Bonjour tout le monde ! Voici enfin le premier bonus dont je vous avais parlé. Un autre devrait suivre bientôt, il s'agit des passages coupés pour une raison X ou Y.
Ça fait très longtemps que cet ultime chapitre traîne dans mes dossiers, et que je travaille dessus (en intermittence avec mes autres projets), et c'est vraiment satisfaisant d'enfin le publier. Sérieusement, cette fic a bientôt deux ans, c'est fou comme le temps passe vite...
Sans plus attendre, je vous laisse découvrir le dernier chapitre, du coup. Il est bien plus long que je ne l'avais prévu, et j'ai mis énormément de temps à l'écrire, mais je l'aime assez. Il est plutôt sympa.
Bonne lecture !
- Chapitre X
- 6 765 mots (30 min.)
Rating : K (tout public)
Narrateur : Naruto
Chapitre X — L'ÂME DORÉE
« C'est pas juste, dis-je au détour d'une conversation. On voulait rester dans l'âme de Sasuke...
― Rester en méditation trop longtemps non nécessairement aurait eu des conséquences sur vos métabolismes respectifs, répondit Shinme très professionnellement.
― Gna-gna-gna...
― Hé, boude pas, crétin.
― Si vous voulez continuer d'explorer, vous pouvez toujours y retourner pendant le trajet.
― Sérieux ?!
― Oui, c'est aussi pour ça que je vous ai offert les médaillons. Rien ne vous empêche non plus de visiter l'âme de Naruto.
― Génial !
― Alors cette fois on va chez toi ? demande Sasuke.
― Ben pourquoi on retournerait pas chez toi plutôt ?
― C'est chacun son tour. »
J'ai un peu râlé mais au fond je crois que je suis heureux. Sasuke aussi, veut venir voir comment est mon âme. Je brûle d'une curiosité impatiente, comment nous y prenons-nous ? D'après Shinme, nous pouvons conserver notre position face à face. Elle s'assure que nous portons toujours les pendentifs du Yin et du Yang, nous demande de les échanger provisoirement afin de visiter mon âme. Cette fois aussi, Sasuke viendra sans ses Sharringans, sous forme de projeté spirituel. La cordelette qui maintenait le Yin de Sasuke est maintenant autour de mon cou, légère et chaude. Je ferme les yeux et me concentre sur les émanations de chakra de mon ami, conformément aux instructions de Shinme qui a la lourde tâche de nous guider en conduisant. Nous nous connectons beaucoup plus rapidement que la dernière fois. Je retrouve cette sensation étrange d'être à deux endroits à la fois. Les surfaces de nos âmes.
« Hey, Naruto... »
Je sens beaucoup d'hésitation dans la voix de Sasuke. Nos projetés spirituels sont comme nous les avions laissés : propres et entiers dans leurs kimonos bleus. La surface de l'âme de Sasuke a beaucoup changé, témoignant de l'extermination du parasite. Je suis sous deux grandes voûtes étoilées, l'une dorée et l'autre joliment violacée. Me concentrant sur la surface de mon âme, j'attrape les poignets de mon invité. Il est surpris ? On dirait bien.
« Jolie surface... Mais cette fois, on dirait que c'est à toi de me suivre. »
Clin d'œil, sourire, nous fermons les yeux et je fais un pas en arrière, entraînant mon ami dans le vide avec moi. Quand mes paupières se soulèvent, c'est comme si nous n'étions pas en train de tomber la seconde d'avant, et le décor a changé. S'il m'avait demandé comment j'ai su pour le pas en arrière, pour la chute, pour la façon d'accéder à l'espace de stockage, j'aurais répondu que c'était une intuition ; mais lorsqu'il ouvre la bouche, pas de question, mais une remarque dite sur le ton de la plaisanterie :
« C'est moins glauque que la dernière fois, chez toi aussi. »
C'est vrai. Quand Sasuke est venu la dernière fois, Kuurama était encore enfermé et l'ambiance était toujours très lourde et poisseuse. Je me souviens de l'eau qui m'arrivait aux genoux, des tuyaux rouillés le long des parois, de l'odeur nauséabonde... On se serait cru dans les égouts. Je ne crois pas que ce soit une bonne idée de l'emmener voir le Bijuu, Kuurama est assez rancunier, et il déteste toujours les Uchiwa. L'espace de stockage aujourd'hui ressemble à un dédale de ruelles désertes. Le sol est recouvert de terre poussiéreuse, le ciel est bleu. Des maisons et des clôtures en tous genres délimitent la rue, à la manière des couloirs dans l'âme de Sasuke. Nous nous arrêtons devant une maisonnette à côté de laquelle est plantée une pancarte où nous pouvons lire « Salon des invithés ». Je n'arrive pas à croire que mon esprit ait pu formuler un jeu de mots d'aussi mauvais goût ! Curieux, j'entre, talonné par Sasuke. Tout est blanc à l'intérieur, la pièce semble plus grande. Assis autour d'une table, plusieurs individus prennent le thé en discutant. Une télé est disposée d'un côté et nous ne pouvons pas encore voir ce qu'elle affiche.
