Wouhou, ça va les gens? Ça se passe bien la rentrée? Moi je suis hyper contente, j'ai que deux profs chiants! Bon, c'est pas qu'ils sont méchants mais voilà quoi, la volonté ne fait pas tout.
Sinon chez moi il y a eu un de ces orages! J'ai dû réécrire un passage à cause d'une coupure de courant (cemomentoùt'asbienlesboules). On a eu de la grêle, je vous le jure! Et j'avais ni veste ni parapluie! Trop une boss! \o/
J'ai hâte d'être au Hetalia Day de cette année! ^^
Quoi c'est pas ça qui vous intéresse? Pff, bande d'ingrats! XD je plaisante!
Aller, bonne lecture!
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Il y avait du monde à l'arrêt de bus, ce samedi matin. Les filles se pressaient toute vers la boutique de location de robes et les garçons à celle des costumes. Les plus romantiques allaient acheter des fleur à mettre à la boutonnière ou au poignet de leur élu(e). La première vraie fête de l'année scolaire était un événement au pensionnat, et ça même les nouveaux l'avaient bien compris.
La navette peinait à transporter tous les élèves, il n'y avait pas assez de sièges pour tout le monde. Romano, tiré là par son frère, avait sortit ses plus beaux jurons lorsque le conducteur les avait prié de descendre et d'attendre le prochain voyage. Feliciano était un peu déçu aussi mais patienter ne le dérangeait pas tant que ça.
Ils étaient donc plusieurs élèves à attendre que le bus aient enfin déchargé son flot d'élèves dans le centre-ville et revienne pour les emmener à leur tour. Romano boudait, comme d'habitude, et Feliciano était en pleine séance de séduction avec Sophie, une jeune monégasque de deuxième année qui répondait avec amusement à chaque nouvelle approche. Il y avait aussi Elizaveta, passablement énervée par le délais que leur imposait la navette, Kiku, le japonais ayant apparemment été nommé "porte-caméra officiel" du club de shipping au vu de l'imposant appareil qu'il portait autour du cou, et une demi-douzaine d'autres élèves impatients.
Tout le monde tourna la tête avec espoir en entendant un bruit de moteur venir dans leur direction mais, à leur grande surprise, ce ne fut pas la navette qui se gara devant le pensionnat. Il s'agissait d'une Ford noire ordinaire, le genre qui pourrait appartenir au citadin lambda. S'ils avaient été n'importe où ailleurs dans le monde, les élèves auraient cru à un parent d'élève venu prendre rendez-vous avec les directrices. Sauf qu'ils étaient au pensionnat Hetako et que voir une voiture en-dehors du centre-ville y était aussi rare que de croiser des tigres blancs à New-York. Des murmures curieux commencèrent à s'élever parmi les élèves tandis que la voiture venait se garer à quelques mètres de là.
Deux hommes en costumes cravate avec des mallettes en cuir et des airs de business-man s'extirpèrent des portières avant. On leur donnait des lunettes noires, des armes futuristes et un laser et ils passaient sans problèmes pour les Men in Black. Ils essayaient sans doute de passer inaperçu avec leur voiture de ville mais ça aurait été difficile de faire plus suspect qu'eux.
L'un d'entre eux ouvrit la portière arrière et un jeune garçon en jaillit comme un ressort. A peine fut-il dehors qu'il s'étira avec une grimace de douleur.
- Sans rire, il faut vraiment que vous fassiez quelques chose avec les sièges. Dormir là-dessus, c'est l'horreur, grommela-t-il en se contorsionnant dans tous les sens pour faire craquer ses os.
Les deux homme en costume ne répondirent pas et se dirigèrent vers la porte du pensionnat d'un pas pressé, ignorant les regards interloqués des élèves. Le garçon ne les suivit pas et se mit à piétiner sur place en regardant les alentours, comme pour décider ce qu'il devait faire. Il faisait dans les treize ou quatorze ans, avait des cheveux roussâtres ornés d'une étrange boucle anguleuse et portait l'uniforme du pensionnat. Un cris retentit parmi les élèves amassés devant l'arrêt de bus.
- Ah, c'est Roméo!
