Coucou tout le monde!

Je sais c'est la fin du week-end mais j'ai été occupée durant le début de la semaine et je n'ai pu commencer à traduire ce chapitre que vendredi.

Je précise pour les lecteurs de "Vous avez dit improbable?" qui lisent cette histoire que je risque d'avoir un peu de retard pour le prochain chapitre puisqu'il faut impérativement que je béta-lecte la fin de la traduction de Mangli avant de m'y mettre. Quelques jours de retard seulement, promis!!!

Voili voilou, je crois que j'ai fait le tour des nouvelles du jour!!


Disclaimer : ceci est une traduction de la fic 'Coping with hope' de Laurenke1. J'ai obtenu son autorisation pour la traduire et la publier.


Chapitre 10

« HARRY JAMES POTTER ! »

Harry ne fut pas le seul dans la salle commune de Gryffondor à faire un bond de deux mètres dans les airs lorsque le cri perçant s'éleva depuis l'escalier. Toutes les têtes se tournèrent vers la cheminée devant laquelle Harry était assis, disputant une partie d'échecs avec Ron. Le Survivant se contenta de soupirer bruyamment.

Autant pour la soirée tranquille qu'il avait voulu passer avant le début des cours. Il lança un regard vers Ron avant que son meilleur ami ne lui déclare sérieusement : « Désolé vieux, mais pour le bien des relations familiales, tu es seul sur ce coup-là. »

« Oh, merci Ron. Je m'en souviendrais la prochaine fois que Hermione te chercheras des poux. »

« Snape est ton tuteur, tu peux sûrement affronter Ginny. »

« Je pense que Snape fait partie du problème. »

Ce fut tout ce que Harry eut le temps de dire avant que la rouquine ne dévale les escaliers, le meurtre lisible dans ses jolis yeux bruns. Il haussa un sourcil. Il avait estimé que le fait qu'elle l'ignore obligeamment lorsqu'il était revenu dans la salle commune après le repas explicitait suffisamment ses sentiments à son égard mais apparemment elle désirait toujours avoir une audience pour lui parler.

Il la considéra froidement. Il n'avait aucun goût pour de plus amples explications ou accusations ce soir, même s'il ne put nier un soupçon de curiosité quand il vit le parchemin froissé dans son poing serré. Était-ce vraiment la lettre de Snape ? Ce serait extrêmement rapide, même pour le maître des potions…

Est-ce qu'il l'avait envoyé pour le bien d'Harry ou pour jubiler d'avoir causé une rupture entre lui et sa petite amie ? Il était difficile d'essayer de comprendre les motivations de Snape et, parfois, Harry ne pouvait se débarrasser de l'impression tenace que son maître faisait certaines choses parce qu'il le détestait. Mais ce serait complètement idiot, non ? Pourquoi Snape aurait-il seulement envisagé de le prendre comme apprenti s'il le haïssait ? Cela n'aurait aucun sens. Le sorcier plus âgé n'irait pas s'occuper de lui à cause d'un quelconque et étrange sens du devoir. Leurs dettes avaient été payées, ou du moins Harry le croyait.

« Comment expliques-tu cela ? » Même sa voix était froide alors qu'elle lui tendait le parchemin tout corné. Harry le fixait, ne faisant aucun mouvement pour le prendre.

« Et que devrais-je t'expliquer ? »

Ses yeux étincelèrent et, durant un instant, sa main trembla puis elle plissa les paupières et cracha, lisant :

« Miss Weasley,

A été porté à mon attention le fait que vous entreteniez une relation avec mon apprenti, Harry James Potter, mais cet engagement a été pris sans mon consentement. De part la nature du lien d'apprentissage entre Mr Potter et moi-même, aucun engagement autre que des fiançailles réalisées avant la signature du contrat ne peut exister son mon accord.

Si vous pouvez me fournir preuve d'un lien légal antérieur à la date de la signature du contrat d'apprentissage de Mr Potter, je vous donnerais avec joie mon consentement, mais en l'état actuel, je me dois de vous le refuser. Ce qui signifie que toute relation que vous puissiez entretenir avec Mr Potter est dès cet instant inacceptable.

Tout manquement à cette règle entraînera perte de points et retenues à effectuer sous mon autorité.

Cordialement,

S. Snape »

Ses yeux étaient étrécis de colère mais Harry regarda à peine son visage. Il était conscient des conversations chuchotées autour de lui mais s'en moquait. Après tout, il avait dit à Snape qu'il ne serait pas dérangé par le fait que son maître suspende son consentement pour un temps indéterminé, au moins jusqu'à ce qu'il puisse savoir ce qu'il voulait.

« Et quand avais-tu prévu de me parler de ça ? » gesticula rageusement Ginny, désignant le parchemin. Harry pencha la tête sur le côté avant de répondre.

