Bonsoir,
Le chapitre précédant semble vous avoir beaucoup plu, surtout le moment sous la tente.
Mais votre grande question est : Comment va réagir Jasper?
J'ai encore un peu perturbé mes bêtas sur ce chapitre que je vous laisse lire.
Chapitre 10: Premier jour!
Je m'étirai dans mon sac de couchage après l'une des meilleures nuits jamais passées en camping. Mais la première chose qui me frappa fut la sensation de solitude que je ressentis. Ouvrant doucement les yeux, je vis la place à ma droite, vide. Emmett s'était déjà levé. Sans bouger, je tendis la main derrière moi pour constater que là aussi, la place était vide. Je soupirai en pivotant sur le dos. Je me remémorai les derniers instants avant que je ne sombre dans un sommeil peuplé de très beaux rêves. J'avais adoré la sensation des bras de Jasper autour de moi, sa chaleur enveloppant mon corps, ses lèvres qu'il avait posées dans mon cou avant que les bras de Morphée ne se referment sur moi.
Des bruits me parvinrent au travers de la toile. Il devait être temps de tout remballer et de charger le pick-up pour la dernière ligne droite vers chez les Dennis, un couple sans enfants que Charlie avait rencontré lors de ses nombreux voyages en tant que reporter. John et Carla habitaient la petite maison prêtée par mon père depuis de très longues années en échange de la surveillance des juments. Deux fois par an, d'abord Sam et Charlie et puis maintenant Emmett, faisaient le voyage à cheval pour rassembler la harde qui était ensuite chargée dans un camion afin de les ramener au Ranch. Au printemps, le chemin inverse était entrepris après les mises bas de ces juments.
Je m'extirpai du sac et enfilai rapidement des vêtements, des douches nous attendant chez les Dennis. Je fourrai mes effets dans mon bagage, constatant que ceux des garçons avaient disparu puis ouvris la fermeture éclair de la tente. Je passai la tête dehors, observant d'abord ce qu'il s'y passait avant de sortir. Chacun s'affairait au rangement, la seconde tente était déjà démontée. Jared et Paul la chargeaient dans le pick-up, Jacob et Jasper s'occupaient des chevaux et Emmett préparait ce qui ressemblait de loin au petit déjeuner. Une odeur de café vint titiller mes narines, finissant de me convaincre de quitter mon repaire.
Je rejoignis mon meilleur ami qui m'accueillit, un grand sourire aux lèvres. Je l'embrassai affectueusement tandis qu'il me tendait une tasse de mon breuvage favori.
"Bien dormi, ma belle?"
"Hum, pas mal. Et toi?"
"Ouais! Si j'oublie les chuchotements et les drôles de bruits, je peux dire que j'ai passé une bonne nuit"
"Quels bruits?" questionnai-je en manquant de suffoquer en avalant de travers.
"A ton avis?" répondit-il en me jetant un regard en coin.
"Tu veux dire que tu..."
Le sourire qu'il me décocha était plus que significatif. Il nous avait entendus. Je fermai les yeux en secouant la tête. C'est dans ces moments-là qu'on souhaiterait entrer dans un trou de souris et disparaître. Pour terminer de me mettre vraiment très mal à l'aise, ajoutez l'arrivée de mon blond de mari, qui me salua en me gratifiant d'un magnifique sourire et d'un clin d'oeil. Je tentai de camoufler le rouge pivoine de mes joues en enfouissant mon nez dans mon mug.
"Bella, tu es enfin réveillée?" s'écria Paul en nous rejoignant.
"Oui mais vous auriez dû venir me chercher"
"Impossible. Tes deux bouledogues surveillaient."
Je levai les sourcils en jetant un coup d'oeil vers Emmett et Jasper, pas du tout impressionnés par la remarque cinglante de Paul. Bien au contraire, ils haussèrent les épaules de concert. Chacun se servit une tasse de café fumant et grignota des gâteaux secs préparés la veille par Emily tout en discutant du déroulement de la journée.
Cette dernière serait assez calme. Il ne restait que peu de distance jusque chez John et Carla et connaissant le bonhomme, il aurait déjà préparé le terrain. Les juments seraient rapprochées, laissant un peu de temps libre à mes compagnons.
Les derniers rangements furent rapidement expédiés. Je grimpai dans le pick-up lorsque Jasper s'en approcha. J'ouvris la vitre pour écouter ce qu'il avait à me dire quand il me montra mon Ipod qu'il tenait en main. Je fronçai les yeux car je n'avais pas souvenir de l'avoir sorti de mon sac la veille.
"Merci. Je ne me souviens pas de l'avoir pris hors de mon sac"
Je tendis le bras, paume vers le haut pour le récupérer. Il me le déposa effectivement dans la main mais la saisit par la même occasion. La chaleur de ses doigts autour des miens me fit du bien. Depuis mon réveil, je n'avais pas pu lui parler ni même l'approcher sans attirer l'attention des autres. Je redoutais ce qu'il allait se passer car j'ignorais s'il allait de nouveau m'ignorer ou pas.
"Normal. J'avais besoin d'une bonne raison pour t'approcher sans nounou" déclara-t-il sans me lâcher.
"Parce que tu voulais me parler?"
"Ce n'est pas ma seule envie mais tant que nous avons des spectateurs, je m'en contenterais."
"Te sentirais-tu énervé?" le taquinai-je.
"Hum...très très énervé" répliqua-t-il en caressant l'intérieur de mon poignet de son pouce, ses yeux plongés au fond des miens.
