NAISSANCE D'UNE ELFE
AUTEUR: Fania a. k. a. Fanfan ou Fanderpg
GENRE: Je dirais aventure et initiation…
BASE: Le Seigneur des Anneaux, en grande majorité.
DISCLAIMER: Les Personnages du Seigneur des Anneaux ne sont malheureusement pas à moi (©Tolkien), pas plus que ceux de Saiyuki (©Kazuya Minekura) que Thylios, Mercury, Asp et leurs enfants (©Snapesnogger snapesnogger. Deviantart. com -sans espaces) ou les autres membres de Harems (© à leurs créateurs respectifs)
NOTE DE L'AUTEUR: Après une petite période principalement consacrée à TRC, me voici de retour (pour vous jouer un mauvais tour) dans la section LOTR avec ce nouveau chapitre… Disons riche en émotions.
Bonne lecture
MISE EN PAGE:
-En italiques Sont les actions dans le salon, comme les pauses et interruptions, par exemple.
-En gras Les paroles prononcées en Anglais.
-En normal, l'histoire telle que la raconte Fania.
REPONSE AUX REWIEWS:
Moby : Bah... Comme tu vois, on s'approche de la fin de la Fic. L'épilogue est tapé dazns mon Didi y'a plus qu'à le poster la semaine prochaine...
Chapitre VIII :
Impossible.
Pour nous toutes, il était impossible que le rêve se termine si brusquement. C'était si… injuste! Tellement douloureux, tellement horrible… ma gorge se serrait, et les larmes me brûlaient les yeux. J'avais envie… je ne savais pas ce dont j'avais envie. De tout casser, de hurler, de pleurer, de cogner quelqu'un… tout plutôt que de me laisser submerger par l'océan de désespoir qui s'étendait devant moi…
Sans les regarder, je savais que mes amies étaient dans le même état que moi. Et je savais qu'elles aussi cherchaient un moyen de se convaincre que ça irait mieux.
"C'est pas grave. Lâcha Elroha. On savait que ça finirait. C'est l'heure, on a plus qu'à reprendre une vie normale."
Je relevais la tête et l'observait. Elle parlait calmement, avec un sourire aux lèvres, mais ses mâchoires étaient crispées, et les jointures de ses doigts étaient blanches, tant elle serrait les poings.
"yep, acquiesçais-je, consciente que c'était la seule solution. Il n'y a pas de quoi en faire tout un plat. C'était un joli rêve, c'est tout."
Par un accord tacite, nous décidâmes de nous conformer à ce mensonge. Mentir. Nous avions l'habitude. Nous mentions depuis un an déjà. Sur les raisons de notre fatigue, de nos changements de taille, de comportement, de langage… nous mentions sur nos origines, les relations que nous entretenions avec les hommes qui partageaient nos vies…
Mentir pour s'en sortir. Mentir pour survivre. Ce que nous nous apprêtions à faire n'était guère différent de ce que nous avions fait toute l'année précédente. Seulement, cette fois-ci, c'était avant tout à nous même que nous allions devoir mentir…
Les deux semaines suivante donnèrent l'impression d'être joyeuses et agitées. En vérité, elles furent maussades. Pleines de mensonge, de faux gestes et de larmes contenues.
Nous reprîmes nos vies d'avant, continuant à nous téléphoner régulièrement, mais sans plus jamais aborder le sujet de notre aventure.
Pour ne pas perdre pied, nous trouvâmes de nouvelles activités. Quelque chose qui nous occupait l'esprit et nous empêchait de trop ressasser nos idées noires.
Pour moi, ce fut la gigue et les claquettes irlandaises. C'était fatiguant, rigoureux, et cela exigeait toute mon attention et ma concentration: exactement ce dont j'avais besoin.
Cela me satisfit un temps. Mais comme les autres, mes pensées finissaient par me ramener à la terre du milieu. Nous ajoutâmes de nouvelles activités à nos cursus. Nous nous y consacrions avec toute l'énergie du désespoir, ce qui nous permit de progresser rapidement, mais sans joie.
Autour de nous, nos amis, nos familles s'inquiétaient de la disparition progressive de nos vies sociales. Il est vrai que nous ne voyons plus personne où presque en dehors de nos différentes séances de sport, danse dessin et autres, et que cela avait de quoi faire peur…
Le temps passa. Nous avançâmes dans nos vies, principalement professionnelles, donnant le change en permanence, mentant toujours et à tout le monde, mais plus encore à nous même.
