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Je n'ai pas de date de publication du prochain chapitre, mais je ferai le plus rapidement possible !

Bonne lecture !

Chapitre 08 – La Roue a commencé à tourner.


En ce dernier vendredi avant les cours congés d'automne, les élèves avaient autre chose en tête que leurs cours, même s'ils étaient en cinquième ou pire, septième. En effet, Halloween avait toujours été un évènement parmi la population d'Hogwarts mais depuis que le bruit courrait qu'Erèbe Thanatos était celui qui supervisait la fête, jamais on n'avait eu autant d'impatience avant un festin !

En l'occurrence, Erèbe devait supporter les murmures enthousiastes et les demandes plus ou moins discrètes de ce qu'il préparait. Organiser le banquet n'était pas le plus compliqué, et s'il n'aimait pas ça, Erèbe pouvait au moins se targuer d'être plutôt bon à ça. Cependant, là où la punition était vraiment agaçante, c'était les commérages et autres gloussements de dindes et dindons surexcités qui le suivaient jour après jour.

Il était proche de la crise de nerf.

Heureusement, la présence calme et apaisante de Severus l'aidait à ne pas casser toutes ses plumes en deux. Etrangement, à l'instar de Narcissa, Lily et Regulus, sa magie avait un effet très relaxant sur la sienne, la domptant légèrement. Erèbe profitait de ce cours de Métamorphose (basé sur le principe de « Quels effet négatifs peut avoir la métamorphose humaine et comment s'en protéger ») pour questionner son… Ami. Questions et réponses s'enchaînaient, sans que les deux ne relèvent le nez de leurs feuilles de cours.

« Que penses-tu de la guerre qui se prépare ? »

« Qu'elle est inquiétante. »

« Quel rôle voudrais-tu y avoir ? »

« Aucun, si possible. »

« Que penses-tu de Dumbledore ? »

« Que c'est un fou inoffensif ou presque. »

« Et de Voldemort ? »

« Que c'est un fou dangereux. »

« Lequel des deux choisirais-tu ? »

« Aucun ne me convient. »

« Et si je te demandais de me suivre, le ferais-tu ? »

Silence.

« Oui. »

Le professeur McGonagall leur ordonna soudain de se taire et de se concentrer sur le cours. Erèbe sourit, heureux d'avoir pu convaincre Severus de se ranger à ses côtés.


« Non pas ici ! Les citrouilles sont de ce côté ! Et qui a mis une chauve-souris géante ? Je vous avais dit de les garder pour le final ! » Criait- Erèbe. Il marmonna « Stupides créatures ! » pour la forme, puis recommença à donner des ordres à droite et à gauche, perché qu'il était sur le lustre de la Grande Salle, sa voix amplifiée par un Sonorus.

« Toi là ! Fais attention aux bougies ! Tu vas les faire tomber ! »

Les élèves punis n'avaient pas le droit à la magie, sauf Erèbe pour surveiller ses esclaves (comme marmonnaient beaucoup de châtiés). Il s'était élevé d'un Wingardium Leviosa et depuis, restait des heures à surveiller la salle et ses recoins. S'il n'aimait pas organiser des fêtes, celle-ci lui faisait étrangement plaisir, car il n'avait pas vraiment à participer aux préparations, juste à les superviser.

« Erèbe ! Descend de là s'il te plaît ! J'ai quelque chose pour toi ! »

Erèbe baissa le regard et croisa celui d'Hermione, affublée d'un livre – comme toujours ou presque. Aussitôt, il sauta élégamment de son perchoir et se réceptionna grâce à un sort que la fille, effrayée à l'idée qu'il se fasse mal, avait jeté à toute vitesse.

« Merci. »

« Tu aurais pu faire attention ! C'est dangereux tu sais ! » Le gronda Hermione, sans toutefois insister, par peur de le braquer.

« Qu'as-tu pour moi qui nécessite mon attention ? » Demanda-t-il, balayant ses inquiétudes d'un geste de main.

« J'ai trouvé un sortilège qui me fait étrangement pensé à celui qui tu m'as décrit… Celui qui nous aurait amené ici. »

Erèbe se figea et fixa Hermione, comme s'il ne pouvait la croire. Il ne pensait pas que la bibliothèque d'Hogwarts soit suffisamment fournie pour qu'elle réussisse à trouver le sort. Lorsqu'elle lui avait demandé s'il avait une idée de ce qui avait pu les transporter dans cette époque, il lui avait vaguement parlé de la voix désincarnée qu'il avait entendu, alors qu'il hurlait son désespoir. Elle lui avait assuré qu'elle trouverait ce que ça signifiait, mais il ne l'avait pas cru, ses préjugés l'emportant sur l'amitié – récente qui plus est – qu'il portait à l'adolescente.

