Note de l'auteur : Je suis contente. D'une part, je voulais vraiment arriver à publier avant la fin d'année. C'est chose faite et cela m'autorise à vous souhaiter à tous de très bonnes fêtes de fin d'année. J'ai une pensée toute particulière à ma dream team de lecteurs. Merci de rester avec moi et de m'accorder votre soutien. D'autre part, je veux dire que je commence vraiment à rentrer dans mon histoire. Les chapitres sont à nouveau assez excitant à écrire. Je ne sais pas si vous les trouverez toujours aussi stimulant à la lecture. Mais j' ai fait de mon mieux. Bonne lecture !

-10-

Earth-shattering truths


Orihime Inoue

Salarié de «P'tits cœurs en pâtes à choux »

Ex-petite amie de Kurosaki Ichigo

Partenaire d'Ulquiorra Schiffer

La vie était un éternel recommencement, une sorte de boucle reproduisant les erreurs du passé à l'infini... Ou peut-être pas.


Orihime avait une vague impression de déjà-vu. Cette scène avait déjà eu lieu. Elle s'était déjà tenu à quelques centimètres d'Ichigo tout en ayant toujours l'impression d'être à cinq années lumières de lui. Les pavillons résidentiels et les petits immeubles avaient remplacé les bâtiments à l'architecture post-moderne du lycée de Karakura. La cour de récréation avait été remplacée par les vastes allées du parc, le bourdonnement des étudiants par le rire des enfants jouant sur le carrousel. On prenait les mêmes personnages et on recommençait.

Orihime leva les yeux au loin vers la pâtisserie. Elle réprima un sourire quand elle vit Nana lui faire signe depuis l'entrée du magasin. Elle lui fit signe en retour que tout allait bien. Elle savait que Nana allait continuer à faire le guet derrière la vitrine jusqu'à son retour. Nana ne connaissait pas Ichigo.

Elle entendit Ichigo prendre une nouvelle inspiration. Elle jeta un regard furtif dans sa direction tout en réprimant un soupir à son tour. Il n'était absolument pas le jeune garçon qu'elle avait laissé à la remise des diplômes. Il était bien plus grand que dans son souvenir. Il se rapprochait dangereusement de la taille de Chad. Elle fronça les sourcils. Peut-être s'imaginait-elle qu'il était aussi grand que Chad? Chad... Cela faisait si longtemps après tout. Pourtant les mains d'Ichigo étaient grande, elles serraient étroitement son casque de moto. Il n'était pas vraiment plus musclé que dans son souvenir. Mais il avait définitivement pris du poids. Les traits de son visage était sensiblement les mêmes. Pour autant, il gardait la même détermination dans ses yeux bruns, la même tristesse et... la même colère. Il y avait un duvet presque invisible autour de sa bouche et les traces de son rasoir. Il sentait l'eau de Cologne aussi. C'était une odeur agréable bien que peu familière. Ichigo au lycée ne portait jamais le moindre parfum. Avant, il sentait... « L'adolescent » en permanence. Alors, c'était nouveau. Une nouvelle preuve que le temps était passé. Elle se demanda ce qu'il pensait d'elle. Avait-elle changé à ses yeux ?

Ichigo prit une nouvelle inspiration. Orihime baissa les yeux à nouveau. Elle ferma les yeux. Elle s'était crue émancipée de l'affection puérile qu'elle portait à Ichigo Kurosaki. Elle s'était dit que ce qu'ils avaient eu, une partie de leur histoire, -puisqu'elle était consciente d'avoir fantasmé la majeure partie de ce conte de fée-, avait été enterré. Mais elle avait à peine posé son regard sur ces pommettes, cette mâchoire et ces grandes mains que son cœur avait recommencé à palpiter de manière obscène dans sa poitrine. Elle était une femme bien futile, inconstante et superficiel.

- Tu as l'air heureuse, Orihime? dit-il soudain.

C'était la première fois qu'il prenait la parole depuis qu'ils étaient entrés dans le parc. Orihime sursauta. Il lui semblait qu'il avait la voix plus grave. Elle ne sut quoi répondre. Elle n'avait pas assez de voix pour faire autre chose qu'acquiescer. Ce n'était pas juste l'effet que Kurosaki-kun lui faisait. Ce n'était pas juste pour Orihime de rester malgré toutes ses années, prisonnière de cette attraction. Ce n'était pas juste qu'après avoir fait tous ces efforts pour se construire une personnalité, un peu moins fade, moins geignarde, et plus mature, elle soit à nouveau réduite à trembler comme une feuille dès qu'il lui adressait la parole. Elle ne savait pas combien de temps ils étaient restés là dans un silence contemplatif. Elle ne savait pas combien de temps elle avait trépigné nerveusement du pied en attendant qu'Ichigo daigne venir s'asseoir à l'autre bout du banc.

