JOYEUX ANNIVERSAIRE SARAH M !

Ce chapitre est pour toi. C'est un peu bizarre d'offrirà la reine du M un chapitre sans M … mais qui sait, peut être dans le prochain chapitre ? Whouhou … Révélation !

Et merci à ma nouvelle correctrice, relectrice, inspiratrice, et plein d'autre truc en « ice ». ^^ -Le coup des cheveux m'a beaucoup fait rire. J'ai bien aimé le « bin non Lucie ! »- XD

Bon j'arrête là pour aujourd'hui et je vous laisse lire.

Chapitre … je sais plus le numéro

Kate sentit l'eau recouvrir son visage et descendre par petits filets jusqu'à son cou. La fraîcheur du liquide fit frissonner sa peau et la sensation, surprenante et agréable, lui fit ouvrir les yeux. Le dos contre le sol dur, inconfortable mais à l'abri de la rivière, Kate émergea du brouillard. Elle s'assit et passa ses mains sur son visage, chassant les gouttes qui encombraient ses yeux et chatouillaient sa nuque.

La lumière qui frappait les parois rocheuses autour d'elle, leur donnait une couleur dorée presque divine. A côté d'elle était accroupit un jeune garçon. Il était si jeune que Kate fut quelques secondes chamboulée de se trouver face à autant d'innocence. Voilà un bon moment qu'elle côtoyait la violence et la stupidité adulte, se plonger dans le regard d'un ange lui fit donc le plus grand bien.

L'or et l'ange lui firent croire pendant quelques minutes avoir quitté ce monde. Terrassée par la fatigue elle aurait fini là, inerte au près d'une rivière :

« Ainsi fini Katherine Beckett, héroïne sans gloire, reine de la fuite, impératrice de l'échec. »

Mais alors qu'elle allait commencer à pleurer sur son propre sort, elle sentit tout son corps s'éveiller à la douleur. Chaque parcelle de son être semblait meurtrie : ses pieds avaient trop marché, son dos avait trop rencontré la dureté du sol, ses mains avaient trop frappé, sa tête avait trop pensé et son cœur avait trop aimé … Chaque cicatrice, qu'elle soit totalement refermée ou non, lui tirait la peau et l'esprit.

Au moins si elle avait mal c'est qu'elle était en vie. Et si elle était en vie, alors Castle aussi ! …

Elle voulut se lever mais avant qu'elle n'ait pu faire le moindre mouvement une main frêle la retint par l'épaule et elle rencontra de nouveau le visage du jeune garçon. Celui-ci lui parla sans qu'elle ne le comprenne. Il était penché sur son oreille abîmée et parlait une drôle de langue. Voulant lui expliquer qu'elle devait partir à la recherche de son compagnon, elle tendit une main en direction approximative de l'endroit d'où elle venait.

Le jeune homme sembla comprendre et lui sourit en continuant à lui parler. Il lui désigna un groupe d'homme qui approchait. Ils avaient retrouvé Rick et arrivaient à leur hauteur en portant l'écrivain. Celui-ci était dans un piteux état. Les porteurs continuèrent leur chemin et passèrent devant Kate et le jeune garçon en hurlant des ordres à ce dernier. Ils étaient visiblement pressés.

Le jeune garçon se retourna vers Kate et la saisit sous l'aisselle pour lui intimer l'ordre de se lever. Elle le fit sans grand problème mais peina dans les premiers pas. Elle chancela jusqu'à sentir son bras recouvrir l'épaule de son ange gardien qui lui sourit une nouvelle fois avant de l'aider à avancer vers une destination inconnue.

Leur marche ne dura pas longtemps. Ils longèrent la rivière jusqu'à ce qu'elle devienne trop large pour être traversée à pied. Le canyon aussi s'élargissait si bien que la lumière perçait beaucoup plus. Les parois de celui-ci étaient également beaucoup moins abruptes si bien que la végétation commençait à investir les parties basses proches de la rivière. Une végétation rase d'abord fit bientôt place à un véritable oasis de verdure. De hautes plantes robustes côtoyaient des arbustes piquants. Les odeurs, mélange de fleurs, de plantes grasses et de terre mouillée, vinrent chatouiller les narines de notre détective qui venait de pénétrer dans ce qui devait être le plus bel endroit du monde. Elle avait quitté le sol aride et dépourvu de vie du désert pour découvrir ce qui était sûrement la maison d'un dieu.

