Note de l'auteur : Un petit one-shot pour fêter mon anniversaire. Je sais d'habitude c'est l'inverse. On reçoit des cadeaux mais ça me fait plaisir de vous offrir une part de mon imagination. C'est un one-shot qui traîne depuis un moment dans mon ordinateur. Un peu d'humour et de débilité ne fait pas de mal à personne. Vous voilà prévenu. Lasolitaire.


Conte

Il était une fois ... Non je ne vais pas commencer comme ça sinon je vais tomber dans des conneries. Je reprends. Dans un passé assez proche ... Une jeune femme était seule dans un bâtiment constitué de murs et de briques. Le bâtiment était grand comme une tour de plusieurs mètres de haut. A l'exception que ce n'était pas une tour mais plutôt un bloc de béton plus communément appelé Académie. Un lieu maudit pour tous. Il était synonyme de travail acharné sur plusieurs heures, de discipline et même de rigueur. Pour autant cette jeune femme aimait cette endroit. Elle avait trouvé refuge dans une salle. Elle passait d'ailleurs des heures et des heures assise sur une chaise. Tout le monde pensait qu'elle le faisait par volonté. Mais il n'en était rien. Elle était la prisonnière d'un monstre sans coeur. Un monstre ne connaissant pas le mot silence. Un monstre incapable de communiquer autrement que par une succession de grognements. Grognements qui ne donnaient que très rarement une phrase compréhensible. Ce n'était ni un dragon, ni une bête de la mythologie grecque. C'était pire que cela. Pire que ce que pourrait s'imaginer un enfant de cinq ans, effrayé de faire face à la nuit. Ce monstre était d'une carrure impressionnante. Il possédait une crinière blonde et des yeux violets. Pour autant, il avait un nom. Un nom qui vous glaçait le son. Le monstre Suzushiro. Une espèce rare mais très terrifiante. La jeune femme n'avait cependant aucune peur face à cette sordide bestiole. Elle se contentait d'attendre son départ pour essayer de lui échapper. Mais en vain. Chaque jour, la bête plongée dessus tel un rapace. Malgré cela, le monstre avait une faiblesse. Oui, une seule. Mais c'était bien assez. Une jeune pucelle qui pouvait atténuer la colère dans les plus profondes entrailles de Suzushiro. Et mieux encore, elle était capable de le comprendre, d'interpréter ses grognements comme des mots et des phrases. La pucelle Kikukawa était une envoyée divine. Silencieuse, timide et surtout appréciée de tous. Elle était généralement la roue de secours pour notre belle princesse. La belle était prisonnière de son bureau et commençait petit à petit à perdre espoir de pouvoir retrouver une vie. Elle savait qu'il lui manquait quelque chose, ou plutôt quelqu'un. Le seigneur Kanzaki avait essayé de dompter la bête pour offrir la liberté à la jeune femme. Mais celle-ci avait refusé. Elle ne voyait pas en Kanzaki son prince charmant. Ce prince était dévoué corps et âme à l'une de ses amies : Lady Tokiha. Un bouffon du nom de Yuuki avait tenté, par ses pitreries plus ou moins voulues, d'aider la jeune femme. De la libérer de son quotidien. Mais sans y arriver. Le buffon Yuuki avait d'ailleurs été capturé par le monstre Suzushiro. On raconte même que son âme avait quitté son être lorsque Suzushiro l'avait enfermé dans une pièce spéciale portant la dénomination de "salle de retenues". Personne ne pouvait sortir la séduisante proie de Suzushiro de sa léthargie, de son silence et de sa solitude. Elle voulait trouver son prince charmant et ce, du plus profond de son âme . Son prince qui la libérerait de ses chaînes. Une longue année passa durant laquelle notre belle demoiselle en détresse attendit patiemment, chaque jour, une tasse de thé vert à la main. Jusqu'au jour où elle perçut un bruit jusque là inconnu de ses oreilles. Elle fixa par la fenêtre et comprit que son chevalier en armure était enfin là, à sa portée. Il ne s'agissait pas réellement d'un chevalier, ni d'une armure mais celui-ci descendit de son destrier mécanique à vive allure. La sublime captive sentit son coeur battre à toute allure lorsqu'elle distingua la beauté de son libérateur en dessous de son casque. Une chevelure ébène et un regard vert envoûtant. La beauté retenue tenta de rejoindre son sauveur mais un obstacle se mit en travers de son chemin. Suzushiro montait la garde devant sa prison. Elle tenta alors autre chose. Elle ouvrit en grand la fenêtre et arriva à crier avec une voix si pure, si séduisante 'Je suis ici Kuga-san' avant que le monstre ne reclaque violemment la fenêtre et l'oblige à reprendre un stylo et finir son travail. Mais cela ne pouvait pas arrêter le chevalier Kuga. Celui-ci remonta quatre par quatre les escaliers. Il semblait qu'il remontait une tour jusqu'à la garde. Il fit face à son ennemi de toujours. Suzushiro ne bougerait pas si facilement de son poste de garde. Il fallait agir vite pour pouvoir enfin serrer sa belle dans ses bras. Le seigneur Kuga respira profondément et prononça un nom qui fit flancher le monstre. Kuga avait terrassé Suzushiro grâce à l'énonciation de la pucelle. Pris d'un vent de panique, l'indomptable Suzushiro s'éloigna à la recherche de sa pucelle, craignant pour sa sécurité. Peut-être qu'un monstre était capable de sentiments. Mais là n'était pas la question. Le seigneur se recoiffa en portant son casque sous son bras, tel un véritable chevalier. Il ouvrit légèrement la porte, prêt à faire face à d'autres sbires connus sous le terme de "fangirls" mais seule sa beauté aux yeux rouges sang lui fit face. Celle-ci avait le coeur léger. Elle combla le vide entre son chevalier et son propre corps. Le chevalier Kuga avait réussi sa mission. La mission de son coeur : libérer de ses chaînes la belle Fujino connue comme étant la belle présidente du conseil de Fuuka Académie.

Une femme secoua la tête lorsqu'elle lut le devoir de sa fille, accompagnée d'une note de la maîtresse de celle-ci.

- Natsuki?

- Hum?

- Je t'ai déjà dit de ne pas raconter une version modifiée des contes à notre fille.

Natsuki saisit le devoir et éclata de rire. Shizuru secoua la tête.

- De quel conte s'agissait-il?

Natsuki embrassa doucement sa moitié et murmura sensuellement.

- Qui t'a dit que c'était un conte? Je n'ai fait que lui raconter notre histoire. Pas de ma faute si elle a recopié à la lettre ce que je lui ai raconté.

Shizuru ne pouvait qu'accepter sa défaite. Après tout, elle jouissait d'une vie avec sa personne la plus précieuse. Et cela prenait bien des airs de contes de fées.