Depuis le temps, je me devais de conclure cette histoire (déjà écrite depuis un bail). J'espère que les deux derniers chapitres vous satisferons. J'ai totalement décroché de l'univers d'Arrow et donc sans doute que vous trouverez la fin un peu bâclée, sans doute aurais-je dû plus pousser la chose mais je ne me vois pas me remettre à écrire dessus.

Merci à toutes les personnes qui ont suivi mon histoire dans son intégralité, et au plaisir de vous revoir (sûrement sur une autre fanbase, du coup)


Tout était en place.

Après plusieurs jours d'enquêtes approfondies, la disposition des pions avaient mûrement été réfléchi. Chacun avait son rôle à jouer et chacun avait confiance en la bonne teneur de l'opération.

Roy avait été quelque peu sceptique, au début, mais il croyait pleinement en Oliver et il avait décidé de le suivre quoi qu'il en coûte. Parce qu'il était son mentor.

Et parce qu'il devait aussi sauver quelqu'un cette nuit.

Bien sûr, l'opération tournait autour d'Anthony. Sa libération et sa protection était l'enjeu majeur de la combine.

Mais Roy ne perdait pas le nord. Pour lui, il devait sauver Thea. A tout prix.

Il ne voulait pas croire qu'elle est son mot à dire dans cette histoire. Malcom devait la manipuler, il ne pouvait en être autrement. La Thea qu'il connaissait n'aurait jamais pu commanditer de tels actes. Et pourtant...

Quand il repensait à cette soirée, à ce combat. Il se souvient des mouvements, de cette manière de combattre. Dans le manoir des Queen, elle n'avait pas hésité. En moins de temps qu'il ne faut pour en parler, elle l'avait totalement ratatiné. Elle l'avait frappé, encore et encore. Alors qu'il était Roy Harper. Son petit ami. L'homme avec qui elle partageait sa vie depuis de longs mois. S'était-il berné d'illusions depuis tout ce temps ? L'avait-elle trompée sur tout la ligne ? Ces "je t'aime" étaient-ils du vent ? Roy persistait à croire encore en sa bien aimé, mais tout ce qui venait de se passer le faisait terriblement douter. La Thea qu'il avait connu n'était plus.

Sara avançait prudemment. Sa blessure était encore récente, et malgré les réticences d'Oliver, elle avait insisté pour venir. Elle voulait avoir le fin mot de l'histoire, et elle savait pertinemment que les garçons étaient perdus sans elle.

Sara était un membre important, une membre aux qualités innombrables. Ces années dans la ligue l'avait aguerrit, bien plus que les deux acolytes d'Oliver. L'archer en était conscient, c'est pourquoi il ne s'était pas opposé à sa venue. De plus, une aide supplémentaire ne se refusait pas. Même si cela signifiait indubitablement mise en danger. L'équipe devait tout faire pour sauver Anthony, c'était tout ce qui comptait en l'instant.

La nuit s'était abattu sur Starling City, plongeant la ville dans un noir quasi totale. Seuls les lampadaires positionnés le long des quais rendaient possible une vision des lieux.

Lancée en éclaireuse, Black Canary marchait à pas de loup vers l'objectif de la mission. Tournant régulièrement la tête de droite à gauche, scrutant une potentielle menace par les airs, Sara continuait son entreprise, avec toujours en visu son but.

Elle donnait des directives aux garçons. Arsenal était positionné sur le toit d'un conteneur, à l'entrée du port. Cette vision d'ensemble lui permettait de guetter le moindre mouvement et d'avertir, au cas échéant, leur éclaireuse. Diggle, fusil à la main, avait réussi à s'infiltrer sans mal dans un des immeubles désaffecté qui surplombait les quais. Seul Oliver était resté muet sur sa position, et l'équipe savait pertinement que l'homme devait, lui aussi, être sur les traces du local cible.

Une fois arrivée à quelques mètres de l'endroit, Sara donna le signal aux reste de la troupe et sans plus tarder, entreprit d'ouvrir la porte. Bien entendu, elle était fermée. Black Canary y posa une bombe murale, qui, quelques secondes plus tard, explosa l'obstacle dans un capharneum monstre. Pour la discretion, on repassera. Mais c'était aussi le but. Essayer de débusquer les coupables, Malcom en tête.

