Je poste ce chapitre aujourd'hui, mais il n'est pas corrigé. Je pense qu'il y a de nombreuses, nombreuses fautes et le français ne doit pas être très bon. Si vous avez un peu de patience, la version corrigée sera postée au cours des prochaines vacances.

Chapitre 10: A travers le verre, sombre

Quand il avait vu la terre ravagée qui avait autrefois abritée l'école de Sorcellerie, Drago avait cru qu'il ne verrait jamais rien de pire. L'anéantissement, le désastre de sa vie aboutissant à un pays stérile, vide et empli de douleur. Ca l'avait détruit, brisé en milliers de morceaux dont il n'avait pas conscience avant. L'image détruit jusqu'à son existence et il savait qu'elle le hanterait le reste de ses jours.

Il se sentit quelque peu soulagé lorsque Severus retourna le Retourneur de Temps. Savoir que ce souvenir serait effacé, être libéré de cette douleur incessante qui avait envahi son cœur, savoir que le jour viendrait où il fermerait ses yeux une dernière fois pour ne jamais plus connaître la douleur de perdre ceux qui nous sont chers. Etre débarrassé des chaînes d'un fardeau qu'il n'avait jamais voulu porté.

C'était un soulagement. C'était aussi incroyablement douloureux.

Tout a un prix. Il n'y a pas de gain sans perte, pas de bonheur sans tristesse. Il n'y a pas de vie sans mort. Tout ce qu'il avait appris à connaître, tout ce qu'il était, tout ce qu'il avait sacrifié et qu'il avait essuyé. Il ne pouvait pas pleurer pour lui, pas pour celui qu'il était en cet instant, mais pour son autre lui, celui qui ne saurait probablement jamais tout ce qu'il était capable de ressentir, la profondeur de ses sentiments, la détermination sans faille dont il était capable, la force qu'il pouvait réunir s'il en avait besoin. Il ne pouvait s'empêcher de se sentir humble de savoir que le Drago Malfoy qui prendrait sa place serait l'arrogant petit con qu'il n'avait jamais aimé.

Mais Severus avait retourné le Retourneur de Temps et Drago l'avait regardé faire avec un soulagement mêlé de regret, attendant le moment où sa conscience cesserait d'exister. Les couleurs s'étaient évanouies mais l'obscurité et l'ignorance n'étaient pas venues. La lumière s'était effacée, se dissipant en une place et un temps et pourtant, il savait et se souvenait encore. La confusion et la peur grandissaient en son esprit, criant leur échec. Et il vit ce qui reposait sur Severus, ce que ses sens essayaient de lui dire depuis qu'ils étaient arrivés et l'horreur qu'il avait crue inimitable pâlit face à la terreur glacée qui glissa sur lui.

L'aube tombait et le ciel s'illuminait, la noirceur profonde qu'il avait vue toute la nuit se transformait en un gris voilé. Dans la légère clarté, le regard de Drago se porta sur le château au-delà de la rangée d'arbres qui se tenait devant lui. Il voyait l'étendue, les abords de la forêt et les bords du lac. Il aurait souhaité ne pas voir.

Disparues les gracieuses tours du château. A leur place se dressait une chose tordue et contrefaite qui s'étendait telle une tumeur maligne. Il y avait des ramifications au bâtiment principal que Drago n'avait jamais vues et des tours tordues s'élevaient où il n'y avait jamais rien eu alors que d'autres dont il se souvenait avaient disparues, d'autres encore étaient en ruines, ou détruites. Alors que le jour progressait, les ombres du château demeuraient. Au début, c'était déconcertant, jusqu'à ce que Drago se rende compte que ce n'était pas des ombres du tout mais des marques de brûlures que seule la magie pouvait avoir causée.

Le gazon avait perdu son vert éclatant. La terre était nue. Brune par endroit, elle dépérissait, les racines mortes se mêlant à la terre. Et les arbres éparpillés étaient rabougris, noirs et noueux.

Toujours légèrement sinistre, la Forêt Interdite était un mur noir d'encre qui semblait repousser la lumière. Les arbres étaient plus grands, plus sombres et leurs feuilles étaient tombées. Des arbres émanaient une sorte d'appréhension qui ne ressemblait à rien de ce que Drago ressentait généralement à son approche. Ca avait été déstabilisant, c'était maintenant morbide. Près du lac, demeurait une tache huileuse et Drago avait le sentiment que même là où le soleil brillait le plus, le lac le repousserait.

Il avait l'impression d'avoir passé une éternité à désirer apercevoir une vision du château qui ne serait pas entachée par sa destruction imminente. Ils avaient fait ce qu'ils avaient pu pour cela; ils avaient trouvé la source de la chute de leur monde et ils l'avaient arrêté à son début. Et maintenant qu'il avait cet aperçu qu'il avait désiré si intensément, Drago ne voulait rien d'autre que fermer les yeux.

Et ce n'était pas le pire. Il y avait bien que cette parodie grotesque de ce qu'il considérait comme chez lui : la magie dont l'atmosphère était imprégnée. Avant la guerre contre les moldus, la magie à Poudlard était vivante et entière. Elle tissait ses liens partout mettant en valeur tout ce qu'elle touchait, procurant un sentiment de bien-être et de paix. Après la guerre, il n'y avait plus eu que le vide. La magie était partie et ce qui était resté n'était autre que la mort, la terre froide. Il y avait à nouveau de la magie, enveloppant les arbres et flottant sur le sol. Mais elle était noire, une substance toxique, malicieuse et cruelle qui picote la peau et murmure des horreurs aux abords de la conscience. Elle parle à la part primitive du psychisme de Drago, à la peur du noir et à ce qu'elle contient et promet que ce qui serait révélé serait bien pire que ses pires craintes.

"Par tous les dieux…" Le juron à peine perceptible de Severus ramena Drago à la réalité et il bougea pour se concentrer sur ses compagnons.

Le visage d'Hermione était de cendre. Elle avait les yeux écarquillés et regardait dans le vide. Il était difficile d'en être sûr dans cette lumière blafarde, mais Drago avait l'impression de la voir trembler. Il pensait comprendre pourquoi. S'il se concentrait dessus, les murmures de la magie remplissaient son esprit, lui promettant douleur et tourment. Quand son attention déviait, les horribles promesses s'effaçaient jusqu'à ce qu'il ne reste que la sensation d'une présence, comme un nuage cauchemardesque planant, frôlant son esprit avec ses ailes grasses et humides: trop fugace pour être attrapé, trop immédiat pour être complètement ignoré. D'après son expression, Drago devina qu'Hermione s'était concentré dessus un peu trop.

Drago lui prit l'avant-bras et la secoua. « Hé! Hermione, regarde-moi. »

Hermione sursauta comme si elle avait été surprise mais quand elle rencontra les yeux de Drago, il fut soulagé de voir que la panique aveugle était en train de la quitter.

« Ne l'écoute pas. » Lui dit Drago. « Si tu l'ignores, ce sera plus facile de la gérer. »

« Elle se nourrit de tes peurs, » Ajouta Severus en se joignant à la conversation. Drago se tourna vers lui et à sa surprise, il ne vit pas sur son visage l'horreur qui pouvait se lire sur le sien. Il sut que Severus reconnaissait ce sentiment et quelque part, c'était plus perturbant que tout ce qu'il aurait pu voir dans les yeux de Severus. « Plus tu y succombes, plus il a de pouvoir sur toi, jusqu'à ce que tu cesses de te battre et que tu le laisses te submerger. »

« Qu'est-ce que c'est?' » Demanda Hermione en se tournant pour lui faire face. « Une sorte de sort? »

Conscient qu'il la tenait toujours par le bras, Drago la lâcha rapidement.

Severus secoua la tête, il tourna les yeux vers le château. « La magie est comme un miroir; elle n'a pas d'intention, pas de nature qui soit bonne ou mauvaise. Elle est simplement. Mais alors qu'elle affronte les choses de ce monde – les gens, les lieues, les évènements – elle réfléchit ce qui est entré en contact avec elle. Plus le contact dure, plus le reflet dure. L'école a été créée avec des objectifs précis et la magie alentours représente cet objectif. La présence des directeurs, qui deviennent chacun à leur tour une part du château et l'expérience qu'est Poudlard, ajouté à cet objectif l'enrichit et la définit plus en profondeur jusqu'à ce qu'elle devienne ce qu'on associe à l'école. Plus le directeur est puissant, plus il a d'influence sur la magie.

