Hello tout le monde ! ^^

Je suis de retour après avoir passé mes rattrapages. Prise par la fac et par cette dernière année de Licence que je ne peux pas ratter, je n'ai pas pu écrire avant. :/

Mais sachez que vous m'avez manqué tout autant que l'écriture. Lire vos reviews toujours plus gentilles les unes que les autres m'a beaucoup touché et encouragé à me concentrer sur les examens pour les finir au plus vite et j'espère, les réussir (doigts constamment croisés).

Alors encore un GRAND merci pour votre soutien. J'espère de tout cœur que ce chapitre vous plaira et que vous serez toujours au rendez-vous tant pour celui ci que pour ceux à venir (doigts constamment croisés aussi).

Bonne lecture.

A très vite.

xxx


Chapitre 9

Pov Bella

Je restais paralysée sous l'effet de surprise. Submergée par l'envie pressante de la prendre dans mes bras, je m'en trouvais arrêtée par sa froideur. Elle ne ressemblait plus en rien à celle que j'avais vu la veille. D'ordinaire si souriante et enjouée, là, elle semblait détachée et distante. Elle esquissa un maigre sourire et exprima un léger « salut » que je soupçonnais forcé avant de m'inviter à entrer. A l'instant même où j'avais franchi le pas de la porte, je regrettais amèrement d'être venue. Si la maison était semblable à celle de mes souvenirs, Alice s'était transformée. Elle ne paraissait ni préoccupée, ni intéressée mais seulement détachée. Ma venue ne semblait en rien l'émoustiller, pire, elle semblait en être agacée. Pourtant, la veille, elle semblait impatiente et heureuse que j'accepte de discuter. J'avalais ma salive avec amertume et la suivait en silence dans le salon. Tout en moi frissonnait d'appréhension. Si tous avaient décidé de m'ignorer, la conversation allait être un véritable calvaire. Intérieurement, je réunissais mes forces et obligeais mes jambes à avancer. Mais plus j'avançais, plus l'inquiétude grandissait. Le chemin se faisait dans un silence des plus pesant tandis que je me fustigeais intérieurement de ne pas avoir prévenu la meute. Plus je m'approchais et plus j'entendais des chuchotements ardents. Ils semblaient se disputer mais il m'était impossible de comprendre le sujet de leur mésentente.

Alice avançait sans même m'adresser un regard. L'insignifiance qu'elle me portait n'avait que pour seul effet de faire couler le sang de mes blessures. Si j'avais cru oublier ce qu'IL m'avait fait comprendre cette nuit là dans les bois, là, je ne pouvais qu'admettre qu'il avait raison. Je ne représentais plus rien à leurs yeux. Alice qui m'avait fait tant penser qu'elle m'aimait, me blessait plus que je ne le laissais paraître. Je restais sciée par son manque de générosité. J'étais si attristée par sa distance que des larmes menaçaient de glisser le long de mes joues. Elle pressait le pas sans se soucier de si je la suivais tandis que je me concentrais pour ne pas pleurer. Ma vie était un véritable enfer empli d'une incompréhension des plus totale. Pourquoi n'avais je pas écouté Jacob ? Pourquoi avais je pensé que tout serait comme avant ? Pourquoi étais je toujours aussi têtue ? Pourquoi avais je encore eu de l'espoir ? Quand Alice disparu dans l'alcôve, mon corps tout entier se mis à trembler...

D'un seul coup d'œil, je balayais rapidement la salle. Emmet était assis à la gauche de Rosalie qui l'enlaçait tendrement. Tous deux n'avaient pas changés. Ils semblaient si proches et si complices qu'ils continuaient de me fasciner. L'un dans l'autre, ils ne faisaient qu'un. L'admiration que je leur portais était légèrement équivalente à celle que je vouais à Sam et Emily. Penser à eux en cet instant me soulevait le cœur. Je ne pouvais m'empêcher de me demander comment Paul allait... Chassant cette sombre pensée, je me concentrais sur la beauté fracassante de Rosalie.

Elle arborait toujours sa longue chevelure lisse d'un blond clair et ses bottines aux talons hauts. Son chemisier dévoilait sans retenue sa féminité et son jean lui allongeait les jambes à un tel point, qu'elles semblaient sans fin. Sa beauté en aurait jalousée plus d'une. Elle était d'une perfection à couper le souffle. Étonnamment, elle ne semblait pas mécontente de ma venue. Certes, elle se tenait droite tel un piquet et ses yeux perçants me fixaient sans retenue mais elle ne semblait pas être animée par une quelconque animosité. J'aurais même pu jurer qu'un éclair de sourire avait étiré ses lèvres rosées. Toutefois, elle se contentait de rester raidie et de me regarder.

