Bonjour ou bonsoir !
Deuxième thème, toujours court et plus triste, le thème oblige. J'ai déjà traité le thème de la solitude dans d'autres OS, ça a été dur de le refaire sans trop se répéter, mais j'ai fait comme j'ai pût. En essayant de rester IC, aussi.
Je ferai en sorte que le thème de demain soit plus joyeux, promis. En attendant, merci à celles qui ont laissé leur avis et bonne lecture !
Genre : Angst, mention de Hurt/Comfort.
Rating : K+
Personnages : Natsu, Lisanna.
Chronologie : Aucune en particulier, si ce n'est que ça évoque des moments antérieurs à la disparition de Lisanna.
Disclaimer : Les personnages de Fairy Tail ainsi que son univers appartiennent à Hiro Mashima.
— SOLITUDE —
De tous les mages de sa génération qu'elle avait pût rencontrer, Lisanna s'était toujours dit que s'il y en avait bien un qui devait représenter le courage et une absence presque totale de crainte, c'était bel et bien Natsu.
Tout du moins lorsqu'il ne s'agissait pas d'une Erza en colère ; et encore, au fil du temps, la benjamine des Strauss s'était dit que ça devait plus l'amuser qu'autre chose, au fond, de provoquer la belle Titania. Pour attirer son attention sur sa personne, la sentir vivante lorsqu'il tentait de lui rendre ses coups ; la faire redevenir la Erza de leur enfance, du temps où elle passait du temps avec lui avant de devenir la formidable mage de rang S qu'elle était devenue.
Ce comportement valait aussi envers Grey ; envers Grey avec qui Natsu se battait constamment, souvent pour pas grand-chose et surtout lorsqu'ils n'avaient aucune raison de le faire. C'était alors à Lisanna d'attendre qu'ils finissent, jusqu'à ce que l'un ne finisse par s'éloigner de force ou de son plein grès pour laisser l'autre tout seul. L'autre, c'était souvent Natsu, d'ailleurs ; parce que Grey, il aimait sa solitude et sa tranquillité, lui.
Mais pour le connaître mieux que quiconque et l'avoir remarqué de nombreuses fois, Lisanna savait que Natsu ne supportait pas ça, lui ; qu'il ne supportait pas la solitude.
La solitude, au fond, c'était bien l'une des seules craintes qu'on puisse attribuer au Dragon Slayer. La solitude, c'était les cendres de souvenirs consumés dans son regard soudain terne et presque éteint ; la solitude, c'était la seule chose qui lui coupait la parole, enfermait son cœur dans des profondeurs de glace et représentait une telle menace qu'il perdait bien souvent le contrôle de lui-même. C'était aussi la première émotion qui l'avait envahi le jour où son père l'avait laissé sans rien dire, et probablement la plus grande de toutes ses cicatrices. Sa peur maîtresse, la fissure dans son être et l'une de ses plus grandes faiblesses.
Et malgré tous les sourires qu'elle lui avait offert, tout l'amour qu'elle lui avait donné, la solitude restera l'une des seules blessures que Natsu ne parviendra sans doute jamais à guérir.
Pourtant, ça avait fini par s'améliorer, par passer un peu, malgré les déceptions qui venaient toujours clore les recherches constamment infructueuses du Dragon Slayer quant à son père disparu ; alors Lisanna se paraît de la douceur nécessaire pour apaiser sa peine, faisait office d'amie, de sœur, de mère. Elle comblait le vide de sa présence, effaçait les silences, lui offrait quelques promesses auxquelles se raccrocher sans jamais hésiter, sans jamais faiblir, sans jamais discontinuer.
Lisanna avait été toutes les formes d'amour possibles qu'on puisse lui donner ; et pourtant, un jour où elle n'était pas rentré, le monde s'était fait plus vide que jamais.
Le soleil s'était couché sans elle pour la première fois, et l'univers tout entier avait été dépeuplé de ce qui comptait le plus.
Il n'y avait pas eu sa main autour de la sienne et sur sa joue, tendre et un peu tiède, même pour lui. Il n'y avait pas eu son sourire et ses lèvres tendrement posées sur son front, chastement, silencieusement ; pas de paroles douces près de son oreille, pas d'étreinte et de parfum de lavande, pas de compassion dans son regard si vivant — rien, rien, rien. Pas même un mot, un au revoir, une explication ; rien. Que du vide et une nouvelle absence dans son cœur, ajoutée à une blessure ouverte et béante de douleur.
On avait subitement arraché à Natsu le soutien dont il avait lentement fini par dépendre ; alors, sans le vouloir, Lisanna et son absence s'étaient étroitement liées à sa solitude.
Et les couchers de soleils avaient semblé un peu plus tristes, vides d'une absence de trop dans le cœur meurtri d'un dragon dont on avait volé l'un de ses plus précieux trésors.
