Chapitre 10 : Un peu de repos nous fera du bien ! :

« Donc, comme je vous l'ai dit hier, Beckett a écrit Waiting for Godot en 1948… »

Ce professeur… Mais comme il est lent ! Il a bien insisté sur « Waiting for Godot » en parlant lentement, ce qui a endormis un bon nombre d'élèves dans la classe. La littérature étrangère, je n'ai rien contre cette matière scolaire ! Mais en Anglais avec un professeur aussi soporifique, non merci.

Alors que je recopie le cours marqué au tableau, je sens quelqu'un me toucher le dos. Je sursaute car je ne m'y attendais pas. Je me retourne sur Anzu qui me dit d'un ton fatigué :

« Touché, c'est toi le chat !

- Pardon ?

- Cela ne vient pas de moi, mais de Jôno-Uchi. » Dit-elle en désignant du pouce le blond qui est derrière elle.

« Heu… » Fis-je.

Voyant Jôno-Uchi me faire un clin d'œil, je commence à prendre part au jeu. Discrètement, je touche Bakura sur le ventre, tout en sachant que son ventre est son point faible. Il est assez sensible à cet endroit, et depuis quelques jours, je m'amuse à le taquiner.

Le garçon sursaute d'un coup, lâchant son stylo, sans aucune discrétion. Il en a même poussé un petit couinement, comme ceux des chatons. Je ris doucement et lui dit :

« Touché, c'est toi le chat !

- Quoi ? Fit-il, intrigué.

- Ca vient de Jôno-Uchi. »

L'albinos reprend son stylo pour écrire. Contre toute attente, il m'inflige le même sort. Je sursaute à nouveau et me retiens pour ne pas exploser de rire. Je me retourne alors sur Yûgi. Le jeu continua toute l'heure, en boucle. Le ricanement indiscret de Jôno-Uchi interpelle le professeur qui hurle de sa voix aiguë.

Alors, le blondinet se lève et regarde le professeur aux cheveux noirs, droit dans les yeux.

« Monsieur, je vais vous décrire, vous et votre cours en trois mots : vous êtes chiant, plat et monotone. Merci de votre compréhension ! »

Le jeune homme se rassoit. Toute la classe éclate de rire et l'applaudi. J'en pleure tellement cela me fait rire ! Au moins, ça, c'est fait ! De plus, Jôno-Uchi est sauvé par la sonnerie de la fin du cours. Il sort de la classe le plus rapidement possible pour ne pas être puni.

Dans les couloirs, il est applaudi et acclamé. Le seul qui se moque de lui est Kaiba, comme d'habitude.

Ensuite, nous devons nous retrouver dans la bibliothèque afin de préparer un exposé en histoire. Nous devons travailler seul sur un fait historique ou sur l'histoire d'un pays. J'ai choisi de travailler sur l'histoire de la Chine, le tout premier, et le seul pays que j'ai visité jusqu'à aujourd'hui. De plus, j'apprends le Chinois alors cela me facilite un peu les choses.

Je me suis mise sur un ordinateur à côté de Jôno-Uchi. Je jette un discret coup d'œil à Marik qui évidement travaille sur l'Egypte. Je me demande bien quand est-ce qu'il y retournera. Il semble très gentil, mais je n'oublie pas les doutes que j'ai sur lui.

Après plus d'une heure de recherche, je profite que le professeur d'histoire soit avec un autre élève pour passer à autre chose. Depuis quelques jours, j'implore mes parents tout le temps pour m'offrir un akita. Cette race de chien est magnifique ! Il ressemble un peu à un chien de traîneau avec la queue enroulée. Il a souvent un beau pelage roux. Et puis, « Hachiko » est un chien de légende qui resta fidèle à son maître même après la mort de celui-ci. Pourquoi ne pas adopter ce chien typique de notre pays ?

Alors, sur la barre de recherche de Google, je tape : « élevage d'akita ». Je tombe sur de magnifiques photos de cette race de chien, se tenant debout dans la neige. Je continue ma petite recherche, émerveillée, jusqu'au moment où j'entends une grosse voix derrière moi.

« Alors, on travaille avec acharnement ?! »

Je me retourne pour voir le visage sévère du professeur.

« Ce ne sont pas les chiens qui vous aideront à avoir vos examens ! » S'énerve t-il, avant de repartir.

« Andouille de prof' » Dit Jôno-Uchi.

Mon professeur a raison, mais… Je travaille déjà énormément chaque jour. Il exagère. Enfin, tout ceci me fait penser que les vacances sont dés la semaine prochaine. J'en ai vraiment besoin. Et puis, je les passerai en compagnie de Bakura ! Je regarde discrètement le garçon qui prépare un exposé sur l'Angleterre. J'espère que tout va bien se passer…

Le week-end arrive, et j'en profite pour faire ma valise. Je vérifie de bien prendre des vêtements corrects. Je rajoute l'Epée Millénaire dans mon sac, ainsi que mon jeu pour les Duels. Je viens d'ailleurs de penser que Yûgi et les autres ne m'ont pas dit où ils partaient en vacances. Tant pis, je leur demanderai plus tard…

Le lendemain, je retrouve Bakura à la gare. Heureusement, nous ne sommes pas trop chargés. Je dois avouer que je suis très gênée de partir seule avec lui. Je suis très stressée également.