Emmet quant à lui, était égal à lui même. Le sourire qu'il m'adressait, m'emplissait de bonheur. Il était le même que dans mes souvenirs. Fort, grand et puissant. Son sourire étirait ses fines lèvres et dévoilait ses magnifiques dents blanches. Sans une quelconque retenue, il m'indiquait le bonheur qu'il ressentait. Étrangement, Rosalie ne s'interposa en rien lorsqu'il se leva pour me rejoindre. Pourtant, j'aurais mis à vie en jeu pour parier contre elle. J'avais toujours été persuadée qu'elle n'attendait qu'un faux pas de ma part pour me déchiqueter. Elle avait une telle force psychologique, qu'Emmet n'allait que très rarement à son encontre. Par peur de sa réaction ou pour ne pas la contrarier, il s'adonnait à respecter ce qu'elle disait. Les souvenirs d'Emmet m'enlaçant fraternellement et la réaction disproportionnée de Rosalie me frappèrent en plein visage. En un instant, elle pouvait disjoncter et je le savais. Si Edward n'avait pas été là à cet instant, elle aurait probablement eu ce qu'elle espérait. Pourtant, là, rien ne coïncidait avec sa personnalité. Lorsqu' Emmet s'approcha, elle ne sourcilla pas. Instinctivement et sans y réfléchir d'avantage, je me jetais dans ses bras et acceptais sans retenue l'étreinte fraternelle qu'il m'offrait. L'espace d'une minute, Emmet m'offrait de la compagnie et face à cette tension, je ne pouvais qu'en être ravie.

« Bella... Je suis tellement heureux de te voir... »

« Moi aussi Emmet. » balbutiais je tandis que j'étouffais sous le poids de sa force.

Sentir son corps gelé et dur comme de l'acier contre le mien chaud et frêle m'enivrait. J'avais tant rêvé de cette sensation que ça me semblait irréel. Savoir qu'un des Cullens était réellement heureux de me voir, apaisait mes craintes. Dieu sait que je l'avais maudit de nombreuses fois pour avoir été oppressant, lourd et arrogant mais en cet instant je le bénissais d'exister. Discrètement, je jetais un regard inquiet vers Rosalie qui se contentait à nouveau d'étirer légèrement ses lèvres en un sourire retenu. Forcé ou menaçant ? Peu m'importait. Elle souriait et je m'en contentais.

Rassurée, j'intimais à Emmet de me lâcher sous peine de mourir étouffée. Il laissa échapper un rire si strident et passionné que j'en sursautais. Si d'ordinaire, tout le monde en aurait rigolé, là, personne ne parlait. Ils se contentaient tous de nous observer sans un mot. Le seul son qui résonnait dans le salon n'était autre que ma respiration.

« Ce serait dommage de mourir maintenant alors que je viens à peine de te retrouver petite sœur ! » s'exclama t'il en réitérant son éclat de rire.

Ces deux petits mots m'emplissaient de bonheur et me vidaient littéralement de mes peurs. Je savais qu'il m'avait toujours considéré comme telle et j'étais enjouée d'apprendre que rien n'avait changé. La colère qui lui était destinée s'évaporait calmement tandis qu'il rejoignait sa compagne, toujours aussi stoïque.

Seule, au milieu de la pièce, entourée de vampires, je remarquais que ni Esmée ni Carlisle n'étaient présents. Si l'absence d'Edward me rassurait, j'étais légèrement irritée de ne pas voir les deux piliers de cette famille. Me détestaient' ils au point de ne plus vouloir me voir ? Je chassais ces mauvaises pensées de mon esprit tandis que Jasper murmurait un vague « Bonjour ». Si Rosalie me semblait étonnamment anormale, Jasper quant à lui était à l'identique. Comme à l'accoutumée, son air torturé et préoccupé ornait son visage si magnifique. Ses cheveux blonds cendrés avaient quelque peu poussés et retombaient sauvagement sur ses oreilles. Il était encore plus beau que le dernier soir où je l'avais vu. Je ne lui en voulais pas de m'avoir attaqué, je lui en voulais de n'avoir rien fait pour rester.

