Bonjour, bonsoir à tous, c'est encore Kuroshine ! C'est le dixième chapitre de cette fanfiction et je dois avouer que je suis assez heureuse d'y être arrivée. Pour ce chapitre j'étais énormément inspirée, j'ai trouvé une technique infaillible qui consiste à écrire sous forme de mémo tout ce que je veux rédiger dans mon chapitre. Alors oui, c'est complètement con comme technique et elle n'est absolument pas révolutionnaire et pourtant ça m'aide beaucoup. Du coup pour ce chapitre j'avais beaucoup de chose à dire et au final je n'ai pu en écrire qu'une partie, sans ça il aurait fait 8 000 mots au moins, haha ^^. Du coup la suite sera pour le onzième chapitre ! D'ici là je vous souhaite une bonne semaine et une bonne lecture, bye !
Chapitre 10
- « Eh bien, que t'arrive-t-il jeune homme ? »
Le ton stricte que j'avais employé avait l'air d'avoir interpellé la rousse.
- « Oh rien de grave Mademoiselle Petra, je n'aurai pas du prendre ce ton ! » fis-je, confus et gêné à l'idée d'avoir pu la faire paniquer.
Un rire cristallin résonna à travers le combiné, ce qui me rassura immédiatement, elle ne l'avait pas si mal prit finalement.
- « Eren, je disais ça pour rire ! Mais dis-moi, qu'est ce que tu me veux ? »
Sa voix mielleuse était très agréable à entendre, elle était si douce que n'importe qui tomberait sous son charme. Je ne sais comment l'expliquer mais il existe des personnes dont la voix est si plaisante à l'oreille que l'on pourrait les écouter parler pendant des heures, quand bien même s'il s'agissait de faits banals. Petra faisait parti de ce type de personnes. Sa manière de parler avait également quelque chose d'unique, toujours très polie, son langage était soutenu et pourtant elle ne passait pas pour quelqu'un de snobe. Si tel avait été le cas je n'aurais pas pu la supporter plus de deux minutes, au même titre qu'un débat entre politiciens… S'il y a bien deux choses que je déteste dans la vie ceux sont : le sport – toutes activités confondues – et les discours politiques à la télé… à vrai dire je hais la télé tout court en fait.
- « Rien de particulier Mademoiselle Petra, j'aimerai juste savoir si vous êtes disponible pour parler en ma compagnie. Disons… d'ici deux heures ? »
- « Je suppose que tu ne comptes pas me voir juste pour mes beaux yeux mais... »
- « Ce n'est pas ce que je voulais dire ! Vous avez de magnifiques yeux c'est un fait, mais j'aimerai également vous poser des questions et… » Je ne la laissai pas finir sa phrase et l'interrompis immédiatement, d'une voix confuse.
- « Eren ! Je suis une membre de gang, c'est dans mon métier de tirer profit d'une personne. Je ne vais pas te blâmer pour ça… » murmura la rousse d'une voix rassurante.
Je ris nerveusement suite à cette réponse, non seulement je venais de lui couper la parole mais en plus elle avait clairement l'impression que je me servais d'elle – ce qui est un peu le cas à bien y réfléchir – et cette idée ne m'enchantait pas du tout.
« … maiiiiis…. J'accepte volontiers, je suis dans un restaurant du premier arrondissement, rejoints moi d'ici deux heures. Je t'envoie l'adresse par texto, cela te convient-il ? » poursuivit-elle.
- « Avec plaisir, à tout à l'heure Mademoiselle Petra ! »
Ce à quoi elle raccrocha, lâchant au passage un petit rire, ce simple son me calma aussitôt.
Prochaine étape : me préparer. Une tâche qui n'était pas des moindres puisque je n'avais tout simplement aucun habits de rechange sur moi, à l'exception de ceux que j'avais porté à la sortie de l'hôpital. Il fallait également que je songe à changer mes bandages qui ne devaient plus protéger grand-chose à en juger par leur état.