Nous changeons ce que nous touchons.

C'était un fait de la vie que Drago était en train de prendre conscience personnellement.

C'est ainsi que tu as changé Dumbledore, hein, Fumfseck? Demanda Drago au phoenix. Fumfseck ne s'était pas envolé quand ils étaient retournés à ce temps qui n'était pas le leur, et était resté sur l'épaule de Drago. Il ne pouvait pas le lui reprocher; lui non plus n'aurait pas voulu voler à travers ces arbres. C'est ainsi que tu me changeras.

'Oui. Je t'ai déjà dit que Severus était sage, non?'

Tu ne m'as rien dit que je ne savais déjà, alors tu n'as aucune raison de te faire valoir pour avoir eu raison.

« Tu sais ce qui est arrive ici, hein Severus? » Lui demanda Drago d'une voix douce.

« Je ne sais pas quels évènements ont conduit à cela, » Répondit Severus en montrant d'un geste ce qui les entourait. « Mais j'en connais la cause. »

Ils se regardèrent tous les trois en silence. Rien d'autre n'avait besoin d'être dit. Avec six mots, Severus avait confirmé leur pire peur; ils s'étaient réveillés d'un cauchemar pour découvrir que la réalité était bien pire.

Hermione secoua la tête et brisa le silence. « Ca n'a aucun sens. Nous avons empêché Cate de dévoiler notre monde; quand nous sommes revenus, nous aurions dû revenir dans un monde où ça n'avait pas eu lieu. Ceci n'est pas le monde tel qu'il était avant que Cate ne dévoile son existence. »

« Et elle est une moldue Américaine. » Ajouta Drago qui pour une fois dans sa vie était totalement d'accord avec Hermione. « C'est deux points contre elle si tu veux suggérer qu'ils pourraient être liés. Je ne peux pas l'imaginer. Le grand, psychopathe malsain joignant ses forces avec les moldus américains. »

Cette peur était un témoignage qui montrait à quel point la peur était implantée en eux, qu'après tout ce qu'ils avaient vécu, il avait encore des difficultés à prononcer son nom. Les superstitions étaient stupides et il était ulcéré qu'une telle chose ait tant de pouvoir sur eux. S'il n'avait pas eu la sensation que prononcer son nom maintenant attirerait vraiment son attention sur eux, Drago aurait défié cette peur et aurait prononcé son nom aussi allégrement que celui de n'importe qui d'autre. Mais les arbres semblaient les écouter, presque comme s'ils attendaient que ces trois syllabes aient voix et bien qu'il ne puisse voir personne, Drago sentait qu'ils étaient observés.

« Il doit y avoir un lien, » Le contra Severus calmement en examinant le Retourneur de Temps avant de lever les yeux vers Drago et Hermione. « Jusqu'à présent, nous n'avions rencontré aucun problème avec le Retourneur de Temps. Ce ne serait pas logique de penser qu'il fonctionne mal maintenant. »

« Non, Malfoy a raison. Ils -» La voix de Hermione mourut au milieu de sa phrase et elle écarquilla les yeux de peur. Tout autour d'eux, les arbres se mettaient à bouger, les branches se balançaient comme s'il y avait eu un vent violent. Mais le vent était calme, sans même une petite brise.

« Qu'est-ce que c'est? » Demanda Drago en sortant sa baguette. Il tourna sur lui-même, s'attendant à être attaqué. Il n'y avait rien. Pas d'ombres tapies dans les arbres, pas de monstruosités s'élevant derrière lui.

Les arbres continuaient pourtant à bouger comme s'ils étaient effrayés. Et au bord de son esprit, Drago entendit la magie murmurait d'intelligible sons.

« Je ne sais pas, » Murmura Severus doucement en regardant autour de lui, baguette en main. « Je peux cependant t'assurer que ce n'est pas lui. »

« Comment peux-tu en être sûr ? » Lui demanda Hermione en regardant le château avec méfiance.

Severus leva son avant-bras et releva suffisamment sa manche pour qu'ils puissent voir la marque noire sur sa peau blanche. « Je l'aurais senti. »

Et bien, ce n'est pas du tout réconfortant, pensa Drago sombrement. Qu'ils n'aient pas à affronter le Seigneur Noir dans toute sa gloire insensée et meurtrière était une bonne chose. Cependant, le fait qu'il était vivant et qu'ils puissent le rencontrer diminuait le soulagement que les mots de Severus auraient pu lui apporter. Qu'est-ce qui peut être pire ?

'je peux te montrer.'

Drago pencha la tête pour regarder Fumfseck du coin de l'oeil. C'était une question rhétorique Fumfseck. Je ne veux vraiment pas savoir ce qu'il peut y avoir de pire.

'Tu ne m'as pas compris. Je peux te montrer ce que craignent les arbres.'

Est-ce que je veux vraiment le savoir? Lui demanda Drago, reconnaissant en le disant que c'était aussi une question rhétorique.

'Veux-tu savoir ce qui s'est passé ici?'

Pose une question stupide…Oui.

Voir le monde à travers les yeux d'un phoenix était une expérience telle unique pour Drago. L'esprit humain établit des comparaisons et des jugements ; il voit le monde à travers des perceptions maniables, donnant structure au chaos pour que l'information puisse être facilement traitée et comprise. Fumfseck voyait le monde tel qu'il était. Il n'y avait pas de perceptions, pas d'explications ou de croyances. Il n'y avait que la vérité.

Drago avait compris que l'esprit humain n'était pas fait pour comprendre la vérité. Il n'en était pas capable, pas plus qu'il n'était capable de déterminer la couleur de la magie. Mais quand il entra à l'intérieur de l'esprit du phoenix et regarda à travers ses yeux sans œillère, il vit ce que ses yeux n'avaient jamais été capables de voir. Il vit la vérité. Et il vit très clairement, la couleur de la magie.

C'était des roues de feu dans l'esprit de Fumfseck, des lignes de lumière et de pouvoir s'unissaient en quelque chose que Drago reconnut comme une pièce du château. C'était si difficile à voir, de donner un sens aux choses que son esprit n'était pas capable de comprendre, mais Drago ressentit un sentiment de familiarité en regardant le dos de l'homme. Quelque chose en lui, dans son aura pleine de haine malveillante, dans la manière dont il se tenait, dans la longueur de ses cheveux… Il le reconnut enfin. C'était son père, vivant et bel et bien à Poudlard. Drago se détachait déjà de Fumfsek, voulant prévenir les autres, quand l'homme se retourna et Drago se rendit compte qu'il ne regardait pas du tout son père.

Drago s'arracha de l'esprit de Fumfseck, perturbé par ce qu'il avait vu et ne souhaitant pas regarder plus longtemps que nécessaire. Pas moi ! Lui criait une petite voix. Ce n'était pas moi! Mais ça l'était et tout le déni du monde n'allait pas changer ce fait. Il n'avait pas conscience de respirer difficilement avant de sentir une main agripper son bras et le secouer pour le sortir de son aphasie.

« Drago, » Lui disait Severus en le regardant intensément. « Qu'est-ce qu'il y a ? »

Il essaya de regarder Severus dans les yeux, mais tout ce qu'il pouvait voir était les arbres se penchant sur lui.

'Maintenant tu comprends ce que ton père voulait que tu deviennes.'

Tout ce qu'il serait devenu si Voldemort avait gagné la guerre.

Il avait vu le paysage défiguré, avait senti la magie malade et avait vu la marque noire brillait sur le bras de Severus. D'un certain point de vue, il avait compris ce que cela signifiait. Mais ce savoir n'était pas une certitude ; n'était pas suffisant pour effacer cet espoir que tout n'était qu'une erreur, une sorte de rêve dont il se réveillerait certainement. A la fin, il avait plongé un instant ses yeux dans les siens et vu la lueur sadique et malicieuse et tout était devenu réelle.