Si Jasper n'avait pas pu lutter contre sa propre nature, les autres avaient eu le choix de partir et avaient tous décidé de le faire. Pourtant personne ne semblait vouloir aborder le sujet.

Je soufflais d'exaspération. Aucun ne parlait et le silence était devenu si lourd de sens que je me laissais tomber sur un des fauteuils.

« Donc ? » soufflais je en les interrogeant tour à tour du regard.

Cette conjonction m'était venue automatiquement. Je ne savais par où commencer et entamer la conversation par une phrase contenant sujet, verbe et complément était au dessus de mes forces. Alors, je m'étais convaincue que de les pousser à parler était la meilleure des solutions.

« Et bien moi je suis ravie de te voir ! » s'enjoua Emmet en souriant.

« Ce n'est pas la question Emmet ! » trancha aussitôt Alice.

Sa voix d'ordinaire si douce et joyeuse en était devenu désagréablement ferme et rauque. Surprise par son manque de gentillesse, j'arquais un sourcil et ravalais le remerciement que je m'apprêtais à souffler.

« Nous devons parler de notre départ et d'Edward. » continua t'elle impatiente.

Sans même accorder un regard à sa famille, Alice planta ses pupilles ocre dans les miennes chocolat.

« Bien pour commencer, nous sommes partis à la demande d'Edward. »
Entendre une deuxième fois son prénom me déchira le cœur. La meute prenait toujours soin de ne jamais le prononcer et n'y même d'en parler. Je m'y étais tellement habituée que je ne l'avais plus prononcé depuis cette nuit là. Il m'avait semblé sentir une pointe d'amertume dans sa voix mais je décidais de ne pas en tenir compte. Je la fixais d'un air perplexe tandis qu'elle commençait son explication.

« Après ton anniversaire, nous en avons tous voulu à Jasper. Certaines personnes le haïssaient presque de t'avoir attaqué. »

Le coup d'œil noir et furtif lancé dans la direction d'Emmet, qui ne se fit pas prier pour le lui renvoyer, passa presque inaperçu.

« Il était réellement attristé de t'avoir fait du mal. Il essayait tant de suivre son régime que cet échec la anéanti. Il... »

« On a compris que Jasper s'en voulait Alice ! » la coupa Emmet d'une voix qui vendait sans conteste son énervement.

Surprise par tant d'agacement dans sa voix, j'observais discrètement la réaction de Jasper. Il était toujours aussi calme et impassible. Pourtant, ses yeux trahissaient sa culpabilité. Je pouvais ressentir au plus profond de moi, que cet homme qui avait tout gâché, s'en voulait terriblement. Il accompagnait ses yeux emplis d'excuses par un sourire presque imperceptible. Face à tant d'amnistie, je ne pouvais que compatir et lui rendre ce sourire complaisant. A peine l'avait' il réceptionné, que mon regard se reportait sur cette femme qui se trouvait être l'antithèse de celle que j'avais connu auparavant.

« Bien. Après quelques jours, Edward... » Alice semblait réitérer ces coups de poignards volontiers.

« ... a commencé à changer. Il passait son temps à réfléchir et plus le temps passait, plus Esmée s'inquiétait. Il restait allongé toute la journée sur son lit à la recherche de la vérité. Quand nous avons commencé à abandonner, il nous a dit avoir trouvé la solution et nous a ordonné de partir. Ce que nous avons fait. »

J'étais atterrée de l'entendre m'avouer qu'ils avaient tous suivis sans tenter de le raisonner.

« Donc, il a les pleins pouvoirs dans cette maison si je comprends bien ? » répliquais je vigoureusement avant même d'avoir pu penser ces mots.

Du coin de l'œil, j'apercevais Emmet m'offrir un large sourire emplit de complicité. Silencieusement, il me confirmait cette vérité que tous semblaient vouloir taire.

« Absolument pas ! Nous avions envie de partir avec lui. » Rétorqua Alice sur un ton glacial. J'étais intimement persuadée, que si elle avait eu la faculté de foudroyer quiconque, elle m'aurait électrifié de ces éclairs sans demander son reste.

Cette véracité me glaça le sang. Si je m'étais sentie puissante et forte quelques secondes auparavant, là, j'étais littéralement incapable de prononcer un mot. Je ravalais ma fierté et me contentais de rester prostrée dans le fauteuil tout en priant que ce cauchemar prenne fin. Apprendre que j'avais eu raison dès le début, me détruisais. Toute cette mascarade me rendait malade. Au plus profond de moi, j'avais espéré qu'elle s'excuse pour le mal qu'elle m'avait fait, que tous m'avaient fait mais je semblais mettre littéralement trompée sur leurs intentions. Mon cœur saignait de tristesse. J'avais tout perdu et je le savais. Enfin, j'admettais que tout était fini.

