Bonjour !

Je ne vous remercierai jamais assez pour vos reviews qui me motivent toujours plus ! Merci donc à Triskelle Sparrow, aelita48, Alvina26 (On ne t'a pas dis que c'était mal de lire dans l'esprit des gens ?), Mariefandetwilight, Morphine Angel-feather (Je suis heureuse d'avoir ton avis en reviews ^^), choukinette76 (Bon anniversaire en retard^^. Et merci pour tes supers reviews :D), Mrs Esmee Cullen et Timica.

Merci aussi pour vos mises en alerte et favoris, et pour être plus nombreuses à chaque fois à lire cette fiction.

Rappel : les personnages ne m'appartiennent pas, mais les péripéties oui !

Bonne lecture


Chapitre 9

Pov Bella

A mon réveil, la villa était calme. Après avoir refait les bandages de mes poignets meurtris, je descendis déjeuner, tout en admirant la beauté des pièces. Je mangeai jusqu'à satiété puis allai me préparer.

Que faire aujourd'hui ? La journée de la veille me revint en mémoire, et un nom s'imposa à moi : Jacob. Une fois prête, je pris les clés rangés sur un guéridon et me rendis au garage. En appuyant sur l'ouverture à distance, je vis qu'il s'agissait de la Volvo d'Edward. Oups… Que faire ? Allait-il supporter mon odeur dans sa voiture ? Je restai plusieurs secondes à réfléchir avant de me décider : il n'avait émis aucune objection la veille lors de l'appel d'Esmée.

Lorsque j'entrai dans la voiture, je sentis une odeur… indescriptible, mais une odeur qui me calma tant elle sentait bon. Un mélange de menthe et… En tout cas, elle était fraîche et fruitée, et je humai cette fragrance le plus possible.

Je conduisis prudemment et allai jusque chez mon père qui n'était pas là. Je composai le numéro des Black, espérant qu'il y ait quelqu'un.

-Allo ?

C'était Jacob. N'avait-il pas cours ?

-Jacob ? C'est Bella.

-Bella ?

Il était surpris mais j'ignorais pourquoi.

-Désolé, je dormais, et tu sais le mal que j'ai à faire surface !

-Oui, rigolai-je. Je m'en souviens très bien. Dis, tu fais quelque chose aujourd'hui ?

-Non, pourquoi ?

-Je me suis dis que tu aurais pu venir chez Charlie.

-C'est aussi chez toi, non ?

Il était sérieux, et sa phrase sonnait comme un reproche.

-Bien sûr ! Mais j'ai encore du mal à m'y faire…

-Je comprends, me coupa-t-il. Je peux venir maintenant ?

-Prends ton temps !

Il rit en me disant qu'il arrivait vite. En l'attendant, je pris la décision d'aller dans « ma » chambre. Celle que j'occupais tous les étés.

Elle était telle que je l'avais laissée. Comme si mon père attendait mon retour. J'eus un pincement au cœur en imaginant Charlie assis sur mon lit, guettant mes pas.

Je me secouai : il n'y était pour rien, et moi non plus. Et Renée, que faisait-elle ?

La sonnette retentit et j'en profitai pour m'extirper de mes pensées mélancoliques. Je courus jusqu'en bas, réussissant à ne pas tomber. J'ouvris la porte sur Jacob qui me souriait de toutes ses dents. Quel revirement par rapport à la veille !

-Entre Jacob !

Il ne se fit pas prier, et à peine avais-je fermé la porte qu'il me serra dans ses bras. Je crus même l'entendre renifler dans mes cheveux, ce qui me fit rire. Je le repoussai gentiment, les joues rouges.

-Tu n'as pas changé ! Ris-je. Enfin, si, physiquement. Tu comptes battre le record du mec le plus grand ?

-La célébrité n'est pas pour moi, plaisanta-t-il. Alors, quoi de neuf ?

-Depuis hier, rien !

-Tu as repris tes marques dans la maison ? Je suppose que ça doit te faire drôle.

-Oui…

Devais-je lui dire où je vivais ?

-Ecoute Bella, commença-t-il, si tu as réussi à embobiner ton père et le mien, moi je ne suis pas dupe.