Ils avancèrent encore dans cette végétation en suivant la rivière jusqu'à commencer à rencontrer des zones agricoles. Ils débouchèrent sur un chemin de terre aménagé le long de la rivière aux eaux transparentes. Tout autour, des canaux recouverts de plaques d'argile, qui évitaient l'évaporation, entouraient des petites parcelles aux couleurs multiples. L''ensemble était calme. Des hommes, penchés vers le sol, travaillaient à leur ouvrage levant à peine la tête à leur passage.

Kate quitta des yeux le paysage qui s'étendait sur les bords de la rivière pour le porter plus loin devant elle. Elle fut éblouie par ce qu'elle voyait. Sur la pente de la montagne, un village recouvert de lumière, s'élevait vers le ciel. Un nombre incalculable de constructions en terres, pierre et bois issu des grands palmiers formait un ensemble incohérent de superposition. Au pied du village la rivière, source de vie, continuait son chemin sans se préoccuper des hommes. Elle était surplombée d'un pont qui menait de l'autre coté de l'étendue transparente où d'autres zones agricoles avaient été aménagées. Castle allait aimer cet endroit, c'était certain.

Ils arrivèrent assez vite au pied des premières maisons. Ils furent vite rejoins par une horde d'enfants et d'adultes curieux de voir de nouveaux arrivants. Kate fut soutenue par un second homme qui la porta à moitié le long des ruelles de terre et les escaliers de pierres du village. Les ruelles étroites et fraîches dégageaient un parfum de terre froide. Kate n'avait plus chaud, elle était bien. Ils arrivèrent finalement à mi-hauteur du village et entrèrent dans une maison qui donnait sur une extrémité de celui-ci, en direction de l'amont de la rivière.

A l'intérieur, la température était encore plus agréable. Kate fut accompagnée vers une chaise qui reposait contre un mur pendant que Rick était allongé sur la table au centre de la salle principale. Les murs de terres étaient percés de rangement dans lesquels s'entassaient des pots, boîtes et fioles en verre. L'endroit était joli. Peu décoré mais accueillant on s'y sentait bien.

Une femme d'une cinquantaine d'années arriva et parla avant d'aller fermer la porte en bois de sa maison, derrière laquelle la moitié du village attendait de voir les étrangers. Elle continua de parler en s'approchant de Rick. Elle demandait sûrement toutes les informations qu'elle pouvait avoir aux jeunes gens qui les avaient trouvés. Elle saisit finalement la main de Castle pour y voir la morsure du serpent. Elle l'étudia soigneusement et passa une main sur son front. Celui-ci était dans un mauvais état. De son visage avait déserté toute couleur, sa chemise était trempée de sueur et ses sursauts ainsi que ses lamentations montraient bien qu'il souffrait.

La femme se retourna et parti en direction d'une autre pièce avant de revenir avec une boîte en métal au sceau de la Croix Rouge. Elle l'ouvrit et en sorti une seringue et un médicament. Elle demanda à ce qu'on maintient bien Rick sur la table avant de plonger l'aiguille dans le flacon d'antipoison. La chose faite, elle s'avança vers son patient. Kate réagit et voulut savoir ce que cette femme allait faire. Elle essaya de se lever pour intervenir mais une femme dont elle n'avait pas remarqué la présence lui appuya gentiment sur son épaule douloureuse pour lui demander de rester assise. Le lieutenant s'exécuta, de toute façon elle n'avait pas d'autre choix.

La vieille femme qui devait être une sorte de médecin reposa la seringue vide dans la boite en métal. Elle posa sa main sur le front de Rick avant de se pencher vers lui pour lui murmurer une chose que Kate n'entendit pas. Puis elle s'éloigna de son patient en faisant un signe de la tête aux hommes présents dans la salle. Ceux-ci passèrent autour de Rick et le soulevèrent pour l'amener en direction d'un escalier. Kate voulu une nouvelle fois protester mais déjà la femme médecin était à sa hauteur.