Il l'avait senti dans le coeur de son être. Malgré tout ce qui s'était passé, Voldemort avait gagné.

Nous devons savoir ce qui s'est passé, pensa Drago en regardant par-dessus Severus, vers le château qui se tenait derrière lui. Nous ne pourrons pas l'empêcher de se reproduire si nous ne savons pas comment ça s'est passé. Il n'y avait pas de doute dans son esprit : il fallait empêcher qu'une telle chose se produise. Ils n'avaient pas fait tout ce chemin, vécu la mort de leur monde, pour vivre dans un pays gouverné par Voldemort. Ils avaient besoin de réponses et bien qu'il aurait aimé qu'il y ait une autre option, Fumfseck lui avait montré un moyen de les obtenir.

Les protégeras-tu? Si je pars d'ici, veilleras-tu à ce qu'il ne leur arrive rien?

'Ne serait-il pas mieux que je vienne avec toi?'

Tu ne le peux pas. Le château doit être bien gardé. Et bien que tu sois fait de magie, je doute que même toi tu puisses passer sans être détecté.

Il n'y avait aucun phoenix dans cet endroit. Il ne savait pas quelle sorte de magie était nécessaire pour tuer un phoenix, pour tuer une créature capable de ressusciter, mais Drago avait la sensation que Voldemort avait trouvé ce moyen. Fumfsek était le symbole d'Albus Dumbledore, et le Seigneur Noir n'avait pas suffisamment confiance en son pouvoir pour permettre la survivance de tels souvenirs. En tant qu'arme psychologique, c'était affreusement inefficace. S'il avait été à la place de Voldemort, Drago aurait fait en sorte de les faire fuir, après tout, il n'y avait rien de pire pour la subjugation et l'avancée que le souvenir de temps meilleurs, de ne jamais être libéré du cycle d'un faux espoir et du désespoir.

Une vague de nausée l'envahit, savoir qu'il pouvait non seulement identifier les erreurs de Voldemort mais aussi perfectionner ce qu'il avait fait le rendait malade. Ca lui montrait à quel point la ligne qui séparait celui qu'il était de l'homme qui était dans le château était fine. Pour les caprices de la guerre, j'aurais pu porter la Marque Noire maintenant.

'Tu ne te fais pas suffisamment confiance.'

Confiance, comment ? Lui répondit Drago plus dégoûté par lui-même qu'il ne l'avait jamais été. Etre un lâche et se trouver parmi les vainqueurs n'est pas une chose dont je puisse être fier. C'est moi, Fumfseck. Ce sont mes yeux !

'Tu as regardé trop longtemps dans la mauvaise direction, Drago,' Lui répondit Fumfseck en déployant ses ailes. Les longues plumes frôlèrent le visage de Drago et emmêlèrent ses cheveux, lui donnant la sensation d'un courant d'air chaud. 'Tu ne peux pas trouver les réponses que tu cherches au fond du gouffre.'

Drago se renfrogna, oubliant momentanément Severus et Hermione et la déformation caricaturale de sa maison. De quoi parles-tu ?

'Tout ce qui a été et tout ce qui sera, est écrit sur le sable derrière toi.'

Il pensait avoir compris quand les mots se gravèrent au feu dans son esprit. Mais la compréhension s'effaça avec le feu, et tout ce qui resta fut le froid, l'obscurité vide qui demeurait quand la lumière s'éloignait. Il aurait pu lui demander de s'expliquer, mais il était savait que le phoenix ne serait pas plus clair. S'il y avait ne serait-ce qu'une possibilité pour comprendre, il chercherait la réponse par lui-même, le phoenix ne s'expliquerait pas. Drago l'avait maintenant accepté, comme il avait accepté que Fumfseck était le meilleur professeur qu'il ait eu.

Je prendrai tes paroles à coeur, lui promit Drago solennellement. Et puis, parce que certaines choses ne changent pas, peu importe ce que devient le monde, et il ajouta, dès que j'aurais compris ce que tu fais.

Dans le silence qui s'ensuivit, Drago entendit le bruissement des flammes, le flamboiement et le crissement de la tempête non existante qui se déroulait dans les arbres autour d'eux. Avec les arbres, c'était de mauvais augure et déstabilisant. Avec Fumfseck, c'était seulement le signe qu'il riait. 'Je les protégerai.'

Sa décision prise, Drago se focalisa sur Severus et Hermione. Quand il y avait une occasion à saisir, il n'y avait rien de plus énervant qu'insister pour dire ce qui est évident. Maintenant c'était la peur et la fuite qui lui restait sur le cœur. Drago avait fini d'avoir peur. « Il a gagné la guerre. »

Severus acquiesça simplement. Il n'y avait pas de peur dans ses yeux, simplement de la résignation et une douleur si intense qu'elle craquelait la surface de l'armure de glace dont il se servait depuis si longtemps pour se protéger du monde. C'était une plaie de plus sur le cœur déjà en lambeaux et marqué de cicatrices.

Ca ne se terminera pas ainsi, jura Drago pour la centième fois. Je te le promets Severus. Peu importe ce qu'il faut faire, je ferai en sorte pour que ça ne se finisse pas ainsi.

« Qu'allons-nous faire? » Demanda Hermione quand il devint évident que Drago et Severus n'allaient rien dire de plus.

La question ramena Severus de ses pensées. « Nous trouverons quand. Nous trouverons comment. Et nous l'arrêterons." Il y avait la même détermination dans sa voix que celle qu'il avait toujours entendu venant de cet homme, mais la force d'airain était en train de faiblir et Drago entendait les débuts du désespoir.

« Nous devons entrer dans le château, » Commença Hermione, cherchant à établir un plan qui sans nul doute fonctionnerait s'il le suivait. « D'abords nous devrons -»

« Nous n'allons nulle part, » L'interrompit Drago ne voulant pas perdre de temps en développant un plan qu'ils n'allaient pas suivre. « Le seul qui va entrer dans le château, c'est moi. Vous allez tous les deux rester ici avec Fumfseck où vous serez en sécurité. Du moins en théorie. »

Hermione le regarda les yeux écarquillés. « Es-tu devenu fou ? Tu ne sais pas ce qu'il y a à l'intérieur ! »

Ce n'est pas tout à fait vrai, Hermione. « Je sais que tu n'y es pas, » Répliqua Drago durement. « Je ne sais pas comment tout cela est arrivé, mais après toutes ces années, je te connais. Je sais que tu étais là, que tu as combattu à ses côtés comme tu l'as toujours fait. Je sais -» Sa voix se brisa, les mots se logèrent dans sa gorge, l'empêchant de parler. Mais il devait les dire et il les obligea à sortir d'une voix qui semblait déchirée comme de la glace brisée. « Je sais qu'il a perdu. Après tout, il est tombé. Et toi aussi. Peut-être avant. Peut-être après. Mais tu es morte dans la bataille. Et si tu entres dans le château maintenant, tu mourras à nouveau. »

L'espace d'un instant, Hermione le regarda sans émotion. Puis elle le frappa. Le coup fut si violent et inattendu qu'il chancela et il serait probablement tombé si Severus n'avait pas posé une main sur son dos pour le stabiliser. Fumfseck, déstabilisé et ne voulant pas se poser sur les arbres, se percha sur l'épaule de Severus.

« D'accord, je pense que je le méritais, » Marmonna Drago en se stabilisant. Il se plaça devant elle. Du sang coulait du coin de sa bouche. Il l'ignora.

Le regard sans émotion avait maintenant disparu. A la place, ses yeux brillaient de fureur. « Espèce de connard, » Siffla Hermione se rapprochant de lui. « Comment oses-tu ? »

« Frappe-moi encore si ça te permet de te sentir mieux, » Lui dit Drago avec calme et sincérité. « Frappe-moi jusqu'à ce que tu l'acceptes. Mais tu sais que je dis la vérité. »

« Et alors? » Lui demanda-t-elle en empoignant sa chemise et le tirant vers elle jusqu'à ce que leurs yeux soient face à face.