« Vraiment ? Montre-moi ! Mais pas ici, les murs ont des yeux et des oreilles. Je ne peux pas quitter la Grande Salle tant que dure ma punition, mais rejoins-moi avec Ronald et Ginevra dans la Salle-Sur-Demande. J'y serai. »

« Très bien » Acquiesça-t-elle.

Il fallait maintenant éviter que d'autres personnes ne les suivent.

Car Regulus était très intrigué par ce qu'il venait d'entendre, lui qui venait parler à Erèbe de son… Affection pour Ginevra. Il se promit de voir quels secrets ce leader si sombre et torturé cachait… Surtout si cela concernait également la belle rousse.


« Alors ? » Demanda Ginevra en entrant dans la salle.

« Eh bien, je ne connais pas cette magie mais peut-être que toi si… Tu es Erèbe après tout. » Dit Hermione en lui tendant le livre, ouvert à la bonne page.

Elle tapota le paragraphe concerné, puis s'éloigna et le laissa lire en paix. Ronald se trémoussa un peu, inquiet de ce qu'ils allaient découvrir. Erèbe se conduisait d'une manière très désinvolte, ne se souciant pas du futur qu'ils pourraient changer par leur présence. Ginevra et Hermione avaient dit que ça n'avait pas d'importance, que le futur ne pouvait être pire, mais le roux avait du mal à se laisser aller.

La discrétion était la meilleure technique à adopter.

« Hm… Etrange… » Marmonna le Prince en tournant la page. « Je n'aurai pas cru… »

Dix minutes passèrent ainsi, au rythme des murmures d'Erèbe qui lisait attentivement les sorts et les annotations qui allaient avec.

« J'ai trouvé ! » Dit-il finalement.

Il posa le livre sur un pupitre apparu de nulle part et désigna à ses amis l'incantation responsable de leur envoi dans le passé.

En ce jour en cette heure

J'invoque les pouvoirs supérieurs

Que par ma seule volonté

Cet instant soit effacé

Aujourd'hui Dieux Anciens

Que ce temps qui est mien

Ne soit que souvenir enfoui

Obéissez à mon cri

En ce jour en cette heure

J'invoque les pouvoirs supérieurs

Que cette destinée qui est mienne

Fasse disparaître cette haine

J'interromps le cours du temps

Pour retrouver d'anciens vivants

Par ma mémoire ancestrale

J'ordonne le Chaos abyssal

Déchaîne-toi en ce lieu

Aussi puissant que nos Dieux

« C'est ça que tu as entendu ? » S'exclama Ginevra.

« Oui, à peu de choses près. Cet enchantement n'est pas utilisable par n'importe qui. Il faut une magie spéciale pour y faire appel. La Magie de Chronos. La Magie du Temps. Les derniers vers que j'ai entendu était « Aujourd'hui le Prince de l'Ombre, Annonce la fin de l'hécatombe ». Celui qui a usé de ce sort a voulu me faire croire que c'était ma magie, ou notre Magie qui avait les rênes. On m'a manipulé. »

Un silence s'installa, vite brisé par Ronald.

« En… En quoi est-elle spéciale ? »

« N'est pas Mage du Temps qui veut. Le dernier que j'ai connu est mort il y a presque deux mille ans. Le Temps est l'exact opposé de Gaia, notre Magie. La Nature ne peut pas modifier ou inverser le cours du temps. C'est contraire à ses lois. Chronos et sa magie le peuvent eux. Mais à un prix défiant l'imagination. De plus, ce sortilège a drainé ma magie, ce qui veut dire qu'il ou elle est suffisamment doué(e) pour que la Magie n'ait pas repéré Chronos… Ou l'ait laissé faire. » Expliqua Erèbe.

« Oh… D'accord. Mais y a-t-il des effets que nous ignorons ? Effets papillons, paradoxes temporels… » Demanda Hermione, inquiète.

