[ Voici le chapitre 10 ! J'ai eu beaucoup de mal à l'écrire, mais j'espère qu'i vous plaira ! ^^ Je suis assez contente du résultat.

Une review pour me dire ce que vous en pensez me ferait réellement plaisir ! Et me permettrait de m'améliorer encore ! Sur ce, bonne lecture ! ]


Lorsqu'Haine ouvrit les yeux, elle comprit qu'elle avait bien trop dormit. Le lit de Madara était déjà fait, et les volets grands ouverts laissaient entrer les bruits et les odeurs de la ville. La jeune femme se redressa dans un grognement agacé : Son corps était un bleu géant à lui tout seul. La nuit dernière ne l'avait pas épargnée, et Haine se sentait courbaturée. Elle s'assit sur le lit avec une difficulté certaine, émettant un grognement qui se rapprochait plus de celui d'un animal que d'une jeune demoiselle de son âge. Elle leva les bras pour s'étirer et entendit la porte de la chambre s'ouvrir par la même occasion. Une odeur alléchante acheva de la réveiller, et son estomac gronda lorsque Madara déposa un petit bol entouré de cellophane embué. Madara lança rapidement un regard à la jeune femme aux cheveux en bataille et tapota le bol de l'index :

« - J'ai déjà mangé. Celui-là est pour toi. »

Sans demander son reste, Haine se releva. Elle s'asseyait sur la petite chaise en bois pour manger, tandis que le shinobi rassemblait leurs affaires rescapées. Tout en piochant dans le riz aux œufs, la jeune femme l'observait du coin de l'œil. Apparemment il avait jeté la nourriture qu'il leur restait, - Elle n'avait pas supportée la pluie - et il s'était mis à baragouiner en découvrant un trou dans le tissu du sac. Plantant les baguettes dans son bol à moitié plein, Haine se laissa tomber de la chaise, avalant sa bouchée. Elle s'approcha de Madara avant de lui prendre le sac des mains :

« - Et bien … Il faut juste recoudre, argumenta-t-elle en examinant les fils endommagés, Je sais faire, ça. Mais il me faut des aiguilles et du fil. On peut demander à l'aubergiste, tu crois ? »

Le shinobi s'était assit à côté d'elle, sur le lit défait. Il leva les yeux au ciel lorsque le sujet de la rouquine fût abordé :

« - Certainement pas. On va se débrouiller. Je n'aime pas avoir de comptes à rendre. Dépêche-toi de finir de manger et prépare-toi. On va sortir. »

La demoiselle faillit s'étouffer en l'entendant parler de l'extérieur. Elle le dévisagea, les yeux ronds. Les angoisses qui l'avaient surprise hier soir l'attaquaient de nouveau, par vagues. Elle força un sourire, lèvres pincées, puis, refourguant le sac en toile à Madara, s'en alla finir son repas.

Le shinobi n'était pas dupe : Haine n'était pas sereine pour un sou. Mais il avait décidé de la confronter à un quotidien beaucoup plus vivace que celui qu'elle subissait à Katsu. Il savait que cette expérience n'allait pas être de tout repos. Ni pour elle, ni pour lui. Le menton reposant dans la paume de sa main, il observa la jeune femme qui se dépêchait de finir son plat. Lorsqu'il l'entendit reposer les baguettes sur le bol en porcelaine, il se redressa en prenant appui sur ses genoux :

« - Bien. On part dans cinq minutes. Il nous faut des vivres, quelques affaires, et certaines autres choses qui nous seront plus qu'utiles... »


« - Haine, je t'ai déjà dis que tu ne risquais rien. »
« - Effectivement. »
« - Tu vois, les gens t'ignorent. Ils ne savent même pas que tu descends des-«
« - CHUUUT ! »

Quelques personnes dans la rue se retournèrent lorsqu'Haine plaqua ses deux mains contre la bouche du grand brun. Elle avait dû faire un saut ridicule pour ce faire, et Madara la regardait à présent, les yeux plissés. Aussitôt, elle le relâcha, s'agrippant de nouveau à son bras avec gêne. Le shinobi se contenta d'hausser les épaules, un sourire narquois ourlant ses lèvres fines. Il se dégagea sans problème de l'étreinte d'Haine, trop occupée à fixer la rue. Puis se pencha pour lui chuchoter à l'oreille :

« Toi qui voulait te faire discrète, c'est loupé. »

Pour toute réponse la jeune femme se contenta de grogner en se frottant l'oreille. Elle le détestait quand il était de bonne humeur ! Il devenait agaçant, presque bavard, narquois et il s'amusait à la ridiculiser dés que possible ! Quelques fois, elle se demandait lequel d'entre eux était le plus mature.