Pendant un an, nous avons réussit à maintenir l'illusion, nous enfonçant plus profondément chaque jour dans les méandres de la dépression, jusqu'à ce qu'un évènement tragique ne vienne nous secouer.
Il était à peu près quatre heures du matin, et mon portable sonnait avec insistance depuis deux bonnes minutes lorsque je me décidais enfin à décrocher.
"Quoi? Fit-je d'une voix pleine de mauvaise humeur.
-Wendy est à l'hôpital. M'annonça la voix paniquée d'Ellada. Elle s'est tranché les veines."
Je me redressai dans mon lit, totalement catastrophée.
"Quoi? Mais… quand… pourquoi… Et… elle est…
-Elle est en observation. Pour l'instant on ne sait pas si elle va s'en tirer ou pas. Ils l'ont mise en coma artificiel.
-Tu… tu as prévenu les autres?
-Vi est à côté de moi, me répondit mon amie d'une voix étranglée. Elle est avec Laess. Estel doit arriver cet aprèm, j'irais la chercher à l'aéroport. Elle devait venir depuis longtemps de toute façon. Cala est au courant. On a pas encore eu Cala et Ael…
-Je vais voir si j'arrive à choper Cala. Dis-je en enfilant mes lunettes. J'essaierais de venir vite. Ajoutais-je. J'ai mis des sous de côté pour cet été, mais je peux avancer le voyage.
-Tu fais comme tu veux. Répondit Ellada. Tu as aussi des obligations en France.
-Le bac ça se repasse."
Je discutais encore un instant avec Ellada, avant de raccrocher. J'étais secouée. Honnêtement, j'avais moi-même songé une fois ou deux à cette éventualité, mais jamais au point de le faire. Jamais de manière vraiment sérieuse. La simple pensée de mourir m'avais toujours fait assez peur pour me dissuader de mettre ce genre de choses en pratique… quel degré de désespoir pouvait avoir atteint Wendy pour en arriver à une telle extrémité? Allait-elle seulement survivre?
Je quittais ma chambre et gagnais l'entrée, ou je composais le numéro de Caladwen sur le clavier du téléphone fixe. Plus j'y pensais, et plus je me disais que nous avions définitivement besoin de nous retrouver toute les neuf, et surtout d'arrêter de nous voiler la face.
Nousne pouvions pas vivre comme si rien ne s'était passé. Et je savais que les autres l'avaient compris aussi. Malheureusement, pour cela, il avait fallu que Wendy se retrouve à lutter avec la mort.
Tout en reposant le combiné après avoir annoncé la nouvelle à Caladwen, je sentis les larmes me monter aux yeux, et les laissait couler sans rien dire. Il n'y avait rien à dire de toute façon. Nous nous étions plantées en beauté. On avait juste… merdé. A un point inimaginable.
Ce fut ainsi que me trouva ma mère: debout près du combiné, en train de vider toutes les larmes que je retenais depuis une année entière. J'avais maintenant atteint mes dix-huit ans, et pouvais ainsi prendre l'avion sans l'approbation de mes parents, ce qui constituait un avantage non négligeable dans ma situation. C'est aussi la raison pour laquelle, lorsque j'annonçais mon départ pour le Québec aussitôt que possible, ce fut sans considération pour l'avis de mes parents.
Le lendemain était un lundi. Mon avion ne partant que le mercredi suivant, j'allais devoir bouillonner pendant deux jours sur les bancs de l'école.
Ma semaine commençait avec le cour de sport, qui à cette période de l'année constituait en deux heures de volley-ball.
Nerveuse et inquiète pour Wendy, je me montrais redoutable, déconcentrée, et redoutable. A force de frapper dans le ballon avec toute ma rage, je finis par assommer Aurore, ce qui me valut un renvoi de cour et l'interdiction formelle de retoucher à une balle.
Bien sur, je m'en voulais d'avoir blessé ma camarade de classe, mais je n'allais point m'excuser. Je savais que si j'y allais, j'aurais finit par m'énerver, et ça n'aurait pas été une bonne chose.
Je me retrouvais donc dans les vestiaires féminins du gymnase, en attendant la fin du cour. Je profitais de cette période pour passer sous le jet glacé de la douche, avant de ressortir, complètement trempée mais un peu moins stressée.
"Claire! Appela la voix de Fleur derrière moi. Attends nous!
-Oh… Désolée.