Si la mission reposait sur le sauvetage d'Anthony, la troupe ne savait que trop bien ce à quoi pensait Oliver. Le crime de Merlyn n'allait pas rester impuni, et tout le monde était d'accord. Personne ne l'en empecherait. Encore moins Sara.

Une fois la fumée dissipée, Sara tenta une perçée à l'intérieur du local. Elle s'attendait à le retrouver vide, Malcom ayant souvent une longueur d'avance. Mais pourtant, elle trouva un petit garçon, en plein milieu de la pièce, attaché à une chaise, la bouche scotché. Elle accoura vers lui, en criant à son oreillette qu'elle avait retrouvé Anthony.

Dès qu'elle libéra le garçon, il s'écroula dans ses bras, murmurant de faible merci. L'épuisement avait eu raison de lui, et il sombra très vite dans les bras de Morphée.

Soudain, elle entendit des pas venir dans sa direction et fut soulagé en voyant Oliver, tout transpirant, traverser la pièce pour venir la rejoindre.

Son visage transmettait clairement sa pensée. Il était plus que soulagé. Il n'avait pas imaginé que la mission soit aussi facile et que l'on retrouve Anthony aussi vite le rassura.

Prudent cependant, il garda son arc en main et scruta l'intérieur de la salle. Elle était vide. Totalement vide. Pas même une chaise, une table, un carton. Rien. Comme si rien n'était arrivé. Comme si Malcom avait tout prémédité.

Il serra les poigts à l'évocation de ce nom, son esprit lui jouait de vilain tour et il devait vite se reprendre.

Sara posa une main sur son épaule, comme pour lui faire comprendre que l'objectif avait été rempli et que la team devait maintenant se retirer. Il était plus que d'accord avec elle. Alors il suivit Sara, qui tenait toujours Anthony contre elle, et quitta les lieux. Pourtant, quelque chose le chagrinait encore. Il ne savait pas quoi, mais Oliver était perduadé d'une chose. Malcom Merlyn n'était pas du genre à laisser des cadeaux à ses ennemis. Et ça ne disait rien qui vaille.


Felicity avait été hésitante lorsqu'Oliver lui annonça son plan. Non pas la parti sauvetage du petit Anthony sur les docks. Non, sa part à elle.

Elle avait longtemps pesé le pour et le contre avec Oliver, et l'homme savait pertinement ce qui la bloquait. Ce qui lui avait demandé n'était pas simple, mais c'était la seule solution qu'il voyait en l'instant. La seule chose de sur qu'il avait à sa disposition.

Alors Felicity avait cédé.

Les mains moites et la gorge asséchée, elle prit son téléphone et rechercha dans son repertoire un nom qui a la simple évocation l'angoissait plus que tout. Plusieurs sonneries passèrent sans que personne ne décroche.

Puis elle entendit sa voix.

Elle se raidit instantanément.

Oliver la scrutait, la soutenant intérieurement. Lui même aurait pu le faire, même si vu les circonstances, cela aurait été plus que mal vu. Il n'avait pas eu les épaules assez forte pour assumer. Surtout, il avait peur des conséquences. Peur de la réaction de cet homme qui le détestait plus que tout.

Si Oliver lui avait demandé un service directement, aurait-il accepté ? Jamais. Et Oliver comme Felicity en était conscient.

Alors la blonde avait endossé tout ce fardeau. Parce qu'au fond, elle avait toujours été la plus courageuse de la troupe. Un courage différent de celui des garçons. Ou de celui de Sara.

Oui, elle n'allait pas sur le terrain.

Oui, elle ne savait pas se battre.

Mais non, elle n'était pas inutile.

On le lui avait dit à maintes reprises.

Oui, on pouvait compter sur elle car sa force était autre part. Elle résidait en cette disponibilité inégalable et en cette générosité incomparable. Felicity était leur pillier, la personne en qui chacun puisait une confiance aveugle. Et la jeune informaticienne en prenait conscience à mesure que les jours passaient avec l'équipe. La team Arrow était devenue sa nouvelle famille, tout simplement.