Mon téléphone vibra, Petra venait de m'envoyer l'adresse. Il ne valait mieux pas retourner au Circus avant un bon moment, si quelqu'un parmi les habitués du bar me voyait, l'information risquerait très vite de faire le tour du gang avant d'atteindre les oreilles des membres d'Elrick. Et vu à quelle vitesse les informations circulent il y a très peu de chance pour que je m'en sorte indemne plus d'une demi-journée.
Je me dirigeai vers la salle de bain à la recherche de la trousse à pharmacie de Levi où il devait sûrement y avoir des bandages. Arrivé dans la pièce je commençai à fouiller les placards tout en prenant soin de ne pas désordonner toute l'organisation du noirâtre. Je prenais non seulement en considération le travail qu'il avait dû y apporter mais en plus je protégeai ma vie ! Parce qu'il y a très peu de chance pour que Levi me prenne tendrement dans ses bras en voyant un bordel monstre au niveau de son rangement. La seule chose qu'il risque d'enrouler autour de moi se sont ses mains sur ma gorge pour m'étrangler. La symétrie des objets était presque effrayante, absolument tout avait sa place, rien ne dépassait où se mélangeait avec quelque chose d'autre. Levi devait être très fort au Tetris…
La placard était composé de deux étages, le premier servait à y ranger les réserves de shampoings et gels douche et le second était occupé par les serviettes de bains. À côté de celles-ci se trouvait une petite boîte transparente dont on pouvait y distinguer des boîtes de médicaments.
Bingo !
Je tirai la boîte à moi et farfouillai un court instant avant de trouver l'objet de mes désirs : des bandages ! Je m'assis alors sur le bord de la baignoire, un rouleau de compresse à la main droite et un mouchoir mouillé à l'autre. Je soulevai mon haut, révélant ainsi pour corps faiblement musclé, et surtout mes bandages qui arrivaient en fin de vie. Je démêlai tout cela avec douceur, afin de ne pas rouvrir la plaie… et parce que ça faisait hyper mal ! Cependant je devais bien avouer que les médecins avaient fait un très bon travail en ce qui concerne mes points de suture, la cicatrice était infiniment petite. Je tapotai ensuite le mouchoir sur mon ventre, effleurant à peine ma peau, afin de nettoyer la plaie. Au bout de quelques secondes je finis par la recouvrir de bandages, faisant en tout quatre fois le tour de ma taille. Je remis tout à sa place et quittai la salle de bain afin de me diriger vers la chambre de Levi.
Je poussai la porte en bois et pénétrai dans la pièce, toujours dans la pénombre. Les rideaux étaient encore tirés et je me chargeai de les ouvrir. Une lumière intense traversa la chambre, dévoilant ainsi toute sa beauté. Je remarquai alors, sur une grande mâle grise, une pile de ce qui ressemblait à des vêtements. Je m'en approchai et constatai qu'il s'agissait bien d'habits et – à ma grande surprise – ils m'étaient destinés.
Ces fringues sont pour toi, t'as pas intérêt à me les salir et penses à faire le lit. À ce soir, gamin.
Et dire que je songeai à me balader à poil, tu as détruis mes rêves Levi !
La pile de vêtement était donc accompagnée d'une note qui recelait de petits mots doux… Malgré ma grande gueule et mon air au demeurant retissant, j'appréciais fortement l'attention de Levi; il avait dû comprendre que je ne possédai pas d'habits de rechange. Il devait l'avoir préparé ce matin et lorsque je m'étais réveillé je ne l'avais pas remarqué, ma tête étant encore ailleurs. Je pris en main le premier vêtement : une chemise noire, à croire qu'il savait que j'allais me rendre dans un lieu important – ou du moins il n'avait pas exclu cette possibilité – . Parce que oui, un restaurant du premier arrondissement ne pouvait être qu'étoilé ! Encore fallait-il deviner combien celui où Petra m'avait donné rendez-vous en possédait.
Qui sait, peu être aurai-je affaire à un trois étoiles ?