Non perturbé par sa colère, Drago se rapprocha. « Ce n'est pas à toi de mourir pour lui, » Murmura-t-il dans son oreille. « Ta place est à ses côtés, où elle a toujours été. Je suis désolé, Hermione, mais tu dois vivre pour ça. »

« Et toi ? » Rétorqua-elle bien que plus calme, sa voix n'avait pas perdu toute sa colère.

Il aurait pu lui donner une douzaine de réponses différentes, tant de mots pour dire exactement la même chose. Certains étaient irrévérencieux, d'autres sérieux, mais chacun était sincère. Mais il n'y avait qu'une réponse qu'il était capable de formuler. Alors il inclina la tête et toucha son front du sien pour la lui donner avec toute la dignité et le cérémonial possédé par les vieilles familles. « Morituri te salutamus »

« Non, » Murmura-t-elle, la colère disparut de ses yeux alors qu'elle traduisait le latin. « S'il te plait, non. Je ne peux pas te perdre toi aussi. »

Ils chancelaient dangereusement, proche du précipice de la désolation, de la mélancolie et Drago savait qu'il n'y aurait pas de retour s'ils tombaient. « Tu ne peux pas dire des choses comme ça, » Dit-il lentement, lui faisant le sourire le plus élégant dont il était capable. « On va finir par penser que nous sommes amis ou quelque chose dans ce genre là. Ce serait une honte de gâcher cette amère rivalité et cette haine, ne penses-tu pas ? »

Quand il était aussi insupportable, Drago savait qu'il était impossible qu'on le prenne au sérieux. Et quand il vit le sourire d'Hermione alors qu'elle chancelait, il sut qu'il en était toujours ainsi même quand le monde devenait enfer. « Ne sois pas aussi stupide, » Lui dit-elle en le lâchant. Alors qu'il se relevait, elle se jeta à son cou. « Oh Drago, je suis vraiment désolée de t'avoir frappé. »

Par-dessus sa tête, Drago croisa les yeux de Severus dans un appel muet. Aide-moi un peu, pensa-t-il en espérant que Severus verrait la panique sur son visage. Apparemment, il la vit puisqu'il haussa un sourcil et lui fit un sourire en coin. Drago grimaça en retour.

« C'est bon? » Drago se voulait rassurant mais tout ce qui sortit de sa bouche fut un cri de malaise. « Voudrais-tu resserrer ta prise un peu plus Hermione, je peux encore respirer. »

Elle le relâcha immédiatement et se recula, le regardant avec contrariété. « Je suis vraiment désolée Drago. Je ne sais pas pourquoi j'ai fait ça. »

Enfin libre, Drago haussa les épaules et essuya le sang de son visage. Il avait séché et il dut le gratter. « Ne t'inquiète pas. Si tu retiens tes émotions trop longtemps, elles se transforment en poison. Je préfère que tu me frappes, si ça t'empêche de devenir amère et froide. »

Hermione secoua la tête. « Non, ce n'est pas-«

« Laisse tomber Hermione. » La coupa gentiment Drago. « De plus ce n'est pas vraiment le lieu pour explorer les tréfonds de nos pensées et de nos sentiments. » Son regard oscilla de Hermione à Severus. « Si on en a terminé avec ce 'aimer et partager, je préférerais y aller. Plus vite je découvre ce qui s'est passé, plus vite nous pourrons modifier le monde. D'accord ? »

Hermione acquiesça, même si elle n'avait pas l'air ravie.

« Non, » Le contra Severus en les surprenant tous les deux. « C'est trop dangereux pour toi d'y aller seul. »

Drago ne s'était pas attendu à ce que Severus s'oppose à lui. D'eux trois, Severus aurait dû être le plus imprudent, celui qui chercherait à faire son possible pour ramener Harry et le monde. Il ne devrait pas s'opposer au meilleur plan que Drago ait jamais eu. « Quoi ? Tu veux laisser Hermione toute seule ? »

« Je ne suis pas une enfant! » Claqua Hermione. L'insulte, l'insinuation qu'elle n'était pas capable de prendre soin d'elle fit rejaillir sa colère.

« Non, tu ne l'es pas. » Lui accorda Drago. Il se retourna ensuite vers Severus et répéta. « Et non. Tu ne l'es pas. Il y a des années, tu as pu être le pire d'entre eux. Mais tu ne l'es plus et il y a de grandes chances pour que tu ne le sois pas ici non plus. Si ton autre te ressemble, il as combattu au côté des perdants et est mort avec tous les autres. »

Contrairement à Hermione, Severus n'essaya pas de le frapper. Il plissa simplement les yeux. « Hermione avait raison, nous n'avons aucune idée de ce qu'il y a dans le château. Tu prends trop de risques en y allant tout seul. »

« Trop de risques? » Répéta Drago incrédule. "Quelle différence cela fait-il que je meure ou non? Quand nous retournerons dans notre monde, nous ne serons même pas là. Alors je peux partir un peu plus tôt et quoi ? »

« Je ne te perdrai pas -»

« Tu perdras Harry, Severus! » L'interrompit Drago avec colère en essayant de rappeler à l'homme les raisons pour lesquelles ils étaient là. « A moins que nous ne remettions le monde dans ses rouages, tu le perdras. A cause des moldus, du Seigneur Noir ; il sera perdu si nous ne comprenons pas ce qui s'est passé. » Severus ouvrit la bouche pour parler, mais Drago ne le laissa pas faire. « J'apprécie ton inquiétude, Severus. C'est vrai. Mais j'ai toutes les années de ma vie pour m'habituer à n'être rien pour personne. Alors ne commence pas à me parler de ma vie maintenant ! Pas quand tu mets tout ce qui importe en jeu à cause de cela. »

Severus resta silencieux un moment. Des émotions que Drago ne pouvait nommer tourbillonnaient dans le fond de ses yeux. Ca n'avait pas d'importance de toute façon. Il ne pouvait rien dire qui le ferait changer d'avis. « Drago, » Commença Severus doucement.

« Je suis là, Severus, » Drago lui montra le château du doigt. « Fumfseck m'a prêté sa vision et je me suis vu, vivant et en bonne santé, me pavanant comme si j'étais le maître des lieues. Ca n'a pas d'importance qu'on me voie parce que je suis déjà là. Je peux entrer et je peux obtenir les informations dont nous avons besoin. Vous allez me ralentir et augmenter les chances d'être pris. »

Comme toutes les autres choses de sa vie, cette inquiétude arrivait au pire moment. Ca aurait été fantastique si ça avait été des années plus tôt quand il avait toutes ces idioties pour le bien de la connaissance. Ca n'avait plus d'importance, aussi tard dans le jeu, qu'on ait des sentiments positifs ou négatifs à son égard. Du moment qu'il en était la cause ; du moment que c'était sa vie, laisser une marque sur la vie de quelqu'un d'autre. Tout ce qu'il avait toujours voulu était d'avoir de l'importance, d'être quelque chose d'autre que l'ombre de son père ou le trophée de sa mère, d'être vu pour qui il était et non pas pour ce qu'il était. Mais ça ne s'était jamais produit et maintenant n'était pas le bon moment pour ce genre de sentimentalité.

« Je dois essayer, » leur dit-il platement. « Ca ne prendra pas longtemps. Je pense qu'il me faudra deux heures, au plus. Et je resterai en contact avec Fumfseck comme ça, s'il se passe quelque chose, il pourra vous en informer. » Si quelque chose m'arrive, Fumfseck, lie-toi à Hermione et donne-lui les informations que j'aurais été capable de rassembler. Vous deux, devriez être capable de trouver un plan. Hermione serait un bien meilleur compagnon que lui de toute façon. Après tout, elle avait l'intelligence et la soif de connaissance.

'Tu ne devrais pas partir à une bataille en pensant que tu vas perdre.'

L'espace d'un instant, il n'y eu que le bruissement du feu. Quand Fumfseck reprit la parole, ce fut avec une sincérité solennelle. 'Je ferai ce qui doit être fait.'

Que la promesse soit intentionnellement vague et évasive ne fut pas perdue pour Drago. Mais au lieu d'obliger le phoenix à faire ce qu'il lui avait demandé, Drago préféra acquiescer pour lui signifier son acceptation. Ce n'était pas comme s'il avait l'intention de se faire tuer, de toute façon.