La voix persistante à l'autre bout du combiné sortit Felicity de sa léthargie. L'homme réitéra sa demande. Car il savait très bien, qui l'appelait. L'inspecteur Lance n'était pas né de la dernière pluie.

Ce numéro avait servi plus d'une fois, par le passé. A une époque qui lui parait aujourd'hui bien lointaine. Celle d'une vie où il aida ce justicier vert armé d'un arc. D'une vie où il ne savait pas encore son identité, donnant ses aides à une informaticienne douée et à l'affut de la moindre informations utiles. Oui, Lance avait aidé Arrow de son plein gré. Et oui, il avait aimé cela. Parce qu'il avait l'impression de faire le bien, chose qui lui paraissait impossible avec son simple statut de détective. Lance pensait que la justice était faite, et qu'importait les moyens utilisés. S'il avait su, alors, que ce dragueur de Queen était ce robin des bois des temps modernes... Les choses auraient été bien différentes. Tout aurait été différent...

Le ton de l'informaticienne se voulait hésitant, hâché, saccadé. Cela toucha plus que ne l'aurait pensé l'inspecteur.

Après tout, il pouvait bien en vouloir à toute la terre, la jeune blonde n'était en rien dans son malheur. Elle était juste là au mauvais endroit au mauvais moment. Elle était juste tombée sous le joug du mauvais homme.

Pauvre fille. Encore une victime du magnétisme dangereux de ce satané Queen.

Un long instant s'écoula sans que Felicity ne dise mot. Jamais Lance ne l'avait senti aussi desarçonnée. Une longue série d'excuses s'ensuivit, auquel l'inspecteur ne savait que répondre. Il voulu lui dire que rien n'était de sa faute, qu'elle était innocente dans l'histoire. Mais rien ne sortit de sa bouche. Alors il l'écouta, sa voix tremblante trahissant les émotions qui l'envahissait.

Elle s'excusait pour tout. Elle ne prononca par le mot interdit, comme se doutant que cela serait trop pour Lance. Elle avait raison, et le policier l'en remercia intérieurement.

Elle répliqua qu'elle n'avait pas eu le courage de l'appeler plus tôt, qu'elle n'avait pas osé.

Lance sentait qu'autre chose l'avait poussé à agir, alors il n'intervena pas. Elle viendrait assez vite au sujet, malgré sa capacité surhumaine à tourner autour du pot.

Et enfin elle aborda le sujet épineux.

Elle n'entra pas dans les détails, mais Lance comprit vite qu'elle omettait certains détails.

Felicity lui résuma la situation. Que Malcom Merlyn avait kidnappé le fils d'une certaine Sandra. Qu'Arrow et sa bande avait fait le job, et avait ramené le colis à bon port. Lance allait lui demandé ce qui lui poussait à lui raconter tout ça lorsque Felicity lui quémanda son aide. A lui, vraiment ? Elle insista, le suppliant.

L'informaticienne paraissait à bout, épuisée par une histoire sans doute trop lourde à supporter pour ses frèles épaules. Elle indiqua à l'inspecteur que Sandra et son fils était en danger, que Merlyn allait sans doute réattaquer, qu'il leur fallait une protection policière. Devant le scepticisme de l'ancien détective, elle se voulu plus convaincainte, insistant à contre-coeur sur la notion de famille, sur son importance, sur le risque d'une telle menace. Elle avait appuyé sur la corde sensible, elle en était consciente. Pourtant Felicity n'avait pas d'autres moyens de convaincre son interlocuteur.

Et il avait sans doute réagit en ce sens car il accepta. A une condition cependant. Que ce soit Oliver Queen en personne qui lui amène Sandra et Anthony.

Elle hocqua de surprise, agaçée par cette demande. Mais Lance savait pertinemment que le Queen était dans le coin. Et une fois encore, ses sens aguerrit ne l'avait pas trompé.

Après avoir tourné la tête vers Oliver, Felicity demanda à l'inspecteur quelques secondes.

