Désolée pour l'attente et bonne lecture !
Chapitre 10
A découvert.
« Comment ça, tu ne peux pas nous dire où est Tony ? Tu sais où il est, non ? »
Thor secoua la tête. Il savait que Steve allait être difficile à convaincre du bien-fondé de sa décision.
« En effet, Captain. Mais je ne peux rien dire. S'il ne veut pas qu'on le trouve, qui suis-je pour aller à l'encontre de sa décision ? J'ai estimé être de mon devoir de vous informer que Tony va bien et qu'il est entouré d'amis. Lorsqu'il sera prêt, il reviendra vers nous. »
Entouré d'amis… De véritables amis, sans doute. De ceux qui ne vous poignardent pas dans le dos à la première occasion.
« Le directeur Fury m'a demandé de le ramener. » Dit Steve, sans grande conviction.
Thor posa une main sur l'épaule de son ami, la serrant brièvement. « Je sais que tu t'inquiètes pour lui, Steve et qu'il y a des choses que tu voudrais lui dire mais nous devons lui laisser le temps. »
« Tu es sûr qu'il va bien, Thor ? » Intervint timidement Bruce, ses mains jouant nerveusement avec les lunettes qu'il avait retirées de son nez.
Le prince asgardien venait tout juste de rentrer de son royaume. Il avait invité Bruce et Steve à le rejoindre dans la salle commune pour leur annoncer qu'il avait pu retrouver la trace de leur ami disparu. Il n'avait trouvé ni Clint ni Natasha.
La nouvelle avait semblé lever un poids des épaules du docteur. L'inquiétude qu'il ressentait à l'égard de son meilleur ami commençait à se manifester physiquement. Il était fatigué, mangeait moins. C'était une des raisons pour laquelle Thor avait décidé de ne pas garder secrète sa découverte. Cela servirait au moins à apaiser l'esprit de Bruce. Et celui du Hulk par la même occasion. Quand à Steve, il était lui-aussi visiblement soulagé mais il restait stressé. Il avait besoin de se faire pardonner pour se sentir moins coupable.
Cela, Thor le comprenait. Mais il comprenait aussi pourquoi Tony était parti. Et il respectait ce choix autant qu'il respectait l'homme aux mille armures.
« Je peux l'assurer. » Acquiesça Thor, souriant en direction de Bruce.
Le docteur sourit à son tour. C'était tout ce qu'il avait besoin d'entendre. « Merci, Thor. »
« Combien de temps ? »
Thor se tourna à nouveau vers Steve, l'incompréhension se lisant sur son visage.
« De combien de temps à t-il besoin ? Des jours, des semaines, des mois ? Que se passera-t-il s'il décide de ne pas revenir ? » Steve laissa sa frustration parler à la place de la raison et regretta aussitôt ses paroles.
« Et alors ? » Se dressa Bruce, clairement agacé par le commentaire. « Il est libre de faire ce qu'il veut. Il n'a à répondre devant personne. Ni devant Fury. Ni devant le grand Captain America. Et il n'a pas décidé de partir, vous l'y avez forcé ! »
Steve soupira. Il n'avait pas beaucoup dormi ces derniers temps et était plus stressé que jamais. « Ce n'est pas ce que j'ai voulu dire. » Se rattrapa-t-il plus calmement. « Il est parti à cause de nous. Il ne reviendra que si nous faisons le premier pas. Je ne veux pas qu'il pense que n'avons rien à faire de son absence. Il faut qu'il sache qu'il est important pour nous. Même si pour ça il faut que je lui demande pardon à genoux. »
La sincérité des mots de leur leader apaisa un peu la colère de Bruce et le docteur sourit tristement.
« Tu as peut être raison. »
« Je ne peux pas vous dire où il est. » Intervint tristement Thor. « Cela ne serait pas juste. » Mais la conviction n'y était plus vraiment.
« Je prépare le quinjet. »
Le trio sursauta à la voix de Natasha qu'aucun d'entre eux n'avait vu rentrer. Elle les observait du cadre de la porte, les bras croisés. Pour elle, il n'y avait pas à réfléchir. Elle allait retrouver Tony et le ramener à la maison. Et peut-être qu'elle lui demanderait de lui pardonner si ses actions ne suffisaient pas à lui faire comprendre à quel point elle était désolée. Peut-être.
