CHAPITRE 9

EDWARD POV

Mon estomac gronda et le souvenir du baiser pâlit. Me levant de mon siège de piano, j'allais à la cuisine, prendre quelque chose à manger. Je pouvais voir la lumière du jour commencer à se déverser par la fenêtre. Ouvrant le réfrigérateur, je pris conscience de ma nudité.

Ben, je suppose que tu peux te balader à poil dans la maison maintenant.

Rien qu'ils n'aient déjà vu avant.

Sortant du jus d'oranges et des raisins du frigo, je sautai sur le plan de travail pour casser la croûte. Le granit froid contre ma peau nue, cela me réveilla.

Mes pensées dérivèrent vers Jasper. Jasper, mon meilleur ami depuis la naissance. Jasper que j'aimais comme un frère. Jasper que je voulais haïr d'avoir touché Bella. Mais je ne le pouvais pas... Je n'avais pas réclamé Bella, en fait, il n'y avait rien qu'on ne puisse partager.

Elle est à nous. Pas à moi...

Non, mais tu veux qu'elle le soit.

Ouais, mais je ne crois pas que ce soit dans les cartes du destin.

Une part de moi sentait qu'il aurait dû savoir mes sentiments, même si je ne les avais jamais exprimés à haute voix. Mais il ne savait pas. Il ne le pouvait pas, car s'il avait su et avait quand même continué ce qui est arrivé, il aurait vraiment eu tout faux alors.

Notre amitié était forte, mais je ne savais pas si elle allait survivre à ça. J'espérais que oui. Je ne voulais pas envisager une vie sans eux. Ce serait incompréhensible pour moi. Ils étaient ma vie.

Si je mettais de côté ma jalousie pour Jasper et mes sentiments pour Bella, je devais admettre que la nuit dernière paraissait juste, paraissait bien. Cela nous avait encore rapprochés dans un sens, en partageant enfin la seule chose que nous n'avions jamais partagée auparavant.

La boucle était bouclée pour ce qui est des expériences que nous pouvions vivre.

Je ne savais pas ce que je voulais qu'il arrive pourtant.

Voulais-je continuer avec cet arrangement ? La pensée d'être à nouveau avec elle, même si je devais la partager, était une bonne chose. Bien sûr que cela me blessait de devoir la partager, mais en fin de compte, je serais avec elle, même si ce n'était pas exactement de cette façon-là que je le souhaitais.

J'avais été cruel avec elle, la première fois que nous avions baisé. J'étais bouleversé par la tournure des évènements et j'avais voulu la punir pour ça. J'avais toujours imaginé notre première fois pleine d'amour, douce et merveilleuse. Nous partageant nous-même l'un avec l'autre après nous avoir confessé notre amour mutuel.

Mais ça ne c'était pas passé du tout comme ça.

Elle était à genoux, la bite de Jasper dans sa bouche. Cette vision, pourtant hautement érotique, fit remonter ma jalousie à la surface. Je lui avais chuchoté des mots osés un peu plus tôt. Je lui avais dit que ça allait être brutal ; qu'elle allait aimer ça. Au coeur de l'action, je lui avais dit ces choses pour que je puisse lui faire ce que je m'apprêtais à lui faire subir. La faire souffrir comme elle m'avait fait souffrir, de m'avoir rejeté. La baiser, sans sentiment, jusqu'à ce que je ne puisse plus jamais rien ressentir.

La colère que j'éprouvais pour eux me domina pendant un instant et cette colère me fit réaliser : je voulais tuer Jasper pour l'avoir touchée. Elle était à moi, était supposée n'être qu'à moi. Puis, elle me regarda et dit :

Edward, il me semble que tu disais quelque chose tout à l'heure au sujet de me baiser ! Est-ce que tu penses t'y mettre encore au cours de ce siècle ?

Tut, tut, Bella ! Les bonnes choses arrivent à ceux qui savent attendre ! Dis-je en essayant de contrôler la colère en moi.

