Excusez-moi pour ce retard... Entre les cours, mes projets persos, la vie privée, je n'ai pas eu de temps du tout... Et c'est encore mieux lorsque, alors que j'allais enfin poster, le site bug. Je suis vraiment désolée :/

En tout cas, merci pour vos reviews, je pense à vous, et elles me font encore plus culpabiliser ! Pour ma prochaine fic (voir mon profil), je tiendrais mieux mes délais, promis !

En attendant, bonne lecture !

Disclaimer : Tout à JKR.

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Chapitre IX

Rien de grand ne se fait sans passion. - Hegel.

Cette traque à l'homme était devenue plus qu'une obsession, un moyen de survie. Tant que vivrait le traître, il n'aurait pas de repos. Seule sa mort pouvait lui apporter consolation. Aucun d'entre eux ne serait en paix tant qu'il serait chasseur ou chassé.

Par un étrange paradoxe, cependant, c'était grâce à Peter que Severus avait épousé Lily. Car sans cette tragique et sombre histoire qui lui avait ôté ses parents, jamais elle n'aurait quitté James. Une semaine plus tôt, il les avait surpris en train de s'embrasser… Mais Severus valait beaucoup mieux que Potter.

- Veuillez décliner votre identité, s'il vous plaît.

- Severus Rogue.

Et il ne se cacherait pas. Il avait perdu tête baissée par le passé, lorsqu'il était Mangemort. Il gagnerait cette fois les yeux rivés sur son ennemi. Se délectant du sentiment de puissance qui l'envahirait lorsque, enfin, le calvaire que Lily connaissait depuis cinq ans prendrait fin grâce à lui.

- Bien, dit l'employée après avoir griffonné son nom dans un registre. Quel est le motif de votre visite ?

- Je veux voir Pettigrow.

Son interlocutrice haussa un sourcil.

- Monsieur Pettigrow est indisponible pour le moment. Souhaitez-vous que je lui laisse un message ?

Severus se pencha vers elle, le nez presque collé à son visage, et souffla :

- Je sais qu'il est là. Il ne pourra plus fuir bien longtemps. Voilà mon message.

- Je le lui ferai savoir, répondit l'employée avec calme.

- Très bien, répondit Severus avec un sourire mauvais. J'ai du temps devant moi. Je pense que je vais moi-même lui transmettre le message.

- Mais…, bafouilla subitement l'employée, perdant tout à coup son sang-froid en jetant des coups d'œil inquiets vers la porte qui permettait de passer de la salle de réception aux bureaux. Il…

- Je suis patient. J'attendrai.

- Vous n'allez pas rester ici toute la journée…

- Pourquoi pas ? J'ai attendu des années. Une journée, ce n'est pas grand-chose. Une dizaine d'heures. Tout au plus.

OoOoOoO

- Il est mon fils, répétait Kim d'une voix glaciale.

- Il est tout autant le nôtre.

Elle frissonnait. Elle se sentait mal. Elle était même au bord de l'évanouissement. Elle aurait presque pu s'habituer aux apparitions du passé dans sa vie présente. Mais cela… c'était trop. Dumbledore lui avait assuré qu'il s'était occupé d'Harry, qui le confierait à quelqu'un de sûr, dans un endroit où nul ne pourrait jamais le retrouver ! Et c'était de Kim dont il parlait… ?

Kim et Lily avaient été de très bonnes amies. Vraiment. Puis, tout avait changé. Kim avait dit un jour que Lily sortirait avec James. Mais, un matin, elle leur avait annoncé être la petite amie de celui-ci. Alors même que Lily commençait à tomber amoureuse du garçon, et que Kim en était parfaitement consciente. Lorsque Lily était enfin sortie avec James, elle avait plus ou moins pardonné à son amie. Elle était seule, désorientée. Nageant dans le bonheur, Lily ne pouvait lui en vouloir. Elle lui avait pardonné… Mais jamais Kim ne lui avait reparlé.

Et aujourd'hui encore, c'était elle la détentrice du bonheur de Lily. Un bonheur qu'elle avait laissé cinq ans plus tôt derrière elle… Presque sans remords, parce que son fils avait les gènes d'un traître. Pensait-elle.