Nous montons dans le train et sommes côte à côte.

« Au fait, Yûki. Tu as dit l'autre jour que tu es Télékinésiste. Mais comment cela se fait-il ? »

Je la sentais venir cette question là…

« Et bien, comment te dire… Quand j'étais plus jeune, j'avais envie de me… démarquer des autres. J'ai toujours vu ma vie comme quelque chose de trop banal, trop classique. Donc, j'ai cherché dans des livres les différents types de dons qui peuvent exister. Je suis tombée sur des descriptions à propos des médiums, des magnétiseurs, de ceux qui communiquent avec les morts… J'ai trouvé des choses inimaginables que je ne connaissais même pas. Et là, je suis tombée sur un livre parlant de Psychokinésie et Télékinésie. C'est plus où moins la même chose. Je me suis intéressée à cet art de déplacer les objets par la pensée. Je pensais que c'était simple, j'ai suivi les explications des livres. Mais rien ne venait et j'ai failli abandonner. » Je m'arrête un instant. Cela me fait plaisir car l'albinos semble intéressé. Et puis, c'est la première fois que je parle de cela à quelqu'un…

« Et puis une fois, je me suis rendue compte que certains objets bougeaient tout seul autour de moi. J'avais peur au début car je ne comprenais pas que ce don se réveillait tout seul. J'ai commencé à l'utiliser pour m'amuser, jusqu'au jour où… Enfin, tu sais la suite. » Dis-je tout bas pour ne pas être entendue.

« Ca paraît incroyable mais c'est pourtant bien réel. » Répond t-il. Il paraît soucieux.

« Tu sais… Lui dis-je. Je pense que tout le monde peut développer ce don. Il suffit juste de s'entraîner et surtout d'y croire. Si tu n'y crois pas, cela ne sert à rien de perdre son temps. Je ne peux pas soulever de gros objets. »

Il rit doucement et attrape un livre dans son sac à dos.

Je repense à Miho Nosaka. Maintenant qu'elle sait que j'ai commis un crime, elle risque de le répéter… Mais cela serait stupide, c'est tellement vieux et abandonné ! Qui la croirait ? Une chèvre ? Et je sais que je l'effraie, surtout que Bakura la haïrait si elle le révélait. Ah, il fallait agir avant ! Tant pis pour elle, elle est trop stupide ! Et puis, aucun de mes amis ne le répétera, je leur fais entièrement confiance. A présent, j'ai l'esprit bien plus rassuré.

Bakura se lève un instant. Lorsqu'il revient, il paraît inquiet et me dit :

« C'est étrange. J'ai l'impression d'avoir vu Jôno-Uchi et Honda dans un autre compartiment.

- Ah oui ? Ce sont peut-être deux garçons qui leur ressemblent… »

Une fois arrivés à destination, nous regardons un plan à la gare.

« Regarde, dit l'albinos. La maison est toute proche. On a juste deux bus à prendre.

- Deux bus ?!

- Mais c'est tout près !

- La preuve…

- On a juste dix arrêts par bus.

- Quoi ?! T'es pas sérieux là ?!

- Eh, ça va, m'engueule pas ! Je n'y peux rien moi !

- Et les taxis n'existent pas ici ?!

- Oh ben excuse-moi de t'avoir emmené dans un trou paumé ! »

Je rêve. On vient d'arriver et on s'engueule déjà comme du poisson pourri… Je dois bien avouer que cela m'amuse beaucoup. Bakura qui est toujours calme… On dirait presque son double maléfique ! D'ailleurs… J'espère pourvoir le voir.

Pendant que Bakura pestait après ma réflexion, je regarde aux alentours. Mon regard reste fixé sur deux personnes en particulier.

« B…Bakura ! Je crois que je viens de voir Yûgi et Anzu !

- Hein ? »

Je regarde à nouveaux où je croyais les avoir vu mais ils sont partis.

« Tu es sûre de ne pas avoir eu une hallucination ?

- Et toi ? Tu as bien cru voir Jôno-Uchi et Honda, non… ? Bon allons chercher le bus. » J'ai failli dire « avant que je ne m'énerve. »

Après un long trajet en bus où j'ai bien failli crier sur l'albinos, nous voilà enfin arrivés ! La maison du père de Bakura est assez bien située. La plage est toute proche, les commerces également… Ce n'est pas si paumé finalement !

Comme la maison est grande ! Il y a au moins quatre chambres à l'étage et aussi un jardin ! Le garçon me propose de faire les courses le lendemain, nous avons déjà à manger pour le soir.

Avant d'aller nous coucher, nous discutons de choses et d'autres. Nous avons déjà prévu de travailler chaque matin et de sortir l'après-midi. Chaque matin… Comme si je ne travaillais pas suffisamment durant l'année, et je sens qu'avec ça il ne va pas me lâcher.