À la grande surprise de la jeune femme, il enleva son blouson de cuir, tira une cigarette du paquet dans sa poche, et chercha son briquet. Orihime le regarda allumer la cigarette sans rien dire. Il fit quelques pas afin de lui éviter de recevoir la fumée de front. Orihime baissa la tête. Elle ne connaissait pas l'homme devant elle. Cette Ichigo-là était une énigme pour elle. Quelques minutes plus tard, il écrasa la cigarette dans un cendrier municipal.

À contrecœur, il retourna s'asseoir à côté de la rouquine. Orihime repoussa une mèche de cheveux derrière son oreille. Il faisait chaud. Le soleil prenait son élan dans le ciel. Une perle de sueur prit naissance dans le cou d'Orihime pour venir s'installer avec indécence à la naissance de sa poitrine. Elle sentit à nouveau le regard d'Ichigo sur elle. Elle leva la tête mais il détourna les yeux tout aussitôt. Sans doute pourraient-ils y passer des heures à ce jeu, Orihime serra quelques plis de sa jupe entre ses mains. Ils pourraient y passer des heures si elle ne prenait pas son courage à deux mains.

Ichigo déglutit avec peine. Il n'en menait pas large. Cet enfoiré d'Ichimaru ! Si seulement, il n'avait pas croisé à nouveau sa route. Si seulement... Si seulement quoi... Si seulement... Sa main gauche resta crispée autour du casque. Si seulement Masaki n'était pas morte! Si seulement, il ne pouvait pas voir les fantômes! Si seulement il ne l'avait pas rencontré... Si seulement quoi exactement ?! Que croyait-il vraiment ? Que Orihime allait l'accueillir à bras ouvert ? Et même si jusque-là, c'était exactement ce que la jeune femme avait fait, les choses ne redeviendraient pas comme avant d'un coup de baguette magique. Il se pencha en avant, les coudes sur les genoux. Il jeta un nouveau regard furtif vers Orihime. Sa poitrine envahissante gonflait au rythme de sa respiration. Il n'était pas le seul nerveux. Il ne pouvait pas se l'expliquer. Elle sentait divinement bon. Cela ne faisait qu'amplifier son anxiété. Elle avait tellement changé.

- Orihime... Je...

Orihime le coupa dans son élan.

- Je vis avec Ulquiorra.

Ichigo écarquilla les yeux. Oui, autant commencer par là. C'était l'éléphant au milieu de la pièce. Mais pas seulement... Bien sûr, il le savait. Il l'avait toujours su. Il ne l'évitait pas par hasard depuis dix ans. Ce qui l'avait surpris, c'était plutôt l'assurance dans la voix d'Orihime. Il ne s'était pas attendu à ce qu'elle prenne la parole en premier.

- Il a changé. Continua-t-elle. Je ne dirais pas qu'il fait le bien. Mais au moins, il ne fait rien de mal. Nous ne faisons rien de mal... Je ne fais rien de mal.

L'hésitation reprit le dessus. Elle balbutia ces derniers mots.

- Je vois. J'imagine... Je suis content pour toi. Mentit-il.

En vérité, il était encore sous le choc de leurs retrouvailles.

- Kurosaki-kun aura du mal à comprendre mais...

Du mal à comprendre, c'était un doux euphémisme. Ulquiorra avait par deux fois laissé un trou béant dans la poitrine d'Ichigo et c'était le moindre de ses crimes. Il avait par deux fois aussi kidnappé et torturé psychologiquement Orihime. Il n'était pas du côté du bien. Il était le mal personnifié. Ichigo n'avait pas du mal à comprendre. C'était parfaitement compréhensible. Médicalement parlant, cela avait même un nom : Syndrome classique de Stockholm. En vérité, il n'avait plutôt pas envie de comprendre. Cette situation le rendait malade.

- Vous me manquiez tellement... Rukia, Chad, Uryu... et Kurosaki-kun. Vous êtes tous parti l'un après l'autre.

Oh non, elle ne pouvait pas lui mettre ça sur le dos. Elle ne s'était pas non plus efforcer de garder les liens tissés, elle qui avait juré un jour être toujours là pour lui. Elle n'avait pas fait passer leur amitié avant tout le reste. Non, elle avait choisi elle aussi. Surtout, elle n'était pas la seule à s'être retrouvé seule et abandonnée de tous. Elle n'était pas la seule à avoir souffert. Rien ne justifiait qu'elle accueille son pire ennemi chez elle. Cela ne justifiait pas qu'elle crache sur son sacrifice et rejette la vie normale qu'il lui avait offerte.

- Je ne suis allé nulle part, moi ! rétorqua-t-il.

Orihime tourna la tête vers lui. Sans doute pour la première fois, leurs regards se croisèrent.