Mais aujourd'hui, il était trop tard. Ce n'était plus leur enfant, et vouloir le reprendre ne ferait que détruire la vie de Kim, bouleverser l'enfant, et créer encore plus de désaccord entre Sev et elle, de malentendus entre James et elle…

- Nôtre ? répéta Lily.

- Je n'ai jamais pensé à quelqu'un d'autre, répondit James avec un sourire mauvais. Quoique, j'aurais pu. Puisque tu m'as laissé tomber. Mais je crois que son physique est assez parlant, non ?

Kim serra Harry contre elle, comme pour le préserver de ces paroles qui auraient pu le lui reprendre, par droit de naissance. L'enfant leva un regard inquiet vers les deux étrangers qui prétendaient être ses parents, puis enfouit sa tête dans les habits de sa mère pour se soustraire à leur vue.

- Sortez d'ici, siffla Kim.

- Jamais, riposta James.

- Une dernière question, intervient Lily qui était prête à tout pour fuir cette maison. Pourquoi Dumbledore te l'a confié ?

- Il disait qu'il serait sain et sauf avec moi. Je lui ai demandé pourquoi il ne restait pas avec vous, et il m'a répondu que vous ne sauriez pas vous en occuper. Visiblement, il avait on ne peut plus raison. Vous n'êtes arrivés que cinq ans après…

- Dumbledore a manipulé tout le monde ! rétorqua James. Il m'a envoyé à l'étranger. M'a délibérément écarté de Lily ! Comment aurais-je pu…

- Et tu ne t'es jamais demandé ce qu'il était advenu de ton fils ?

- Si, répondit James d'une voix rauque en baissant la tête vers le sol. Bien sûr que si. Mais je préférais ne pas savoir. Pour ne pas risquer d'entendre le pire. J'avais déjà perdu ma fiancée, mon meilleur ami… Je n'avais pas besoin d'entendre que j'avais aussi perdu mon fils.

- Tu pensais que j'avais… que Harry n'était pas né ? s'offusqua Lily. Tu me pensais capable d'une chose aussi horrible ?

- Eh bien, fit James en levant la tête, je n'étais plus très certain de te connaître.

- Du jour au lendemain ?

- Tu m'as bien quitté du jour au lendemain !

- Bon Dieu, James ! Je t'ai déjà expliqué pourquoi !

- Maman !

Le silence se fit d'un coup.

- Maman…, pleurnicha Harry.

- Mon bébé…, fit Kim en s'accroupissant vers lui. Sortez d'ici, dit-elle à James et à Lily en relevant la tête. C'est la dernière fois que je vous le dit. Mon mari va bientôt rentrer du travail, et vous feriez mieux d'être partis avant… Il ne supportera pas que vous continuez à faire du mal à son fils. Et il a fait beaucoup d'arts martiaux chez les moldus…

- Je n'avais pas l'intention de vous faire souffrir, toi ou Harry, assura Lily en s'approchant de James et lui attrapant la manche. Je… je suis désolée, poursuivit-elle en regardant l'enfant en larmes. C'est bien pour cela que je voulais que Dumbledore s'en occupe. Je comptais sur lui pour trouver la meilleure famille possible pour Harry. Jamais nous n'aurions dû venir.

Kim hocha la tête d'un air froid, et Lily, tenant toujours le bras de James, fit fermement demi-tour, et quitta cette maison où jamais elle n'aurait dû mettre les pieds.

- Qu'est-ce que tu fais ? s'exclama James dès qu'ils furent dans le jardin. C'est notre fils !

- De quel droit pouvais-tu débarquer de cette manière chez eux ?

- Quoi ? Attends, mais tu perds la tête !

- Pas du tout. C'est moi qui ai pris une décision il y a cinq ans.

- J'aurais préféré y contribuer, crois-moi ! fulmina James. Comment as-tu pu abandonner notre fils ?

- Tu pensais que j'avais avorté, rétorqua Lily. C'est mieux de l'avoir fait adopter, tu ne crois pas ?

