Salut le monde ! Un chapitre zen, un peu ''tranches de vie'', dans la mesure où on a encore une vie dans une situation pareille -_-'
Petite remarque au passage, si vous aimez ce genre d'histoire, je vous conseille "Ravage" de René Barjavel, ou ce qui se passe quand l'homme oublie qu'il est homme. Même délire de pseudo fin du monde, dont certains passages de cette fic sont directement "volés". Si si, n'ayons pas peur des mots.
En parlant de ne pas avoir peur, je ne mords jamais plus fort que jusqu'à l'os, et si vous laissez une review, je ne vous envisagerais peut-être pas au dîner. On a le droit d'être un fauve bien élevé. Non mais oh !
- On va se tirer d'ici, déclara Kuro.
- Pour aller où ? répliqua Isamu.
Son chef ébouriffa les cheveux de l'adolescent qui râla pour la forme.
- T'es jamais sorti de ta cité je parie. Y'a tout un monde autour. Tu devrais essayer.
- J'avais aucune raison de partir !
- Ce n'est plus le cas.
Il sortit une carte abîmée d'une des poches de sa veste et l'étala au sol. Natsuki se pencha par-dessus l'épaule d'Isamu pour regarder. A sa gauche, Kumiko, une femme qui devait taquiner les soixante ans faisait de même par-dessus l'épaule de Mirai. En plus de Kumiko, trois autres personnes de la meute étaient encore en vie et à leurs côtés. Trois hommes. Shinichi et Baku qui avaient été deux sentinelles, ainsi que Maheda que Natsuki avait parfois accompagné lors de raids. Tous trois étaient solides, on pouvait compter sur eux. Et sur les armes qu'ils arboraient à la ceinture, ou dans le dos. Hachettes pour Shinichi, batte de base-ball garnie de pointes pour Baku et couteaux de lancer et magnum pour Maheda.
Kumiko pour sa part, ne maniait pas d'arme précise. Elle officiait comme guérisseuse avant son arrivée dans la meute, et son âge avancé ne l'aidait pas dans les travaux de force. C'était une femme honnête et travailleuse, pas une combattante.
Plus loin, Shizuru et Setsuna qui discutaient ensembles des évènements passés durant leur séparation, approchèrent pour jeter un œil à la carte dépliée.
Kuro posa son doigt sur le croisement de deux routes.
- Nous sommes ici, commenta-t-il. Je pense que nous devrions passer par là pour avoir une chance de se tirer.
- Pourquoi là et pas ailleurs ? fit Baku.
- Il n'y a rien qui pourrait intéresser qui que ce soit. Ce sont d'anciens lotissements qui ont du être pillés depuis longtemps. Et les quelques rares gangs qui auraient pu nous emmerder ont été démolis depuis des semaines, soit d'eux-mêmes, soit bouffés par les fauves.
Natsuki frissonna à l'évocation des cannibales qui rôdaient dans les rues. Ils seraient leur principal problème jusqu'à ce qu'ils sortent de la ville. Elle espérait sincèrement ne plus en croiser.
Kuro leva les yeux.
- Si on avance bien, on devrait être sortis de ce merdier dans trois jours, trois et demi grand maximum. On bougera la nuit et on dormira le jour, avec des tours de garde. On est assez nombreux, il ne devrait pas y avoir de problème. Des objections ?
Le silence lui répondit.
hizuru veillait aux côtés de Kumiko et Baku. Elle était pressée de partir de cette cité fantôme. Où les seuls êtres encore en vie étaient redevenus des bêtes avides de chair et de sang. Elle songea un instant qu'ils finiraient sans doute par s'entre-dévorer. Dans la journée, Natsuki avait fait le parallèle avec les hordes de zombies de ses jeux vidéos.
La différence, c'était que dans les jeux vidéos, on pouvait recommencer. Les blessures se guérissaient en un clin d'œil avec un simple pack de premiers secours et les munitions étaient courantes. En réalité, elles n'avaient qu'une seule vie. Et les blessures mettaient énormément plus de temps à cicatriser. Les marques restaient.
Elle soupira. Sa compagne avait beau faire preuve d'un incroyable instinct protecteur depuis quelques temps, ça n'empêchait pas qu'elle était parfois très puérile.