« Non. Ce sort agit comme le ciseau des Moires. Il coupe le fil du temps de toute la dimension après avoir transporté des personnes, choisies par son enchanteur, dans le passé. Il n'y a plus de futur. Si Ginevra ou Ronald rencontraient Ginny et Ron Weasley, il n'y aurait aucun évènement particulier. De même nous pourrions tout avouer à Lily, Severus, Narcissa et même à Potter et sa clique que nous sommes des voyageurs du temps, que je suis le Prince de l'Ombre, que Ginevra est une créature magique, que mon corps actuel est celui d'Harry Potter le fils de Lily et James Potter… Sans qu'il n'y ait de conséquence grave. A part bien sûr un enfermement dans la section psychiatrie de St Mungo pour déficience mentale s'ils ne nous croyaient pas… N'est-ce pas, Regulus et Lupin ? »


Remus, en voyant l'air agité de Regulus Black (pas qu'il regardât beaucoup le Slytherin, mais Narcissa Black, jeune fille naturelle et très jolie, était assise à côté de lui) au dîner, s'était douté qu'il y avait quelque chose qui clochait. C'était évident, sinon, pourquoi l'héritier de la très Noble et Ancienne Maison des Black aurait renoncé à son air impassible et pur ? Il avait hésité à en parler à James et Sirius (après tout, il était le frère de Sirius, quoi qu'en dise ce dernier) mais en constatant leur air renfrogné et le regard mauvais qu'ils portaient à la table aux couleurs vert et argent Il avait été convaincu que ce ne serait pas une bonne idée. Restait Peter, mais le jeune homme faisait bande à part depuis quelque temps, et actuellement, il discutait herbologie avec Franck Longbottom, matière qui les passionnait tous les deux.

Impossible d'en tirer quoi que ce soit donc.

Le loup-garou soupira. Il était de plus en plus seul. La pleine lune approchait, et il ne savait absolument pas si James et Sirius allaient l'abandonner pour la première fois depuis qu'ils étaient animagi. L'incertitude le rendait morose. Peter était trop petit pour protéger d'éventuels promeneurs dans le parc. Ils ne pourraient donc pas sortir…

Regulus se leva et adressa quelques mots à Narcissa avant de partir de la salle. Sur un coup de tête et lassé de son inaction, Remus se leva lui aussi et partit à sa suite, dans la vague idée de le suivre.

Il ne le regretta pas au vu des informations qu'il apprit cette soirée-là.


Un silence désagréable régnait dans la salle et une étrange lourdeur flottait. Regulus sortit de sa cachette, étonnamment suivi de Remus Lupin. Il n'avait pas remarqué qu'il était suivi et se lamenta intérieurement d'avoir mis en danger les secrets de Ginevra et Erèbe. Sa mère l'aurait fustigé d'avoir été si inconscient… Enfin, ce qu'elle ne savait pas ne pouvait lui faire de mal.

« Vous êtes… Des voyageurs du temps ? » Finit-il par demander, voyant que les quatre amis ne prendraient pas la parole en premiers.

Il fixa Ginevra un court instant. Si elle devait repartir, comment allait-il faire ?

« Effectivement » Acquiesça Erèbe, observant attentivement sa Protégée et son jeune ami.

Se pouvait-il que Ginevra ait déjà rencontré une autre de ses âmes-sœurs ? Le voyage avait très certainement perturbé les liens d'âmes et malheureusement, son lien avec la magie coupé, il ne pouvait les voir pour le vérifier. Néanmoins, en sentant l'alchimie qui les liait, il se dit qu'il n'avait pas besoin de ça pour comprendre qu'ils étaient faits l'un pour l'autre. Surtout sachant que Draco ne naitrait jamais, son père mort par ses soins.

« Notre aventure est plus longue et plus complexe que celle que vous connaissez… » Murmura Hermione, serrant son moignon. Erèbe se promit de lui rendre son bras quand il aurait enfin tous ses pouvoirs… A moins de demander à Elerinna. Les Elfes Blancs étaient très doués en soins. Ronald prit sa fiancée dans ses bras, la réconfortant.

« J'aimerais juste savoir une chose : le professeur Dumbledore est-il au courant ? Et les autres professeurs ? »

« Dumbledore l'est oui. » Affirma Ginevra, avec un mépris visible pour son directeur. « Pour les autres, non. Personne ne le sait. Nous savons cacher un secret. »

Et cette nuit-là, à quelques jours d'Halloween, Remus Lupin et Regulus Black apprirent la vérité.

Toute la vérité.


Erèbe sourit en voyant les airs un peu… Troublés de Lupin et Regulus. Il avait deviné que le jeune Black les suivrait : il aimait beaucoup Ginevra après tout. Cependant, il n'aurait pas pensé mettre aussi au courant l'un des Maraudeurs. Ils étaient ses ennemis. En ce qui concernait Potter et Black en tout cas.