Je portai alors la chemise à mon visage, humant à grandes bouffées l'odeur de Levi mêlé à celle de la lessive. Je ne saurai dire à quelle marque elle appartenait – ne sachant même pas le nom de ma propre lessive – mais arrivais sans aucun soucis à distinguer le parfum du noirâtre. Si quelqu'un rentrait dans la pièce à cet instant il me prendrait très certainement pour un fou, maniaque des odeurs. Dans un hélant de méfiance, je jetai un coup d'œil à la porte de la chambre: personne. Soulagé, j'enfilai la chemise après avoir retiré mon haut de pyjama. Puis je remplaçai le bas par un jeans de la même couleur. J'émis un rire discret lorsque je vis l'étiquette du pantalon :
Levi's.
Après m'être habillé et remis en état le lit, je me rendis une fois de plus dans la cuisine, sur la table se trouvait encore ma tasse, vide. J'expirai péniblement avant de la récupérer et de la nettoyer directement. Ce fut l'une des rares fois où je lavais de la vaisselle juste après l'avoir utilisé.
Les minutes passèrent et je finis enfin de me préparer. Le trajet jusqu'au premier allait être long et je ne voulais pas faire attendre Petra – il était neuf heures et quarante-sept minutes – et il fallait compter une bonne heure de marche. Aussi décidai-je de partir dès maintenant, je récupérai mon manteau qui se trouvait sur une chaise du salon, et pris le soin de vérifier que tout était en ordre. La porte d'entrée qui se claquait sonna l'heure de mon départ.
Une fois l'ascenseur pris, je sortis du bâtiment, passant rapidement à travers le hall que je vis pour la première fois de jours. Un sentiment de légèreté s'était emparé de mon corps alors que je me dirigeai vers le deuxième arrondissement. Ce ressentit était certainement dû au fait que j'allais très certainement en apprendre plus sur Levi et – accessoirement – passer du temps avec Petra qui est, il faut bien l'avouer, de très bonne compagnie. Avancer ce genre de propos alors que je n'avais réellement discuté avec elle qu'à une seule reprise semblait un peu précoce. Mais je restai campé sur ma première impression quant à la rousse : c'était une femme bien.
Le deuxième arrondissement était connu pour ses marchés et ses zones résidentielles de grandes renommées. On y trouvait également une salle de cinéma, quelques bars et bien d'autres bâtiments culturels. Je ne me rendais que très rarement dans ces lieux, je n'aime pas particulièrement aller au cinéma. Non pas que je n'aime pas les films, au contraire, mais y aller seul ne me réjouissait pas tant que ça. À choisir je préférai encore m'y rendre avec mes potes mais cela ne les enchantait pas plus non plus. Rien de mieux qu'un bon restaurant ou un bar pour profiter de ses amis, et le sixième arrondissement était idéal pour cela.
Nombreuses étaient les personnes à se trouver dans leur lieu de travail au moment où je traversai les rues de Trost, il n'y avait donc pas autant de circulation que lorsque je sortais de cours, le vendredi soir – ce qui paraissait plutôt logique – . Cependant celles-ci n'étaient pas désertes, au contraire une trentaine de voitures passaient à la minute. Le centre-ville était déjà bien animé pour un mardi matin, certaines personnes se baladaient sur les trottoirs, seuls.
Je me rapprochai de plus en plus du premier arrondissement alors que je sentais, depuis quelques minutes déjà, comme une présence qui me surveillait. Au début je ne fis pas attention à ce sentiment de paranoïa, je n'avais pas l'habitude des lieux, il paraissait donc évident que je ne m'y sentais pas à l'aise. Je continuai donc tranquillement mon trajet en direction du restaurant ''La rose d'or'' où la rousse devait déjà m'attendre.
Mais plus tard mon sentiment de crainte et d'angoisse s'intensifiait, j'avais la fervente impression d'être suivi ! Je jetai à de multiples reprises des coups d'œils derrière mon épaule, à chaque reprise j'apercevais la même silhouette, au loin.
Un membre de la bande d'Elrick ?
Très certainement, et il ne devait pas me vouloir que du bien ou me demander tout simplement son chemin. Je fis de nombreux détours à travers des ruelles, ce n'était pas ce qui manquait en plein centre de Trost ! Cela ne suffisait néanmoins pas à le semer. La silhouette me suivait sans relâche, d'un pas toujours lent, comme s'il se baladait.
