Je sais, ça fait longtemps, près de deux mois même, mais j'ai une excellente excuse dont je vous parlerai plus bas.

En ce qui concerne la suite des événements, le tome 4 sera posté d'ici peu, trois semaines ou un mois. Il sera ensuite mis à jour toutes les deux semaines. Un rythme tenu qui aidera à ne pas oublier ce qui se produit, et vous ravira sans doute ! Je comptes sur vous, néanmoins, pour ne pas me laisser traverser seule cette aventure ! J'ai l'impression que ce troisième tome a moins plus, moins été lu, et pour cette raison, j'ai hésité à m'arrêter à la quatrième année.

Il n'y aura pas, à proprement parler, de cinquième et de sixième années, mais une séries d'OS sur les sujets les plus importants. J'en dénombre à peu près cinq dans mon esprit. Les intrigues annexes se terminent en effet, et il serait peu intéressant de relire un tome que JKR a si magnifiquement écrit seule. En ce qui concerne la septième année, ce sera sans doute un ultime tome posté après les OS. Ne soyez pas déçus, ces OS vont permettre d'explorer plus en détail certaines choses.

Merci, du fond du cœur, à tous les reviewers de ce tome, à ceux qui m'ont inlassablement soutenue. Quelque chose me dit que la quatrième année vous plaira...

A Reader : Merci beaucoup ! J'ai le plaisir de t'annoncer que tes souhaits se trouvent tous réalisés dans ce chapitre ! Tu peux serrer Lucifer dans tes bras, il en a besoin !

A Echos : Er, désolée pour le « s » ! Je n'oublierai plus ! Merci pour ton commentaire et tes réactions ! James a le don de vous mettre dans tous vos états ! Dis toi juste que Harry se retrouve écartelé entre son frère et son père et que c'est une position difficile^^

J'espère que cet ultime chapitre de Devoir de Mémoire calmera vos pulsions violentes, niark !


La réflexion de James dura deux trop longs jours durant lesquels Sally-Ann et Harry défilèrent à l'infirmerie tandis que Noah se battait contre Mrs Pomfresh pour demeurer aux côtés de son meilleur ami. Lorsque son frère revint d'un autre déjeuner à Pré-Au-Lard en compagnie de leur père, Lucifer se redressa sur ses oreillers et constata avec satisfaction que son flanc ne le lançait presque plus.

-Le professeur Lupin est-il toujours là ? s'enquit-il avec inquiétude.

Harry se saisit d'une chaise tout en hochant gravement la tête.

-Les hiboux ont commencé à incendier Dumbledore et également Remus mais il reste au château en attendant que Papa parvienne à une conclusion ou un souvenir.

-Il faudra que je le vois, murmura-t-il.

Cette phrase était devenue une litanie pour lui. Consigné dans ce lit d'hôpital, il possédait un temps particulièrement long pour cogiter, et les mots de James avaient eu de l'effet sur lui, comme à l'accoutumée.

-Je lui ai parlé, déclara son jumeau. Je voulais le faire changer d'avis. Malheureusement... Ce qui me fait penser, j'ai récupéré la Carte. Je te la donnerai quand tu seras sorti.

Lucifer détourna un instant le regard puis se souvint qu'il ne servait à rien d'argumenter avec son frère à ce sujet et consentit d'un battement de cils.

-Je m'ennuie, soupira-t-il en se laissant retomber sur le matelas.

-La prochaine fois, tu ne joueras pas au héros et ne chercheras pas à te sacrifier, répliqua sèchement son frère.

Le temps parut se suspendre. Noah attrapa la main de son meilleur ami et se releva pour fusiller le Survivant du regard, qui soutint leur fureur un instant. Les yeux du rouquin se brouillèrent de larmes et il se mordit violemment la langue. Ainsi, Harry avait été convaincu ? Ne pourraient-ils jamais profiter d'un réel lien ? L'espoir avait été si présent et pourtant si fugace... Son jumeau passa une main dans ses cheveux de jais.

-Excuse-moi, marmonna-t-il. Tu n'y es pour rien, je le sais, tout s'est enchaîné... Mais tu as cette tendance à vouloir mourir à ma place et... Je n'aime pas ça. Je n'ai pas envie... de... que tu meures.

-Je suis vivant, observa Lucifer. Et si tu te mets en danger, je peux également le faire. Je serais à tes côtés, toujours.

Mais déjà la sensation glaçante s'estompait pour faire place à une douce chaleur. Harry pinça les lèvres et ses yeux verts fuirent un instant vers le lointain.

-Moi seul peut vaincre Voldemort, Lucifer. Je sais que tu ne m'envies pas, mais la réalité est ici : je suis le seul qui puisse vaincre Voldemort. En combat contre lui, tu n'as aucune chance, et tu n'as pas à mourir, pas inutilement contre Voldemort.

Le Poufsouffle serra les poings et croisa les prunelles métalliques de son meilleur ami, qui considérait durement le Survivant.

-Je sais, Harry, mais jamais je ne te laisserai seul. Je ne le combattrai pas mais je serais à tes côtés.

Son frère soupira. Derrière lui, la grande porte de l'infirmerie s'entrebâilla pour laisser passer Sally-Ann qui tenait deux livres contre son torse.

-Bonjour ! Je vous ai apporté de la lecture !