-Qu'est-ce qui se passe? M'interrogea Laureen. T'as a moitié assommé Aurore tout à l'heure…
-Désolée. Répétais-je.
-Dis-nous ce qui ne vas pas, insista Aurore, on peu peut-être t'aider…
-Je ne crois pas non.
-Mais dis nous au moins ce qui se passe bon sang! S'emporta Fleur.
-Une de mes amies a essayé de se suicider. Pour le moment elle est en coma artificiel, mais on ne sait pas si elle va s'en sortir. Je pars au Québec mercredi pour aller la voir à l'hôpital."
Un silence gêné et surpris suivit ces paroles. Aurore, Fleur et Laureen stoppèrent un instant, mais je continuais de marcher sans les attendre.
"Mais… fit Fleur en me rattrapant, vous savez pourquoi elle a fait ça?
-Oui. Mais si je te le dis tu vas me traiter de folle.
-Et tu comptes rester combien de temps à Montréal? Interrogea Aurore.
-J'en sais rien. Ca va dépendre de l'évolution de la situation, je suppose. Je me dis que Wendy est plus importante que mon Bac. Si je rate mon Bac, je pourrais encore me regarder dans un miroir après. Pas si je ne fais rien.
-Ca ne changera rien que tu sois ici ou la bas… me dit doucement Laureen.
-Si. Affirmais-je. Peut-être que ça n'aidera pas beaucoup Wendy, parce qu'après tout elle ne sera peut-être pas consciente de notre présence. Mais ça aidera mes amies, et ça m'aidera moi. On a besoin d'être toutes les neuf la bas. Si je n'y vais pas, je ne pourrais plus me regarder dans une glace.
-Et… Tu es la seule à partir?
-Es… je veux dire Aisha est déjà la bas, parce que c'était prévu de longue date qu'elle y ailles. Lucie et Elodie partent par le même avion que moi. Albane et Clémence nous rejoindront ce week-end.
-Donc, il ne nous reste plus qu'à dire Amen. Constata Fleur.
-vous n'êtes pas obligées. Répondis-je. Mais vous ne pouvez pas m'empêcher de partir."
Nous gagnâmes le lycée en silence et, le mercredi, je m'envolais pour Montréal.
Depuis que je connaissais les membres du Poney Fringant, j'avais souvent eu envie de visiter le Québec. Jamais je n'aurais imaginé m'y rendre dans des circonstances pareilles.
Heureusement, Caladwen et Aéléa m'accompagnaient, sinon je crois que j'aurais finit par tout casser dans l'avion. Nous passâmes la plus grosse partie du temps à discuter de notre situation, de nos désirs, nos peurs… mais nous évitâmes soigneusement d'évoquer l'hypothèse la plus terrible.
Il était clair pour nous que Wendy n'avait pas le droit de mourir…
Notre amie resta dans le coma pendant trois semaines, jusqu'à ce que les médecins considèrent que son état de santé était stabilisé. Au moins, ses jours n'étaient plus en danger.
Les huit d'entre nous en bonne santé se relayaient auprès de Wendy par groupes de deux, ne la laissant seule ni de jour ni de nuit.
Parfois, ironiquement, je me disais que tout ça ressemblait fichtrement aux films américains, ou le héros veille son meilleur ami au point de s'en rendre malade de faim et d'épuisement. Mais finalement, notre situation était relativement proche de celle ci.
Je crois qu'au fond, nous nous sentions toutes un peu coupables, plus ou moins consciemment. Je suppose que c'est quelque chose de normal.
Donc, nous veillions. Et puis un soir, alors que c'était mon tour et celui de Laessiel de rester pour la nuit, nous entendîmes du bruit dans un placard à balais non loin.
Je tendis l'oreille et reconnu des bruits de chevaux étouffés. Convaincue d'avoir affaire à des hallucinations auditives, je tournais les talons, prête à me rendormir sur ma chaise.
Je me réinstallait et gigotait quelques instants, sans pouvoir me calmer. Finalement, je décidais de réveiller Laessiel, malgré les superbes cernes violettes qui soulignaient ses yeux.
Ignorant ses grognements, je lui expliquais la situation, et nous nous retrouvâmes plantées devant la porte du placard sans oser la pousser.
"Qu'est-ce qu'on fait? Interrogeais-je. On ouvre?
-Et si jamais… si jamais c'est pas un rêve, on fait quoi?