Cet effleurement déclencha des frissons en moi. Mais notre moment de tranquillité fut de courte durée car il fallait toujours compter sur mon meilleur ami pour venir vous déranger.
"Bon, Jazz, il serait plus que temps de partir."
"Jazz?"
"Nouvelle lubie d'Emmett"
C'était du Emmett tout craché à toujours plaisanter. Mais le fait qu'il donnait un surnom, même ridicule, était un signe que cette personne comptait pour lui. Jasper retira sa main laissant un vide et une sensation de froid qui étaient des plus déplaisants. Un dernier sourire et il s'en retourna, monta sur son étalon et emboîta le pas aux autres. Je restai quelques secondes à fixer le chemin qu'ils avaient emprunté avant de, moi aussi, prendre la route. Tandis que les cavaliers pénétraient dans l'un des chemins de terre traversant les plaines, je regagnai la route principale contournant le mount Lemmon vers chez John.
Une heure plus tard, je reçus un accueil plus que chaleureux lorsque je parvins chez les Dennis. Clara m'étreignit affectueusement, heureuse de me revoir après plusieurs années d'absence. Il est vrai que j'habitais plus souvent Phoenix que Oro Valley et que mes visites coïncidaient rarement avec cette escapade. Les années ne semblaient avoir aucune prise sur Clara qui était toujours aussi rayonnante et pleine de vie malgré l'approche de la soixantaine.
"Oh Bella, quel plaisir de te revoir enfin."
"Moi aussi, je suis heureuse d'être ici."
"Ton père a raison. Tu es devenue une magnifique jeune fille... pardon, jeune femme."
Ses compliments déclenchèrent une bouffée de chaleur localisée sur mes joues. Je devais être encore une fois, toute rouge. Je ne savais pas ce qui me gênait le plus, que mon père parle de moi ou qu'il se rende compte que j'avais grandi et étais devenue une femme.
"Viens, entrons. J'ai préparé des chambres et gardé pour toi celle de Heidi."
Ils avait recueilli la nièce de Carla à la mort de ses parents. Ils l'élevaient comme la leur depuis ses dix ans. Elle poursuivait ses études d'architecture à New York actuellement. Je savais par Emily qu'elle leur manquait énormément mais ils étaient également très fiers d'elle et de ses réussites scolaires. J'attrapai mon sac dans le pick-up avant de la suivre.
"Merci mais on aurait pu camper de nouveau."
"Bella! Il y a suffisamment de place. Nous ne sommes que deux et puis nous sommes très contents d'avoir un peu de compagnie. Viens."
Je la suivis à l'intérieur de la maison. J'avais toujours apprécié l'ambiance accueillante et chaleureuse de cette habitation. Elle me conduisit à la chambre décorée dans des tons vieux rose. Bien que impeccablement rangée, la présence d'Heidi se faisait sentir dans chaque décoration. Nous n'avions jamais été proches mais je l'appréciais beaucoup.
"Installe-toi puis viens me rejoindre à la cuisine."
"D'accord et merci."
Je n'avais que peu de bagages avec moi puisque nous repartions déjà le lendemain mais je sortis malgré tout le contenu de mon sac que je déposai sur le lit. Mon Ipod se trouva sur la couette fleurie et dès que mon regard se posa dessus, les souvenirs de notre bref échange me revinrent en mémoire. Jasper avait abandonné son côté arrogant pour montrer un visage avenant et doux qui me plaisait énormément. Fixant toujours l'Ipod, je pensai à la chanson qu'il m'avait chantée car il ne s'adressait qu'à moi hier soir. Je fis défiler rapidement la playlist à la recherche de Endlessly de Muse que j'étais certaine d'avoir dessus. Effectivement, je trouvai le morceau. Je coinçai les écouteurs dans les oreilles et lançai la musique. Durant les trois minutes cinquante qui suivirent, je me laissai bercer par cette mélodie, écoutant attentivement les paroles pour la première fois.
Arrivant péniblement à me détacher de celles-ci, je posai le lecteur sur la table de nuit et décidai de me rafraîchir avant de descendre. Il devait juste me rester assez de temps avant que les cinq cavaliers n'arrivent. Mais surtout avant que Jasper n'arrive. J'aurais voulu penser que cela n'avait aucune importance mais c'était loin de la vérité. Depuis mon réveil, je n'aspirais qu'à pouvoir me rapprocher de lui. Mais durant ce voyage, les autres ne nous quitteraient jamais et j'allais certainement devoir patienter jusqu'à notre retour pour passer un peu de temps en sa compagnie. J'appréhendais de le voir en me réveillant mais après notre petit aparté, j'étais rassurée et prête à patienter deux jours en espérant que d'ici là, il soit toujours dans les mêmes dispositions.
Fraîche et changée de la tête aux pieds, je pénétrai dans la cuisine où les hommes étaient arrivés entre-temps. Les discussions allaient bon train entre eux et John. Paul tentait d'imposer son point de vue comme souvent tandis que Jared, Jacob et Em se goinfraient de biscuits maison et de bières. Un rapide coup d'oeil autour de moi me suffit pour confirmer que mon blond manquait à l'appel. Carla me tendit l'assiette afin que je puisse, moi aussi, me régaler de ses gâteaux.
Le temps passait, les biscuits disparaissaient et les bières descendaient très vite. Chez tout le monde mais toujours pas signe de Jasper. Je m'apprêtais à sortir et partir à sa recherche lorsqu'il entra enfin, rangeant son téléphone portable dans sa poche. Il salua Carla qu'Emmett lui présenta avant de s'appuyer contre le meuble non loin de moi.