Les joues rouges d'avoir couru, elle tendit avec un sourire une traduction de Molière à Lucifer et un livre sur les dragons à Noah.

-Remercie mes parents de vouloir m'inculquer leurs classiques, ajouta la jeune fille. Le rayon moldu de la bibliothèque est assez limité, surtout en littérature étrangère. Enfin, je suppose que j'aurais pu te prendre Marlowe. Un contemporain de Shakespeare, tu aurais sans doute aimé. Bonjour Potter.

Le salut dont elle gratifia Harry fut accompagné d'un signe de tête très sec. Elle lui reprochait son attitude et la façon dont il traitait son jumeau, même après trois ans.

-Bonjour Perks. Lucifer, je voulais simplement te dire... Papa crois toujours la même chose, et il est... convainquant.

-Entendre les mêmes arguments répétés contre quelqu'un peut faire douter n'importe qui, expliqua Noah avec plus de sympathie envers Harry.

Lucifer se trouvait entouré des quatre personnes dans Poudlard auxquelles il tenait le plus, et il s'agissait d'une conversation qui ravivait son chagrin et ses regrets.

-James ne m'estimera jamais autant que toi, peu importe mes actes.

Il avala difficilement sa salive, furieux contre lui même, et inspira difficilement.

-Peut-on changer de sujet ? Quels classiques as-tu lu, Sally-Ann ? A mon instar, tu as fréquenté une école primaire, nous devons avoir nombre de connaissances en commun !

Harry s'éclipsa quelques instants plus tard, et Lucifer débattit avec son amie une heure durant tandis que Noah les écoutait, amusé et un peu perdu, ses paupières battant pour lutter contre l'endormissement.


Lorsqu'il en eut assez de lire, Lucifer dégaina la Carte du Maraudeur et décida de l'étudier afin de pouvoir tracer le plan du château de mémoire si besoin était. Il observa fasciné les points bouger et les noms connus et inconnus s'entasser et se mouvoir. Remus Lupin se trouvait dans son bureau, quasi-immobile, Harry, Ron et Hermione dans leur Salle Commune et les Poufsfouffles de troisième année se promenaient dans le parc.

L'infirmière mit Noah dehors pour lui changer son bandage. Les potions et cataplasmes fonctionnaient, et toute trace d'infection avait disparu. Le garçon contempla les quatre traces longilignes sur sa hanche qui commençaient à se résorber.

-Bien, diagnostiqua Mrs Pomfresh en se redressant, vous êtes guéri. Je vais appliquer un baume une dernière fois, mais contre les griffes de loup-garou, je ne peux rien faire. Vous garderez au moins une trace sur votre hanche.

Lucifer hocha la tête, conscient des faits depuis qu'il était revenu de leur voyage dans le temps.

-Puis-je sortir ?

La femme secoua la tête d'un air exaspéré.

-Oui, vous allez enfin pouvoir cesser de gémir d'ennui. Attendez juste que le baume ait pénétré votre peau.

-Merci, sourit-il sincèrement.

Elle leva les yeux au ciel et partit remettre en place le nez d'une deuxième année de Serpentard. Lucifer ressortit la carte de sous son oreiller et son attention fut attirée par le nom « James Potter ». L'homme entrait par la Grande Porte. Maudissant la substance grasse qui mettait du temps à s'incorporer, il suivit des yeux le parcours de son père jusqu'au bureau de Dumbledore. Il enfila ensuite sa robe de sorcier, rassembla ses affaires, salua l'infirmière et bondit hors de la pièce où il venait de passé trois jours enfermé.


Noah était posté au dehors et ses yeux étincelèrent lorsqu'il vit son ami sortir. Ils partirent poser ses affaires au dortoir et Lucifer referma précautionneusement la Carte.

-Je veux voir Remus Lupin, annonça-t-il.

La tristesse l'envahissait toujours lorsqu'il songeait à l'homme forcé de donner sa démission et aux durs mots de son père. Son meilleur ami hocha la tête et quelques minutes plus tard, il toquaient à la porte du bureau de l'homme.

-Entrez, retentit une voix fatiguée.

Inquiet, le rouquin poussa la porte. Il fut atterré par ce qui s'offrit à sa vue : les affaires du professeur étaient bouclées et plus rien qui indiquait sa personnalité ne subsistait dans la pièce ou sur les murs. En reconnaissant son visiteur, l'homme, qui paraissait déjà en mauvaise santé avec joues creusées de cernes et son regard terne, devint livide.

-Bonjour Lucifer. Je suis navré de ne pas être venu vous voir à l'infirmerie mais il m'a semblé que ma présence serait malvenue.

-Les étudiants se conduisent-ils de façon incorrecte ? s'enquit Noah.

Lupin secoua légèrement la tête et le fantôme d'un sourire se peignit sur ses lèvres.

-Ne vous inquiétez pas de cela, Noah. Je ne sors que pour déjeuner, et il ne m'est rien arrivé de fâcheux.

Le jeune Weber se tendit à la réponse et son ami devina aisément que l'homme devant eux avait enduré quelques moments désagréables. La gorge nouée, Lucifer s'approcha.

-Je ne veux pas que vous partiez, énonça-t-il. Vous n'y êtes pour rien... Je suis désolé !

Sa vue se brouilla et il sentit une larme couler sur sa joue. L'ancien professeur s'approcha aussitôt de lui avant de refréner son geste instinctif.

