Salut !
Et non je ne suis pas morte ! Et non je n'ai pas abandonné ! J'ai simplement un nouveau rythme de vie qui me laisse peu de temps pour écrire ! Mais voilà finalement la suite qui est d'ailleurs bien plus longue. J'avoue que j'ai eu dû mal à écrire ce chapitre et je n'en suis pas fan parce que je le trouve un peu lent. Mais je voulais vraiment reprendre le film pour détailler les conséquences psychologiques des évènements sur Tony parce que je trouve que ça aide vraiment à comprendre le personnage et surtout la vision que j'ai de lui. Mais du coup ça manque un peu de Stony ! Mais promis les autres chapitres ne seront pas comme ça !
Réponses aux reviews des Guest :
Guests qui n'ont pas laissé de pseudo : Merci d'avoir pris le temps de me laisser une review et merci pour vos compliments qui me vont droit aux coeurs ! C'est toujours grâce aux reviews de chacun que je me pousse à écrire plus et plus vite, ça me motive vraiment. Par contre, je suis contre le kidnapping et la séquestration dans le garage ;)
Julie91 : Oui, c'est bien ça ^^ Toi qui voulais savoir ce qui allait se passer dans la partie 2 et bien voilà ;) Pour répondre à ta question, non je ne reprendrai pas tous les films comme dans ce chapitre parce qu'on finit vite pas s'ennuyer, il n'y aurait aucun suspense. Pour ce qui est des retrouvailles, je te laisse patienter, tu verras bien, je ne veux pas gâcher la surprise ;) En tous cas, merci pour ton suivi et tes compliments !
Bonne lecture à tous !
Chapitre 10
Trente ans : Réalité (Partie 2)
Tony n'avait pas abandonné. Il avait tenu tête au Conseil, à Obadiah, à Rhodes. On l'avait cru atteint de stress post-traumatique, de délires. On lui disait qu'il avait perdu la tête, qu'il n'était plus lui-même. Et pourtant, Tony n'avait pas changé sa position, il n'avait pas réouvert la fabrication d'armes, même si cela avait fait perdre de l'argent à son entreprise. Mais merde quoi, c'était lui le patron, alors il pouvait bien faire ce qu'il voulait, non ? Il ne comprenait pas les gens qui l'entouraient. L'ingénieur avait toujours créé des armes pour la protection des citoyens, pour améliorer la vie de chacun. Alors maintenant qu'il se rendait compte que cela faisait tout l'inverse, il était normal qu'il décide d'arrêter, non ? Et il pensait que ses idéaux philanthropiques étaient partagés par le reste des gens qui travaillait avec lui, par le Conseil. Il semblait qu'il s'était lourdement trompé.
Voilà pourquoi il était là, depuis des mois, à se faire « oublier » pour avoir la paix en construisant, ou plutôt améliorant, son nouveau bébé. La seule visite qu'il avait eu dans son atelier était évidemment de la douce Pepper, qui, si elle était surprise de ses activités, ne posait pas vraiment de questions, se contentant, comme toujours, de répondre parfaitement à ses besoins. Pendant des mois, il avait affiné, testé, corrigé chaque morceau, chaque paramètre pour que son armure soit tout simplement parfaite. Et le seul problème qu'il rencontrait à présent était ce problème de glace en trop haute altitude ! Il fallait qu'il puisse gérer le dégivrage, histoire d'éviter de se manger le béton des rues de Miami.
Il était d'ailleurs en train de peaufiner ces derniers détails, choisissant par la même occasion quelques couleurs pour parfaire son bébé, discutant avec Jarvis pour que celui-ci applique les différentes modifications, quand il fut interpellé par le reportage en direct qui passait sur l'écran plasma dernier cri, accroché sur le mur en face de lui. Et il fronça les sourcils en entendant les propos de la journaliste : comment ça il souffrait d'une dépression post-traumatique et passait ses journées au lit ? Mais qui pouvait raconter de pareilles conneries ? Alors comme ça, il y avait un gala de charité pour les familles des pompiers organisé par son entreprise et il n'était même pas invité ? Pire, personne ne s'attendait à le voir arriver ? Parfait ! Il irait donc ! Après tout, il avait 5 heures à tuer avant d'avoir son nouveau joujou tout prêt, autant faire une des choses qu'il faisait le mieux : le contraire de ce qu'on attendait de lui !
Il rejoint donc sa chambre afin d'enfiler l'un de ces sublimes costumes sur mesure et monta dans sa magnifique Audi R8 d'un argent métallique splendide, et dont il était particulièrement fier, pour se rendre à cette fête. Il arriva rapidement devant l'entrée, confiant son véhicule au voiturier alors que la multitude de flashs et le long tapis rouge lui donnèrent un instant l'impression de revenir des mois en arrière, quand il fréquentait ce genre de fête bien plus souvent, et il lui fallut prendre une profonde inspiration avant de s'avancer vers les grandes portes, affrontant alors les journalistes qui l'assaillirent de photos et les petits cris hystériques des demoiselles qui espéraient entrer dans son lit.
Il reconnut, au milieu de tout ce bling-bling, Obadiah qui discutait avec des journalistes, et il n'attendit pas que celui-ci est terminé pour l'accoster.
- Et bien, où va le monde ? Il faut que je tape l'incruste dans ma propre fête !
Le rire censé répondre à son pic d'humour qu'émit son associé démontrait bien toute la surprise qu'il éprouvait en voyant Tony ici. Et peut être même un certain malaise.
- Et bien, quelle élégance ! Oui et… quelle surprise…
Ne voulant pas s'attarder, Tony lui offrit une tape amicale dans le dos, le prévenant qu'il partait devant. Mais Obadiah le retint un instant, lui glissant à l'oreille de ne pas faire de vagues, apparemment, le vice président gérait la situation et il ne voulait pas que Tony fasse capoter ses efforts. Le brun étant le petit génie sarcastique qu'il était, il acquiesça sans vraiment le faire, promettant qu'il ne causerait « qu'un petit peu de stress ».
À l'intérieur, l'ambiance était plus calme. La salle avait des murs et un plafond d'un brun cuivre très élégants, s'accordant joliment avec le bar en verre éclairait d'un blanc lumineux très moderne. Des vases contenant des fleurs blanches entouraient ce dernier alors que dans le fond de la salle, sur une petite estrade, des musiciens jouaient des morceaux de jazz décontractants. Chacun des invités s'était mis sur son trente-et-un et quelques uns avaient même commencé à valser au milieu de ce qui était apparemment la piste de danse. Notre génie préféré scruta un instant la pièce pour repérer les convives influents qu'il lui fallait saluer afin de faire taire ces stupides rumeurs : non, il ne souffrait pas de dépression bordel !