-Que veux-tu dire ? Me braquai-je.

-Tu ne dis pas la vérité.

-Tu me traites de menteuse ?

Je m'étais levée du canapé où nous nous étions assis, mais Jake me prit par le poignet. Sa main était chaude, très chaude comparée à celle d'un vampire.

-Attends ! Me supplia-t-il. Très bien, n'en parlons plus !

Je me rassis lentement, méfiante. Je savais qu'il avait remarqué les bandages qui entouraient mes poignets, mais il ne commenta pas.

-De quoi veux-tu parler ? Continua-t-il.

-Parle-moi de toi ! Le lycée, tes amis…

Il prit une profonde inspiration, avant de commencer.

-Le lycée… Tu sais que je n'ai jamais été très doué pour les études, alors de ce côté, c'est plutôt heures de colle et mauvaises notes. Mais j'aime bien y aller pour mes potes. Ils sont tous de la réserve, alors forcément, on a l'impression d'être juste entre nous.

-Et à quoi occupes-tu ton temps libre ? Pas à la bibliothèque j'imagine, pouffai-je.

-Très drôle, Miss Littérature ! Je m'occupe de réparer une vieille voiture, et des fois, une moto avec Quil et Embry, mes meilleurs amis. Et je conduis mon père à droite, à gauche.

-Tu devrais te reconvertir en taxi !

Jake se jeta sur moi et me chatouilla jusqu'à ce que je crie grâce. Son ventre gargouilla, et je lui proposai de manger ici, ce qu'il accepta avec joie. Cette complicité m'avait manqué, et je la retrouvais avec bonheur.

Tandis que je cuisinais des steaks, je lui jetais de fréquents regards, et je voyais bien qu'il se retenait de me questionner. Il était dur de garder le secret avec lui, mais je ne pouvais pas faire autrement : je ne voulais pas le mettre en danger.

J'allais me retourner pour chercher une assiette quand je sentis Jacob derrière moi. Il me retourna gentiment et me regarda droit dans les yeux.

-Tu m'as vraiment manqué Bella. J'espère que tu resteras ici un moment.

-C'est ce qui est prévu. Je n'ai pas de nouvelle de ma mère, et je crois que Charlie a décidé de ne plus se passer de moi.

Je me mordis la lèvre inférieure et il se mit à rire. Nous mangeâmes de bon appétit, puis nous allâmes nous balader dans les bois environnants la maison, parlant de tout et de rien. Puis nous rentrâmes, mon père venant d'arriver.

Lorsqu'il me vit, il me fit un grand sourire.

-Bonjour Bella ! Jacob !

-Bonsoir Charlie ! Lança Jacob.

Pour ma part, je déposai un baiser sur la joue de mon père, heureuse de le voir. Jacob partit peu après, ayant à faire et je restai avec mon père jusqu'au soir.

Il regardait le sport à la télé quand je lui posai une question qui me brûlait les lèvres.

-Dis papa, pourquoi Renée et toi vous êtes-vous disputés ?

Charlie soupira, me regarda un instant avant de reporter son attention sur l'écran.

-Au début, nous nous sommes rapprochés à cause de ta disparition. Mais très vite, elle s'est mise à m'accuser, parce qu'en tant de chef de la police, je pouvais sûrement faire mieux et mobiliser tous les moyens pour te retrouver. Pourtant j'ai essayé tellement de choses !

Je lui pris la main, les larmes aux yeux.

-Je sais papa. Tu n'as pas abandonné, c'est l'essentiel pour moi.

Il renifla une fois avant de changer de sujet.

-Les Cullen ne vont pas se demander où tu es ?

-Ils sont partis en camping, vu qu'il a fait beau.

-Ah oui ! Suis-je bête ! Tu veux rester dormir là ce soir ?

-Non, ils vont revenir tard dans la soirée, et demain, Edward aura besoin de sa voiture. Au fait, j'irai au lycée normalement la semaine prochaine.

-C'est une bonne initiative. Tu verras du monde, c'est bien.

Nous nous séparâmes une fois que nous eûmes mangé. Dans la voiture, l'odeur avait presque disparu, mais la folle idée me prit de respirer le parfum des sièges, et je reçus ma dose de senteur délicieuse.