« Avec ton entrée théâtrale, ça m'était sorti de l'esprit. Et puis, ce n'est pas bien grave… »

« Pas bien grave ?? » répéta-t-elle, semblant se courroucer davantage à chaque mot. « Tu réalises que ce salaud décide de notre futur ? Ou est-ce que ça n'a aucune importance pour toi ? »

« Écoute Ginny, ça fait partie du contrat d'apprentissage que j'ai signé. Apparemment, je ne peux pas m'engager dans quoi que ce soit, même une relation, tant que l'année n'est pas écoulée. »

« Donc si nous étions fiancés, ça ne serait pas arrivé ? »

« Oui, je crois. » Une boule glacée élut domicile au fond de son estomac à la perspective d'un mariage. Il n'était même pas sûr de vouloir encore épouser Ginny, surtout si elle se comportait de cette manière. Qu'était-il arrivé à la gentille jeune fille sensible qu'il avait connue en sixième année ?

Elle n'avait pas vu ce dont elle a désormais été le témoin, ou perdu ses frères. Soit honnête avec elle, elle mérite au moins cela…

Ses propres pensées l'embrouillaient. Harry savait qu'en cet instant, il allait trop mal pour aider qui que ce soit. Il avait suffisamment de mal à se concentrer sur ses études avec Snape, ses devoirs d'apprenti, le bourbier qui constituait son cerveau… Il savait qu'il ne pouvait en supporter davantage et aider d'autres à surmonter leur douleur dans le même temps.

Peut-être était-ce l'une des raisons pour lesquelles il devait rompre avec Ginny, ou du moins faire une pause. Elle souffrait également et il lui fallait quelqu'un avec qui elle pourrait partager sa peine. Elle le méritait et Harry savait que ce rôle ne lui était pas destiné, qu'il ne pouvait pas être le petit ami présent et attentionné dont elle avait besoin. Celui qui pourrait lui ouvrir son cœur et son âme. Il n'avait jamais été celui-là.

Il avait toujours conservé sa souffrance bien enfouie à l'intérieur de lui pour la gérer à sa façon, et même Snape, son maître, n'avait pas encore franchi ce pas pour lui ordonner de parler. Bien que Harry sache que l'un des devoirs de Snape était de veiller à son état mental et émotionnel, et bien que son maître lui ait précisé que sa porte lui était toujours ouverte, Harry n'avait pas répondu à l'offre.

Il lui semblait que Snape paraissait aussi mal à l'aise que lui à l'idée de discuter sentiments et émotions mais il savait que ce n'était qu'une question de temps avant que l'homme n'aborde le sujet, probablement avec une certaine brusquerie car son maître n'avait jamais été délicat lorsque Harry était concerné. Il avait toujours préféré ignorer ou dédaigner ce qui avait de l'importance pour son élève.

Harry soupira. Les Dursley avaient-ils fait tant de dégâts ou bien était-ce simplement son incapacité à aimer ? Était-ce la raison pour laquelle il était prêt à s'enfuir à la moindre proximité de Ginny ? Snape arriverait sans nul doute au fond du problème en un rien de temps avant de le placer de côté avec un ricanement sarcastique.

Il frissonna. Il n'avait pas envie de penser à ce moment durant lequel Snape s'assiérait avec lui pour une petite conversation à cœur ouvert, mieux valait se concentrer sur les insipides détails quotidiens. Il résoudrait le reste seul. Oui, il était doué pour cela.

« Et donc ? Pourquoi est-ce que tu ne m'as pas demandé de t'épouser ? Je suis sûre que nous pourrions nous enfuir maintenant… » Le comportement de Ginny changea du tout au tout tandis qu'elle se rapprochait, lui souriant gentiment et le mettant encore davantage mal à son aise. Elle lui demandait ni plus ni moins que de briser la promesse qu'il avait signée et cela ne lui était que plus pénible.

Et il s'en énerva. Comment osait-elle ? Comment osait-elle seulement penser une telle chose ? Et le lui demander ?? Mais qui croyait-elle être pour exiger cela de lui ? C'était la seule chose qui était bien à lui, sa seule chance de prouver à quelqu'un qu'il était une personne à part entière avec ses propres mérites, ses propres erreurs, sa seule chance d'avoir quelqu'un qui s'occupe de lui. Snape la lui avait offerte sans se préoccuper un instant de sa célébrité, de sa gloire ou de tout autre qualité insensée que lui prêtait le public. Non, Snape avait Harry Potter pour apprenti et Harry préférait aller rôtir en enfer avant de gâcher cette opportunité, Ginny ou pas Ginny.

Il prouverait à Snape qu'il méritait le temps et la patience que le sorcier dépenserait pour lui, il le rendrait fier. Cela n'avait aucune importance pour Harry ce que la majorité des gens pouvait penser de lui, tout ce qu'il voulait était que quelqu'un soit fier de lui, même s'il devait s'agir d'un connard impossible qui le haïssait et abhorrait ses parents.