Et tout le monde, à l'exception des premières années, se mit à parler à son sujet d'un ton pressé. Feliciano se tourna vers ses voisins d'un air perdu.
- Veveve, de quoi, c'est qui?
- Roméo. C'est un deuxième année. Il a disparu au début des vacances d'été sans prévenir personne et les directrices ont rien voulut dire, l'informa quelqu'un. Il paraît qu'il a fugué.
Si c'était le cas, en tout cas, il n'avait pas l'air mécontent de revenir. Ses yeux balayaient les alentours, comme s'il était à la recherche de quelque chose, et il avait un grand sourire aux lèvres. Il était très loin de ressembler à un fugueur. Son uniforme était propre, légèrement froissé par sa nuit en voiture mais en bon état tout de même, ses cheveux étaient peignés et il semblait en pleine forme. Soudain, son regard s'arrêta sur le groupe qui attendait la navette et son sourire s'élargit tandis qu'il se précipitait au milieu des élèves qui ne savait pas trop comment réagir.
- Wouah, tout le monde, vous m'avez manquéééé!, s'exclama-t-il en prenant dans ses bras tous ceux qu'il pouvait attraper, en particulier les filles.
Lorsqu'il tomba devant les jumeaux italiens, il y eut comme un temps d'arrêt pendant lequel ils se jaugèrent tous les trois du regard. Les deux plus âgés se dirent qu'il avait quelque chose de très familier, sans parvenir trouver quoi.
- Mais il y a des nouvelles têtes! C'est quoi vos noms?, fit-il enfin.
Ils se présentèrent et eurent tous les deux droit à un câlin de bienvenue. Feliciano en fut ravi. Romano, un peu moins. Puis Romeo se tourna, semblant chercher quelqu'un qu'il trouva très rapidement.
- Sophie!, s'écria-t-il en se jetant sur la monégasque. Comment tu vas? Je t'ai manqué?
Il le lui laissa pas le temps de répondre et lui planta un magnifique baiser sur les lèvres. Deux ou trois personnes sifflèrent. Sophie se remit rapidement de sa surprise et le repoussa fermement. Il se recula un peu mais s'obstina à la tenir par la taille. Elle ne souriait pas, son expression était digne d'un joueur de poker.
- Tu es toujours aussi belle, la complimenta-t-il avec un clin d'œil.
Elle plissa les yeux à ces mots, semblant réfléchir intensément, mais le reste de son expression ne changea pas. Elle mit quelque instants à répondre.
- Merci.
Roméo sourit d'un air gêné et passa une main dans ses cheveux avant de se gratter l'arrière de la tête.
- Tu es fâchée?
- Oui.
- Ah. Et je dois faire quoi pour que tu me pardonnes?
Elle ne dit rien pendant quelques instants dont il profita pour se blottir contre elle et lui embrasser le front avec tendresse.
- Raconte-moi ce qu'il s'est passé.
Il eut un petit rire nerveux et regarda ailleurs.
- Je peux pas.
- Pourquoi?
- Parce que j'ai pas le droit de le dire. Je pourrais te raconter mais il faudrait que j'invente et du coup tu saurais tout de suite que je raconte des salades et on se disputerait et tu me laisserais pas fêter mon retour comme il se doit ce soir et...
- Ok, ok, stop, le coupa-t-elle, le rouge aux joues, tandis que plusieurs ricanaient autour d'eux.
Il eut un rire et joua un peu avec une mèche de cheveux cendrés échappée de sa tresse. Puis il se figea et se mit à fixer sa poitrine.
- Attend, ce serait pas le soutif que je t'avais off...
Une grande baffe lui coupa la parole.
- Romeo! On avait dit quoi?!, cria-t-elle en se dégageant de son étreinte, furieuse.
- Ahah, désolé, j'avais oublié, fit-il en se frottant la joue.
- Qu'est-ce qu'on avait dit?!, répéta-t-elle
- «Pas de vision rayon X en dehors des cours.» récita-t-il avec ennui. Pardon, Sophie, j'oublierai plus, promis.
Elle ne répondit pas, ayant retrouvé son visage de joueuse de poker. Elle lui tourna le dos et fit mine de l'ignorer. Romeo soupira bruyamment mais retrouva presque immédiatement un sourire taquin.