« Y a-t-il d'autres arguments que vous souhaiteriez élevé ? » Leur demanda Drago en les regardant. « Parce que j'aimerais vraiment que ce soit terminé. Moins nous passons de temps ici mieux cela vaudra. »

Hermione avait l'air de vouloir discuter. Il y avait une lueur têtue dans son regard que Drago avait toujours associé à son refus obstiné de laisser les choses suivre leur cours. C'était le même regard qu'elle avait quand elle essayait d'imposer la SALE à ses camarades de classe qui ne se doutaient de rien. Et c'est ce qu'il avait vu avant qu'elle ne le frappe, des années auparavant, devant la cabane de Hagrid. Mais elle secoua simplement la tête, parvenant à avoir l'air triste et dans une colère noire.

Il y avait aussi de la colère dans les yeux noirs de Severus, mais Drago comprenait suffisamment bien son aîné pour comprendre que c'était dirigé contre lui-même, qu'il était frustré de ne pouvoir prendre lui-même le risque pour épargner à Drago le rôle d'agent double. Sous la colère, où était caché à ceux qui ne savaient pas où la trouver, Drago pouvait sentir une vague de peur. Pourtant Severus ne dit rien de plus. Il soutint simplement le regard de Drago et ce faisant, il dit bien plus que les mots n'auraient pu.

Bien que soutenir son regard fut difficile, il lui fut plus difficile encore de le briser. Ca n'aurait pas du être aussi difficile, mais il avait grandi en ayant l'habitude que la vie soit différente de celle qu'elle aurait du être et il n'en fut pas surpris. En fait, il imaginait que c'était ce que Potter avait du ressentir en regardant le Miroir du Erised. Regarder ce qu'il avait toujours désiré et savoir qu'il n'avait pas d'autre choix que de s'en éloigner.

Tu as meilleur temps d'être quelque part là dehors et d'être heureux. Parce que si j'ai fait tout ça pour rien, je vais être vraiment en colère. Pensa Drago avec irritation en détachant ses yeux de Severus. C'était un non sens pathétique, utopique, mais depuis que Severus lui avait parlé de ses croyances d'enfant, Drago avait donné beaucoup trop de crédit à une autre version de lui-même, une version plus heureuse, ayant moins de problème qu'un Drago Malfoy qui est sans cesse celui qui doit rester en dehors du cercle. Maintenant qu'il avait eu un entraperçu de la malveillance de ce monde, de sa cruauté, l'idée d'une vie plus agréable semblait moins pathétique. Ca paraissait aussi possible, même si l'expérience lui avait appris que le monde préférait la souffrance et la douleur à la paix et au bonheur.

Drago ne fit que quelques pas avant de s'arrêter. « Si Fumfseck vous dit de partir, » Les prévint-il sévèrement en regardant par-dessus son épaule, « Partez. Il n'y aura plus rien à sauver. » Il se retourna et continua son chemin jusqu'au château. Il ne se retourna pas.

Hpsshpss

« Pour survivre dans ce monde, Drago, tu dois apprendre à te cacher en étant visible aux yeux de tes ennemis. Ils sont tout autour de toi – certains espèrent seulement voir la malchance te tomber dessus, mais d'autres cherchent ta mort – et si tu leur échappes, tu dois devenir eux. Apprends à t'envelopper de la société comme tu le fais avec une cape, deviens le monde dans lequel tu marches pour que personne ne trouve ta présence menaçante tant que tu ne le souhaites pas. Mens avec la vérité. Reflète tout. Ne donne rien en retour.

En avançant, Drago se rappela les conseils de son père dont il n'avait pas voulus et il devint froid, dessinant un sur son visage un sourire sans joie. S'il avait su comment sa douteuse sagesse allait lui être utile, Drago avait le sentiment que son père se retournerait dans la tombe qu'il méritait. L'ironie de cette situation ne m'a pas échappé, père. Ton plus grand espoir est devenu ta plus grande déception ; c'est vraiment dommage que tu ne puisses pas le voir de tes yeux. Un tel sentiment était mesquin et ne lui ressemblait pas, mais il s'en fichait. De son point de vue, il le méritait.

Lucius Malfoy avait passé des années à essayer de façonner son fils pour qu'il devienne un parfait successeur, qu'il devienne la main droite de Voldemort. N'ayant jamais désiré être le souverain du monde, le deuxième au commande, Lucius n'avait pas compris que Drago pourrait ne pas être satisfait d'être un subordonné. Au lieu de lui enseigner à être un servile flagorneur, il aurait dû lui apprendre à être un chef. Cependant même si Lucius avait pensé aux bénéfices qu'il pourrait obtenir en formant Drago à renverser le Seigneur Noir, Voldemort Lui-même serait intervenu, certainement fatalement et l'aurait arrêté. Pour sa part, Drago avait absorbé les leçons qu'il avait compris être les plus sages et avait fait sembler d'accepter celles qu'il avait rejetées. Maintenant, il ressortait chacune d'elle des tréfonds où il les avait rangées, les mêlant afin de créer un masque impénétrable qu'il glissa avec une facilité troublante. Il aurait du se sentir malade, nauséeux, une histoire d'amour désagréable qui rendrait sa peau couverte de dégoût. Mais il s'était enveloppé autour de lui comme une seconde peau, effaçant qui il était ces dernières années, comme si le masque avait été vrai tout le long.

Il aurait dû avoir peur. Ce qu'il faisait était incroyablement dangereux ; peut-être était-ce même la chose la plus dangereuse qu'il avait faite au cours de sa vie, et vue qu'il s'approchait à grands pas de la fin de sa vie, il pourrait le savoir. Travailler contre le Seigneur Noir, entretenir et envisager la possibilité d'oser l'affronter était suffisamment risqué pour la majeur partie du monde Sorcier, bien que contre ses tactiques et sa philosophie, avait choisi de rester sans rien faire et de lui permettre de prendre le pouvoir au lieu de l'arrêter. Marcher ainsi dans son domaine, à son apogée, sans savoir la manière dont il règne ou quel était son bastion était un véritable suicide de. Et pourtant, alors qu'il s'approchait du château, Drago fut simplement surpris de découvrir qu'il n'avait pas peur. Il était déjà un homme mort, l'était depuis le début de ce cauchemar et à chaque minute passée, ce savoir s'accentuait, s'étendant sur son subconscient comme un glacier, creusant les restes des cellules qui lui permettait de se protéger et les enfouis sous le poids de la sécurité.

Il vaut mieux mourir debout que vivre une éternité à genoux, pensa Drago en souriant d'un humour morne alors qu'il remuait le vieil adage pour convenir à sa déplorable situation. Malgré tout ce qu'il avait eu enfant, Drago s'était toujours tenu au bord du précipice de sa propre destruction. C'était le seul moyen de faire face à ce que sa famille avait crée pour lui dans le monde ; une prison dont les murs étaient fait de la peur des autres, des chaînes forgés de tradition et d'avidité. Voir le monde mourir, coulé avec le besoin intrinsèque de redevenir ce qu'il avait été, fit revenir ce trait de sa personnalité qui autrefois l'avait rempli de terreur mais aussi d'une noire anticipation. S'il devait mourir en ce jour, Drago avait l'intention d'emmener le château tout entier avec lui.

Il ne rencontra aucune opposition lorsqu'il atteignit le château et personne ne l'attendait quand il mit les pieds à l'intérieur. Il ne regarda que du coin de l'œil désintéressé ce qu'il y avait autour de lui, les alentours inconnus. L'intérieur ne ressemblait absolument pas à ce que Drago avait connu et il avait l'impression d'avancer dans un lieu tout à fait différent. Où il y avait eu des couloirs amenant à d'autres ailes, il n'y avait qu'un couloir vide, s'étendant dans l'obscurité. Disparues les décorations familières, les portraits et les peintures n'ornaient plus les murs, les vieilleries qui avait meublées les parties les plus lourdes du château avaient disparu et les torches vacillaient sur leur appliques de fer où autrefois les bougies fournissaient la lumière.