- Toi ? Tu es parti le premier, Ichigo ! Tu es parti le jour même où tu as perdu tes pouvoirs ! Ni Chad, ni Uryu, ni moi nous pouvions faire quoi que ce soit ! J'ai tout essayé et je voulais croire que je pouvais t'être utile. Mais je n'ai été à nouveau qu'un fardeau... Et Chad est... Je n'ai pas pu le ramener. Je te demande pardon.

Une larme glissa le long de sa joue. Ichigo baissa la tête.

- Orihime, ne... t'excuse pas. Ne pleure pas. Je t'en prie. Ne rends pas les choses aussi difficiles. Ce n'est pas ta faute. Ce n'est la faute de personne.

Ichigo était passé maître dans l'art de se mentir à soi-même. C'était le genre d'habitude qui ne passait pas comme ça. La mort de Chad était bien de la faute d'Ichigo pour ne pas avoir été là. Il avait pris soin d'éviter Orihime pendant toutes ses années de peur de ne pouvoir faire face à ses propres sentiments, pendant ce temps-là Orihime avait dû lutter elle contre ses propres démons. Il était responsable aussi de cette situation. Il n'avait pas été là. Elle avait raison. Il n'avait pas été là pour ses amis.

Il devait réparer. Trouver le moyen de changer les choses. Il se redressa soudain et passa un bras autour d'Orihime. Elle ne s'était pas raidie à son contact. Ce contact qui leur avait manqué à tous les deux. D'autant plus qu'il n'était plus des enfants. Ichigo n'avait pas à faire attention de peur d'être mal compris. Il n'avait pas à rougir. Il pouvait apprécier leur étreinte pour ce qu'elle était vraiment, un pont pour couvrir le fossé qui s'était creusé en dix ans. Orihime se laissa aller contre lui. Il caressa ses cheveux distraitement.

Orihime eut un nouveau frisson. Une abeille impétueuse tourna autour du couple avant de jeter son dévolu sur une rangée de pétunias roses. Quelques pétales de fleurs formèrent un nouveau tourbillon dans les airs. Emporté par la brise, un cerf-volant dansait dans les airs. Une canette de soda roula bruyamment sur le sol à quelques centimètres d'une poubelle. Une cloche sonna l'heure du déjeuner pour des enfants affamés. Orihime pouvait entendre le battement de son propre cœur. Elle se tourna vers lui.

- La fois où j'ai dit que j'étais content pour toi et Rukia, j'ai menti. Je ne sais pas pourquoi j'ai dit ça à ce moment-là. Je pensais que c'était la seule chose à dire. J'aime Rukia-san. Elle est ma meilleure amie. Elle est fantastique et je t'aime... Je veux dire...

Elle évita à nouveau son regard.

- Tu m'as manqué aussi, Orihime.

- Cette fois-là, je n'étais pas contente du tout, Kurosaki-kun. J'étais horriblement jalouse. J'avais même honte d'être si jalouse. J'ai souhaité ne plus jamais avoir à la revoir et aujourd'hui, elle aussi me manque plus que tout. Je voudrais revenir en arrière.

- Orihime...

- J'avais juste envie que tu le saches. Je n'ai plus envie qu'on se mente.

- Ce n'est pas si grave. Je crois que je l'étais un peu aussi. Jaloux. Je crois que je suis un peu jaloux d'Ulquiorra. Honnêtement, je ne sais pas comment tu peux le supporter. Mais je veux respecter ton choix.

Orihime sentit son visage s'embraser. C'était sans doute la confession de trop. Leurs regards se croisèrent. Orihime déglutit avec peine. Leurs visages étaient si proche l'un de l'autre... et il aurait suffi qu'elle tende le cou pour se retrouver dans une situation compromettante avec Kurosaki-kun.

- Tu ne lui as toujours pas dit ce que tu faisais là, Kurosaki Ichigo ?

Cette voix ? Orihime sursauta, les yeux écarquillés telle une biche surprise en pleine nuit au milieu d'une route forestière déserte. À quel moment ? Elle se redressa immédiatement et repoussa Ichigo avec un petit cri strident. Sans plus de préavis, Ichigo et le banc tout entier allèrent percuter l'arbre un mètre derrière eux. Avec un craquement effrayant et un bruit sourd, le cerisier décoratif retomba sur Ichigo, soulevant un nuage de pétales de fleurs dans les airs. Orihime resta figé. Le silence tomba dans le parc. Orihime observa ses mains tremblantes, horrifiée. Comment ? Comment était-ce arrivé ?

- Ulquiorra ? Qu'est-ce que...