Silencieusement, je me haïssais de m'être laissée une fois de plus berner. Alice avait joué son rôle à la perfection. Son air de chien battu collé sur son visage d'ange et ses mots doux et rassurants avaient eu une fois de plus raison de moi. Estomaquée par tant de méprise à mon égard, tous mes mots s'entrechoquaient dans ma gorge sèche. Si je n'avais pas eu tous ces vampires en face de moi, j'aurais juré que c'était un mauvais rêve. Et j'aurais tant aimé que ça le soit. Tant aimé être dans ses bras et me sentir de nouveau protéger. Je regrettais amèrement d'être venue et m'en voulais terriblement de ne pas m'être préoccupée de Paul après l'incident. J'étais partie sans rien dire, n'avais pas pris de ses nouvelles et avais été d'un égoïsme sans nom. Ma stupidité me sciait. Je me sentais d'une idiotie à en faire pâlir plus d'un. Alice avait réussi. Je me détestais plus encore que je la haïssais.

« Parle pour toi ! » tonna Emmet en se redressant.

Je sursautais tandis qu'Alice le foudroyait du regard. Mais ce dernier ne s'affaissait pas pour autant. Au contraire, il semblait réellement dominer la pièce de toute sa carrure.

« Ca suffit Emmet ! » ordonna t'elle d'une voix sans appel. Mais c'était sans compter sur la répartie d'Emmet qui, inlassable, trouver toujours de quoi rétorquer. C'était sans conteste son jeu préféré. Tant de fois, il m'avait rendu folle à toujours vouloir avoir raison. Pourtant là, étrangement il ne semblait pas s'en amuser. Pire encore, il paraissait en être particulièrement irrité.

« NON Alice. Il faut que tu arrêtes de tous nous mélanger. » Répliqua t'il d'une voix cinglante.

« Il a raison ! Ca suffit ! TU voulais partir avec lui et TU nous as tous obligé à vous suivre. » S'enragea Rosalie en se levant.

J'avais l'impression d'être la spectatrice d'une scène surréaliste. Cette famille qui était d'ordinaire si unie, semblait se déchirer un peu plus à chaque mot. La voix stridente et mécontente de Rosalie me fit frissonner. Je ne l'avais vu que très rarement en colère et là, elle semblait être littéralement furieuse. Pour une fois et j'en remerciais dieu, elle ne l'était pas contre moi. Je ne comprenais rien à cette conversation. Tandis qu'Emmet et Rosalie bouillonnaient de rage cotre Alice, Jasper quant à lui, restait assis sur le sofa, le regard perdu dans le vide. Il ne semblait aucunement tenter de calmer le jeu en leurs envoyant des ondes. Il paraissait s'être totalement fermé et vidé de ses émotions si puissantes. J'appréhendais silencieusement la suite des événements.

« Rosalie ! » siffla Alice entre ses dents.

« Non Alice. Il faut que tu arrêtes de le protéger. Vous avez tous deux détruits notre famille et il faut que tu en ai conscience. »

Rosalie emplissait la pièce de sa beauté. Elle s'était levée en même temps qu'Emmet et s'approchait dangereusement de sa sœur. Alice semblait tant perdue qu'enragée. La conversation prenait une telle tournure que je me surprise à choisir un camp. Inconsciemment, je priais que Rosalie s'attaque à Alice et lui fasse ravaler ses mots blessants.

« Personne n'a pris son parti à part moi. Personne ne s'est rendu compte que c'est ELLE qui a brisé notre famille. C'est à cause d'ELLE qu'il a fait tout ça. C'est ELLE qui l'a rendu comme ça. »

Chacun de ses mots me transperçaient de part en part. Sans une once de compassion, Alice rouvrait une à une mes blessures et la lenteur par laquelle elle le faisait, me déchirait à petit feu. Mon corps tout entier me brulait. Mes pensées se cognaient violemment contre mon crâne jusqu'à m'en rendre folle. Elle était odieuse et je la méprisais. Si elle n'avait jamais daigné me regarder lorsqu'elle proférait ses accusations, elle ne s'était pas faite priée pour me désigner de son index maigrelet.