Me réfugier dans des endroits étroits et peu fréquentés n'était finalement pas une si bonne idée, et je ne m'en rendis compte qu'après avoir passé plusieurs petites rues. Lorsque j'aperçus un portique qui menait vers une zone piétonne très prisée je sus qu'il était temps d'agir, je n'allais quand même pas jouer au chat et à la souris pendant des heures ! S'il s'agissait bel un bien d'un membre de gang il y avait de forte chance pour que celui-ci soit armé, or au beau milieu de la foule je doute qu'il sorte l'objet avec lequel il comptait m'agresser… ou du moins je l'espérai !
Je me cachai alors contre un mur en pierre, envahit par le lierre, et attendis que mon poursuivant passe à son tour le portique. Mon cœur battait à cent à l'heure, ma dernière agression ne remontait à pas si longtemps que ça et je n'avais clairement pas envie de retourner à l'hôpital dans les prochaines années qui viennent.
La silhouette passa devant moi et s'arrêta, scrutant attentivement les environs, elle devait être en train de me chercher dans l'immensité de la foule. Je pris mon courage à deux mains et m'adressa alors à cette personne, sur un ton rauque et agressif.
- « On peut savoir pourquoi tu me suis depuis tout à l'heure ?! J'te préviens, on est sur une place bondée de monde, alors fais gaffe à ce que tu vas faire… »
La personne se retourna, l'air surprise, elle portait une cape verte ainsi qu'un capuchon sur la tête de même couleur. Celle-ci semblait suffisamment grande pour être un homme, bien que certains soient de petite taille. La silhouette leva les bras en signe de capitulation et en profita pour baisser sa capuche: c'était en fait une jeune femme.
Elle devait avoir approximativement l'âge de Petra, ses yeux étaient d'une jolie couleur marron tout comme ses cheveux, attachés en queue de cheval. Elle portait également de grandes lunettes grises rectangulaires et arborait un sourire gêné, tout en se grattant l'arrière du crâne. Cette image – aux premiers abords – inoffensive ne me fit pas baisser ma garde pour autant; elle pouvait très bien être animée de mauvaises intentions.
- « Haha, je pensais bien que tu m'avais repéré, je suis vraiment pas douée ! » s'exclama la brune, dont la voix était étrangement très grave. Si l'on ajoutait ce facteur à celui de sa grande taille on pouvait se demander s'il s'agissait d'une femme… ou plutôt d'un homme…
- « Qui est-ce qui t'envoie ?! » demandai-je d'un ton inquisiteur.
- « Tu ne vas pas me croire mais… il s'agit de Levi… »
Pardon ?
- « En effet je ne te crois pas… »
Levi aurait demandé à cette femme, homme – bref peu importe ! – de me suivre ? Pourquoi faire ? Il pense peut être que j'ai besoin d'une escorte pour me rendre d'un point A à un point B ? C'est quoi la prochaine étape: la baby-sitter ?! Je veux bien qu'il se sente un peu coupable quant aux derniers événements qui se sont déroulés et qu'il veuille me protéger, mais là quand même c'est pas légèrement extrême comme réaction ?!
Confuse, mais toujours joyeuse, la brune s'expliqua alors :
« Je m'appelle Hanji Zoë, Caporal-chef médecin et supérieure hiérarchique de Petra Ral. J'occupe le même grade que Levi mais dans un autre domaine. Il m'a demandé de te suivre une fois la porte du bâtiment franchit afin qu'il ne t'arrive rien durant le trajet. Enchantée de faire ta connaissance, Eren Jaëger ! »
Confus à mon tour, je pris la main qu'elle me tendit d'un air interrogateur.
- « Heuu… enchanté aussi… Hanji. » Je ne pouvais pas m'adresser à elle avec des thermes comme ''Mademoiselle'' ou encore ''Monsieur'', ne sachant pas quel était son sexe.
