesure de parler.

"Mais, monsieur. Ma photo-"

"Sera sans aucun doute passée de mains en mains dans l'ensemble de l'école si je la laisse en votre possession."

"Vous ne pouvez pas la prendre," dit Harry en secouant la tête.

"Je crois que je viens de le faire," répondit Snape dédaigneusement, en mettant la photographie dans une poche de ses robes.

Les larmes devenaient plus difficiles à retenir, et Harry dû détourner le regard du visage froid et de pierre du maître des potions.

"Mais c'est tout ce qui me reste d'elle," il chuchota presque.

Étonnamment, les mots de Snape, loin d'être sympathiques, semblaient être dits avec un peu d'hésitation :

"Je n'ai pas le temps de discuter avec vous, M. Potter. Vous êtes déjà en retard pour votre prochaine retenue. Je vous suggère d'y aller. Maintenant."

Ce dernier mot avait été dit avec un tel air qu'Harry n'osa pas s'attarder plus longtemps. Il se détourna de Snape et se dirigea vers la sortie.

Quand il fut parti, Snape laissa échapper un son qui était quelque part entre un soupir et un gémissement, et il se pinça le nez de frustration.

Le garçon savait. Il savait. Il n'était jamais censé savoir.

Snape fixa le tabouret où Potter avait été assis seulement une minute avant.

Et tout ce qu'il pouvait penser était que c'était l'un des rares moments dans sa vie où il ne savait pas quoi faire.


Harry ne savait pas trop comment il réussit à trouver son chemin vers le bureau du professeur McGonagall. Son corps était complètement engourdi, et sa vision était rendue floue par les larmes, alors qu'il traversait le château et tournait à droite au bout du couloir.

Et quelques minutes après avoir quitté la salle de classe de potions, il était debout juste devant la porte du bureau de sa directrice de maison.

Il prit un moment pour se composer lui-même, prenant une profonde inspiration et essuyant les larmes de ses yeux. Il savait qu'il ne pouvait pas prendre trop longtemps cependant. Il était déjà en retard.

Enfin décidant qu'il avait juste besoin de finir avec ça, Harry frappa ses doigts contre le bois de la porte et attendit une réponse.

"La porte est ouverte," la voix sévère de McGonagall venait de l'intérieur, et Harry tourna rapidement le bouton et entra à l'intérieur.

McGonagall était assise à son bureau, une plume à la main, et semblait se concentrer sur la lecture d'un morceau de parchemin placé devant elle.

"Je suis désolé, je suis en retard", déclara Harry d'une traite, avant que son professeur ne puisse commencer à le réprimander.

McGonagall abandonna le parchemin au son étrange de la voix d'Harry, et leva les yeux, notant immédiatement la rougeur dans les yeux du jeune garçon et l'humidité de ses joues.

"M. Potter, qu'est ce qui ne va pas?" demanda la femme, sa voix remplie d'inquiétude.

Harry baissa la tête pour cacher son visage. "Rien, madame. Je suis ici pour ma retenue."

Le silence suivi les mots d'Harry pendant quelques instants pendant que sa directrice de maison prenait note de son apparence. Puis enfin, elle parla à nouveau.

"Venez-vous asseoir, Harry."

Harry leva les yeux, juste assez pour voir que son professeur faisait signe vers un fauteuil confortable, en face de son bureau. A petits pas, il fit lentement son chemin et se percha sur le bord du siège.

Le professeur McGonagall soupira. "Il semble que vous avez eu un début très mouvementé en ce début d'année, M. Potter. M. Weasley et Miss Granger m'ont informé il y a peu de temps que vous serviez une retenue avec le professeur Snape aujourd'hui, n'est-ce-pas?"

"Oui, madame," répondit Harry, en choisissant de regarder le bureau de son professeur plutôt que le professeur McGonagall elle-même.

"Pour ne pas avoir le manuel?"

Harry fronça les sourcils et regarda ses mains. Ses amis avaient vraiment besoin d'apprendre à s'occuper de leurs affaires.

"Oui, madame," dit-il encore.

"Voulez-vous me dire pourquoi vous ne disposez pas de vos livres de classes? J'ai remarqué que vous partagiez aussi un manuel avec Miss Granger dans ma propre classe."

Harry haussa les épaules, toujours sans lever les yeux. "Je n'ai pas pu les obtenir cet été. Je l'ai fait depuis! Ils seront là bientôt."

Ce fut au tour de McGonagall de froncer les sourcils. "N'avez-vous pas informé votre famille que vous aviez besoin d'aller acheter des fournitures scolaires?"

Harry fit de son mieux pour ne pas se tortiller dans son fauteuil. "Ils étaient juste très occupés cet été."

Les froncements de sourcils de McGonagall s'approfondirent avant qu'elle ne pose sa prochaine question. "Que s'est il passé en retenue, Harry?"

"Rien."

"Vous êtes visiblement contrarié, M. Potter."

Harry refusait toujours de parler, et le professeur parla alors à nouveau.

"Très bien, alors. Pourquoi ne discutons nous pas de la raison de cette retenue? Pourquoi vous êtes vous battu avec M. Malfoy dans le train?"

Harry passa une main à l'arrière de son cou alors qu'il sentait un mal de tête l'envahir.

"Harry?" insista McGonagall.

Harry soupira et donna sa réponse dans un murmure. "Il a juste ... dit certaines choses. J'ai perdu mon sang-froid."

"Je vois. Eh bien, je dois dire que je suis surprise, Harry. J'attends mieux de mes lions, et ce comportement n'est tout simplement pas digne de vous."

"Je suis désolé, madame," murmura Harry.