- Non. Non, je ne crois pas. Tu n'avais pas le droit de choisir seule !

- Je pensais que tu avais tué ses grands-parents ! s'écria Lily.

- C'est faux.

- Je sais que c'est faux, fit Lily en tremblotant, mais à l'époque…

- La situation a changé. Et c'est mon fils. Personne d'autre n'a le droit de l'élever.

- C'est trop tard, James, dit Lily en faisant quelques pas vers le portillon.

- Trop tard ? répéta ce dernier, éberlué. Mais puisque je n'ai pas eu le choix !

- Et que cela t'apportera-t-il de l'élever ? demanda Lily avec lassitude. Tu vas détruire tout ce qu'il aime, et un jour, tu vas lui présenter une troisième mère qu'il sera contraint d'aimer en plus de Kim, de respecter en plus de moi.

- Pourquoi une troisième mère ? fit James en fronçant les sourcils.

- Parce que tu as l'intention de faire divorcer Kim et te mettre avec elle ? dit Lily d'un ton ironique. Et puis, excuse-moi de te le dire, mais je ne pense pas que Nina fasse une très bonne mère.

- Que vient faire Nina dans cette conversation ? fit James après un instant de réflexion, allongeant le pas pour rattraper Lily.

- Ne te moque pas de moi.

- Je ne me moque pas, protesta le jeune homme.

- Il va falloir que tu choisisses, James. Tu ne peux pas sortir avec Nina, m'embrasser et te battre contre Kim en même temps. Et cette fois, tu ne peux pas dire que tu n'as pas le choix.

- Ce ne sont pas les choix que je souhaite. Et Nina n'a rien à voir là-dedans. Elle ne représente rien pour moi.

- Oh, vraiment ? fit Lily, railleuse.

- Tu es jalouse ? s'éberlua James.

- Pas le moins du monde ! Tu es juste totalement irrespectueux.

- Tu es jalouse ! fit James avec ravissement. Tu n'as donc pas compris…

- Qu'y a-t-il à comprendre ? s'exaspéra Lily. Tu n'en fais qu'à ta tête. Mais le monde ne peut pas être comme tu le veux, et il faut que tu t'y fasses ! Ce n'est plus le moment de jouer au gamin pourri gâté !

- La seule chose que je veux, c'est la famille que Peter m'a prise il y a plus de cinq ans. Cela n'aurait jamais dû arriver.

- Mais c'est arrivé. J'ai refait ma vie, et tu devrais faire de même.

- Comment peux-tu être aussi insensible à Harry et abandonner mon fils ?

- Ne me juge pas, gronda Lily. Ma décision, je l'ai prise il y a des années. J'ai mis des semaines à m'y résoudre. Mais je savais que e mieux pour mon fils, c'était une famille qui serait présente pour lui, ne vivrait pas dans le passé, et ne serait pas déchirée. Je pensais que son père était un meurtrier ! Je me disais qu'il ne pourrait pas vivre avec moi. Parce qu'il me rappellerait celui que tu étais, chaque jour, à chaque instant. Je n'aurais jamais pu m'en occuper ! C'a été une terrible souffrance de s'en séparer. Mais c'était la seule possibilité. Et j'ai fait mon deuil de cet enfant, tout comme j'ai essayé de faire le deuil de mes parents, et de mon amour pour toi. Tu n'as pas le droit de tout remuer tant de temps après !

- C'est parce que cela n'aurait jamais dû se produire ! explosa James en lui attrapant un bras pour la forcer à arrêter de marcher.

- Nous savions qu'il y avait un espion parmi l'Ordre ! Le malheur a voulu que cela tombe sur nous au lieu d'autres. C'est ainsi. Il faut l'accepter.

Elle secoua son bras pour se dégager, et James desserra sa prise.

- Je veux enterrer tout cela. Dumbledore a choisi une famille à Harry. Ce n'est pas celle à laquelle je m'attendais, mais c'est toujours mieux que d'avoir vécu déchiré entre nous.

