Okay, je viens (enfin !) de faire un (vrai) plan pour cette histoire et je vous promets d'ores et déjà encore trois chapitres après celui-ci ! Je pensais faire une petite histoire, finalement elle commence à prendre de l'ampleur…
J'espère que ce chapitre vous plaira, je vous promets que la suite fera grandement avancer l'intrigue !
Bonne lecture !
Chapitre 10 : Au coin du feu
On n'entendait rien d'autre que le chant de quelques oiseaux qui voltigeaient dans le ciel bleu à peine troublé par quelques nuages blancs. De temps à autre, un remous dans l'eau se faisait entendre, mais beaucoup moins depuis que des deuxièmes années avaient arrêtées de chatouiller le calmar géant avec un bâton. A certains moments, un éclat de rire ou une parole dite plus fort que les autres rompaient la mélodie de la nature, mais beaucoup d'étudiants avaient optés pour une sieste au soleil. A être suffisamment attentif, on pouvait également entendre le grattement d'une plume sur un parchemin. Cet élève qui aurait été plus attentif que les autres aux bruits qui l'entourent n'aurait eu qu'à tourner la tête vers le bord du lac où les larges feuilles d'un chêne prodiguaient de l'ombre à la collégienne en train de rédiger son devoir d'histoire de la magie. Sans doute aurait-il immédiatement détourné les yeux pour ne pas laisser le temps à la culpabilité de le gagner et ainsi continuer de profiter des doux rayons du soleil qui lui réchauffaient agréablement la peau. Oui, cet élève un peu curieux aurait reporté son attention sur la chaleur et la tranquillité qu'apportait le printemps en éloignant les devoirs de ses pensées en même temps qu'une petite brise viendrait lui rafraichir le front.
L'élève qui rédigeait son devoir, par contre, n'avait eu cure de ce qu'il se passait autour d'elle. Trop passionnée par ce qu'elle écrivait, même le chant des oiseaux ne parvenait pas à la distraire. Quiconque se serait penché par-dessus son épaule aurait pu lire une dissertation critique qui pesait parfaitement le pour et le contre de ce qu'aurait été une hypothétique prise de pouvoir par les Gobelins au Moyen-Age. Ensuite, cette personne quelconque aurait relevé la tête avec une grimace, répugnée à l'idée de faire un devoir par un si beau jour de grand soleil. Mais pas Hermione Granger. Non, cette jeune élève adorait tout particulièrement ce genre de journée pour faire ses devoirs à l'air frais, laissant de temps à autre un rayon doré lui effleurer la peau.
Finalement, elle mit le point final à son devoir tout en soupirant d'aise à la vue des quarante-cinq centimètres de parchemin rédigé de son écriture la plus fine afin d'y mettre toutes ses idées sans pour autant enfreindre les consignes. Elle le roula et le rangea ensuite précautionneusement dans son sac afin de ne pas l'abimer et s'adossa à l'immense tronc en croisant les jambes devant elle. Elle admira alors le lac qui prenait un air fantomatique sous la lumière du soleil, l'orée de la forêt interdite toujours aussi sombre, les tourelles de Poudlard, resplendissantes.
Hermione prit un peu plus ses aises contre le chêne et déposas ses mains sur son ventre, comme pour se laisser bercer par sa propre respiration. Elle laissa ses yeux courir sur le parc qui l'entourait, sur les élèves qui commençaient tout doucement à rentrer dans le château, puis elle laissa retomber sa tête contre l'arbre, les yeux dans le vague, comme absente. Sa main droite chipota distraitement au bracelet qui entourait son poignet gauche. A vrai dire, bracelet était un bien grand mot pour qualifier ce bout de tissu noir ce n'était rien d'autre qu'un morceau de soie qu'elle avait noué autour de son poignet, elle le portait depuis l'annonce de la mort de Frédéric, en signe de deuil. Malheureusement, elle n'avait pas pu lui rendre hommage à son enterrement, cela lui avait été interdit, « question de sécurité ».
Elle resta là encore quelques minutes afin de profiter de l'air pur avant de se lever et, à son tour, de rentrer dans le château. Automatiquement, ses pas prenaient la direction de la salle commune des Gryffondors, mais elle s'arrêta soudain et elle prit une autre direction. Au bout de quelques minutes, elle passa la porte des toilettes des filles du deuxième étage. Elle entra sur la pointe des pieds, fermant précautionneusement le battant derrière elle avant de s'y adosser, les sens aux aguets.