« Pas d'inquiétude. Il est Ok, il dormir. » Lui dit elle.

Son anglais approximatif réconforta Kate. Visiblement cette femme était instruite. Et puis son sourire était réconfortant.

Elle observa Kate et passa une main sur son visage, longeant tendrement chaque trait comme le ferait une mère. Cette sensation renversa le cœur du lieutenant de police qui se revit une vingtaine d'années plus tôt après une chute. Sa mère presque aussi terrifiée qu'elle, avait couru dans sa direction et l'avait prise dans ses bras. Elle lui avait caressé le visage de la même manière que la vieille femme le faisait à cette minute, autant pour vérifier que ses égratignures n'étaient pas importantes, que pour lui murmurer que tout allait bien, qu'elle était là près d'elle. Savourant ce moment passé, enivrée par la fatigue et le manque de nourriture, Kate ne vit pas la femme passer à côté d'elle. Elle ne le réalisa que lorsqu'elle sentit la femme appuyer sur son épaule droite.

Kate avait presque oublié le pansement que Rick avait fait sur son épaule. La douleur était tellement présente qu'elle s'y était presque habituée. Le pansement avait été malmené par les derniers événements et le passage dans la rivière, si bien qu'il ne ressemblait plus à grand chose. La femme fit signe à Kate de se lever et de venir s'asseoir sur le banc, près de la table.

Elle fit sortir les hommes de la maison alors que ceux-ci venaient juste de redescendre sans Rick. Puis elle ôta le Tee-shirt de Kate pour examiner la blessure. Elle retira le pansement à moitié arraché. Celui-ci s'était lié à la chair, ce qui tira quelques plaintes de la part de notre lieutenant lorsque la femme tira pour lui ôter.

Puis Kate sentit qu'on nettoyait autour de la plaie avec de l'eau fraîche ce qui lui fit un bien fou. Elle eu l'impression qu'on lui retirait 10 cm de crasse sur le dos. Le soin prit fin quelques minutes après, le temps que le « médecin » aille chercher une boite en plastic dont elle ôta le couvercle. Cette femme était décidément bien équipée en matériel médical ce qui signifiait qu'elle avait accès à la civilisation. Notre lieutenant nota cela dans un coin de sa tête. Une pointe vint s'introduire dans l'épaule de Kate juste au-dessus de sa blessure. Elle sentit immédiatement une chaleur envahir son épaule et plus rien. La douleur s'estompa totalement ce qui tira un soupir de bien-être à la jeune femme. Dieu bénisse les anesthésiants !

Kate se répéta cette phrase lorsqu'elle vit, posé devant elle, un kit médical de suture. L'opération ne dura pas plus de quelques minutes mais bien que protégée de la douleur, Kate sentit chaque passage du fil dans sa peau. Elle compta sept points. La blessure ne devait pas être si petite que ça. La vieille femme se leva et sourit à Kate qui desserra enfin son emprise de la table en bois qu'elle maltraitait depuis le début de l'opération. Elle prit le temps de souffler. Pour la première fois depuis deux jours elle détendit ses muscles.

Un nouveau passage de la vielle femme devant elle et Kate pu boire un verre d'eau tiède et manger une galette de céréales. Elle aurait voulu beaucoup plus mais déjà son ventre manifestait le mécontentement d'avoir été privé de nourriture trop longtemps. Trop manger l'aurait rendu malade et puis ce maigre repas lui fit déjà un bien fou. Une fois sustentée, c'est la fatigue qui reprit le dessus. Elle sentit tout le poids d'une vie d'effort peser soudain sur elle et elle aurait voulu fermer les yeux quelques minutes. Mais la femme revint vers elle et appliqua une pommade sur son épaule avant de recouvrir le tout d'un pansement stérilisé.

Cette femme était une sainte !

Puis elle tendit son tee-shirt à Kate qui le remit. Une fois que tout le matériel fut rangé, la femme demanda à Kate de se lever et l'amena en direction de l'escalier.