C'est donc après un rapide tour de la salle, les convenantes poignées de main effectuées et la satisfaction d'avoir surpris quelques membres du Conseil qui le pensaient probablement en pyjama chez lui, entouré de bouteilles d'alcool, que Tony décida qu'il méritait un verre. De sa démarche fière et assurée tout en étant nonchalante - propre de Tony Stark, il l'avait travaillée pendant plusieurs années -, il rejoignit donc le bar pour commander un scotch. C'est là qu'il fut aborder par un homme en costume, qui avait une posture beaucoup trop officielle et rigide à son goût. L'homme se présenta, Agent Coulson, s'il avait bien retenu, qui travaillait pour… il ne savait plus quelle entreprise mais il n'en avait pas grand chose à faire à vrai dire, et celui-ci se mit à déblatérer à propos d'une chose dont Tony serait incapable de parler parce qu'alors qu'il s'était retourner pour faire face à la salle, avait aperçu quelque chose. Il se statufia, le verre à quelques centimètres de ses lèvres.
OoOoOoOoOoOoOoO
C'était une mauvaise idée ! Non, vraiment pourquoi avait-il fait cela ? Steve aurait voulu se frapper le crâne contre le mur.
Lorsqu'il avait eu vent que Coulson se rendait à un gala dans l'espoir de parler à Tony Stark ou au moins à son assistante, le blond s'était rué dans le bureau de son nouvel ami - et nouveau fan apparemment - pour lui demander s'il pouvait l'accompagner. L'avantage que Coulson le trouve tout à fait fabuleux, l'associant apparemment à un super héros, c'est qu'il avait tout de suite accepté, sans poser de question. Alors Steve avait revêtu un sublime costume fait sur mesure pour « se fondre dans la foule » et il y était allé. Pourquoi ? Parce que s'il avait tenu trois ans sans foncer retrouver Tony, lorsqu'il n'avait pas résisté à voler à son secours et qu'il l'avait alors de nouveau vu devant lui, cela avait ranimé de vieux souvenirs, des sentiments qu'il avait espéré avoir enfoui au plus profond de son coeur. Maintenant, il était assailli de doutes : avait-il bien fait de ne jamais recontacter Tony ? Celui-ce ne méritait-il pas une explication à ces longues années de disparition ? Après tout, Tony l'avait aimé pendant des années, il était resté avec lui, l'avait comblé et soutenu. Alors le moins auquel il avait le droit aujourd'hui été la vérité. Pourtant Steve avait toujours peur. Peur que Tony le rejette, soit trop en colère. Peur de sa réaction face à sa transformation. Et surtout, il était terrifié à l'idée que le brun l'accepte de nouveau dans sa vie, lui pardonne mais ne lui donne que la place d'ami, mettant au clair les choses : en huit ans d'absence, ces sentiments avaient changés, il ne l'aimait plus désormais. Plus comme avant.
Alors voilà, Steve Rogers jouait au stalker, comme un adolescent emprunt d'amour mais trop timide, trop incertain, plein d'insécurité, qui ne pouvait pas faire le premier pas.
Il avait d'abord été déçu en arrivant au gala parce que Tony n'y était pas. Et puis son regard l'avait trouvé alors qu'il passait les portes d'entrée. Son cœur s'était ridiculement emballé et il n'avait plus pu détacher ses pupilles de ce bel homme de trente ans qu'était devenu son ex-amant. Les années avaient encore mûri son visage et il semblait avoir pris en carrure. Steve le trouvait encore plus attirant. Il était resté à une certaine distance tout en le suivant à travers la salle, se postant finalement de l'autre côté de la piste de danse lorsque le brun s'était installé devant le bar. Et le jeune homme n'avait plus bouger, et ce fut là son erreur.
Leurs regards s'étaient croisés.
Par dessus les danseurs.
Par dessus les invités allant et venant dans toute la salle.
Entre les costumes noirs et gris.
Entre l'arc-en-ciel des robes de cocktails.
Et le cœur de Steve s'était arrêté.
OoOoOoOoOoOoOoO
Le cœur de Tony s'était arrêté.
Steve ?
Il plissa les yeux, se mit sur la pointe des pieds, dans cette attitude ridicule que chacun aborde pour essayer de voir un peu mieux au-delà d'un obstacle, se dandinant dans tous les sens et à tous les niveaux. Mais évidemment, il avait fallut que le musique prenne plus d'entrain à cet instant, réduisant le temps de latence entre chaque espace vide ne lui permettant plus de voir correctement le fond de la salle. Et Coulson prêt de lui qui ne voulait pas se taire - de quoi parlait-il ? Des modalités sur un truc ou il ne savait quoi. De plus, un groupe d'invités venez de se poster en plein dans le champs de vision de l'ingénieur et il ne pouvait plus du tout distinguer ce qu'il avait cru voir. Avait-il rêvé ? Avait-il confondu son ancien amant avec quelqu'un d'autre ? Il n'avait eu un aperçu que de quelques secondes à peine et n'était donc pas sur de ce qu'il avait vu. Ce ne serait pas la première fois qu'il avait des hallucinations, croyant voir Steve au détour d'une rue, au milieu d'une foule. Cela était arrivé un million, que dis-je, un milliard de fois après la disparition de son trésor, encore plus lorsqu'il avait quelques milligrammes d'alcool dans le sang. Et puis il se rendit compte que parmi le groupe de malotrus installés entre lui et Steve-la-peut-être-illusion, se tenait sa charmante assistante, Pepper Potts, en robe de satin bleu avec un dos complètement nu, sa chevelure de feu cascadant en de longues boucles travaillées, créant un contraste sublime avec le cobalt de la robe, feu contre océan. Elle était tout simplement splendide. Abrégeant sa conversation -si on pouvait appeler ça comme ça vu qu'il l'avait à peine écouté - avec Coulson, il lui sera la main, prétextant d'aller voir son assistante pour en discuter. Il rejoint alors la jeune femme, qui de dos, ne l'avait pas vu arriver.
- Vous êtes resplendissante, je ne vous avez pas reconnu.
Sursautant légèrement en entendant cette voix charmeuse qu'elle connaissait bien, Pepper se retourna, surprise.