À quel moment était-il intervenu ? Était-il vraiment intervenu ? Non. Elle balaya le parc du regard avant de se rendre à l'évidence. Elle était responsable de ce fiasco. Orihime secoua la tête. Elle avait été si surprise de le voir apparaître... Tellement choquée qu'il la surprenne en flagrant délit d'hypocrisie qu'elle n'avait pas réfléchi. Elle n'avait pas mesuré sa force et... simplement voulu empêcher Ichigo de s'approcher d'elle... Elle se tourna vers Ulquiorra. Il n'avait pas bougé un cil. Il observait la scène avec un parfait détachement, les mains dans les poches. Leurs regards se croisèrent et comme d'habitude, il resta une énigme pour elle. Elle ne put déceler ni colère ni tristesse dans ses yeux verts.

Le bruissement des feuilles de cerisiers redoubla. Ichigo se releva enfin. Il devait rajouter à la liste de choses insolites lui étant tombé dessus, un cerisier géant. Il n'en était pas mort. Mais bon dieu, c'était quoi ça ? Depuis quand Orihime avait la force d'un bataillon d'hommes ?

Orihime jeta fébrilement un coup d'œil par-dessus son épaule. Il n'avait pas bougé. Il ne bougeait. Ulquiorra ne bougeait pas. Elle se précipita pour aider Ichigo à se lever et à épousseter les débris du banc et de l'arbre de ses vêtements.

- Ichigo, est-ce que ça va ? Je suis désolé. Je ne sais pas comment... J'ai été surprise. J'ai sursauté.

- Je suis en un seul morceau. Ce n'est rien, Orihime. Mais comment tu as réussi à faire ça... sans utiliser tes pouvoirs ?

- Je... Je n'en ai aucune idée. Je crois vraiment que j'étais surprise. Je suis désolé.

Il secoua la tête pour se débarrasser des pétales et des feuilles restés prisonnier de sa crinière de fauve. Orihime le palpa nerveusement à la recherche de blessures. Toujours en silence, Ulquiorra les regarda interagir avec la même indifférence apparente. Les mains d'Orihime s'immobilisèrent sur les abdominaux d'un certain rouquin. Le visage cramoisi, elle s'éloigna d'Ichigo puis jeta un coup d'œil par-dessus son épaule vers Ulquiorra. Il n'avait toujours pas bougé et c'était mauvais signe. Pourquoi restait-il comme ça ? Qu'avait-il vu et entendu ? Ulquiorra et Ichigo se jaugèrent du regard. Un frisson parcourut Orihime.

- Ichigo est venu pour...

- Te demander une faveur. J'ai entendu.

Ichigo fronça les sourcils. Il n'avait rien dit de tel. Et même si c'était le but de sa visite ? En quoi cela le concernait ? Pour qui se prenait l'espada ?

- Je pensais que tu étais allé au travail, Ulquiorra ? demanda timidement Orihime.

Ulquiorra l'ignora pour se concentrer sur Ichigo.

- Qu'est-ce que tu veux, Kurosaki Ichigo ?

-Tu veux savoir ce que je veux, Ulquiorra ?

- Je ne pose jamais de questions dont je n'attends pas de réponse. Cela représente à mes yeux une perte de temps considérable.

- Ulquiorra...

- Ma réponse était rhétorique. Toi, tu représentes pour moi une perte de temps.

- Ichigo, s'il te plaît...

- Essaierais-tu de me provoquer dans l'extrême état de faiblesse dans laquelle tu te trouves, Kurosaki ? Je dois dire que cela fonctionne.

Ulquiorra ôta une main de sa poche. Orihime bondit entre les deux hommes de sa vie, les bras écartés.

- Ok ! Ulquiorra, sois gentil s'il te plaît ! Ichigo... C'est valable pour toi aussi. Les garçons, s'il vous plaît ! On se calme. Nous sommes entre « amis ». Je veux dire entre personnes civilisés...

Ulquiorra pencha la tête sur le côté.

- Réponds à ma question, Kurosaki.

- Je suis là parce je veux retrouver mes pouvoirs pour pouvoir faire la peau à des bâtards dans ton genre et les renvoyer en Enfer parce que je considère qu'ils n'auraient pas dû s'en éloigner.

Ulquiorra fit un pas en avant, l'air toujours aussi neutre.

- Je croyais que les pouvoirs d'Orihime Inoue ne suffisaient pas à restaurer ce que tu as perdu, shinigami.

- J'ai trouvé un moyen. J'ai trouvé quelqu'un pour m'aider. J'ai juste besoin...

Ichigo hésita. Les larmes s'amoncelaient déjà dans les yeux d'Orihime.

- Tu es vraiment venu pour... ça.

- Orihime, ce n'est pas ce que tu crois. C'est... Je suis désolé. Je voulais venir plus tôt. Je voulais venir depuis des lustres et... Mais...

- Tu es venu parce que t'avais besoin de moi.

Ichigo baissa la tête.

- Oui...

Orihime se mordit les lèvres et renifla. Que s'était-elle imaginé ? Que c'était son jour de chance ? Qu'Ichigo avait eu une révélation au réveil et avait réalisé combien Orihime manquait à sa vie ? Vraiment ? Elle n'avait pas réellement cru que sa visite était innocente et spontanée, non ?

