réédité le 06/03/2019
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— Hip hip hip ! Hourra ! s'exclama l'ensemble des Spade. Elle est vraiment trop balaise.
— Non, mais arrêtez bande de pirates. Je ne veux pas de vos éloges.
— Allez, ne fait pas ta timide. Capitaine il faut que l'on fasse une grande fête ce soir pour arroser sa victoire, proposa l'un de ses nakamas.
— Va pour une fête. Je vous laisse vous en occuper. On la fera à l'auberge ce soir.
— Mais je ne suis pas d'accord, moi.
— Mais si, tu vas voir. On va bien s'éclater. Faut bien fêter ta victoire au tournoi.
— Ce sera sans moi, dit-elle tout en se dirigeant vers l'étage où se trouvait sa chambre.
Elle savait qu'elle était suivie de près par Ace, mais elle n'en avait cure. Il ne la forcerait pas à se rendre à leur fête stupide. Jamais elle ne se mélangerait avec ses bandits de la mer. Dans un geste réflexe, elle voulut retirer ses sabres, mais elle se rappela bien vite qu'Ace les avait récupérés juste après sa victoire finale. Dire que pendant un après-midi, elle s'était sentie revivre avec ses trois lames et avait montré à la foule une partie de l'étendue de son art. Elle avait eu l'impression de voler dans le ciel, entre les nuages. Ses techniques étaient ressemblantes à une danse. Ses mouvements étaient fluides et il n'y avait pas un geste de trop. C'était en quelque sorte sa signature.
Alors qu'elle chercha une tenue pour se changer, elle entendit la porte s'ouvrir et se refermer. Elle ne prit pas la peine de lever la tête, sachant très bien qui était la personne qui venait de faire irruption dans la pièce. Cependant, elle se redressa quand quelques instants plus tard, elle entendit la porte près d'elle se fermer.
Elle se leva aussitôt et se dirigea vers la porte qu'elle ouvrit en grand.
— Non, mais de quel droit tu vas le premier à la salle de bains, lui cria-t-elle.
Instantanément, elle regretta son geste et son visage vira au rouge tomate.
— Tu ne peux pas prévenir que t'es nu ! dit-elle en refermant aussitôt la porte.
— Je ne vois pas pourquoi, j'ai laissé mes affaires près du lit. Tu ne m'as même pas vu me balader à poil. Faut pas être si pudique.
— Mais t'as été élevé où ?
— Chez des brigands des montagnes.
— Je me demande bien pourquoi j'ai posé cette question.
— Si t'es pressée, tu peux venir avec moi. Il y a de la place pour deux au moins.
— Et puis quoi encore. Tu vas te rincer l'œil.
— C'est plutôt toi qui te rinçais l'œil, il y a quelques secondes.
— Ce… ce n'est même pas vrai. En plus, tu n'es pas mon genre.
— Oh c'est vrai ! Et c'est quoi ton genre ? Si cela se trouve, il est dans mon équipage.
— Plutôt épouser Akainu.
— Ah ouais. Donc tu préfères ce qui est vieux.
— Non, mais je n'ai jamais dit ça ! N'interprète pas ce que je dis. Dépêche-toi, je voudrais enlever rapidement toute cette sueur.
En attendant, ne voulant pas discuter plus longtemps avec Ace, elle s'allongea sur le dos sur son lit et se mit à fixer le plafond tout en se remémorant son après-midi. Elle revit en pensée chacun de ses combats et des techniques de ses adversaires. Sans même s'en rendre compte, elle finit par s'endormir, le sourire aux lèvres.
Ace ressortit de la salle de bains moins de vingt minutes après y être entré. Il avait fait tout de même attention aux bruits à l'extérieur et n'ayant pas entendu la porte s'ouvrir et se fermer, se demandait ce que pouvait bien faire Aiko. Il fut plutôt surpris de la voir endormie et complètement détendue. Les cernes sous ces yeux lui prouvaient qu'elle était quand même encore bien convalescente. Enfin, il l'avait vue heureuse le temps de quelques heures durant ce petit tournoi. Certains de ses nakamas y avaient participé sur le matin. Lui-même s'était inscrit pour le lendemain. Au moins cela lui permettrait de se défouler un peu.