En haut de celui- ci une porte débouchait sur une grande pièce. En face de la porte, sur le mur opposé, une immense ouverture faisait entrer une lumière délicate. Les volets de bois sculptés de motifs géométriques donnaient à la pièce un aspect des plus exotiques. Sous cette fenêtre, une grande banquette recouverte de coussins permettait de contempler la vue qui devait donner sur la rivière en contre bas.

A droite, un immense lit occupait une grande partie de cette chambre qui n'était, comme le rez-de-chaussée, pas très décorée. Une malle, une chaise et une table venait compléter l'ensemble. Sur le lit, reposait Rick. On lui avait retiré sa chemise et son pantalon qui reposaient sur une chaise un peu plus loin. Il était sale et encore agité mais au moins ses suppliques avaient cessés.

Kate s'approcha de lui doucement et se mit à genoux sur le sol au niveau de son visage. Elle posa une main sur son front. Celui-ci était toujours chaud. Elle se retourna vers la femme pour la voir

traverser un rideau de linge blanc. Celui-ci faisait office de porte qui menait derrière un paravent sculpté aux mêmes motifs que les volets. Comme une cloison, il séparait la chambre en deux. Derrière le paravent, Kate distingua à peine une large fenêtre aux volets de bois sculptés qui laissaient passer la lumière.

La femme approcha, une bassine d'eau et un linge blanc dans les bras. Elle posa le tout sur la petite table à coté du lit et prit les vêtements de Rick avant de prendre la direction de la porte. La main toujours sur le front de son écrivain, Kate réalisa que à cette minute, sans le secours de cette femme, il ne respirerait sûrement plus.

« Merci » Lui lança Kate en se tournant vers la porte.

La femme intercepta le remerciement sincère de la jeune femme et lui sourit avant de passer la porte en les laissant seuls.

Kate se retourna vers Rick et l'observa. Il respirait fort et bougeait sur son oreiller. Toujours à genoux, elle tendit les bras en direction de la bassine et la posa à côté d'elle. Elle saisit le chiffon blanc qui reposait sur le rebord et le plongea dans l'eau.

C'est avec toute la délicatesse du monde qu'elle entreprit de nettoyer le visage de son écrivain. Elle longea ses traits tendus. La fièvre, même si elle avait bien baissé, plongeait Rick dans un monde sombre à en croire les petit « non » que laissait parfois échapper l'écrivain entre ses lèvres. Kate aurait tellement voulu le soulager de cette douleur mais tout ce qu'elle put faire c'est poser sa main libre sur son front et le caresser délicatement en lui murmurant qu'elle était là, que tout allait bien. Le voyant se détendre un peu, elle reprit son travail en l'observant. Son visage carré et marqué par les années était des plus séduisants. Elle nettoya sa bouche, passant délicatement le linge humide sur ses lèvres. Elle s'y attarda sûrement plus que nécessaire ne pouvant s'empêcher de saisir sa propre lèvre inférieure entre ses dents et de la serres doucement. Elle peina à faire glisser le linge sur sa barbe naissante. Des gouttelettes foncées glissèrent le long de sa mâchoire avant d'être récupérées d'une main experte par notre lieutenant. Kate resta quelques secondes interdite. Elle avait par réflexe utilisé sa main libre pour arrêter les gouttes si bien qu'elle avait maintenant sa main dans le cou de Castle. Les sensations qui la traversèrent furent, à cette minute, aussi intenses que fugaces. Elle sentait le corps chaud sous ses doigts qui vivait, se propulsant de façon régulière contre sa paume. Ces mouvements répétés déferlèrent en elle comme des pulsions électriques qui stimulèrent chacune de ses parties sensibles. Loin d'être d'un esprit pervers, Kate put empêcher son esprit de vagabonder. Mon Dieu, si elle réagissait comme ça maintenant, qu'en serait-il si ses mouvements étaient d'une toute autre nature ? … STOOOOOOP !