Itachi, déguisé en corbeau, nous dévisage, les lèvres dans une tasse. Le quatrième Hokage vient nous accueillir joyeusement à bras ouverts, tandis que le Rikudo Sannin sert le thé. Une grenouille ainsi qu'une version miniature de chaque Bijuu sont également installés et prennent part à la discussion entre ma mère et un Sasuke de seize ans aux Sharringans enclenchés. La situation est des plus improbables. Je n'arrive même pas à réagir, et Sasuke semble un peu dans le même état que moi.
« Les garçons vous êtes déjà là ? Vous auriez dû commencer par faire un tour... J'ai perdu cent ryôs à cause de vos bêtises. annonce mon père lorsqu'il arrive à notre hauteur.
― Je savais que ma pancarte les attirerait, dit le Rikudo qui semblait excessivement fier de lui.
― Mais qu'est-ce que c'est que ce délire ? n'ai-je pu réprimer.
― Bienvenue dans le Salon des Invithés mon chéri, nous accueille ma mère, toi et ton ami êtes les bienvenus.
― Nous sommes le souvenir de toutes les personnes ayant habité ou laissé une empreinte de chakra dans ton esprit plus ou moins contre ta volonté, explique le crapaud.
― Après avoir longtemps erré sans domicile fixe dans les ruelles de l'espace de stockage, nous avons décidé de nous installer dans cette pièce vide, à partir de laquelle nous faisons ce que nous voulons.
― Et nous avons aussi accès à tes sens ! On reste donc en contact avec le monde extérieur grâce à toi.
― D'ailleurs je suis plutôt déçue, fait ma mère. Tu manges des râmen tous les jours, ce n'est pas très sain. »
En effet, la télévision diffuse tout ce que je vois. C'est un peu déconcertant.
« Arrête de fixer cette télévision imbécile, me dit le jeune Sasuke, tu vas la casser. »
L'autre, celui qui était avec moi, nous regarde surpris. C'est vrai qu'en regardant la télé, l'image qui se créait était une image de la télé montrant la télé montrant la télé montrant la télé montrant la télé montrant la télé montrant télé montrant la télé montrant la télé montrant la télé montrant la télé montrant la télé... Et cetera.
Itachi s'est soudain levé, comme s'il réagissait à retardement, pour venir embrasser le Sasuke plus vieux avec lequel je suis venu.
« Oh Sasuke tu m'as tellement manqué ! Comme tu as grandi, c'est fou ! Tu as même réussi à me tuer j'en reviens pas, c'est fantastique !
― Eh, je suis là moi aussi ! Et je suis là tous les jours, s'indigne le Sasuke aux Sharringans.
― Oui mais toi tu es une peste, alors que lui, c'est devenu un adorable grand garçon. Regarde comme il est mignon ! Il sera bientôt plus vieux que moi ! »
Itachi pince les joues de mon Sasuke, complètement gaga, tandis que l'autre boude dans son coin. Le regard de Sasuke m'appelle à l'aide, et j'avoue que je trouve la situation particulièrement comique, notamment à cause de son ridicule.
« Qu'est-ce que c'est que cet endroit de fous ?
― Prenez donc une tasse de thé, maintenant que vous êtes là ! nous invite le Rikudo.
― Faux-frère, tu peux toujours te brosser pour tes cinquante ryôs, je les garde ; annonce le Sasuke-Sharringans à l'adresse d'Itachi.
― Oh non, un pari c'est un pari ! »
Si j'ai bien compris, ces souvenirs de personnes et d'entités qui étaient un jour dans mon esprit (et le sont toujours pour certains) ont aménagé eux-même le Salon des invithés. Le jeu de mot n'est donc pas de moi, mais de ces reconstitutions bizarres des « invithés » de mon esprit. Quand j'y pense, aucun d'eux n'a été réellement invité, à part peut être les Bijuus... Et encore, seulement huit d'entre eux. Ils avaient parié sur le moment où nous arriverons dans leur salon... Il parait que les paris sont courants entre eux, de toutes façons ils ont l'argent qu'ils veulent et rien d'autre pour le dépenser. Nous avons fini par nous éclipser discrètement, ne voulant pas être retenus.
« Tu as d'étranges souvenirs de moi, ou de mon frère...
― C'est vrai, et le Rikudo alors ? J'arrive pas à y croire !
― Et le Quatrième aussi, je ne l'aurai jamais imaginé comme ça ! »
Nous rions de concert, l'ambiance légère est apaisante, alors que nous continuons d'avancer. Un panneau attire alors l'attention de Sasuke. « Pour rencontrer le futur Hokage, c'est par là » est-il écrit à la main. Nous suivons la flèche et lisons d'autres panneau de ce type : « Venez voir le Sauveur du monde Ninja par ici » ou encore « Recherche des amis, venez là-bas ». De plus en plus intrigués, nous suivons le petit parcours fléché jusqu'à une nouvelle porte dans la façade. Elle ressemble à la porte de mon appartement, mais contrairement à l'endroît où je vis, celle-ci donne directement dans la rue.
« On y va ? demande Sasuke. Qu'est-ce qu'on va trouver à ton avis ?