Elle indiqua la requête du père de famille à l'archer qui, sans sourciller, accepta. Felicity allait répliquer mais devant le regard assuré, presque serein d'Oliver, elle ne chercha pas à aller plus loin. La réponse donnée par l'informaticienne ravit sadiquement Lance, qui sans plus attendre, mis court à la conversation après avoir formulé l'heure et le lieu de rendez-vous.

Enfin il allait pouvoir revoir Oliver Queen.

Et ça sera un moment qu'il n'oubliera pas de sitôt.


Roy regardait son portable.

Voilà vingt minutes qu'il attendait, comme un idiot, sous une pluie torrentielle.

Il savait pertinement que ce qu'il faisait été mal. Que c'était surtout une idée totalement stupide. Pourtant, le jeune homme avait agit sous l'impulsion. Et jusqu'ici, ça lui avait pas mal réussit. Alors écoutant son instint primaire, il avait fait ce que personne n'osait faire. Ou ne voulait faire, tout simplement.

Roy avait conscience que cela n'allait pas passer inaperçu lorsque la team l'apprendrait. Surtout du côté d'Oliver. Mais pour le moment, il ne s'en formalisait pas. L'archer vert était assez occupé par le détective Lance actuellement, donc il ne s'inquiètait pas encore de sa réaction.

Parce que réaction il y aura.

Parce qu'intérogation s'en suivra.

Et Roy espérait seulement que personne ne serait déçu.

Ni Oliver, ni le reste de l'équipe.

Et surtout, pas lui-même.

Parce que c'était d'une démarche égoiste qu'il avait entreprit de reprendre contact avec la femme qu'il aimait. Il n'avait pensé qu'à lui et lui seul au moment où il avait composé son numéro. A l'instant où il entendit la voix de sa bien aimé, la haine qui l'habitait disparu. Le baume au coeur, il sussura son prénom, d'une légéreté insoupçonnée. Et elle lui répondit avec la même intensité, comme si les événements des derniers jours n'étaient que songes.

Pourtant, Roy dissipa bien vite cette illusion. La Thea qu'il avait eu au bout du fil n'était plus celle qu'il avait connu. Pour autant qu'il ait vu une seule fois dans sa vie l'authentique Thea Queen. Il en doutait de plus en plus, mais une petite voix intérieure persistait à vouloir croire que tous leurs instants étaient vraies. Qu'il n'avait pas été trompé depuis le début. Qu'il l'aimait et qu'elle l'aimait en retour.

Un vombrissement alerta Roy, qui tourna instantanément son visage vers la voiture qui rentrait en scène. Elle se gara juste devant lui, et une Thea tout de noir vêtu sortit du véhicule. Sans attendre, le moyen de transport de la jeune femme démarra dans un vacarme sans nom et quitta le paysage.

Roy fixait sa partenaire, scrutant le moindre détail. Comme pour graver son image une ultime fois dans son organisme. Parce que pour la première fois de sa vie, il avait peur. Peur de la perdre, une bonne fois pour toute. Et c'était là son pire cauchemar.

Sans un mot, Thea engagea le pas vers une petite ruelle à l'abri des regards. Inutile, pensa Roy, les rues étant désertes passées minuit dans ce coin de la ville. Marchant devant lui, fidèle à sa démarche de parfaite mannequin, Thea s'arrêta après plusieurs minutes, estimant l'endroit assez câché.

- Tu voulais me voir donc ? Questionna Thea, qui avait l'air passablement irrité.

- N'est-ce pas normal, après tout ? Tu me manquais...

Et ce n'était pas un mensonge, en soi. Elle lui manquait, vraiment. Malgré la situation. Malgré tout. Parce qu'il l'aimait, de tout son soul. Jamais il ne pourrait en être autrement.

- Ecoute Roy... Je vais être franche avec toi. Je ne suis pas sensée être là. Je ne devrais pas être là.

- Alors pourquoi être venue ?

- Pour toi... Je n'ai pas pu te dire non.

