xxxxxx

Chapitre 10

Une journée en enfer.

(P.O.V Regina)

Régina était dans une telle colère que c'est tout juste si elle arrivait à se contrôler. Cette maudite Blanche la mettait toujours dans tous ses états. Et le fait qu'Emma la suive comme la pestilence suit les rats, avait fait monter d'un cran sa rage.

Blanche.

Elle était si... si... typiquement innocente. Un peu comme Emma d'ailleurs. Cette journée tout entière était un cauchemar. D'abord Henry avait disparu, elle ne savait où, Emma était toujours à Storybrooke, ensuite elle avait perdu le contrôle de ses émotions et cela à plusieurs reprises déjà. Ensuite, elle avait été forcée de parler à Blanche. Tout cela était la faute d'Emma Swan.

Les insinuations de Marie-Margaret avaient fini par la mettre hors d'elle et elle l'avait engueulé pour de bon, avant de se précipiter vers la sortie sans d'abord avoir pris soin de congédier explicitement la mère biologique d'Henry vers Boston. Même un sot aurait compris ce qui lui restait à faire.

Avec ses pensées en tête, elle conduisit son véhicule de façon plutôt dangereuse en direction de chez elle. Si jamais Graham se trouvait sur son chemin et qu'il lui prenait l'envie de lui coller une contravention, elle allait tout simplement le virer. Elle l'envoya mentalement se faire foutre. Son pied se fit encore plus pesant et cinq minutes plus tard, elle se gara dans l'entrée de sa demeure. Un record. Elle avait besoin d'un verre.

Encore une fois, le visage d'Emma fit intrusion dans ses pensées. 'Non, non, non, non non !' Vociféra-t-elle en claquant la porte derrière elle. 'Toi aussi va te faire foutre !' Vociféra-t-elle avant de descendre à la cave à vin.

Elle prit place sur le canapé à l'endroit même où c'était tenu Emma Swan, le soir auparavant. Une odeur de lavande vint lui chatouiller les narines. Elle adorait la lavande. Ce qui lui fit retrousser la lèvre. Mademoiselle Swan venait de gâcher l'amour qu'elle portait à ces fleurs. Elle prit une gorgée de vin.

En silence, elle fit tourner le liquide sur le rebord de sa coupe. Tout cela était si grotesquement aberrant. Une torture en fait. Emma Swan était la cause de toute cette outrageuse comédie. Si elle ne réussissait pas à complètement la détester, peut-être arriverait-elle à l'aimer ? Cette intention lui fit peur.

Quelle affreuse idée.

Et, pourtant, cette idée fit battre son cœur un peu plus vite. Cette prise de conscience la fit se replier dans les plus sombres recoins de son être. Jamais elle ne se permettrait d'aimer à nouveau. Elle leva toutes les barricades et tenta de laisser son cœur redevenir pierre. Mais même cela elle n'y arriva pas entièrement. Comme elle était bête. Elle n'avait pas fait tout ce qu'elle avait fait pour en arriver là. Elle allait devoir employer la méthode forte.

Elle reconnut le vrombissement du véhicule d'Emma. Elle savait ce qui lui restait à faire et cela même si elle ne s'en sentait pas vraiment l'envie. Après tout, il s'agissait d'Henry, et il était hors de question qu'elle le partage. Plus question de badiner quand il s'agissait de son fils. Cela lui donna la dose de courage qui lui manquait et doucement elle sentit sa ferveur remonter à la surface.

Détester Emma Swan lui fut plus facile après cela.

Elle se leva et se dirigea vers la porte qu'elle ouvrit pour voir passer son fils qui ne lui adressa pas même un regard avant de monter à sa chambre. Cela ne fit que renforcer son aigreur.

Elle remercia Emma sans perdre son masque d'impassibilité. Une note de jalousie pointa son nez, juste suffisamment pour faire jaillir sa hargne.

'Pas de souci.'

Emma était tout miel. Comme si rien de tout cela n'était sa faute. Comme si elle n'avait rien fait pour mériter l'amour d'Henry. Et le sien par la même occasion. Régina allait lui faire passer l'envie de tout cela.

'Il s'est drôlement entiché de vous.'

'Vous savez ce qui est fou ?' Emma la gratifia d'un adorable sourire. 'Hier, c'était mon anniversaire. Et quand j'ai soufflé la bougie sur le petit gâteau que je m'étais offert, j'ai fait un vœu. Celui de ne plus être seule pour mon anniversaire. Et Henry est arrivé.'