― Je sais pas, mais j'ai comme l'étrange envie de te le montrer. C'est bizarre non ?
― Tu vois, tu le sens toi aussi ! Allez, entre. »
À l'intérieur, ça ressemble à un palais des glaces. Le plafond est plutôt haut, les murs sont couverts de miroirs, qui semblent forment un labyrinthe. Inconscient ou courageux, je m'enfonce dans le labyrinthe, et Sasuke me fait confiance, alors il me suit. Il a un peu rechigné au début, c'est vrai, mais il n'a pas envie qu'on se sépare alors il a fini par me suivre. Sasuke ne se reflète pas dans les miroirs, je savais que c'était un vampire en fait !
« Pff... N'importe quoi toi. répond-il juste.
― Vous êtes venus jouer avec moi ? »
Nous nous tournons vers l'endroit d'où venait la voix, n'ayant entendu personne venir. C'est un petit garçon, un petit moi qui doit avoir cinq ans et qui à l'air malheureux comme je l'étais à son âge. Sasuke s'accroupit pour lui parler. Il n'est pas à l'aise avec les enfants d'habitude, mais il fait de son mieux, je le vois.
« Tu es perdu, petit ?
― Non, j'habite ici avec les autres.
― Quels autres ?
― Je... Je sais pas, je les trouve pas... Ils m'ont abandonné vous croyez ? »
Ça me réchauffe étrangement le cœur de voir Sasuke vouloir aider ce petit moi. Je trouve la scène joliment attendrissante. Le petit moi semble sur le point de fondre en larmes, tandis que mon ami est complètement pris au dépourvu. Je n'ai hélas pas l'occasion de les admirer plus longtemps : un énorme poids me tombe directement dessus et me renverse. Je dirais que ça ressemble à un enfant, et il est assis sur moi. Je l'entends rire, et j'en déduis que c'est un autre mini moi. Celui-ci est sûrement un peu plus vieux.
« Ah hahaha ! C'est moi qui l'ai eu, mange ça, le Héros ! crie le môme assis sur moi. »
Des pas résonnent, et j'imagine sans peine que Sasuke est trop dubitatif pour me venir en aide. Une voix plus lointaine et tonitruante que les autres, mais toujours la mienne, semble enfin se préoccuper de mon sort :
« Allez Garnement, laisse le respirer maintenant. Ne bougez pas, je m'en charge. »
Le poids qui était installé sur mon visage est soulevé, et je constate qu'une main géante en armure dorée soulève l'enfant de onze ans aux joues peinturlurées. Comme je l'avais deviné, Sasuke est plutôt dubitatif : sa mâchoire pend comme celle d'un poisson hors de l'eau.
« Bienvenue, fait un autre moi de taille normale qui porte une couronne spectaculaire et une grande cape de velours rouge ; je suis le Roi. Le géant ici, on l'appelle Héros, celui qui était assis sur toi c'est le Garnement, et celui qui pleure derrière Sasuke c'est le Petit Malheureux.
― Euh... Vous êtes, moi ?
― On est des parts de toi, explique le Héros. Partagés entre tes émotions, tes sentiments, ce genre de trucs.
― Mais... Wow !
― Un Roi ? Un Héros géant en armure dorée ? s'étonne enfin Sasuke ; Tu as une sacrée estime de toi dis-donc.
― C'est génial !
― Et encore, on n'est pas tous là, réplique le Garnement avant de cracher sur les pieds du Héros. »
Quatre moi qui représentent des parts de ce que je suis. C'est incroyable. Sasuke avait l'air de se moquer tout à l'heure, mais je le vois discuter tranquillement avec le Roi, il porte le Petit Malheureux dans ses bras, qui refuse de le lâcher.
« Ils sont mignons n'est-ce pas ? fait ma voix dans mon dos.
― Hein ?
― Je suis le Cœur Tendre, enchanté. Enfin, c'est le surnom qu'on m'a donné, je suis pour l'amour et la paix dans le monde, principalement. Avec le Héros, on avait promis de sortir Sasuke des ténèbres. C'est aussi un peu grâce à moi qu'on a réussi à accepter la Haine. Tu veux passer lui faire un petit coucou ?
― ... Euh, je sais pas trop. »
C'est incroyable. Je découvre des tas de facettes de ma propre personnalité, Le Cœur Tendre a un sourire doux et les yeux fermés, et on devine qu'il regarde Sasuke malgré ses paupières closes. Je préférerais ne pas m'enfoncer plus dans ce labyrinthe de glaces, donc je me contente de rencontrer les parts de moi qui sont présentes ici. Ils sont tous très sympas, c'est agréable de discuter avec eux, qui sont en fait moi ; même Garnement avec qui j'avais pourtant eu un plutôt mauvais départ. En fait il est ma part joueuse, farceuse, celle qui veut se faire remarquer et qui fait des bêtises.
« ... Et t'as pas intérêt à me laisser disparaître ! finit-il alors que je n'avais pas écouté le début.
― Euh... Pourquoi je ferais ça ?