Toujours en se frottant la nuque, là où le souffle du shinobi l'avait titillée, elle descendit les marches de l'auberge deux par deux pour suivre Madara, qui s'était déjà dirigé vers la place principale du village. Les gens qu'il croisait s'écartaient inconsciemment de son passage. Haine supposait que l'apparence quelques peu sombre de Madara ne laissait pas indifférent. De toute façon, elle, elle s'en fichait. Aussi, elle le rejoignit en trottinant pour marcher à côté de lui. Fixant le sol, elle faillit rentrer dans son compagnon de voyage, celui-ci s'étant brusquement arrêté devant elle.

Le shinobi se retourna vers elle, piégeant son menton avec deux de ses doigts. Puis, il la força à relever la tête, la mine amusée. (Maintenant qu'Haine y réfléchissait, c'était bien la première fois qu'elle le voyait comme ça.)

« - Arrête de fuir, regarde un peu autour de toi. Tu as toujours rêvé de liberté non ? Profites-en un peu, alors. »

Elle faillit lui cracher à la figure que tout ça était trop soudain. Qu'elle s'était faite une raison, depuis le temps. Mais quelque chose dans les yeux du grand brun l'en dissuada. Elle dévia le regard par dessus l'épaule de ce dernier, obéissant sans faire d'histoire. La place était pleine de couleur et de monde. Les étales du marché étaient emplies de produits qu'elle ne connaissait pas, et elle entendait le tintement des pièces que l'on échangeait contre un poisson ou des légumes. Madara avait peut-être raison. Ce n'était pas si terrible. C'était peut-être même un peu agréable. Elle se détendit légèrement et c'est à ce moment là qu'il se décida à la lâcher. Il lui donna une petite tape derrière la tête, comme il avait pris l'habitude (très mauvaise) de le faire. Puis il lui tourna le dos se dirigeant vers les stands d'un pas tranquille. Haine resta immobile quelques secondes, avant de se décider à le suivre. Elle esquiva un groupe d'enfants qui jouaient au ballon en hurlant de rire. L'un d'entre eux passa proche d'elle, et Haine dû se retenir de sursauter : Il fallait qu'elle se rende à l'évidence ; personne ici ne savait qui elle était. Dans ce village, elle était un inconnu parmi les autres. Il ne s'agissait pas de Katsu, où tout le monde la craignait. Ici, elle ne risquait rien. Elle était une anonyme au milieu de plein d'anonymes. Rassérénée, elle rejoignit Madara qui faisait apparemment affaires avec un commerçant. Elle le vit tendre quelques pièces en échange d'une grosse pièce de bœuf séché. Intriguée, elle le regarda faire, l'eau à la bouche : elle ne mangeait pas vraiment à sa faim depuis leur fuite. Et les odeurs autour d'elle étaient sans cesse là pour le lui rappeler :

« - Oh, elle est bien maigrelette, votre demoiselle ! »

Un sursaut. Elle lança un coup d'œil au boucher qui l'observait avec un grand sourire. Il était assez vieux, et une moustache lui couvrait la lèvre supérieure. Madara baissa les yeux vers Haine, restée en retrait et lui fit signe d'approcher. Elle s'avança avec lenteur jusqu'à ce que son épaule frôle le bras du grand brun. L'artisan en face d'elle se pencha un peu sur certains de ses produits avant de découper une grande tranche de viande séchée qu'il lui tendit :

« - Tiens ma jolie, si tu ne manges pas, le vent va finir par t'emporter ! »

Son cœur rata un battement et elle leva les yeux vers Madara. Ce dernier lui servit un unique mouvement du menton avant de la pousser discrètement d'un coup de coude. La jeune femme releva la tête vers le boucher, qui attendait, avec un grand sourire serviable. Haine se hissa donc sur la pointe des pieds pour prendre la tranche de bœuf en silence.

Puis, elle cligna quelques secondes des yeux avant de se décider à répondre au vieil homme par un grand sourire. Sa voix fluette s'extirpa de sa gorge avec une affirmation qu'elle ne se connaissait pas :

« - Merci. »

L'homme lui offrit un hochement de tête satisfait avant de se tourner vers d'autres clients.