Il commence à se faire tard. Tiens, je me demande où je vais dormir. Avec Bakura ? Oh, j'aimerais bien ! Et puis, il m'a demandé, à moi qui suis une fille, de passer des vacances seule avec lui. Il doit bien, à quelque part, être intéressé. Il aura beau être timide et discret, il est quand même un garçon. C'est ainsi que je m'attendais à dormir aux côtés de Bakura. J'en étais toute ravie, jusqu'au moment où il me montre ma chambre et la sienne qui sont séparées. Je ne dis rien, bien sûr, je n'oserai jamais. Mais quand même, il est bizarre lui aussi ! Enfin… Il faudrait que j'arrête de confondre Bakura et Yami-Bakura. J'ai parfois tendance à voir l'un en l'autre, et je m'attends à ce que l'un réagisse comme l'autre. Cela devient bien compliqué…

Le lendemain matin, nous faisons des courses au supermarché. L'albinos choisi ce qu'il veut prendre de son côté, et moi du mien. Lorsque je retourne le voir avec une boîte de gâteaux dans la main, quelle ne fut pas ma surprise de le trouver avec Yûgi, Anzu, Honda et Jôno-Uchi ! Mais que font-ils ici ?

« Ah, Yûki ! Dit Bakura. Yûgi et les autres passent leurs vacances ici, drôle de coïncidence, non ? Les hôtels du coin sont un peu cher alors… Ne m'en veut pas, mais je leur ai proposé de venir à la maison. Il y a assez de place pour tout le monde ! » Dit-il, joyeux.

Moi, j'ai l'impression de sentir un gros poids me tomber sur la tête. Pour qui se prend t-il ? Bon, ok, c'est chez lui, je n'ai pas mon mot à dire. Mais quand même, c'est vexant.

« Pas de problème. » Dis-je froidement en posant mes gâteaux dans le cadi. Tout ce à quoi j'avais espéré tombe à l'eau. Pourquoi rêver après tout ? Quelle déception…

Je suis tout de même très vexée, mais bon, je suis aussi départagée entre la joie et la colère. Ce sont les premières vacances où je ne serai pas seule dans mon coin. C'est l'occasion pour s'amuser entre amis, mais il exagère… Enfin, je suis bien obligée d'accepter et de sourire même si cela m'énerve beaucoup !

Nous voilà de retour chez Bakura. Yûgi et les autres visitent la maison tout en faisant des compliments sur la décoration. Il faut dire que grâce au métier du père de Bakura, sa maison est décorée de beaux objets venant de différents pays du monde. De plus, quelle ne fut pas ma surprise lorsque j'ai découvert une petite statue du Dieu Anubis sur la table de nuit de ma chambre ! Je retourne discrètement dans la pièce que je vais partager avec Anzu. C'est étrange car à chaque fois que je me retrouve face à un objet ou une image de ce Dieu, je me sens mal. J'ai toujours un étrange malaise, c'est une sensation vraiment désagréable. Surtout que je ne comprends pas pourquoi ce Dieu en particulier…

Après avoir visité la maison, nous sortons pour nous promener. C'est assez agréable comme petit village face à la mer. La plage est très grande, la mer est présente, il fait plutôt doux…

Jôno-Uchi et Honda s'amusent à se mettre la tête dans le sable pendant qu'Anzu et Yûgi admirent la mer. Bakura est assis sur un tas de sable un peu plus haut que les autres, et regarde le groupe. Il est bien silencieux, je trouve. Sait-il au moins que sa proposition m'a beaucoup vexé ? On dirait qu'il s'en moque. Pourtant, il est toujours soucieux de ce que pensent les autres d'habitude. A-t-il peur de quelque chose ? A-t-il peur que Yami-Bakura me fasse du mal si je reste seule avec lui ? De toute façon, je sais que ce taré ne me fera rien. Je possède l'Epée Millénaire, un objet qu'il convoite mais dont je suis sûre qu'il ne sait rien. Je n'ai qu'à inventer que je connais tout les secrets de cet objet. Je suis persuadée qu'il n'ira pas jusqu'à me tuer. D'ailleurs, est-il capable de tuer pour obtenir ce qu'il désire ?

Malheureusement, oui. Il a l'âme d'un voleur prêt à tout, tuer quelqu'un ne doit pas le déranger… Enfin, peut-être que non.

Nous partons de la plage pour nous diriger vers un petit parc.

« Le dernier arrivé à la balançoire à perdu ! » Crie Jôno-Uchi, comme un enfant.

Malheureusement pour lui, un petit garçon arrive en même temps. Le blond se jette quand même sur la balançoire.

« Veuillez laisser la place à mon fils, demande le père du garçon, qui semble venir d'une grande ville. Oh, et puis vous n'avez plus l'âge pour ce genre de choses… Retournez donc étudier, mon garçon.

- Eh ça va, y'a pas écrit son nom dessus à votre gosse ! Et comment ça j'ai plus l'âge ?! Je vous emmerde moi ! » Ricana le garçon avant de se balancer de plus en plus vite.

L'homme commence à s'énerver. Avant que le blond ne réplique, Honda se jette sur lui et le force à descendre de la balançoire.

« Allez, c'est pas un jeu pour un grand garçon comme toi !

- Merci beaucoup pour ton aide, Honda ! » Marmonne le blond.

Nous en profitons pour nous acheter des crêpes que nous dévorons comme si on n'avait pas mangé depuis des mois ! Curieusement, je me sens nostalgique devant ce paysage de sable, de dunes et d'eau. Pourtant, je ne vais presque jamais à la mer. Et l'air doux nous amène l'odeur de l'eau salée, ce qui est très agréable.

Le soir arrive vite. Il fait nuit super tôt ! Bakura me propose de sortir seule avec lui.