A mon retour à la villa, je me préparai à dormir, et Alice et Jasper revinrent avant que je ne me couche.

-Salut vous deux ! Lançai-je.

-Salut ma belle ! Répondit Alice en m'embrassant sur la joue.

Nous étions dans la chambre d'Edward, où j'avais finalement élu domicile depuis l'incident avec Démétri. Enfin, Alice et moi étions dans la chambre, Jasper se contentant de rester à la porte.

-Tout s'est bien passé ? Demandai-je.

-Oh oui ! Emmett est impayable. Je l'aime bien. Tu as rempli les formulaires d'inscription pour le lycée ?

-Oui, ils sont sur la table de la cuisine.

-D'accord. Je te souhaite une bonne nuit Bella !

-Je te dirais bien à toi aussi, mais vu que tu ne dors pas, je dirais juste : profitez de votre nuit !

Elle me sourit et sortit. Une fois les yeux fermés, je me pris à rêver d'Edward et de son odeur.

Pov Edward

Elle dormait, tel un ange. J'avais eu besoin de me changer, et je l'avais trouvée endormie à notre retour. Depuis plusieurs heures, je l'observais dormir. Elle m'intriguait. Pourquoi n'avais-je pas accès à ses pensées ? A quoi pensait-elle ? Comment arrivait-elle à ne pas être effrayée par les monstres que nous étions ?

A bien y réfléchir, nous devions être des anges par rapport aux Volturi.

Si elle était belle dans son sommeil, sereine, elle l'était encore plus lorsqu'elle souriait.

J'étais heureux et fier d'avoir pu la sauver. J'avais été assez fort, et elle semblait ne pas m'en vouloir pour mon manque de réaction lors de l'incident avec le Volturi.

Son sang ne m'attirait plus autant, et respirer son parfum, même s'il me brûlait encore, me donnait des frissons délicieux. Avoir bu un peu de son sang, mélangé au venin, semblait avoir agis comme un vaccin, et j'en étais content. Désormais, je voulais apprendre à la connaître, sans avoir peur de la vider de son sang.

J'allai sortir lorsqu'elle se mit à parler, à marmonner pour être exact. Je savais qu'elle le faisait, parce que chaque nuit, nous entendions quelques brides de phrases. Jusqu'à présent, elle suppliait quelqu'un de ne pas lui faire de mal, toujours un Volturi.

-Un ange m'a sauvée…Edward… Gentil…

Elle se retourna en soupirant. Laissant passer plusieurs minutes, je sortis, constatant qu'elle ne dirait plus rien, mais ses mots tournaient dans mon esprit.

N'est-ce pas mignon ce qu'elle vient de dire ?

Apparemment pas seulement dans mon esprit…

-Alice, c'est son subconscient qui parle !

-Et alors ?

Alice était persuadée que quelque chose devait se passer entre Bella et moi, et elle avait juré tout faire pour nous rapprocher.

-Laisse tomber ! Soupirai-je.

Alice eut un sourire de prédateur, et ses pensées criaient qu'elle allait faire de ma vie un enfer si je n'admettais pas que je ressentais quelque chose pour Bella.

-Je ne peux pas me le permettre Alice ! Certes, je peux rester dans la même pièce qu'elle, mais que se passera-t-il si je m'approche trop près ? Si je touche sa peau ?

-Edward, soupira Alice, tu as fait bien plus que la toucher, non ? Et elle n'est pas morte, jusqu'à preuve du contraire. Pourquoi ?

-Parce que je ne veux pas qu'elle meure.

-Pourquoi ?

Jasper pouffa, comparant Alice à une enfant de cinq ans qui demande toujours pourquoi à ses parents.

-Parce que … Je l'aime bien, je t'aime bien, et tu l'aimes bien. C'est suffisant ?

-Non !

Elle partit, de sa démarche gracieuse, entraînant Jasper à sa suite.

-Je ne la connais pas depuis longtemps, commenta Emmett en gloussant presque, mais quelque chose me dit que t'es mal barré frangin !

-Je le crois aussi, grognai-je.

Je m'occupai le reste de la nuit à lire au salon.