Kumiko lui tendit une barre de céréales miraculeusement sauvée des flammes du parking. Shizuru l'accepta avec reconnaissance. Encore quelques heures avant de dormir. En attendant, elle guettait tout mouvement suspect. Elle voyait parfois des rats cavaler au milieu de la rue ou bien des corbeaux se percher sur les rares immeubles encore debout. Mais pas de personnes comme eux. Quelque part, ce n'était pas plus mal, dans la mesure où chacun était une menace pour son prochain.
Elle était beaucoup plus à l'aise avec les quelques personnes qui l'entouraient.
A quelques mètres d'elle, Natsuki ne dormait que d'un œil, la main posée sur son Beretta.
Le premier qui la regarde de travers est un homme mort…
Ils parcouraient les ruines de la cité à un rythme régulier. Il fallait parfois porter Kumiko lorsque les gravats étaient trop nombreux ou le terrain trop accidenté. C'était souvent Setsuna qui s'en chargeait. Ca n'avait rien à voir avec de la misogynie. Les hommes devaient avoir les mains libres pour surveiller et protéger le drôle de groupe qu'ils formaient. Kuro avançait en tête, machette à la main. La vue d'une telle lame, tenue par un homme de la carrure de Kuro suffisait à dissuader n'importe quel agresseur potentiel. Suivi de Mirai et de son fusil à canon scié, les derniers y regarderaient à deux fois.
Il leur fallut toute une nuit pour traverser ce qui avait été le centre ville et qui n'était maintenant que tas de cendres froides. Shizuru avait récupéré une barre de métal assez solide, et longue pour y ligaturer son couteau. Se fabriquant une lance de fortune, qu'elle pourrait mieux maîtriser que son poignard en cas d'attaque. Natsuki avait eu un pincement au cœur en la voyant effectuer quelques mouvements, se souvenant du festival des HiMEs et de la folie qui les avait toutes saisies.
L'image de Shizuru, naganita sur l'épaule était longtemps restée gravé dans sa mémoire. Cette impression de toute puissance qu'elle inspirait alors, comme ces prédateurs que l'on admire de loin, sans oublier qu'ils peuvent vous sauter à la gorge sans hésitation. Comme un serpent qui charme sa proie avant de l'étouffer.
Malgré ses états d'âme, elle devait reconnaître qu'il fallait être efficace si un problème survenait, et Shizuru était plus efficace à la lance qu'au couteau. Elle n'avait rien à dire et ne pouvait qu'approuver ce choix.
Quand ils parvinrent en banlieue, Natsuki eut l'impression de reconnaître les lieux. Les bâtiments étaient effondrés, les rues défoncées… mais elle n'arrivait pas à se défaire de cette sensation de déjà-vu. Elle s'éloigna du groupe, prétextant aller vérifier les environs.
Il n'y avait plus rien que du bitume brûlé. Et ce qui avait été une enseigne accrochée sur le bâtiment voisin. A présent au sol, elle put s'en approcher sans encombre. Elle passa la main sur la poussière et la cendre mêlées pour découvrir une partie de l'inscription dissimulée.
Lindem Baum.
Le restaurant où avait travaillé Mai.
Elle s'y faufila en silence sans vraiment savoir ce qu'elle espérait y trouver.
Quelqu'un, des souvenirs, une partie de son adolescence… Ou plus simplement de la nourriture. Après tout, dans un restaurant, c'était la base.
Elle traversa la salle, passa devant le bar en faisant glisser ses doigts sur le comptoir abîmé et arriva aux cuisines. Là où l'attendait un squelette blanc. Assis contre un des fours à la vitre brisée, la tête penchée sur le côté, main gauche posée au niveau de l'abdomen, main droite à côté d'une longue épée. Une épée à la garde ornée d'un pendentif d'améthyste.
Natsuki déglutit. La même perle d'améthyste au cou du squelette. Les tailles correspondaient, l'épée était celle qu'elle avait vue à de nombreuses reprises, accrochée au mur de la demeure Kanzaki.