« Yep. » Acquiesça Clint en se laissant glisser d'une grille d'aération. « Je vais chercher mon arc. »
« Ton arc ? » Demanda Steve, perplexe, l'affirmation le surprenant plus que le fait de voir son ami tomber ainsi du plafond aussi silencieusement qu'un chat.
« C'est de Tony dont on parle. Il a toujours des ennuis. Et s'il n'en a pas, ils ne tardent jamais. Ça ne coute rien d'être préparé. »
Thor regarda ses compagnons se préparer en se demandant comment cette conversation avait pu les mener là. Il n'avait pas prévu de conduire les Avengers à leur compagnon égaré mais apparemment il n'avait pas le choix.
Il y avait un temps où les humains le vénéraient et buvaient ses paroles comme un breuvage sacré… Les coutumes se perdaient.
oOo
« Roule, roule, roule. » Chantonnait la petite Camille en faisant avancer une petite décapotable rouge sur le sol du garage. Tony leva les yeux du moteur qu'il était en train d'examiner pour jeter un œil à la fillette qui jouait calmement. Elsa l'avait laissé à la garde de Ben et de Tony le temps de faire quelques courses en ville.
« Eddy. »
A l'appel de son nom d'emprunt, Tony se tourna vers Ben qui sortait de son bureau, un objet métallique entre les mains.
« Qu'est-ce que c'est ? »
Tony sourit, s'amusant de la perplexité de son ami et s'essuya les mains sur son jean, y laissant de longues trainées noires. Il s'avança vers Ben et lui prit l'objet des mains, le posant sur le sol. C'était une simple boîte de métal, assez petite pour tenir dans la paume de la main. Il activa un interrupteur situé sur le coté de la machine et celle-ci prit soudainement vie, s'élançant à une vitesse impressionnante dans le garage, changeant de direction dès qu'elle s'approchait d'un obstacle.
Immédiatement Camille se donna pour mission d'attraper le mini bolide, riant à gorge déployée à chaque fois qu'il lui échapper.
« Et à quoi ça sert ? » Demanda Ben.
Tony leva un sourcil et secoua doucement la tête de gauche à droite. « A rien, c'est ça qui est chouette, non ? »
Ne comprenant pas tout à fait la logique de son employé alias Tony Stark le milliardaire, Ben acquiesça tout de même. Le rire de Camille suffisait amplement à lui faire oublier qu'Eddy avait fabriqué le jouet sur son temps de travail.
« Et pour l'arrêter, je suppose qu'il faut l'attraper ? »
« C'est l'idée. »
Ben planta son regard dans celui de Tony, soupira et s'apprêtait à retourner dans son bureau quand une explosion de bruits de moteurs retentit à l'extérieur.
Les deux hommes se précipitèrent à l'entrée du garage pour voir des dizaines de motos vrombir dans leur direction. Ben rentra à l'intérieur et attrapa Camille, ignorant ses cris de protestation. Il l'entraîna dans son bureau et ferma la porte, lui interdisant de sortir à moins que lui ou Eddy ne vienne la chercher.
Puis il retourna aux cotés de Tony qui avait attrapé une clé anglaise. Il ne doutait pas un instant que les motards étaient là pour venger leurs compagnons.
« Camille ? » Demanda Tony.
« A l'abri. » Répondit Ben avant d'attraper une barre de fer. Le bureau du sheriff était à l'autre bout de la ville et avec trois adjoints, les autorités ne faisaient pas le poids face à une cinquantaine de motards armée jusqu'aux dents. Ils étaient livrés à eux-mêmes.
Hommes et femmes se bousculaient aux portes des commerces alentours, curieux et inquiets. Mais quand les voyous se rapprochèrent, bousculant certains passants à coups de pieds, les habitants se ruèrent à l'intérieur des magasins, fermant les portes dans l'espoir de se protéger.
La horde d'engins vrombissant s'arrêta juste en face du garage, emplissant la rue. Les jeunes sauvages continuaient de faire hurler les moteurs pour intimider les habitants, ricanant comme des hyènes de leur effet.