Il étrécit les yeux et lança sèchement : « Aurais-tu avantageusement oublié la petite note que tu tiens à la main ? Celle qui te dit qu'on ne peut pas se marier avant que mon apprentissage ne soit terminé ? »

« Ce que Snape ne sait pas ne peut pas lui faire de mal. » Ginny se rapprocha.

« Je refuse de désobéir à la règle, Ginny ! » s'écria-t-il, la colère montant.

« Alors c'est la seule raison pour laquelle tu refuses de m'épouser ? A cause des règles de Snape ? » Ginny cracha presque le nom de leur professeur mais elle semblait pleine d'espoir et Harry jura mentalement. Il baissa la voix, conscient du fait que les élèves alentour avaient fait de même pour pouvoir écouter leur conversation, et jeta un regard en direction de Ron. Il sut qu'il ne pouvait définitivement pas attendre d'aide de ce côté lorsqu'il constata que son ami s'était saisi du premier livre venu, ne se préoccupant pas du fait qu'il le tenait à l'envers tant il cherchait à échapper à la situation et à ne pas être impliqué dans la dispute.

« Non. Parce que nous sommes trop jeunes. Je veux vivre ma vie, Ginny, avant de me poser et de songer à une famille. Je veux voyager, faire ce qui me plait. Je sais que tout le monde attend de grandes choses de moi dès que je serais sorti de Poudlard mais, honnêtement, je suis peut-être intéressé par d'autres voies. »

« Tu dis ça parce que Snape te montre quelques petites choses. Je suis certaine que ça te passera lorsque l'apprentissage sera terminé et que tu retourneras vers la formation d'Auror à laquelle tu es destiné. »

La rage envahit soudainement Harry. Comment osait-elle le congédier de cette manière ? Comme si ce qu'il voulait n'avait d'importance pour personne, comme s'il était convenu qu'il devienne Auror. En vérité, Harry souhaitait tout sauf devenir Auror. Il en avait soupé de cette vie.

« Cesse de m'écarter comme un gosse ! Je suis une personne à part entière avec mes pensées et mes désirs. Je suis désolé si ça ne coïncide pas avec l'image parfaite que tu t'es faite de notre vie future, à nous marier dès notre sortie de Poudlard. Tu voudrais aussi que je te mette enceinte en suivant un planning précis ? » gronda-t-il, se levant.

Elle tressaillit et recula avant de lui demander : « J'apprécierais que tu partages cette vision avec moi mais pourquoi es-tu si réticent à te marier ? »

« Parce que je suis trop jeune ! Que se passera-t-il si, dans dix ans, je me rends compte que tu n'es pas la bonne personne et que je t'ai épousée dans un élan de passion, sur un coup de tête de jeunesse ? Si je fais ces vœux, je veux les honorer, je veux qu'ils signifient quelque chose. »

« Qu'est-ce que tu dis ? » souffla-t-elle d'une voix étouffée, serrant la missive de Snape sur sa poitrine.

« Que notre relation a toujours été soumise à la pression extérieure. Je veux prendre le temps de vraiment te connaître sans aucune pression, qu'elle provienne du monde sorcier ou de ta famille. » déclara-t-il finalement. Il était tout à fait sûr de ne pas vouloir l'épouser dans un futur proche. Il voulait tomber amoureux, parcourir la planète, et pas être enfermé dans cette vie, comme ses parents l'avaient été, par une guerre et des enfants nés trop tôt.

Il avait tout l'avenir devant lui pour se marier, engendrer une descendance et trouver un métier qu'il apprécie. Il voulait poursuivre ses études et être avec quelqu'un qui le soutiendrait et qui l'aimerait pour ce qu'il était, qui ne condamnerait pas ses choix. Était-ce vraiment trop demander ?

« Je suis sûre que ce n'est pas la seule raison pour laquelle ton maître n'a pas donné son consentement ! » explosa soudainement Ginny, faisant lever à Harry des yeux surpris.

« Mais qu'est-ce que tu racontes ? »

« N'est-ce pas évident ? Snape est jaloux !! Il a peur qu'il n'y ait de la compétition pour les faveurs de son jeune amant ! » Harry était bouche bée devant une notion si absurde. Que passait-il donc par la tête de la rousse ? Ron fixait sa sœur avec sur le visage un air confus et vaguement horrifié, sa soi-disant lecture totalement oubliée.

« Amant ? Mais qui est l'amant de Snape ? »

« N'est-ce pas évident ? Tu l'es !! Tu entretiens une relation avec Snape ! » Malgré l'audace des affirmations que Ginny venait de soutenir, Harry ne put s'empêcher d'éclater de rire tant l'idée lui paraissait ridicule.

Il tentait de reprendre sa respiration, se tenant les flancs alors que des larmes de rire s'écoulaient le long de ses joues. Snape et lui, amants ? Lui entretenir une relation romantique avec son maître ? Elle était folle.