- Orihime, jamais je ne te forcerais à faire quoi que ce soit. T'es même pas obligé de m'aider. J'ai juste... J'ai tout essayé. J'ai vraiment tout essayé. J'ai juste besoin que tu ailles le voir. Je serais dans la pièce et...

Orihime joignit les mains contre son cœur.

- Qui ? demanda-t-elle, la voix chevrotante.

- C'est Gin.

- Gin ?

- Gin Ichimaru. Il veut te voir... Il veut que je te fasse venir... en échange, il m'apprendra une technique interdite, l'Enkeikuroryū.

Orihime grimaça de dégoût. Elle recula encore. Elle voulait s'assoir. Orihime Inoue voulait s'assoir parce qu'il faisait soudain trop chaud et... qu'il n'y avait plus de banc. Elle chercha le banc des yeux, pivota encore, avant de laisser échapper un sanglot devant sa propre stupidité. Il n'y avait plus de banc. Elle sentit le sol se dérober sous ses pieds, le paysage vaciller autour d'elle. Ichigo la rattrapa par le poignet et Ulquiorra par la taille. Orihime se retrouva figée, pris en sandwich entre les deux hommes. Elle ferma les yeux avant de poser une main sur le torse tiède d'Ulquiorra puis une autre main sur celui d'Ichigo. Elle les repoussa doucement.

- Ona...

- Je sais pourquoi tu es là. Tu étais inquiet.

Ulquiorra baissa la tête. Orihime caressa sa joue du bout des doigts. Il était brûlant. Ulquiorra avait une mine terrible. Orihime ne savait pas où était passé sa cravate ni pourquoi sa chemise était aussi froissé. Sous ses doigts, elle pouvait entendre son cœur artificiel battre à tout rompre. Elle se doutait juste qu'il avait dû courir jusqu'ici.

Ulquiorra regarda l'horloge de la bibliothèque. Elle marquait 11 heures. Il ferma le poing. Il ne pouvait décidément pas se débarrasser de l'irritation qu'avait suscité l'apparition d'un certain rouquin. Il ne pouvait pas non plus arrêter de penser à elle. Illogique était sa fascination pour Orihime Inoue. Il était comme infiltré d'idées irrationnelles et superficielles et cela le rendait totalement inapte à la tâche pour laquelle il était rémunéré. Il ramassa une pile d'ouvrage et la posa sur un chariot. Il poussa le chariot jusqu'à son bureau et commença à les enregistrer dans le catalogue de la bibliothèque.

« Je prendrais tout ce que tu veux bien me donner. Je te donnerais tout ce que tu voudras bien prendre. »

Sa migraine commença comme le bourdonnement irritant d'un moustique. Puis, une vive douleur diffuse s'installa. Il prit un ouvrage entre les mains et l'observa attentivement sans se laisser distraire par le tremblement de ses mains. Il s'imprégna du résumé, de la préface, mémorisa les codes-barres en quelques secondes. Ses doigts survolèrent le clavier pendant vingt-six secondes. Il enregistra la nouvelle fiche. Il passa à un autre ouvrage et ainsi de suite machinalement jusqu'à ce qu'il arrive à la fin de la pile.

11h28.

Il faisait chaud malgré l'air conditionnée.

- Vous allez bien, Schiffer ? Vous avez l'air pâle ? demanda Izumo-san, le directeur de la bibliothèque.

Sans un mot, Ulquiorra desserra sa cravate avant de tituber jusqu'aux toilettes pour hommes. Il ouvrit le robinet à fond avant de s'asperger le visage une fois. Elle souffla son nom doucement avant de risquer un doigt puis sa main entière dans son Hueco Centro. Il l'avait laissé faire. Aujourd'hui, cette souffrance était bien trop réelle. Avec des doigts fébriles, Ulquiorra défit les boutons de sa chemise, en écarta les plis avant de palper l'emplacement exact de son cœur. Il n'y avait pourtant rien, rien à part sa peau, l'enveloppe artificiel du gigai. Son visage s'empourpra encore et des plaques rouges sanguines recouvrirent sa nuque et sa poitrine d'albâtre.

Son corps transforma cette douleur insupportable en plaisir intolérable. Comme des tourbillons à la surface de l'eau, son corps s'écartela pour accommoder les doigts griffus du quatrième espada. Son âme, il pouvait maintenant la toucher du bout des doigts.

Il écarquilla les yeux devant son reflet dans le miroir. Il ne se retrouva pas face à son propre reflet mais bel et bien face à son visage à elle. D'un geste brusque de la main droite, il balaya tout ce qui se trouvait sur le lavabo avant d'en arracher les rebords de porcelaine. On frappait à la porte. Izumo-san ?

- Vous voulez que j'appelle un médecin, Schiffer ?