-Je vous remercie, Lucifer, mais j'ai été irresponsable. Ne vous sentez pas coupable. Rien de ce qui s'est produit n'est votre faute. J'ai mis des élèves en danger, et que je ne vous ai pas transmis ma malédiction relève d'une chance incroyable. J'ai omis de prendre une potion que je savais primordiale et je me suis compromis avec un évadé. Je ne pourrais jamais me pardonner ces erreurs qui auraient pu bien trop vous coûter.

Un sanglot étranglé sortit de la gorge du jeune Potter, qui essuya ses yeux d'un geste rageur.

-Je suis navré ! explosa-t-il. Vous n'y êtes pour rien ! Je savais ce qui risquait de se produire mais je n'ai pas bougé, parce que Peter risquait de s'évader et que je voulais protéger la justice, et je suis celui qui a échoué, et vous vivez avec une culpabilité qui devrait pas être votre. J'ai choisi mais mes choix...

Il pleurait, et son meilleur ami passa derrière lui pour lui procurer une étreinte puissante et réconfortante. Le loup-garou s'agenouilla pour se mettre à sa hauteur.

-Ecoute-moi, Lucifer. Ce qui s'est produit cette nuit n'est pas de ton fait, et tu peux être fier de la façon dont Harry et toi êtes parvenus à sauver Sirius. Je ne sais pas ce qu'il va advenir, mais je te promets que nous nous reverrons.

Pour la première fois, un adulte s'adressait à lui pour l'encourager et mettre ses exploits en valeur. Il eut l'impression que Lupin se comportait comme James aurait dû le faire à son encontre, et une sensation étrange effleura son estomac. Avant qu'il ne puisse répondre, la cheminée du bureau crépita et des flammes vertes en jaillirent.

-Remus, je vous pries de venir dans mon bureau. Je pense que nous allons avoir un invité.

L'homme se releva soudainement, et Lucifer sentit l'excitation l'envahir. Il savait que James était là, ce qui ne pouvait signifier qu'une chose : trois des Maraudeurs allaient se trouver réunis.

Les deux Poufsouffle empruntèrent le chemin qui menait à la Salle Commune des Gryffondors et patientèrent le temps que quelqu'un puisse prévenir Harry et ses amis. Lorsqu'ils sortirent, le questionnement se lisant sur leurs visages, Lucifer fixa ses yeux dans ceux de son jumeau.

-James est là, en compagnie de Remus... et d'un autre.

Harry partit aussitôt en direction des escaliers, mais Ron le rappela.

-Il faut que je sache ! s'exclama le Survivant.

-Tu vas devoir attendre, mon vieux, répondit son meilleur ami avec fatalisme. Je ne crois pas que Dumbledore laissera qui que ce soit accéder à son bureau pour le moment. Ton père viendra te chercher, ne t'inquiètes pas.

-Nous devrions nous distraire, ajouta Hermione. Vous ne pouvez pas aller dans le parc, tous les deux...

-Marchons dans Poudlard, proposa Noah. Je crains que nous ne puissions qu'attendre.

Se déplacer à cinq leur parut à tous étrange. Ils n'avaient pas grand chose à se dire et l'attente les empêchait de trouver d'éventuels sujets de conversation. Ils parlèrent des cours, des chances de l'Angleterre dans la Coupe du Monde de Quidditch, leurs pensées rivées sur une conversation qui se déroulait bien des étages plus hauts.


Leurs pas les menèrent presque malgré eux au pied de la statue d'aigle et ils s'assirent sur le sol, déterminés à attendre ceux qui ressortiraient du bureau.

-Je vais abandonner l'Etudes des Moldus, déclara Hermione. En plus de la Divination, ce qui me permettra d'avoir un emploi du temps normal.

Tandis que Ron et Harry la questionnaient et s'indignaient de ne pas avoir été prévenus pour le Retourneur de Temps, Lucifer posa une main sur la cuisse de son meilleur ami.

-Tu connaissais les Retourneurs de Temps, affirma-t-il.

-Mes parents, répondit simplement Noah. Dans les fêtes qu'ils organisent, les invités sont nombreux et les conversations très diverses. J'y ai beaucoup appris.

Il tourna la tête et ses cheveux retombant sur sa nuque effleurèrent le nez du rouquin. Il sentait que son ami se perdait dans ses pensées et il laissa s'installer le silence jusqu'à ce que Noah se sente prêt à parler.

-Majoritaires sont les sorciers qui méprisent les loups-garous, articula-t-il enfin. Mais mes parents en ont rencontré, et ils sont pour la plupart des êtres magiques très proches des humains, plus encore que les vampires ou les Vélanes. Génétiquement parlant, on ne peut dire qu'ils sont humains, puisqu'ils possèdent des caractéristiques et des capacités un peu différentes. Mais... Ils sont humains, au départ, et pour la plupart, le restent. Les lycanthropes qui utilisent leur condition comme justification sont des criminels. Je ne supporte pas la façons dont ils sont traités. Remus Lupin n'est pas le premier que je rencontre, sais-tu ? L'une de nos domestiques est un loup-garou, et elle a subi trop de choses.

Le garçon soupira et cala sa tête contre l'épaule de son ami.

-Entre la Nuit et les loups-garous... Je peine à voir les sorciers comme bon, où à plus large échelle, les humains. Il en existe de formidable mais pour la plupart...