Mikoto. C'est… Mikoto…
Quelques instants plus tard, Shizuru la trouva qui versait des larmes silencieuses, agenouillée devant un squelette qui semblait lui rire au nez.
- Bon dieu… murmura-t-elle après avoir rapidement examiné les restes macabres.
- Tu crois… Tu crois qu'elle venait voir si Mai était ici ?
- Sûrement.
L'idée que Mikoto ait pu attendre Mai pendant des heures, voire des jours, sans savoir qu'elle était morte, lui retourna l'estomac. Elles restèrent un instant, rendant hommage à celle qui avait été une amie fidèle.
Elles rejoignirent les autres avec la tête basse et les yeux humides.
- Il s'est passé quelque chose ? demanda Isamu.
Shizuru secoua la tête dans sa direction.
- Presque rien. Ne t'en fais pas.
Et elle lui ébouriffa les cheveux avec tendresse.
Mikoto disparue, c'était un peu de l'insouciance du monde qui s'en allait avec elle. Jusque là, il y avait eu un espoir qu'elle soit encore en vie. A l'abri avec son grand frère, dont le sort était toujours inconnu, en compagnie de Nao, sûrement bien planquée, ou même à errer sur les toits éventrés de la cité, avec les chats des villes.
Mais non. Mikoto ne faisait pas partie des ces possibilités là. Mikoto était morte. Et un peu du cœur de Natsuki et Shizuru avec elle.
- Tu me files une taffe ? fit Setsuna en tendant la main vers Mirai.
Cette dernière grogna un peu, pour la forme, et lui fit finalement passer sa cigarette. Shinichi lorgna le petit mégot incandescent, puis détourna la tête avec une grimace.
- C'est vrai que t'as arrêté, marmonna Setsuna en rendant sa clope à Mirai.
- Pas tout à fait. Mais comme on en trouve plus…
- C'est vrai ça ! Où est-ce que tu trouves tes cigarettes Mirai ?
- Secret, fillette, répondit la principale intéressée.
Du bruit se fit entendre derrière eux.
- C'est rien, déclara Mirai. C'est Kuro qui ronfle.
Setsuna pouffa.
- Ca va son œil ? demanda Shinichi.
- Celui qui lui reste ou l'autre ?
- Euh…
Mirai lâcha un filet de fumée.
- C'est fou ce que les gens peuvent poser des questions à la con sans s'en rendre compte…
- Son œil ! lança Setsuna.
- Moins fort, vous allez réveiller les autres. Et pour Kuro, Kumiko dit que ça guérit bien. Il devrait pas y avoir de problème.
- Tant mieux.
- J'aimerais savoir une chose moi aussi, continua le second. Il s'est passé quoi avec nos deux brouteuses la nuit dernière ? Elles sont revenues en larmes.
Setsuna eut un hoquet.
- Un problème ?
- Ca fait bizarre… J'aime pas ce mot.
- Quoi ? Brouteuses ?
La jeune femme hocha la tête.
- Tu préfères gouinasses ? Lesb' peut-être ?
Setsuna fit la grimace tandis que Shinichi restait impassible.
- Aucun en fait. On s'en fout. Ce sont Natsuki et Shizuru. Qu'est-ce que t'en as cirer qu'elles soient ensemble ou pas ?
- Ca se fait pas, c'est tout.
- C'est de penser des choses comme ça qui se fait pas. Ca te plairait qu'on t'appelle ''vieille peau'' sous le seul prétexte que t'es une des plus âgées du groupe ?
- Ca te poserait problème, l'infirme ?
L'infirme en question balança son bras valide en avant, cueillant Mirai au menton.
- Ca c'était bas, marmonna Setsuna en grinçant des dents.
Elle s'apprêtait à réitérer son geste quand Shinichi s'interposa.
- On va pas commencer à se chamailler bêtement. Surtout pour deux filles qui demandent rien d'autre que d'être laissées tranquilles.
- Mais je les laisse tranquille bordel ! C'est juste que c'est un amour à l'envers. J'y suis pour rien ! Franchement, Setsuna, tu te vois avec une autre gonzesse ?
Elle avait dit ces mots en désignant Shizuru et Natsuki, endormies plus loin, serrées l'une contre l'autre.
- Pourquoi pas ?