Il se dirigea vers son sac et s'habilla avant de descendre au salon pour voir où en étaient les préparatifs pour la fête de ce soir. Chaque occasion était une excuse pour son équipage pour boire jusqu'au petit matin et de draguer la moindre fille qui passer par là. Comme à chaque fois, il constata que ses hommes n'avaient pas fait les choses à moitié. Même si certains d'entre eux ne voyaient pas d'un bon œil la présence d'une fille au sein des Spade, la plupart voyaient en Aiko le petit plus qui allait égayer la vie à bord du navire.
Quand tout fut enfin prêt au bout de deux heures, il se décida à remonter pour réveiller la belle au bois dormant, surtout si elle voulait se doucher et se changer avant le début des festivités. Il entra dans la chambre et vit qu'elle n'avait pas du tout bougé, hormis que dorénavant, son corps était dans une position un peu étrange.
Il la secoua légèrement et ne voyant aucune réaction de sa part, décida d'employer d'autres moyens, les idées ne manquant pas pour la mettre en rogne. Il lui retira ses bottines et ses chaussettes qu'elle n'avait même pas pris la peine de retirer et se mit à vérifier si la miss était sensible sous la voute plantaire. Il fut heureux de constater qu'elle n'était pas qu'un bloc de glace, en la voyant se contorsionner soudainement. Il lui tint fermement les deux chevilles afin de ne pas se prendre le moindre coup et continua sa torture jusqu'à ce qu'elle se mette à le supplier entre deux fous rires totalement incontrôlés.
Il fallut à la chasseuse quelques minutes pour reprendre enfin un souffle correct. Ses yeux étaient baignés de larmes de rires et ses côtes la faisaient horriblement souffrir. Elle le fusilla du regard quand enfin, elle fut maître à nouveau de son corps.
— J'peux savoir ce qui t'as pris ?
— Vu que la méthode douce ne fonctionne pas pour te réveiller, j'ai utilisé une méthode plus radicale. Après j'avais bien d'autres idées en tête pour te réveiller.
— Il te manque vraiment une case. Je me demande comment t'as fait pour devenir capitaine.
— Mais c'est simple, je suis le plus fort et le plus beau, lui répondit-il en lui faisant un clin d'œil. Au fait la salle de bains et libre et tu es attendu en bas dans moins d'un quart d'heure maintenant.
— J'ai dit que je ne voulais pas participer à votre fête.
— Mais tu n'as pas le choix. En plus les gars se sont donné du mal pour tout préparer. Tu dois leur faire honneur. Et si tu ne viens pas par toi-même, ils sont capables de venir te chercher.
— Comme si les pirates avaient un honneur.
— Je crois qu'une petite douche froide te fera le plus grand bien.
— Qu.. Tu n'oserais pas faire ça ?
Elle n'eut pas le temps de fuir qu'il l'attrapa et la jeta sur son épaule pour se diriger vers la salle de bains. Il la jeta dans la baignoire avant d'ouvrir l'eau froide au maximum.
— Ah, mais c'est glacé ! Arrête !
— Quand tu arrêteras de prendre moi et mes hommes pour des abrutis sans cœur.
— Ja… Jamais.
— Alors tu vas rester sous l'eau froide. À un moment ou à un autre, tu finiras par revenir sur tes propos inappropriés.
Il la maintint fermement, l'empêchant ainsi de s'enfuir de l'eau froide qui coulait à flots, pendant plusieurs minutes. Il se moquait complètement d'être trempé, son fruit du démon lui permettrait de se sécher plus tard. Il remarqua tout de même que leur future recrue était vraiment butée quand elle le voulait. Mais cette fois, elle ne gagnerait pas. Qu'elle se moquât de lui, lui importait peu, mais traiter de rustre ses nakamas, il ne pouvait pas l'accepter. À bord de son navire, chacun devait respecter l'autre, même s'ils n'étaient pas les meilleurs amis au monde. Il l'exigeait déjà de son équipage, afin qu'ils respectent Aiko, elle devait donc en faire de même.