Inutile de continuer à écouter tout ce ramassis de conneries puisque Régina savait déjà vers quoi cela les conduisait. Et Emma qui minaudait juste là avec son petit air angélique. La colère fusa en elle tel un volcan prêt à entrer en éruption. Elle lui coupa l'élan.

'J'espère qu'il n'y a pas de malentendu.' Commença-t-elle froidement.

'Comment ça ?' Lui répondit Emma interloquée.

Régina la vit s'affoler et cela lui fit du bien. 'Ne prenez pas ça pour une invitation à faire partie de sa vie.' Ceci allait être complet. Et sans appel. 'Miss Swan, vous avez pris une décision il y a dix ans. Et durant cette dernière décennie, alors que vous faisiez... Ma foi, qui sait quoi d'ailleurs ? J'ai changé ses couches, apaisé ses fièvres, et supporté tous ses caprices. Vous l'avez peut-être mis au monde, mais c'est mon fils.' Sa colère décupla. Ce fut presque orgasmique. Elle se sentit toute puissante à nouveau.

'Je ne voulais pas...' Emma voulu dire quelque chose, mais Régina fut plus rapide et incisive.

'Non, vous n'avez rien à dire !' Elle haussa d'un ton. Elle savait qu'à ce stade sa voix était plus sentie qu'entendue et elle poursuivit sur sa lancée. Si Swan avait été effarouchée ou Dieu sait quoi, maintenant elle allait être terrifiée pour de bon. 'Vous n'avez rien à faire. Vous avez perdu ce droit en l'abandonnant. L'adoption plénière, vous voyez ?' Régina s'avança sans peur pour se planter juste devant Emma. Arrogante telle la Reine qu'elle était. 'C'est ce que vous avez demandé. Vous n'avez aucun droit légal sur Henry. Point final. Et vous allez vous en tenir à ça. Alors, je suggère que vous remontiez dans votre voiture et que vous quittiez la ville. Parce que si vous ne le faites pas, je vous détruirai, quoi qu'il m'en coûte.' Elle avait craché son fiel avec force. Cette fois, le clou était enfoncé et l'adversaire au plancher.

Emma était pâle et la regardait avec un mélange d'incrédulité et d'hostilité. Tant mieux elle avait atteint son but.

Elle avait gagné.

'Adieu, mademoiselle Swan.' Lâcha-t-elle d'une voix qui avait atteint son plus bas registre. Elle lui jeta un dernier regard noir avant de tourner les talons.

Emma la regarda se détourner et sur le point de disparaître.

Elle ne put se résoudre à partir ainsi, quoique l'autre ait fait mouche en la blessant là où cela faisait le plus mal, une dernière question subsistait, et elle était valide pour Henry autant que pour elle-même. 'Est-ce que vous l-m-aimez ?'

N'importe quel imbécile s'en serait tenu là. Mais pas Emma. Le claquement des talons sur le béton s'arrêta net quand la question atteignit le cerveau de Régina et elle se retourna brusquement. Avait-elle bien entendu ? Venait-elle de, lui demander si elle l'aimait ou se l'était-elle imaginé ?

Avait-elle osé ? 'Pardon ?' Cracha-t-elle énervée.

'Henry, est-ce que vous l'aimez?'

Il était manifeste que cette question en était une à double sens. L'un avec des mots, l'autre imbriqué dans un non-dit. Elle plissa les yeux, suspicieuse. Il ne s'agissait pas uniquement d'Henry et elle mettrait sa main au feu pour jurer qu'elle avait bien entendu la première fois. 'Bien sûr que je l'aime.' Fut sa réponse et elle était aussi valable pour l'un que pour l'autre. Pourquoi crois-tu que je fais tout cela sale petite idiote ! Termina sa voix intérieure.

Une fois de plus leur regard se perdit l'un dans l'autre. Peut-être pas de façon aussi franche que les autres fois, mais de façon beaucoup plus profonde et viscérale. Puis Régina tourna les talons et claqua la porte avec panache. Hors d'elle.

Elle monta à l'étage et vit le livre de son fils. Il était temps d'y jeter un œil. Elle était toujours en colère. Henry l'avait d'une certaine façon trahie. Même si cela ne changeait pas le fait qu'elle l'aime autant qu'une mère puisse aimer son enfant, elle se sentait blessée.