« A cette heure ? Luis dis-je, étonnée.

- Ne t'en fais pas, nous ne risquons rien. Dit-il, sur un ton rassurant.

- Il est tout de même tard… » Prévient Anzu, inquiète.

C'est vrai que pour me demander de sortir à presque vingt heure alors qu'il fait nuit, c'est qu'il a une idée derrière la tête.

Nous ressortons de nouveau dehors. J'ai l'impression d'avoir passé ma journée dehors ! Nous empruntons un petit chemin qui nous mène sur la plage.

« Bakura… Ce n'est pas un peu risqué ? Il n'y a personne et…

- Qu'est-ce qu'il peut être con ! » S'énerve t-il. Son ton est froid et grave.

« Q…Qui est con… ? » Dis-je, choquée.

Il se retourne et se rapproche de moi.

« Yami-Bakura ? » Dis-je en contemplant sa coupe de cheveux. Ses deux mèches qui s'élèvent un peu lui vont tellement bien.

« Bakura est vraiment très con, ou alors il est malin et tente de me repousser. » Dit-il sur un ton malicieux.

Son visage paraît toujours si froid et mystérieux à la fois.

« Je t'interdis d'insulter Bakura ! Il ne le mérite pas !

- Ah oui ? Il ne le mérite pas ? En es-tu bien sûre ?

- Comment… ?

- Yûki, tu étais sensée passer des vacances seule avec lui, je te rappelle. Et lui préfère inviter ses… amis. Dit-il avec dégoût.

- Et alors ?

- Il n'a même pas fait attention à ce que toi tu ressentais.

- parce que toi tu y fais attention peut-être ? Dis-je sur un ton ironique.

- Bien sûr que non ! Crache t-il.

- Ben voyons… Alors pourquoi me fais-tu tout ce cinéma ? » Dis-je en soupirant.

Il se rapproche, menaçant.

« Tu seras bientôt un pion essentiel pour mon jeu. » Dit-il au creux de mon oreille.

« Pardon ?! Mais tu es taré ! » Dis-je en le repoussant violemment.

Je dois bien avouer que le clair de la lune met ses cheveux blancs en valeur. Ses yeux noisette sont presque noirs, et avec son long manteau noir, on dirait qu'il sort d'un film d'horreur. Yami-Bakura a vraiment beaucoup de classe. Je suis perturbée par son apparence, il est si hypnotisant. Pourquoi suis-je un simple « pion » pour lui ? Je préfère ne même pas lui poser la question, je ne veux pas entendre la réponse. C'est surtout qu'une autre question me vient d'un coup à l'esprit.

« Au fait… Comment savais-tu que j'avais commis un crime au collège ?

- Hmm ?

- Tu te souviens, quand j'étais chez Bakura, tu me menaçais de le répéter aux autres si je ne me rangeais pas de ton côté.

- Ah, oui, c'est vrai. Ah, c'est dommage, je ne pourrais plus m'en servir maintenant. Dit-il sur un ton ironique.

- Ce n'est pas drôle !

- Pourtant, toi, au moment du meurtre, cela t'a bien fait rire. »

Hein ? Mais comment est-il autant informé ?

« Je sais bien plus de choses sur toi que toi-même. » Dit-il, fier de lui.

« Mais comment est-ce possible ? Tu m'espionnes où quoi ?

- Haha ! Tu ne le sauras pas, Yûki.

- Pourquoi me cacher tant de secrets ?

- Tu le sauras lorsque le moment sera venu. »

Je suis quelqu'un de très impatient. Alors, je me jette sur lui et lui chatouille le ventre, sauvagement. Il est plus chatouilleux que je ne l'imaginais. Il se tortille dans tous les sens et est même tombé au sol. Malgré son apparence froide, il est assez attendrissant. Alors, pour jouer, je me mets à courir jusqu'au petit parc. Il me suit et je me jette sur la balançoire en allant le plus haut possible.

« Gamine. Crache t-il. En tout cas, tu te rappelle de mon point faible… Je vais devoir faire plus attention.

- Comment ? Je ne savais même pas que tu étais sensible du ventre. »

Il ne répond rien et se balance aussi, sur l'autre balançoire.

« Je ne suis pas la seule à être encore une gamine, on dirait.

- Pff. » Crache t-il.

Après un moment, l'albinos se lève. Il se rapproche de moi. Je prends un peu peur car il rapproche son visage du mien. Nos lèvres sont presque collées. Il reste comme ça un moment et me dit sur un ton très inquiétant.

« Yûki, je hais Anubis de toute mon âme. J'espère un jour pouvoir lui arracher la tête. »

Il me fait vraiment peur, mais ce n'est pas désagréable. Je sens son souffle près du mien. Je suis déçue, je m'attendais à ce qu'il m'embrasse, mais au lieu de cela, il me sort encore une phrase remplie de mystères.

« De quoi me parles-tu encore, Yami-Bakura ? » Dis-je en m'étonnant moi-même du ton… sensuel que j'ai pris.

« Tu finiras bien par comprendre pourquoi je le hais tant. » Dit-il avant de s'éloigner. Son ton est rempli de dégoût et de reproche.