- « Mimi ? », chuchota-t-elle. Elle attendit encore quelques secondes avant de se détendre et de cette fois-ci entrer franchement dans la pièce. Elle s'approcha des fenêtres et s'assit à terre en s'adossant au mur, ne prenant plus garde à présent à ne pas faire de bruit.
Depuis la mort de son ami, Hermione avait pris l'habitude de se prendre du temps pour soi, pour se recueillir, pour penser à ceux qu'elle avat laissé en France. Juste pour être seule. Dorénavant, elle écrivait ses lettres qu'à cet endroit. N'importe qui d'autre aurait trouvé cela glauque ou bizarre, mais elle y trouvait un réconfort. Au fond, cet endroit était un peu comme elle lorsqu'elle correspondait avec sa famille et ses amis : abandonné, froid, isolé… Elle soupira et commença à rédiger la première lettre destinée à ses parents, sans doute qu'elle en écrirait encore une ou deux destinées à ses amis de Beauxbâtons, peut-être aux parents de Frédéric. Elle ne réfléchit pas plus et laissa sa plume glisser sur le papier, elle permit à l'encre de remplacer ses larmes.
Elle eut ainsi une bonne heure de tranquillité avant d'entendre un gargouillis dans l'une des toilettes, elle prit immédiatement la poudre d'escampette afin de ne pas être martyrisée par Mimi Geignarde qui pouvait s'avérer un vrai tyran quand elle était de mauvaise humeur. Hermione prit à peine le temps de ranger correctement ses affaires dans son sac, faisant ainsi un peu bavés l'encre des lettres qu'elle venait de rédiger, ce qui lui arracha un juron étouffé tandis qu'elle se faufilait dans les couloirs.
- « Hermione ! » l'interpella aussitôt Ron lorsqu'elle franchit le portrait de la Grosse Dame. La jeune fille sourit de toutes ses dents et se dirigea vers ses deux amis qui étaient assis (ou couchés, c'est selon le point de vue) dans les canapés, près de la cheminée qui diffusait une agréable chaleur dans la salle commune.
- « L'entrainement s'est bien passé ? », questionna-t-elle en se laissant tomber dans le fauteuil dont elle accueillit le confort avec un soupir d'aise.
- « Grumfpt », lui répondit Ron qui s'était encore plus enfoncé dans le sien.
- « Bien, bien », fit Harry avec un geste évasif de la main tout en lançant un regard appuyé à Hermione pour que celle-ci n'insiste pas.
Elle fronça légèrement les sourcils en notant mentalement qu'elle devrait poser plus de questions plus tard à Harry lorsque Ron serait monté.
- « Chouette ! », dit-elle d'un air trop enjoué. « J'ai fini notre devoir pour le cours d'histoire de la magie, je vous passerai ma copie pour que vous vous en inspiriez si vous le voulez ! »
Elle jeta un coup au roux qui s'était légèrement redressé. Elle se retint de sourire face à sa réaction, son plan avait fonctionné. Mais bientôt, Ron et Hermione entendirent Harry grogner tandis qu'il serrait son poing. Le regard inquiet de la jeune fille empêchait Harry de porter sa main à son front pour frotter sa cicatrice, mais elle était trop douloureuse et il ne put se retenir plus longtemps. Néanmoins, il se pencha le plus qu'il le put sur le côté pour que le moins de personnes le voient, mais rien n'échappa à ses deux amis qui s'étaient jetés un regard entendu.
- « Harry… Tu aurais dû nous dire qu'elle recommençait à être douloureuse, on aurait pu… », commença Hermione.
- « Oh, vous auriez pu quoi, hein Hermione ? J'aimerais vraiment le savoir ! », répondit sèchement le brun, tout en frottant encore son front.
- « Hé mon pote, on veut juste t'aider. On sait qu'on ne peut rien faire, mais on est là si tu as besoin. »
Harry se retint cette fois de rétorquer ses amis n'avaient pas torts et ils n'y étaient pour rien, il devait arrêter d'être aussi agressif avec eux. Il prit une grande inspiration afin de se calmer et de tenter d'évacuer la douleur, en vain.
- « Harry », recommença Hermione en prenant une grande inspiration, « je sais qu'on ne peut rien faire pour toi, mais comme l'a dit Ron, on est là. On veut t'aider et… on te soutient », finit-elle en jetant un rapide coup d'œil à Ron qui acquiesça rapidement de la tête.
Ils attendirent que la douleur d'Harry diminue et que celui-ci relève la tête vers eux. Il mit quelques minutes avant de reprendre contenance, ces connexions avec Voldemort devenaient de plus en plus douloureuses et inopinées. Harry laissa sa tête retombée sur le dossier du fauteuil et garda les yeux obstinément tournés vers l'âtre de la cheminée où les bûches craquaient joyeusement.