― C'est évident que je suis voué à disparaître, comme le Petit Malheureux ! On est des parts du toi enfant, et tu es adulte. Mais sans moi, tu vas devenir tellement barbant... répond-il en accentuant la fin dramatiquement. »
Je crois qu'il a un peu raison, c'est vrai que ma bêtise et mon espièglerie prennent de moins en moins de place dans mes réactions au quotidien, surtout si je veux devenir Hokage, il va me falloir devenir sérieux. Cependant, même si cette part de moi sera moins importante, je ne pense pas qu'elle disparaîtrait. Je lui souris en partant à la rencontre de la part à qui je n'ai pas encore parlé, parce qu'elle est restée avec Sasuke depuis le début. C'est le Petit Malheureux, toujours blotti dans les bras de mon ami. La vue est toujours aussi attendrissante, et j'ai tellement peur de gâcher ça que j'hésite à aller les voir. Je me sens soudain doucement poussé en avant, je n'étais pas si stable que je l'aurais cru alors mon corps n'a pas résisté à la pulsion, au contraire : j'ai bien failli tomber. Je me suis rattrapé au bras libre que Sasuke avait tendu vers moi en m'apercevant trébucher.
« J'ai cru que tu allais t'écraser par terre ! s'exclame le Petit Malheureux qui a les larmes aux yeux, comme si l'idée était des plus épouvantables.
― Heureusement pour moi, Sasuke est là pour me rattraper ! je m'efforce de sourire le plus chaleureusement possible.
― Oui, Sasuke est gentil.
― Qu'est-ce que vous feriez sans moi... »
À ces mots, le petit se cramponne encore plus à mon ami, tandis que les larmes engloutissent ses yeux redevenus tristes et effrayés. Sasuke est de nouveau pris de court, je devine qu'il ne s'attendait pas à cette réaction, il replace son deuxième bras autour du Malheureux dans le but de le réconforter, je le vois tenter de le bercer maladroitement. Je ne sais pas pourquoi exactement, mais voir cet enfant pleurer me fend le cœur plus que je ne devrais, les larmes me montent contagieusement aux yeux alors que je ne sais même pas pourquoi je pleure. C'est un peu à cause de Sasuke, parce qu'il a raison : que ferais-je sans lui ? Cette question a involontairement mais traîtreusement glissé l'idée qu'il puisse nous abandonner un jour, encore. La tristesse insurmontable qui m'envahit n'est pas exactement la mienne, je le sens, mais en même temps c'est simplement une part de moi mieux cachée que les autres, qui ressort particulièrement maintenant qu'elle est en face de moi. Sasuke me regarde, et il a l'air à la fois tellement désolé, et stupéfait, et terrifié, et perdu, il ne sait pas vraiment quoi faire, il n'est pas très doué pour réconforter les gens. Une main se pose dans le dos du Petit Malheureux, sur celle de Sasuke. C'est ma main, mais ce n'est pas moi ; enfin techniquement c'est un peu moi. C'est le Cœur Tendre, ses yeux fermés et apaisants, l'autre main sur le cœur brodé sur son habit. Le contact fait légèrement sursauter Sasuke, qui fixe ce moi qu'il n'avait pas encore vu d'une manière que je ne saurais décrire.
« Est-ce que tu vas nous laisser ? sanglote finalement le Malheureux à l'adresse de Sasuke qui reste bouche bée.
― Tout va bien, répond le Cœur Tendre ; nous sommes deux grandes personnes maintenant. Sasuke est libre de faire ses propres choix et s'il veut partir, nous n'avons pas à l'en empêcher. »
Sasuke se détend, et le Malheureux arrête de pleurer, bien que son regard soit toujours triste et plein de larmes à cette idée. Mon ami se tourne finalement vers moi, et tout le monde suit son regard et se tourne donc vers moi, le vrai moi qui vois, qui sens et qui ressens, le moi qui suis ici, et leurs regards sont curieux de savoir ce que Sasuke va dire, parce qu'il va dire quelque chose. Un petit sourire se dessine sur ses lèvres, il est vraiment minuscule mais je l'ai vu ; alors que son regard décidé reste fixé dans le mien, questionnant.
« Je reste avec Naruto, ne t'en fais pas. »
J'ai mis un long moment à comprendre qu'il s'adressait au Petit Malheureux qui sanglotait toujours, en me fixant, droit dans les yeux. Ça sonne comme une promesse, mon ami. Je crois que mon visage s'illumine, je ne m'en rends pas vraiment compte. Le Petit Malheureux s'accroche de toutes ses forces au bras de Sasuke qui est en train de le déposer doucement au sol. Son petit visage n'est plus aussi triste, et ses yeux ne pleurent plus du tout, il a l'air un peu soulagé, lui aussi.
« Allez les enfants ! Il est tant de continuer, l'aventure vous attend encore, dehors ! fait ma voix la plus grandiose. »
La main géante et gantée du héros nous pousse tous les deux un peu vers l'avant. Elle est si grande, elle est chaude, et nous voilà sortis du labyrinthe de glaces sans que nous ne l'ayons remarqué avant. Nous nous regardons un peu perplexes, et je ne peux m'empêcher d'éclater de rire. C'est nerveux.