Comme hypnotisée, je me lève et lui sort, comme ça :

« Je n'y peux rien ! Je suis vraiment désolée ! Je n'ai jamais voulu ça ! »

Désolée de quoi ? Jamais voulu quoi ? Mais qu'est-ce qui m'a pris ? C'est bien la première fois que j'ai l'impression que quelqu'un d'autre parle à ma place. Il me lance un regard de haine et laisse sa place à Bakura. On dirait que le jeune albinos ne se rappelle de rien cette fois-ci, car il me demande pourquoi on est dehors. Je commence à prendre peur et à m'inquiéter.

Voilà un nouveau sentiment qui me harcèle désormais, la peur. Et dire qu'avant, je ne savais même pas ce que c'était.

Un peu après, je vais dans ma chambre pour me coucher. Enfin ma chambre, celle que je partage avec Anzu. Cela me convient car je me serai peut-être sentie un peu seule dans cette grande pièce. En m'allongeant sur mon lit, un nouveau mal de tête survient, ce qui n'échappe pas à Anzu.

« Que t'arrives t-il, Yûki ? Fais-tu une allergie dans cette pièce ?

- Heu, je n'en ai aucune idée, mais j'espère que non.

- Tu ressens quelque d'étrange ?

- C'est vrai que je ne suis pas du tout à l'aise dans cette chambre. Je me sens comme… observée.

- Observée ? » Répéta la jeune fille sur un ton inquiet.

Voyant que je commence à m'angoisser, elle me dit de sa voix douce :

« Je ne ressens rien de tel dans cette chambre, mais si jamais quelque chose ne va pas, préviens-moi. Dit-elle en me faisant un clin d'œil.

- Merci, Anzu. »

Je m'endors directement. En ouvrant les yeux, je me retrouve dans une très grande salle qui donne sur l'extérieur. Suis-je dans un rêve ? Une petite fille aux cheveux noirs de jais est assise sur une chaise et écrit sur une table en pierre. Ses cheveux sont mi-longs, ils lui arrivent un peu avant les épaules. Deux mèches vertes, plus courtes que les autres, sont reliées sur son front par une tête d'aigle de même couleur. Elle porte une simple robe blanche jusqu'aux genoux et un collier en or qui lui entoure l'intégralité du cou. Elle doit bien avoir dix ou même douze ans. On dirait la femme dont j'ai déjà rêvé une fois, mais en bien plus jeune. D'un coup, elle se lève et se dirige vers l'extérieur. On dirait que nous sommes dans un temple, il y a de grands piliers un peu partout soutenant le plafond. Je me décide à suivre l'enfant. Elle s'arrête pour parler avec des adultes dont je n'arrive pas à identifier les visages. Ce rêve est comme les autres. Il me montre des images très nettes, et d'autres biens plus flous. L'un des adultes présente une petite boîte à la fillette. Elle semble impatiente et l'ouvre délicatement sans trop se presser. On dirait qu'elle contient un bracelet en or, que la fille met directement à son poignet.

La personne lui ayant offert ce présent lui apporte une sorte de petite cage en bois. La petite fille l'ouvre. Une créature noire en sort, gracieusement. L'animal se tient sur ses quatre pattes, il est de taille moyenne. Il a de grandes oreilles dressées au-dessus de sa tête, et un beau pelage noir sur le dos, et doré sur le ventre et la tête. Il ressemble à un renard, mais je reconnais bien un chacal.

Il est si mignon ! On aurait envie de le prendre dans nos bras et de lui faire des câlins. Ce que fait la petite fille. Sans même avoir peur, ou se poser de questions, elle attrape l'animal et le prend dans ses bras. Elle a de la force car malgré sa taille moyenne, il paraît grand par rapport à elle. Seulement, l'autre adulte présent lui arrache des bras et dispute l'enfant. Je pense qu'il la prévient que cela peut-être dangereux. Mais… J'avoue que si j'avais été à la place de cette fille, j'aurais fais la même chose ! Je regarde le petit chacal courir et se rouler dans le sable. J'essaie de lever les yeux et suis aveuglée par la lumière. J'arrive à visualiser le paysage. Je suis encore en Egypte ? Avec tout les pays du monde, il faut que mes rêves se focalisent sur l'Egypte ! Je n'ai rien contre ces rêves étranges, au contraire, mais j'aimerais comprendre pourquoi je les fais, et pourquoi ils me semblent si familiers.

Je décide de marcher un peu dans le sable pour suivre la petite qui joue avec le chacal, malgré les conseils. Elle semble s'y être tout de suite attachée. La scène qui se déroule sous mes yeux est très attendrissante ! Le petit chacal lèche la joue de la fille qui caresse son beau pelage.

D'un coup, le décor se met à bouger, je vois de rapides images où l'enfant grandit en compagnie de son chacal. Tout redevient normal en un instant. La fille semble avoir seize ans. Elle garde son chacal sur ses genoux pendant qu'elle écrit des hiéroglyphes sur un papyrus. Quelqu'un entre dans la pièce et lui arrache le chacal. Je n'arrive pas à entendre ce qu'ils disent, on dirait une autre langue. La personne part avec le chacal, et la jeune fille la poursuit. Je ne comprends pas pourquoi l'animal lui est retiré comme ça, sans raisons… Une chose est sûre, la fille le sait. Elle devient violente, plaquant l'adulte contre le mur et sortant un couteau. Elle ne va tout de même pas… Le tuer ? J'ai l'impression que je vais revivre une scène semblable à celle de mon propre crime…

Par chance, quelqu'un la stoppe. L'autre jeune fille dont j'ai déjà rêvé, a posé sa main gauche sur l'épaule droite de l'autre. Celle dont la main tenait le poignard doré. Si je me souviens bien, cette jeune fille aux longs cheveux bruns qui descendent en piques, se nomme Mana. L'autre range son arme, et reprend son chacal dans les bras.