- Si c'est ce qui t'inquiètes, lui dit-il d'un ton charmeur, je n'ai regardé aucune autre fille là où je suis allé...
Elle resta parfaitement immobile pendant presque une minute, à croire qu'elle ne l'avait pas entendu. Mais, finalement, elle lui présenta sa paume sans se retourner et il la serra dans la sienne avec un sourire complice.
- Menteur..., murmura-t-elle.
- Absolument pas, et tu le sais très bien, rétorqua-t-il en mettant son bras libre sur ses épaules.
Ils se disputèrent encore un peu jusqu'à ce que quelqu'un dans le groupe les coupe pour réclamer à Roméo d'expliquer où il était passé pendant tout ce temps. Roméo refusa en riant, clamant que c'était un secret, mais les autres élèves s'y mirent et, très vite, ce fut tout le groupe qui réclamait à grands cris. Il y eu une légère accalmie lorsque la navette arriva enfin mais, une fois dans le bus, tout le monde lui redemanda. Il faut dire qu'il était exceptionnel que les directrices autorisent un voyage pour une classe en-dehors des limites du campus, alors il était absolument phénoménal qu'un seul élève s'absente pour une durée de plus de deux mois.
- Bon ok, ok, capitula-t-il au bout de la cinquantième réclamation.
Il se leva au milieu du bus, histoire de ne pas avoir à répéter, ravi de toute l'attention que cette histoire amenait sur lui.
- Alors voilà, annonça-t-il. Ma grand-mère est morte au début de l'été et je devais absolument venir à l'enterrement. Ma mère a appelé les directrices pour demander que je passes les vacances d'été avec elle, pour la réconforter vous voyez? Au début elles n'étaient pas d'accord mais ma mère peut être très convaincante quand elle veut. Elle a plein de famille en Italie qui serait capable de faire une vendetta si elle leur demandait. Du coup les directrices ont accepté que je passe une semaine avec elle mais pas plus, pour ne pas que je me fasse remarquer. Et je ne devais en parler à personne, sinon tout le monde allait leur demander et ça devait rester exceptionnel. Mais ma mère a été plus maligne qu'elles. Je suis allé à l'enterrement, la semaine est passée, mais au lieu de me renvoyer ici elle m'a emmené faire le tour de l'Italie et de la France en voiture. C'était génial, on restait jamais au même endroit deux nuits de suite, on se serait cru dans un film d'espionnage! Comme je revenais pas, les directrices ont envoyé ces deux gentils messieurs que vous avez vu mais ils ont pas put nous rattraper avant ce lundi. C'est qu'en fait je m'étais pas rendu compte que la rentrée était passé alors je suis content qu'ils nous ait retrouvé. Enfin voilà, c'est comme ça que j'ai passé mes vacances!
Tout le monde applaudit et Roméo salua bien bas, comme un acteur de théâtre ayant joué le rôle de sa vie. Il retourna s'asseoir à côté de Sophie qui regardait par la fenêtre d'un air absent.
- Qu'est-ce que tu as pensé de mon histoire?, demanda-t-il à voix basse
- Je n'ai pas écouté, répondit-elle sur le même ton. Les mensonges ne m'intéressent pas.
- Je croyais que tu aimais que j'invente des histoires.
- Des histoires. Pas des mensonges.
Il rit et lui embrassa la joue. Elle eut un petit sourire et rosit légèrement.
- Espèce de sale menteur, murmura-t-elle.
- Mais c'est ce que tu aimes, chez moi, non?
Elle ne répondit pas mais se laissa aller à reposer sa tête contre son épaule, se jurant de lui faire cracher le morceau tôt ou tard.
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S'il y avait bien une chose sur laquelle Young Soo était formel, c'était la nécessité d'avoir des morceaux de K-pop pendant une fête pour qu'elle soit réussie. Et il n'admettait pas que Ling, le DJ attitré de la soirée, n'en passe pas. Il avait donc fais une demande écrite pour les directrices afin de choisir quelques chansons.