Mais voyons le bon côté des choses : je rencontrai enfin cette fameuse ''Hanji''. Elle ne semblait pas si folle que ça au final, un peu extravertie, certes, mais de la à dire qu'elle avait un problème mental… De quoi pouvait-elle bien se charger en tant que médecin ? Soigner des patients forcément, mais quel type de patients ? Des riches, des pauvres ? Mais bon, qu'importe, au font je n'ai pas à me mêler de quelque chose qui ne me concerne pas, tout comme elle d'ailleurs.
« Tu peux dire à Levi que je n'ai pas besoin d'une escorte pour me déplacer, et encore moins d'espions… »
Je m'apprêtai à partir, passant devant la brune, et au bout de trois mètres fus interpellé par cette dernière :
« Attends, Levi n'accepterait jamais le fait que je faille à une mission ! Alors je te propose de t'accompagner à l'endroit où tu veux aller et après ça je te laisse tranquille, ok ? Levi ne sera pas au courant de tout, ne t'inquiète pas. »
Je ne savais pas trop s'il s'agissait d'une bonne idée, mais je n'avais visiblement pas le choix, Hanji avait l'air d'être une personne particulièrement bornée. Aussi je n'arriverai pas à me débarrasser d'elle aussi facilement. Une seule solution : l'accepter en priant pour qu'elle me laisse partir une fois arrivé au restaurant.
- « D'accord… » lui répondis-je tout en expirant profondément.
Sans perdre une minute de plus – cet incident m'ayant déjà suffisamment retardé – j'emboîtai le pas et dépassai Hanji qui avait l'air heureuse de ne pas s'être fait rembarrée. Je ne savais pas trop quoi penser de cette Hanji, elle ne semblait pas bien lâche ou même folle, non, elle avait l'air tout à fait normale. Elle bossait pour Levi, forcément mon ressentit par rapport à elle était différent. Je pouvais avoir un minimum confiance en elle alors que je ne la connaissais même pas – fait impossible en temps normal – . D'autant plus qu'Hanji – tout comme Petra – semblait craindre le ténébreux, comme le prouve sa réaction face à mon refus de posséder une quelconque escorte. Autre fait intéressant : son grade. Elle avait les mêmes droits et la même influence sur ses subalternes que Levi, et pourtant Petra ne se montrait pas aussi respectueuse envers Hanji qu'envers lui. Cela pouvait se comprendre, elle ne dégageait absolument pas la même aura que le ténébreux, la sienne était bien moins imposante.
Cette multitude de question virevoltait dans ma tête alors que je traversai d'un pas décidé le deuxième arrondissement quand, soudain, une voix joyeuse et rauque me tira de mes pensées.
- « Tu vas voir Petra c'est ça ? C'est ce que Levi m'a dit en tout cas ! C'est une fille vraiment sympa mais elle n'a pas trop l'air de m'aimer. »
- « Ouais il a tout juste, et c'est ce qu'elle laisse croire en effet. »
Je ralentis le pas, voyant que la brune me suivait difficilement, je n'allais quand même pas la laisser à l'arrière !
- « Dommage, j'aurai bien aimé passer plus de temps avec elle… Mais bon, tant pis ! » se résigna t-elle tout en faisant serpenter son regard dans toutes les directions.
Le deuxième arrondissement était finalement très animé, bien plus en tout cas que le troisième ! À croire que l'on passait d'un petit village de campagne à une mégalopole en quelques rues seulement, j'osai à peine imaginer l'ambiance qui devait régner dans le quatrième…
Hanji et moi nous trouvions en pleines rues marchandes, de nombreuses boutiques d'habits, de chaussures, et de parfumeries en tout genre se trouvaient de part et d'autre de l'allée.
Je n'avais pas particulièrement envie d'engager la conversation avec elle, mais elle devait en savoir bien plus que moi ou même Petra quant au fonctionnement de cette ''mafia''. Aussi commençai-je à lui poser quelques questions, l'air de rien.