- Qu'est ce que vous faites ici ? interrogea-t-elle, visiblement elle aussi ne s'attendait pas à ce qu'il débarque.
- Je fuis les agents du gouvernement, lâcha Tony comme s'il annonçait simplement qu'il pleuvait.
- Et vous êtes venu seul ? demanda presque timidement la jolie rousse.
Sans vraiment faire attention à la question de la jeune femme, il la détailla un peu plus maintenant qu'il était face à elle et enchaina directement, comme s'il n'avait pas été interrompu avec sa phrase précédente.
- D'où sort cette robe ?
- C'est un cadeau d'anniversaire. Le vôtre, en fait.
- J'ai un goût exquis. Vous euh… Tony leva rapidement les yeux, fouillant le fond de la salle qu'il voyait à présent bien mieux. Pas de Steve. Il retint le soupire qu'il avait dans la gorge et se concentra de nouveau sur son assistante. C'était mieux ainsi. Pepper était vraiment là, devant lui, dans sa vie. Il ferait mieux de se focaliser sur cette femme extraordinaire plutôt que sur un fantôme du passé, un souvenir beau mais douloureux, entouré d'une ombre noire mystérieuse qui ne se lèverait probablement jamais. Alors il fit ce qu'il pensait être le mieux.
- Vous dansez ?
OoOoOoOoOoOoOoO
Steve avait hésité. Si Tony l'avait vu alors peut être était-ce le moment de revenir dans sa vie, même si ce n'était qu'en tant qu'ami. Il s'en contenterait. Après tout avant d'être amant, ils avaient bien été amis, alors pourquoi cela ne marcherait pas dans le sens inverse ? Est-ce qu'il essayait de se convaincre lui-même ? Sans aucun doute.
Il avait donc hésité à se montrer et ce fut cette petite hésitation qui changea la donne. Parce que du coup, Tony avait vu Pepper. Et Tony l'avait oublié. Oh pas que c'était vraiment sa faute, après tout, qui n'aurait pas cru à une illusion ou quelque chose du genre à la place de l'ingénieur ? C'était assez énorme pour qu'on refuse d'y croire du premier coup. Alors quand Steve avait vu le regard de l'ingénieur pour la jolie rousse, ce regard attendri, plein de désir et d'affection, un peu le même qu'il accordait autrefois à Steve, ce dernier avait reculé. Il s'était effacé du tableau. Encore. Parce que c'était tout le problème avec le blond : son apparence avait peut être changé mais il lui restait ce profond manque de confiance en soi qu'il trainait depuis toutes ces années comme un boulet de métal lourd et encombrant à la cheville. Alors une fois encore, il pensait que Tony serait mieux sans lui, qu'il serait mieux avec cette jolie jeune femme, qui, si elle n'était que son assistante - oui, Steve avait lu son dossier - pourrait peut être devenir plus. Parce qu'elle connaissait bien le brun, parce qu'elle était toujours là pour lui. Elle était intelligente, belle, et d'après la scène qui venait de se dérouler sous ses yeux, elle avait un faible pour son charmant patron. Et tant pis si le coeur de Steve se serrait à cette idée. Il ne voulait pas interférer. Il ne voulait pas bouleverser Tony. Il ne voulait pas souffrir plus que nécessaire. Non, c'était pour le mieux. Aussi s'éloigna-t-il de la piste, tournant le dos à Tony et ne remarquant donc pas que celui-ci relevait ses yeux une dernière fois pour le chercher.
Rogers fut rejoint rapidement par Coulson qui le ramena au présent.
- Steve ? J'ai terminé, on peut rentrer. Il me semble que tu as une mission dans quelques jours. Autant prendre l'avion pour Washington ce soir afin que tu te prépares.
Secouant légèrement la tête, Steve se concentra de nouveau sur ce qui était important.
- C'est une excellente idée. Rentrons.
OoOoOoOoOoOoOoO
Bon. Et bien, approcher Pepper allait être plus difficile qu'avec toutes ces minettes qui lui faisaient les yeux doux, prêtes à tout pour une nuit dans son lit. Enfin, c'était normal, il s'en était douté : Pepper était loin d'être comme ces femmes. Elle faisait partie de ces personne pleines de bon sens, intelligentes, qui savent se débrouiller et n'ont nullement besoin d'un milliardaire à leur bras pour briller.
- Wouah, Tony Stark !
La voix féminine et Ô combien sarcastique surpris légèrement Tony. Lorsque la jolie blonde, très élégante dans sa robe noire, un châle de soie négligemment posé sur ses bras, le milliardaire savait qu'il la connaissait. Ouais, il avait surement couché avec. Qui était-elle encore ? Ah une journaliste, c'est vrai. Mais quel était son nom ? Ce… Ca… Camille ? Carole ? Par automatisme, il répondit.
- Oh, bonsoir.
- Vous ici, ça alors ! poursuivit la jeune femme alors que le beau milliardaire continuait de la fixer, ses méninges carburants à plein régime pour essayer de retrouver son nom. C'était drôle, il était un génie, pouvait retenir des formules de maths autrement complexes après une seule lecture mais il était incapable de se souvenir du prénom de cette femme.
- Carry ? tenta-t-il tout de même, voyant qu'elle ne disait plus rien, le fixant simplement alors qui pataugeait.
- Christine, le corrigea-t-elle aussitôt, les traits de son visage montrant un peu plus le mépris que lui inspirait Stark.
- C'est ça… essaya de se rattraper Tony, même s'il savait que c'était une bien piètre pirouette.
Christine donc, ne le loupa pas au tournant et dégaina directement.
- Vous êtes vraiment gonflé de venir ici.
Habitué à ce genre d'accusation, même sans vraiment savoir ce qu'il avait fait - après tout 6 fois sur 10, il était coupable mais ne savait pas précisément de quoi -, l'ingénieur fit tout de même une grimace contrite. Cela n'arrêta pas la journaliste qui poursuivit, sévère.
- Vous pouvez me faire part de votre réaction ?
- La panique. Je dirai que la panique est ma réaction, offrit le brun, pas vraiment heureux de la tournure que prenait la discussion.
- Je parlai du rôle qu'à jouer votre entreprise dans cette atrocité, précisa Christine, visiblement pas satisfaite de sa réponse, ses sourcils se fronçant un peu plus, rendant son regard froid et perçant.
- Oui, il n'y avait que mon nom sur l'invitation !