« Wow… Je devrai donc mourir peu après ma sortie d'Hogwarts et Sirius… Sirius va passer douze ans en prison, deux ans en cavale pour finir par mourir tué par notre cousine Bellatrix ? » Récapitula Regulus.

Erèbe grimaça. Oui, la pilule devait être un peu dure à avaler.

« Mère a dû en mourir de chagrin… Même si elle n'est pas très démonstrative, elle nous aime. Tous les deux. »

Remus Lupin ouvrit la bouche, semblant vouloir dire quelque chose, mais l'air convaincu de Regulus le poussa à garder le silence. Sirius n'avait jamais réellement dit qu'il était maltraité, juste qu'il était parti pour ne pas rejoindre les Deatheaters, et parce qu'il ne partageait pas les mêmes idées que ses parents sur les Sang-purs.

« Je te comprends. » Dit Erèbe, avec un léger sourire. « Ma mère non plus n'était pas très affectueuse… Pour autant, je savais qu'elle m'aimait… Bien plus que mon père. » Il finit sa phrase d'un air songeur, inconscient du regard étonné de Ginevra sur lui.

Il n'avait jamais parlé de sa famille ainsi.

En fait, il n'avait jamais parlé de sa première vie.

De ce qu'elle savait, il avait été un vampire, et, lors de cette vie, la plus longue qu'il ait vécue, il avait été le Prince des Vampires, puis peu à peu, avait rassemblé les Créatures Sombres sous son joug. Marie lui avait confié, avec réticence, que son caractère était bien plus dur et sombre que ce qu'il était actuellement… Ce qui n'était pas peu dire.

Il méritait ce surnom de monstre et la crainte que son nom apportait ne venait pas du néant.

Mais elle n'avait jamais entendu parler de la mère d'Erèbe. Et elle se demandait qui était cette femme, à quoi elle ressemblait… Et ce qu'elle était devenue.


« Vous m'avez demandé mère ? » Demanda Erèbe en soulevant le lourd tissu sombre qui servait de porte à la pièce préférée de sa mère.

Ils se trouvaient en haut de la tour la plus haute de la ville, dans la « cachette » de Victoria, la mère du futur Prince de l'Ombre. La pièce était petite et ronde, son sol était tapissé de tapis rouges et blancs, ses murs, recouverts de divers peintures que Victoria peignait lorsqu'elle Voyait.

Car Victoria avait le Don. La Vue.

Elle possédait le pouvoir de deviner un futur plus ou moins lointain. Rares étaient les créatures ayant ce don, principalement car il fallait de nombreuses conditions pour pouvoir l'obtenir. Ce n'était pas pour rien qu'on appelait Victoria, la Cassandre, dans sa jeunesse.

Elle ne prédisait qu'un futur sombre.

Plus ses visions étaient précises, plus elles montraient un avenir tragique. Victoria, au début, s'en accommodait. Avec difficulté, certes. Mais elle réussissait à passer outre, principalement car elle était amoureuse, et parce qu'elle attendait son fils.

Et puis, l'amour avait disparu et son fils s'était éloigné d'elle.

Obnubilé par Aither.

« En effet, mon fils. J'ai à te parler de toi et… Aither. »

Erèbe se tendit légèrement. Il avait toujours redouté de mettre, volontairement ou non, ses parents au courant de la relation ambiguë et étrange qui le liait à son frère adoptif. Cousin de surcroit. Ce côté malsain de l'amour que lui portait Aither l'avait toujours rebuté, et il savait que son père ferait exécuter Aither sur le champ s'il savait. Déjà qu'il ne l'appréciait guère…

« Connais-tu l'arbre généalogique de ta famille paternelle ? »

Erèbe sursauta. En voilà une bien étrange question.

« … Oui, évidemment. Père s'en est assuré dès que j'ai eu l'âge de comprendre ce que le mot famille voulait dire. »

Il y avait une légère trace de ressentiment dans sa voix, en parlant de ce père qui ne lui laissait pas le loisir d'avoir une enfance. Quand il voyait Aither et son enthousiasme à aller au-devant du danger, à rire et à sortir avec ses amis, Erèbe était un peu jaloux. Autant d'Aither que de ses amis d'ailleurs.

« Bien. Donc tu sais qu'Aither est le fils du frère de ton père, ton oncle Laïus et de sa femme, ta tante Agrippa. »

« Oui, en effet. » Une goutte de sueur froide coula le long de son dos. Savait-elle ?

« C'est faux. »

Silence.

« Pardon ? » Erèbe se retint de lancer une onomatopée qui aurait fait mauvais effet.