- Thea... Je t'aime tellement, et pourtant... Je ne sais plus qui tu es. Je sais ce que tu as fait. Et malgré tout, je te pardonne. Parce que je sais que ce n'est pas toi. C'est Malcom le coupable et je ne sais pas ce qu'il t'a fait croire mais...

- Tu te trompes, le coupa Thea, d'un ton sec et autoritaire. Toi et Oliver vous trompez sur toute la ligne.

- Comment ça ?

- C'est moi qui ait fait appel à Malcom, pas l'inverse.

- Mais pourquoi ? Demanda Roy, sa voix faiblarde trahissant son étonnement.

- Après avoir découvert que... mon père n'était autre que Malcom Merlyn, j'ai été profondement choqué. Par la nouvelle, bien entendu, mais aussi par le fait que ni mon frère ni ma mère ne m'ait tenu au courant. Je me suis sentie trahis par une famille qui ne cessait d'accumuler mensonge sur mensonge. Et pourtant, je leur avait pardonné. J'étais encore une fille instable, fragile selon les mots de ma mère. Mais je voulais changer, et je savais que ma famille ne l'accepterait pas.

- Mais... Changer pourquoi ? Tu as tout ce dont on peut rêver...

- Sérieusement ? J'en avais marre d'être la petite fille à protéger ! Peux-tu le comprendre, Roy ? Tu jouais les acolytes d'Oliver, ou plutôt devrais-je dire d'Arrow. Mais à l'époque où j'ai contacté Malcom, je ne le savais pas encore. Ma famille me tournait le dos alors que je ne cherchais qu'à m'approcher de l'idéal que je me fixais. C'est alors que j'ai pensé à Malcom. Bien sur, apprendre qu'il était en réalité mon père m'avait fait un choc. Je savais pertinement le mal qu'il avait fait à cette ville. Et pourtant, il fut le seul à m'accepter. Je voulais changer et il m'a tendu la main. Après une longue période de correspondance, je l'ai rencontré. Ma mère l'a apprit, et elle s'est alors mis en tête de me faire rompre tout contact avec cet homme. C'est ce qui m'a poussé à continuer, dans un sens. Puis votre fine équipe fut mise à l'épreuve par la venue dans la ville de Slade Wilson. Malcom et moi avons alors pu nous voir, nous entrainer, apprendre à nous connaitre en toute tranquilité.

- Sais-tu combien cette homme est mal, Thea ? Il a tué plus de cinq-cent personnes dans les Glades ! Il est fou !

- Bien sûr, Malcom n'est pas un enfant de coeur. Mais qu'il l'ait, Roy ? Il a tué ces gens, et encore aujourd'hui il en cauchemarde. Il n'a pas voulu arriver à cet extrême, et pourtant il l'a fait. Mais les regrets ne feront pas revenir ces morts, comme les mensonges n'arriveront pas à réparer le mal qui a été fait. On m'a trop longtemps menti, Malcom fut le seul à être honnête avec moi. Dans un moment où j'en avais cruellement besoin. Il a peut être profité de ma faiblesse, c'est ce que tu dois croire. Mais il n'en est rien. Notre alliance est aussi profitable à lui comme à moi.

- Que veux-tu dire ?

- Vous gardez au fond de vous l'image de la Thea sans défense, pure et innoncente. Détrompe toi, Roy. J'ai du sang sur les mains comme tu en as sur les tiennes.

- Attends... Tu veux dire que...

- Oui. J'ai déjà tué, Roy. Et si c'était à refaire, je le referais.

- Mais... Non. Je ne peux pas croire que ce soit toi qui...

- Je l'ai tué, Roy. Par Malcom ou un quelconque sbire. Moi et moi seule est levée ce poignard et tranché la gorge de cette femme qui se disait ma mère.

Roy pensait devenir fou. Les révélations qui succèdaient lui faisaient perdre pied. Comment une fille si gentille que Thea avait pu devenir un tel monstre ? Pourquoi diable avait-elle tourné ainsi ? Si un quelconque pouvoir pour le faire revenir en arrière, il donnerait tout pour réparer les erreurs commises afin que sa dulcinée redevienne ce qu'elle était.