Ginny réalisait une très acceptable imitation de sa mère, les mains sur les hanches alors qu'elle sifflait : « C'est clair comme le jour, Harry ! Un instant tu le détestes et celui d'après tu es son apprenti. C'est manifeste. Alors quand est-ce arrivé ? A-t-il amorcé son mouvement lorsque tu étais à Poudlard cet été ou bien avant ? Lui as-tu taillé des pipes dans son lit d'hôpital parce qu'il était incapable de prendre les choses en main ? Tu aurais dû le dire à quelqu'un, Harry. Ce genre de comportement est répréhensible ! »

« Et quel comportement a-t-il précisément, Ginny ? Snape a toujours été irréprochable avec moi. Il aurait pu faire n'importe quoi mais n'en a rien fait. Il avait tous les droits et bien des opportunités de me rabaisser et de me laisser tomber mais il ne l'a pas fait. Il s'est occupé de moi tu ne supportes pas que je sache la vérité à son sujet. »

« Ça ne change pas ce qu'il a fait, Harry ! C'est un meurtrier !! »

« Tout comme moi ! » cria-t-il, ignorant volontairement le fait que sa voix se brisait alors que son profond sentiment de culpabilité menaçait de l'engloutir. Il le repoussa. Ginny n'avait pas le droit de lui parler ainsi.

Il n'appréciait peut-être pas Snape plus qu'auparavant mais il lui devait beaucoup. Ses doigts vinrent inconsciemment caresser le bracelet. Il sentait la puissante magie de son maître pulser sur sa peau.

« Et bien, qui se ressemble s'assemble, n'est-ce pas ? » cracha-t-elle. Harry sentit son visage le brûler alors même que son estomac se glaçait. Des murmures choqués s'élevaient des quatre coins de la salle commune et Harry n'eut pas le temps de répondre avant qu'elle ne termine froidement : « Oh mais ne t'inquiète pas. Puisque nous n'avons pas de permission, je ne devrais pas me soucier de la personne avec laquelle tu couches, n'est-ce pas ? »

Elle sourit fraîchement et quitta les lieux, laissant derrière elle un Harry ahuri et cotonneux au milieu d'une salle commune marmonnante.

**********

« Harry ? Vieux ? »

La voix de Ron n'était pas la bienvenue alors que Harry cachait son visage enflammé dans son oreiller. Il souhaitait que le sol s'ouvre pour l'engloutir ou tout du moins le faire disparaître un certain temps, mais les rideaux furent fermement ouverts devant Ron qui se tenait à côté du lit. « Allez, arrête de bouder et parle-moi ! »

« Je le droit de bouder, Ron. A moins que tu n'aies pas été présent lors de la conversation durant laquelle ta sœur m'a accusé d'avoir une relation avec Snape, mon maître et mon mentor ! Oh, sans oublier qu'elle vient juste de m'accuser d'être un meurtrier au lieu d'essayer de me dire que j'avais fait ce qu'il fallait ! Je n'ai vraiment pas besoin qu'elle me fasse me sentir coupable à propos des événements de mai, je me débrouille très bien tout seul… »

« Alors tu n'es pas… » Sa voix s'éteignit et Harry se redressa, ses yeux verts étrécis de colère et ses cheveux encore plus ébouriffés que de coutume.

« Je ne suis pas quoi ? » cracha-t-il, défiant son ami de finir sa phrase.

« L'amant de Snape ? » murmura Ron sans trembler.

« Bien sûr que non ! Tu as idée à quel point ce que tu dis est tordu ? Il est mon mentor, mon maître, et bien que le lien entre nous puisse éventuellement nous rapprocher, cela ne signifie pas que je vais soudainement tomber amoureux de ce salaud juste parce qu'il s'occupe de moi ! Tu crois vraiment que je suis ce genre de personne ? A tomber amoureux du premier venu qui me montre un minimum d'intérêt, qui… » Harry fulminait mais ne pouvait s'arrêter, toute sa frustration rentrée débordant tout à coup.

« Bien sûr que non, vieux. » lui dit Ron sur un ton apaisant, lui prenant la main. « Mais tu sais, si tu étais… je veux dire… en train de tomber amoureux d'un homme, ce ne serait pas un problème. Ça n'a pas d'importance pour moi tant que… euh… tant que ce n'est pas de moi ou Hermione… et même s'il s'agit de Malfoy, ou Rusard, voire même Snape… tant que tu es heureux, et bien… »

« Ron, de quoi parles-tu ? » Harry était persuadé que sa voix chevrotante.

« Et bien, si tu es gay, ou même attiré par les garçons et les filles, tu sais… ça me va. »

« Vraiment ? » Cette fois, sa voix était tremblante et pleine d'espoir tout à la fois, à tel point qu'il en grimaça presque. Il ne savait pas si ce que Ron disait reflétait ou non la vérité mais… le simple fait de savoir que quelqu'un, quelque part, l'acceptait tel qu'il était et l'appréciait pour lui-même le rendait euphorique.