Kate se gifla. Une réprimande mentale aurait été insuffisante alors qu'une bonne gifle lui remit les idées en place. Elle prit néanmoins quelques secondes pour se détourner de Rick et se lancer à elle-même un doigt levé en guise d'avertissement.

« Bon maintenant ça suffit ! »

« C'est pas moi … c'est Ryan » Lui répondit la voix fatiguée et éteinte de l'homme allongé à coté d'elle.

Surprise elle se tourna vers lui pour voir qu'il n'avait pas ouvert les yeux. Le pauvre avait prit la remarque pour lui. Il était décidément beaucoup trop habitué à ce qu'elle lui crie dessus. Kate ne put s'empêcher de sourire avant de rincer le bout de tissu. De nouveau concentrée sur sa tache, comme si elle devait nettoyer un nouveau-né, Kate ne prenait pas garde aux gémissements de délire qui sortaient de la bouche de Rick. Celui-ci souffla sans que Kate ne puisse savoir si c'était dû à l'eau sur sa peau ou à sa main qui caressait son visage.

Au bout de quelques minutes Rick tourna la tête dans sa direction avant d'ouvrir les yeux. Ceux-ci étaient vitreux. Il semblait tellement loin d'elle et en même temps tellement présent. Avait-il conscience de la situation où l'observait-il simplement ? Elle savait qu'il la regardait mais elle resta concentrée sur son ouvrage, nettoyant maintenant la peau délicate derrière son oreille droite. Ils ne dirent rien puisqu'il n'y avait à cette minute rien à dire.

Après un soupir, Rick referma les yeux et replongea dans l'inconscience. Soulagée de ne plus être observée, Kate se recula à peine et passa le linge une nouvelle fois dans la bassine. L'eau commençait à perdre sa transparence alors que le visage de Rick avait reprit allure humaine. Elle passa alors ses doigts dans ses cheveux pour harmoniser l'ensemble mais l'opération eut plus pour effet de les plaquer en arrière. Notre homme avait besoin d'un bon shampoing. On aurait dit que ses cheveux étaient gominés. Coiffé comme ça, Rick aurait sûrement fait fureur dans les années 1980. Kate sourit en l'imaginant accoudé au casier d'une jolie fille, arborant son plus beau sourire pendant qu'il passait son peigne dans ses cheveux pour les plaquer en arrière. Un vrai tombeur !

Mais maintenant Kate était bien embêtée. Autant le visage de l'homme était propre, autant son cou et le haut de son buste étaient recouverts de poussière et son torse brillait sous les traces de transpiration. Elle se mordit la lèvre inférieure. Est-ce qu'elle devait arrêter là ? Il se laverait lorsqu'il se réveillerait, non ? Ou peut-être serait-il plus à l'aise pour se remettre s'il se sentait propre ? Ou peut-être qu'elle avait terriblement envie de le toucher ? …

Nooonnnnn Kate. NON ! Tu es fâchée contre lui ! Tu es fâchée contre lui ! Tu es fâchée contre lui !

Elle se répéta cette phrase plusieurs fois avant de poser les yeux sur une goutte d'eau qui glissa du menton de Rick pour parcourir avec difficulté la barbe naissante de son cou avant de venir se poser sur le haut de son buste. Elle était là, juste dans le petit creux à la base de son cou, la narguant. La traînée humide avait laissé la peau de l'écrivain un peu plus claire ce qui la fit déglutir difficilement. Elle avait terriblement envie de venir récupérer entre ses lèvres cette maudite goutte pour remonter ensuite le long de la traînée humide jusqu'au menton de son écrivain. Ok, ok, on se concentre ...

Peut-être qu'elle pouvait juste nettoyer un peu, histoire de finir son travail ? Et puis c'était presque médical au vu de l'état physique de Rick. Non mais c'est vrai, il pourrait avoir une infection ou un truc du genre non ? Il est donc convenu que, pour des raisons médicales et pour AUCUNE autre, Kate allait laver Richard Castle. Dit comme ça, ça passait plutôt bien.