Fous, pensa Drago avec mépris, choisissant l'escalier le plus proche qui ressemblait vaguement à quelque chose qu'il aurait pu avoir connu autrefois et commença son ascension jusqu'au deuxième étage. Alors pressé d'effacer les anciens habitants qu'ils se sont débarrassé de toutes les commodités qui auraient pu rendre cet endroit vivable. L'air humide et fétide était lourd à cause de la fumée des torches. Les couloirs étaient sombres et bien trop noirs. Drago pensa qu'il était censé ressentir de la crainte; mais tout ce qu'il ressentait était de l'ennui. Voici un nouvel échec du Seigneur Noir. C'est l'homme que craint le plus le monde sorcier. Un peu de pouvoir et ils rampent comme de lâches moldus. Pas de vision. Pas de finesse. Juste du pouvoir. Et toi père, es le pire de tous. Le monde aurait pu être à toi, et pourtant tu t'es laissé intimidé par un homme qui a la mentalité d'un enfant. Peut-être est-ce moi qui devrait avoir honte de toi.

Il était très facile d'enflammer la haine; c'était les bases avec lesquelles il avait crée sa vie. La haine de sa famille qui avait volé son enfance et avait essayé de le faire devenir quelqu'un qu'il n'avait aucune envie de devenir. Haine du Seigneur Noir, qui avait le pouvoir de rendre le monde bon et qu'il le plongeait dans l'obscurité à cause d'une vengeance insignifiante. Haine contre les moldus, qui malgré leur faiblesse, faisaient peur au monde sorcier. Et haine contre lui-même parce qu'il est incapable de faire quoi que ce soit pour arranger les nombreuses choses qui sont allées de travers dans son vie. Dans ce monde, le Seigneur Noir a fait de la haine son pouvoir, et c'était précisément ce que Drago avait besoin. Il la laisser s'emparer de lui, regardant impassiblement les derniers vestiges de lui-même, scandalisée par la facilité par laquelle il avait repris son ancienne personnalité, se consumer.

Il avançait dans le château comme s'il avait tous les droits d'être là, il savait qu'il aurait dû être effrayé d'être vu. Sa robe était déchirée, ses cheveux mal peignés et il ne faisait aucun effort pour masquer la cicatrice si visible de son cou. Si on le voyait, on saurait immédiatement qu'il n'appartenait pas à ce lieu. Drago ne sortait jamais en public en ayant l'air d'un vagabond échevelé. Mais les couloirs étaient vides ; Drago pensait que la majeur partie des habitants dormait. Et même si ce n'était pas le cas, il doutait que ça fasse la moindre différence.

Le fatalisme, utilisé à bon escient, pouvait être étonnement utile.

Le temps semblait passer lentement alors que Drago traversait le château, cherchant les escaliers qui lui permettraient de monter plus haut. Il avait préféré ne pas s'appuyer sur ses souvenirs – le bâtiment avait été bien trop modifié – et il s'appuya sur son instinct. Si sa proie avait été n'importe qui d'autre, il savait qu'il aurait eu des difficultés. Pourtant, s'il y avait une chose dont il n'avait pas le moindre doute était que c'était Drago Malfoy ; le monde et les bâtiments autour pourraient changer cent fois, mais Drago Malfoy serait toujours le même. Il savait que son autre lui aurait exigé la plus haute pièce que le Seigneur Noir lui permettrait d'avoir, le meilleur point de vue sur le monde et apprécié son sentiment arrogant et mal placé de supériorité. La seule chose qu'il lui restait à faire était de trouver la pièce.

S'il en avait été capable, Drago aurait demandé à Fumfseck plus de précision sur l'agencement du château. C'était une chose de ne pas s'inquiéter d'être pris parce qu'il était certain qu'il n'existerait bientôt plus, s'en était une autre, c'en était une autre d'être imprudent par stupidité. Mais le phoenix s'était retiré de son esprit au moment où il était entré dans les bois. Le lien était demeuré ; il le sentait loin dans son esprit, comme un fil fragile d'une toile d'araignée faisant face à la lumière, cependant la présence du feu avait disparu. Drago était content de son absence.

Il y avait des choses qui devaient être faites seules.

Même alors que le sombre sourire prédateur jouait sur ses lèvres, Drago était conscient de se tenir immobile devant une porte, un porte ordinaire, sans décor, une porte qui n'a rien de remarquable comme si elle menait de la cuisine au placard à balais. Il n'eut pas besoin de se demander ce qui se cachait derrière. Il pouvait le sentir, la présence de l'autre Malfoy lui faisait l'effet d'un courant d'air, lui donnant la chair de poule. Le sourire se transforma en une grimace carnassière, un crissement inconscient des dents qui parlait d'un temps passé quand les lignes qui séparaient les deux créatures à deux pattes des créatures à quatre pattes étaient effectivement très fines.

Drago désigna la porte du doigt. Le miroir se brise maintenant.

C'était une porte ordinaire. Sans décor avec des marques remarquables ou des décors voyants. Du bois ordinaire qui n'avait subi ni sort ni charme. C'était une porte ordinaire. Et elle se désintégra quand le pouvoir du sorcier la brisa.

Il entra, se déplaça dans les appartements de son autre, ses yeux oscillant sur les objets et les meubles épars, sans intérêt pour la vie qu'il aurait pu vivre. Il n'y avait qu'une chose qu'il cherchait. Et alors que les ombres ondulaient sous la porte voûtée du quartiers endormi, il les regarda directement : des yeux gris, écarquillés par le choc et la confusion, des yeux qui ressemblaient traits pour traits aux siens.

« Que se… Comment peut… Q- Qui êtes-vous ? » Les mots étaient hésitants, sortant difficilement d'une bouche si désarmée qu'elle oublia tout prétention d'élégance.

Contrairement à lui, la voix de Drago était diluée de poison, glissant sur ses lèvres comme la soie la plus fine. « Le reflet d'un miroir brisé. »

« Qu- quoi? » La peur nue illumina la peau pale. Il avait la bouche grande ouverte.

Les paroles de Drago étaient teintées de dédain qu'il n'essaya pas de dissimuler. « Je suis toi, Drago Malfoy. Je suis ce que tu aurais été si le Seigneur Noir avait perdu la guerre. »

C'était ces mots, l'implication que le régime actuel n'était pas aussi puissant qu'il prétendait l'être, qui effaça la surprise des yeux froids. La colère blessée prit rapidement la place. « Le Seigneur Noir n'a pas perdu ! »

« Pas dans ce monde, espèce de fou suffisant, » Claqua durement Drago. « Tu es assis ici, en toute sécurité dans ce lieu où ont vécu nos pires ennemis et tu parles comme si je pouvais ne pas le voir de mes propres yeux. Je peux voir votre victoire. Je parle de mon monde. Celui dans lequel Dumbledore règne et ce diable de gamin qui a Survécu nous hante."

Les yeux se plissèrent sensiblement, la colère s'effaça en une contemplation perspicace. « Tu viens vraiment d'un autre monde ? Ce n'est pas une sorte de piège ? »

« Peut-être devrais-je être content que nous ayons perdu, » Railla Drago, ses lèvres se tordant de dérision. « Ou j'aurais pu grandir aussi doux et sans esprit que toi. As-tu oublié comment sentir le pouvoir ? Dans ta liberté, es-tu devenu aussi aveugle que ceux qui suivent Dumbledore ? » Il ouvrit ses bras. « Est-ce une illusion crée par le polynectar ? Ou suis-je réel ? »

La tête penchée d'une manière si familière à Drago que la sensation de respirer, l'autre s'avança vers lui. Un pas puis un autre. Il traversa rapidement l'espace qui les séparait, parcourant de ses yeux le corps de Drago, regardant les traits qu'il voyait chaque fois qu'il regardait dans un miroir. Ses mouvements devenaient de plus en plus sûrs alors que son insécurité disparaissait et il finit par tourner autour de Drago avec la grâce d'un chat chassant. La différence entre eux, si évidente au début quand le choc l'avait rendu maladroit, avait disparu.