« Ouais, comme je te l'ai dit, tant que ce n'est pas moi ou Hermione, c'est bon. Tant que ça te rend heureux. » Ron souriait, le visage cramoisi, et Harry déglutit péniblement. Il détourna le regard, sachant pertinemment qu'il allait sortir la première ânerie parfaitement inappropriée ou contraire à toute virilité qui lui passerait par la tête s'il continuait à fixer ainsi son ami.

« Euh… Merci, Ron… »

« Pas de problème, vieux. C'est à ça que servent les amis. » Harry pouvait entendre l'inconfort dans le ton de son ami alors que ce dernier se rappelait des mois précédents durant lesquels il avait été si en colère.

Pensait-il comme Ginny ? Qu'il était l'amant de Snape ?

Harry fronça les sourcils, se demandant ce qui leur passait à tous par la tête. Assurément l'histoire aurait fait le tour de Poudlard dès le lendemain. Tous les Gryffondors présents l'avaient vu fuir comme une fillette après le départ de Ginny. Il soupira. Tout cela ne ferait que créer davantage de problèmes.

Juste ce dont il avait besoin.

**********

Le matin du premier jour de classe était toujours une affaire délicate, aussi bien pour les élèves que pour leurs professeurs. Cette année, bien que remarquable, n'était en rien différente des autres mais, tandis que Severus Snape considérait sombrement son reflet dans le miroir, il sentait que tout avait changé.

Son teint presque jaunâtre et ses cheveux gras avaient disparus, tout comme l'air renfrogné qu'il avait arboré la majeure partie de sa vie, le tout remplacé par une peau d'une pâleur presque maladive et des cheveux pour une fois propres car il n'avait pas approché un chaudron depuis 24 heures. Ses yeux noirs étudiaient son visage, cherchant la moindre ressemblance avec l'homme fort et puissant qui n'avait jamais eu besoin d'aide sous celui, incertain, qui lui retournait son regard.

Dans sa jeunesse il avait porté ce regard sur sa personne lorsqu'il était honnête avec lui-même, et cela n'était pas fréquent. La toute première fois qu'il était apparu comme professeur, fraîchement titularisé Maître des Potions dans son premier et seul foyer, tout juste débarqué des rangs des Mangemorts et d'un procès, quatre courtes années après avoir obtenu son diplôme, il s'était étudié de cette façon.

Mais les choses avaient bien changées depuis.

En ce temps-là, Severus se permettait encore de rêver d'un futur empli d'amour, de compagnie, de recherche et de toutes ces choses merveilleuses. Un véritable avenir. Il se relèverait du ternissement d'un mauvais choix fait dans sa jeunesse et serait respecté pour son esprit acéré, en dépit de tout ce qu'il avait pu faire.

Quelle folie. Il avait pratiquement suivi le chemin de pensée d'un Gryffondor. N'avait-il, à cette époque, pas encore suffisamment vécu pour savoir qu'il n'existait nullement en ce monde de secondes chances ? Personne ne la lui avait jamais offerte, à l'exception de ceux de la part desquels il ne le souhaitait pas, ses anciens amis.

Et maintenant ?

« Rien. Je suis un homme méprisé pour ce qu'il est et ce qu'il a accompli. Je suis, à l'âge de trente-huit ans, un meurtrier qui a assassiné le seul homme capable de me protéger et de m'offrir un abri. Obligé à effectuer les basses besognes de non seulement un, mais deux sorciers fous, trahis par les deux et en lequel aucun n'avait confiance. Pas d'amis, pas de relations, aucune recherche ni brillant projet que je puisse signer de mon nom sans que le monde entier ne s'empierge dans sa hâte d'amplifier ma disgrâce. »

Il n'était pas surpris d'entendre sa voix si amère mais Severus soupira, ses doigts courant dans ses cheveux. Pourquoi s'imposait-il cela ? Il devrait faire ses bagages et partir. Il existait sûrement un meilleur endroit pour lui, où il pourrait être apprécié à sa juste valeur, où il serait capable de gagner décemment et honnêtement sa vie sans être écarté et rabaissé pour ses actions passées.

Il ne lui restait rien ici. Ses rêves, ses espoirs et ses désires étaient brisés. Qui avait réellement besoin de la carapace vide et acide d'un homme qui ne préoccupait pas assez de lui-même pour changer son avenir ? Tout serait mieux que les lugubres perspectives qui l'attendaient en Grande Bretagne.

Il soupira à nouveau. Il devait attendre car, pour le moment, il ne pouvait pas faire grand-chose d'autre que vivre au jour le jour. Ses blessures étaient trop graves et il était trop célèbre en cet instant pour disparaître. Il lui faudrait tout d'abord faire le point, voir ce qu'il restait de ses possessions et de ses fonds, et préparer un plan avant de seulement considérer une folie telle que quitter tout ce qu'il avait toujours connu.