Le sarcasme de Tony ne sembla pas amuser la belle blonde puisqu'elle reprit, son visage se détendant, la colère laissant place à un dégoût profond.
- Dire que j'ai failli tout gober, c'est dingue.
- Oui mais j'ai été absent deux moins, vous semblez l'ignorer, contra Tony, pas vraiment sûr de mériter ces propos. Hé, il n'avait pas fait semblant de s'être kidnapper non plus !
- C'est ça que vous appelez vous justifier ? Elle lui tendit quelques photos, expliquant rapidement. La ville s'appelle Gulmira, vous en avez entendu parler ?
Tony tilta à ce nom, son visage se ferma et ses sourcils se rejoignirent pour clamer sa confusion : le petit village d'Ynsen, mais il se garda de répondre, ses yeux s'abaissant simplement pour parcourir les clichés.
Massacres, mort, désolation. Armes. De Stark Industries. Missile Jericho. Son cœur se serra, c'était quoi ce bordel ?
- Ça a été pris quand ?
Son ton avait perdu toute trace de sarcasme, d'ironie ou même de culpabilité. Il ne savait rien de tout cela et putain il était hors de question qu'on le croit mêler à cette merde !
- Hier matin.
- Je n'ai pas approuvé cet envoi.
- Mais votre entreprise, si.
- Je ne suis pas mon entreprise.
Et achevant ainsi, Tony quitta la salle, se dirigeant d'un pas rageur vers Obadiah dans le but d'avoir une petite discussion. Bordel mais à quoi pensait-il ?! Si son entreprise avait autorisé l'envoi sans son accord, alors son associé était au courant. Et pire, lui avait forcément donné son approbation. Mais pourquoi jouer sur les deux tableaux ? Pourquoi prendre un tel risque ?! Livraient-ils vraiment des armes à des terroristes ? C'est ce qu'il tentait de comprendre alors qu'il s'avançait sur le tapis rouge, les flashs des journalistes et leurs appels incessants en arrière plan. Il fixa Stane avec insistance, attendant sa réponse. Lorsque celui-ci lui demanda de venir faire quelques photos avec lui, Tony crut qu'il aller lui mettre son point dans la figure ! Bordel mais était-ce vraiment le moment pour ces conneries ? Seulement, l'ainé ne lui laissa pas l'occasion de protester, passa un bras sur son épaule et l'entraina d'autorité vers la foule de paparazzis qui s'excitait encore davantage alors que les gardes du corps laissaient finalement le champs libre.
Et alors, dans toute l'hypocrisie que le monde pouvait porter en un seul homme, tapotant dans un geste amicale, presque paternel, son épaule, un sourire aux lèvres, Obadiah lui souffla à l'oreille, bien conscient que le public lui offrait une parfaite protection contre une quelconque réaction du PDG.
- À ton avis, qui t'a écarté ? C'est moi qui est demandé cette injonction contre toi. L'homme chauve s'arrête un instant pour faire quelques sourires aux photographes, alors que le visage de Tony était figé dans une expression d'horreur et de douleur, résultant de cette trahison. Je n'avais pas d'autre moyen de te protéger, acheva son associé en tapotant son épaule avant de s'éloigner, laissant le pauvre Stark figé d'effroi sur les marches vêtues de velours rouge.
OoOoOoOoOoOoOoO
Assis dans son atelier, fixant quelques détails sur le gant de sa toute nouvelle armure, flambant neuve, brillante d'or et de rouge carrosserie, Tony regardait d'un oeil sombre, semblable à un orage monstrueux, l'écran plat qui diffusait les dernières informations concernant la situation à Gulmira. Les terroristes qui l'avaient capturé faisait un carnage, pillant, détruisant, tuant en utilisant ses armes. Le génie sentait la colère bouillir dans ses veines aussi puissamment que les feux d'un volcan. Son corps était tendu, mâchoire contracté, pareil à un félin tapis qui s'apprête à bondir sur sa proie pour l'anéantir d'un simple coup de dents. Non seulement parce qu'il se sentait horriblement responsable mais également parce que sa propre entreprise, son propre associé avait approuvé cet envoi, l'avait trahis. Tony voulait exploser la tête de tous ces terroristes, ces monstres infâmes qui s'en prenaient à des êtres innocents. Putain ! Comment avait il pu être si naïf en construisant ces armes de destruction ?! Le marchant de mort, il méritait entièrement ce surnom ! De rage, il pulvérisa les vitres de son atelier, constatant avec une certaine fierté la puissance des propulseurs de son armure. C'est alors qu'une idée folle apparue dans son cerveau de génie, l'illuminant dans un flash, se développant derrière ses yeux, envahissant tous les recoins de sa pensée avec la puissance et l'aisance d'un tsunami. Il pouvait arranger ça. Il devait arranger ça. C'était son rôle, sa rédemption pour avoir amener ses pauvres gens à cette situation cruelle et injuste. Décidé, l'ingénieur se tourna vers son armure et lança ses directives à Jarvis d'une voix forte et claire, déterminé.
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Le vitesse lui donnait des frissons, l'adrénaline parcourant ses veines comme un volcan, décuplée par la colère qu'il ressentait. Il ne lui fallut pas longtemps pour rejoindre Gulmira avec la vitesse de son armure, c'était plutôt simple. Du ciel, il voyait déjà la fumée noire s'élever des habitations en flammes. En commençant sa descente, il ne pu s'empêcher de faire une comparaison avec une descende au enfer : la montée des hurlements, des coups de feu, les éclairs qui fendaient l'air à chaque tire, les ruines, le désordre perpétuel, et enfin l'odeur de poudre, de cendre, de mort. Son cœur se retourna dans sa poitrine, comme s'il ne voulait pas voir ce spectacle effroyable. Serrant les poings, il accéléra et, Tony Stark étant Tony Stark, il ne put s'empêcher de faire une entrée fracassante, digne des plus grands super-héros de tous les comics qu'il lissait étant enfant.
Et lorsqu'il se redressa, le massacre commença.