Mais au moment où il allait frapper à la porte du bureau de Gaïa, il entendit des voix à l'intérieur. Deux voix d'hommes et deux voix de femmes qui semblaient toutes extrêmement tendues. Sa curiosité prenant le pas sur le reste, il colla son oreille contre le panneau pour écouter. Le bois était épais et il ne parvenait pas à saisir tous les mots mais l'essentiel lui parvint, légèrement étouffé.
- ...parfaitement inadmissible!, fit la voix de Luna, visiblement en colère. Nos accords étaient clairs dès le départ!
- Inutile de vous énerver contre nous, répondit fermement l'un des deux hommes. Nous ne faisons que rapporter les décisions prises en réunion. Par ailleurs, comprenez qu'on ne cherche pas à vous contrarier.
- Eh bien, vous vous y prenez mal, soupira la voix de Gaïa, presque pour elle-même.
- Vous vous doutez bien de notre réponse, reprit Luna. Messieurs, je crois que vous savez où se trouve la porte...
- Mesdemoiselles Chrones!, s'éleva la voix de l'autre hommes. Peut-être n'était-ce pas clair au départ mais je vais être plus explicite : ceci n'est pas une faveur que nous vous demandons mais un ordre que vous devez appliquer selon l'accord que, je vous le rappelle, vous avez signé toutes les deux! Alors cessez de nous faire perdre du temps, je vous prie!
- Votre accord, vous pouvez vous le mettre dans le...
- Luna!, s'écria Gaïa. Ça suffit, calme-toi.
Il y eut un long silence et Young Soo comprit que les deux directrices étaient en plein échange de messes basses. Les deux hommes inconnus ne bronchèrent pas, attendant patiemment qu'elles aient terminé leur débat. Au bout de quelques minutes, il y eut un très long soupir et le bruit d'une chaise raclant le sol.
- Très bien. Nous accéderons à votre requête dans le respect de notre accord, fit Luna.
Elle avait craché ce dernier mot comme un insulte mais personne ne releva.
- Nous vous remercions de votre coopération, dit le premier des deux hommes avec une voix d'automate. Soyez assurées de notre plus grande estime.
- C'est ça, maintenant dehors.
C'était la voix de Gaïa qu'il avait reconnu cette fois. Il resta collé à la porte dans l'espoir d'en entendre un peu plus mais le panneau tourna soudainement, le faisant basculer en avant. Gaïa, la main sur la poignée, éclata de rire en le voyant s'étaler proprement sur le plancher de son bureau. Sa sœur et ses visiteurs parurent un peu moins ravi en constatant la présence de cet espion. Les deux hommes se levèrent, lançant comme un regard de reproche à la plus âgée des deux femmes, et sortirent comme si de rien n'était, enjambant le corps du coréen qui n'osait pas se relever. Il leva un regard penaud vers Luna et fit la grimace devant son visage furieux.
- C'est raté pour ma demande, j'imagine?
Ses sourcils se froncèrent davantage. Il se leva et épousseta son pantalon.
- Tu ne diras rien à personne sur cette entrevue, d'accord?, lui dit Gaïa avec un sourire paisible.
- Pr-promis.
Elle s'écarta légèrement de la porte et il ne se fit pas prier pour déguerpir, honteux de s'être fait prendre à espionner.
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Tino patientait sur une chaise, à côté d'un Berwald immobile et silencieux. Il ne savait pas quoi faire. Cela faisait deux semaines. Deux semaines que Berwald le suivait partout ou l'obligeait à le suivre, en-dehors des cours. Deux semaines qu'il essayait de lui faire comprendre qu'il en avait assez qu'un parfait inconnu agisse comme cela avec lui. Mais rien à faire. A chaque fois qu'il commençait à lui parler de ça, Berwald prenait cette expression absolument terrifiante et il se retrouvait à bredouiller des excuses, lorsqu'il n'était pas trop effrayé pour parler. Il ne savait vraiment pas comment faire.
- Pardon pour l'attente! Je l'ai trouvé!