- « Hanji Zöe, c'est ça ? Tu es toi aussi Caporal-chef ? »
- « Ouais c'est ça, dans la section de médecine – elle donnait l'impression d'être fière d'elle – c'est l'un des plus hauts grades. À vrai dire on en a pas tant que ça dans notre gang; il y a bien sûr les Premières classes et les Secondes classes – qui sont les plus nombreux – puis les Caporales, comme Petra par exemple. Après viennent Levi et moi les Caporales-chefs, ensuite les Majors et enfin les Lieutenants.
Je me contentai de hocher la tête alors qu'elle déblatérait à une vitesse hallucinante un cours qu'elle avait dû apprendre par cœur. La manière dont elle s'exprimait n'était pas la seule chose qui m'impressionnait, l'organisation de ce gang était bien plus complexe que ce que j'avais pu m'imaginer. C'était une véritable industrie et chacun y avait un rôle défini.
« Chaque membre à son propre grade mais également sa propre section parmi celle de médecine, de dealers, d'informateurs et de stockeurs. »
Hanji stoppa subitement son discours. Interrogé je me mis à la fixer tout en arquant un sourcil. Peu être qu'elle s'était rendu compte que divulguer toutes ces informations à un inconnu n'était pas la meilleur chose à faire. Bien que cet inconnu était déjà fourré dans quelques événements foireux, mais bref, passons.
« Je t'explique toutes ces choses depuis tout à l'heure mais si ça se trouve tu n'en as strictement rien à faire, ça ne te dérange pas que je t'en parle ? »
- « Heu, nan pas du tout. C'est même plutôt intéressant en fait ! » La rassurai-je avec un léger sourire au coin de la bouche.
Ce n'est que plus tard que je me rendis compte que je n'aurai JAMAIS dû dire ça !
Cela faisait maintenant plus d'une demi-heure qu'Hanji m'expliquait en long et en large le fonctionnement de ces foutus sections ! Ma tête me faisait un mal de chien tellement j'en avais assez de ses explications, et le pire c'est qu'au fond je n'en avais pas tant appris ! Mon cerveau avait eu à peine le temps d'intégrer une info qu'une autre venait s'ajouter à celle-ci, tant et si bien que je ne suivais plus rien à la conversation – ou plutôt au monologue d'Hanji –.
Je sentis un profond soulagement se répandre en moi lorsque j'aperçus l'enseigne ''La Rose d'Or'' sur un bâtiment à quelques mètres de nous. Mon calvaire allait enfin s'achever après de longues minutes de souffrances.
« Ah, on est bientôt arrivé ! Alors, mes explications t'ont-elles éclairées ? » demanda joyeusement la brune.
Nan c'était horriblement chiant, putain !
- « Oui, merci Hanji ! » lui souris-je en retour, d'un air hypocrite.
- « Contente que ça t'ai plu alors, si jamais tu as d'autres questions n'hésites pas, hein ! »
Je hochai la tête de haut en bas, mon sourire coincé toujours aux lèvres la seule dont j'avais envie, là, c'était de la voir s'en aller…
« Bref, j'ai fais ce que Levi m'avait demandé, je n'ai donc plus rien à faire ici. À bientôt Eren, passes le bonjour à Petra de ma part ! »
« Comptes sur moi… »
Hanji se dirigea ensuite d'un pas léger vers un portique tout en remontant sa capuche verte avant de disparaître de mon champ de vision.
Sauvé !
Tout en me massant le crâne je scrutai la façade du restaurant, celle-ci n'avait rien à voir avec celle du bar Circus. C'était une belle bâtisse en pierre qui contrastait totalement avec les architectures modernes autour. Soudain je remarquai un petit détail sur l'enseigne, en bas à droite trois petites étoiles dorées y étaient accrochées.
Je restais immobile pendant un certain laps de temps, à les fixer, les yeux écarquillés au maximum. Je songeai à ce que j'avais pensé lorsque Petra m'avait annoncé que nous allions manger dans le premier arrondissement… Et bien mes pensées s'étaient réalisées !
Je vérifiai cependant une bonne trentaine de fois – oui je n'arrivais vraiment pas à y croire – que l'adresse était bien la bonne, sans ça il y avait un restaurant une étoile juste à côté qui me semblait déjà plus abordable pour une Caporale…
Rien à faire, c'était sans conteste ici que je devais me rendre et que Petra m'attendait. Toujours sous le choc je me mis à ouvrir timidement la porte du restaurant. Ma surprise fut encore plus grande lorsque je vis la décoration intérieure de la bâtisse.