-Ne devient pas défaitiste, murmura Lucifer. Noah, aies de l'espoir en l'homme.

Le jeune Weber lui adressa un doux sourire, puis toucha ses mèches du bout des doigts.

-Je crois que je vais les laisser pousser, déclara-t-il. Peut-être pas l'année prochaine, mais à un moment. J'aimerais voir ce que ça donne.

Il ferma les yeux, un sourire toujours sur les lèvres, méditant sur des choses que son meilleur ami ignorait.

La statue pivota soudainement, et les cinq adolescents se relevèrent avec déférence, étrangement émus. De discrets bruits de pas se firent entendre puis Remus Lupin apparut dans leur champ de vision. Il leur sourit, ne paraissant pas particulièrement surpris des les voir.

-Ne vous laissez pas impressionner, conseilla-t-il. Tout ceci prendra du temps, mais la situation de Sirius va s'améliorer.

Lucifer écarquilla les yeux et un sourire extatique naquit sur son visage.

-Vous allez partir, à présent, c'est ça ? l'attaqua Harry.

-Je n'ai pas le choix, Harry. Mais nous nous reverrons.

Le Survivant lui tendit une main qu'il serra.

-Bonne continuation, Remus. Merci de m'avoir appris le sortilège du Patronus, et pour cette année d'enseignement.

L'homme hocha la tête, une expression de profonde émotion ancrée sur son visage, puis il s'éclipsa rapidement. Harry posa un pied sur le passage de l'aigle avant qu'il ne se referme.

-Tu viens ? s'enquit-il en direction de son jumeau.

-Je ne suis pas sûre que vous devriez... tenta Hermione.

Lucifer hésita, mais son instinct lui dictait de suivre son jumeau et de revoir Sirius. Il désirait vérifier qu'il allait bien, et se laisser emporter par sa curiosité maladive. Il pressa la main de Noah, qui lui rendit son geste, et suivit son frère jusqu'au bureau de Dumbledore.

L'un comme l'autre furent surpris par le silence qui régnait. La voix du directeur retentit et ils se reculèrent par réflexe.

-Je dois contacter Cornelius Fudge et le Département de la Justice Magique. Je vous laisse vous retrouver, messieurs.

La porte s'ouvrit sur un vieil homme préoccupé, qui se contenta de hocher la tête avec un soupir en apercevant les deux jeunes Potter. Il descendit les escaliers et Harry et Lucifer entrèrent dans la pièce.


Sirius et James se trouvaient dos à eux, assis sur deux chaises en zinc, une troisième les séparant. L'ancien prisonnier avait toujours cette apparence de fou en mauvaise santé et une barbe de trois jours couvrait le visage de l'Auror. Aucun des deux ne fit réellement attention à l'arrivée de deux témoins et les deux frères choisirent de demeurer sur le pas de la porte. James se leva et ébouriffa nerveusement ses cheveux.

-J'irai voir un guérisseur pour tenter de retrouver la mémoire, à présent que je sais ce que je recherche. Lorsque je me rétracterai, tu seras libre.

-Et tout le long du procès, je vais regagner Azkaban. Je me suis évadé il est très peu probable qu'ils oublient ce fait.

Un éclat malicieux éclaira le visage de l'Auror.

-Tu n'es pas obligé de te montrer avant qu'ils aient admis ton innocence, fit-il remarquer. Viens chez moi, nul n'ira te chercher là-bas et tu pourras sortir sous ta forme Animagus. Tu auras le...

-Tu crois vraiment que je vais venir à l'endroit qui m'a tout fait perdre, James ? En compagnie d'un homme que je croyais être mon meilleur ami et qui a décidé de croire, malgré les années passées ensemble à se jurer qu'on mourrait l'un pour l'autre, que j'avais choisi de le vendre à Voldemort ?

Le visage de James devint livide et son sourire s'évanouit brusquement.

-J'ai autant perdu que toi, Sirius, répondit-il durement. J'ai perdu la femme que j'aimais et la prophétie qui pèse sur mon enfant risque de me le prendre à tout instant. Je me suis réveillé sans souvenirs du dernier mois, et on m'a annoncé que mon meilleur ami avait pris tout ce à quoi je tenais et assassiné un autre de mes meilleurs amis, alors que la veille encore, j'étais heureux avec mes enfants et ma femme. Crois-tu réellement que j'avais le recul nécessaire pour comprendre une vérité aussi tordue ? Crois-tu que ces douze années ont été un parfait bonheur ? Pas un instant ne s'est écoulé sans que je ressente l'absence de Lily et l'amertume de la trahison.

Sirius se leva brusquement. Il faisait une tête de plus que son ancien camarade et bien qu'il fut frêle et mal en point, l'éclair vigoureux dans ses yeux gris ne trompait pas sur ses capacités.

-Tu as deux enfants avec toi, et tu n'as pas perdu douze années de ta vie, grinça-t-il. Je ne te ferais pas l'affront de nier une douleur que je sais réelle, et nous aurons tout le temps pour en parler.

Il s'approcha du père, jusqu'à ne laisser que quelques centimètres entre eux.