Tino sursauta et leva les yeux. La vendeuse, fraîchement revenue de la réserve, brandissait fièrement un costume gris clair accompagné d'une chemise foncée et d'une cravate. Tino se leva pour aller l'essayer. La cravate était trop courte et le pantalon lui tombait sur les chaussures. Lorsqu'il sortit de la cabine, Berwald lui donna un autre de ses regards flippant et Tino frémit mais la vendeuse s'approcha. Le finlandais ne vit pas ce qu'elle fit exactement mais, lorsqu'elle se recula à nouveau avec un petit sourire satisfait le costume entier était exactement à la bonne taille.
- Magie!, sourit-elle pour toute explication.
Tino éclata de rire.
Lorsqu'ils sortirent de la boutique, il était bientôt midi. Tino voulut retourner à l'arrêt de bus mais Berwald lui proposa dans son charabia incompréhensible de rester encore un peu. Il ne refusa pas. Il faisait beau, même si le vent soufflait un peu, ramenant la température à une moyenne automnale. Comparé à ce que les deux nordiques avaient pu connaître chez eux, c'était une vraie canicule.
Ils errèrent quelques temps dans les rues. Tino meublait la conversation en commentant ce qu'ils voyaient d'un ton nerveux, comme à chaque fois qu'il se retrouvait seul avec Berwald. Ce dernier était aussi muet qu'à l'ordinaire, se contentant de regards et de petits "uhum" pour communiquer. Il lui arrivait d'ouvrir la bouche pour dire quelque chose mais, dans ces moments là, son visage devenait si terrifiant que Tino lâchait un petit cris étranglé et le suédois se ravisait.
En passant devant un magasin de jouet, Tino tomba en arrêt devant une petite peluche exposée en vitrine. Elle représentait un adorable petit chien blanc, assis, avec de grands yeux noirs et un joli ruban bleu noué autour du cou. Tino ne put retenir un sourire attendri devant cette mignonne petite boule de poil. Il ne parvint à s'en détourner qu'au bout de plusieurs minutes. Il allait s'excuser pour le délais lorsqu'il se rendit compte que Berwald n'était plus là. Il chercha de tous les côtés, confus et légèrement inquiet, mais ne le vit pas. C'est alors que du mouvement attira son regard du côté de la vitrine. Un vendeur écarta le décor en carton qui séparait la petite estrade du reste de la boutique et attrapa la peluche qu'il admirait plus tôt avant de disparaître comme il était apparu. Tino eut à peine le temps d'être déçu que, moins d'une minute plus tard, Berwald sortait de la boutique avec le petit chien dans les bras.
Le géant suédois s'approcha de lui et lui tendit la peluche, les joues légèrement rouges.
- P'r toi.
Tino la prit, l'observa et mit un instant à comprendre ce qu'il se passait. Ses yeux s'écarquillèrent lorsqu'il se rendit compte que Berwald venait de lui offrir le jouet.
- C-ce n'était pas la peine!, s'écria-t-il, paniqué. Je t'assures, tu n'avais pas besoin de me faire un cadeau, je... Il ne fallait pas, c'est...
- T' n'n v'ux pas?
Berwald avait toujours son expression effrayante mais, cette fois, en y regardant bien, Tino put y déceler une sorte de déception et se sentit immédiatement coupable.
- Non! Ce n'est pas ce que je voulais dire! Elle... Elle est très jolie, merci beaucoup je l'adore, mais je ne... Je ne sais pas quoi faire en échange, je...
Il ne voulait pas être redevable. Berwald parut se calmer derrière ses lunettes.
- C'st p'r toi. T' n'as p's b'soin d' faire quoi qu' c' soit.
Tino hésita encore mais, devant l'insistance de Berwald, il ne parvint pas à refuser. Il regarda la peluche et se sentit fondre en voyant ses grands yeux noirs. Un sourire ravi s'installa sur son visage et il serra le petit chien contre lui.
- Merci, dit-il.
Berwald le regarda câliner la peluche en silence, un petit moment, sans le lâcher des yeux une seule seconde. Tino se sentait un peu mal à l'aise sous ce regard insistant mais fit mine de rien.
- C' v' m'eux 'lors?
- Hein?
Tino le regarda, pas sûr d'avoir bien comprit. Berwald détourna le regard, semblant presque... gêné?
- T' 'vais l'air 'nquiet c's dern'ers t'mps, expliqua-t-il vaguement.