« Comment peux tu oser dire ça ? Il nous a tout pris. C'est lui qui a pris la décision de partir et de la laisser et c'est TOI qui as utilisé nos liens familiaux pour nous convaincre. Si vous ne venez pas, Esmée et Carlisle seront très attristés, ils n'y survivront pas... Bla bla bla... Tout ça c'était des conneries. As tu vu ce qu'il s'est passé une fois en Alaska ? » Explosa Rosalie.

« Vous ne comprenez rien ! Je n'avais pas prévu qu'il irait chez les Volturi. Il devait la laisser tomber et rester avec nous. C'est à cause d'elle si il a perdu pied, c'est elle qui a causé la perte de notre famille. » Cracha Alice sans se laisser démonter.

Ces accusations étaient si violentes que j'avais l'impression d'étouffer. La personne la plus improbable qui soit était entrain de me défendre corps et âme contre celle que je présentais d'antan comme ma meilleure amie. Ahurie, je restais là sans bouger.

« Elle n'a pas demandé à rentrer dans notre famille. C'est lui qui nous a imposé de l'accepter. C'est lui qui l'a laissé pourrir dans une forêt et dépérir pendant des mois. Nous l'avons accepté comme notre sœur, bon peut être pas tous au début (le grognement que laissa échapper Rosalie n'échappa à personne)... et nous l'avons lâchement abandonné parce que LUI avait décidé de le faire ET toi... » Répliqua Emmet d'une même phrase.

J'étais si choquée d'apprendre qu'ils savaient que j'avais vécu un cauchemar et qu'aucun d'eux n'aveint pris la peine de venir me voir, que je ne pouvais plus bouger. Bloquant tout son qui pénétrait dans les oreilles, je me laissais bercer par les souvenirs.

Comme une cassette rembobinée, je revivais tous ces mois passés à dépérir, toute cette souffrance qui me rongeait et me consumait de jours en jours, l'inquiétude de mon père inconsolable, l'arrivée de la meute, Jacob qui avait établit son plan, Sam, l'alpha, qui l'avait suivi sans rechigner, Emily, la réserve, Paul, les loups, me sentir de nouveau vivante, être portée par l'amour et l'inquiétude que je lui portait... Eux... C'étaient eux qui m'avaient sauvé de l'enfer. Frappée par la reconnaissance que je leur portais et par la découverte macabre de la vérité, j'explosais.

« Vous avez toujours su ! » tonnais je en me levant à mon tour.

Mes jambes flageolaient et j'avais du mal à garder mon esprit rationnel. Ma légère prise de poids ne comblait pas assez mes carences et je devais puiser dans le peu de forces que j'avais pour lutter. Pourtant, j'avais ce besoin insatiable de remettre les choses à leurs places.

« Oui bien sur. Je l'ai vu dès que nous avons pris la décision de partir. » Répliqua Alice sèchement.

« Alors pourquoi aucun de vous n'est revenu ? J'étais au bord du gouffre, je vous ai envoyé des tonnes de messages et tout ce temps alors que vous saviez, aucun de vous n'a pris la peine de revenir. » Tonnais je d'une voix stridente.

« J'ai arrêté de voir ton avenir peu de temps après que nous soyons partis. Mais à ce que j'ai vu hier, je comprends pourquoi ! »

« Que veux tu dire Alice ? » la questionnais je perplexe.

« Les chiens ont du t'épauler de nombreux mois. Dès qu'ils sont entrés dans ta vie, je ne te voyais plus et crois moi, ça m'a fait du bien. Je n'en pouvais plus de te voir te morfondre. C'était insupportable. Tu as tout gâché et te savoir mal en point après notre départ, m'a rendu malade. Jasper n'est plus le même depuis l'accident, il ne parle plus et s'est complètement renfermé sur lui même, Edward nous a abandonné pour les Volturi et Esmée dépérissait. »

Chaque son qui émanait de sa si jolie bouche de lutin m'anéantissait. Sans le savoir, Alice me brisait.

« Crois moi Bella, si nous avions su plutôt que tu n'allais pas bien, nous serions revenus. Mais Alice s'est bien gardé de nous le dire. » S'esclaffa Emmet rassurant.

Son attitude de grand dur trahissait son envie de me prendre dans ses bras.

« Alors pourquoi maintenant ? Pourquoi êtes vous tous revenus maintenant alors que tout allait mieux ? » Demandais je emplie d'incompréhension, en fusillant Alice du regard.