Madara s'était déjà éloigné du stand et l'attendait à quelques mètres de là. Elle se dirigea vers lui avec un grand sourire. Puis, elle s'acharna sur la pièce de viande pour la découper en deux avant d'en tendre un morceau au shinobi. Ce dernier refusa d'un hochement de la tête :

« - Tu n'as pas entendu ? Si tu ne manges pas, tu vas finir aussi fine qu'une feuille de papier... »

A peine avait-il achevé sa phrase qu'elle lui refourguait le morceau entre les mains avant de croquer dans le sien, songeuse. Madara dû retenir un soupir, lui lançant un regard agacé. Mais au fond de lui, quelque chose gigotait, comme une larve de braises. Il décida de chasser cette désagréable sensation pour suivre la demoiselle. Cette dernière avançait au milieu du peuple avec une hésitation certaine. Elle marchait sur la pointe des pieds, comme prête à fuir au moindre mouvement ou bruit suspect. Une petite souris, pensa le shinobi avant de la rejoindre, les bras croisés sur son torse large. Elle l'attendait, son regard émeraude galopait à travers les stands et les couleurs du monde. Avec un sourire triste, elle repoussa une mèche de devant son visage, la bloquant derrière son oreille. Il l'interrogea du regard, mais elle feignit l'ignorance, pointant du doigt un homme qui tirait une vache derrière lui :

« - Ca, je l'ai vu dans un livre. »

Puis, elle désigna un stand bondé d'instruments à bois. Le vent s'était levé et jouait avec les drapeaux multicolores du marché. Un enfant criait en courant après un ballon qui vagabondait avec les vagues aériennes :

« - Je n'ai jamais entendu quelqu'un jouer d'un instrument. Mais je l'ai lu, aussi », Dit-elle platement.

Madara rattrapa d'un geste vif la ficelle du ballon, sans cesser de fixer loin devant lui. Il n'avait pas envie de regarder la demoiselle : Elle devait avoir l'air triste, et il avait vu suffisamment de choses tristes pour le restant de ses jours. Le gamin essoufflé lui tira la manche, lui demandant de lui rendre son bien, avec un grand sourire édenté. Madara hocha la tête, s'accroupissant à sa hauteur pour lui tendre l'enveloppe gonflée d'hélium qui flottait dans les airs :

« - Fais attention, la prochaine fois », Dit-il en forçant un sourire.

« - Merci monsieur ! »

Puis il s'en alla, guère attentif aux avertissements du grand brun qui s'était redressé. Il avait perdu Haine des yeux quelques secondes, et voilà qu'elle se trouvait quelques mètres plus loin. L'éclat argenté si singuliers des armes blanches se reflétaient sur son front pâle. Elle semblait concentrée. Il s'approcha, regardant par-dessus son épaule. Elle semblait figée dans sa contemplation, mue par un soupir d'horreur et de fascination. Le vendeur parlait avec son voisin, les ignorants totalement. L'Otsutsuki tapota la mince vitrine de verre du bout de l'ongle, pointant un kunaï au milieu de ses compères :

« - C'est avec ça que tu as tué ceux qui en avaient après moi, la dernière fois. »

« -Oui. »

Il ne comprenait pas trop ce qu'elle trafiquait. Ses yeux sautaient d'une arme à l'autre, comme par crainte de se poser trop longuement sur l'une d'entre elles. Passant une main dans sa tignasse sombre, il arqua les lèvres en une moue agacé. Cette situation devenait bizarre, presque macabre :

« - Tout ce que je connais, je l'ai lu….Alors… ça me fait vraiment bizarre de voir ces choses en vrai. Je veux dire … Je le savais, que ce n'était pas que dans les livres. Mais voir tout ça… (Elle engloba le marché d'un geste large de la main)… en vrai … Ca me fait presque peur. Surtout les armes. Elles semblent cruelles, même si on ne les utilise pas. Je crois que je suis un peu folle. Non ? »

Ah, parce que maintenant, elle attendait une réponse ? Il haussa les épaules. Une telle maturité d'élocution de la part d'Haine le laissait bouche bée, même s'il ne l'avouerait jamais. Il attrapa une arme dans la main (un shurikens), s'amusant par la même occasion à le faire danser entre ses doigts. Haine l'observa du coin de l'œil, sourcils froncés :

« - Je peux t'apprendre à les aimer, crois-moi », railla-t-il.

« - Je ne peux pas aimer quelque chose qui tue. »

Le shinobi ne répondit pas, préférant se pencher à son tour sur la collection argentée qui illuminait le drap blanc qui la soutenait. Le vendeur s'était tourné vers eux en silence. Il attendait avec un sourire de fouine dans son coin. Puis, il se décida finalement à parler :

« - De belles pièces, n'est-ce-pas ? »

Madara ne prit pas la peine de relever les yeux, il déposa une dizaine de shurikens et de kunaïs devant lui :

« - A mon époque, elles étaient bien plus travaillées », Grogna-t-il, sous l'œil perdu du vendeur.

Puis il paya ce qu'il devait payer avant de prendre la marchandise et de s'en aller.

Haine choisit ce moment pour lui tirer la manche. Il la lorgna avec agacement. Elle lui montrait une petite lame brillante, accrochée par une corde à la carcasse en bois du stand :

« - Qu'est ce que c'est, comme arme ? », Demanda-t-elle.

« Ca s'appelle un Tanto. Pourquoi ? », Grommela-t-il en la tirant à sa suite. Il n'avait plus envie de rester dehors, tout ce monde l'écœurait, à force.