"Tu racontais ta vie, mec?" l'apostropha mon meilleur ami.
"Que veux-tu? Les gens importants sont forts demandés."
"Ouais, dis plutôt que tu nous caches une petite amie" le taquina Jacob.
"Hum... qui sait?" répondit-il simplement avant de boire une gorgée de bière.
"Oh mais on dirait que notre texan nous cache des choses" railla Paul en alternant son regard entre Jasper et moi.
"A toi, oui, sans aucun doute. Ma vie privée ne te regarde pas"
Paul fusilla du regard le blond qui resta parfaitement impassible. Toujours prompt à calmer le jeu lorsqu'il n'en était pas le déclencheur, Emmett se leva avant de rappeler tout son petit monde à l'ordre.
"Bien. Il est temps de s'y mettre les gars avant que nous soyons tous incapables de bouger le petit doigt. Du travail nous attend."
Je les vis acquiescer et se lever pour sortir à l'exception de Paul et de Jasper qui continuaient de s'affronter. Ce dernier croisa les bras sur son torse et sourit, nullement impressionné par le brun.
"J'ai dit: Dehors" répéta Emmett en pointant la porte du doigt.
Tandis que Paul rejoignait les autres, Jasper prit tout son temps pour le suivre, me frôlant de près avant de prendre lui aussi la direction de l'extérieur. Ce simple contact me fit frissonner, ce qui ne passa pas inaperçu pour Emmett qui leva les yeux au ciel en secouant la tête.
Le regard que je sentis sur moi m'indiqua qu'il n'était pas le seul à avoir remarqué mon petit tressaillement. Préférant éviter une conversation avec Carla que je ne souhaitais pas et surtout une vague de mensonges inévitables, je me servis une tasse de café fumant avant de lui faire face, un sourire innocent sur les lèvres. Toujours très discrète, Carla n'insista pas. Elle commença à s'affairer dans la cuisine afin de préparer le repas pour les six hommes qui rentreraient affamés d'ici quelques heures. Je décidai de lui donner un coup de main car en plus d'adorer cuisiner même si j'en avais rarement l'occasion, Carla était un parfait cordon bleu qui m'apprenait toujours de nouvelles astuces culinaires.
Installée sur la terrasse après le déjeuner, je lisais un livre que j'avais déniché sur l'étagère de la chambre d'Heidi. Pour être exacte, c'est la couleur rouge vive de la couverture qui m'avait tout d'abord attirée. Ensuite, le couple très sensuel qui l'illustrait m'avait poussé à lire la quatrième de couverture. Peu encline à ce genre de littérature, j'avais commencé par simple curiosité mais au bout de deux heures, plus moyen de le lâcher.
"Hum...la confrérie de la dague noire!" (NDJ: Mouahahahahahaha ! Elle est bien bonne celle-là ! :D) (NDS: AMEN !) constata Jasper en observant la couverture du livre. Concentrée sur ma lecture, je ne l'avais pas entendu arriver.
"Tu connais?" m'étonnai-je en levant les yeux vers lui.
"J'ai une soeur. Et elle est devenue accro à ce genre de littérature et principalement de cette série."
"C'est pas mal, c'est vrai."
"D'après elle, certains passages sont...particulièrement hot" ajouta-t-il en se penchant pour lire par dessus mon épaule. Son souffle chaud caressa mon épaule. Je déglutis difficilement, tiraillée entre l'envie de l'éloigner de moi car nous ne pouvions être vus et celle de me blottir contre lui.
" Je ne suis pas encore très loin dans ma lecture" bégayerai lamentablement.
Il tendit la main pour se saisir du bouquin et en tourna quelques pages.
"Il avait encore envie d'embrasser sa bouche, mais son désir devenait violent. Aussi il dévora ses seins de la langue puis descendit vers son ventre. Il agrippa la taille de son caleçon et le fit glisser le long des jambes longues et fines.
Kohler sentit quelque chose exploser dans sa tête lorsque le chaud parfum du corps offert le submergea. Il était déjà dangereusement proche de l'orgasme, le sexe gorgé de sève, le corps frémissant du désir de la posséder. Il mit sa main entre ses cuisses et trouva son ventre si brûlant et humide qu'il en grogna d'anticipation.
Aussi fou de désir qu'il soit, il voulait la goûter avant de la prendre." déclama-t-il.
Je restai sans voix, le suivant du regard pendant qu'il s'installait sur le siège à ma droite. Ces quelques phrases déclenchaient en moi des sensations peu appropriées au lieu où nous nous trouvions. Je tentai de lui reprendre le livre mais ses gestes étaient trop vifs par rapport aux miens. Peu conscient du trouble qu'il provoquait, il poursuivit sa lecture.
"Elle enroula les jambes autour de lui et il rugit en sentant sa chaleur contre son sexe douloureux. Il dut recourir à ce qu'il lui restait de volonté pour s'écarter un peu et la regarder.
— Ne t'arrête pas, murmura-t-elle dans un souffle. Je veux te sentir en moi.
Kohler enfouit sa tête dans le creux odorant de son cou. Lentement, il pesa sur elle. Le gland épais glissa en place merveilleusement et il la pénétra d'un puissant coup de rein.
Il poussa un beuglement d'extase.
Le paradis. Il savait désormais à quoi ressemblait le paradis."
Ma respiration devint laborieuse et je sentis mes joues s'enflammer d'un coup. Mes mains étaient moites et me démangeaient de les poser sur le lecteur qui avait capturé mon regard dès le dernier mot prononcé.