C'est poussée par son « instinct médical » que Kate récupéra le linge humide pour le poser sur le haut du buste de Rick. Elle entreprit de faire de longs va-et-vient sur son torse pour le débarrasser de toute sa saleté. Au fil du temps, sa pression se fit de plus en plus importante et bientôt une seule épaisseur de linge recouvrait la paume de Kate qui touchait presque directement la peau de l'écrivain. Kate adorait ça, le sentir sous son toucher. Il était chaud à l'intérieur et l'eau fraîche lui déclenchait une petite chair de poule. Elle passa sur ses côtes, le sentant immédiatement se cambrer, elle sourit à l'idée qu'elle venait de découvrir une caresse que Richard Castle semblait particulièrement apprécier. Elle remonta le linge sur le haut de son buste et descendit dans une parfaite ligne droite entre ses pectoraux, pour suivre le chemin tout tracé vers son nombril. Elle s'y attarda quelques secondes pour jouer avec, elle le contourna, le longea et s'y installa finalement pour le nettoyer, frustrée de devoir le faire avec cette saleté de bout de tissu. Elle observa le visage de Rick alors qu'elle jouait. Celui-ci avait les yeux toujours clos et ses traits étaient tendus mais quelque chose avait changé. Il semblait apprécier les caresses de Kate. C'est alors que, comme prise d'une envie primaire et indécente, Kate descendit plus bas. Ne lâchant à aucun moment le visage de sa victime, elle fit descendre sa main toujours entourée du linge mouillé. Elle s'approcha dangereusement de la ligne de l'équateur alors que Rick se cambrait à vue d'œil sous elle. Kate ne pu se retenir de se lever un peu plus, se penchant d'avantage au dessus d'un Rick dont la chaleur corporelle n'avait plus rien à voir avec la fièvre. La température associé des deux personnes présentes dans la pièce devait avoisiner les 10 000°C et Rick était loin d'avoir le plus chaud. La main tremblante de la jeune femme arriva à la limite de la dernière protection de Rick dont le buste se soulevait de façon de plus en plus irrégulière. Kate déglutit et, le regard noirci par le désir, passa une dernière fois le long de l'élastique du caleçon de Rick. Elle prit tout de même la liberté de glisser la pointe de ses doigts sous le bout de tissu. Elle commençait à ne plus vraiment se rendre compte de ce qu'elle faisait. Elle aurait voulut continuer plus encore ses caresses mais c'est lorsqu'elle entendit un soupir de bien-être sortir de la bouche de Rick encore endormit qu'elle décida qu'il était assez propre.

Elle reposa alors le linge dans l'eau maintenant marron de la bassine. Elle le fit sûrement un peu trop rapidement, comme si elle avait été prise à faire une bêtise. Elle souffla bruyamment pour reprendre ses esprits. Elle rougit et repensa à cette fois où, pendant la messe du jour de Pâques (partons du principe qu'elle est catholique), elle avait été surprise par son père à embrasser Eugène Brown derrière le confessionnal. Résultat : des sensations bizarres dans son corps et une punition monumentale pour le week-end. Mais ça valait le coup. Elle avait la même sensation à cette minute. Son corps entier subissait son état de frustration. Les sensations que lui avait procurées ce court échange étaient sans égal et elle en voulait plus. Avec lui. Mais elle devait revenir sur terre. Il lui avait manqué c'était certain, mais la situation était plus compliquée qu'un : « Tu m'as manqué, je peux te tripoter parce que j'adore ça ? »

Encore et toujours à genoux au pied du lit, elle récupéra le drap blanc qui reposait aux pieds de Rick et le remonta sur le corps de son partenaire. Une fois l'homme bordé, elle posa ses avant-bras sur le lit de façon à être proche de lui sans pour autant le toucher. Elle posa sa tête sur ses bras et la tourna en direction de la fenêtre aux volets clos. La lumière était encore forte mais ils devaient approcher de la fin d'après-midi.

Rick allait se réveiller et il faudrait ensuite trouver une solution pour le ramener à la maison. Non, chez lui. Pour le ramener chez lui. C'était son objectif. Il devait rentrer pour être en sécurité. C'est bercée par la respiration de Rick que Kate finit par fermer les yeux. Elle voulait se reposer quelques minutes, juste quelques minutes.