« Parce qu'Edward est revenu. Je l'avais perdu pendant des mois avant de le voir à nouveau et de savoir qu'il était retourné à Forks. C'est son amour pour toi qui le détruit. Il est revenu pour te récupérer et plus tu le fais attendre, plus il en devient fou. »

« Elle dit vrai. Depuis Voltera il n'est plus le même. Il est déterminé à te récupérer quoiqu'il puisse lui en couter. » Enchaina Rosalie calmement.

Sa voix douce contrastait avec celle enragée d'Alice. Cette dernière semblait défendre Edward becs et ongles sans même s'attarder sur la portée de ses mots.

« Alors quoi ? Vous attendez quoi de moi ? » Questionnais je l'assemblée d'un seul regard.

« Que tu arrêtes de jouer la fille inaccessible et capricieuse et que tu retournes avec lui. Je sais pertinemment que tu l'aimes. » Tempêta Alice comme si c'était évident. Sans le savoir, elle avait déchainé la colère que j'avais si longtemps retenue.

« Quoi ? » répliquais je en hurlant. « Vous m'avez tous abandonné sans une once d'état d'âme. Il m'a laissé agonisé de douleur dans la forêt pendant plus de 11h et maintenant qu'il a décidé de revenir, il faudrait que j'oublie et que je me remette avec lui ? Il en est HORS DE QUESTION. Et peu m'importe ton avis Alice. Vous ne choisirez plus pour moi. »

Alice semblait perdre pied. Son visage d'ordinaire si pâle se trouvait désormais coloré de rouge. Si elle m'avait toujours paru calme et sereine, là, je devais admettre qu'elle semblait au bord de l'explosion de nerfs.

« Bella a raison ! Le choix lui appartient. Tu ne peux pas lui imposer. » Argua Rosalie d'un ton ferme.

Savoir qu'elle prenait ma défense, m'impressionnait. J'avais toujours pensé qu'elle me détestait et que m'abandonner avait été son idée. Pourtant là, elle semblait en désaccord total avec sa sœur. Inconsciemment, je me sentais protégé par cette femme que j'avais si souvent méprisé et déçue par celle que j'avais tant admiré.

« Bien. Alors que va t'il ce passer ? Edward va retourner chez les Volturi et provoquer sa mort ? NON ! Je le refuse. » Tempêta t'elle en basculant sa tête de droit à gauche telle une forcenée.

« Tu ne peux pas assumer ses erreurs à sa place Alice. C'était son choix de partir, il doit l'assumer. » La coupa Emmet.

Tandis que Jasper ne bougeait pas, Alice faisait les cents pas.

« Non, non, non. Je ne veux pas qu'elle l'abime encore. » Cria t'elle.

« Mais ce n'est pas elle le problème. C'est toi et lui. Vous vous êtes complètement montés la tête. Tu n'es plus rationnelle Alice. Tu n'as plus de visions, tu n'as plus Jasper, tu as perdu ta joie de vivre. Tu n'es plus la même depuis qu'il est parti. » Tonna Rosalie harassée par tant d'inepties.

« C'est à cause d'ELLE ! » répliqua t'elle furieuse en s'approchant de moi.

« Alors c'est pour ça que tu m'as défendu au lycée ? C'est pour cette raison que tu m'as demandé de venir ? Pour que tu obtiennes gain de cause ? Tu pensais réellement qu'en me culpabilisant, tu allais réussir à me convaincre de me remettre avec lui. C'était son choix de me laisser. C'est lui qui est parti et non moi. Il n'est plus le même que celui que j'ai connu. Il est devenu distant, pressant et froid. Je suis enfin passée à autre chose et je n'ai aucunement l'intention de retourner avec lui. J'espère que c'est clair. » Assenais je furibonde.

J'avais débité mes pensées si vite que mes lèvres en tremblaient. J'expirais lentement afin de récupérer mon souffle tandis qu'Emmet, probablement fier de ma répartie, m'offrait un clin d'œil discret.

« Bien. C'est ce que nous verrons. » Menaça Alice en se reculant lentement, ses pupilles me transperçant sans retenue.