"Remarque," Murmura l'autre en se plaçant devant Drago. Ses yeux oscillèrent de haut en bas avant de rencontrer ceux de Drago. Il leva une main et passa ses doigts sur les pommettes de Drago et sur ses joues. Drago soutint la touche non désirée stoïquement, regardant l'autre froidement dans les yeux. Le temps s'écoulait alors qu'ils se dévisageaient yeux dans les yeux jusqu'à ce que l'autre baisse les yeux et se posent sur la cicatrice sur la gorge de Drago. « Que s'est-il passé ? »

Sans vraiment le décider, Drago attrapa le poigné de l'autre. « Ne la touche pas. »

L'autre écarquilla les yeux, d'abord de surprise puis d'un air taquin. « Qu'est ce que c'est ? Un badge d'honneur ? »

"Je pèse mes mots," Siffla Drago resserrant sa prise sur le poignet de l'autre avec menace.

Un petit sourire sur le coin de ses lèvres, l'autre se recula et leva sa main libre. « Bien sûr. Je ne voulais pas t'insulter. »

Drago plissa les yeux mais le lâcha, repoussa la main offensante loin de lui. Ses bras retombèrent, un geste qui signifiait clairement qu'il ne considérait pas l'autre comme un danger possible. Il savait que ça ne passerait pas inaperçu ;

Le sourire de l'autre s'aiguisa comme un rasoir. « Le monde duquel tu viens… »

« N'est pas un monde que tu peux conquérir. » Finit Drago brutalement, sachant trop bien comment son esprit fonctionnait. « Ils ont vaincu le pouvoir du Seigneur des Ténèbres. Tu ne pourrais pas les défier. Non, ce n'est pas mon monde. Tu possèdes ce que je cherche. »

"Et qu'est-ce donc?" La question était condescendante, comme si l'autre avait compris ce qu'il croyait être un plan transparent et embarrassant.

« Un monde dans lequel nous sommes libres. Un monde dans lequel les moldus ont appris leur place, à nos pieds. Un monde où nous sommes les maîtres. Un monde sans Harry Potter. »

"Alors tu es venu prendre le mien?" Lui demanda l'autre avec un amusement arrogant. « Pensais-tu vraiment pouvoir prendre ma place ? Que personne ne le suspecterait ? »

Drago le regarda en silence puis éclata de rire. Le son si dur et aigu que le sourire supérieur de l'autre s'effaça. « De tous les mondes, tu crois vraiment que je voudrais celui-là ? Cette hauteur est peu convenable, Drago. Je veux mon monde. Alors je suis venu ici apprendre comment tu as réussi là où nous avons échoué."

Les yeux de l'autre devinrent suspicieux. « Comment savais-tu que ce monde existait ? »

« Pour tous les choix, il y a une issue. Pour chaque sentier, une destination. » Lui dit Drago avec moquerie. « Ne faisais-tu pas attention en cours quand nous étudions le voyages temporels ? »

"Nous n'avons pas de cours-"

« Penses-tu que nous abandonnerions ? » Le coupa Drago durement. « Penses-tu que nous nous ferions allégeance à Dumbledore dès que le Seigneur Noir serait battu ? Non ! Nous avons continué ! Nous avons découvert un moyen de nous assurer de la victoire du Seigneur Noir ! Et donc, je suis ici, en témoignage de ceux loyal à la cause, pour te demander ton aide. Aide nous à avoir ce que tu as fait ici. Dis-moi ce qui s'est passé. Dis-moi comment le Seigneur Noir a vaincu. Sauve mon monde, comme ton monde a été sauvé. »

Enfant élevé à croire qu'il avait toujours tout ce qu'il désirait, que le monde devait s'agenouiller pour lui donner tout ce qu'il avait toujours voulu simplement parce qu'il le voulait, la fierté de Drago était sensible à la flatterie. En tant qu'adulte qui s'est trouvé du côté des vainqueurs et reçu un monceau de butin à ses pieds, la fierté de Drago était toujours sensible à ceux qui venaient vers lui pour le supplier. Une expression bienveillante traversa les traits de l'autre.

« Bien sûr. Je sauverai ton monde pour toi," Lui dit l'autre magnanimement, en se rapprochant pour poser une main sur le bras de Drago. « Après tout, nous sommes la même personne, non ? »

Drago lui fit un petit sourire qui comportait de la reconnaissance et du soulagement. « Mon monde est horrible. Nous rodons dans les ombres, peur d'être découvert. Ton aide nous permettrait de regagner notre fierté et notre liberté. Nous te serions redevable. »

"Oh?" L'autre haussa un sourcil de surprise. "Et bien alors peut-être qu'un petit échéance peut-être fait, hmm ? Juste un petit quelque chose pour faire de toi un héros ? »

Sans avoir à le demander, Drago savait exactement ce que l'autre voulait dire. « Bien sur, » Répondit-il facilement, en souriant dangereusement à son autre, un sourire qu'il savait qu'il ne comprendrait pas correctement. « Nous devons nous occuper de nous, n'est-ce pas ? »

« Presque, » Répondit l'autre en ayant l'air content de lui. « Mais je dois te prévenir, la bataille n'a pas été aussi belle et glorieuse que tu pourrais t'y attendre en écoutant le récit du triomphe du Seigneur Noir. »

Drago haussa un sourcil. « J'en e comprends pas. » Répondit-il déconcerté. "Dans mon monde, il y eut un terrible bataille. Le Seigneur Noir lui-même nous a conduit à attaquer l'école, cherchant à détruire les forces de Dumbledore mais au lieu d'être terrifié et désorganisé par l'assaut, ils étaient préparés à se battre d'un bout à l'autre. Il y eut de nombreux dégâts et victimes d'un côté comme de l'autre. C'est là que le Seigneur Noir est tombé devant Potter. »

L'autre acquiesçait en entendant le récit du conflit. « Et c'est aussi ainsi que cela c'est produit. Mais à la fin, quand il a affronté le Seigneur dans toute sa splendeur, qui avait retrouvé ses forces après sa résurrection, Potter a hésité. »

Dans le silence qui suivit ces trois mots, Potter a hésité- il lui sembla entendre un échos assourdissant.

« Quoi ? » Lui demanda finalement Drago. Mais la question semblait plus une expiration qu'une réponse construite consciencieusement.

"Pathétique, hein," L'autre tapota doucement le bras de Drago de commisération. « Après toutes les histoires autour de la prophétie et du Survivant, on aurait pensé que le petit idiot se serait battu. S'être caché, avoir organisé des réunions secrètes et toute cette préparation, pour quoi ? Potter est juste resté là, debout comme un idiot, il ne s'est même pas défendu. »

« Mais pourquoi ? » Lui demanda Drago en secouant la tête de frustration. "Quelle est la différence? Dans mon monde, il s'est battu. Et ici, non. Ca n'a pas de sens. Ca ne m'aide pas. Comment suis-je censé change le passé quand je ne sais pas pourquoi il a agi ainsi dans un monde et d'une autre façon dans un autre?"

L'autre haussa les épaules. "D'après ce que je sais, personne ne sait ce qui s'est passé. Je pense que j'aurais pu lui demander, convaincre Potter de me dire quand il était encore en vie, mais je n'ai commencé à me poser la question que quelques mois après. Et il était mort. Et même s'il ne l'avait pas été, je doute qu'il serait resté quelque chose pour répondre à mes questions. » Les yeux de l'autre s'éloignèrent et il sourit de plaisir. "Ah, mais c'était deux semaines merveilleuses. Ce que nous lui avons fait. Le Seigneur Noir est d'abord venu, bien sûr et quand il en a eu terminé avec lui, il nous l'a donné. Je dois te donner les détails, te dire quoi faire avec lui une fois qu'il sera brisé. »

« Ca ne va pas se produire si c'est tout ce que tu peux me dire. » Claqua Drago durement en secouant l'autre, ce qui le sortit de sa rêverie. « J'ai besoin de savoir pourquoi Potter a hésité. »

"Je ne sais pas pourquoi." Rétorqua l'autre avec énervement. Il semblait ne pas avoir apprécié le traitement rude. « Je n'ai que des hypothèses. »

"Des hypothèses sont mieux que rien."