L'un des motards s'avança. Plus vieux que les autres, une expression plus sombre sur le visage il fixait les deux mécaniciens d'un œil mauvais.
« Lequel d'entre vous a bousillé la jambe de Mikey ? »
Le son d'une sirène de police, plus haut dans la rue firent se rassembler quelques motards qui partirent à la rencontre du sheriff. Le temps que d'autres forces de police arrivent jusque-là, les criminels auraient largement le temps de faire des dégâts. Déjà quelques-uns s'en prenaient aux vitrines à coups de barres de fer et de chaînes, terrorisant les personnes qui s'étaient réfugiées dans les magasins.
Tony espéra que personne n'aurait l'idée stupide de sortir une arme pour jouer au héros. Vu l'état d'excitation des motards, il n'en faudrait pas beaucoup pour que la petite démonstration de force tourne au drame.
« Qu'est-ce qu'on fait ? » Souffla Ben. Tony pouvait le sentir fébrile près de lui. Il ne lui en voulait pas d'avoir peur. Lui aussi avait peur. Mais l'habitude de ce genre de situations lui interdisait de le montrer.
Il fit un pas en avant.
« Tony ! » Entendit-il crier.
Là-bas, au coin de la rue, Elsa retenait Harley qui semblait vouloir le rejoindre. Il lança un regard ferme en sa direction.
« Non ! » Intima-t-il.
Harley cessa immédiatement de se débattre, adoptant l'expression inquiète de sa mère. Elsa pensait à Tony, à Ben et à sa petite fille. Elle aussi avait bien du mal à s'empêcher de courir pour aller chercher Camille et la prendre dans ses bras pour la mettre en sécurité. Mais elle savait que Tony et Ben la protégeraient. Ben considérait Camille comme sa fille et Tony… C'était Iron Man. Il ne laisserait personne lui faire de mal.
« Alors c'est toi le petit malin qui a mené la vie dure à mes gars ? »
« Ils s'en prenaient à plus petit qu'eux. J'ai juste voulu équilibrer un peu les choses. »
« Une grande gueule à ce que vois. » Railla le chef de la bande. « Tu ne vas pas rire bien longtemps. Je ne supporte pas qu'on s'en prenne aux miens. »
« Ça tombe bien, moi non plus. » Le provoqua Tony avant de murmurer pour que seul Jarvis l'entende. « Quelles sont mes options Jarvis ? »
« L'amure est presque entièrement à cours d'énergie, monsieur. Si c'est cela que vous me demandez. »
Il ne voulait pas vraiment revêtir l'armure. Il n'était pas prêt. Tout le monde allait le voir sous son vrai jour, un arrogant et égoïste imposteur… Mais il ne pouvait pas laisser ces voyous blesser les gens qui l'avaient si chaleureusement accueillis. Non, il ne le pouvait pas.
« Dérive toute la puissance dans un gantelet. Ça devrait suffire. »
Ce soir Eddy allait de nouveau disparaître. Tony espérait juste que ce soit moins douloureux que la dernière fois.
oOo
« Eddy ! Eddy ! »
Quelqu'un secoua son bras et Tony sursauta. C'était Jeremy qui l'avait sorti de sa concentration et il se tourna vers son ami qui lui fit signe de fermer son cahier. Trop tard. La maîtresse qui en avait eu assez de répéter le prénom de son élève arracha le cahier des mains de Tony qui se figea.
Elle ne devait pas voir.
« Non ! » Cria-t-il en se levant et en essayant de récupérer son bien, poussant l'adulte et tirant sur le cahier.
« Eddy ! » Le gronda l'institutrice, ébahie du comportement excessif du garçon habituellement si calme et studieux. Elle attrapa son bras et le força à s'éloigner. « Eddy ! Tu te calmes maintenant ! » Mais le garçon n'entendait rien. Il pensait à ses schémas, à ses dessins et à sa nouvelle vie qui allait s'écrouler.