-En revanche, James, tu as eu douze ans pour ruminer ta douleur. Douze ans, durant lesquels pas une seule fois tu n'as imaginé que peut-être, j'étais innocent. J'ai été renié par ma propre mère le jour où j'ai refusé de rejoindre Voldemort. Tu aurais du savoir que jamais je ne renierai ce en quoi nous croyions. J'étais à tes côtés quand tu t'échinais à séduire Lily, puis nous avons commencé à nous apprécier mutuellement. J'étais témoin à ton mariage et parrain de l'un de tes fils. Tu aurais dû savoir, puisque nous avions passé dix ans à nous voir chaque jour, que jamais je n'aurais détruit ce petit monde auquel je tenais autant que toi.

-Je ne m'attardais jamais sur ces pensées, figures-toi ! Elles étaient bien trop douloureuses !

La voix de James monta d'un octave, et Harry émit un son étranglé. Lucifer observa le teint pâle de son jumeau mais n'osa pas bouger. La tension crépitait entre les deux hommes n'importe quel mouvement ou mot pouvait mettre le feu aux poudres.

-Ne pas t'attarder sur ce qui te dérange a toujours été un de tes pires défauts, siffla l'évadé.

La colère de son ancien ami parut retomber et il passa une main sur son visage fatigué.

-Je comprends ta rancoeur, soupira-t-il. Tu as raison, ce que tu as vécu est en grande partie de ma faute. Je suis désolé, sincèrement désolé. Je ne peux rien faire, Sirius, à part m'excuser, t'innocenter et t'aider à reprendre pied dans une nouvelle vie.

-Je n'ai pas, terminé, James. J'ai attendu douze ans pour m'exprimer, et je vais terminer, si tu le permet.

Le menton levé de l'homme le défiait de refuser, mais l'Auror hocha la tête.

-Toutes ces années, enfermé, et tout ce qui pouvait me faire tenir était l'espoir que tu m'écrives, que tu m'expliques pourquoi tu ne me libérais pas. La certitude de mon innocence, et les souvenirs de Poudlard. Savoir que tu étais en vie, que Harry et Lucifer vivaient, que je n'avais pas tout perdu. Notre amitié subsiste dans mon cœur, et je viendrais te voir, mais je préfère aller vivre chez Remus pour le moment.

L'expression sur le visage de son père secoua le rouquin malgré lui. Enfin, Sirius ouvrit les bras, avec une hésitation marquée, et enlaça son ami, qui lui rendit son étreinte avec soulagement.

Puis ils semblèrent enfin se rendre compte que Lucifer et Harry avaient assisté à toute l'entrevue. Le visage de James s'assombrit.

-J'aurais aimé que vous restiez en dehors de cette conversation, les tança-t-il.

-Je suis désolé, murmura le Survivant.

Au filet de voix qui sortait de sa gorge, il paraissait évident qu'il aurait souhaité ne jamais avoir assisté à l'entrevue. Quelques secondes plus tard, il reprit contenance, carra les épaules et se dirigea vers Sirius.

-Je suis heureux que tu sois libre !

L'homme lui offrit un sourire qui le rajeunir de dix ans.

-Je suis encore un hors-la-loi pour l'instant. Nous allons pouvoir discuter, il y a tant de choses que je n'ai pas eu le temps de vous dire...

-Pourquoi ne viendrais-tu pas déjeuner quand Harry rentrera de Poudlard ? proposa James.

Sirius inspira profondément, tentant ostensiblement de garder son calme.

-Lucifer rentrera de Poudlard également, lança-t-il.

-Il sera chez sa tante, à ce moment là, répondit James. Je ne sais pas quand il viendra au Manoir, mais tu es bien sûr le bienvenu quand...

-Il n'a rien à faire là-bas, gronda l'évadé. C'est ton fils.

Le visage de l'Auror se ferma tandis que Lucifer passait nerveusement son pouce sur chacun de ses ongles à peu près limés et que son frère se tendait à côté de lui.

-Que ce soit clair, Sirius, déclara James. Il s'est produit de nombreuses choses en douze ans et j'ai du prendre des décisions. J'élève mes enfants et j'estime m'en sortir bien. Harry est génial, altruiste et courageux. Lucifer n'aurait pas supporté d'être dans l'ombre et les événements qui se succèdent me confortent dans ce sens. Ils sont tous les deux mes fils, mais la barrière du sang protège Lucifer et je protège Harry.

Sirius éclata d'un rire sans joie.

-Je t'entends depuis trois heures parler de tes enfants et je te connais. La façon dont tu te comportes avec Lucifer est ignoble, James. Tu l'as abandonné, comme tu m'as abandonné. J'ai été le voir chez les Dursley... As-tu idée de ce qui s'est produit, de la façon dont il est mis de côté par eux et par toi, l'homme qui aurait dû l'aimer inconditionnellement ?

-Sirius, l'avertit son ami.

-Il est ton fils, oui, mais un fils que tu négliges et que tu maltraites. Tu as séparé deux jumeaux. Tu as repensé à ces instants où ils étaient laissés ensembles, si proches que vous en aviez les larmes aux yeux, Lily et toi ? Dès qu'ils étaient dans deux pièces différentes, ils se cherchaient. Aujourd'hui, ils sont presque des étrangers l'un pour l'autre, et pourtant, ils sont proches malgré eux. Séparer des jumeaux, des frères. Par le caleçon de Merlin, Cornedrue, est-ce que tu te souviens de l'état dans lequel j'étais quand j'ai laissé Regulus derrière moi ? Quand Lily s'est battue avec sa sœur ? On voit que tu es fils unique !

-Je t'interdis...