Et il y a Potter…

Severus soupira derechef, plus fort cette fois. Il avait promis un an à Potter et, quoi qu'il puisse être, il savait qu'il ne l'abandonnerait pas. J'ai créé un lien d'apprentissage avec lui. Rien ne serait à porter au crédit de ma réputation auprès de la Guilde si je dérogeais à ma promesse. Je lui enseignerais mon art durant un an, quel qu'en soit le prix.

Les potions étaient toute sa vie et son statut de Maître des Potions ne présentait pas le moindre blâme. Severus tenait impérativement à maintenir cet état de fait. Il n'avait pas grand-chose en sa faveur et ne permettrait à personne de lui prendre ce qu'il avait.

Il redressa les épaules. Il devait enseigner aux élèves de deuxième année ce jour et il refusait de laisser paraître la moindre faiblesse. Il aurait besoin seulement d'un tout petit instant pour les effrayer à nouveau et, bien que sa réputation obtienne plus sûrement ce résultat que son apparence physique, il comptait leur prouver qu'il leur faudrait prendre garde à Severus Snape, la retenue n'étant jamais loin lorsqu'il rôdait dans les corridors de l'école de sorcellerie de Poudlard.

Si seulement rôder n'était pas si difficile en ce moment… pensa-t-il, épuisé d'avance par sa journée à venir.

**********

Le premier jour de cours était toujours pour Harry à la fois ennuyeux et empli d'un intense soulagement. Ennuyeux parce qu'il y avait toujours une nuée de nouveaux élèves qui le regardaient avec adoration, attirant l'attention de leurs camarades pour leur murmurer que Harry Potter était là. Et un soulagement car cela signifiait que l'été était terminé et qu'il pouvait échapper aux Dursley durant un an. Mais cette fois… cette fois, la rentrée était infernale.

Chaque étudiant inscrit à Poudlard le regardait, qu'il entre dans la Grande Salle pour prendre son petit-déjeuner, qu'il passe dans un couloir pou aller aux toilettes ou qu'il se rende à son premier cours de la journée. Au départ, Harry avait tenté de les ignorer, mais plus il croisait d'élèves qui chuchotaient derrière leurs mains dans l'oreille de leur voisin, le jugeant, souhaitant savoir ce qui s'était passé durant la longue pause de l'été, cherchant à deviner à quel point il était puissant, et plus il trouvait difficile de rester impassible.

Serrant les poings et tentant de demeurer poli, Harry manœuvrait entre les élèves agglutinés dans un corridor pour atteindre sa première classe, Sortilèges, et commençait à se demander s'il tiendrait toute la journée jusqu'à sa leçon nocturne avec Snape sans maudire quelqu'un. Il grondait en se déplaçant entre les élèves qui restaient bêtement debout dans le couloir à le fixer. Il aurait dû rester dans son dortoir mais le fait que Snape n'aurait pas manqué de débarquer furieusement dès qu'il serait revenu à ses oreilles que Harry n'avait été en cours lui avait fait reconsidérer la question. La tranquillité ne valait pas les ennuis qu'il aurait avec son maître, surtout dans l'état d'irritation qui était le sien.

Il tourna à un nouvel angle. Encore quelques couloirs et il serait assis dans sa salle de classe avec ses camarades. Il pourrait se perdre dans la complexité du sortilège, quel qu'il soit, que Flitwick avait prévu pour eux pour leur premier jour. Il soupira, espérant que la situation ne perdurerait pas ainsi toute l'année scolaire ou il risquait fort de lancer quelques maléfices sans s'occuper davantage des rumeurs qui pourraient en découler.

« Oh, mais regarde-moi ça… »

« Mon dieu, mais ils se dévorent littéralement ! »

« C'est dégoûtant. »

« C'est Weasley… et… qui est l'autre ? »

« Attends, ce ne serait pas le gars-là… Thomas, de Gryffondor ? »

« Mais je croyais qu'elle sortait avec Potter ? »

« Peut-être qu'il ne la satisfaisait pas. Peut-être qu'il est de ceux qui parlent sans agir, si tu suis ma pensée… » La phrase fut accompagnée de quelques gloussements et Harry fronça les sourcils. De quoi parlaient-ils ?

« Allez, bougez ! On doit passer. » Ron poussa quelques élèves hors de leur chemin avant de murmurer en direction d'Harry : « Je me demande ce qu'ils regardent comme ça… Ça a l'air intéressant… Peut-être que c'est une bagarre ou… »

Ron se tut alors que son menton partait vivement rencontrer sa poitrine lorsque deux personnes qui se tenaient devant eux partirent, leur permettant d'enfin voir ce qui faisait les gorges chaudes de Poudlard. Il ouvrit la bouche dans un cri de rage silencieux, son cœur tambourinant dans sa poitrine. Comment osait-elle ?!?!?

Ginny était devant lui, ses bras enserrant étroitement Dean Thomas qui avait penché la tête vers elle pour l'embrasser passionnément. Ils ne semblaient nullement se soucier du fait que tout un chacun pouvait les voir, que Harry était présent alors que Ginny gémissait et déplaçait ses mains en des parties du corps inconvenantes pour un lieu public.