D'abord, cet enfoiré qui venait de se détourner de l'homme à genou devant lui pour pointer le canon de son arme non plus sur le front du malheureux mais bien contre cette armure effrayante. Il lâcha une rafale de balles meurtrières sur l'homme de fer qui ricochèrent sans même le blesser. Et avant qu'il n'ait pu comprendre quoi que ce soit, le terroriste se retrouva propulser dans les airs par un coup de point métallique, avant de s'écraser contre une maison déjà en ruine, dans un bruit d'os brisés et le béton qui s'écroule. Puis ce fut au tour d'autres hommes armés qui, guidés par la peur, appuyèrent obstinément sur la gâchette pour mitrailler le rouge et l'or alors que cela n'avait bel et bien aucun effet. Ils se retrouvèrent vite au sol sous les coups des propulseurs. Prêt à continuer, à tous les arrêter, Tony se tourna vers les voix qui hurlaient dans cette langue qu'il ne comprenait pas mais qu'il avait longuement entendu durant sa période de captivité. Mais quand il fit fasse à une rangée d'hommes tenant en joue femmes et enfants dont le visage était déformé par la terreur, il se redressa, abandonnant sa posture offensive et abaissa les mains. Il les fixa un instant de derrière son casque qui lui donnait cet air dur, froid et impitoyable, pendant que ces démons continuaient de menacer les pauvres civils, alors qu'ils pensaient certainement être tirés d'affaire avec cette méthode.
Le génie aurait pu rire de leur bêtise. Utilisant la visée automatique, il verrouilla chacune de ses cibles avant que ne sorte de ses épaules de minis missiles, ressemblant plus à des balles de fusil et en moins de deux secondes, les hommes furent à terre.
Les otages laissèrent leur visage se détendre, leur poumon se remplir d'air à nouveau bien que les mères gardèrent leurs enfants serrés contre elles, comme si la menace pouvait réapparaître en quelques secondes.
Mais Tony n'avait pas le temps de les rassurer ou de s'émouvoir du fils qui tomba dans les bras de son père qui venait d'échapper à une exécution gratuite et cruelle. Non, car cette opération restait illégale et pour cela, il se devait d'être rapide et efficace. Et l'ingénieur voulait encore dire bonjour à un vieil ami. Vieil ami qu'il localisa bien vite : il se dirigea vers un mur de béton qui avait autrefois dû appartenir à une maison complète, et sans plus de cérémonie, passa le poing au travers pour en sortir l'homme bedonnant et infâme qui si cachait. L'un des chefs de cette opération, une sorte de bras droit du grand méchant. Il l'envoya valser aux pieds des habitants qui s'étaient peu à peu rapprocher de leur étrange sauveur.
Avec un dernier regard méprisant qui passa inaperçu derrière son visage de fer, il s'éleva dans les airs, sortit sa phrase badass de super-héros à l'attention des habitants "Je vous le laisse" et s'envola tel un missile supersonique, non s'en un dernier regard vers les corps de ceux qu'il n'avait pas pu sauver, le remplissant un peu plus de culpabilité. Puis il disparu dans les nuages.
Mais pas pour rentrer, non. Il avait d'abord un arsenal ultra perfectionné des Industries Stark à faire exploser. Verrouillant sa cible, prêt à réduire en cendre le missile Jericho qu'il avait mis au point avec en tête bien autre chose que d'en faire cadeau à des terroristes, il s'apprêtait à faire feu quand il fut frapper de plein fouet par le doux impact d'un missile de tank, ce qui l'envoya s'écraser sans grâce dans la poussière. Wouah, ça secouait un peu ! Pas très agréable comme sensation. Et en plus son armure flambant neuve était maintenant toute abîmée, la peinture raillée et noircie, des creux disgracieux cabossants certaines parties de son bébé. Ça y est, Tony était hors de lui. Encore plus que tout à l'heure. Et vu le niveau, il avait douté pouvoir l'être davantage.
Dans un bruit de métal et d'articulations robotiques, le brun se releva, sortant du joli cratère qu'il avait formé dans la terre et les gravats et fit fasse au char d'assaut. Avec une aisance déconcertante, il évita le nouveau missile lançant un regard qui, avec le visage de fer - pardon, d'or et de titane - semblait profondément blasé, vraiment mec ? Tu cherches les emmerdes ou quoi ?
Il leva le bras, visa et tira un missile à peine plus gros qu'un cigare qui alla se loger en quelques secondes contre l'immense monstre de métal. Et dans tout son style et toute sa classe légendaires, Tony se tourna, laissant l'explosion ravager le tank en arrière plan alors qu'il marchait déjà vers les autres armes pour en faire un magnifique feu d'artifice. Son masque rouge et or avec ces deux fentes lumineuses à la place des yeux donnait cet air dur - accentué par les traces noires de cendre sur son front - et pourtant très classe à l'image de ces agents secrets, forts et mystérieux qui se rebellaient seul contre un système qu'ils découvraient en fait pourri jusqu'à la moelle.
Et dans les deux minutes qui suivirent l'immense explosion, il s'était envolé. Laissant derrière lui le feu ravager les armes meurtrières et les meurtriers les utilisant.
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Suite à la réaction de Rhodes lorsque Tony lui avait fait part de sa petite escapade dans sa sublime armure, le génie avait pensé - bien qu'il n'avait pas vraiment eu l'intention de lui dire dans l'immédiat - que Pepper le soutiendrait dans cette mission, ou du moins qu'elle l'approuverait sans vraiment sans mêler, le laissant simplement s'en occupé. C'est pourquoi il avait été horriblement déçu lorsqu'après les longues explications qu'il lui avait fourni pour expliquer les impacts de balles sur son armure - et à l'occasion, son armure elle-même - Pepper avait seulement bégayait un vague « J'ai besoin de temps » avant de se précipiter hors de l'atelier.
Maintenant sous la douche pour se débarrasser de la sueur après ce premier combat et de la tension dans son corps, le brun tentait vainement de repousser ce sentiment de trahison qu'il ressentait bien trop souvent à son goût ces derniers temps. Et bien qu'il savait qu'il ne devait pas le faire, il ne pouvait s'empêcher de comparer la jolie rousse et sa réaction à celle que Steve aurait eu - enfin, la réaction que Tony imaginait qu'il aurait eu. Et bien sûr, une fois de plus le visage de son ancien amant s'imprima encore sur ses paupières. Les deux mains appuyés sur le carrelage, l'ingénieur prit une profonde inspiration pour ne pas se laisser, une fois de plus, submergés par ses souvenirs. Puis ce fut le beau visage fin et gracieux de Pepper qui apparut dans son esprit. Tony savait qu'il éprouvait des sentiments pour sa secrétaire et bien que ceux si n'étaient pas aussi forts que ceux qu'il avait pour son blond, il savait qu'il pourrait construire une relation avec la jeune femme. En fait, Tony était fatigué. Fatigué des coups d'un soir, fatigué de lutter pour ne rien ressentir, fatigué de toutes ces femmes qui ne s'intéressaient qu'à son argent et son nom, fatigué d'attendre Steve qui ne reviendrait pas, jamais. Il voulait passer à autre chose et il voulait le faire avec Pepper. Et il ferait tout pour y parvenir. Mais avant tout, il allait régler cette histoire.