Pov Bella

Cela faisait six semaines que j'étais chez les Cullen. Je m'y sentais à l'aise, j'étais tout à fait autonome à ma plus grande joie et chacun d'eux faisait des efforts pour paraître plus humain. Tout particulièrement Edward. Nous discutions beaucoup, de tout et de rien, apprenant à nous connaître. J'avais appris par Alice que lui aussi avait juré de me protéger.

Seuls les cauchemars venaient troubler la paix de mon esprit, et je passais de longs moments avec Carlisle à en discuter. Il disait que c'était le meilleur moyen d'évacuer le traumatisme que j'avais subis. Mais était-il possible d'oublier ? Je ne pense pas. Peu à peu, ils apprenaient ce que j'avais vécu là-bas, ce qui donnait parfois lieu à des débats.

Je faisais des visites à mon père chaque jour en rentrant du lycée, quelques minutes, avant de retourner chez les Cullen pour faire mes devoirs. J'avais du retard à rattraper mais Edward s'était proposé pour m'aider. Alice, grâce à ses facultés de vampires, n'avait eu qu'à lire les programmes des années précédentes pour se mettre à niveau en quelques jours. J'en avais été déprimée d'apprendre cela : c'était tellement injuste ! Et Emmett ne m'aidait pas, trop occupé à se moquer de moi parce que je m'arrachais presque les cheveux devant mes leçons. Particulièrement lorsqu'il s'agissait de mathématiques.

Les professeurs m'aidaient aussi, compréhensifs. Ils savaient que j'avais été kidnappée, mais heureusement aucun ne se permit de me demander des détails. En revanche, les autres élèves ne cessaient de me poser des questions, surtout Jessica Stanley, une blonde assez pénible, et Mike, son homologue masculin. Heureusement, les Cullen me sauvaient généralement de leurs griffes. Une seule élève ne se montrait pas curieuse, et je passais beaucoup de temps avec elle : Angela Weber, une fille discrète et gentille.

Je passais également pas mal de temps avec Jacob, mais si "mes vampires", comme je les appelais, me poussaient à aller vers Angela, ils semblaient inquiets, voire furieux pour certains, lorsque je revenais d'une promenade avec Jake. J'avais compris que quelque chose n'allait pas entre eux, mais les Cullen refusaient de m'expliquer, passant généralement à un autre sujet. Et pas question de demander à Jacob : il ne devait rien savoir de l'existence des vampires.

Ma vie se résumait donc à un gros mensonge. Je mentais à mon père, à Jacob, redevenu mon meilleur ami, à mes professeurs, à Angela, et même aux Cullen, puisque je m'arrangeais désormais pour prendre une douche et me changer lorsque je revenais chez eux, afin qu'ils ne découvrent pas l'odeur de Jake. La réaction d'Edward une fois m'avait servie de leçon, puisqu'il avait grogné sur Carlisle qui avait osé dire que je ne risquais rien.

Aujourd'hui, jour de grand soleil, les Cullen étaient partis en camping, officiellement. En fait, ils restaient plusieurs jours en chasse, puisqu'Alice, qui commençait à apprivoiser son don, avait réussi à prédire trois jours de beau temps. Emmett était ravi, et avait fait un pari avec Jasper et Edward sur le nombre de grizzli que chacun attraperait.

Cependant, Carlisle m'avait incité à la prudence, puisque nous étions sans nouvelle des Volturi. Alice nous avait fait part d'une de ses visions, où Aro donnait l'ordre de trouver Bella, mais cela faisait longtemps qu'elle avait eu cette vision, et j'espérai qu'ils m'avaient oubliée.

Aujourd'hui donc, j'allai seule au lycée. Nous étions mercredi, les Cullen seraient absents jusqu'à samedi. Je pris la voiture d'Edward, puisque celui-ci m'avait presque supplié de la prendre dès que j'avais besoin de sortir seule. Heureuse de pouvoir sentir son odeur délicieuse sans restriction, je me fis un devoir d'obéir.

Une fois au lycée, Angela m'accueillit avec un grand sourire. Elle n'était pas à l'aise avec les Cullen, comme la plupart des gens, et était plus naturelle lorsque j'étais seule.