- Dumbledore, répéta James avec un rire jaune. Dumbledore. L'homme qui t'a fait croire que ton fiancé était un assassin. Tu ne peux pas accorder le moindre crédit à ses décisions.

- Si tu n'es pas satisfait, va lui en parler. Monsieur je décide de tout. N'oublie cependant pas que c'est Dumbledore qui a délivré le pays de Voldemort. Il a peut-être commis une erreur dans son parcours, oui, et c'est avec nous qu'il l'a commise. Mais tu ne peux pas le blâmer sur tous les bords.

- C'est une très bonne idée, commenta James. Je vais aller le voir. Je veux savoir pourquoi il a détruit ma vie. Tu es peut-être parvenue à refaire ta vie avec quelqu'un, mais je sais que je ne le pourrai pas. Ça me rend malade de me dire que nous n'y sommes pour rien ! C'est la guerre qui nous a séparés !

Lily soupira. À quoi bon faire le reste du trajet à pied avec lui ?

- Débrouille-toi sans moi pour retrouver Sirius et ta pimbêche. Tiens, ne dramatise pas, je pense que tu auras bientôt une nouvelle petite-amie.

Elle posa un pied devant elle, inspira profondément, se concentrant pour transplaner, visualisant dans son esprit le hall où elle avait débarqué plus tôt dans la journée, à Canberra.

- Si je suis sorti avec Nina, c'est seulement parce qu'elle te ressemble. Parce qu'elle a tes yeux.

Dès qu'il eut fini de prononcer ces mots les feuilles sur le sol tourbillonnèrent, enveloppant Lily qui disparut sous ses yeux.

OoOoOoO

Il se délectait de l'angoisse de l'employée. Oh, oui, il avait deviné que Pettigrow était là, à quelques mètres, dans ces bureaux, mais il savourait l'atmosphère de peur qu'il venait de créer. Et d'un moment à l'autre le vaurien sortirait par la porte de droite, inconscient de la présence de l'ennemi, et alors… Severus pourrait venger Lily.

Elle n'aurait plus aucune envie d'embrasser Potter après cela. Il serait son héros. Et puis, il brûlait tant d'envie d'entendre les os du traître se brise, de voir le sang couler, de l'entendre hurler… Le supplier d'arrêter. Mais il n'arrêterait pas. Pettigrow payerait pour toutes les années de souffrance qu'avait connues Lily. Même si, singulièrement, c'était grâce à lui qu'ils avaient été réunis…

- Rosaline, pourriez-vous me…

L'employée échappa un glapissement. Et tout se passa en quelques secondes. Pourtant, dans l'esprit de Severus, chacun de leurs gestes lui resteraient aussi clairs que s'ils avaient duré des heures.

Rosaline se mit à trembler, mais n'osa pas bouger de derrière son bureau, et resta assise sur sa chaise, poussant des petits cris. Mais elle n'intéressait pas Severus.

Pettigrow se raidit. Il n'était pas prêt, contrairement à Severus qui lança un premier sort. Dans un sursaut, par un instinct de préservation, Pettigrow se décala et se prit les pieds dans une chaise mise à la disposition des clients qui devaient attendre, et tomba au sol. Severus lança un deuxième sort mais Pettigrow avait pu récupérer sa baguette qui avait glissé de sa poche, à quelques centimètres de son visage. Il n'eut pas le temps de se relever, mais parvint à se protéger du deuxième maléfice, ce qui lui laissa assez de temps pour se remettre sur pieds.

Severus aurait pu continuer à jouer avec lui, mais il ne voulait pas courir le risque de le voir s'échapper, car Pettigrow était familier de ces lieux, contrairement à lui. Il s'introduisit dans les pensées de son adversaire. Un sort d'entrave ? Il ne voulait pas se parjurer dans sa propre entreprise, comprit Sev. Lui n'avait pas cette crainte. Et lança un Doloris vers la droite, du côté où Pettigrow comptait se pencher.

Ce qu'il fit. L'éclair le toucha en pleine poitrine. Malgré le manque d'exercice – il se refusait de lire les pensées de Lily -, Severus n'avait pas perdu la pratique. Pettigrow se tordit de douleur, laissa échapper sa baguette. Un glapissement de l'employée rappela sa présence à Severus qui se hâta de l'immobiliser. Il était seul avec le traître.