-Bah… on téléphone aux autres. Dis-je. Et on décide toutes ensemble ce qu'on fait."
Laessiel hocha la tête et, à trois, nous poussâmes la porte. Les premières secondes, nous ne vîmes qu'une vaste étendue bleue unie. Puis, baissant les yeux, nous vîmes que nous flottions au dessus du sol, à environ dix mètres d'altitude. Sous nos pieds coulait un large fleuve, un bac faisant le passage non loin en aval.
Sur la gauche s'étendaient des champs à perte de vue. A droite, une large route pavée serpentait jusqu'à une ville, plus loin vers l'horizon.
"Avance, sale bête! Tu vas avancer oui! Espèce d'âne bâté!"
Je me tournais vers Laessiel qui arborait le même air de joie incrédule que moi. Cet accent, nous l'aurions reconnu entre mille.
Sans parler, nous refermâmes la porte et regagnâmes la chambre. La, aussi doucement que je le pouvais, je réveillais Wendy, tandis que Laessiel téléphonait à nos amies.
"…Fanfan? Murmura Wendy avec difficulté lorsqu'elle ouvrit les yeux. Qu'est-ce que…
-Quand Ellada et Salvi nous on dit que tu t'étais taillé les veines, on a toutes décidé de venir. Répondis-je doucement. On a fait une belle boulette en pensant qu'on pouvait oublier tout ce qu'on a vécu la bas. On aurait dû s'en rendre compte avant que tu fasses ça.
-…Je… ne pensais pas… que vous devineriez…
-J'y ais pensé aussi. Expliquais-je. Je ne l'ai jamais fait, mais ça ne veux pas dire que ça ne m'a jamais effleuré… ça ne m'étonnerais pas qu'on y ait toutes pensé…
-Les autres arrivent. Annonça Laessiel en chuchotant par-dessus mon épaule. Elle ne savent pas pourquoi. Je me suis dit qu'il fallait garder la surprise.
-Une surprise… comment ça?
-Une bonne surprise. Dis-je en lui faisant un clin d'œil. Une très bonne surprise même. Ajoutais-je tandis que je percevais des hennissements lointains."
Nous attendîmes une demi-heure avant que les autres ne nous rejoignent. Puis, sans attendre, nous les mîmes au courant de la situation. Lorsque nous eûmes finit de leur exposer la situation, le silence s'abattit sur la chambre.
Ce fut Salvi qui le brisa la première.
"Apparemment, dit-elle lentement, il faut qu'on fasse un choix…
-Entre ici et la bas?
-Oui.
-Mais… Wendy se redressa péniblement. Et nos parents? Nos familles, nos amis? Ca veut dire les laisser en plan!"
Quand je repense à cette phrase aujourd'hui, je me dis que finalement, la discussion qui a suivit n'a fait que retarder l'inéluctable. La dernière phrase de Wendy sous-entendait que, consciemment ou pas, son choix était déjà fait.
Nous devisâmes une bonne partie de la nuit, en un débat décidé d'avance pour savoir ce que nous voulions faire.
Finalement, après avoir écrit un certains nombre de lettres destinées à nos entourages expliquant pourquoi nous disparaissions et qu'il ne fallait pas s'en faire pour nous, nous nous vêtîmes et nous mîmes face à la porte du placard à balais.
Caladwen, Ellada et Elroha furent les premières à sauter. Wendy les suivit, et elles la rattrapèrent avant qu'elle ne touche le sol. Laessiel, Salvi, Estel et Aéléa rejoignirent les rives du Brandevin de la même manière.
Il ne restait plus que moi. Je restais un instant silencieuse, contemplant le couloir de l'hôpital qui se teintait doucement des couleurs de l'aube, tandis que celles du crépuscule recouvraient la Terre du Milieu et son manteau de neige.
"Namarië, murmurais-je. Je rentre chez moi…"
Je me tournais, face à la porte puis, prenant mon élan, je bondis.
Je m'enfonçais brusquement dans les eaux glacées du Brandevin, retenant ma respiration. Lorsque je remontais, trempée jusqu'aux os, les cheveux devant les yeux, je pu constater que l'ouverture dans le ciel avait disparu.
Nous nous mîmes en route et, tandis que nous marchions, je respirait l'air avec délectation.
Les bois, les champs, l'absence de bruits de moteur et de gaz d'échappement, le bruit des oiseaux nocturnes, tout autour de nous me hurlait que j'étais chez moi…