Le temps s'écoula et Aiko continuait à tenir tête à Ace. Elle refusait catégoriquement de courber l'échine face à un pirate. Elle avait ses opinions et même si cela ne plaisait pas au capitaine des spade, il allait devoir l'accepter. Le froid commençait à engourdir son corps, sans compter qu'elle commençait à boire de plus en plus la tasse. Elle prit conscience qu'Ace était aussi borné qu'elle. Elle pouvait y laisser la vie à ce rythme. Or, elle avait encore des choses à faire, comme retrouver son frère Zoro. Mais elle refusait de céder. Elle ne pouvait pas s'abaisser à dire que les pirates étaient au même niveau qu'elle.
Alors qu'elle se sentait partir de plus en plus vers l'inconscience, l'eau s'arrêta subitement et elle se retrouva portée. Elle n'avait pas la force de résister.
POV Ace
— Tu es vraiment chiante comme fille, râlais-je en voyant ses yeux se fermer. Hé, ne t'endors pas, t'as compris. Reste avec moi.
Je la sortis rapidement afin de la réchauffer. Son corps était glacé et ses lèvres étaient bleues. Je ne voulais pas la tuer. M'agenouillant par terre, je la serrais contre moi et je me mis à réchauffer mon propre corps avec mes flammes, les étendant autour d'elle. Je maîtrisais maintenant assez bien mon pouvoir pour ne pas forcément tout brûler. Mes vêtements furent secs en à peine une minute. Je fixais son visage dans l'espoir de voir une réaction. J'augmentais petit à petit la chaleur autour de son corps. Il me fallut quelques minutes avant de voir enfin une réaction. Ses yeux se froncèrent. Je continuais de lui parler espérant qu'elle les ouvre bientôt. Je ne voulais pas lui faire de mal. Qu'est-ce que je pouvais être idiot des fois !
Makino me le disait souvent que j'étais trop brute. Si elle était là, elle me remonterait sûrement les bretelles.
Le corps d'Aiko était enfin sec et ses lèvres avaient enfin une couleur plus adéquate. Je me relevais avec elle dans mes bras et la déposait sur son lit. Il fallut encore quelques minutes avant qu'elle ne revienne à elle complètement. Elle semblait légèrement déboussolée. Dans son regard je pouvais voir de la peur, mais aussi de la colère qui s'y mélangeaient. Ce n'était pas du tout ce que je voulais faire. J'avais autre chose à faire avec elle, qu'à attiser encore plus sa haine envers les pirates. J'allais devoir trouver une solution rapidement pour qu'elle change d'opinion, sinon cela ne serait pas gagné quand je remporterais le duel après-demain. Il fallait que je demande conseil à Spike durant la soirée. C'était le seul de l'équipage qui savait y faire avec les femmes.
Je repensais soudainement à la soirée. C'était vrai que les gars nous attendaient. Ils allaient se faire encore tout un tas de films.
— On reprendra notre petit échange un peu plus tard. Maintenant tu as cinq minutes pour te changer et me suivre. Si tu n'es pas prête, je te traînerais avec moi, même si tu es nue.
Elle me lança un regard noir avant de se redresser et d'aller chercher des affaires pour se changer. J'espérais qu'elle se détendrait un peu plus durant la soirée. Les gars avaient vraiment envie de faire la fête ce soir. Quoique je doute qu'une fois ivres, ils s'en rendent vraiment compte. Elle sortit rapidement de la salle de bain, vêtu d'un jogging et d'un tee-shirt ample. Malgré le fait que je l'avais réchauffé, je voyais bien qu'elle n'était pas vraiment dans son assiette. Il ne manquerait plus que cela qu'elle tombe malade. Je la vis chancelais légèrement et la retins in extrémiste.
— Hé t'es sûre que ça va ? Tu veux peut-être que je fasse venir doc' ?
— Non pas la peine, me dit-elle d'une voix enrouée.
— T'es vraiment têtue comme fille. Je n'ai pas forcément envie que tu tombes malade. Mais tu ne m'as pas non plus laissé le choix. Depuis le début, on essaye d'être sympa avec toi et toi tout ce que tu fais, c'est nous dénigrer. Apprends à nous connaître avant de nous balancer tes jugements à deux balles.
Elle passa devant moi pour descendre au salon où les rires de mes nakamas résonnaient déjà.