La scène s'évanouit de nouveau. Je me retrouve peu de temps après dans un nouveau décor. Des soldats entourent la jeune fille, l'animal est dans leurs bras. Ils s'enfuient avec, laissant la jeune fille pleurer tout ce qu'elle peut pleurer. Elle se lève et se jette sur eux d'une manière violente, n'hésitant pas à sortir une épée en or. Cette épée… ressemble à l'Epée Millénaire ! Elle assomme les soldats Egyptiens sans les tuer. Lorsqu'elle arrive vers celui qui détient son chacal, il est déjà trop tard, l'animal s'est évanoui dans les gros bras du soldat. Il s'est étouffé, et l'homme le relâche, raide mort… A ce moment, je me mets à pleurer. Autant que la jeune fille qui tue l'homme avec son épée.

Puis, tout devient noir. Je ne vois plus rien, je n'entends plus cette ancienne langue inconnue. Une seule phrase résonne dans ma tête pendant plusieurs minutes : « Nous voulions simplement te prévenir, mais tu n'as rien voulu entendre, ni comprendre. Tu commençais à vouer un étrange culte à ce Dieu. Ce qui était bien en dehors de tes fonctions. Il fallait que cela s'arrête avant qu'il ne soit trop tard. Mais tu as continué, et tu vois bien jusqu'où cela t'as mené. »

Je me réveille en sursaut et me dirige à toute allure vers la salle de bain pour vomir. Après m'être essuyée, je sors de la pièce et croise Yami-Bakura. Il me regarde toujours de ses yeux de glace.

« Yami…Bakura ! » Dis-je, en pleurant.

Je me jette dans ses bras, ce qui le surprend. Il ne me repousse pas, mais ne prend pas non plus soin de moi. Je me rends compte à quel point je suis bien, comme ça. Cela me rassure. Je retourne dans ma chambre, laissant l'esprit de l'Anneau assez étonné. Moi, mon cœur s'est rempli d'une tendresse qui m'était inconnue.

Au cour de la journée, j'essayais d'oublier cet étrange cauchemar, en vain. La seule chose que j'essaie de me dire, c'est que ce rêve est dû au souvenir de mon crime et à la phrase de Yami-Bakura. Ces deux éléments se sont mélangés dans ma tête pour me faire faire ce rêve étrange. Ce n'est rien d'autre. J'en suis persuadée. Ou alors, peut-être que j'essaie de m'en persuader… ? Enfin, quoi qu'il en soit, je décide de sortir faire quelques courses.

Il fait plutôt doux et il y a peu de nuages. C'est très agréable ! J'entre dans le petit magasin, me dirigeant vers le rayon des gâteaux. Je n'ai pas pris grand-chose, mais au moins, on aura quelque chose pour le goûter. Je suis bien obligée de prendre plusieurs paquets car je sais que Jôno-Uchi, Honda et Bakura, vont encore tout manger. Après il n'y a plus rien pour les autres, c'est malin…

En arrivant à la caisse, je sursaute en entendant une grosse voix se fâcher. Mais, c'est quoi ce bazar ? Je regarde discrètement en direction d'une caisse sur la droite. Une jeune femme se tient face au caissier, mains sur les hanches. Cette femme possède de longs cheveux blonds, assez bouclés et volumineux. Elle est vêtue d'un haut bustier blanc, d'une courte veste violette et d'une minijupe de même couleur. Elle porte des bottes noires à talons hauts. Pour finir, ses oreilles sont joliment décorées avec des boucles en forme d'anneaux, et ses grands yeux violets sont entourés de noir. Malgré son décolleté trop profond et sa minijupe, elle est très jolie et plutôt bien foutue. Elle a un petit air de Britney Spears et je peux sentir son doux parfum d'où je suis.

« C'est une plaisanterie ! Comment un magasin comme le vôtre peut-il vendre des produits périmés ! Vous vous foutez de moi ?! J'aimerai parler à un supérieur ! Une femme de mon envergure ne devrait pas avoir à se plaindre dans un magasin ! »

Le caissier est terrorisé par la grosse voix de la jolie femme. Il en tremble ! C'est assez amusant. Je dois bien avouer que cette femme m'impressionne. Elle a du cran et du caractère ! J'aimerais pouvoir être comme elle, savoir m'imposer sans timidité. Et j'aime beaucoup son style. Elle ressemble peut-être à une « femme fatale », mais sa ressemblance avec l'une de mes chanteuses préférées et son cran, me donnent envie de la rencontrer ! Mais… Je ne la connais même pas… Dommage.