Un médecin ? Un médecin ne saurait pas par où commencer pour le guérir de cette maladie infectieuse et mortelle. Il ne pouvait s'en prendre qu'à lui-même. Il laissa échapper un râle de douleur. Il n'aurait jamais dû perdre le contrôle comme ça. Il n'aurait jamais dû goûter à son âme aussi fraîche et pure soit-elle. Il prit une profonde inspiration. Il devait se défaire du gigai et fuir. C'était la seule solution. Je t'aime, Ulquiorra. Il se laissa glisser le long du mur. Ne t'en va pas. Il était piégé. Le bourdonnement dans ses oreilles reprit de plus belle. Kurosaki-kun ? Il l'avait entendu aussi clairement que s'il s'était trouvait dans la même pièce. Il laissa échapper un nouveau rugissement et frappa le mur du poing. Il voulait sortir du gigai. Maintenant. Il voulait... Elle. Je suis tellement contente de te voir ! Kurosaki-kun! La bête était intenable sous l'enveloppe artificielle étouffante. Détruit. Dévore. Anéantit. Protège. Impossible de penser. Impossible de raisonner. Il voulait... Elle... Il pouvait entendre les battements de son cœur, ce cœur qui ne battait que pour Ichigo était trop futile, inconstante. Il avait prédit de ce qui allait arriver. Il avait prédit qu'il courrait alors à leur perte. Elle n'avait rien écouté. ... et je t'aime... Je veux dire...j'aime... Je veux dire... Cette fois-là, je n'étais pas contente du tout, Kurosaki-kun. J'étais jalouse et horrible. La bête poussa un autre rugissement. Il rejeta férocement la tête en arrière et tant pis si une partie du mur s'effondra sous l'impact. Une brique retomba après l'autre. La bête ne pensait plus qu'à sortir. Sortir. Détruit. Dévore. Anéantit. Protège. Les rayons de soleil caressèrent Ulquiorra Schiffer, le souffle chaud de l'astre du jour embrasa sa peau par plaque. Détruit. Dévore. Anéantit. Protège. Libre. Il commença à courir.

Ichigo les regarda interagir curieusement. Il n'avait jamais vu Orihime ainsi. La rouquine esquissa un sourire timide mais elle continua de soutenir le regard de l'espada. Elle n'avait rien dit de plus. Il semblerait qu'elle n'en ait pas besoin. Ulquiorra baissa la tête, remit les mains dans ses poches, et recula sans un mot. Orihime se tourna à nouveau vers lui. Il baissa la tête. Que s'était-il imaginé ? Qu'Orihime lui pardonnerait aussi facilement son égoïsme. Deux petites mains s'emparèrent de son visage avec force. Elle plongea son regard dans le ciel, l'air déterminé.

- Je comprends aussi tes raisons, Kurosaki-kun. Ichigo, si c'est la seule chose que je puisse faire pour que tu retrouves tes pouvoirs j'irais voir Gin Ichimaru. Je t'aiderais.

Ichigo poussa un soupir de soulagement. Ulquiorra tourna le dos à la scène qu'il trouvait profondément écœurante. Cependant, il ne fit pas un pas sans que la rouquine ne l'arrête.

- Ulquiorra, je voudrais que tu m'accompagnes. Je n'ai pas vraiment de très bons souvenirs avec Gin Ichimaru alors... j'aurais besoin que tu sois là.

Il pivota immédiatement pour leur faire face. Ichigo et lui se dévisagèrent pendant un instant.

- Je serais là, Ona.

Orihime poussa à son tour un audible soupir de soulagement. Il y a quelques minutes, elle avait cru qu'elle serait sur le point d'assister au remake de leur bataille à Las Noches. À l'échelle de Karakura, cela aurait été un désastre, certainement pire qu'une guerre mondiale. Désastre évité ! Pfiou !

- Alors, où se trouve Gin ? Demanda Orihime, les bras croisés derrière le dos.

Le sol trembla presque imperceptiblement. Le ciel s'était rapidement assombrit. Huh ? Allait-il pleuvoir ? Ichigo leva ses yeux vers le ciel.

.- S'il savait combien...

Orihime n'eut pas le temps de terminer sa phrase qu'elle fut soulevée par un bras autour de sa taille. Puis elle se sentit propulser dans les airs à toute vitesse. Son cœur fit un énorme bond dans sa poitrine. Ses cris restèrent prisonniers de sa gorge. Une forme fugace passa devant elle. Euh ?

- Ulquior...

Elle chutait à nouveau. Sans filet cette fois. Elle chutait et le sol se rapprochait maintenant à toute vitesse. C'est alors qu'elle vit le ciel s'embraser.

Non, pas le ciel.

Karakura.

Karakura était sous les flammes.


Yori Shinoda

3ème siège de la première division

Jumeau de Ritto Shinoda

Mourir en silence et dignement, c'était tout ce qu'on attendait de lui au final.