-Bonjour Bella ! Alors, comment vas-tu ?

-Salut Angela ! Je vais très bien, c'est bientôt les vacances. Et toi, tu vas bien ?

Elle me parla de sa soirée avec Ben, un garçon sympa qui lui convenait très bien. Tout en nous rendant en cours, nous discutâmes de tout et de rien, et nous nous séparâmes puisque nous n'avions cours ensemble qu'une heure plus tard. Je m'assis à côté de Jessica, qui semblait bien songeuse.

-Bonjour Jess ! Tu vas bien ?

-On ne peut mieux ! Me répondit-elle dans un grand sourire. Dis-moi, tu sais si Edward a une cavalière pour le bal de Noël ?

Je souris : ce n'était pas sa première tentative pour aborder Edward, et elle trouvait que le faire par moi avait des avantages.

-Il me semble que non.

Bien sûr, je ne précisai pas que ledit Edward avait prévu de ne pas y aller. Jessica se mit à sautiller sur sa chaise avant d'être rappelée à l'ordre par le professeur. Elle ne se priva cependant pas pour me parler de ses projets, à savoir l'inviter, l'amener dans un coin, et lui prouver qu'ils étaient faits pour être ensemble.

-Et toi, quelqu'un t'a invitée ?

Question fatidique ! Je soupirai, sachant que je ne pourrais pas éviter cette conversation.

-Tyler l'a fait. Eric aussi.

-Mais c'est génial ! Et avec lequel iras-tu ?

Je la regardai, trop choquée pour parler. Moi, dans un bal ? Un frisson me prit en me rappelant les bals auxquels j'avais assisté : des humains et des vampires dansant, avant la mise à mort des invités mortels.

-Je ne compte pas y aller, bougonnai-je avant de me remettre à écouter les cours.

Le cours suivant avec Angela fut bien mieux. Ainsi que les autres cours, puisque je n'étais plus avec Jessica. En revanche, j'eus le droit à Mike, qui m'invita lui aussi au bal alors que la sonnerie du dernier cours, que j'avais en commun avec lui, retentissait.

-Je ne veux pas y aller, répondis-je, acide.

Et pour bien le démontrer, je fermai mon livre d'un coup sec et me dirigeai vers la sortie. Je saluai Angela de la main puis montai en voiture. Je pris quelques secondes à respirer à pleins poumons : l'odeur d'Edward était toujours là. Moins présente, mais quand même là. Puis je conduisis jusque chez mon père.

Lorsque je sortis de la voiture, j'eus un mauvais pressentiment, provoqué par des picotements dans la nuque et un long frisson. Haussant les épaules, je fermai la portière et avançai vers le porche. Charlie n'était pas encore là, j'avais un peu de temps pour faire mes devoirs. Je comptais aussi rester cette nuit.

Un mouvement dans les sous-bois attira mon attention et je changeai de direction, me dirigeant vers les bois. Je m'approchai des arbres quand une branche craqua, me faisant sursauter. Me rendant compte qu'il ne devait s'agir que d'un animal, je fis demi-tour en soupirant : j'avais décidément trop d'imagination pour mon propre bien.

Soudain une main brûlante se plaqua sur ma bouche et un bras entoura ma taille, m'entraînant vers l'arrière, en direction de la forêt. Je me débattis mais rien à faire : celui qui me tenait était trop fort. La panique s'empara de moi, mais j'eus un instant de soulagement en me rappelant que ce n'était pas un vampire : mon assaillant était bien trop chaud, et sa peau n'était pas aussi dure que le marbre.

Il nous fit faire plusieurs pas en arrière, mais il s'arrangeait pour faire le moins de bruit possible, me soulevant et ne me faisant que survoler le sol. Je cessai de me débattre, vu que c'était inutile, et l'emprise se desserra. Mon cœur battait à toute allure, mais ça n'empêcha pas mon cerveau de fonctionner correctement. Je pus analyser la situation sans difficulté, identifiant le parfum de mon « agresseur » : Jacob !

Mais que diable lui prenait-il ? S'il voulait jouer, ce n'était pas drôle, nom d'un chien ! Je me débattis une nouvelle fois, en colère contre mon ami, mais celui-ci raffermit sa prise, toujours sans un mot.