"Moi aussi, je suis curieux de connaître le paradis" murmura-t-il.
Il n'avait pas le droit de parler ainsi, pas le droit d'utiliser ces mots après m'avoir lu des passages plus que sensuels. Je voulus riposter mais aucun son ne sortit de ma bouche. Je fermai les yeux un moment afin de retrouver entièrement mes moyens face à cette nouvelle facette de Jasper. Lorsque je fus certaine d'être enfin capable d'aligner trois mots correctement sans me ridiculiser, je les rouvris. Il s'était installé plus confortablement dans son siège. Il tenait le livre d'une main, l'autre bras reposant mollement sur le dossier et sa jambe gauche posée sur le genou droit. Mais surtout, ce qui me déstabilisa de nouveau, fut son air serein et fier de lui. Il était bien conscient de son effet contrairement à ma première idée et il en profitait.
"Tu es fier de toi?"
"Moi? Mais je n'ai rien fait, juste lire un passage de ton bouquin."
"Il ne m'appartient pas, je l'ai trouvé dans la chambre que j'occupe" me justifiai-je comme une enfant prise en faute avec un livre ne convenant pas à son âge.
"Mais tu lis ce que tu veux, Chaton. Je cherchais juste à bien te faire découvrir ce milieu dont ma soeur m'a tant parlé."
"Et bien, je ne suis pas certaine d'aller au bout."
"Et bien moi, je suis au contraire certain que tu vas le lire entièrement maintenant" ajouta-t-il en me décrochant un clin d'oeil complice.
"Je te cherchais" entendis-je derrière moi, me coupant net dans mon élan de répondre. Emmett! Qui d'autre pouvait débarquer au moment le moins opportun? Personne. Fataliste, je secouai la tête tandis que Jasper riait de la mine que j'affichais.
"Qui?" répondîmes d'une seule voix.
"Oh mais quel bel accord!"
"Tu as besoin de moi?" s'enquit Jasper.
"On te paye pas pour te prélasser sur la terrasse me semble-t-il?"
"Et on ne me paye pas pour supporter ce débile à longueur de journée."
L'ambiance semblait dégénérer un peu dans le groupe. Et mon intuition me disait que le débile en question était Paul.
"Zen, Jazz. On réglera ce problème avec Sam dès notre retour. Il a effectivement dépassé les bornes."
"C'est à ce point-là?" demandai-je, curieuse de savoir ce qu'il s'était passé.
"Que veux-tu Bells? Même ici, les combats de coqs sont mortels" plaisanta-t-il.
"Oh!"
"Et tu me cherchais pourquoi?" insista le blond sans me permettre de poser plus de questions.
"Afin de calmer tout le monde, je voulais savoir si tu accepterais d'aller sur le mount Lemmon vérifier les deux prairies si tout est correcte? Prend le Pick-up."
"Ouais. Explique-moi le chemin."
"Pas besoin. Je te prête mon GPS personnel" répondit Emmett en éclatant de rire.
Jasper souleva les sourcils, cherchant où était la blague sans comprendre. Evidemment, je saisis directement le message et joignis mon rire à celui de mon ami.
"Vous m'expliquez ou vous me laissez comme un idiot à chercher la raison de votre hilarité?"
Nous tentâmes de camoufler notre euphorie tant bien que mal mais le résultat laissa à désirer.
"Je pensais que tu serais peut-être intéressé d'emmener Bella avec toi. C'est elle mon GPS personnel."
"Oh et j'ai le droit de l'utiliser?"
Etait-ce moi ou il osait faire un sous-entendu devant Emmett? Bien que sachant qu'il nous avait entendu la veille, cette répartie ne fit qu'augmenter le trouble qui s'installait depuis que Jasper m'avait rejoint.
"Stop, je veux rien savoir. Mes chastes oreilles ont déjà suffisamment entendu hier soir" répliqua-t-il avant de tourner les talons. "Je vais rejoindre les autres gus, profitez-en pour vous éclipser."
"Il doit bien y avoir que tes oreilles qui soient chastes d'après ce que tu nous as raconté. Mais ta proposition de m'éloigner me plaît beaucoup surtout si je peux emporter une aide précieuse avec moi."
"Oust filez."
Ma première réaction fut de m'insurger contre leur décision, n'ayant pas été consultée. Mais pouvais-je refuser de passer un peu de temps avec Jasper, seul à seul? Allais-je laisser passer cette opportunité? Non! L'envie d'être à nouveau proche de lui, du moins l'espérai-je, était trop forte. Je me levai et suivis Jasper qui descendait déjà de la terrasse pour se diriger vers les jeep.
"Hey, Jazz?"
"Oui?"
"Je te confie ma meilleure amie. Ne me le fais pas regretter."
"Aucun risque" répliqua le blond en lui faisant un petit signe. Il plaça sa main dans le bas de mon dos tout en nous menant au Pick-up.
Nous roulions depuis près d'un quart d'heure mais nous ne parlions quasiment pas. Nous avions échangé quelques banalités mais un silence tendu se réinstallait rapidement. L'espace exigu de la cabine du Pick-up n'arrangeait rien. Je n'aspirais qu'à en sortir. J'avais l'impression de manquer d'air. J'avais tellement espéré retrouver ce moment de tendresse de la veille que la distance actuelle devenait insupportable.
"Prends sur la droite."
