"Le placard"
Bonjour, bonjour !
Alors je vous présente ce dont je vous avais parlé lors de la dernière partie de la série de one-shot consacrée à « Dean contre le reste du monde ».
Je tenais à vous dire « merci » : merci de me suivre dans ces petits textes sans prétention. Merci à tous les nouveaux followers, aux mises en favori et aux lecteurs anonymes.
Sur ce, enjoy it !
Catégorie : drame/romance
Personnage imposé : Dean Winchester
Thème : Dean suspecte que Sam entretient une relation amoureuse avec l'archange Gabriel. Devant le mutisme de son cadet, il met au point un plan pour le faire avouer. Et si le soir où il avait mis son projet à exécution Sam n'était pas rentré, que se serait-il passé ?
One-shot qui se situe courant de la saison 5.
Rating : T/M
Le jour J.
Dean avait pensé à tout.
Son frère venait de partir en ville avec l'Impala, à la recherche des derniers éléments qui leur permettraient de mettre un terme définitif aux agissements d'un clan de vampires qui sévissait dans le secteur. Et à vue de nez, il en avait bien pour deux bonnes heures. Ce qui lui laissait largement le temps de se préparer pour son plan. Plan qu'il n'avait de cesse de reculer faute de temps.
Embrassant la chambre du regard, il s'avança vers un des pans de murs. Un large et franc sourire s'étira sur ses lèvres à mesure qu'il examinait avec attention le placard qui s'y trouvait là, ses dimensions, l'espace à disposition devant lui. Tout portait à croire que cette pièce des plus banale allait servir ses intérêts.
Assuré que ce lieu serait adéquat pour sa mise en scène, il prit ses dispositions et s'installa aussi confortablement que possible dans l'espace désigné. Refermant sans bruit les portes persiennes coulissantes et n'oubliant pas d'éteindre son téléphone portable. Ca serait ballot de se faire choper en pleine séance de voyeurisme parce que la sonnerie de son cellulaire se déclenchait.
Se calant contre le gros oreiller qui traînait là, il s'assit, les pieds en tailleur, et patienta.
Un seul leitmotiv en tête.
Aujourd'hui, d'ici quelques heures et peut-être moins si la chance était de son côté, il serait fixé sur la relation exacte qu'entretenaient Sam et l'archange Gabriel.
Enfin, ça c'était l'idée de base. La théorie.
Parce qu'en pratique, comme toujours avec les Winchester, rien ne se passa comme prévu.
XXX
Les heures s'égrenèrent sans qu'aucun bruit ne vienne perturber le calme ambiant.
Dean commençait par penser que son frère avait dû se rendre compte de quelque chose soit à cause de son attitude pour le moins soupe au lait de ces dernières semaines, soit à cause de son « charmant compagnon » (Dieu que c'était difficile à prononcer sans s'étouffer) qui avait tout compris et donc déballé avec moult détails. Quel que soit le cas de figure, présentement, il était Gros-Jean comme devant.
Machinalement, il posa la main sur l'objet inerte à ses côtés. Il hésitait encore à allumer son téléphone portable dans l'hypothèse où ces derniers se présenteraient malgré tout à l'instant précis où il contacterait Sammy, ce qui serait vraiment la pire des choses. Parce qu'il n'aurait aucun repli, aucune porte de sortie. Et il se ferait chambrer comme jamais si on le découvrait dans le placard.
Irrité, il se releva, se dégourdissant les jambes le plus silencieusement possible. Il jeta un œil dans la pièce au travers des persiennes. Rien. Pas d'âme qui vive. Il se pinça fortement l'arête du nez en fermant les yeux. Il devait réfléchir avant de prendre une décision qui impacterait sur les heures à venir.
Combien de temps resta-t-il ainsi perdu dans ses pensées, il ne le sut pas précisément. Ce fut un infime bruissement dans son dos qui lui fit savoir qu'il n'était plus seul dans cet endroit et le tira de ses réflexions stériles.
- Cas, souffla-t-il.
Car il n'y avait que lui, l'ange du jeudi, Castiel, celui qui l'avait tiré de la perdition, qui s'invitait allègrement dans son espace personnel, ne tenant presque jamais compte de son sentiment sur ce sujet.
- Dean, répondit concis l'ange.
- Que fais-tu là ?, murmura-t-il sans se retourner. Parfaitement conscient du regard pointé sur sa nuque.
- J'ai besoin de toi.
- C'est pas nouveau ça. Pour quoi faire cette fois-ci ? Régler les affaires de la sainte famille ? Tu sais bien que je ne suis pas doué pour ça, ironisa-t-il.
- Ne blasphème pas Dean !, se fâcha Castiel.