« Aither n'est pas né de l'union de ton oncle et ta tante. Agrippa me l'a confié peu avant sa mort. Elle… Elle a rencontré un homme, recherché dans tous les Enfers. L'a hébergé – cette femme a toujours eu trop de compassion pour son bien – et disons qu'il lui a payé ce service en nature. » Expliqua Victoria d'un air pincé.

Le jeune prince n'en revenait tout simplement pas. Agrippa, sa tante si silencieuse et prude, un amant ?

« Cet homme était au service de Chronos. »

« Au… Au service… De qui ? » Balbutia Erèbe, éberlué.

« Chronos, le Seigneur du Temps. Les centaures l'appellent Pluton. Tu connais la Magie du Temps bien sûr ? »

« Oui. L'opposée de notre Mère Gaïa, est la Magie de l'éternité, de l'inchangé et de ce qui restera figé. L'on dit que c'est une alliance entre lui et Gaïa qui a permis d'enfermer Typhon, le Cataclysme. »

« Bien. » Acquiesça Victoria d'un air absent. Elle se sentait partir, savait que son Don l'appelait. Mais elle devait finir de parler à son fils, avant que la Vision ne s'engouffre dans son esprit.

« Mais je ne vois pas en quoi… » Commença Erèbe, incertain.

« Aither le sera aussi. Son sang de demi-vampire ne l'empêchera certainement pas de céder à la tentation d'avoir une magie… « Spéciale ». Je le connais Erèbe. Je sais quel est son tempérament. »

« Mais en quoi est-ce une mauvaise chose ? Si Aither doit devenir Mage du Temps… » Erèbe ne voyait toujours pas où était le problème.

« Le Pacte avec Chronos exige de nombreux sacrifices Erèbe. Et crois-moi, tu ne veux pas qu'Aither les fasse. Alors, je t'en conjure mon fils, veille sur lui. Protège-le avec cet amour si grand que tu lui portes. »

Erèbe rougit violemment.

« Ainsi vous saviez… »

« Tu ne pourras jamais rien me cacher Erèbe. Jamais. » Pour la première fois depuis le début de leur entretien, Victoria sourit à son unique enfant. « Soyez heureux. »

« Merci mère. »

Une voix les interrompit soudain, faisant rire doucement la Reine des Vampires.

« Erèbe ! Tu viens ? »

Erèbe soupira en constatant que le manque de tenue d'Aither ne s'était pas arrangé, malgré les missions diplomates que son père ne cessait de lui confier, pour l'assagir un peu. Il se retourna pour lui faire les gros yeux, même si son sourire tendre diminuait leur effet. Cependant, Aither avait les yeux écarquillés, et semblait positivement affolé. Erèbe se retourna brutalement, vers le point qu'il fixait.

Il se figea.

Sa mère avait une Vision. Non.

Pire. Elle faisait une Prophétie.

« Mère ! Calmez-vous ! MÈRE ! »

Victoria respirait laborieusement. Bouche ouverte, haletante, ses yeux bleus fixaient un point imaginaire sur le sol, comme si le tapis pouvait l'aider à se sortir du carnage qu'elle observait. Ses longs cheveux noirs qu'elle avait légués à son fils lui obscurcissaient la vue. Elle releva la tête et observa tour à tour son fils et Aither. L'âme-sœur de son enfant.

Pourquoi Gaïa devait-elle être aussi cruelle ?

Elle inspira lentement, serrant sa poitrine avec force. Puis elle se redressa de toute sa haute taille, son regard se levant vers le plafond, où elle espérait trouver une réponse de la Magie. Mais rien ne vint. Le futur lui avait été dévoilé. Tout le futur.

Et elle n'en faisait pas partie.

Elle jeta un dernier regard à son fils, lui souriant tristement. Quelle épreuve cela serait. Mais elle ne pouvait rien y faire. Le destin, la fatalité était ainsi.

A partir du moment où il avait accepté Aither, la roue avait commencé à tourner.

« Je suis désolée mon fils. »

Elle sauta de la tour.


Fin du Chapitre

HAHA ! Voilà dévoilé un moment important de la vie d'Erèbe (la première partie tout du moins, parce qu'il y aura sa réaction au suicide de sa mère aussi...). Pas le plus important, mais bon...

Encore désolée de vous laisser mariner autant, la 1ère est définitivement prenante. Dans le pire des cas, je publierai éventuellement des extraits du prochain chapitre (histoire de me faire haïr un peu plus...). Bon, histoire de vous rassurer : j'ai quand même déjà écrit une demi-douzaine de pages du prochain chapitre.

Kiss

Asuka Tanku