Finalement, une demie heure plus tard, le brun était de retour dans son espace de travail, plus déterminé que jamais, la colère de retour pour faire bouillonner son sang. Pour commencer, il devait réparer son bébé, il en aurait de nouveau besoin très bientôt : il allait trouver ses armes et les détruire. Toutes. Mais pour cela, il devait savoir où elles avaient été vendu. Le tout devait être conserver dans l'ordinateur de son bureau, actuellement occupé par Obadiah, maintenant que ce dernier l'avait écarté. Pour récupérer cela, il aurait besoin d'aide et actuellement, il ne pouvait toujours compter que sur une seule personne.
- Jarvis, demande à Pepper de venir.
- Tout de suite, Monsieur.
Lorsque la jeune femme entra dans l'atelier quelques minutes plus tard, Tony cessa ses réparations par s'approcher d'elle, une table de travail créant une distance entre eux, à l'image de la légère tension qui régnait dans la pièce.
- Vous êtes occupée ? se lança immédiatement le génie. Je peux vous confier une mission ? Allez dans mon bureau, introduisez-vous dans le système, récupérez les dernières pro format d'expédition, voilà une clé électronique pour y accéder. Si jamais c'est pas dans les dossiers d'administrateurs, c'est qu'ils l'ont mis sur un disque dur fantôme. Commencez par les plus petits numéros.
- Je peux savoir ce que vous ferez de ces données si je les récupère ? questionna Pepper qui avait semble-t-il retrouver de sa superbe.
- La routine, claqua l'ingénieur, alors qu'il était de nouveau devant l'un de ses nombreux écrans, pianotant quelques réglages de plus. Ils jouent double jeu et je compte bien y mettre un terme. Je vais retrouver mes armes et les détruire.
- Tony… la jolie rousse eu un rire nerveux et jaune, qui tirait franchement vers le soupire tendu. Vous savez que vous pouvez me demander n'importe quoi… Mais je regrette, je refuse de vous aider si tout cela doit recommencer.
Les mots de Pepper lui firent mal, plus qu'il ne l'aurait avoué. Dos à elle, il sera les mâchoires sous le trop plein d'émotions qui l'envahissaient. En cet instant, il était seul fasse à tous ces problèmes et il essayait de faire les choses bien, les faire justement mais il avait besoin d'un soutien, besoin d'aide. Et la seule personne qui pouvait à présent lui procurer ceci lui tournait le dos. Malgré la petite voix qui lui disait qu'il ne devrait pas faire ça, encore une fois, Tony les compara de nouveau : il était sûr que Steve l'aurait aidé lui. Même s'il aurait sans doute exigé de participer, il ne l'aurait jamais laisser seul dans cette merde.
Oui, mais voilà, Steve l'avait laissé seule il y avait déjà huit longues années de cela. Alors toute cette tristesse, cette rage, cette frustration qu'il avait emmagasiné en lui depuis la disparition soudaine et mystérieuse de son trésor, tout cela se terra dans ces quelques phrases qui sortirent par une volonté qui leur semblait propre alors que le brun ne mesurait pas la portée de ses mots, comme souvent d'ailleurs.
- Je n'ai plus rien, plus rien à part ça.
Toujours de dos, il ne vit pas que cette fois ce fut la mâchoire de Pepper qui se contracta sous la colère et la tristesse, aussi continua-t-il simplement sur sa lancée, sa voix allant crescendo.
- Je n'ai plus de vernissages, plus de gala de charité, plus de papiers à signer ! Il retint de justesse le « plus de Steve » alors qu'il se retournait finalement et tombait sur les traits blessés de sa secrétaire. Mais il ne put s'arrêter. Je n'ai que cette nouvelle mission et rien d'autre.
- Et rien d'autre ? répéta Pepper, son visage devenant soudainement neutre et fermé. Et bien je démissionne, claqua-t-elle en jetant la clé électronique sur la table en métal, produisant un bruit froid et dur, à l'image de sa dernière réplique.
Puis, alors qu'elle se détournait pour sortir, Tony parla de nouveau, n'arrivant pas à accepter cette fin. Il avait déjà perdu Steve et refusait catégoriquement de perdre Pepper. - Vous m'avait approuvé toutes ces années alors que je recueillais les fruits de la destruction, reprocha-t-il, incapable de cacher l'aigreur de sa voix. Et maintenant que je veux protéger les millions de personne que j'ai mis en danger, vous me laisser tomber ?
- Vous allez y laisser la vie, Tony ! Je refuse d'y participer.
Tony n'était pas stupide - bien sûr, c'était carrément un génie ! - il avait bien compris que Pepper s'inquiétait pour lui et il aurait dû en être touché mais il n'avait pas besoin de ça. Il avait besoin d'aide, besoin d'un soutien infaillible. Besoin d'une personne forte et aimante pour couvrir ses arrières et il pensait vraiment que Pepper pourrait être cette personne.
Dépité, se sentant soudainement immensément seul et vide, Tony se laissa tomber sur une chaine, le regard perdu sur le sol gris de son repère.
- À quoi bon être en vie, si on a pas de raison de l'être ? Je ne suis pas fou Pepper, confia le brun en relevant son regard profond pour le plonger dans les yeux de la jeune femme, qu'elle y voit toute sa franchise, sa détermination, celle-ci haletant sous l'intensité de ces deux billes basanées*. Je viens seulement de comprendre quelle est ma mission. Et au fond de moi, je sais qu'elle est juste.
Les yeux dans les yeux, ils se fixèrent un instant avant que la belle rousse ne pousse un soupire avant de revenir vers lui pour reprendre la clé. Lorsqu'elle la saisit, elle souffla, faisait apparaitre un léger sourire plein de tristesse et de reconnaissance sur le visage fatigué de son patron :
- Je n'ai que vous moi aussi.