- « Est-ce que… est-ce que tu en as parlé à Dumbledore ? Il peut peut-être t'aider ? Tu le vois encore dans son bureau, non ? » reprit doucement Hermione, redoutant la colère du brun.
- « Plus depuis qu'il m'a demandé le souvenir de Slughorn… En plus, il n'est quasi jamais là ! » répondit-il avec amertume, le regard sombre.
- « Et je suppose que les séances avec Rogue… » commença Ron, mais il s'interrompit rapidement en voyant le regard torve d'Harry. Hermione, quant à elle, pinça les lèvres pour retenir sa remontrance. Ce n'était pas le moment d'accabler Harry avec ses remarques, même si elle déplorait son manque de sérieux vis-à-vis de ses séances avec le professeur Rogue.
Harry soupira, passant mécaniquement sa main sur son front pour aplatir une de ses mèches sur sa cicatrice. Il n'avait pas du tout envie de parler de Rogue, de sa cicatrice ou encore de Dumbledore. Il en avait assez qu'on lui cache la vérité, assez d'être pris comme un être chétif et sans défense. Il n'avait qu'une envie : crier sur tous les toits qu'on lui foute la paix, mais il ne pouvait décemment pas faire ce coup à ses amis. Ils avaient toujours été là pour lui, même quand il ne se supportait plus lui-même. Il prit alors la décision de mettre fin à la conversation avant que la situation dégénère et qu'ils en soient réduits à se regarder en chien de faïence.
- « Je crois que je vais aller me coucher, je suis exténué. Avec l'entraînement de Quidditch, les devoirs… » Harry secouer la tête comme pour désigner mille autres choses épuisantes. Il se leva et se força tout de même à sourire vers ses deux amis qui ne surent cacher leur inquiétude.
Ron se leva à son tour, prétextant qu'il était aussi fatigué et suivit Harry vers le dortoir des garçons. C'est ainsi qu'Hermione se retrouva seule, plongée dans ses pensées en regardant les flammes dansées devant elle. Elle pensait à tout et à rien en même temps, elle se posait des questions sur Dumbledore, sur les devoirs, sur la vie qu'elle menait ici. Néanmoins, elle devait bien avouer que cette histoire avec Harry l'inquiétait énormément. Lorsqu'il serait un peu calmé, elle devrait absolument lui en reparler et le forcer à ce qu'il reprenne ses séances avec Rogue on avait bien vu l'effet néfaste que ces connexions avec Voldemort occasionnaient l'année précédente… Exténuée, elle pensa tout doucement à également aller se coucher quand soudain une tornade rousse passa devant elle et s'écrasa sur le coussin à sa droite en émettant un soupir à fendre l'âme.
- « Oh Mione ! Je te cherchais ! Je n'en peux plus de Dean, il m'énerve ! Je crois que je vais le quitter. Il n'arrête de me dire ce que je dois faire, il me traite comme une petite chose fragile qui ne sait rien faire par elle-même. En plus, il commence à être jaloux et à me dire à qui je dois parler ou pas… Je n'en peux plus ! Et toi ? Quoi de neuf ? Et ne me dis pas qu'il n'y a rien, il y a des moments où je ne te vois quasi plus pendant une semaine ! Je me demande vraiment ce que tu peux faire pendant tout ce temps », débita Ginny en agitant les bras dans tous les sens.
Hermione prit le temps d'assimiler les paroles de son amie, celle-ci avait parlé tellement vite qu'elle avait du mal à saisir le sens de la moitié de son discours. Ginny lui lança un regard appuyé, montrant bien qu'elle attendait une réponse de son amie.
- « Oh euh… Rien de spécial. Oh tu sais j'ai fait mes devoirs sous le chêne là-tantôt », se précipita-t-elle de répondre sous le regard courroucé de la rousse. Elle décida de changer habilement de sujet ne voulant pas s'éterniser sur sa vie. « Mais tu es sûre que ça ne peut pas s'arranger avec Dean ? Vous aviez l'air bien ensemble. »
- « Humfpt. Tu parles ! » Elle leva les yeux au ciel en soupirant contre les coussins. « Comme je te l'ai dit… Il devient trop possessif. Je ne peux plus respirer sans lui demander la permission. » Elle laissa sa tête tombée sur l'épaule d'Hermione qui a son tour déposa sa joue sur son crâne en lui passant un bras autour des épaules. « Je dois le quitter… On ne se parle même plus, on ne fait que se disputer. » Elle soupira, se blottissant d'autant plus contre Hermione avant d'ajouter : « Et toi, personne ne te fait de l'œil ? En soi tu as l'attrait de la nouveauté de ton côté : tu es nouvelle, étrangère, intelligente, belle… »
Elle s'interrompit en entendant la brune grogner en levant les yeux au ciel. Ginny se releva pour fixer Hermione de son regard furibond made in Mme Weasley.