- Je ne regrette qu'une seule, Roy. C'est que nous ne soyons pas du même côté, toi et moi.

- Nous deux, c'était aussi que du flan ?

- Tout ce que nous avons vécu était vrai, je t'aimais et je t'aime encore. Mais ce combat est au dessus de notre simple relation. Si seulement tu le voyais...

- Mais Oliver est ton frère ! Comment peux-tu lui faire ça ?

- Mon frère est mort il y a sept ans sur cette foutue île ! J'ai du vivre des années sans lui, sais-tu quelle soufrance c'était ? Non, et lui non plus. Et à peine revenu à quoi a-t-il pensé ? A jouer les justiciers pour cette ville pourrie. J'ai appris la nouvelle de la bouche de Malcom. Il m'a raconté leur combat, et plus il continuait à me décrire chaque détail et plus je me rendais compte de ma stupidité. Ca crevait les yeux, pourtant. A chaque fois, il se défilait. A chaque fois, il feintait. J'étais trop aveugle pour m'apercevoir de la machination. Et au fond, je me complaisait dans cette vie d'ignorance. Mais plus maintenant. Plus jamais je ne me ferais avoir. Le mensonge est proscrit, et quiconque tente de me rouler une nouvelle fois, je lui ferais découvrir qui je suis véritablement.

- Tu tuerais ton propre frère ? Et tu tuerais ton propre petit ami ?

Thea ne répondit pas, mais son silence en disait long. Pourtant, dans son regard, Roy lisait le conflit qui rongeait la jeune femme. Il sentait qu'elle ne voulait pas en arriver à cet extrême. Et pourtant, Roy était certain d'une chose. Elle n'hésiterait pas à le tuer s'il le fallait. Et cette pensée lui faisait peur comme jamais.

- Si j'avais voulu te tuer, je l'aurais fait cette nuit-là.

Et puis Roy se souvenu de tout. De sa déculoté dans le manoir des Queen. De ses multiples coup. Il revoyait la jeune femme, et tout paraissait plus clair dans son esprit dorénavant. Elle se tenait devant lui, ne voulant pas aller au combat. Mais il l'avait poussé dans ses retranchements, et elle n'avait fait que lui répondre. Et Thea ne l'avait pas tué, non. Alors qu'elle aurait très bien pu en finir. Elle l'avait seulement mit à terre et s'était enfuit. Elle n'avait pas mis à exécution les ordres de Malcom, qui aurait sûrement apprécié avoir un ennemi en moins.

Alors l'espoir était encore permis. Thea n'était pas une cause définitivement perdu.

La jeune femme s'approcha furtivement de Roy, qui resta figé, subjugué par sa beauté, hypnotisé par son regard. Elle l'avait capturé dès leur première rencontre.

Jamais il n'aurait pu penser entrer dans sa vie, et jamais plus il ne voudrait en sortir.

Ses lèvres rencontrèrent les siennes, dans un baiser chaste et doux.

Puis l'acte se transforma en passion ardent.

La gestuelle accompagnait le désir. Roy poussa la jeune femme contre un mur et l'entoura de ses bras qui avaient gagné en puissance ses derniers mois. Thea aurait pu le repousser, mais elle se laissa faire et prolongea l'instant en plongeant ses mains à travers les vêtements de son amant.

Cela faisait longtemps qu'elle n'avait plus senti sa chaleur, et elle savait qu'elle ne pourrait le faire de sitôt. Elle avait décidé de s'engager sur cette pente, de choisir une voie qui lui paraissait honorable.

Même si cela voulait dire faire des sacrifices.

Même si cela signifiait perdre l'homme qu'elle aimait.

Mais dorénavant elle se battait pour ses convictions. Thea n'était plus l'adolescente frèle qu'elle avait été jadis. Elle était devenue une femme qui s'affirme et qui se bat pour ce qu'elle croit. Mais pour le moment, elle voulait profiter de ce qui se passait. Du dernier instant de bonheur qu'elle pouvait se permettre. Avant de reprendre la guerre.

Alors elle plaqua son corps contre celui de Roy et l'embrassa langoureusement.