« Vous n'avez pas le droit de prendre son cahier. » S'insurgea Jeremy, se levant à son tour. « Il veut pas que vous regardiez ! » Tony se tourna vers son ami, surpris par la véhémence de ses propos. Il prenait sa défense. C'était nouveau pour lui et la perspective le figea sur place. Assez longtemps pour que la maîtresse, curieuse, ouvre le cahier et commence à tourner les pages. Immobile et tremblant de tous ses membres, Tony regarda, impuissant, le visage de sa maîtresse pâlir alors qu'elle découvrait les travaux de Tony, jetant de temps en temps un regard éberlué en direction du garçon.
Tout le monde le regardait. Les élèves murmuraient et le fixaient, les yeux pleins de questions.
Il ne pouvait plus respirer.
Il ne pouvait pas rester.
Poussant la maîtresse qui lui barrait la route, Tony courut vers la porte, ignorant les cris et les regards, ignorant sa vision qui se brouillait et ses oreilles qui sifflaient. Il courut aussi vite et aussi loin qu'il le pouvait. Sans savoir où ses jambes le conduisaient.
Jusqu'à ce qu'il soit obligé de s'arrêter pour reprendre son souffle, frottant dans l'espoir de faire cesser ses larmes. Quand il réussit à se calmer un peu et que son cœur ne menaçait plus de s'échapper de sa poitrine, Tony reconnut enfin la rue dans laquelle il s'était arrêté. La bibliothèque était juste à l'angle. Avec Monsieur Blake il serait en sécurité. Peut-être même qu'il pourrait tout lui expliquer. Oui, il n'avait plus rien à perdre.
Tous ses espoirs s'écroulèrent lorsqu'il vit l'ambulance. Elle était garée juste devant la bibliothèque. Son pas s'accéléra, son pouls s'emballa. Non, non, non. Se répétait-il en boucle. Ça ne peut pas être monsieur Blake ! Ça ne peut pas…
Sur le brancard que les ambulanciers faisaient entrer à l'arrière de leur véhicule, le vieil homme ne bougeait pas.
Et Tony se mis à crier tout en courant vers le brancard. Il hurlait comme un animal blessé, comme si son monde venait de s'écrouler.
Alors qu'il allait atteindre l'ambulance, deux bras l'attrapèrent, le coupant dans sa course. « Nooooon ! Monsieur Blake ! » Hurlait-il, se débattant dans les bras de l'homme chauve. Il se fichait de savoir ce que cet homme lui voulait. Tout ce qui importait c'était voir le bibliothécaire. Son ami.
« Lâchez-moi ! Lâchez-moi ! »
Les portes de l'ambulance se refermèrent et le véhicule des urgences redémarra en trombe, sirène allumée.
« Ahhhh ! »
Les gens dans la rue commençaient à s'arrêter et à regarder, incertains quand à ce qu'il se passait.
« Monsieur Stark, calmez-vous. Monsieur Stark ! »
Tony continua de se débattre mais ses mouvements étaient de plus en plus saccadés. Cet homme savait qui il était. Encore un kidnappeur.
« Je vais vous lâcher monsieur Stark mais il faut que vous vous calmiez. Monsieur Blake va s'en sortir. Il a fait une crise cardiaque. J'ai appelé les secours à temps. »
Tony s'immobilisa. Qu'est-ce qu'il voulait dire ?
« Il ira bien. » Répéta l'homme, relâchant un peu son emprise sur l'enfant. Les mains sur ses épaules il se pencha pour se mettre à sa hauteur. L'homme portait un pistolet. C'était soit un criminel, soit…
« Je vais vous ramener à New-York. Je travaille pour votre père. C'est fini maintenant. »
Tony ne dit rien. Son regard embué était fixé sur un point au-dessus de l'épaule de l'homme de main. A peine à quatre mètres de là, figé par la surprise et le choc de ce qu'il entendait, son cahier serré contre son torse, se tenait Jeremy. Puis le garçon lâcha le cahier qu'il était venu ramener à Tony et s'enfui en courant. Sans un regard de plus.
A suivre.
J'espère que j'ai réussi à retransmettre ce que je voulais dans cette dernière partie. Faites-moi savoir ce que vous en pensez, je vis pour les reviews ^^