Du marbre blanc luisait au sol, parfaitement propre. La hauteur sous plafond était d'au moins dix mètres tandis qu'un lustre gigantesque pendait au beau milieu de la salle. Les tables étaient recouvertes de nappes blanches et de vaisselles en verre – voir même en cristal – et des chaises couleur crème étaient disposées tout autour. De longs rideaux de même teinte étaient accrochés aux fenêtres. Les murs étaient de couleur vanille et quelques tableaux décoraient la pièce. L'on pouvait accéder à une mezzanine tout aussi richement décorée par l'escalier au fond de la salle. Je fus une nouvelle fois scotché sur place à ne plus savoir vers où porter mon regard tant la pièce était grande et belle.
Un serveur habillé d'un costume deux pièces noir se dirigea vers moi, une carte à la main. Lorsqu'il se trouva à mes côtés je me rendis compte qu'il était bien plus grand que moi, il devait mesurer dans les un mètre quatre-vingt ou quatre-vingt-dix.
- « Vous avez réservé ? Puis-je avoir votre nom je vous prie ? » questionna-t-il de façon très polie.
- « Heu… Eren Jaëger, Mademoiselle Petra Ral a dû réserver une table je pense. » fis-je, totalement intimidé, étant très peu habitué à ce genre de lieu.
- « Très bien, veuillez me suivre je vous prie… »
Il emboîta le pas et se rendit en direction des tables plus au fond de la salle, je le suivis et constatai qu'il n'y avait pas beaucoup de monde pour le moment. Il n'était pas encore midi mais les clients ne tarderaient pas à venir se restaurer en masse d'ici peu de temps.
Je vis alors, assise à une table, la jeune femme qui m'avait donné rendez-vous, buvant tranquillement un verre de vin. Lorsqu'elle me vit à son tour elle se leva de son siège, un doux sourire au coin des lèvres.
« Monsieur… » m'interpella le serveur tout en me présentant la table, m'invitant ainsi à m'asseoir.
Je le remercie d'une voix faible et tournai mon attention en direction de Petra, qui me tendait d'ailleurs sa main droite. Je la pris délicatement et posai mes lèvres contre le dos de celle-ci, avant de lui sourire amicalement.
Elle me rendit mon sourire et s'exclama alors :
« Et bien, tu ne me demandes pas ce que j'insinu par ce geste et me fais directement un baisemain ? »
- « Vous savez Mademoiselle Petra, les jeunes de nos jours ne sont pas si incultes que ça… J'en déduis d'ailleurs que vous êtes une femme mariée, n'est-ce pas ? »
Elle se mit à rire joyeusement suite à ma remarque. En effet on ne fait jamais un baisemain à une femme non-mariée ou encore une jeune fille.
- « Et moi j'en conclus que tu es effectivement quelqu'un de cultivé. En revanche j'ai failli à cette règle, je suis encore une Ral. »
- « Oh, excusez-moi. Je pensais… enfin… » Toute ma virilité venait de s'évaporer comme neige au soleil.
Chassez le naturel et il revient au galop…
Je fus une fois de plus frappé par sa beauté, ses beaux cheveux roux étaient joliment bouclés et ses yeux noisettes ressortaient grâce à un maquillage discret. Elle portait une longue robe violette pâle et des escarpins gris en daim. Le violet devait très certainement être l'une de ses couleurs de prédilection, la dernière fois déjà elle arborait un pull de cette couleur.
J'avais un tantinet l'air d'un clochard comparé à elle, certes je portais une chemise et un pantalon noir mais il manquait un petit accessoire pour rendre le tout plus ''chic'', comme une cravate par exemple… ou des chaussures appropriées, autre que de simples baskets…
La jeune femme s'assit ensuite, d'un pas de louve, et posa ses mains croisées sur la table. Je m'assis alors en face d'elle et fis de même, toujours aussi gêné.