OoOoOoO

- La vérité. C'est tout ce que je veux.

Il aurait voulu frapper ce vieil homme qui paraissait si sage, si sûr de lui. Il aurait voulu le faire réagir, le voir s'agacer, tempêter, hurler après James. Mais au lieu de quoi il lui tendit une coupelle remplie de bonbons aux citrons, et la reposa poliment après le refus grossier de James.

- Ah, la vérité… elle est toujours belle et terrible, c'est pourquoi il faut l'aborder avec beaucoup de précautions.

- Je ne vois pas ce qu'il a de beau dans cette histoire.

- C'est parce que tu l'as subite, James, dit le vieil homme avec douceur. Mais d'un point de vue extérieur…

- Parce que vous trouvez que c'est une jolie histoire ? Cela vous fait plaisir ? Vous avez été bien diverti par nos malheurs ?

- Pas le moins du monde, répondit Dumbledore d'une voix grave en le regardant par-dessus ses lunettes en demi-lune. C'est une grande tragédie. Mais qui devait profiter au plus grand bien.

- Au plus grand bien ? répéta James en ricanant. Au plus… vous vous rendez compte de ce que vous dites ? s'exclama-t-il après un instant de réflexion. C'était la devise de Grindelwald ! Un cinglé ! Il a détruit des milliers de familles !

- Bien souvent les pires catastrophes partent des meilleures intentions.

Pour la première fois, il laissa tomber son masque de bonne humeur, et une lueur triste pointa dans son regard.

- Vous essayez de vous justifier ? fit James en haussant un sourcil. Essayez d'être plus convainquant à la prochaine tentative.

- Je n'ai pas été franc envers Lily et toi, James.

Ce dernier échappa un ricanement méprisant.

- Je ne voulais pas troubler votre bonheur ou vous causer du tracas. Je me disais que peut-être ma source se trompait, et que vous n'étiez pas les victimes prédites.

- Les victimes ? demanda James en fronçant les sourcils.

- Voldemort s'intéressait à un garçon qui devait naître fin juillet. Un garçon qui naîtrait de parents qui l'avaient défié par trois fois. Vous correspondiez. Tout comme les Londubat. Aussi ai-je décidé de me taire avant de provoquer la panique. Après tout, toutes les prophéties ne se réalisent pas…

- C'était une prophétie ? s'étonna James. Et votre informateur, qui était-ce ? Pourquoi pensait-il que nous étions désignés ?

- Parce que Voldemort se reconnaissait en votre fils. Un Sang-Mêlé, comme lui. Puis, Mr et Mrs Evans sont décédés. Et c'était toi qui avait été vu, James.

- Vous n'aviez à ce point pas confiance en moi ? fit James d'un ton rancunier.

- Je savais que tu aurais tout donné pour Lily, y compris ta vie. Mais les indices étaient trop grands. Et j'ai craint qu'à travers toi, par le biais de l'Imperium ou tout autre maléfice noir, Voldemort n'ait réussi à te contrôler. Désormais, il était clair qu'il visait votre enfant, et souhaitait en empêcher la venue au monde. J'ai convaincu Lily de se cacher et de me remettre votre fils après son accouchement. Quant à toi, malheureusement, je ne pouvais rien te dire… Car aussitôt, pensais-je, Voldemort l'aurait su. Tu es rentré, et j'ai dû te mentir. J'ai vu l'étincelle de colère dans tes yeux qui me semblait confirmer mes craintes…

- Évidemment que j'étais fou de rage ! Ma fiancée venait de partir sans autre explication que le décès de ses parents, avait refusé que je l'accompagne et n'était jamais revenue !