« - On peut l'utiliser pour se défendre ? »

« - Evidemment. Quelle question ! »

Elle lui tira la langue avant de le dépasser, mordant dans ce qu'il lui restait de la viande offerte par le boucher. Levant les yeux au ciel, Madara la suivit. Elle se dirigeait vers un attroupement de personnes. Au milieu d'entre eux, une femme bougeait. Il devait s'agir d'un spectacle, ou quelque chose du genre, au vue de l'excitation qui régnait, il calla ses deux paquets sous ses bras en pressant le pas :

« - Haine, laisse tomber, on doit passer chez un armurier, j'ai besoin de certaines choses. »

« - Je veux juste voir ce qu'ils font ! », Répliqua-t-elle d'une voix fluette avant de se glisser dans la foule.

Elle se dressait sur la pointe des pieds pour observer, arrachant un sourire mi-agacé mi-amusé à Madara. Après tout, ils n'étaient pas pressés. Et elle semblait un peu plus à l'aise. Ce n'était pas une mauvaise chose… Il s'arrêta à côté d'elle D'où il était, il voyait à peine ce qu'il se tramait, alors elle …

« -Viens, on va se faufiler «, Chuchota-t-il en se glissant à travers les gens comme une anguille au milieu de rochers.

La demoiselle le suivit, avec une certaine appréhension. Toute cette nouveauté lui donnait des vertiges. Mais en même temps, elle était on ne peut plus ravie que Madara cède à son caprice. Alors elle se dépêcha à sa suite, malgré la frayeur que lui causait autant de monde dan un même espace. Elle prit bien soin de se tenir à son bras (et cette fois il ne la repoussa pas). La chaleur des corps fût rapidement étouffante, alors elle ferma les yeux pour laisser le grand brun la guider. Finalement, elle devina qu'ils s'arrêtaient. Une main s'enroula autour d son épaule, et elle se trouva rapidement dos plaqué contre le torse du shinobi qui la tenait serrée contre lui. Comme si elle n'était qu'une enfant au milieu d'un monde bien trop dangereux. Le contact néanmoins la rassura, aussi, elle se laissa faire. Il gardait une main sur sa clavicule maigrelette, la viande dans l'autre main, les armes dans les petites poches en cuir de son habit. Deux femmes au milieu de la foule jouaient d'un instrument. Le son était charmant, et chantait dans ses oreilles de ses cordes aigües. Le visage fendu d'un grand sourire, Haine releva le visage vers le shinobi :

« - Des violons ! », Argumenta-t-elle, joyeuse.

Sa réaction provoqua une secousse dans le corps du brun C'était apparemment ce qui s'apparentait à un rire. Vexée, elle essaya de se dégager de l'étreinte de ce dernier, bras croisés sur sa poitrine. Puis elle se plongea de nouveau dans la contemplation de la scène qui se déroulait devant elle : Deux hommes rejoignaient les musiciennes. Pieds-nus, ils semblaient voler dans les airs tant leur danse était rapide et aérienne. L'un d'entre eux se mit à jongler sous l'applaudissement du public. La voix grave de Madara la fit sursauter :

« - Ce sont des artistes de rue. Ils vivent de leurs arts. On en verra souvent, je suppose. »

Haine prit cela comme une bonne nouvelle.

Le shinobi n'était pas très porté par ces arts-ci. Il affectionnait bien plus l'art de la guerre et des stratégies. Mais la demoiselle semblait ravie, et il savait que ce devait-être la première fois qu'elle voyait ce genre de choses. Il pouvait bien faire l'effort de supporter la foule, ses cris et une minute de violon de temps en temps. Son regard ébène dériva par delà les artistes, flottant dans le vague. Il sentait le corps chaud de la demoiselle contre lui, tendu et fébrile par l'excitation de la découverte. Il se découvrit un certain goût pour le contact pendant quelques secondes.

Puis sa poigne autour de l'épaule d'Haine se resserra brusquement, provoquant un glapissement de douleur chez cette dernière. Haine tourna la tête, furieuse. Il avait dû réellement lui faire mal car ses yeux brillaient de larmes. Mais il était bien trop étonné et en colère pour faire attention.

Car là, tout au fond d'un magasin efflanqué d'une vitrine sale,

Loin des cris du commerce et de la musique,

Il venait d'apercevoir quelque chose qui lui appartenait.

Quelque chose qui faisait partie de l'identité de Madara Uchiha :

« - Madara, tu m'as fais mal, imbécile ! Je vais avoir un bleu ! »

Le goût brûlant du dégoût et une nausée certaine lui envahirent le palais. Il n'écoutait ni les jérémiades d'Haine, ni les violons :

Il venait de voir son armure. Il en était certain.