« Quoi ?
― Rien, haha ! Je... Je pensais que tu n'aimais pas les enfants ?! »
Je suis encore en train de ricaner tout seul comme un débile alors que son expression se fait plus boudeuse, et qu'il marmonne un truc comme quoi c'est effectivement le cas : il n'aime pas les enfants. Cette affirmation me fait encore plus rire tant le déni est grossier et évident.
« Avoue-le : j'étais beaucoup trop mignon et tu n'as pas pu résister à me prendre dans tes bras pour me consoler.
― Tsk. »
Il n'ajoute rien de plus, le regard fuyant, mais je sens qu'il est sur le point de craquer et de rire avec moi. Je n'ai qu'à insister un peu pour qu'il me rejoigne dans mon fou rire qui n'a concrètement aucun sens. Il n'empêche, ça fait un bien fou de se lâcher un peu pour rigoler, et Sasuke est d'accord avec moi. Nous continuons d'avancer dans les rues désertes qui ont un air de Konoha, sans vraiment l'être. Il n'y a pas un chat, et c'est à peine maintenant que la réalisation se fait dans ma tête. Je commence à trouver ça bizarre, des rues désertes comme ça. Je ne sais pas vraiment pourquoi, mais ça ne me dérangeait pas vraiment, tout à l'heure. Je me tourne vers Sasuke, il me suit tranquillement sans rien dire.
« Qu'est-ce qu'on fait après ?
― Je sais pas. On est dans ton âme, c'est toi qui guide. »
Voilà, ça ne m'avance pas du tout, mais étrangement, savoir que Sasuke est avec moi rend le vide des rues moins inquiétant. En ce moment, deux choses m'inspirent : Kuurama et l'intérieur profond. Ce sont les seules choses que je suis sûr de trouver dans mon âme, quelque part. Je sais que le Bijuu est très hostile à la présence de Sasuke, ce serait donc une très mauvaise idée de l'y mener. J'aimerais quand même qu'ils se rencontrent plus pacifiquement, et qu'ils puissent faire la paix, tous les deux. Pour l'instant je ne pense pas que ni Sasuke ni Kuurama soient prêts. Il me reste donc l'intérieur profond. J'aimerais bien découvrir l'intérieur profond de mon âme, avec Sasuke ; comme il a découvert la sienne avec moi. Le seul problème c'est que je ne sais pas comment y accéder. Allons-nous rencontrer un gardien ? Devrons nous passer nous aussi par une salle de cauchemar ? Je n'espère pas ! En attendant je continue d'avancer calmement.
« J'aimerais bien voir à quoi ressemble l'intérieur profond de mon âme, lancé-je l'air de rien.
― Pourquoi pas ? répond Sasuke. Je pense que ça peut être bien, tu sais où aller ?
― Eh bien, vu qu'on est déjà allé dans le tien, j'ai pensé que tu saurais...
― Comment je le saurais ? Il n'y a rien de plus subjectif et personnel qu'une âme !
― Ouais, ça va pas la peine de s'énerver. Je demandais, c'est tout. »
Je croise les bras afin de le bouder proprement, quand une autre idée me vient à l'esprit :
« On devrait essayer de s'asseoir en rond et de réciter des incantations pour ouvrir le sol !
― Alors premièrement, on est deux, remarque-t-il. Ça risque d'être compliqué de former un rond. Ensuite, pourquoi ça marcherait ? Je parie que tu viens juste de l'inventer...
― Euh, oui, mais étant donné qu'on est dans une sorte de rêve, ça veut dire que tout est possible et qu'on peut techniquement tout faire, non ?
― Pas nécessairement. Mais, continue...
― Donc, il me suffit d'inventer de nouvelles règles, et là on est sûr qu'il se passera quelque chose.
― Naruto, ça ne marche pas comme ça. »
J'insiste, je pense vraiment que ça peut marcher. Sasuke a beau râler, il suit quand même mes instructions sans se poser plus de questions que ça... Nous nous asseyons en tailleur face à face, puis attendons. Bien sûr, rien ne se passe et la patience de Sasuke et facile à écouler.
« Ça ne marche pas.
― Non, attends ! C'est parce qu'on n'a pas récité les incantations.
― Ok, fait-il. Et, quelles incantations doit-on réciter alors ?
― Eh bien... Je ne connais pas vraiment d'incantations. On devrait essayer de faire des sceaux,ça doit sûrement être encore mieux pour des ninjas comme nous ! »
Je l'incite à former des sceaux avec ses mains, puis à mon tour j'en forme quelques uns aux hasard, en récitant une formule improvisée qui fait un peu classe. Quand j'ai terminé, je pose mes mains contre le sol au centre du cercle que nous sommes sensés former, et mon ami en fait de même. Alors, une lueur jaillit de sous nos mains, et le sol se met à trembler. La lumière vive et blanche sortie d'une faille qui s'est créée juste entre nous est aveuglante, mais on perçoit quand même une silhouette s'ériger, sortie de l'enfer lumineux. Après plusieurs secondes, nos yeux s'habituent à la nouvelle luminosité et l'on distingue une longue chevelure rougeoyante flotter autour de la tête de la silhouette. Il s'agit de ma mère. On dirait en fait, une statue en or de ma mère, une statue avec des cheveux. Elle porte de lourdes chaînes dorées comme elle, mais pas comme si elles la retenaient ; elle les porte plutôt en menace.