Et tout à coup, il se mit à courir. Vite. Trop vite. Je criai sous sa main, essayant de comprendre, essayant de réagir, mais rien à faire.

Je ne sais combien de temps dura notre course, mais ce qui est sûr, c'est que lorsqu'il s'arrêta et me lâcha, je ne pus tenir sur mes pieds et je tombai à genoux.

-Mince Jake ! Criai-je. Qu'est-ce qui t'as pris ?

-Tais-toi ! Souffla-t-il.

J'écoutai, cherchant à comprendre, mais ne perçus aucun bruit.

-Jac…

Il me fit signe de me taire et je fermai la bouche, décidée néanmoins à avoir des explications, tout en me relevant. Il me prit la main et me tira légèrement, mais je résistai.

-Ne me force pas à t'obliger Bella, s'il te plaît ! Viens, et ne discute pas ! C'est pour ton bien.

-Pour mon bien ?

-Il y avait quelqu'un chez toi.

S'il ne m'avait pas retenu, j'aurais encore fini par terre.

« Quelqu'un ».

Jake me donna des petites claques, sûrement pour me faire réagir.

-Bella, tu vas bien ? Tu es toute pâle !

-Je vais bien. C'est juste…

-N'aie pas peur ! Charlie est à la maison, il ne risque rien.

Bizarrement, il n'avait pas appelé la police, et n'avait pas prévu de le faire à première vue. Il me cachait quelque chose, j'en étais certaine. Et ce n'était pas pour moi que j'avais peur, mais bien pour mon père.

-Allons chez moi !

Il passa son bras sous mes aisselles, me soulevant plus qu'il ne me soutenait, mais je n'allais pas m'en plaindre. Tout un tas de scénarii venaient se bousculer, et je n'en aimais aucun, parce que tous incluaient les Volturi. Je n'eus pas conscience de notre progression, et je n'eus pas non plus conscience de m'évanouir.

Pov Jacob

Je soutenais Bella lorsqu'elle devint soudain molle entre mes bras, et je m'aperçus qu'elle avait tourné de l'œil. Pourquoi avait-elle aussi peur ? Je n'avais rien précisé sur la nature du rôdeur, et je savais qu'elle était courageuse. Elle n'aurait pas autant paniqué pour un simple intrus, et j'en déduisis qu'elle pensait à quelqu'un en particulier. Avait-elle peur que ses ravisseurs la retrouvent ? Peut-être. J'imagine que c'était une bonne raison pour s'évanouir.

Lorsqu'elle était arrivée, dans la voiture d'une des sangsues, j'avais cru qu'il s'agissait de l'un d'eux, et par conséquent j'étais prêt à fondre sur lui. Mais quand elle sortit de la voiture, je restai un moment sans réaction, me demandant comment et pourquoi elle voyageait dans cette voiture.

Je la portai, telle une jeune mariée, et décidai de l'amener chez moi, où elle serait en sécurité. Et je prévoyais de l'y garder, pour l'empêcher de retourner chez les Cullen. Je ne voyais pas pourquoi elle logeait chez eux, mais elle avait l'autorisation de Charlie, donc je ne pouvais m'y opposer.

Charlie et Billy étaient sortis, et je pus donc aller à ma chambre sans encombre. Je savais que Bella serait furieuse, mais elle ne pourrait pas refuser de passer quelques jours ici, d'autant plus que ceux chez qui elle vivait étaient partis pour plusieurs jours, si j'en croyais la météo. Une fois qu'elle fut allongée, je descendis prévenir Sam et la meute.

Sam était sous sa forme de loup, et je me transformai non loin de la maison, là où je pouvais surveiller Bella.

Sam, il y a une sangsue chez Charlie. J'ai ramené Bella, elle est plus en sécurité ici.

Tu as bien fait. Nous sommes en route.

Je ne cherchai pas à en savoir plus et retournai vers Bella. Elle se réveillait doucement.

-Bella ?

Elle ouvrit les yeux, paniquée.

-Tout va bien, tu es en sécurité.

Elle regarda autour d'elle avant de soupirer et de s'asseoir.