Après avoir achevé les quelques réparations nécessaires sur son armure, Tony prit une pause en attendant que Jarvis fasse quelques mises au point, termine de télécharger quelques trucs. Et puisqu'il avait quelques heures à tuer, pourquoi ne pas se commander une pizza ? Après tout, même les héros ont besoin de se nourrir ! Remontant jusqu'au salon, il décida d'aller passer un t-shirt plus présentable d'abord - entendez par là qui n'était pas complètement imbibé de sueur - avant de demander à Jarvis de passer commande. Mais alors qu'il allait ordonner à son IA de lui commander une immense pizza avec supplément fromage, une sonnerie qui n'était pas celle de son portable l'arrêta dans ses plans. L'ingénieur suivit le son jusqu'au grand canapé blanc où il souleva les coussins désordonnés pour trouver le petit appareil noir. Un coup d'œil à l'écran lui apprit que ce n'était autre que Pepper qui le joignait. Sans doute avait-elle les infos qu'il lui avait demandé ! Le génie pressa la touche pour prendre l'appel, entendant presque aussitôt le "Tony" de Pepper. Malheureusement, il n'eut pas l'occasion de répondre, un affreux son aigu et bourdonnant s'infiltra par ses tympans pour aller frapper son cerveau, puis l'enlacer comme une chaîne dure et rouillée autour de son prisonnier, le privant de tous ses mouvement dans ce douloureux étau. Il sentit son sang se glaçait dans tous ses membres, et il aurait reconnu ces symptômes n'importe où. Après tout, il était celui qui avait conçu ce petit bijou de technologie. Mais qui avait pu s'en produire alors qu'il n'avait jamais été commercialisé ? Il eut pourtant rapidement la réponse à sa question quand une voix qu'il ne connaissait que trop bien se mit à souffler avec une fausse douceur dans son oreille :
- Respire ! Détend toi, détend toi.
Obadiah apparut alors dans son champ de vision et si Tony avait pu, il aurait fermé les yeux pour échapper à ce cauchemar. Mais il en était incapable et son aîné poursuivit.
- Tu te souviens de cette merveille, hein ? Dommage que le gouvernement n'est pas approuvé, c'est pourtant tellement utile la paralysie à courts termes, hein Tony ? Aaaah... Tony...
Il prit un air faussement désolée comme s'il était sur le point de se confesser, bien que tout sonnait faux dans son attitude, alors qu'il retirait les bouchons qui le protégeaient des ultrasons paralysants.
Et les mots qui vinrent confirmèrent cette hypocrisie : l'homme devant lui était une pourriture de première.
- Quand j'ai... ordonné ton exécution, je me suis demandé si je n'allais pas tuer la poule aux œufs d'or.
Ces paroles brisèrent quelques choses au fond de Tony. À vrai dire, l'ingénieur avait l'habitude des gens qui voulaient profiter de lui, de son nom, de son génie et de sa fortune. Les femmes, les journalistes, les scientifiques, les employés, les hommes d'affaires et même le gouvernement. Il avait rencontré des enflures, des rapaces partout. Même jeune il avait connu cela. C'est pour ça qu'il s'était tant attaché à Steve aux premiers abords. Le gamin frêle n'en avait rien à foutre qu'il puisse lui faire tous ses devoirs en un temps record ou qu'il soit un Stark, héritier d'un fortune inimaginable. Il l'aimait juste pour ce qu'il était vraiment. Juste Tony, un ado délaissé par ses parents, d'une intelligence hors-normes, qui avait juste besoin qu'on l'aime même s'il ne voulait pas l'avouer.
Quand il avait perdu ses parents, le nouvel orphelin qu'il était avait trouvé un père de substitution en Obadiah qui l'avait soutenu, aidé, conseillé pour reprendre l'entreprise, pour se relever après la disparition de son amant. Mais voilà, une fois de plus il était trahis... Obadiah ne le tolérait que parce qu'il lui rapportait gros mais il restait sur son chemin pour accéder au trône de Stark Industries...
- Mais le destin a fait en sorte que tu survives parce que tu avais un dernier œuf d'or à offrir, continua l'horrible homme alors qu'il utilisait cette espèce de ventouse pour extraire de force le réacteur dans une brûlure bien trop douloureuse qui arracha un couinement à Tony, toujours paralysé. Son teint était cadavérique, des cernes noires se creusaient sous ses yeux et sa respiration s'accéléra quelques secondes.
Le brun voyait maintenant avec horreur le petit bout de technologie qui le maintenait en vie hors de sa poitrine, dans les mains de cet enfoiré. Ce dernier se pencha au-dessus de Tony, comme s'il cherchait à créer un rapport de force alors que la paralysie empêchait de toute façon une quelconque égalité.
- Crois-tu réellement que parce que tu as une idée, elle n'appartient qu'à toi ? Ton père a travaillé avec d'autres sur l'atome et la bombe nucléaire. A quoi ressemblerait le monde moderne s'il s'était montré aussi égoïste que toi ?
Dans un geste brusque de la part du salopard qu'il était, le vice président arracha le câble qui reliait encore Tony à sa source vitale, tirant à ce dernier un autre grognement de douleur. D'un certain côté, il semblait au génie qu'on lui retirait son propre coeur. Obadiah, alors qu'il admirait ce qu'il venait de voler, prit place sur le canapé, un bras sur le dossier derrière Tony comme s'il était assis à côté d'un ami cher, ce que le brun avait cru qu'il était, fut un temps.
- Oh, c'est magnifique ! Oh, Tony, c'est ta neuvième symphonie, s'extasia-t-il en brandissant le réacteur comme un véritable trésor. Quelle merveille de technologie ! Voilà ce que tu nous lègues : une nouvelle génération d'armes à feu dotée de ce nouveau coeur qui nous permettra de remettre ce monde sur le droit chemin. L'équilibre des forces entre nos mains, les bonnes mains. Si seulement tu pouvais voir mon prototype, il est loin d'être aussi…d'être aussi timoré que le tien.
Tony aurait voulu hurler. Il ne voulait pas mourir là, léguant au monde encore plus de morts et de misère alors qu'il avait enfin ouvert les yeux et qu'il essayait enfin de réparer les choses. Finalement, dans un dernier soupir comme si tout cela était une plaie pour Obadiah, une épine dans le pied qu'il cherchait à retirer pour se sentir mieux, l'homme chauve rangea le réacteur dans sa manette, se leva et lança en se dirigeant vers la porte, abandonnant le jeune Stark à son sort :
- Dommage qu'il est fallu que tu impliques Pepper, j'aurai préféré lui laisser la vie sauve.
Et il disparu. Le coeur de Tony avec lui.