« Maintenant ça suffit Alice. Tu nous fatigues avec tes sous entendus. La faute ne revient qu'à Edward. Il a brisé Bella, notre famille, toi et moi. Il ne peut pas revenir comme si de rien n'était et obtenir gain de cause sans cesse. J'en ai fini avec ces conneries. Si tu veux prendre son parti et rester à ses côtés, je ne t'en empêcherais pas mais moi j'arrête. J'en ai marre de lutter contre toi. Tu es tellement sur la défensive que je n'arrive même plus à te calmer. Tu me détruis et vous nous détruisez. Assumes tes choix mais moi je ne prends plus part à cette mascarade. J'en ai fini. » Répliqua Jasper d'une voix sans appel.

Toute cette situation me rendait dingue. Une boule gigantesque s'était formé dans ma gorge et m'empêchais de respirer. J'étais effarée de la tournure qu'avait prise cette conversation. Jasper se tenait face à Alice, qui comme par miracle s'était enfin tue. Le silence qui régnait de nouveau dans la pièce m'oppressait. L'intervention de Jasper avait probablement sonné la fin des représailles. Ne me sentant plus du tout à mon aise au milieu de cette famille abimée par la rancune, je saisissais cette opportunité pour me retirer.

« Il faut que je sorte... » Murmurais je en tentant de reprendre ma respiration.

Sans attendre d'avantage d'explications, Emmet m'attrapait par le bras et marchait vers la porte. A ces côtés, je me sentais de nouveau calme et sereine. Je fermais les yeux et me laissais bercer par la quiétude. Je n'entendais plus aucune voix, plus aucun chuchotement et dieu, que s'en était agréable. Je me lovais contre celui que je considérais comme mon frère et tentais de rassembler mes esprits. Au loin, j'entendais les talons de Rosalie claquer fermement contre le marbre. Je l'imaginais marcher d'un pas vif, ses cheveux longs frottant délicatement son front et ses lèvres rosées, pincées par la colère.

« Emmet ! »

Si j'avais pensé qu'Emmet avait une force herculéenne, là, j'avais cru qu'il perdait littéralement l'équilibre. Je m'accrochais à son bras plus que de raisons tandis que je le sentais se contracter.

Si j'avais pensé avoir été dans un cauchemar tout au long de la conversation, là, j'étais littéralement enterrée en enfer. La journée avait d'une longueur infernale et elle ne semblait pas vouloir se terminer.

« C'est un cauchemar... » Chuchotais je plus pour moi même.

« Il faut que l'on parle. »

Edward nous bloquait sciemment l'entrée de la maison. Il était habillé et coiffé comme la veille. Toutefois, son air hautin et sur de lui avait disparu. Il semblait désespéré.

« Je n'ai pas envie de te parler. Qu'est ce que tu ne comprends pas dans cette phrase ? » Tonnais je hors de moi de le savoir présent.

« Ecoutes le au moins ! »

La voix criarde d'Alice résonnait dans mes tympans. Je l'entendais s'approcher et réalisais qu'elle m'avait trahi. J'étais au bord de l'hystérie.

« Tu n'as aucune parole ! Tu avais juré qu'il ne serait pas là. J'en ai plus que marre de vous. J'ai refait ma vie SANS vous et m'en porte bien mieux ! Oubliez moi et foutez moi la paix ! » Assenais je furieuse en la fusillant du regard tandis que j'ordonnais à Edward de me laisser passer.

« Bella. Je t'en supplie. T'abandonner a été la plus grande erreur de toute ma vie. Je m'en veux terriblement. Je ferais tout pour que tu me pardonnes, absolument tout. » Pleurnichait' il en s'agenouillant.

Je saisissais l'opportunité de son désespoir sans en ressentir la moindre culpabilité.

« Vraiment ? » demandais je calmement.

Cette maison était un lieu maudit, cette famille était un tourment et la seule chose qui me maintenait en vie était la volonté de partir pour ne plus jamais revenir.

« Oui. Vraiment. » Murmurait' il.

Il était si pathétique qu'il me donnait envie de vomir toute la haine que je lui vouais.

« Très bien. C'est ça que tu veux entendre ? Tu es pardonné. Je te pardonne pour tout ce que tu m'as fait. D'accord ? Tu peux te laver de toute culpabilité. MAINTENANT OUBLIE MOI ! » Tonnais je en le contournant.

La porte n'était plus qu'à quelques centimètres de ma main mais si je caressais enfin l'espoir de la toucher et de mettre un terme à cette histoire, Edward ne m'en laissa pas l'opportunité.

Il m'attrapa fermement le poignet pour me retourner tandis que je hurlais de douleur sous la pression. Sa prise était froide et violente.

« Ne la touches pas ! » hurla Emmet en se jetant sur lui.