- Ah, non, je t'assure, je vais bien! Je... Bon je suis un peu tendu mais c'est... C'est sûrement les cours ou bien...
- T'n aur' d't p's l' m'me ch'se.
Tino mit un peu plus de temps à traduire cette phrase-là. Berwald semblait mâcher ses mots de plus en plus.
- Mon aura? Comment ça?
- Ell' m' d't qu' t' 's p'r.
- Que quoi?
Berwald ferma les yeux et prit une profonde inspiration.
- Qu' tu. As. Peur, articula-t-il lentement
Tino eut besoin de quelques seconde pour reconstituer le sens de la conversation. Lorsqu'il comprit enfin ce que voulait dire Berwald, il se gifla mentalement pour être aussi lent. Le suédois voyait les auras, il avait donc compris depuis longtemps combien il était mal à l'aise en sa présence. Bon, au moins c'était une chose de faite, plus qu'à lui demander de s'expliquer. Aller, Tino, tu peux le faire!
- C'est rien, c'est juste que je ne comprend pas pourquoi tu... me suis partout, comme ça... On se connaît presque pas mais toi tu as décidé, comme ça, d'un coup, qu'on allait rester ensemble et je ne sais vraiment pas quoi penser et je voudrais savoir pourquoi tu fais tout ça.
- P'rce que t' es m' f'mme.
Tino fronça les sourcils et fit la moue.
- Je ne suis pas une fille. Et je... ne suis pas amoureux de toi.
Berwald se tut un instant. Ses yeux semblaient plus profond ici, un peu comme la couleur de l'océan. Tino soutint son regard, décidé à ne pas paraître mal assuré une fois de plus. En lui-même, il se fit la réflexion que, quand on les regardait assez longtemps, les yeux de Berwald n'étaient pas aussi effrayants qu'il y paraissaient au premier abord. En les observant bien, on pouvait voir ses émotions tourbillonner dans leur couleur glacée. En ce moment, il y voyait une légère tristesse, entourée par une auréole de détermination.
- C'est p's gr've, dit-il finalement.
Tino ne répondit pas, incertain de ce qu'il devait dire. Berwald ne lui en laissa pas le temps et continua :
- Qu'nd on r'nc'ntre s'n 'me soeur, 'n peut t't d' su'te t'mber 'mour'ux mais, l' pl's s'vent, il faut d' t'mps p'r c'mpr'ndre...
Berwald s'interrompit. Tino ne comprenait rien à ce qu'il racontait, ça se voyait sur son visage. Il soupira et laissa tomber. À la place, il tendit la main et la posa avec hésitation sur celle de Tino. Celui-ci n'osa pas le repousser.
- M'me s' ç' pr'nd d' t'mps, m'me s' t' n'es p's 'ncore pr't, j' v'drais j'ste r'ster 'vec toi. P'rce que moi, j' sais d'puis qu' j't'ai v'...
Tino réfléchit longuement aux paroles de Berwald. Il en comprenait à peine la moitié, et encore, il n'était pas certain de ce qu'il voulait dire par là. Et puis est-ce qu'il pouvait vraiment lui faire confiance? Berwald ne parlait presque jamais de lui. Non, vraiment, Tino ne savait pas quoi en penser.
Finalement il laissa tomber. Il serra son nouveau petit chien en peluche de son bras droit et se remit à marcher le long de la rue.
- Il faut qu'on se dépêche, le prochain bus va pas tarder, lança-t-il comme si toute cette conversation n'avait jamais eut lieu.
Berwald le suivait de près, et pour cause : Tino n'avait toujours pas repoussé sa main.
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Au coin de la rue, à moitié cachée par une plante en pot, Elizaveta griffonnait frénétiquement sur un carnet.
- J'espère que tu n'as rien raté, murmura-t-elle.
Kiku apparu de derrière une poubelle et tapota délicatement sa caméra.
- Tout y est, Elizaveta-senpai.
\_-°°0o0°°-_/
Eduar, Toris et Raivis étaient seuls, dans la salle de musique. C'était un peu leur salon privé, plus sûr que le foyer où ils auraient plus de chance de trouver le russe. Si l'on venait les déranger, faisant partie du groupe de chorale du club de musique ils pouvaient prétexter une répétition pour qu'on les laisse tranquille. Eduar était en train de surfer sur le net, Raivis lisait une bande dessinée et Toris se concentrait pour clarifier ses visions qu'il notait au fur et à mesure sur une feuille de papier.