-Vraiment ? Malheureusement pour toi, personne n'a jamais réussi à m'interdire grand chose. Je désapprouve ce que tu as fait, James. Je ne peux pas comprendre ta décision, et pourtant, mes parents m'ont renié, mais ce gamin, tu y tenais comme à la prunelle de tes yeux la dernière fois que je t'ai vu. Tu le portais, le chatouillais, lui promettais qu'il était aussi beau que sa mère...

James parut perdre le contrôle de lui-même. Il balança son poing vers le visage de Sirius, heurtant avec habilité le mur qui se trouvait à côté. Puis il se souvint d'où il se trouvait, et se calma aussitôt, attrapant Harry par les épaules et passant une main dans ses cheveux.

-Je crois que tu as raison d'aller chez Remus, confirma-t-il, glacial. Nous allons devoir laisser faire le temps.

Lucider pleurait, de nouveau et son jumeau, bien que plus impassible, ne paraissait pas en meilleur état. Sirius eut un faible rictus.

-Je ne pourrais jamais assez vous remercier, les garçons. Vous avez sauvé mon âme et ma vie. Lucifer, je t'écrirais cet été, mais il me semble que tu as un chat et non un hibou... Les oiseaux attendront tes lettres de retour. La même chose vaut pour toi Harry, bien sûr... Je crois que Dumbledore va revenir. Prenez soin de vous.

Il se rassit sur la chaise et Lucifer jeta un coup d'oeil à son frère avant de décider que quitter le bureau était la meilleure solution, bien que son cœur paraisse sur le point d'exploser.


Les résultats des examens furent accrochés le dernier jour, et n'affichèrent aucune grosse surprise. Les troisièmes années de Poufsouffle bouclèrent leurs bagages avant de se diriger vers le banquet de fin d'année.

-L'année prochaine, nous consacrerons notre temps libre à réécrire et éclairer l'histoire de l'Ancienne Salle Commune, commenta Noah d'un ton songeur. Je demanderai à mes parents s'ils savent comment accéder aux archives. Nous devons connaître le compte rendu du jugement.

Ernie et Justin avaient déjà quitté la pièce. Lucifer tendit les mains vers son meilleur ami et l'étreignit avec force.

-Ces dernières semaines n'ont pas été faciles, et j'en suis désolé, admit-il. Je crains que cette plongée dans l'Histoire et sa juridiction ne nous éprouve un peu plus encore, mais justice sera faite. Nous accomplirons le Devoir de Mémoire.

Il sentit son cou s'humidifier et serra un peu plus son meilleur ami.

-Je crois que ça fait beaucoup, bredouilla Noah, des sanglots dans la voix.

-Je sais.

Son meilleur ami tenta un sourire puis se recula et essuya ses larmes. Lucifer passa un bras autour de son cou tandis que leur respiration s'apaisait. La scène entre son père et Sirius Black l'avaient profondément ébranlé mais en cet instant, il oubliait les diverses sensations pour se concentrer uniquement sur le chagrin de Noah.

-Je te remercie de toujours être là pour moi, souffla-t-il. Je te promets que je resterai, toujours. Notre amitié ne se délitera pas, Noah. Je suis là.

Doucement, lentement, le garçon relâcha la pression des derniers jours et ils purent descendre fêter la fin d'année.

Ils se sentaient en décalage avec les autres plein d'émotions qui n'avaient rien à voir avec les vacances où les examens. Susan les observait avec une expression songeuse et Sally-Ann mordillait un bout de pain.

-Tu veux parler de cet été, maintenant ou plus tard ? s'enquit doucement Noah.

La jeune fille releva ses yeux marrons et secoua la tête.

-Non. En revanche, j'aimerais savoir ce qui s'est produit.

Les garçons échangèrent un regard. Elle ne leur tiendrait pas rigueur de leur absence de réponse, mais ils ne voulaient pas ignorer sa demande.

-Nous ne pouvons pas tout te raconter, déclara Lucifer, mais dans le train, tu sauras.

-Bien, répondit-elle en plantant son regard dans le sien.

-Désirez vous que je sois présente, ou vais-je m'installer avec Hannah ? intervint Susan.

Sa tante travaillait au Ministère, département de la justice magique. James entreprendrait bientôt les démarches pour libérer Sirius, mais Susan était droite et intègre.

-Tu peux choisir de venir, décida le rouquin, mais le récit inclura des éléments que tu n'as peut-être pas envie de connaître tout de suite, des dangers et des secrets que tu ne veux pas forcément endurer.

-Alors nous ne ferons de nouveau le voyage ensemble que l'année prochaine, sourit-elle.

Noah la considéra avec un profond respect, et ils enchaînèrent sur des sujets plus légers.

-Il me semble que ma famille sera réquisitionnée pour la Coupe du Monde de Quidditch, déclara la jeune Bones. Je suis à peu près certaine d'y assister, puisqu'elle se déroule au Royaume-Uni.

-J'irai également, déclara Noah, que ce soit avec une gouvernante ou mes parents. Lucifer, si tu le désires, je suis certain qu'ils ne verront aucune objection à ce que nous t'invitions.

Les durs mots de James à propos des billets résonnaient encore dans leurs esprits et le rouquin secoua la tête, incapable de refuser ou d'accepter. Sally-Ann fit une remarque sur le dégradé qui prenait forme dans ses cheveux, et il eut enfin l'impression de respirer.