Cette réponse laissa Mirai muette.
- Tu te fous de ma gueule ?
- Pas du tout. Et si ça peut emmerder une chieuse comme toi, je n'hésiterais pas à le crier haut et fort sur tous les toits.
En voyant l'étincelle meurtrière dans l'œil de Mirai, Shinichi alla rapidement réveiller Kuro, le seul qui pouvait contenir les accès de rage de son second. Le chef de la petite meute qu'ils constituaient s'interposa au moment précis où les deux femmes allaient s'étrangler mutuellement. Il fallut de longues minutes avant de les calmer.
Ils entamaient leur troisième et normalement dernière nuit dans la cité. Le jour devrait les trouver à la lisière de la banlieue. Natsuki et Isamu avançaient en tête, habitués à leurs rôles d'éclaireurs. Au fur et à mesure de leur avancée, les bâtiments se faisaient plus rares. Paradoxalement, ils étaient en bien meilleur état que ceux du cœur de la cité. Comme si tout était normal. Excepté les rues vides et noires, sans éclairage.
La banlieue dormait paisiblement. Jusqu'à ce qu'ils aperçoivent des lueurs par des volets entrouverts. Curieux de connaître ce qui pouvait bien vivre en ces murs, ils s'approchèrent discrètement, lampes torches éteintes. Ils finirent par entendre des rires et des chants. Natsuki se crut projetée dans un rêve, une autre réalité. Qui avait encore le cœur à rire ?
Ils furent bientôt assez près pour pouvoir jeter un coup d'œil par les volets. Natsuki observa la première et en resta un instant abrutie.
Dans la demeure illuminée de dizaines de chandelles et de vieilles lampes à huile, des hommes et des femmes riaient à gorge déployée, buvaient dans des gobelets finement ornés. Sur le bout de table qu'elle pouvait voir du coin de l'œil, il restait les reliefs d'un repas qui aurait pu lui suffire pour quatre jours.
- Qu'est-ce que tu vois ? demanda Isamu à côté d'elle.
Des gens, des uniformes, des belles femmes, une chevelure blonde renversée en arrière sur le dossier d'un canapé de velours, des lèvres rouges de vin sur une gorge blanche…
Natsuki recula vivement.
- Ce… C'est pas de ton âge, lança-t-elle.
- Quoi ? J'ai 16 ans maintenant ! Pousse-toi, je veux voir.
Il s'élança en avant, Natsuki réussit à le rattraper à bras le corps in-extremis. Ils luttèrent un instant. Avant qu'une voix rauque les rappelle à l'ordre.
- La demoiselle a raison petit. Ce qui se passe là dedans n'est pas de ton âge.
Ils sursautèrent et se mirent en garde. Beretta et poignard pointés sur le vieillard qui leur souriait de toutes ses dents manquantes. Il avait l'air d'un spectre vivant, torse nu et côtes saillantes. Une longue barbe tombait jusqu'à ses genoux.
- A quoi vous servirait de tuer un homme mort depuis longtemps ?
Natsuki se dit qu'il avait raison, elle baissa son arme, mais ne la rangea pas pour autant. Isamu resta tout aussi tendu.
- Qui êtes-vous ? demanda Natsuki.
Il s'appuya contre un long bâton, terminé par un couteau. Un peu comme l'arme de fortune de Shizuru.
- Je ne suis plus qu'un vieil homme qui veille sur le dernier endroit où l'on peut trouver du bonheur en ce monde.
Les cris de plaisir de la femme blonde commencèrent à se faire entendre.
- Qui veille ?
- C'est ça.
Il effectua un mouvement ample de son bâton, vers les ténèbres de la nuit. Du mouvement se fit sentir. Les ombres se mouvaient, reculaient en gémissant.
- La chaleur et la lumière les attirent. Je suis la dernière chose qui les empêche de détruire ce lieu.
Et il partit d'un grand rire. Il s'esclaffa tant que Natsuki crut qu'il allait s'étouffer devant eux. Son rire se termina en quinte de toux monumentale. Une fois calmée, il frappa Isamu du bout de son bâton. Le jeune garçon avait voulu jeter un coup d'œil à l'intérieur.