-Jacob, qu'est-ce que je fais chez toi ?

-Tu t'es évanouie. Et je n'allais certainement pas te laisser seule chez toi.

-Et Charlie ?

-Avec mon père, à la pèche je suppose.

Je laissai le silence s'installer, avant de reprendre.

-Tu accepterais de rester deux ou trois jours ici ?

-Pourquoi ? J'ai encore un endroit où loger.

-On passerait plus de temps ensemble, rétorquai-je en haussant les épaules. Ce serait sympa !

Elle réfléchit quelques secondes avant de donner sa réponse.

-Eh bien… Puisque je suis seule pour plusieurs jours, ça ne devrait pas poser de problème.

-Alors descendons pour prévenir ton père ! Ils viennent de revenir.

Elle se leva, chancelant quelque peu, puis nous allâmes retrouver nos pères qui buvaient une bière.

-Bella ? Que fais-tu ici ?

Je pensais qu'elle allait tout raconter mais elle me surprit.

-Je me baladais et j'ai rencontré Jake. Il m'a invitée à passer quelques jours ici.

-Si Billy est d'accord, je n'y vois aucun inconvénient, répondit Charlie en souriant.

Les deux adultes se mirent devant la télé, et Bella et moi restâmes à proximité, moi regardant, elle écoutant. Charlie annonça qu'il partait une fois le match terminé.

Je n'avais pas peur qu'il rencontre le vampire : Sam et les autres avaient dû le déloger et s'assurer qu'il ne revienne pas. Bella serra son père dans les bras, en lui promettant de venir le voir le lendemain.

-Eh bien, que fait-on maintenant, me demanda mon amie une fois son père parti.

-Une promenade sur la plage ?

Elle accepta, et nous marchâmes le long de la plage.

-Pourquoi ne pas avoir dit à ton père qu'il y avait quelqu'un chez toi ?

-Tu aurais voulu que je le dise ?

-Non, mais je ne comprends pas. Tu avais tellement peur que tu es tombée dans les pommes, et tu ne lui racontes rien.

Elle me fixa, cessant de marcher. Elle se mordit la lèvre inférieure, gênée.

-Je ne tenais pas à ce qu'il aille là-bas. J'espère juste que le voleur est parti, pour que mon père ne soit plus en danger.

Je lui souris, voyant ses efforts pour faire passer son mensonge. Pris d'une impulsion, je m'approchai d'elle, et nos visages ne furent qu'à quelques centimètres l'un de l'autre. Je sentais son souffle sur mon visage, et je n'avais qu'une envie : approcher mes lèvres des siennes. Me laisserait-elle faire ?

Sans savoir pourquoi, je me sentais attiré par elle. Elle était forte, courageuse, naturelle, gentille. Et ces deux ans sans nouvelle avaient été très durs. Avait-elle pensé à moi ?

Ma main se porta à sa joue rosie que je caressai du pouce. Elle se laissa faire, avant de cligner des paupières et de s'écarter.

-Nous… devrions rentrer. Je commence à avoir froid.

Elle était troublée, mais j'ignorais si c'était parce que je lui faisais de l'effet ou qu'elle pensait à autre chose.

Nous rentrâmes en silence puis elle proposa de faire à manger, ce que Billy accepta de bon cœur. Le dîner fut un régal bien sûr, puis vint l'heure d'aller se coucher : elle dans ma chambre, moi sur le canapé. Elle monta après le repas, et je l'entendis s'activer.

-Tu sors ce soir ? Me demanda Billy.

-Oui. Il y avait une sangsue chez Charlie, et je veux m'assurer qu'elle est partie.

-Ce n'est pas un Cullen ?

-Non. Et comme nous n'avons pas été prévenus, Sam en a déduit que c'était un indésirable.

-Sois prudent !

Je haussai les épaules : nous étions armés pour leur résister, je ne craignais donc rien. Je partis lorsque je fus sûr que Bella dormait.


Alors... On ne tape pas Jacob ! Il a encore un rôle à jouer !

Une piste pour la suite ? Qui est ce fameux "voleur" ?

Je vous souhaite un bon week end de Pâques, et je vous dis à mercredi !

Bisous