- Un point demeurait obscur, cependant. Pourquoi avoir laissé ta cape sur les lieux du crime, te désignant clairement comme coupable ? Et pourquoi avoir été si visible aux yeux des témoins moldus qui ont fait une parfaite description de toi aux enquêteurs ? Quelque chose n'allait pas. Je persistais à croire que tu étais manipulé d'une façon ou d'une autre, mais il me fallait découvrir comment. Cependant, pour l'heure, ma principale préoccupation était l'arrivée proche du bébé. Je devais l'éloigner. Chez les moldus, nul n'en aurait plus entendu parler, mais si Voldemort venait à le retrouver, il ne pourrait être sauvé. C'est alors que j'ai pensé à une jeune fille qui m'avait demandé son aide, quelque temps auparavant. Elle vivait loin, et étant de caractère extrêmement loyal… C'est elle que j'ai choisie. J'ai confié Harry à Kimberley Milner. J'ai craint que l'étau ne se resserre sur les Londubat, mais la disparition subite du l'enfant que Voldemort avait reconnu semblait l'avoir conforté dans ses théories.

« Un autre incident est survenu quelques mois plus tard, un accident qui m'a amené à me repencher sur ton cas. C'était la mort de Remus Lupin. Il était sous sa forme de loup, et tu étais à ses côtés, dans une embuscade… Nul autre ne savait, dans l'Ordre. Mais le piège, c'est vous qui avez été empêtrés dedans, au lieu d'en tirer les ficelles. Comment une telle chose avait pu arriver ? Comment le loup-garou avait-il pu mourir et toi survivre ? C'était à n'y rien comprendre. Voldemort te possédait de toute évidence.

- JE N'ÉTAIS PAS POSSÉDÉ ! hurla James en tapant du poing sur le bureau directorial et se levant brusquement du fauteuil où il avait pris place. Ainsi, vous avez ruiné ma vie pour des suppositions ?

- Je comprends parfaitement ta colère. Mais tu es jeune, James. Tu referas ta vie.

- Non, fit James d'une voix rauque en se rasseyant sur son siège. Vous ne pouvez pas comprendre. Vous n'avez jamais aimé quelqu'un comme j'aime Lily. Je ne pourrais jamais passer à autre chose.

- J'ai aimé quelqu'un, autrefois, confessa Dumbledore à voix basse. Même après que cette personne m'ait fait souffrir, j'ai continué à avoir de l'affection pour elle. Mais toi, c'est bien plus que cela, je le reconnais. Tu persistes à te battre et à rester en action. Parfois, il est plus sage d'abandonner… Tu t'épargnerais beaucoup de chagrin et de douleur.

- Avez-vous jamais abandonné ? Lorsque Grindelwald menaçait la tranquillité ? Lorsque les gens voulaient fermer Poudlard aux nés-Moldus ? Lorsque Voldemort a commencé à tuer par dizaines, puis par centaines dans notre pays ? Non. On disait sûrement que vous aviez tort. Mais regardez ce qu'il en est maintenant.

- Merci, James. Je suis heureux de te l'entendre dire.

- C'est la vérité, répondit simplement le jeune homme en fixant le sol d'un air buté.

- Eh bien, à présent, demande-toi : qui pense que je suis en tort ? N'aurais-je pas plutôt raison ?

Le silence s'installa entre eux.

- J'ai une dernière question, déclara James au bout d'un moment. Pourquoi ne nous avez-vous pas dit la vérité une fois que vous avez vaincu Voldemort ? Vous auriez réuni une famille…

- Je ne le pouvais pas, parce que j'avais une dette à payer envers quelqu'un qui avait énormément accompli pour moi.

OoOoOoO

C'était si jouissif de voir le rat se tordre de douleur sur le sol… Le sang n'avait pas encore coulé, mais aux hurlements de douleur qu'il poussait, Severus pouvait en déduire que cela ne saurait tarder. Jeter sort après sort… Queudver, c'était bien son surnom, n'est pas ? De lui il ne resterait plus qu'un asticot, se jura Severus. Sans aucun membre, il ne pourrait plus que se tortiller. Gesticuler faiblement. Il lui couperait la voix aussi, décida-t-il. Le priverait de sa langue de vipère.

Il le tuerait le plus lentement possible.

Personne ne viendrait le déranger – il avait condamné toutes les entrées, et l'employée était toujours immobilisée.