D'un coup, deux agents de sécurité surgissent derrière elle et la prennent par les bras. Elle écarquille les yeux et fait un mouvement avec sa bouche, comme si elle se mettait à bouder. Elle se débat et hurle :

« Mais ôtez vos sales pattes de moi, bande de gueux ! »

Elle a beau se débattre, les deux agents la mirent dehors et lui bloquent l'entrée. Je fis un petit rire, cela m'a amusé ! En sortant, je ne m'attendais pas à la voir encore là. Elle est collée contre un muret. Elle me regarde et dit, d'une voix plus calme :

« Comme on est mal servie dans ce trou ! Tu ne trouves pas ?

- Heu… Si, sûrement ! » Dis-je, en rougissant. Elle m'intimide un peu.

« Bon, je vais y aller. Dit-elle en se détournant.

- Heu… Attendez ! » Elle se retourne, surprise.

Mince, que vais-je lui dire ?

« Je… Je voulais vous dire que… J'ai été très impressionnée par le cran dont vous avez fait preuve ! Je… J'aimerais avoir votre courage pour ce genre de choses. »

Elle fait un battement de cils, et sourit. Elle dit, d'une voix douce :

« Et bien, c'est à toi de travailler là-dessus. Dans ce monde de sauvage, il faut savoir se faire confiance et s'imposer. Cela viendra, avec le temps.

- Maï ! » Hurle une voix derrière nous.

Jôno-Uchi est là, je ne l'avais même pas vu !

La belle blonde le regarde, surprise.

« Que fais-tu là, Jôno-Uchi ?

- Je suis en vacances chez Bakura. Ah, vous vous connaissez ? » Dit-il, en me regardant.

Après avoir fait les présentations, nous nous installons dans un parc. J'apprends qu'elle s'appelle Maï Kujaku. Elle a 23 ans. Ils se sont rencontrés lors du tournoi de Pegasus, au Royaume des Duellistes. Maï, qui était froide et solitaire, s'est peu à peu liée d'amitié au groupe. Cela fut difficile car, elle se montrait moqueuse envers eux. Mais, elle me dit que les liens de leur amitié lui ont ouvert les yeux. Jôno-Uchi ajoute qu'elle est une excellente duelliste, ce qui la flatte. Je remarque, que les deux blonds s'amusent souvent à se taquiner. Elle se lève, pour partir.

« Je suis à l'hôtel. Je penserai à passer vous voir, à l'occasion.

- Ouais, ça serait sympa ! Dit le blond.

- Maï, j'aimerais pouvoir livrer un duel contre toi. » Dis-je.

Elle semble surprise, puis dit :

« Fais bien attention car je ne ferais qu'une bouchée de toi ! » Son ton est à la fois amusé et menaçant. Elle s'éloigne en faisant un signe de la main.

Je regarde les gâteaux que Jôno-Uchi a acheté, et lui dit :

« Oh, t'es chiant ! J'ai pris les mêmes !

- Ben tant pis, ça m'en fera plus !

- Ils ne sont pas que pour toi ! Tiens, au fait. Tu ne serais pas amoureux de Maï, par hasard ? »

Il rougit comme une tomate. Touché !

« Quoi ? Mais pas du tout ! Elle est trop prétentieuse lors des duels !

- C'est cela…

- Et toi, avec Bakura ?! »

Ne voulant pas répondre, je prends son paquet de gâteaux et m'enfui avec. Je ne veux pas me trahir et dire la vérité. D'ailleurs, j'ai l'impression d'être attirée par ce qui est mauvais. Je suis plus éprise de l'Esprit Maléfique de l'Anneau, plutôt que du doux Bakura. Et je repense aussi à Marik. Cet Egyptien qui semble moins innocent qu'il ne le prétend. Je dois avouer que je n'y suis pas indifférente…

Et j'étais presque accro à cet arrogant Seto Kaiba lorsque je le voyais à la télévision. Avant mon déménagement. Je me demande si cette attirance pour les mauvaises personnes est due à mon Epée Millénaire… Peut-être que finalement elle m'est destinée. J'en doute encore. Il faudrait que je puisse m'en servir, mais comment ? C'est quand même une épée…

Le soir, je décide de sortir me promener, seule. J'ai besoin de me changer les idées. Il fait nuit noire, et les ruelles sont bien peu éclairées. Il n'y a personne, les volets des maisons sont fermés. N'importe quelle fille paniquerait dans ces ruelles, on dirait une ville fantôme. Je me suis même arrêtée quelques instants devant une maison abandonnée. Les vitres sont cassées. Quelle ambiance sinistre ! Mais, curieusement, je me sens bien. Je me sens plus en sécurité seule. J'esquisse un petit sourire lorsque la douceur du vent fait voler délicatement mes cheveux. Pas une âme qui vive, juste un petit chat noir qui traverse la rue. Je marche vers lui, voulant le caresser. J'atterris dans une ruelle moins éclairée, avec quelques rares maisons. Me suis-je trop éloignée ? Ca ne fait rien, je connais le chemin. Et puis, j'ai mon épée dans mon sac. Alors, je continue de marcher, cherchant le petit chat.

D'un coup, j'entends des bruits de pas derrière moi. Merde. Je n'ose pas me retourner, espérant que ce ne soit pas quelqu'un de mal intentionné. J'en profite donc pour tourner dans une autre ruelle, pensant qu'il continuera son chemin. Mais non. Il me suit toujours. Que faire ? Je continue de tourner à chaque ruelle, mais j'entends toujours les mêmes bruits de pas, sinistres. De plus, je me suis trop éloignée de la plage et de la maison. Je ne sais même pas où je suis. Je décide de m'arrêter, nette. J'attrape mon sac sur mon épaule droite et sors discrètement l'Epée Millénaire.