Trouver Harry parmi tous les étudiants en partance pour la gare de Pré-Au-Lard ne fut pas aisé, mais Lucifer parvint à l'atteindre alors qu'il sortait d'une diligence.

-Je savais que tu viendrais me parler, soupira son jumeau, le regard fuyant. Je ne suis pas prêt.

Lucifer eut l'impression d'être renvoyé deux ans en arrière et un pic de douleur dans sa poitrine le fit haleter.

-Ecoute... tu peux... voyager avec moi. M'écrire. Mais... Je ne veux pas parler de... tout ça.

-Je ne le désire pas non plus. Je voulais savoir comment tu allais.

La scène se rejouait devant ses yeux avant qu'il ne s'endorme et il en rêvait. Elle demeurait toujours aussi douloureuse. A l'instar de son frère, il regrettait d'avoir assisté à la mise au point entre James Potter et Sirius Black.

-Le problème dans cette question est qu'elle nous ramène aux événements. Je vais bien, d'accord ? Ne t'en fais pas. Je... On devra... affronter ça... Un jour. Mais pas maintenant. Pour cet été... Je t'ai promis qu'on volerait ensemble. N'oublie pas d'apporter ton Eclair de Feu. Et... Je crois qu'on ira à la Coupe du Monde ensemble.

Incapable de répondre, Lucifer obéit à une impulsion et entoura son jumeau de ses bras, largement, maladroitement, et Harry tapota son dos, mal à l'aise.

-Nos Patronus s'harmonisent très bien. J'ai été heureux de partager ces instants avec toi.

Son honnêteté brute surprirent le Survivant, qui s'immobilisa.

-Moi aussi, marmonna-t-il. Nous pourrons aller à Pré-Au-Lard l'année prochaine, normalement... J'aimerais bien visiter Zonko avec toi.

Il se débattait avec les mots, mais Lucifer le relâcha en sentant un immense soulagement l'envahir. La proximité acquise demeurait, malgré les malaises et les maladresses. Sally-Ann lui cria qu'ils allaient manquer le train et il la rejoignit tant bien que mal, Korrigan crachant dans son panier.


Ils omirent le Retourneur de Temps dans leur récit à Sally-Ann, l'informant simplement que Buck s'était échappé, qu'ils s'étaient retrouvés face à Remus Lupin et Sirius Black, le récit et la preuve de son innocence, puis que l'homme était parti sans préciser les circonstances. Elle ne fit aucun commentaire, encaissant les informations.

-Donc Peter Pettigrow est dans la nature, si j'ai bien suivi, réfléchit-elle. Je suis désolée qu'il soit ton parrain.

Un oiseau entra à ce moment là dans leur compartiment, lâcha une lettre à Lucifer puis repartit à toute vitesse. Les trois Poufsouffle fixèrent la porte, les yeux ronds, et le garçon sortit avec appréhension le parchemin. Il s'agissait d'une écriture inconnue.

Cher Lucifer,

Je suis navré que Harry et toi aient enduré le spectacle dans le bureau de Dumbledore. Ces mots n'auraient pas dû être entendus de vous.

Je ne regrette pas un seul mot que j'ai dit à ton père sur la façon dont il te traitait. Je ne suis pas d'accord, et il est, et lui seul, en tort. Ce n'est pas facile à entendre, je le sais. J'avais ton âge à peu près lorsque mes relations avec mes parents sont devenues insupportables. Tu n'y es pour rien, c'est ce qu'il faut que tu saches, et dont tu dois être convaincu.

Je n'ai pas eu le temps d'éclaircir certains points lorsque nous nous sommes vus. J'ai été nommé parrain de Harry, mais je prendrai autant soin de lui que de toi, comme si tu étais également mon filleul.

C'est moi qui t'ai envoyé l'Eclair de Feu à Noël. Je savais que ton frère avait perdu le sien, et je vous ai offert ce balai à vous deux. Je ne t'ai jamais vu voler, mais je me souviens que tu appréciais cela autant que ton frère, quand vous étiez petits.

Nous nous reverrons bientôt, et je t'écrirai de nouveau d'ici quelques jours.

Prends soin de toi,

Sirius.

Il fixa les mots inscrits à la plume, les relut longuement, incapable d'en détacher son regard. L'émotion qui le transperçait possédait une touche inconnue mais puissante, qui le bouleversait.

-Je...

Il inspira profondément, et prit la main de son meilleur ami. Il ne pouvait exprimer son ressenti, n'osait formuler un fol espoir, et il se contenta de montrer la lettre aux deux autres, qui parurent heureux.

Le train s'arrêta, et les élèves descendirent. Sally-Ann se figea sur la dernière marche du wagon, puis avec une expression résignée, se retourna.

-A dans deux mois, les garçons, puisque je n'ai aucune intention de venir camper pour voir des gens se passer une balle. Ne vous attirez pas d'ennuis !

Ils lui sourirent et elle traversa la barrière tandis qu'il la suivaient du regard avec inquiétude. Sur le quai, Lucifer reconnut la gouvernante de son meilleur ami.

-Tu vas me manquer, s'étrangla Noah.

-Je n'ai pas envie de faire face à ma tante, dit-il, fermant les yeux pour effacer les larmes qui menaçaient de perler. Je vais devoir admettre la façon dont James a effacé ses droits sur moi. Tu me manquera, Noah. Nous nous reverrons... à la Coupe de Quidditch, au moins.