Si d'ordinaire, la situation m'aurait probablement fait rire, là, j'en étais atterrée. D'une seule main et sans jamais relâcher sa prise, Edward envoya valser son frère à travers le couloir. Si j'avais osé penser que cette altercation prendrait fin par ce KO, je m'étais littéralement trompé. Emmet toujours au sol, Rosalie s'abattait sur Edward à vitesse vampirique. Ce dernier ne semblait pas s'en formaliser et riposta sans même bouger.

« Edward, je t'en prie... Calmes toi ! »

La voix suppliante d'Alice qui n'osait s'approcher me laissa sans voix. A tout instant Edward pouvait perdre la tête. Je n'avais aucune idée de ce qu'il lui était arrivé à Voltera mais il en était revenu changé. Ses yeux noircis par la colère, il était de nouveau méconnaissable. Si quelques secondes avant, il semblait au fond du gouffre, là, il semblait puissant et très mécontent. Je l'observais, tétanisée par cette schizophrénie et apercevais de nouveau cet éclair rouge traverser ses pupilles dilatées. Si la dernière fois, il m'avait semblé furtif, là, il semblait s'installer délicatement dans son œil. Instantanément, cette lueur me rappelait celle de James. Edward semblait être guidé par sa colère et son amertume. S'en voulait' il au point de se métamorphoser et de perdre le contrôle ?

« Que t'es t'il arrivé ? » murmurais je tremblante.

La seule issue de secours que j'avais trouvé, était celle de la compassion. Je devais me ressaisir et arriver à le calmer avant qu'il ne me blesse d'avantage. Alice, lâche, se contentait de rester au bout du couloir tandis qu'Emmet et Rose se relevaient difficilement.

« Que t'ont' ils fait ? »

J'inspirais profondément et déposais ma main tremblante sur sa joue glacée. Instantanément, Edward relâcha sa prise et déposa sa main sur la mienne. A ce contact, ses yeux reprenaient peu à peu leur couleur d'origine.

« Il faut que tu m'aides Bella. Aime moi... Je t'en supplie... »

Ses mots n'étaient plus que murmures et ses yeux semblaient être mouillés par les larmes. Si cette conversation et son attitude ne m'avaient pas blessé, j'en aurai pu être touché. Pourtant, à peine fermait' il les yeux pour savourer cette caresse que je retirais ma main et sortais en courant.

« BELLA ! »

Son cri me fit frissonner. A peine avais je posé un pied dehors que j'expirais et inspirais à plein poumons l'air frais et venteux de ce nouvel hiver. Cette agréable sensation de vivre était grisante. L'espace d'un court instant, je me surprenais à rêver. La porte s'ouvrant avec fracas me fit redescendre sur terre et sous l'effet de surprise, je trébuchais sur la dernière marche du perron. Il était devenu comme fou. Incontrôlable, il s'approchait nerveusement de moi...

Apeurée, je me laissais guider par le rythme de mon cœur, qui m'indiquait, sans conteste que j'étais encore en vie. Il tambourinait si fort dans ma poitrine, qu'il m'arrachait les entrailles. Je me retournais et tentais vainement de reculer à l'aide mes coudes.

« Edward calme toi s'il te plait ! » tentais je d'une voix tremblotante.

Le son de ma voix semblait faire l'effet inverse de celui escompté. A peine avais je parlé, qu'il semblait encore plus enragé. Je le vis se pencher sur moi et instantanément fermais les yeux. Pour la première fois depuis des mois, je priais dieu, de m'épargner. Je n'avais plus envie de mourir... Je voulais vivre. Vivre et profiter de la seconde chance qui m'avait été offerte. Pourtant tout semblait indiquer qu'Edward allait m'achever. Je laissais tomber ma tête sur le sol et laissais les larmes de peur couler le long de mes joues. A peine avais je senti ma dernière heure arriver, lorsqu' Edward m'attrapa les bras, que j'entendais des cris stridents de loups déchainés provenir de la forêt... Mes loups étaient arrivés...


Voilà ! ^^

J'espère que ce chapitre vous a plu, (si c'est le cas n'hésitez pas à me le signaler :)) )

et que vous serez toujours au rendez-vous pour le chapitre suivant qui me semble t'il commencera pas un POV PAUL. (On l'a laissé de côté pendant un chapitre et j'espère qu'il vous manque autant qu'à moi).

Merci encore d'avoir pris le temps de me lire.

A très vite (c'est promis !)

xxx