(Edward)

-« J'ai faim. »

Elle se releva et posa un baiser sur mon front, courut d'un pas léger jusqu'à la forêt. Je restais allongé dans l'herbe, mon corps entier frissonnait d'un désir que j'avais à peine assouvi.

Le soleil était levé depuis longtemps mais troublé comme je l'étais, je n'aurais pas su dire combien de temps je l'avais serré contre moi.

J'aurais voulu qu'elle reste à mes côtés mais elle semblait souffrir de sa soif. Mais quel homme pouvait se passer de la douceur de sa peau après y avoir goûté ?

La toute première femme que j'avais aimé, la première à qui j'avais fait l'amour. Avais-je au moins été un bon amant ? Au vu de ses soupirs de désirs, je ne pouvais que le penser. Mais elle avait sûrement connu plus d'homme que je ne connaîtrais jamais de femmes.

Le fait qu'elle s'éloigne si vite voulait il dire quelque chose ? J'avais peur soudain :je ne pouvais admettre de la perdre aussi vite.

(Alyah)

C'est le genre de nuit qu'on ne veut oublier mais pour moi, c'était une question de vie ou de mort. Je me répète encore et toujours qu'il ne faut pas, pour sa propre survie, qu'Edward tombe amoureux de moi. Mais moi ? Si moi, je tombe amoureuse de lui ?

Non !

Il est un amant doux, attentionné et doué mais ça s'arrête là. Je n'ai pas été amoureuse depuis si longtemps, j'ai oublié ce que c'est d'être amoureuse. Alors pourquoi ai-je besoin de m'éloigner de lui pour ne plus le voir ? Même ça, ça ne marche pas, j'ai peur. Tellement peur d'avoir encore sur la conscience la mort d'un autre homme.

Tanya est dans la maison quand j'arrive à ma voiture : elle a sûrement du m'entendre mais c'est mieux pour nous deux qu'elle ne sorte pas. Deux vampires attirés l'un par l'autre qui s'absente une nuit entière, il n'y a rien de mystérieux à ce que nous avons pu faire.

Je m'installe derrière le volant et mes mains tremblent : pas maintenant !

Tout se complique.

J'écrase l'accélérateur : la vitesse me grise et j'oublie un instant les yeux dorés d'Edward, ses cheveux, ses mains sur mon corps…

Peut-on perdre la tête à cause d'un homme ?

(Alice)

Une journée de lycée sans Edward et il me manque déjà. Durant les années passées à ses côtés, j'ai appris à le connaître, à comprendre chacun de ses silences, à décrypter ce qu'il dit de lui dans les musiques qu'il joue.

Je me suis toujours considéré comme étant la plus proche de lui et pourtant…

Je voudrais tellement comprendre la raison de son absence. Rosalie a-t-elle raison de dire que tout est de la faute d'Alyah ?

La coïncidence est étrange tout de même : son arrivée qui provoque un tel changement chez mon frère adoré, leurs départs, à quelques heures l'un de l'autre.

Une vision, plus troublé que je n'en ai jamais une des deux absents réunis dans une clairière éclairée par la lune mais d'eux, je n'ai rien d'autre.

Serait ce possible qu'Edward soit amoureux d'Alyah ? Honnêtement, c'est la seule explication à son comportement. Mais pourquoi s'est il senti obligé de fuir ?

Par bien des côtés, Edward reste un mystère pour moi : qu'arrives-je à comprendre de son refus de tomber amoureux ?

Ce que je sais, c'est que ce n'est pas en s'éloignant d'elle qu'il va l'oublier, si vraiment elle a su gagner son cœur.

(Cabi)

-« Cabi ! »

J'ai entendu les pas furieux de Nathaniel bien avant qu'il n'ouvre avec fracas la porte de la villa des Cullen.

-«Nathaniel, ce n'est pas une façon de se conduire quand on est invité ! »

-«Ou est Alyah ? »

Sa colère est visible. J'ai tant voulu qu'il oublie Alyah mais il semble que mes tentatives aient échoué et pourtant, elle n'est pas pour lui.

-« Nathaniel, calmes toi ! »

-« Désolé, je n'ai pas réussi à le retenir ! »

James arrive derrière lui, d'un calme impénétrable. Ils sont si différents l'un de l'autre que j'ai encore du mal à comprendre comment les humains peuvent être dupés par leur « fraternité ».