« Eh, Ginny !! » beugla Ron en avançant vers le couple. Ginny se dégagea, s'essuyant les lèvres d'un revers de main avant de sourire. Harry n'avait pas même besoin de regarder Ron pour savoir qu'il était rouge comme un coquelicot lorsqu'il vit Dean reculer d'un pas.

Il ne savait pas ce qu'il ressentait. Cela ne pouvait être la réalité, cela n'était pas en train de se produire. Bien sûr, ils avaient rompus mais pourquoi Ginny était-elle déjà dans les bras d'un autre à l'embrasser si passionnément ? Essayait-elle de le rendre jaloux ?

« Je croyais que tu aimais Harry et maintenant tu embrasses quelqu'un d'autre ? » La mention de son nom lui fit relever la tête.

Les yeux de Ginny s'étrécirent de colère et son joli visage rougit violemment. « Son maître a été parfaitement clair. Tout est terminé entre nous alors pourquoi devrais-je rester en arrière à pleurer quand lui n'a pas eu la moindre pensée pour moi lorsqu'il couchait avec Snape ! »

Légers halètements et reprises de respiration se firent entendre dans le corridor tandis que Harry sentait des larmes de rage lui monter aux yeux et sa magie s'amplifier. Il savait que l'amour que Ginny lui portait était dénué de réalisme mais elle n'avait pas à décharger sa hargne sur lui. Ce n'était pas juste.

« Je te l'ai déjà dit, je ne suis pas l'amant de Snape. »

« Ouais, c'est ça, continue à te le répéter, Harry ! » cracha-t-elle.

« Exactement comme tu ne cesses de te répéter que tu m'aimes alors que tu vas batifoler avec tous les Gryffondors de ton année et de l'année supérieure ? » Harry aurait pu se gifler mais les mots s'échappèrent de ses lèvres sans qu'il n'y réfléchisse.

Ginny pâlit et recula comme s'il l'avait frappée. Ron ouvrit plusieurs fois la bouche mais la referma à chaque reprise sans avoir rien dit tant il était choqué.

« Vraiment, Harry, ce n'est pas nécessaire… » déclara Dean en s'avançant vers lui, les mains tendues pour tenter de ramener la paix.

« Qu'étais-je au juste, Ginny ? Une nouvelle encoche sur ton balai ? La seule conquête que tu ne parvenais pas à obtenir et dont tu t'es lassée dès que tu l'as eue ? Est-ce agréable d'être connue comme la pute de Gryffondor ? Un jour avec un petit ami, le lendemain avec un autre… »

« Que peux-tu savoir d'une relation, Harry ? Tu as utilisé un tiers pour rompre avec moi. En outre, pour que tu sois une encoche sur mon balai, il aurait peut-être fallu qu'on fasse autre chose que s'embrasser ! Mais je suppose que tu n'es pas suffisamment un homme pour te montrer à la hauteur de ta réputation. Et bien, sois assuré que je préciserais à toutes les filles qu'avec toi elle ne peuvent attendre que des paroles et rien d'autre. Elles peuvent continuer à rêver parce qu'en réalité tu es un cauchemar. »

Sa respiration s'accéléra mais Ginny n'avait pas terminé. Elle s'approcha, ses lèvres de courbant un discret rictus tandis qu'elle sifflait : « Tu es un petit ami calamiteux. Tu es tellement indépendant et en manque d'affection. Vu le bien que ça m'a fait, j'aurais aussi bien pu m'envoyer une porte fermée ! Tu ne t'ouvres jamais et quand, par miracle, tu le fais il n'y en a que pour Malfoy et Snape. Tu es la personne la plus égoïste que j'ai jamais rencontrée. Tu ne parles que de toi, jamais des autres. Le pauvre petit Harry Potter, orphelin… Et bien devine quoi ? Je n'ai pas besoin de toi !! Et je ne vois personne qui ait besoin de toi. Tous ceux que tu as jamais pu aimer sont morts et je suis persuadée qu'ils en sont bien soulagés ! Tu ne t'es jamais demandé pourquoi Sirius, Remus ou mes parents ne t'ont jamais demandé de venir vivre avec eux ? Parce qu'ils te connaissaient ! Tu es comme un Détraqueur, aspirant toute la joie des gens qui t'entourent et ne donnant jamais rien en retour ! Tu te contentes de prendre et de prendre parce que le trou qui te sert de cœur ne se remplit jamais. Personne ne peut le remplir sans finir par se blesser !! Qui pourrait jamais aimer quelqu'un comme toi ? »

Monstre… Fardeau… Impossible à aimer…

Harry essayait de ne montrer aucune émotion. C'était ce qu'on lui avait toujours appris et il lui sembla qu'une chance miraculeuse daignait se pencher sur lui lorsque le bracelet s'échauffe soudainement contre sa peau. Il prit une grande inspiration et déglutit, espérant que Snape n'avait pas été alarmé par ce qui se passait.