« J'arrive pas à croire que ça ait marché, murmure Sasuke. »
Je suis un peu d'accord avec lui, dans un sens. Je ne sais pas comment ni quoi, mais ce rituel totalement improvisé a fait quelque chose. La femme d'or prend la parole, en nous regardant tour à tour.
« J'ai entendu que vous vouliez vous rendre en l'intérieur profond de l'âme de Naruto. »
Comme le gardien dans l'âme de Sasuke, sa voix est très solennelle et résonne de façon hypnotique. Cependant, de par sa nature féminine et peut-être aussi plus âgée, elle est un peu plus effrayante. Je ne sais pas, peut-être que je me fais des idées aussi, parce que c'est vrai que ma mère peut avoir l'air terrifiant parfois. Sasuke est complètement envoûté, mais il semble qu'elle attende une réponse, ou au moins une confirmation, alors je lui donne. Elle se tourne en premier vers moi, et s'agenouille entre Sasuke et moi, de telle sorte à ce que nous soyons face-à-face, et à peu près à la même hauteur.
« Bonjour Naruto.
― Bonjour, euh... ? je ne finis pas ma phrase, réalisant que je ne suis pas sûr de savoir à qui je m'adresse.
― Je suis l'idée que tu as de tes barrières internes. Je possède l'image et les pouvoirs protecteurs et restrictifs de Kushina Uzumaki, dit-elle pour se présenter. C'est la première fois que tu t'apprêtes à aller si profondément dans ta propre âme, es-tu sûr de toi ?
― Qu'est-ce que je vais trouver là-bas ? m'excitai-je.
― Ne veux-tu pas garder la surprise ? demande-t-elle sur un ton rhétorique.
― Euh, si. Alors, considère que je suis prêt !
― Seras-tu prêt à montrer cette partie de toi à Sasuke, quelle que soit cette partie ? »
La réponse est moins évidente cette fois. Je me permets un temps de réflexion, pendant lequel elle se tourne alors vers Sasuke. Il s'était approché, aussi n'a-t-elle à effectuer qu'un quart de tour pour lui faire face. Perdant trop facilement le fil de mon propre questionnement, je m'intéresse à leur échange.
« Bonjour, tu es l'ami de Naruto.
― ... Oui ? répond-il hasardeusement, avant de se reprendre alors qu'elle s'apprêtait à continuer : Et, il est le mien aussi.
― Nous sommes amis ! intervins-je tout sourire.
― Pourquoi veux tu atteindre l'intérieur profond de son âme ?
― Eh bien, je ne fais que suivre Naruto, dit-il. S'il a envie de me traîner dans tout l'espace de stockage avant, je le suis. Et s'il veut me montrer l'intérieur profond, je viens avec lui.
― As-tu envie de l'atteindre ?
― Dans la mesure où il a déjà vu mon âme, et qu'on a fait tout ce chemin jusqu'ici... J'aimerais bien, oui. Je trouve son âme agréable, jusque là, et je suis assez curieux de voir ce qu'elle nous réserve encore.
― Naruto ? »
J'ai sursauté, je ne m'attendais pas à ce qu'elle s'adresse à moi. Je ne m'en n'étais même pas rendu compte mais, je me suis encore rapproché pour mieux suivre leur conversation, et la femme d'or n'a eu qu'à tourner légèrement la tête pour me regarder dans les yeux.
« As-tu réfléchi à ma question ?
― Oui. Je réponds oui. »
Je suis prêt à montrer l'intérieur profond de mon âme à Sasuke, quel qu'il soit. Comme on a découvert l'âme de Sasuke ensemble, on découvrira la mienne ensemble. Elle ne peut pas être si terrible après tout, j'en suis persuadé ! Le regard de la gardienne semble acquiescer. Elle se relève avec grâce, et nous l'imitons plus vivement. Je ne l'avais pas remarqué, mais le décor a changé, on se croirait encore à la surface, avec toutes ces étoiles. Le sol est marbré de faisceaux lumineux orangés, brillants comme du chakra, et la fissure s'ouvre un peu plus grand, prenant peu à peu la forme d'un escalier droit et descendant à l'infini vers l'obscurité. La femme nous fait signe de descendre, elle ne semble pas décidée à nous ouvrir le chemin, ce qui aurait pourtant été très pratique étant donné comme elle rayonne. Après un regard vers mon camarade, je prends finalement l'initiative et commence la descente, talonné de près par Sasuke. Je me demande combien de temps ça nous prendra avant d'arriver en bas...
« Tu sais où tu vas ? demande-t-il au bout d'un moment.
― Non. Pas vraiment en fait, mais il n'y a qu'un seul chemin et il descend encore.
― Il fait noir comme dans un four, comment tu arrives à te diriger ? continue-t-il incrédule.
― J'sais pas, au pif un peu. je réponds nonchalant.