Il hocha simplement la tête en changeant de direction. La route que nous empruntâmes quittait la Catalina Highways pour s'enfoncer au coeur d'un petit bois. En plein hiver, ce chemin permettait de rejoindre le Ski Valley, la station de ski locale. Mais en cette fin octobre, l'endroit était désertique et peu attrayant. La route se divisa en deux et nous poursuivîmes sur la droite, laissant la montagne de côté. Jasper surveillait le chemin accidenté, tentant d'éviter les nids de poule qui le jalonnaient.
"Tu peux t'arrêter ici" demandai-je lorsque nous arrivâmes au abord de la première prairie. Celle-ci était étroite mais très longue au centre du bois et offrait un havre de paix et de verdure.
"D'accord."
Jasper manoeuvra le Pick-up afin de le stationner au plus proche de la cloture. Dès qu'il coupa le moteur, je sautai hors de la cabine, ayant un grand besoin d'air et ouvris la barrière. J'avais toujours aimé cet endroit sauvage. Mais habituellement, mon compagnon de promenade était Emmett. Avoir Jasper avec moi était déroutant.
Je pénétrai dans l'espace vert sans prendre la peine d'attendre Jasper. Emmett lui avait confié un travail et j'allais en profiter pour m'approcher de la minuscule rivière traversant la prairie. Ce point d'eau était l'avantage de cet endroit. Les chevaux pouvaient y passer toute la belle saison car l'herbe ne manquait jamais et le bois autour préservait une certaine humidité et une verdure que nous n'avions pas autour du ranch. J'arrivai près de la rivière et m'assis au bord, retirant mes chaussures. Je trempai les pieds dedans, barbottant un peu tout en croisant les bras sur ma poitrine. Je levai la tête, humant l'air à plein poumon. L'endroit était calme et me permit de me détendre après la tension insoutenable qu'il avait régné dans le Pick-up. Perdu dans ma contemplation des vaguelettes qui s'écrasaient sur les petites roches, je n'entendis Jasper qu'une fois qu'il fut derrière moi. La chaleur de son corps qui se rapprochait me surprit mais me plaisait énormément. Il s'était assis également derrière moi. Ses mains se posèrent sur mes hanches avant de glisser lentement, trop lentement, autour de ma taille pour terminer leur course sur mon ventre. Je déglutis et fermai les yeux, savourant le plaisir de le savoir de nouveau près de moi. Je décroisai les bras en plaçant mes mains sur les siennes, entrelaçant nos doigts.
"Tu m'as manquée aujourd'hui" murmura-t-il avant de poser ses lèvres sur mon cou.
"Toi aussi. Je..."
"Oui?"
"J'ai tellement de mal à te suivre."
"Vraiment? Pourtant, je ne suis jamais loin."
"Oui mais je ne sais jamais comment tu vas réagir. Si tu seras tendre ou arrogant. Affectueux ou cynique. C'est perturbant."
"Pour toi, je serai désormais uniquement le Jasper tendre, affectueux. Très affectueux même" chuchota-t-il tout en remontant sa bouche sur ma peau jusqu'à mon oreille qu'il mordilla. Des frissons me parcoururent le corps. Il dût les sentir car il me rapprocha de lui, collant son corps contre mon dos. Du bout de la langue, il joua avec le lobe de mon oreille, avant de redescendre sa bouche vers mon épaule. Je me laissai aller contre lui, posai ma tête sur son épaule. L'une de ses mains se détacha de ma prise et remonta lentement sur mon ventre, ma taille et termina sa course à la base de ma poitrine. Il s'immobilisa et je ne pus réfréner un petit cri de frustration. La main empauma mon sein et une douce chaleur prit naissance dans mon bas ventre. Il appliqua dessus une douce pression et de son pouce, dessina de petits cercles sur mon téton tendu. Je serrai la main de Jasper tant les sensations étaient fortes. Je gémis et cherchai à atteindre sa bouche mais notre position m'en empêcha. Ce fut ce moment que choisit mon blond pour retirer sa main. Je grognai de frustration quand je compris qu'il s'écartait légèrement de moi pour me coucher sur l'herbe. Il s'allongea tout contre moi, glissant sa main fraîche sous mon chemisier. Il reprit ses caresses. Je pus enfin passer mes bras autour de son cou et l'attirer à moi pour l'embrasser. Notre baiser s'enflamma. Nos langues se livrèrent une danse endiablée alors que mes mains s'enfoncèrent dans sa chevelure. Jasper se détacha de moi laissant une sensation de vide qui je voulus combler mais il m'en empêcha en posant ses doigts sur les boutons de mon chemisier. Lentement, il fit sauter la première attache avant de descendre ses mains vers le second. Calmement il détacha ce dernier. Il en restait encore quatre. Jasper ne semblait nullement conscient de la torture qu'il me faisait subir. Il prenait son temps alors que je ne désirais que de sentir ses mains sur mon corps. Je voulus l'aider mais il agrippa mes poignets et les posa au-dessus de ma tête.
"Pas touche, chaton."
"Dépêche-toi alors."
"Mais nous avons tout notre temps"
Je grognai mais cela n'activa en rien ses gestes. Il reprit sa position à genoux. Enfin, il défit le dernier bouton et écarta les pans de ma blouse dévoilant un soutien-gorge blanc en dentelle. Quelle bonne idée avais-je eu d'emporter des ensembles plus sexy que mes habituels en coton! Il m'effleura à la base du cou, passant entre mes seins et termina sa course au niveau de la ceinture de mon jean. Je n'aspirais qu'à une chose; que sa main glisse plus au sud mais Jasper en avait décidé autrement. Je poussai mon bassin espérant l'inciter à poursuivre. Ma frustration s'amplifia car il reprit ses caresses sur mon ventre, un sourire satisfait aux lèvres.