Il repoussa sa manche pour considérer le serpent qui arborait une couleur verte. Snape avait besoin de lui. Soulagé de la distraction, il se tourna vers Ron, à qui il murmura : « Préviens Flitwick que j'ai du partir pour assister Snape. Il m'appelle… »

« Il veut probablement quelqu'un à genoux devant lui, ce bâtard graisseux et dégoûtant ! »

Harry serra les poings, tentant d'ignorer Ginny alors qu'il s'éloignait, même s'il ne pouvait nier la blessure qui grandissait en lui avec chacun de ses commentaires.

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Severus pouvait entendre le léger murmure des élèves alors qu'il attendait devant la porte. Il avait requis la présence de Potter cinq minutes auparavant, où était donc ce fichu gosse ? Il gronda d'impatience. Cela ne manquerait pas de rejaillir sur lui d'une manière certes pas positive.

La première cloche n'avait pas encore carillonné mais Severus aimait à faire une grande entrée, tout spécialement en ce jour. Ce serait la première fois que ces élèves de deuxième année le découvriraient en tant que professeur et Severus avait besoin d'établir ses règles le plus rapidement possible pour éviter de perdre le contrôle.

Des pas rapides s'avançaient au croisement et bientôt Potter apparut, hors d'haleine et le visage rougi.

« Qu'est-ce qui vous a retenu, gamin ? » s'enquit-il en indiquant à son apprenti, qui s'était appuyé contre le mur pour reprendre sa respiration, de s'approcher.

« J'étais près de la salle de Sortilèges pour mon premier cours que je suis en train de rater en ce moment… »

« Ceci est plus important. » déclara Severus, repoussant immédiatement toute notion d'un autre cours pour Potter. L'apprentissage prévalait sur toutes les autres leçons et Potter connaissait déjà ce qui serait couvert ce jour-là. Il était mieux ici avec Severus, dans cette classe à laquelle il pouvait offrir son expertise, plutôt que n'importe où ailleurs où le gosse ne ferait que perturber l'enseignement dispensé parce qu'il serait étudié sous toutes les coutures. Au moins cette fois, il stupéfierait les élèves jusqu'au silence en se tenant devant eux aux côtés de son maître.

« Allez, entrez ! » exigea-t-il avec un geste impatient. Potter le regarda, ses yeux verts suspicieux derrière ses lunettes sales.

« Que voulez-vous dire, Monsieur ? »

« Vous allez m'assister avec cette classe aujourd'hui. »

« Mais c'est un cours de Défense… »

« Vous avez vaincu le Seigneur des Ténèbres, non ? Vous savez tout ce qu'il y a à savoir concernant la Défense contre les Forces du Mal, ou tout du moins en savez-vous davantage que l'étudiant moyen. Maintenant entrez. »

« C'est pour ça que vous avez requis ma présence ? » Potter semblait stupéfait et un peu ahuri, puis ses yeux s'étrécirent. « Cela ne peut pas être la seule raison. Mon apprentissage se rapporte aux potions, pas à la défense. »

Severus s'approcha de son apprenti, le dominant de toute sa taille. Il n'avait pas le temps de jouer avec Potter, aussi poursuivit-il avec un rictus sarcastique. « D'après le document que vous avez signé, je me dois de vous enseigner mon art et les traditions qui s'y rapportent. Or l'enseignement est une partie de mon art. De ce fait, vous observerez pendant que j'enseignerais à cette classe et vous participerez lorsque je vous le demanderais. Avez-vous compris ? »

« Vous voulez que je vienne devant la classe avec vous ? » demanda Potter alors qu'il retirait ses lunettes et les tapotait de sa baguette afin de les nettoyer. Severus remarqua avec un petit sourire satisfait que certaines de ses manières semblaient finalement déteindre sur le garçon.

« Exactement. Je suis ravi que vous compreniez si rapidement. Et maintenant, entrez. » Severus tint la porte ouverte et recula légèrement, entendant le volume sonore de la pièce diminuer drastiquement. Potter lui lança un regard noir avant de carrer ses épaules et d'avancer vers le seuil en prenant une profonde inspiration.

Severus contint sa joie et plaça une main sur l'épaule du gamin, ignorant le léger mouvement de recul que Potter ne put réprimer. Le maître des potions fronça brièvement les sourcils. Pourquoi Potter grimace-t-il et tressaille-t-il à chaque fois que quelqu'un le touche sans qu'il s'y attende ? Encore une chose parmi tant d'autres qu'il faut que je découvre…

Il poussa le gosse à l'intérieur et murmura, sachant pertinemment que cela énerverait suffisamment son apprenti pour qu'il soit sur ses gardes : « Et je retire dix points à Gryffondor pour avoir couru dans les couloirs, Potter… »

Les épaules de Potter se raidirent sous sa main et Severus le poussa fermement dans la salle de classe pour faire face aux élèves certainement dissipés.