L'empreinte crasseuse des pieds de Yori Shinoda traversaient l'entrée, le couloir, et le salon du quartier général du Gotei 13. La villa avait été reconstruit à l'identique quelques mois après le passage des primeros. Le robinet goûtait dans la cuisine qui avait été déclaré dix ans plus tôt hors service après le passage éclair d'un certain capitaine. La maison était silencieuse. Malgré le beau temps dehors, les stores et tous les rideaux avaient été tirés afin de préserver l'intimité des occupants.

Yori Shinoda aimait dans l'ordre : Yoshiko, Ritto, les hommes, son homme, la viande, le riz, les yakitori, trancher des choses, le saké chaud, les cheveux long, les chiens et la nature. Et Yori Shinoda détestait dans le désordre : les femmes, les chats, les desserts sucrés, le fond des bouteilles de lait, faire la queue, le poisson, porter des chaussures, l'eau, et porter un gigai. Il se refusait totalement à sacrifier ses valeurs sous prétexte qu'il avait été affecté en Enfer. Karakuracho était bien l'enfer sur Terre à son avis pour la simple et bonne raison que ce n'était pas la Soul Society. Il n'avait rien contre Karakura. Mais Karakura n'avait rien pour lui. C'est-à-dire que rien ne captait son attention ici. Par exemple, il aimait être en pleine nature. Et à Karakura, il y avait de l'asphalte partout. Il survivait. C'était tout ce qu'il faisait ici.

Accroupie sur le sol, Yori se frotta les genoux dans la pénombre. Il ferma les yeux. L'écran plasma était éteint. Une fourmi grimpait le long de son bras. Un déclic. Il ouvrit les yeux. La pièce était à nouveau plongée dans la lumière. Ritto posa la télécommande des stores.

- Est-ce que tu pourrais arrêter de te comporter en ermite ? Un certain blondinet te manque à ce point ?

Yori resta dans la même position et fit quelques signes de la main.

[Où étais-tu ?]

Ritto fit quelques pas dans la pièce avant de se laisser tomber avec un profond soupir dans le canapé comme un adolescent en pleine crise existentielle.

- J'étais...

[Je t'ai appelé.]

Ritto fouilla les poches du vieux jogging. Il était pratiquement sûr qu'il avait récupéré son Denreishinki sur le chevet de Karin.

- Heu... Je crois que j'ai perdu mon téléphone... Parce que... J'étais en patrouille... J'ai tenu à refaire un tour en ville parce que...

[Tu as encore passé la nuit avec « c'est-quoi-son-nom »?]

Le visage de Ritto resta crispé dans un sourire forcé. Touché ! Il n'avait jamais réussi à tromper la vigilance de Yori. C'était pas faute d'avoir essayé. Quand sa petite histoire avait commencé avec Karine, ses mensonges n'avaient pas réussi à endormir la vigilance de Yori plus d'une semaine.

- Disons que je l'aidais seulement avec un devoir d'histoire ?

Ritto et Yori et échangèrent un regard qui en disait long sur ce que pensait ce dernier sur les qualités d'historien de son petit frère. Ritto s'empara d'un oreiller pour couvrir son visage. Parfois, il voulait crever juste pour revenir hanter Ritto en hollow de catégorie 4.

- On est ensemble. C'est pas un crime. Point. Va falloir t'y faire, Aniki ! hurla-t-il, la voix à moitié étouffé par le coussin.

Yori ne répondit rien. Simple, il n'avait rien entendu. Ritto se redressa pour lui faire face.

- Passons... Comment c'est passé le débriefe ?

Le visage de Yori s'assombrit encore plus.

- Quoi ?

Yori fixa à nouveau l'écran noir. Ritto attrapa la télécommande et l'écran reprit vie. Le vice-capitaine Kira Izuru apparut dans son uniforme noir de shinigami et selon la date de l'horodateur le message datait d'il y a quatre heures.

« Le commandant-général ne peut absolument pas intervenir pour l'instant. Le Seireitei est en alerte maximal. En ce moment même, Yamamoto-Taicho a convoqué d'urgence le conseil des capitaines. Cela fait près de huit heures qu'il délibère. Je ne tarderais pas à m'y rendre moi-même à la place de... Enfin, si ce que tu m'as dit est vrai, Shinoda, les choses sont encore plus graves qu'on le pensait. Seulement, c'est très délicat. Les choses sont compliquées ici aussi, je dois dire... »

Kira tourna la tête vers la gauche avant de tourner son fauteuil tout entier. Il disparut momentanément hors de la caméra. Hors champs, on pouvait entendre le bruissement du papier froissé et le cliquetis métallique des roues du fauteuil.

« Que se passe-t-il ? C'est une pure folie. Qui a décidé ça ? Cela ne peut pas être les ordres de Yamamoto-taicho. Il sait que nous avons deux hommes dehors. On ne peut rapatrier personne en un quart d'heure.»