- Je vais me gêner. Que m'a-t-il apporté ton Père, Cas, à part une multitude d'emmerdes ? Vas-y je t'écoute !, cracha-t-il en se retournant vivement pour être face à lui, soudain excédé par la conversation qui ne manquerait pas de suivre.
Le placard était plus étroit qu'il ne l'imaginait et leurs corps étaient à présent séparés d'à peine quelques centimètres. Cette proximité enflamma ses joues qui rougirent sous la gêne occasionnée. Heureusement caché par le clair-obscur de la pièce, il n'y prit pas garde.
Non ce qui l'inquiétait plutôt était l'absence de réaction de l'ange.
Car il s'attendait à une réaction.
N'importe laquelle.
Pas à ce silence pesant qui s'était soudain instauré entre eux. Aucune invective. Rien. Juste un mutisme qui le rendait fébrile.
Et pourtant il percevait sa fureur bien que son enveloppe terrestre n'ait pas bougé d'un iota. Dans la demi-pénombre, il ne distinguait pas clairement la couleur de son regard habituellement céruléen mais s'il l'avait pu, il aurait dit que la colère l'irisait, faisant danser des éclairs dans ses prunelles.
La suite lui donna raison.
Sans un mot, Castiel le saisit brusquement par le col de son t-shirt et le colla contre la cloison. La douleur qu'il ressentit en heurtant le mur derrière lui, lui arracha un geignement de douleur qu'il ne parvint pas à retenir.
Son souffle se coupa quelques secondes, le temps qu'il réalise que Castiel le soulevait quasiment de terre comme un poids-plume et qu'il pouvait le tuer en un claquement de doigts, le renvoyant illico dans les Enfers.
Il déglutit péniblement.
Peut-être aurait-il dû s'abstenir de tout commentaire finalement. Mais à la réflexion, non, il ne regrettait pas ses propos. Dieu n'avait jamais rien fait pour lui. Ni pour les siens. A part les détruire. Petit à petit. Les décimant un à un au gré de son humeur.
Par défi, il accrocha les yeux ombragés de Castiel et ne les lâcha plus.
Sa respiration stoppa à la minute où l'ange ouvrit la bouche, lui assénant, d'un ton implacable :
- Moi.
La réplique statufia Dean. Avait-il bien entendu ? Se moquait-il de lui ? Non. Impossible. Castiel n'était pas équipé pour comprendre les subtilités du langage humain. Sinon, ça ferait belle lurette qu'il n'aurait plus à le reprendre ou à l'entendre lui dire « je ne comprends pas cette référence ».
- Moi, Dean, répéta un Castiel imperturbable. Et que cela te plaise ou non. Peu importe ton absence de foi, Père te considère comme un élément majeur dans cette bataille. Alors je te prierais de modérer ton venin à son encontre ou sinon...
- Sinon quoi, Cas ?, osa-t-il, bravache. Tu vas me renvoyer croupir auprès d'Alastair ? Alors fais-le ! Je m'en fiche. De toute façon, je suis né pour mourir. Alors que ce soit maintenant ou jamais…
Porté par Castiel, le coup suivant le déstabilisa complètement. La tête légèrement inclinée vers la droite, ce dernier le fixa longuement, semblant sonder son âme. Il jurerait qu'il lisait en lui à cet instant précis, déchiffrant chaque ligne de ses peurs, de ses faiblesses. Et s'il y avait bien un truc qu'il détestait chez lui, c'était ça. Sa capacité à le faire se sentir vulnérable.
- Penses-tu réellement ce que tu viens de dire, Dean ? Te crois-tu si méprisable que ta vie ne vaille rien ou que personne ne s'en soucie ?
-…
Devant le silence de son protégé, celui-ci poursuivit :
- Mon rôle ici-bas est de protéger l'Elu. Au péril de ma grâce. J'ai perdu tant des miens pour te sortir de la strate infernale dans laquelle tu évoluais, Dean. Pour assurer ta survie, j'ai été au-delà de ma mission. Lambeau après lambeau, j'ai reconstruit ton corps déchiqueté, malmené par les armes de tes bourreaux. Avec ma grâce, j'ai purifié ton âme noircie et l'ai rendue plus vive, plus éclatante qu'elle ne l'était déjà. Depuis notre rencontre, je te soutiens. Envers et contre tous. Je me rebelle contre ma famille. Alors non, tu ne mourras pas sous ma garde. Je te l'interdis.
- Et que comptes-tu faire exactement ? Me chaperonner toute ma vie ?, rétorqua-t-il de mauvaise foi.
Car il était hors de question que ce foutu ange sache à quel point son discours l'avait touché. A quel point cela provoquait des fourmillements dans le creux de son ventre et emballait ses pulsations cardiaques.