Je me retourne, et hurle :

« Ne m'approchez pas ! » Je pointe l'objet tranchant dans sa direction.

Un homme vêtu de noir est face à moi. Je pointe toujours l'objet dans sa direction, voulant le menacer. Mais, j'entends d'autres bruits derrière moi. Un autre homme arrive et me frappe avec un bâton. Mon épée tombe au sol. L'un des deux la ramasse. Je suis désarmée, et dans la merde ! Je ne peux même pas appeler à l'aide, il n'y a personne. Je me jette sur l'un et lui file un coup de poing dans la tête, et un coup de pied au ventre. Il tombe au sol, pendant que l'autre me frappe violement au dos. Je tombe sur mes genoux, à cause de la douleur. Je tente de me relever, mais je retombe aussitôt, car il m'a frappé au même endroit. Il lève son bâton pour me frapper au visage. Je vois alors un poignard lui trancher le ventre. Il s'effondre, inerte.

Je regarde celui qui m'a sauvé.

« Yami-Bakura ? »

L'albinos me dévisage, froidement. Je tente de le remercier, mais je suis interrompue par l'autre homme qui se relève. Il attrape mon épée et la pointe dans notre direction.

« Pathétique. » Crache l'albinos, calmement.

Il se jette sur nous et hurle :

« Crève ! Morveux !

- Pff. » Fit Yami-Bakura. Exaspéré.

Il lui attrape le bras et le plaque violemment contre le sol. Le garçon a beau être maigrichon, il a de la force.

L'albinos murmure à l'oreille de sa victime :

« Ne pense pas que j'en ai déjà fini avec toi. Non. J'ai juste hâte de voir la douleur sur ton visage lorsque je te torturerai. J'en frémis d'impatience ! » Dit-il, en le poignardant.

Quel sadisme… Moi qui me demandais s'il pouvait tuer quelqu'un, j'ai ma réponse.

« A…Arrête ça ! Dis-je.

- pff, Yûki… Tu es bien mal placée pour me dire de ne pas tuer. » Je sursaute à ses paroles. Il se mit à rire. Un rire effroyablement sadique et sinistre. J'en profite pour attraper mon objet Millénaire, et le pointe vers lui.

« Je t'en supplie, arrête ! Je pense qu'il a assez payé comme ça !

- Pff… Tu oses me défier ?

- Arrête !

- Ferme-là ! »

J'attrape ses mains et le plaque contre le sol.

« S'il te plait… Arrête ! »

Il me regarde avec surprise. L'homme qui était au sol se lève, péniblement. Il tente de fuir.

« Eh, reviens toi ! Je n'ai pas fini ! » Crie l'albinos.

Il essaie de me repousser pour le poursuivre. Je cherche à toute vitesse, dans ma tête, quelque chose que je peux faire pour l'arrêter. Je décide alors de mordre le cou de l'adolescent, de toutes mes forces. Il grogne de surprise, non de douleur. En tout cas, l'homme a eu le temps de fuir.

« Mais t'es stupide où quoi ?!

- C'est toi qui es stupide, Yami-Bakura ! »

Il me regarde froidement et se lève. Je range mon épée dans mon sac. Espérant qu'il ne l'a pas vu. Nous prenons le chemin du retour. Je lui pose des questions, j'aimerais le titiller un peu.

« Pourquoi m'as-tu sauvé ?

- C'est Bakura qui voulait te sauver. Pas moi.

- Certes, mais tu l'as fait…

- pff. Cet idiot est trop faible pour se battre. Ces types n'auraient fait qu'une bouchée de lui. Je ne souhaite pas prendre le risque d'abîmer mon hôte. Il m'héberge en lui, j'ai encore besoin de lui. » Dit-il, avec un sourire narquois. Je ne lui réponds pas.

Il commence à faire froid, et je regarde avec envie le long manteau noir de Yami-Bakura. Il est classe et lui va si bien…

« J'ai froid. Dis-je, timidement.

- C'est ton problème.

- Pff… Tu ne veux pas me prêter ton manteau ?

- Non.

- Tu es sûr ?

- Oui. » Dit-il, exaspéré.

J'attrape son manteau, le faisant délicatement glisser le long de ses bras. Et hop, je l'enfile. Il se retrouve en T-shirt. Il soupire, me voyant lui tirer la langue. Mais il ne se fâche pas. Je pense qu'il est las de se fâcher pour des « pathétiques humains ». Je souris en enfouissant mon visage dans ce manteau, et en respirant son doux parfum. Après cet épisode, je suis presque sûre d'une chose… Mais mes pensées sont interrompues, voyant Yûgi et les autres, arriver face à nous.

Yami prend la place du jeune garçon. Il dit de son ton grave :

« Qu'as-tu fais à Yûki, Yami-Bakura ?!

- Pourquoi êtes-vous tachés de sang ?! » S'emporte jôno-Uchi, sous le regard choqué et inquiet d'Anzu.

Honda le regarde sévèrement, prêt à bondir s'il leur fait du mal.

« Cher Pharaon. Dit l'albinos, sur un ton ironique. Quel plaisir de revoir sa Majesté ! Hahahaha ! »