Et sa voix semblait si perdue et désespérée à ce moment, que Minerva McGonagall décida aussitôt qu'elle avait fini de gronder le garçon pour cet incident. Quelque chose avait dû se passer dans les cachots pour bouleverser ainsi l'enfant.

"Millie," cria le professeur tout à coup.

Un instant plus tard, Harry sursauta presque jusqu'au plafond quand un bruit de claquement remplit la salle.

Levant les yeux, Harry fut horrifié de voir un elfe de maison debout à côté de la chaise du professeur McGonagall. Le seul autre elfe de maison qu'il n'avait jamais rencontré l'avait mis dans les ennuis jusqu'au cou avec son oncle, et il se tassa sur sa chaise alors que McGonagall chuchotait quelques instructions rapides à l'elfe, les souvenirs de cet été l'inondant de nouveau d'un seul coup.

Un instant plus tard, Millie l'elfe de maison disparu une nouvelle fois avec un autre pop bruyant, pour revenir quelques secondes plus tard avec un plateau de thé et ce qui semblait être une assiette de biscuits.

Le professeur McGonagall vit la peur dans les yeux d'Harry, et fut tout à coup encore plus préoccupée qu'elle ne l'avait été il y a quelques instants. Elle n'avait jamais vu Harry agir comme ça avant. Elle poussa immédiatement les biscuits vers le jeune garçon puis, commença à faire des plans dans sa tête.

"Sers-toi, Harry," dit-elle gentiment. "Veux-tu un peu de thé, aussi?"

Les yeux d'Harry s'écarquillèrent de surprise. Il était à peu près certain qu'il était censé purger une retenue en ce moment. Et le professeur McGonagall était l'une des plus strictes enseignantes à Poudlard.

Alors, pourquoi était-elle en train de lui servir le thé et des biscuits? Il avait clairement manqué quelque chose.

McGonagall continua à le regarder avec cette lueur étrange dans ses yeux pendant plusieurs secondes, et Harry se pencha finalement en avant pour sélectionner un biscuit.

"Maintenant, dès que nous aurons terminé ici, je veux que vous alliez directement au lit," dit McGonagall sévèrement, en versant deux tasses de thé. "Ça va être un coucher tôt pour vous, M. Potter, et nous espérons que vous vous réveillerez demain entièrement dispos."

Harry était presque certain que la confusion devait être inscrite sur son visage. Qu'est ce qui se passait?

Mais plutôt que de remettre en question sa directrice de maison, il marmonna simplement un rapide "Oui, madame", en acceptant sa tasse de thé.


"Severus Snape!" tonna McGonagall en faisant irruption dans le bureau de l'homme, plus tard cette nuit.

Snape leva les yeux de son bureau, où il avait été en train de dévisager une pile de papier contenant les devoirs d'été des cinquièmes années. Il n'avait pas été en mesure de faire quoi que ce soit depuis la retenue du " précieux " Gryffondor, et il avait été sur le point de se retirer pour la nuit.

"Bonsoir, Minerva," répondit Snape avec lassitude. "A quoi dois je le plaisir?"

"Que lui avez-vous fait, Severus?" cria McGonagall alors qu'elle se dirigeait vers le bureau de l'homme. "Qu'est-ce que vous lui avez fait?"

"A qui faites-vous allusion?" demanda Snape avec un froncement de sourcils.

"Eh bien, à Harry, bien sûr! Avez-vous une idée de l'état dans lequel il était quand il est arrivé dans mon bureau il y a une heure?"

Snape soupira et passa une main sur ses yeux. "Je peux difficilement être tenu responsable si le petit morveux se fâche pour avoir à laver quelques chaudrons, Minerva. Il n'a probablement jamais eu à travailler un jour dans sa vie et-"

"Harry n'est pas comme ca, et vous le savez, Severus. Je suis inquiet pour lui."

"Alors gardez un œil sur lui, si vous y tenez. Je suis sûr que quoi que ce soit qui le tracasse fera surface bien assez tôt."

Les yeux de McGonagall se plissèrent. "Si vous avez dit n'importe quoi qui…"

"Comme quoi?"

"Comme insulter son père en face de lui. Comme le ridiculisant sans pitié pour ses défauts. Je vous préviens, Severus. Si vous avez fait quelque chose à ce garçon pour provoquer ce bouleversement, alors j'attends que vous répariez votre erreur."

Le "ou sinon" restait suspendu en l'air, mais il n'y avait aucun doute qu'il était là.

Les lèvres de Snape s'enroulèrent dans un grognement désagréable. "Bien sûr, Minerva," répondit-il fermement. "Bien que je vous assure que tout ce qui a pu bouleverser l'enfant n'est pas de mon fait."

"Je l'espère", répondit McGonagall sévèrement. Il y eut une courte pause, puis, elle parla à nouveau.

"Et dans l'avenir, Severus, j'apprécierai si vous me renseignez à l'avance quand mes élèves reçoivent une retenue."

"Bien sûr, Minerva," répondit Snape, alors que McGonagall se retournait et se dirigeait vers la sortie.

Elle s'arrêta à la porte, cependant, et se retourna.

"Il est vraiment comme Lily, Severus," sa voix était instantanément calme. "J'aimerais juste que vous vous autorisiez à le voir."

Snape n'eut pas le temps d'être surpris par les paroles de la femme avant qu'elle ne disparaisse. Et dans la seconde suivante, il était seul une fois de plus.

Il était assis là dans le silence des cachots, faisant encore une fois repasser les événements de la journée dans sa tête.

Et pendant tout ce temps, il ne pouvait pas s'empêcher de sentir un poids lourd dans la poche de sa robe.

Un poids qui n'était rien de plus qu'une vieille photo qui avait été prise il y a très longtemps.