Il rayait la plupart car elles ne cessaient de changer et devait en abandonner d'autres, trop floues pour signifier quoique ce soit. Jusque là, la seule image vraiment nette qu'il avait obtenu représentait le Bad Touch Trio visiblement en train de faire une de leurs blagues de mauvais goût. Il se concentrait désespérément sur celle-là, essayant d'avoir plus de détail sur le moment où il faudrait se méfier. Il espérait vraiment que les trois farceurs ne feraient rien pendant la fête. Ils ramèneraient sûrement de l'alcool trouvé on-ne-sait-où, comme chaque année, mais avec un peu de chance ce ne serait rien de plus...
- Eh Toris!
Le lituanien leva les yeux. Eduar était toujours en train de s'activer sur son ordinateur mais il était certain que c'était bien lui qui l'avait apostrophé.
- Oui?
- Tu as l'air concentré, tu as vu des choses intéressantes?
Toris rejeta un œil à sa feuille.
- Je crois que le Bad Touch Trio prépare quelque chose mais je ne sais pas quand. Il y a... Elizaveta qui hésite entre une robe rouge et une robe verte, ça n'arrête pas de changer. Et puis je ne vois pas Ivan, donc on aura peut-être la paix, ce soir, mais j'ai aucune idée de pourquoi. Ah, et sinon il va pleuvoir, demain.
- Pas d'Ivan, ce soir? Cool! On va pouvoir faire la fête!
Toris sourit. Eduar plaisantait bien sûr. Tous deux étaient de nature réservée lorsqu'il s'agissait de fêtes.
- Tu crois que le BTT va ramener à boire, comme la dernière fois? Je demanderais aux filles de prendre des photos du "shota" cette fois.
- Je vous entend, vous savez?, protesta ledit "shota" en levant le nez de sa BD.
Cette fois, Toris lâcha un petit rire. "Shota" était le surnom dont avait hérité Raivis après que le club de shipping ait essayé de le caser, l'année précédente. Ses deux compagnons d'infortune avaient entendu ce terme de la bouche des yaoiste et ne cessaient de l'utiliser depuis. Bien qu'il s'agisse du plus jeune des trois, Raivis adorait l'alcool et en prenait dès que l'occasion se présentait jusqu'à ne plus pouvoir mettre un pied devant l'autre. Au moins, la boisson avait le mérite de le rendre joyeux, même s'il se retrouvait parfois dans des positions... au moins étranges.
- Quelle fille est-ce que vous allez inviter à danser, ce soir?, demanda Raivis.
- Tu sais qu'on ne danse pas, Raivis, fit Eduar.
- Oui, mais il y a bien une ou deux filles qui vous intéressent! C'est toujours pendant les fêtes que les histoires commencent pour de vrai!
Raivis était également un grand amateur de romans à l'eau de rose et de poèmes romantiques et n'avait aucun problème pour commencer des discussions de "fille" sur le sujet.
- Bon bah si je devais en choisir une..., commença Toris.
Il prit le temps de réfléchir, les joues rouges. Ses deux amis se demandèrent à qui il pensait pour être gêné ainsi mais il reprit vite une couleur normale.
- Je dirais... Natalya.
Eduar le regarda avec des yeux écarquillés de stupeur.
- Oui, je sais qu'elle est obsédée par son frère mais elle est vraiment belle. Et si Ivan n'est pas là ce soir, il n'y a pas tant de risque que ça.
- Mais Toris!, s'écria l'estonien avec une expression indignée. C'est moi qui avait prévu de lui tenir compagnie!
- Que... Oui eh bien moi aussi!
Eduar et Toris se regardèrent dans le blanc des yeux quelques instants, dans une bataille de regard qui semblait pouvoir décider de qui gagnerait le cœur de la belle russe. Raivis mit sa bande-dessinée entre les deux pour faire match-nul.
- Vous n'allez pas vous battre pour elle quand même?, fit-il en la reprenant.