- « Hermione. Granger. » commença-t-elle menaçante. « Tu es belle. Tu es même magnifique ! D'accord, tu as des cheveux difficiles à dompter, mais ça fait partie de tes charmes. Donc, réponds-moi maintenant : quelqu'un dans ta ligne de mire ? »
Hermione se figea en repensant à un garçon en particulier. Oui, il y en avait bien un. Enfin, il y en avait eu un, tout du moins. Elle cligna plusieurs des yeux pour effacer les derniers souvenirs des quelques mèches blondes qui volaient encore devant ses yeux. Cependant, Ginny ne perdit aucune miette de son manège et un sourire diabolique émergea sur ses lèvres. Elle hocha un sourcil en même temps qu'elle s'approchait d'Hermione qui voyait dans son expression rien qui ne vaille.
- « Hermione », susurra-t-elle comme un chat à l'affut de sa proie. « Tu me caches quelques chose ! » Hermione dédaigna d'un mouvement de tête rapide. La réaction ne se fit pas attendre de Ginny qui changea de tactique et prit un air de chine battu. « Hermione… Je ne me sens pas bien, mon couple va mal… J'ai absolument besoin de réconfort et de me changer les idées… S'il-te-plait, je te promets de garder ça pour moi », supplia-t-elle en battant des cils.
- « Ginny, je n'ai rien à te dire, je te jure », dit Hermione d'une toute petite voix. Mais le regard insistant de Ginny, son air affligé et malheureux fit fondre les derniers remparts d'Hermione.
- « Mione, s'il-te-plait », rajouta tout de même Ginny pour être sûre d'avoir les informations tant désirées.
- « Tu sais, je n'ai pas grand-chose à dire. Oui, il y avait bien quelqu'un, mais c'est fini. Depuis longtemps », rajouta-t-elle plus amer, son regard s'assombrissant légèrement en pensant à ses dernières altercations avec la personne en question.
Ginny quant à elle buvait littéralement les paroles d'Hermione. Jamais cette dernière ne s'était confiée sur ce sujet, faute de copains ou simplement parce qu'elle n'était pas encline aux confidences sur ce genre de détails.
- « Mais donc il y a eu quelqu'un ? »
- « Euh oui, on peut dire ça. »
Un silence s'installa. On entendait dans le fond les autres Gryffondors testés les dernières nouveautés des Frères Weasley, d'autres faisaient leur devoir ou savouraient juste une soirée entre amis. Hermione fixait le feu crépité dans la cheminée, Ginny quant à elle observait les moindres détails du visage de son amie en quête de nouvelles informations. Voyant qu'aucune autre parole ne passerait les limites de ses lèvres, Ginny se renfrogna mais n'en démordit pas pour autant. Elle repassa à l'attaque en relançant la brune à coup de questions :
- « Mais c'était qui ? Je le connais ? Il est dans notre maison ? », questionna-t-elle en tournant avidement la tête autour d'elle, ce qui fit rire nerveusement Hermione.
- « Euh non. Non, il n'est pas de notre maison », répondit-elle de plus en plus gênée. Elle avait peur des réponses que réclamait Ginny, peur aussi de ce qu'elle allait dire, peur de ce qui allait arriver.
- « Mais je le connais ? »
- « Je crois… »
- « Comment ça tu crois ? Hermione, il faut que tu m'expliques un peu plus pour que je comprenne. Et si tu commençais par me dire qui sait, ça serait plus simple ! »
- « Pas vraiment non », marmonna-t-elle avant de se reprendre à voix haute : « On a eu un truc à deux. Un été, ce n'était pas à Poudlard. Il… Tu le connais, mais je ne pense pas que l'apprécies. Moi non plus d'ailleurs. »
- « Bon, je vais deviner alors ! Ce n'est pas un Gryffondor donc. Hm… Peut-être un Poufsouffle ? » Hermione dédaigna. « Serdaigle ? » La brune déglutit avant de nier plus doucement. Les yeux de Ginny s'ouvrirent rond. Elle ouvrit et ferma la bouche plusieurs fois d'affilé avant de s'exclamer (un peu trop fort au gout d'Hermione) « Serpentard ?! »
Hermione grimaça en voyant quelques regards se tourner vers elles et fit signe à Ginny de baisser d'un ton avec de grands gestes. La rousse se reprit et se rapprocha encore plus d'Hermione qui commençait à se sentir oppresser par la proximité de son amie. Elle sentit même une goutte de sueur couler le long de sa colonne vertébrale. Elle n'était vraiment pas prête à avouer à Ginny que ce fameux Serpentard était Drago Malefoy. Même elle se dégoutait à y penser, rien que de le voir, elle en éprouvait des bouffés de colère et de haine.