Et son désir de vengeance ne faisait que croître à chacun des hurlements de Pettigrow…

OoOoOoO

C'était bien la première fois qu'elle appréciait autant le décalage horaire. Il était bien plus tard aux Etats-Unis, elle pourrait se coucher dans quelques heures, et cette journée se terminerait enfin. Elle lui avait parue extrêmement longue – mais avait pourtant commencé il n'y avait pas si longtemps. Seulement, retrouvé son enfant cinq ans après avoir choisi de l'abandonner à une autre famille… Une famille qui était l'une de ses anciennes meilleures amies. Avait-elle le droit de craquer ? Elle aurait tant voulu être forte, comme autrefois, lorsqu'elle devait subir les piques blessantes de Pétunia, la jalousie de Severus, l'arrogance de James. Sa vie était déjà compliquée, mais elle ne faiblissait pas. Aujourd'hui, le moindre drame semblait la transformer en fillette épeurée. Pourquoi ? Elle était une Gryffondor, et les Gryffondor ne faillaient pas. C'était ce qu'elle s'était dit lors de son premier jour à Poudlard, quand elle avait été séparée de Severus.

Une potion d'amnésie serait le bonheur parfait. Ne plus avoir à se torturer l'esprit, à ressasser sans cesse ses noires pensées… Mais son passé avait façonné la femme qu'elle était aujourd'hui, et elle ne pouvait pas se permettre de tout oublier en quelques secondes. Et puis, il y avait eu de bons moments… Elle chérissait son enfance avec Severus plus que tout. Cela lui permettait de se rappeler que quelqu'un l'avait suivie depuis le début, sans jamais la laisser tomber, alors qu'elle s'était crue abandonné de tous.

Malgré tout, elle aurait voulu revenir à ses seize ans. Lorsque quelques larmes suffisaient à l'apaiser. Deux ou trois sanglots, puis tout reprenait comme si de rien était. Mais à force d'encaisser les tragédies, elle s'était affaiblie derrière sa carapace…

Et pourquoi, par Merlin, les gens la dévisageaient-ils de façon si insistante ? N'avait-elle pas le droit de se promener dans le chemin de l'hôtel, au milieu des boutiques ? Être le prix Potions de l'année ne signifiait pas vivre en ermite au milieu des chaudrons bouillonnants. Elle aimait le soleil. En septième année, juste après ses ASPIC, elle passait des heures avec James sur le terrain de Quidditch, paressant sur l'herbe ou volant plus haut que la cime des grands arbres du parc…

- Bonjour, monsieur, dit-elle à un Ministre d'un pays Africain qu'elle croisa devant une librairie.

Celui-ci ne répondit pas et allongea le pas pour s'éloigner d'elle. Lily fronça les sourcils, et le suivit du regard, intriguée par son comportement, et inquiète parce que ce n'était pas le premier à agir de la sorte…

C'est alors que ses yeux tombèrent sur la devanture des journaux britanniques qui étaient publiés le soir en Grande-Bretagne.

« SEVERUS ROGUE, PRIX POTION 1985, MANGEMORT TOUJOURS EN ACTIVITÉ »

Elle se sentit chanceler. Était-ce Pettigrow, là, dans cette mare de sang, face à son mari, dans un état plus que misérable, le visage amoché, le bras tordu, les jambes bizarrement pliées sous son dos ?

Et Severus, la cape battante, la robe gonflée par une bourrasque dont elle ignorait la provenance, le bras agrippé à sa baguette comme si sa vie en dépendait, le visage crispé, les traits déformés par la fureur et la haine, le regard luisant de colère ?

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Voilà, c'est fini pour aujourd'hui...

1. Kim va-t-elle garder Harry ? Lily persistera-t-elle dans son refus ? Et James se battra-t-il pour le garder ?

2. Comment jugez-vous Dumbledore pour ce qu'il avait décidé ?

3. Que va-t-il arriver à Rogue ?

4. Et à Peter (quoique lui, on s'en fiche ^^) ?

5. Voulez-vous revoir Nina ?