Ouais, mais là, tu vois, je suis une petite salope impatiente ! Alors fais-le ! Grogna-t-elle.

On y était, mon point de rupture. Je la haïssais et l'aimais en même temps. Je l'aimais pour qui elle était et je la haïssais de ne pas m'aimer en retour. J'attrapai un préservatif dans le tiroir de Jasper et l'enfilai rapidement.

Si tu le demandes ! Dis-je sans émotion et je la pénétrai brutalement.

Je ne pouvais pas bouger. Si je l'avais fait, j'aurai joui immédiatement. Et je ne voulais pas jouir tout de suite. Je voulais prolonger ça aussi longtemps que je le pourrais. Si c'était la seule fois que j'allais être en elle, je voulais que ça dure le plus longtemps possible.

Je me sentais comme au ciel en elle, un pur et parfait paradis. Etroite et humide et chaude et, putain, incroyable. Sa tête tomba en avant, elle laissa échapper quelque chose qui ressemblait à "Baise-moi !", mais je n'en étais pas sûr. En parfait trou du cul que j'étais, je lui demandai :

C'est quoi ça, Bella ? Je ne t'entends pas !

J'ai dit "Baise-moi" Edward. T'es content maintenant ? Cracha-t-elle à mon attention.

Pas tout à fait ! Dis-je, me retirant presque complètement et la pénétrant violemment à nouveau.

Je recommençai, encore et encore. Tout mon amour, ma peur, ma haine, mon désir, ma jalousie, mon envie et ma colère transitant dans mes coups de reins. Prenant tout ça pour lui transmettre, lui faire sentir ce qu'elle m'avait fait.

Maintenant je suis content ! Grognai-je alors que le poids de mes émotions me quittait à chaque poussée en elle.

Elle retourna à sa tâche : tailler une pipe à Jasper. Je pouvais voir sa tête monter et descendre le long de son membre. Mais je ne pouvais pas le regarder lui. Je ne voulais pas le regarder, parce que si je l'avais fait, je l'aurais perdu. Pas certain de la façon dont je devais réagir, je me concentrai sur les mouvements de la tête de Bella et sur la sensation que j'avais d'être en elle.

Levant une main, elle se saisit des boules de Jasper. Je passai un bras sous elle pour l'aider à supporter son poids. Ce nouvel angle me permettait de m'enfoncer plus profondément en elle.

J'étais proche.

Putain, trop proche pour mon goût.

Jasper vint juste après, éjaculant dans sa bouche. Je voulais être lui, je voulais qu'elle me boive. Mais j'étais le petit chanceux de fils de pute qui la baisait le premier. Des jurons et des grognements sortaient de ma bouche à chaque pénétration. Je n'avais jamais baisé quelqu'un si brutalement avant. Je n'avais pas eu de raison de le faire jusqu'à maintenant.

Etre avec elle, ça n'avait rien de comparable à ce que j'avais connu avant. Le plaisir d'être en elle courait à travers mon corps entier, m'emplissant totalement, débordant de moi pour revenir en elle.

Un doux "Edward" s'échappa de ses lèvres. Je fis tout ce que je pouvais pour me retenir de jouir.

Dieu, Bella, tu es si étroite, si mouillée. Bordel, tu es si bonne ! Si je pouvais, je n'arrêterais jamais de te baiser ! Gémis-je.

A mes paroles, ses parois vaginales se resserrèrent autour de moi. Alors que j'amplifiai mes mouvements, j'essayai de lui faire atteindre le paroxysme. Je voulais la sentir jouir autour de moi, mais j'étais près, moi aussi.

Bella, je vais venir ! Tu dois jouir pour moi Baby !

Edward, j'y suis presque ! Rahhhhh Baise-moi plus fort !