Cette fois ce fut au tour de Castiel de se taire. Enfin, quelques précieuses secondes seulement, avant qu'il ne lui déclare d'un ton sibyllin, la voix beaucoup trop proche de son oreille à son goût :
- De quoi as-tu si peur Dean ? Qu'est-ce qui te gêne le plus : d'être aimé ou jugé ?
Pris de panique en sentant le souffle aérien de Cas contre sa peau, celui-ci tenta de se dégager en posant ses mains sur celles de l'ange mais Castiel maintint sa prise sur lui, rapprochant volontairement leurs deux corps.
- Je t'écoute Dean, insista ce dernier d'une voix douce qui contrastait avec ses mouvements.
-…
- Je vais te mettre sur la voie alors, décida Castiel devant son mutisme.
Il n'avait aucune expérience mais qu'importe la pratique, il avait les connaissances millénaires. Et à deux, ils apprendraient les charmes de leur relation unique en son genre.
Avec délicatesse, sa main se dégagea de celle de Dean et remonta le long de son bras, effleurant la peau à sa portée puis elle glissa sur sa joue avant de se porter contre sa nuque. Avec douceur, il s'approcha de la bouche entrouverte de Dean qui s'était figé au contact, ses yeux émeraude écarquillés.
Il saisit son souffle et embrassa ses lèvres. Chaste baiser qui en appela un autre. Puis un autre encore. Jusqu'à ce que Dean se joigne à lui et quémande à son tour l'accès à sa bouche, à sa moiteur. Leurs langues s'apprivoisèrent, se liant et se déliant au gré d'un ballet endiablé.
Leurs mains se déplacèrent d'elles-mêmes sur leurs corps brisant le maigre espace existant encore entre eux. Ils s'enlaçaient, se serraient à l'envie. De légers gémissements s'échappaient de part et d'autre et embrasaient leurs veines d'un feu puissant qui ne demandait que l'assouvissement.
Et pour la première fois de sa vie, Dean baissa sa garde. Sous les caresses et les baisers, il lâcha prise et laissa l'ange lui prodiguer une tendresse et un amour insoupçonné. Flottant au cœur de sensations plus exquises les unes que les autres, se découvrant des zones érogènes inexplorées entre les bras d'un ange à l'apparence masculine.
A l'aide de ses pouvoirs célestes, Castiel ouvrit les portes coulissantes, veillant à ne pas relâcher le corps de Dean qui se pressait avidement contre lui. D'un pas assuré, il les guida discrètement hors du placard puis vers le lit où ils se laissèrent tomber dans un bel ensemble coordonné.
L'ange au-dessus de l'homme.
Protecteur.
Pas un seul instant, Dean ne songea à ce qu'il se passerait si son frère et son petit ami se pointaient à ce moment précis. Trop perdu qu'il était dans cette étreinte libératrice qu'il partageait avec cet être exceptionnel qu'était Cas.
Et alors qu'il se laissait emporter sur les rivages de la félicité, une pensée s'imprima en filigrane dans son âme apaisée.
Peu importe leurs lendemains.
La vie, la mort qui les attendait.
Ils resteraient ensemble. A jamais.
Unis par cette empreinte qui pulsait sur son épaule.
XXX
Au petit matin, un Sam épuisé par sa nuit de recherche et de planque rentrait sur la pointe des pieds entendant déjà les récriminations d'un Dean mort d'angoisse à son égard : « Putain Sammy, le téléphone, ça sert à quoi, bordel ? Je t'ai laissé une vingtaine de messages auxquels t'as jamais répondu ! ».
Mais il devait reconnaître que la compagnie de Gabriel, qui était apparu auprès de lui la veille au soir, l'avait empêché de sombrer dans la morosité et dans les bras de Morphée. Et bien qu'il ne fût pas dupe des raisons de sa présence, cela ne l'empêcha pas de reconnaître que son bagout, sa manière de raconter ses péripéties, lui avaient arrachés un sourire, et ce plus d'une fois.
L'instant suivant, il rebroussait chemin en quatrième vitesse, manquant se cogner la tête contre le chambranle de la porte dans sa précipitation, le visage cramoisi, une main sur ses yeux tentant en vain d'oublier la vision de son frère et de l'ange sur un lit dans une position ne souffrant aucune méprise quant à leurs activités.
Les mains sur le capot de l'Impala, plié en deux à la recherche de son souffle, il exhala dans un soupir un simple mot : Victoire !
FIN
Voilà. C'est terminé !
J'espère que cette version vous aura plu également !
A bientôt pour d'autres textes.
Je publierai de manière indépendante aux alentours du 25 décembre un os sur le thème "Contes de Noël".
Au plaisir de vous lire
Marianclea