― Au pif ?! »
Son soudain agacement a dû le faire trébucher sévèrement, parce que mon dos est aussitôt percuté par un gros poids, et nous tombons vers l'avant. D'une manière ou d'une autre nous parvenons durant la chute à nous accrocher l'un à l'autre, et nous roulons le long de la pente. Il n'y a plus aucune marche, on ne peut que glisser ou rouler, et on accélère toujours plus. C'est que la pente s'accentue, tant et si bien qu'elle se termine purement et simplement en gouffre droit, et nous sommes en chute libre. Au fond du gouffre cependant, des nuages brillent d'une lueur bleutée, comme s'ils cachaient un soleil éclatant, ou qu'ils brûlaient d'électricité. Nous ne pouvons nous arrêter de tomber, alors c'est en une seule boule compacte que l'on plonge dans les nuages. On y reste un petit moment, ils sont assez épais, avant de ressortir de l'autre côté à cause de l'élan de notre chute précédente. Cependant, la gravité s'est inversée et nous y retombons aussitôt, faisant en sorte de rester à la surface. Cette perte brutale d'un des repères fondamentaux des êtres terrestres nous a forcés à nous lâcher, et je ne vois plus Sasuke. Il ne doit pas être loin, j'ai essayé de replonger pour le trouver, mais on n'y voit absolument rien, entre la densité grise des nuages et la lumière bleu pale dont ils sont parcourus. Heureusement quand je remonte, je peux voir qu'il a déjà refait surface de son côté. Je m'approche et il me voit.
« T'étais où ?
― Pourquoi tu m'as lâché ? »
Nous continuons de crier sans s'écouter comme les poissonniers au marché, avant d'éventuellement nous calmer. Il me demande si je sais où nous sommes, et où nous devons nous rendre. Je ne sais pas, dis-je avant d'apercevoir un peu plus loin, cet lumière bleue qui est beaucoup plus vive, plus forte et belle que celle des nuages. Elle emplit l'atmosphère et se diffuse dans une aire assez vaste à quelques pas d'ici. Nous décidons de nager jusque là bas, et en m'approchant lentement je remarque plusieurs choses. De ce côté, les nuages ne sont plus gris mais blancs. Ils sont toujours gris à l'intérieur, mais de là où nous nageons, la surface qui est à l'intérieur profond de l'âme, les nuages sont très blancs et ont un aspect cotonneux. Au dessus de nous, la mer profondément bleue et ses vagues calmes. Et la lueur bleue vers laquelle nous nous dirigeons, c'est le ciel du beau temps. Il brille de mille feux, éclatant et chaud. Depuis la mer de nuages, les courants énergiques lumineux qu'on aperçoit à l'intérieur nous portent et nous apportent une énergie nouvelle. Quand j'arrive à la fin des nuages, là où il n'y a plus de matière mais le ciel bleu, plus que lui, je continue, confiant. Je nage toujours mais c'est plus semblable à une sorte d'apesanteur. Je me sens moins flotter, et plus léviter.
Sasuke m'a suivi un peu plus hésitant, et il a plus de mal à se stabiliser. Il tend les bras vers moi, alors je les rattrape et l'aide à se tenir droit au beau milieu du ciel bleu, en apesanteur dans les grandes profondeurs de mon âme. On s'approche de l'équivalent de l'île centrale. C'est un immense poing qui sort de l'océan et qui semble en bois poli et vernis. C'est mon poing, je crois.
« Tu checkes ? je demande à Sasuke »
Il me regarde sans comprendre, comme si j'avais parlé une autre langue, alors je mime le geste en désignant la grande sculpture du menton. Ce n'est peut-être pas grand chose, c'est un peu ringard pour certains et trop enfantin pour d'autres, mais pour moi le check a une symbolique forte. Chaque fois que mon poing cogne un autre, je peux sentir ce qui nous lie, et c'est un sentiment exceptionnel et touchant. Je n'ai pas encore eu l'occasion de checker avec Sasuke, mais j'aimerais bien. Il se défait doucement de mon emprise, et s'approche en un mouvement élégant du poing de bois. Comme ébahi, je le regarde avancer silencieusement son propre poing et le cogner contre une des phalanges sculptées. Aussitôt que le contact est fait, un vent chaud et sec souffle à travers moi et c'est comme si le ciel autour et la mer au dessus étaient plus clairs et bleus qu'ils ne l'avaient jamais été. Le vent secoue aussi les cheveux de Sasuke, et ses lèvres se courbent en un sourire, donnant à son visage une expression fière et satisfaite quand il se retourne vers moi. Mon cœur s'emballe et mes joues se pincent dans un grand sourire, puis, un éclair semble sortir des nuages pour venir vers nous. C'est une sorte de petit serpent de chakra bleu, non, plutôt un oiseau. Il tournoie joyeusement autour de nous, accompagné de quelques autres, avant de commencer à parler.