Un nouveau silence. Kira se posta à nouveau devant la caméra. Il baissa la tête et sembla chercher ses mots. Il reprit la parole.

« Il semble que de nouveaux ordres soit arrivé d'en haut. Le Gotei 13 a reçu l'ordre d'abandonner son poste d'avant-garde à Karakura... »

- Quoi ? lança Ritto.

Il avait sans doute mal entendu. Il effectua un retour rapide en arrière.

« Il semble que de nouveaux ordres soit arrivé d'en haut. Le Gotei 13 a reçu l'ordre d'abandonner son poste d'avant-garde à Karakura...par la Division Zéro. »

L'écran devint noir. Puis, Kira réapparut le visage déformé par les parasites.

« La connexion est mauvaise. Nous n'avons...pas...beaucoup de temps. Troisième siège Shinoda...Yori et Quatrième...siège... Shinoda Ritto...Vous devez rentrer... immédiatement. La Soul Society va interrompre tout contact ... Karakura jusqu'à la levée du...décret royal.»

Des parasites brouillèrent l'image.

« Yori... Officier Shinoda... Ne discutez pas mes ordres. Dans un quart d'heure tout au plus, tout contact avec Karakura sera interrompu...selon les ordres du Sotaicho...Réfléchis, si tu ouvres une porte maintenant, tu as le temps d'arriver. Je ferais le nécessaire pour assurer ton voyage dans le dangai. Nous ferons le nécessaire pour Ritto plus tard... Je te le promets. Je t'en prie. Rentre à la maison. Ne me tourne pas le dos, Yori... Très bien. Tu as toujours été terriblement têtu. Je comprends bien... Je ne vais nulle part moi non plus. »

Ritto se tourna vers son frère. Yori n'avait pas bougé. Kira resta immobile, le regard tout aussi fixe.

- Tu... Yori... Tu es resté?

Yori signa dans les airs.

[Comme je l'ai dit, je n'ai pas réussi à te joindre.]

Puis, il baissa à nouveau la tête. Ritto écarquilla les yeux. Il n'avait jamais vu son frère ainsi.

- C'est quoi ce délire ?! Nom de... Ils ne peuvent pas faire ça.

Ritto s'empara de son zanpakutō avant de tendre le bras.

- Ça ne marche pas. Je n'arrive même plus à sentir... Je n'arrive plus...

Kira Izuru, le regard fuyant, reprit à nouveau la parole.

« Nous n'avons plus beaucoup de temps... Officier Shinoda... Cette ordre finale est valable pour les deux officiers Shinoda. Moi, Kira Izuru, Capitaine temporaire de la troisième division en lieu et place de feu Capitaine Manatsu Dengeki, Officier de liaison en charge de la section 856 - Karakura, je mets fin à votre mission de surveillance et de reconnaissance. Je décide aussi d'ôter la limite qui restreint votre reiatsu dans le monde des vivants. Je vous libère aussi de votre devoir, soldat. Au nom du Gotei 13, je vous dis merci... Je... Yori... Je suis sans doute aussi têtu que toi. Je te demande pardon. Mais je ne te dirais pas adieu. Tu te souviens le jour où nous nous sommes rencontrés ? Je savais que cela se finirait comme ça. Je le savais c'est tout. Essaie de rester en vie... Mais si tu dois mourir... Ne va pas là... où je ne peux pas te trouver...»

L'écran s'assombrit à nouveau. Yori saisit son zanpakutō avant de se redresser. Il le rattacha à sa ceinture.

[Es-tu amoureux d'elle ?]

- Qu'est-ce que cela veut dire ? Pourquoi ? Comme... ça... Je suis désolé ! Tu aurais dû...partir.

Yori soupira avant d'attirer Ritto vers lui. Il étreignit son frère avec force.

- Tu es mon petit frère. Il n'y a pas moyen que tu survives sans moi et moi sans toi. Articula-t-il.

Le sol trembla sous leurs pieds.

[Ritto, je n'ai pas l'intention de crever ici et j'espère que toi non plus. Reprends toi, petit frère.]

- Tu as raison. Yoshiko ne nous pardonnerais pas. Ça va aller ?

Yori se dirigea vers la porte d'entrée, Ritto sur ses talons.

[Oui, il va juste se remettre à écrire des horribles poèmes pendant un moment. Mais je n'ai pas l'intention de réellement crever pour nourrir son sens artistique. Allons trouver « Shinigami suppléant» et puis allons chez Urahara.]

Ritto ricana.

- Est-ce qu'un jour tu vas l'appeler par son prénom ?

Il n'avait pas complété sa phrase. Il n'avait même pas mis un point final au cours de sa pensée. Yori avait encore la main sur la poignée de l'entrée quand...

Le pavillon explosa.