J'envisageai un instant de me rebeller et prendre le dessus mais il dut le sentir car il reprit sa place contre moi et m'embrassa. Le vide qui m'avait envahie quelques minutes plus tôt s'était totalement comblé. Mes mains retrouvèrent ses mèches blondes tandis que la sienne cajolait ma poitrine, la découvrant en soulevant le soutien-gorge. Je frissonnai mais cela n'avait rien à voir avec la température ambiante. Il mit fin à notre baiser pour s'attaquer à l'un de mes mamelons tendus comme jamais. Alors que je m'habituais à ces douces sensations, sa main que j'avais oublié se posa sur mon intimité et décrivit un mouvement d'aller-retour. Des gémissements sortirent de ma gorge.
Tout s'accéléra lorsqu'il détacha ma ceinture et la fermeture éclair. Sa main s'insinua dans mon slip, glissant contre mon sexe. Ses doigts, par de petits mouvements lents et circulaires, cajolaient mon intimité. Je déglutis difficilement et retins avec peine de petits cris que je tentais d'étouffer. Jasper mordilla mon sein sans arrêter ses caresses. Ses doigts alternaient entre pénétrer dans la chaleur de mon sexe trempé et dessiner des cercles sur mon clitoris gonflé.
"Jasper!" suppliai-je en bougeant mon bassin pour intensifier le contact avec sa main.
Il quitta mes seins pour revenir prendre possession de ma bouche et m'embrasser passionnément. La boule de chaleur dans mon bas ventre grossissait, prête à éclater. J'aurais voulu bouger, lui prodiguer, moi aussi des caresses mais j'étais totalement incapable de bouger. Seules mes mains fourrageant dans ses cheveux semblaient encore en état de marche. Un dernier mouvement, une dernière caresse et le plaisir explosa en moi déclenchant une multitude de frissons. Lorsque l'orgasme s'estompa, je restai pantelante dans ses bras. Jasper me serra contre lui déposant un baiser sur mes cheveux. Je soupirai de bien-être avant de lever les yeux vers lui, souriante.
Quand le calme fut revenu dans mon corps, je déposai un baiser sur ses lèvres et décidai de partir à la découverte du corps, sublime, de mon époux. Mes mains se posèrent à différents endroits de sa personne, cherchant à atteindre sa peau. Je déboutonnai sa chemise avant de cajoler son torse ferme et musclé.
Jasper ferma les yeux, semblant apprécier mes attentions autant que j'avais adoré les siennes. Je le poussai pour le faire pivoter sur le dos et l'embrassai. Porter par son acceptation silencieuse, je m'enhardis et osai m'attaquer à la fermeture de son jean. Je descendis la fermeture éclair, frôlant au passage son sexe tendu. Lorsqu'il fut entièrement ouvert, je fourrai la main à l'intérieur, afin de saisir son érection. Jasper émit un gémissement qui me gorgea de fierté. J'intimai un mouvement lent de va et vient. Désireuse d'approfondir mes caresses, je voulus glisser la main à l'intérieur de son boxer.
"Stop" m'arrêta-t-il en saisissant mon poignet et l'éloignant de l'objet de mes attentions.
"Pourquoi?"
"Je ….je suis désolé mais..."
"QUOI?" criai-je en le poussant de toutes mes forces pour l'écarter de moi.
"Bella"
"Tu es DESOLE, je suppose? Mais de quoi cette fois-ci? De jouer avec moi? De me frustrer sans raison? Ou de t'excuser de faire une nouvelle erreur?" m'énervai-je en me levant et arpentant de long en large la prairie.
"Calme-toi, chaton"
"Je serais calme si je veux."
"Ok. Sache que le frustré dans l'histoire, je crois que c'est moi!"
"Par ta faute"
"Soit, je l'admets. Mais c'est une erreur de..."
"UNE ERREUR?" hurlai-je bien malgré moi. Je me mettais rarement dans des états pareils mais il avait l'art de me faire sortir de mes gongs avec ses "désolé". Voilà bien un mot qui était à proscrire de mon vocabulaire. Peinant à reprendre mon calme, je préférai tourner les talons et regagner le pick-up.
"Bella! Ecoute-moi jusqu'au bout."
"Non, tu as tout dit. Je rentre."
"Emmett m'a chargé de vérifier la prairie. Le but n'était pas simplement de …"
"De? De te moquer de moi?" répliquai-je sans prendre la peine de me retourner. J'arrivai au véhicule et voulus ouvrir la portière qui ne bougea pas d'un millimètre.
"C'est ça que tu veux?"
Je vis Jasper, balançant du bout des doigts le trousseau de clés. Il les avait mis dans sa poche en sortant tout à l'heure. Je tendis la main en le fusillant du regard.
"Ecoute"
"NON. Dépêche-toi de vérifier que l'on puisse rentrer et évite de m'adresser la parole."
"Laisse-moi t'expliquer."
"Non. Tu as toujours de belles paroles à placer pour chaque situation mais je ne veux plus rien entendre. Reste loin de moi puisque de toute façon, j'ai cru ….tu ne veux manifestement pas de moi contrairement à toutes nos récentes discussions. Restons dans les rôles du la fille du patron et de son employé. Dans un mois grand maximum, tout sera terminé et tu n'auras plus aucune raison de rester au Ranch."