Et je le fis. Mes hanches étaient floues pendant que je la baisais. Ma main sur son estomac descendit pour se frotter sur son clitoris. Ses parois frissonnaient autour de moi sous la sensation que je lui donnais. Je pinçai durement son petit paquet de nerf gonflé.

Ce fut le déclencheur dont elle avait besoin et elle commença à avoir des spasmes sur ma queue. Elle criait mon nom. C'était tout ce dont moi j'avais besoin pour venir en elle me venger, toute la peur et la haine et l'amour et la colère que je ressentais s'échappaient ainsi.

Je prononçai son nom pendant que nos corps tremblaient en se libérant. Nos respirations étaient erratiques, nos coeurs battaient la chamade, alors que nous nous révélions au sentiment d'être ensemble.

Après que nous soyons redescendus de nos sommets, je sortis d'elle et elle s'effondra sur le lit. Je me débarrassai rapidement du préservatif et m'affalai auprès d'elle. Tout ce que j'avais pu ressentir avant avait disparu. Enfin, presque... La jalousie était toujours là, mais moins forte. L'amour était là, encore plus fort en réalité, si c'était possible.

Le bruit du frigo se mettant en route me sortit de mes souvenirs pour la troisième fois ce matin. Je sautai au sol, nettoyai vite fait et retournai dans la chambre de Jasper. Je voulais être avec eux au moment de leur réveil. Je ne savais pas comment ils pourraient se sentir au sujet de la nuit passée et cela me rendait incapable de décider quoi faire.

J'aimais Bella et je voulais être avec elle, mais je savais qu'elle ne me voulait pas de cette façon-là. En même temps, je ne savais pas si je serais capable de la partager avec Jasper. Si j'arriverais à mettre de côté la colère et la jalousie. Mais si elle m'avait aimé, ce serait différent.

Peut-être qu'elle t'aime, pourtant.

Peut-être que la nuit dernière a changé quelque chose.

Peut-être, peut-être pas...

Ouvrant la porte, j'espionnai mes deux meilleurs amis. Ils étaient sur le côté se faisant face. Le bras et la jambe de Bella étaient posés sur Jasper. Je laissai échapper un soupir heureux à les regarder. C'était agréable de les voir tous les deux enlacés comme ça ensemble.

En dépit de mes sentiments pour Bella, je les aimais tous les deux, c'est vrai. Ça avait toujours été et quoiqu'il arrive, je les aimerai toujours. Ça pourrait être à la fois grandiose ou finir vraiment mal. Aussi longtemps que je les aimais tous les deux, ma vie serait bien. Ça devait l'être, parce que... c'était comme ça. Je ne pouvais perdre aucun d'entre eux, même à cause de ça.

Retournant au lit, sous les couvertures, je me blottis contre Bella. Son odeur me refit bander instantanément.

Aussitôt que sa chaleur m'enveloppa, mon esprit fut en accord : je la partagerai, même si cela devait me tuer, je le ferai.

Et tout serait bien, parce que cela voulait dire que je pourrais être avec elle. Pas tout d'elle, mais au moins une part d'elle. Et cela serait assez pour le moment.

Parce que quelque chose, même si ça vous tue un petit peu à chaque fois, c'était mieux que rien du tout. Et après l'avoir touchée, l'avoir embrassée, l'avoir goûtée et l'avoir eue, je ne pourrai plus jamais rester sans elle à nouveau. Elle était mon obsession, ma passion, ma vie, ma raison d'être et probablement aussi, à la fin, elle serait ma déchéance.

J'embrassai la douceur de soie de sa peau dans son dos, alors que ma décision se confortait dans mon esprit. Mes bras la tirèrent plus près de moi pour que je puisse me fondre autour de sa petite silhouette. D'une main, je traçai des caresses indolentes sur sa hanche.

Il était temps de l'aimer. De lui montrer par mes caresses et mes baisers ce que je ne pouvais pas exprimer avec des mots.

Que je l'aimais.