L'autre semblait s'être refroidi en entendant le ton de Drago. « La plupart des mangemorts pense que c'est parce qu'il était simplement faible, que les histoires que l'on raconte sur son pouvoir n'étaient que des mensonges de Dumbledore qui essayaient de nous effrayer. Peut-être y a-t-il une vérité derrière cela. Mais j'ai toujours pensé que c'était parce qu'il ne s'est pas attendu à ce que le Seigneur Noir tue Snape. »

"Le Seigneur Noir a tué Snape?" Répéta Drago doucement.

« Tu veux dire qu'il est toujours vivant dans ton monde ? » L'interrogea l'autre avec curiosité.

"Oui…" Répondit lentement Drago.

"Le Seigneur Noir a laissé le traître vivre?"

"De quoi parles-tu?"

L'autre écarquilla les yeux. "Tu ne sais pas! Snape était un traître. Il faisait croire qu'il était fidèle au Seigneur Noir mais il ne l'était pas. Il était un espion au service de Dumbledore ! »

Drago renifla de dédain. "Bien sûr qu'il l'était ; C'était le but. En prétendant qu'il était de l'autre côté, il pouvait être proche de Dumbledore et il a été capable d'avoir la confiance du vieux et d'entrer dans le cercle de ses partisans. Il n'aurait pas pu le faire si Dumbledore avait soupçonné qu'il travaillait vraiment pour le Seigneur Noir. »

« Ca, c'est ce qu'il nous a dit, » Le contra l'autre en secouant la tête. « Mais il est allé un peu En réalité, Snape nous espionnait pour le compte de Dumbledore. Il venait à nos réunions, il écoutait nos plans, il nous convainquait de sa loyauté en nous révélant ce que nous savons maintenant être des informations insignifiantes et sans conséquences puis il rapportait tout à Dumbledore et à son Ordre du Phoenix. Nous avons été trahi.

Aussi plausible que soit cette explication, ça n'expliquait pas le comportement de potter. Drago regarda son autre d'un air sceptique. « Peut-être espionnait-il pour l'autre côté. C'est un homme intelligent, je pense qu'il serait capable d'orchestrer une telle charade. Pourtant le lien avec Potter m'échappe. Jusqu'à présent nos mondes sont semblable l'un à l'autre et je ne peux que penser que ta version de Potter détestait Snape autant que la mienne. Je ne peux pas croire qu'il se soit soucié de la mort de Snape. »

"Oh non, je ne pense pas qu'il s'en soit soucié. Je pense qu'il a simplement été surpris. Soit il ne savait pas que Snape était lié avec le Seigneur Noir et l'a découvert pendant la bataille, soit il savait et il pensait qu'il était du côté du Seigneur Noir. Comme tout ce qui entourait le Gamin Qui ne Vit Plus, je pense que c'était un accident. »

"Le Seigneur Noir a tué Snape. Potter était si surpris qu'il a laissé le Seigneur des Ténèbres le capturer. Est-ce que tu veux me dire que c'est ce qui s'est passé cette nuit-là ? » Drago plissa les yeux, sa voix calme et monotone.

« C'est la différence, non ? » Répondit l'autre sans remarquer le ton de Drago ou n'en pensant rien. "Le traître est vivant dans ton monde. Il est mort dans le mien. Il est mort la nuit où Potter ne s'est pas battu contre le Seigneur Noir. Il n'est pas mort dans le votre et Potter a vaincu. Si tu me demandes mon avis, tout ce que tu as à faire est de tuer Snape. »

Le silence tomba alors que Drago scruter son autre, cherchant dans ses yeux la vérité sur ce qui s'est passé cette nuit-là. L'autre lui rendit son regard avec une indifférence insipide, sûre de ce qu'il disait, certain de ne pas mentir. Au moins, pas dans ce temps. Finalement, le fantôme d'un sourire illumina le visage de Drago.

« Tu m'as donné le moyen de sauver mon monde, » Lui dit Drago en toucha le visage de celui qu'il aurait été s'il avait choisi un chemin différent. « Pour cela, je te remercie. Et je te donne le seul cadeau que je puis t'offrir. »

Trop tard, l'autre sentit que quelque chose n'allait pas. Une lueur dans ses yeux ? Le ton de sa voix ? Quelque chose qu'il a dit qui ne sonnait pas vrai ? Drago ne le sut pas. Et il ne s'en souciait pas. Il resserra sa prise, retenant l'autre à sa place alors qu'il se débattait contre lui. Drago aurait pu lui dire de nombreuses choses si la situation avait été différente. Mais elle ne l'était pas. Et il y avait tant de 'si seulement' dans la vie de Drago qu'une de plus, surtout une si petite et sans importante n'était pas suffisante.

Il le regarda dans les yeux une dernière fois et sourit.

"Avada Kedavra."

La lumière verte fut si lumineuse qu'elle l'aveugla temporairement et il miroir se brisa. Le bruit des tessons tombant sur le sol fut amorti.

Les points colorés s'effacèrent de sa vision et Drago regarda le corps à ses pieds. Il eut l'impression de se tenir là indéfiniment, se regardant, incapable de bouger, de parler ou de penser. Une minute s'écoula. Une autre. Et la paralysie disparue. Les secousses s'emparèrent de son corps, il les sentait à peine alors qu'elles traversaient ses membres et sa colonne vertébrale, devenant de plus en plus forte jusqu'à ce qu'il tremble tant qu'il soit incapable de bouger. Dans son esprit, il se voyait avancer vers le château, entrer à l'intérieur et se balader dans les couloirs. Il s'observait parler à lui-même, chaque mot ramenant une autre horreur. Il sentit la haine menaçait de l'étouffer. Il vit le monde exploser en une lumière vive. Mais la haine ne recula pas.

Comme si ça avait été lui, Drago regarda les mangemorts fourmillaient dans Poudlard. Il sentit un flot rancunier de triomphe en apprenant que Severus avait été découvert par Voldemort et que Potter avait été capturé. Il regarda avec plaisir le Seigneur Noir exercer sa vengeance, écouter les cris de Harry avec le plaisir de ceux qui entende un chef d'œuvre musical. Il sentit sa satisfaction quand le Seigneur Noir lui avait donner Potter et il avait fait payer à son ancien camarade de classe de l'avoir fui enfant, de s'être moqué de lui, de l'avoir repoussé, d'avoir travaillé contre lui, de ne pas s'être soucié qu'à la fin, les yeux de Potter était plus morts que vivant. Et il avait entendu sa voix, lui disant négligemment ce qu'il devait faire pour créer la vie qu'il venait de vivre.

« Tout ce que tu as à faire est de tuer Snape. »

La haine bouillait en lui comme un vent de flammes. Il effacerait ce monde, cet endroit qui avait été construit sur le sang, la douleur de tout ce qu'il avait toujours aimé. Il le brûlerait du passé. Il ne le laisserait pas grandir et devenir l'avenir. Ce monde et tout ce qu'il comportait serait cendres.

La haine s'enflamma.

Drago siffla. Au début ce ne faut qu'un son inintelligible de colère. Plus tard alors que le bruit commençait à mourir, il se concentra sur un mot.

"Brûle."

Le monde se transforma en flamme.

Author's Note:

Je souhaiterais déjà m'excuser d'avoir laisser tant de temps s'écouler entre le dernier chapitre et celui-ci. Beaucoup de choses se sont passé dans ma vie et je n'étais pas capable de trouver l'énergie nécessaire pour écrire. Le reste de Written in the Sand devrait être terminé beaucoup plus rapidement.

Ensuite, j'aimerais remercier tout ceux qui ont eu la patience d'attendre cette histoire si longtemps. Je sais que je l'ai commencé il y a des années. Si c'était possible, j'aimerais terminer E &A d'ici la fin de l'année. Que j'y parvienne ou non, je sais que j'aurais bien avancé d'ici la fin de l'année.

Troisièmement, je voudrais traduire la phrase latine que j'ai utilisé au milieu du chapitre Morituri te salutamus- Nous qui allons mourir te saluons (ceux qui vont mourir te salue)