OoOoOoOoOoOoOoOoO
Lorsque la paralysie se dissipa finalement, l'ingénieur se sentait faible, nauséeux et sa poitrine lui paraissait encore plus lourde qu'avec son réacteur ARK. Il ne savait pas quoi faire, il se trouvait misérable, il ne voulait pas mourir comme ça. Mais il n'avait pas de solution, pas de temps pour construire un autre réacteur, pas la force pour. Une fois de plus, il avait été trahis. Et Obadiah ne s'était pas juste contenté de lui briser le coeur, il le lui avait carrément arraché. Maintenant, il pouvait peut être réellement devenir ce playboy sans coeur que les magazines décrivaient parfois. La pensée lui fit avoir un rire jaune.
Un coeur…
Putain !
Mais oui ! Pepper était la meilleure !
Dans des gestes tremblants et désordonnés, se levant sur des jambes flageolantes, faibles qui provoquèrent des douleurs affreuses dans tout son corps, le brun se dirigea vers son atelier. C'était dur, et il manqua de se ramasser à plusieurs reprises dans les escaliers. Mais finalement il arriva à la porte où, y prenant un instant appui, dans une veine tentative de calmer la souffrance qu'il ressentait, il aperçut ce qui le maintiendrait en vie.
« La preuve que Tony Stark à un cœur »
Il s'élança jusqu'à la table où reposait le cadeau de sa secrétaire mais son corps était à bout de force si bien qu'au bout de quelques pas, il s'écroula. Mais il était hors de question qu'il meurt si prêt du but. Alors il tira sur ses bras, poussa sur ses jambes, rampant avec détermination jusqu'au Graal. Chaque frottement contre le sol dur de son atelier le faisait souffrir mais il se força à continuer, à prendre de légères inspirations mais cela lui arrachait presque les poumons. Et finalement, une fois aux pieds de la table, il tenta de s'appuyer sur une boîte qui trainait là afin de s'élever jusqu'à son objectif. Mais ses membres inférieurs ne répondaient plus, ses bras le lâchaient également et sa tête tournait tellement que sa vision en était trouble. Et avant qu'il ne puisse que toucher la boite en verre, il s'effondra, à bout de souffle et de force. Son corps refusait de lui obéir. Il ne pouvait plus rester allongé là, attendant la mort avec tristesse et amertume. Dégoût. Colère.
Merde…
Il n'arrivait même pas à pleurer tant il se sentait pathétique. Il avait lutté tout ce temps, tout ce chemin jusque là pour échouer si près. Quelle merde ! Il aurait tellement aimé que Pepper soit là. Que Steve soit là. Pendant quelques secondes, Tony ferma les yeux. Il était tellement fatigué. Peut être qu'il pourrait juste abandonner et rejoindre, enfin, son trésor. Cela faisait tant d'années qu'il voulait le revoir, le serrer dans ses bras, l'embrasser, sentir sa chaleur et son parfum le rassurer. Et puis une petite voix mesquine, celle qui chuchotait sans cesse à son oreille et qu'il n'arrivait jamais à faire taire, lui murmura une fois de plus qu'il ne retrouverait jamais Steve. Parce que lui devait à présent profiter d'un repos éternel parmi les anges, or lui, après tout le mal qu'il avait apporter avec ses créations irait sûrement en enfer, brûler pour l'éternité.
Et alors qu'il se sentait partir, un petit bip-bip robotique bien connu retentit et entra dans son champs de vision sa planche de salut !
Levant les yeux vers l'un de ses premiers bébés, un faible sourire étira ses lèvres et il murmura, la fatigue et le soulagement perçant dans sa voix.
- Bien joué, mon vieux.
Puis il éclata le verre au sol pour finalement récupérer son cœur.
Plus tard, quand Rhodes le trouva, Tony était prêt à enfiler son armure et à aller défoncer cette pourriture de Stane.
OoOoOoOoOoOoOoOoO
Steve avait l'impression de rejouer une scène qu'il avait déjà vécu. Au fond de la salle, appuyé contre le mur, bras croisé sur son torse et casquette enfoncée sur sa tête, il faisait profile bas en attendant que la conférence de presse ne commence. Un instant, il repensa aux évènements qui étaient arrivés quelques jours plus tôt.
Il était au camps d'entrainement du Shield quand il avait appris la situation : Tony, en armure, qui se battait contre Obadiah, également en armure, détruisant énormément sur le passage, risquant tous les deux d'y rester. Aussi, l'argent Coulson, sur les lieux à ce moment avait appelé pour avoir des renforts. Et bien évidement, l'agent Rogers avait accouru en se portant volontaire, refusant tout simplement de ne pas courir au secours de son ex-amant. Mais le temps que le jet arrive sur place, le génie Stark avec neutraliser le vice président de Stark Industries. Et comme tout le monde, Steve avait cru qu'il y était resté. C'était d'ailleurs lui qui avait pris en main l'évacuation du brun, qui avait précipité sa conduite au centre médical du Shield*, qui avait pressé les médecins. Et il n'avait finalement respiré que lorsque le brun avait repris conscience, une infirmière lui assurant qu'il n'y avait pas de blessures graves, plus de peur que de mal.
Le blond sortit finalement de sa rêverie lorsque l'homme qu'il aimait monta enfin sur l'estrade pour répondre aux questions. Et si au début, Steve nota qu'il lissait à la perfection son petit discours, il sut exactement ce que Tony allait faire quant il arrêta sa lecture, leva les yeux sur son public et que ses commissures de lèvres se tendirent imperceptiblement. Quand la phrase tomba, déclenchant la zizanie dans la foule, Steve ne fit que sourire, se détournant pour rejoindre la voiture à l'extérieur du bâtiment.
Oui, Tony Stark était Iron Man, nouveau superhéros de son État mais il restait fidèle au Tony qu'il avait toujours connu.
OoOoOoOoOoOoOoO
* j'ai gardé les yeux marrons au lieu des yeux bleus que Tony a dans les comics parce que pour moi, j'associe vraiment Robert Downey Jr au personnage de Stark, je trouve qu'il le joue magnifiquement bien!
* je ne savais pas trop où aurait pu être soigné Tony mais j'ai vite écarté l'hôpital et me suis dit qu'il était possible que le Shield s'en soit chargé.
Merci d'avoir lu le chapitre, merci mille fois à ceux qui me suivent, me laissent des reviews et m'encouragent à continuer. J'espère que vous avez aimer et que vous serez là pour la suite. Je ne sais pas quand je la posterai mais je le ferai !
Des bisous à tous !