"Tu ne comprends vraiment rien à rien. Plus bornée et têtue que toi, ça n'existe certainement pas. Je te répète que je suis désolé mais pas pour les innombrables raisons que tu viens d'émettre" ajouta-t-il en déverrouillant les portières et s'éloignant pour effectuer le tour des clôtures. Je restai seule, me remémorant la dernière demi-heure que nous venions de passer ensemble.
Installée devant le feu ouvert du salon, je poursuivais ma lecture de la confrérie. Ce bouquin ne m'aidait pas à oublier la frustration et le rejet de cette après-midi mais j'accrochais à cette histoire. De plus, ça me donnait une raison pour ne pas participer à la conversation des garçons.
Nous étions revenus rapidement de notre expédition mais dans un silence de plomb. J'avais regardé par la vitre passager, l'ignorant totalement. J'avais bien senti qu'il m'observait de temps en temps mais il avait respecté mon envie de silence. Dès que le Pick-up s'était arrêté devant la maison, j'avais disparu dans ma chambre, attendant l'heure du repas. J'aurais dû proposer mon aide à Carla mais je ne pouvais pas. Savoir qu'il pouvait revenir et être dans la même pièce que moi, était au dessus de mes forces. Je devais me calmer avant. Ce qui fut possible après un bain chaud relaxant.
Le repas du soir, quant à lui, s'était déroulé dans la bonne humeur. L'animosité entre Paul et Jasper paraissait même oubliée puisqu'ils avaient plaisanté ensemble. J'avais tenté de me faire la plus discrète possible et m'éclipsant dans le salon dès le rangement terminé. Et depuis, je bouquinais dans mon coin, m'enfermant dans une bulle de silence.
"Tu aimes?"
"Pardon?"
Prise dans les aventures de Beth et Kholer, je n'avais absolument pas entendu arriver Carla dans le fauteuil à côté du mien. Je levai la tête vers elle, me demandant toujours ce qu'elle m'avait demandé quand elle montra le livre que je tenais toujours ouvert.
"Tu aimes ce genre de lecture?"
"Oh! Je l'ai trouvé dans la chambre d'Heidi et je l'ai pris par curiosité"
"Et?"
"Et...je reconnais que j'ai du mal à le déposer."
Je sentis mes joues s'enflammer au souvenir de la lecture dont Jasper m'avait gratifié plus tôt dans la journée. Je ne résistai pas à l'envie de jeter un coup d'oeil vers la table mais détournai rapidement les yeux lorsque je vis qu'il m'observait. Le petit sourire en coin aux lèvres qu'il arborait, montrait clairement qu'il avait suivit notre échange et que lui aussi, se souvenait du passage du livre. Je reportai mon attention rapidement sur Carla.
"D'après Heidi, je devrais les lire mais moi, tu sais, le surnaturel!"
"Je comprends, j'avoue que j'hésitais mais je ne regrette pas."
Carla regarda son homme dont la voix dépassait des autres. Son regard recelait tout l'amour qu'elle lui portait. Je détournai les yeux, ayant l'impression d'être de trop dans ce moment intime.
"Et si tu me parlais un peu de ton mariage. Emily ne m'a presque rien dit en m'annonçant la nouvelle."
Prise de court, je sentis mon rythme cardiaque s'accélérer sous la panique. Ces mensonges commençaient vraiment à me peser. Plus qu'un mois à tenir mais aussi à mettre à profit pour découvrir le secret de Charlie. Mais pour le moment, j'avais le regard curieux de Carla posé sur moi.
"Et bien, j'ai rencontré William durant mon voyage et nous nous sommes rapidement plu. Je sais que ce mariage peut surprendre et même moi, j'ai encore du mal parfois à me reconnaître dans ce genre d'attitude. Tu imagines? Moi, la Bella posée et réfléchie faire une chose aussi insensée."
"C'est exactement ce qu'Emily m'a dit. J'avoue que je m'attends à ce genre de chose de Heidi mais de toi, nous avons été très surpris avec John."
"Je sais mais ….Ca s'imposait à nous. Maintenant, je n'attends que son retour mais ses affaires l'obligent à rester au loin encore un peu."
"Des jeunes mariés séparés... C'est triste mais les retrouvailles n'en seront que meilleures"
Une vague de tristesse m'étreignit le coeur. Des retrouvailles avec mon mari, William, il n'y en aurait jamais mais j'aurais pu avoir une meilleure relation avec celui que j'avais sous la main mais c'était mal parti. Je regrettais ce qu'il n'y avait pas et n'aurait jamais. Jasper ne voulait pas de moi et je devais absolument me faire une raison. Je devais museler mes envies et le voir comme ce qu'il était: mon mari sur papier et l'employé de mon père. Le reste demeurait du domaine de mon imagination, peut-être emportée par les mots qu'il avait emprunté à l'auteur du bouquin et que j'avais pris pour les siens.
Repenser à notre balade, ou plus exactement, au fiasco de cet après-midi m'attristait. Je vis que Carla me regardait en fronçant les sourcils et je devais éviter qu'elle ne pose plus de questions. De plus, rester dans la même pièce que lui, devenait pénible. Son rejet était toujours très vivace dans ma mémoire.
"Excuse-moi Carla mais je suis fatiguée. Je pense que je vais monter me reposer."
"Déjà?"
"Oui. Je suis pas trop en forme. J'ai peut-être pris froid."
Carla était déçue, je le savais mais je ne désirais qu'être seule. J'allais me morfondre dans ma chambre mais c'était préférable à sentir son regard sur moi. Lorsque je me levai et embrassai mon hôtesse, les conversations se turent.