- « Hermione ! Arrête de me faire mousser ! Je ne te jugerai pas, je garderai le secret pour moi, je l'emporterai dans la tombe : tes confidences sont en sécurité avec moi ! », déclara solennellement Ginny, une main sur le cœur.
- « Ginny », geignit Hermione, tout à fait mal-à-l'aise maintenant, « c'est ridicule ! C'est fini, il ne se passe plus rien. Même moi je préfère oublier toute cette histoire. »
- « …Mais je suis malheureuse, Mione. » Non seulement elle fit de nouveau la moue, mais en plus elle pencha la tête sur le côté en prenant la main d'Hermione dans les siennes. Cette dernière ne pouvait pas résister et en voulait à la rousse de l'avoir ainsi.
- « Tu ne l'aimes pas, tu le détestes. Moi aussi », ajouta-t-elle rapidement. Elle fit une pause pour se donner du courage, sous le regard plus qu'oppressant de Ginny : « Cétaitdragomalefoy », finit-elle précipitamment.
Silence. Hermione fixait obstinément ses genoux. Ginny ne bougeait pas à côté d'elle. Puis soudain, alors qu'elle pensait que son amie ne dirait plus rien, celle-ci s'exclama entre ses dents « Quel enfoiré celui-là, je te jure ! » en levant les bras et saisissant Hermione par la même occasion.
- « Qu-Quoi ? » dit-elle bêtement.
Elle s'était attendue à toutes les réactions de la part de la rousse, mais pas celle qui accablait le blond plutôt qu'elle. Elle avait redouté les préjugés classiques des Gryffondors envers les Serpentards, durant un moment elle avait sous-estimé l'objectivité et la fidélité de son amie. A vrai dire, la réaction de Ginny lui fit du bien elle n'avait cessé de se remettre en cause, en se demandant ce qu'elle avait bien pu faire pour être l'objet d'une telle animosité de la part des Serpentards. Mais maintenant, elle se rendait compte que c'était juste une histoire comme une autre : les gens évoluent, changent et chacun poursuit son chemin individuel.
- « Merci, Gin » dit-elle émue.
- « Mais c'est normal ! Dire qu'il te traite comme une moins que rien, cette enflure ! Quel mufle ! Je te jure, la prochaine fois que je le croise, je lui ferai voir ce qu'est un bon sort de Chauve-Fury ! Avec de la chance, Peeves m'aidera. »
Hermione se mit à rire, imaginant les conséquences d'une telle altercation dans l'un des couloirs du château. Elle regarda ensuite avec tendresse son amie vociférer toutes les menaces possibles et inimaginables que son esprit était capable d'imaginer, elle se dit qu'elle avait vraiment de la chance de l'avoir auprès d'elle pour lui remonter le moral et dédramatiser les situations qui paraissaient insurmontables à Hermione. Après tout, elle venait d'avouer l'inavouable et au lieu de se sentir mal, elle ne s'était jamais sentie aussi légère depuis la rentrée.
Puis tout à coup, alors qu'Hermione s'était replongée dans ses pensées, Ginny se tourna vers elle, les yeux brillants d'une étincelle flamboyante, et la fixa avec insistance.
- « Mais… Comment ça se fait que vous vous connaissiez avant Poudlard ? Malefoy a toujours détesté les nés-moldus et, sans vouloir te vexer, je ne vois comment il aurait pu s'intéresser à toi. » Hermione sourit, repensant à leur rencontre.
- « Oh, tu sais, il cache bien son jeu quand il le veut. »
Elle se cala ensuite dans les coussins, ramenant ses jambes sous ses fesses pour faire face à Ginny qui s'était assise en tailleur, toute ouïe. Hermione prit une grande inspiration avant d'entamer son histoire elle savait qu'elle ne pourrait pas éviter les détails avec Ginny et s'était préparée psychologiquement à ne pas aller dormir avant les petites heures. Elle débuta ensuite ses explications, sous l'œil brillant de son amie qui ne perdait pas une miette.