- Non, c'est vrai ce serait idiot, admit Toris.
- Elle n'aura qu'à choisir, finit Eduar.
Raivis poussa un soupir qui fit se retourner les deux autres vers lui.
- Et toi alors? Fit Eduar.
- Quoi, moi?
- T'as des choses à nous dire aussi! Avec quelle fille tu voudrais sortir?
Raivis rougit brusquement et détourna les yeux.
- Personne.
Les deux plus âgés lui lancèrent un regard dubitatif et il se renfonça dans son siège.
- On t'a dit qui nous intéressait alors c'est ton tour, "le shota".
Raivis fronça les sourcil et murmura quelque chose qu'aucun des deux n'entendit.
- Pardon?
- ...sha.
- Parle encore plus doucement, peut-être qu'on entendra mieux.
Raivis se crispa davantage, prit une profonde inspiration et lâcha enfin un nom.
- … Katyusha.
Il y eu un long silence. Toris et Eduar le regardèrent avec des mines indéchiffrables et le seul commentaire que le letton obtint fut de la part d'Eduar :
- Elle a l'âge d'être ta mère.
- N'exagère pas, elle n'est pas si vieille.
- Elle est majeure et tu n'as pas quinze ans. Donc, elle a l'âge d'être ta mère.
- Tu sais, si c'est à cause de sa poitrine, il y a d'autres filles très bien... tenta Toris.
Raivis roula des yeux et se remit à lire sa bande dessinée. Il ne s'attendait pas à ce que ses "amis" comprennent de toute façon. Eduar et Toris se remirent à discuter sur lequel d'entre eux avait le plus de chance de séduire Natalya.
- Et pourquoi tu ne tenterais pas plutôt ta chance avec ta jolie colocataire?, plaisanta Eduar avec un sourire moqueur.
Toris leva les yeux au ciel.
- Laisse-la... le en dehors de ça.
- Magnifique lapsus.
- Arrête.
- Quoi, vous avez l'air de vous entendre.
- Il est très sympathique mais franchement trop énervant.
- Je croyais que tu adorais te faire marcher dessus...
- C'est faux! Et d'abord, je ne suis pas gay!
Un toussotement depuis la porte de la salle les interrompit. D'un bel ensemble ils se tournèrent et aperçurent le polonais qui les regardait avec un visage goguenard. Toris piqua un fard, priant pour que Feliks en ait entendu le moins possible. Puis il se demanda pourquoi ça le dérangeait et rougit encore plus.
- Je sais qu'il y a, genre, plein de trucs à vous raconter mais Luna m'a dit, genre, que Tor-Tor doit totalement se préparer parce qu'il est de corvée de préparation à la salle de fête.
Toris jeta un oeil à sa montre et rangea précipitamment ses affaires.
- Zut, j'avais pas vu qu'il était si tard.
- A plus tard, "Tor-Tor", s'esclaffa Eduar tandis qu'il se dirigeait vers la porte.
Toris ne répondit pas et se dépêcha de suivre son colocataire.
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Si le charabia de Berwald est trop difficile à comprendre, dîtes-le moi, je traduirai! ^^ J'ai conscience que retranscrire sa façon de parler à l'écrit gène la compréhension.
Petite dédicace à mon club de shipping personnel. J'espère que vous vous reconnaîtrez, les filles! Go, go, fujoshi power!
Sinon bah, dans le prochain épisode il y aura : le bal, des idiots, des problèmes et du yaoi! :D
Merci à toutes mes lectrices, revieweuses, favoriteuses et followeuses, je vous adore toutes! (et tous si des garçons lisent aussi! Manifestez-vous, nan mais oh!)
Oh, au fait! Vous aimez les vocaloids? Genre beaucoup? Si oui, ça vous dirait d'aller lire "Panda Hero contre Matryoshka dans Babylon" de KLEPTOkegasu? C'est une amie à moi et sa fic est juste trop trop génial! Allez jeter un œil, vous avez ma bénédiction! ^^ Comment ça, c'est pas bien de faire de la pub? On s'en fout, c'est hors-chapitre!
Bref, mesdemoiselles, mesdames, messieurs, je vous dit à très bientôt! Vale populi!