"Hey, Bells, tu nous quittes déjà?"
"On va faire une partie, viens te joindre à nous."
Jacob était un grand amateur de jeu de cartes et j'avais déjà eu plus que ma part de perte au strip poker pour ne plus m'y risquer. Je déclinai l'invitation en faisant un grand signe de la main pour saluer la tablée.
"Et nous n'avons même pas droit à un petit bisous pour nous souhaiter une bonne nuit?"
Paul ne baissait donc jamais les bras. Je lui souris mais accédai à sa demande. Pour faire bonne mesure, je fis le tour de la table, déposant un baiser sur chaque joue. Je laissai Jasper pour la fin. Me pencher vers lui me parut très pénible et j'effleurai à peine son visage, me dépêchant à mettre de l'espace entre lui et moi.
"Bonne nuit."
Dès que j'eus lâché ces deux mots, je m'éclipsai dans les escaliers afin de regagner ma chambre. Je m'y engouffrai et m'appuyai contre la porte, la tête inclinée vers l'arrière. Pourquoi avais-je écouté Emmett? Pourquoi avais-je entrepris ce voyage? Pourquoi me rapprocher de lui était-il si important? Pourquoi ne pouvais-je pas l'ignorer?
Parce que, malgré toute la volonté que je mettais à tenter de m'éloigner de lui, une force sur laquelle je n'avais aucune action, me ramenait vers lui. Parce qu'il m'attirait beaucoup trop. Et surtout, parce qu'au fond de moi, je désirais être auprès de lui.
Un rapide passage à la salle de bain avant de m'installer au lit, mon livre à la main évidemment. Je repris ma lecture seulement entrecoupée par les éclats de voix et les rire me provenant du rez-de-chaussée. Prise par les mots, le temps s'égrena relativement vite et je fus surprise de voir le réveil afficher 22h16. Les conversations s'élevaient toujours en provenance du salon mais un peu moins animées. Je fermai la lumière, déposai le livre sur le coin de la table de nuit avant de m'allonger confortablement sous la couette. Le sommeil me bouda un certain temps avant de sombrer.
Un léger bruit me tira d'un rêve, enfin plus exactement d'un début de cauchemar. Je tendis l'oreille, cherchant à définir l'origine de ce son. Ce dernier se rapprochant, je me retournai d'un mouvement brusque dans le lit et me retrouvai face à un homme. A tâtons, j'allumai la lampe de chevet, le coeur tambourinant dans ma poitrine. Mes yeux s'adaptèrent et je distinguai le blond qui perturbait ma nuit en chair et en os.
"Que fais-tu là?"
Revenue de ma surprise, j'employai un ton glacial car sa présence dans ma chambre n'était pas souhaitée.
"Chut chaton."
Je le vis s'approcher de moi. Mais sa proximité alors que j'étais installée dans un lit en nuisette, était plus que dangereuse. J'écartai rapidement la couette et le repoussai en me mettant debout. Jasper était plus grand que moi mais à pied nu, la différence était encore plus importante et je dus lever la tête pour pouvoir le regarder.
"Non, je ne me tairai pas. Tu n'as rien à faire ici."
"Je veux juste éclaircir un malentendu."
"Et moi, je ne veux pas. Pas en pleine nuit surtout. Va-t-en."
"Chaton..."
"Va-t-en" répétai-je en faisant un pas en avant qui l'obligea à reculer.
Voyant qu'il ne résistait pas, je poursuivis d'avancer et de le diriger vers la porte de la chambre. Il fut arrêté net par le mur. Je saisis la poignée de la porte que j'ouvris en grand.
"Sors de ma chambre."
"Si tu m'écoutais et arrêtais de t'évertuer à tout comprendre de travers..." commença-t-il.
"Va-t-en. Tu es sourd? Laisse-moi tranquille."
Je l'agrippai par le bras et le poussai tant bien que mal hors de la chambre. De peur de le voir insister, je la refermai rapidement et m'appuyai, dos contre la paroi de bois. Je fermai les yeux et soupirai. J'avais tellement envie de l'avoir auprès de moi mais un énième rejet m'anéantirait. Des larmes montèrent sans que je puisse les retenir mais je réussis malgré tout, à éviter qu'elles ne coulent le long de mes joues. Je tendis l'oreille mais aucun pas ne se fit entendre. Et pour cause, Jasper ne s'était pas éloigné car sa voix me parvint au travers de la porte.
"Laisse-moi entrer. C'est un malentendu" murmura-t-il.
J'eus l'impression qu'il s'appuyait contre la porte. Je retins mon souffle.
"Pourquoi faut-il toujours que tu comprennes ce que tu veux et non ce que je dis. Pourquoi t'efforces-tu à me fuir perpétuellement? Pourquoi dois-je me justifier sans arrêt, chaton? Ne peux-tu pas juste me faire confiance?"
Je préférai ne pas lui répondre, restant sans faire le moindre mouvement, ni bruit.
Je sentis la porte bouger légèrement comme s'il s'était écarté de la porte. Effectivement, je l'entendis s'éloigner, me laissant seule, une douleur au niveau de mon coeur.
Jasper avait très bien réagit après leur nuit sous la tente mais ...qu'en pensez-vous?
Et maintenant que Bella l'a mis à la porte de sa chambre que va-t-il se passer?
1. Jasper va-t-il insister?
2. Bella va-t-elle aller le rechercher?
3. Ils vont passer la nuit chacun de leur côté?
4. Autre?...j'attends vos suppositions.
Dites-moi tout!
A bientôt
Biz
Eli