-« Mais enfin, pourquoi ne pas m'avoir dit qu'elle était partie ? »

-« Qu'aurais tu fais, Nathaniel ? »

Il s'assied, à peine calmé :

-« Eh bien, j'aurais essayé de la retenir ! »

James prend place juste derrière moi, la main posée sur le canapé et je lui jette un regard, lui a compris.

-« Nathaniel, elle n'aurait pas voulu que tu la retiennes ! »

-«Mais enfin, ce n'est pas prudent pour elle qu'elle reparte seule chez nous ! »

-« Elle n'est pas retournée en Sicile. »

-« Mais ou est elle ? »

Je détourne la tête, au dehors, le soleil est à peine visible au zénith, je réalise alors qu'il n'est que midi :

-« Mais qu'est ce que vous faites ici, vous devriez être en cours !!?? »

-« Ne détourne pas la conversation ! Ou est parti Alyah ? »

(Nathaniel)

La colère bout tellement en moi que j'arrive à peine à réfléchir mais je sens dans les yeux de mon frère et mon père que quelque chose m'échappe.

Bien sûr que je suis fou amoureux d'elle, cela n'a pas changé malgré les années qui ont passé.

-« Mais enfin, Nathaniel, cesse d'être aveugle ! Elle est partie rejoindre Edward ! »

-« James ! »

J'entends à peine Cabi crier, je ne vois que le corps de James qui vole à travers la pièce et s'écraser contre le mur.

Seigneur, c'est moi qui aie fait ça !

Je me précipite vers James en même que Cabi : il se relève péniblement, sonné.

-« La prochaine fois que tu as peur de rouiller tes pouvoirs, utilises les contre les chiens d'Alyah, pas contre moi ! »

-« James, je suis désolé. »

-« Tout va bien ? »

Je me retourne vers Carlisle, je rougirais si je le pouvais encore. J'ai été bien aveugle de ne pas voir ce que tous avaient deviné.

Je ne veux pas savoir ce qu'il a de plus que moi, c'est déjà bien assez douloureux de savoir qu'elle peut se refuser à moi mais pas à d'autre. Reste à espérer que comme tous les autres, il ne soit qu'un homme de passage.

(Alyah)

Je tremble, j'ai peur.

J'ai du me perdre en chemin car je n'arrive à la villa des Cullen qu'au coucher du soleil. Mes mains tremblent sur le volant que je serre tant que je peux. Mais mes forces m'échappent.

Je ne parviens même pas à tourner la clé pour éteindre le moteur de la voiture. Mais le vrombissement a attiré Cabi et Carlisle à l'extérieur, ils m'observent tous deux sans comprendre.

Mon cœur aurait transpercé ma poitrine s'il pouvait encore s'agiter, ma respiration se serait accélérée si j'avais gardé ce réflexe de respirer.

A peine sortie de la voiture, mes jambes me lâchent et je m'écroule, mes mains tremblant de plus en plus violemment.

Tous deux se sont précipités, je perçois à peine la porte qui s'ouvre de nouveau sur mes frères.

-« Alyah ? »

-« Cabi, j'n'ai pas réussi, j'ai peur. »

-« Calmes toi, Alyah, ton corps ne va pas le supporter ! »

(Carlisle)

Je n'aurais jamais cru assisté à une scène pareille. Si je ne savais pas qu'Alyah est un vampire, j'aurais cru qu'elle avait une crise d'épilepsie.

Le corps entier secoué de tremblements, elle parvient à peine à parler, s'agrippe à Cabi un court instant et s'effondre.

Je reste là, immobile, incapable de savoir quoi faire. Si j'ai tellement de talent face aux blessures humaines, je suis impuissant face aux douleurs vampiriques.

Alyah n'a pas l'air de souffrir, elle paraît juste évanouie. Mais le regard effrayé de Cabi me fait comprendre que c'est bien plus grave :

-« Il me faut du sang, Carlisle. Des couvertures et un endroit ou l'allonger. »

-« Cabi, que se passe t-il ? »

-«Je t'ai dit qu'Alyah n'était pas un vampire comme les autres. »