Ils s'étreignirent puis, avec un dernier regard, partirent retrouver celles qui les accueillaient.


Pétunia se trouvait seule près de la voie dix et ne broncha pas lorsqu'elle vit arriver son neveu avec sa valise et un chat furieux d'être de nouveau enfermé. Lucifer posa ses bagages par terre avec nervosité.

-James... Je n'ai pas pu aller à Pré-Au-Lard... Pas sans enfreindre le règlement. Le criminel qui s'est échappé... James a décidé que ton autorisation ne valait rien, et quoi que j'ai pu dire...

Il surprit un éclat dur dans ses yeux et serra les dents, l'angoisse montant peu à peu dans sa poitrine.

-Es-tu en bonne santé, cette fois ? demanda Pétunia en ignorant sa déclaration.

-J'ai été griffé par un loup-garou, mais je vais bien. Je vais garder la marque, mais...

Il se sentait misérable. Incapable de suivre les instructions de sa tante, de lui épargner des inquiétudes.

-Cette école n'est bonne qu'à vous mettre en danger, persifla sa tante en secouant la tête avec fureur. Tu me montreras ta blessure à la maison, et il est hors de question que tu fasses quoi que ce soit qui puisse te causer des ennuis cet été, suis-je claire ? En ce qui concerne l'année prochaine, je ne suis visiblement pas apte à te protéger dans l'enceinte de cette école de...

Elle s'interrompit, lui lança un coup d'oeil et empoigna férocement sa valise. Dans sa cage, Korrigan feula.


Il n'avait plus été torse nu devant sa tante depuis des années et se retrouver dans la salle de bain parfaitement propre du 4, Privet Drive avec Pétunia qui examinait une plaie récente le déconcerta grandement. Il déblatérait ce qui s'était produit dans la Cabane Hurlante, et la femme se tendit en entendant que son parrain était un criminel.

-Trouve moi une photo de lui, ordonna-t-elle. Si jamais il tente de t'approcher ou de t'écrire, préviens moi immédiatement.

-Oui, promit-il.

-C'est propre. Celle qui t'a soigné a fait du bon travail, mais tu n'avais pas besoin d'une cicatrice de plus. Et tu vas me faire le plaisir de teindre de nouveau tes cheveux, histoire d'avoir l'air soigné.

S'il fut étonné qu'elle connaisse l'existence du zig-zag allongé qui se trouvait sur son cou, conséquence des débris tombés dans le lit lorsque son frère avait vaincu Voldemort, il se sentit rougir devant sa remarque. Elle paraissait sèche, mais chacun de ses mots depuis qu'elle l'avait récupéré à Poudlard s'inquiétait de lui et avait pour vocation de l'éduquer.

-Rhabille-toi. Vernon et Dudley sont à un match de foot. Si tu veux utiliser le magnétoscope, tu peux.

-Je n'ai pas encore pu regarder les cassettes de Shakespeare que tu m'as offerte, acquiesça-t-il. Je peux t'aider à faire à manger, si tu veux.

-Occupe toi de te reposer, cingla-t-elle.

Il tressaillit mais obtempéra et lança Macbeth. Pétunia rangea la cuisine puis vint s'asseoir dans un fauteuil, observant la pièce de théâtre d'un air dubitatif.

-J'ose espérer que les prédictions de vos voyantes sont plus claires, commenta-t-elle, les lèvres pincées.

Lucifer se souvint de la prophétie de Trelawney, et d'une autre, à laquelle James, et même Harry avaient fait allusion.

-Non, je ne pense pas, répondit-il prudemment.

Elle eut un reniflement méprisant, laissant son neveu perdre le fil de la pièce et s'interroger sur les prophéties et les prédictions. Voldemort allait-il revenir ? Ne pourraient-ils l'en empêcher ? Qu'adviendrait-il du monde magique, et de Harry ?

-Concentre toi ! le tança-t-elle.

Il s'obligea à se détendre, à tenter d'occulter ses angoisses de l'année écoulée. Sur une étagère, il nota la boîte presque terminée de Fondants du Chaudron qu'il lui avait envoyée, et un large sourire se peignit sur son visage.

Pétunia l'élevait. Elle prêtait plus attention que James à ce qu'il était, elle l'éduquait.

Elle avait sa place, quoi qu'il put en dire.

Et il serait aux côtés de son jumeau, avec Noah, jusqu'à la toute fin.

Oui, encore du blabla auteur. Mais c'est primordial.

J'ai l'honneur de vous annoncer que je suis désormais officiellement une auteur publiée ! J'ai été édité chez Rroyzz, et je suis aux anges.

Mon livre s'appelle Le Sang de l'Honneur, par Léonor Baumann. Il explore des royaumes avec chacun leur propre culture, et une part de psychologie des personnages. Je pense qu'il peut vous plaire, si vous avez aimé l'Ancienne Salle Commune et les aventures de Lucifer et Noah. Il est difficilement trouvable en librairie (normalement la Fnac doit pouvoir l'atteindre), mais sinon, il y a le site de l'éditeur.

Je serai à plusieurs festivals, aussi, comme celui des Imaginales au printemps, mais je vous tiendrai au courant le moment venu (et je mettrai un lien sur mon profil).

Bonne continuation à tous, et à bientôt pour le Tome 4 !