« Bienvenue ! Bienvenue ! »
Leurs voix sont enfantines et aiguës, mais elles ne sont pas désagréable, semblant réellement ravies de nous souhaiter la bienvenue. Nous les remercions d'un geste de la tête, et les oiseaux finissent par se disperser, un seul restant. Il ne parle pas. C'est le plus gros des oiseaux de chakras, il mesure environ un mètre d'envergure et ses yeux brillent d'une lueur jaune pâle, comme dorée. Ça a quelque chose de fascinant. J'approche ma main pour le caresser, curieux. L'oiseau semble plutôt réceptif, levant la tête comme un chat le ferait. C'est une sensation un peu bizarre, j'ai l'impression d'avoir des fourmis dans les doigts qui sont en contact avec lui. Il me désigne son dos et ses ailes du bout de ce qui s'apparente à un bec. Il est très uniforme et uniquement constitué de chakra, donc difficile de dire s'il s'agit d'un bec ou d'une simple pointe entre ses yeux scintillants. Je comprends enfin, et grimpe joyeusement sur son dos, invitant Sasuke à en faire de même. Il hésite, mais finit pas accepter et monte derrière moi, et tandis que nous nous accrochons aux plumes imaginaires, l'oiseau repart aussitôt. Il va vite, et fait toutes sortes de boucles, alors que le vent salé nous traverse malicieusement. C'est génial, une telle vitesse, alors que la mer au dessus de nos têtes et si calme, ne se doutant pas des acrobaties que nous effectuons. Lors d'un salto particulièrement effrayant, je me suis accroché plus fort aux épaules du grand oiseau, et Sasuke, et venu s'accrocher à moi plutôt qu'aux petites plumes. Je tiens ses poignets contre mon abdomen, d'une main. Je ne voudrais pas qu'il tombe.
C'est une sensation agréable, d'avoir des bras qui encerclent votre taille et des mains qui s'accrochent à vous, un menton appuyé contre votre épaule pour que les yeux puissent profiter. Il n'y a pourtant que peu de choses à voir, la mer est calme et les nuages sont toujours parcourus des courants de chakras qui ressemblent à des éclairs. Le paysage est un peu monotone mais quand même harmonieux et agréable. Je remarque à peine qu'on s'est retournés, la mer étant maintenant sous nos pieds qui pendent dans le vide, autour du corps qui nous porte. Non, en fait je suis plus concentrée sur les couleurs chaudes qui ont envahi le décor, entièrement bleu tout à l'heure. Le ciel n'est plus d'un bleu aussi vif. Au zénith par dessus nos têtes, il arbore un bordeaux profond, tandis que l'horizon semble enflammée, jaune comme le soleil. La mer reflète des tons ocres, rouges et orangés, et les nuages semblent bruns, violacés quand ils sont parcourus par un oiseau bleuté. Cette ambiance me rappelle les couchers de soleils, et s'il y avait eu un soleil, c'est vers celui-ci que nous nous dirigerions, là où la lumière et la plus vive. Je tiens toujours les mains de Sasuke contre moi, lui même s'appuyant dans mon dos. Nous sommes fatigués, et voyager sur un oiseau de chakra est un sentiment à la fois euphorisant et apaisant, tant bizarre qu'agréable, si amusant que somnifère.
On dirait que l'oiseau s'embrase sous nos yeux et le reste de notre corps, alors que nous arrivons au plus près de la zone de lumière la plus vive, nous aveuglant un court instant. Quand j'ouvre à nouveau les yeux, tout scintille autour de nous. L'oiseau de chakra s'est revêtu d'une armure d'or, comme pour éviter de se disperser. Autour de nous, un ciel jaune étoilé s'étend à l'infini, et l'oiseau nous dépose sur un sol invisible avant de reprendre son vol. Nous sommes de retour à la surface.
Je ressens de nouveau les vibrations de l'âme de Sasuke en face de moi, il n'y a plus cette espèce de voile dont je n'avais pas conscience mais qui couvrait mes sens depuis que nous avions commencé à nous enfoncer. Je peux sentir le tremblement de la charrette qui roule encore sur un chemin de terre, je peux sentir les jambes de Sasuke qui se cognent par conséquence contre les miennes, je sens qu'il fait chaud, et j'entends Shinme fredonner vaguement, aux commandes du véhicule. Je commence à ressentir cette sensation, d'être à plusieurs endroits à la fois. Je me retrouve aussi à la surface de l'âme de Sasuke, où il semblait m'attendre comme face à moi. C'est différent du clonage de l'ombre, parce que je vis ces moments simultanément, plutôt que de partager les souvenirs une fois que je serais retourné dans mon corps. J'ouvre les yeux, et je me rends compte à quel point c'est bizarre, d'être à trois endroits à la fois, et de se sentir plus réel dans nos âmes que dans la réalité. Mes trois paires d'yeux sont ouvertes, dans ma propre âme, Sasuke s'approche pour me faire face comme dans les deux autres situations. Je suis trois fois face à Sasuke, et nous nous sourions trois fois.
FIN
Et voilà. Pendant un moment j'étais pas sûre de la fin mais bon. Je trouve que ça donne bien l'impression que la boucle est bouclée. J'espère que ça vous a plu, n'oubliez pas de laisser une petite review, et à très bientôt pour les derniers bonus :') !
Bye !