- Pas de ton âge gamin. Et même si ça l'était, tu n'y aurais pas droit.
- Mais comment ça se fait qu'il y ait encore un endroit comme celui-là ? demanda Natsuki alors qu'Isamu se frottait douloureusement le crâne.
Le vieil homme lissa sa barbe avant de répondre.
- Ce sont les filles d'un pêcheur de perles qui vivent ici. Des gamines qu'il n'a sûrement jamais connues. Il leur envoie ses perles, qu'elles dépensent en nourriture et bonne compagnie.
- Elles se vendent ?
- C'est ce qu'elles ont trouvé pour survivre. Il faut dire que ça arrange aussi les militaires. Il n'y a plus qu'eux pour avoir les moyens.
Il fouetta à nouveau l'espace derrière lui, créant des remous d'agitations. Isamu leva son poignard alors que le vieillard ricanait doucement.
En s'éloignant, ils entendirent le ricanement du vieil homme dans le noir.
- T'avais pas 15 ans quand on s'est quitté ? fit Natsuki lorsqu'ils furent suffisamment loin pour apercevoir les lumières du groupe.
De un, pour briser ce silence pesant qui s'était réinstallé entre eux, et de deux, parce qu'elle était bel et bien persuadée qu'Isamu n'avait que 15 ans.
- J'ai eu 16 ans il y a huit jours.
- Quel jour ?
- 29 septembre.
Déjà…
Le temps filait sans qu'elle ne s'en rende compte.
- L'anniversaire de Shizuru, c'est quand ? demanda-t-il soudainement.
- 19 décembre, répondit Natsuki du tac au tac.
Elle fit encore quelques pas avant de stopper net.
- Attends… Pourquoi tu me demandes ça, d'un coup ?
Décidément, quand elle pensait qu'Isamu était bien trop attaché à Shizuru, elle ne se trompait qu'à moitié. Deux secondes ! Ce blanc-bec ne cherchait quand même pas à lui voler sa petite amie ?!
Le jeune garçon s'arrêta à son tour et tourna la tête dans sa direction.
- C'est toujours plus sympa de fêter un anniversaire.
- Et le mien alors ? Tu t'en fous ?
Ok… Elle ne portait peut-être pas Isamu à bout de bras dans son estime et c'était sûrement réciproque, mais tout de même. Il reprit sa marche, les mains dans les poches.
- T'es née le 15 août. Pas la peine d'être jalouse comme ça.
Et voilà. Quelle idiote elle faisait.
Shizuru en rigola un moment durant leur tour de garde.
- Vraiment ? Natsuki est jalouse ? Que devrais-je dire alors ? Toutes ces séances d'entraînement au corps à corps avec Setsuna dans le parking… Il y a des fois où je ne savais vraiment pas quoi penser.
- Oui, bon ! Ca suffit maintenant.
- Vous êtes priées de ne pas m'associer à vos histoires étranges, déclara Setsuna près d'elles.
Elles se turent.
Et puis, au bout d'un instant, Natsuki sentit des doigts se mêler aux siens. Assise à côté d'elle, Shizuru posa ses lèvres près de l'oreille de la brune et murmura, de sorte à ce qu'elle seule l'entende.
- Blague à part. S'il y a bien une chose qui me manque, ce sont nos corps à corps. A nous.
Il était vrai que depuis qu'elles avaient retrouvé Kuro et les autres, elles n'avaient pas vraiment eu de moment à elles. Mais jamais Natsuki n'aurait pensé que ces mots, déposés sensuellement au creux de son oreille, lui feraient un tel effet. Elle eut soudainement envie d'envoyer balader les autres, de saisir Shizuru par les hanches et de lui faire l'amour. Là, maintenant, de suite.
Ce fut Setsuna qui brisa ses pensées.
- Ben qu'est-ce qui t'arrives ? T'es toute rouge !
La brune détourna les yeux, pour tomber sur le regard taquin de son amante.
Allez, courage. On se tire bientôt d'ici. Plus qu'un jour ou deux à attendre.
Shizuru lui décocha un sourire enjôleur tout en resserrant ses doigts sur les siens.
Tu ne paies rien pour attendre.
