Nouveau chapitre depuis le Pc âgé (qui a retrouvé une nouvelle jeunesse grâce aux 46 *46!* mises à jour qu'il a faites durant la nuit). Où le vendeur d'enfants apparaît. J'espère que cela vous plaira et que cela ne vous embrouillera pas trop. Si c'est incompréhensible ou que certains détails ont été omis, vous pouvez me frapper à coup de gourdin dans les reviews. Gros bisous à vous.
-Vous.
Ce mot eut l'impact d'un coup de poing dans le sternum de l'agent spécial. Lui ? Pourquoi tuerait-il ce gamin ? Il se releva et s'apprêtait à partir quand une main se referma sur son poignet.
-Gibbs.
-Tu es le premier à me demander de l'exécuter, tu le sais, ça ?
-Les autres ne savent pas choisir leur bourreau, c'est tout.
Gibbs tenta de se dégager de la main de son interlocuteur, mais ce dernier avait de la poigne, et lui-même n'était pas vraiment motivé à l'idée d'interrompre leur conversation. Il décida de changer de sujet : le soliste relâcha son poignet.
-Pourquoi avoir tué le Caporal Karoll ?
-Un marchandage qui tourne mal, comme bien souvent.
-Vous rachetez souvent les secrets de l'armée ?
-Ca dépend du secret.
-Les codes d'accès du Pentagone ?
-Ca, c'était pas nous. C'était les Albaniens.
-Donc, vous ne savez pas où ils sont ?
-Ne me faites pas dire ce que je n'ai pas dit.
-Donc, tu sais où ces dossiers sont ?
-Pour être plus exact, je sais où se trouve la clé pour les décrypter.
-Et où ce trouve cette clé ?
-Vous le saurez en temps voulu.
-C'est-à-dire ?
-Quand vous aurez accepté de me descendre.
Gibbs savait bien qu'il allait regretter amèrement. Mais il n'avait pas vraiment d'autres possibilités. Et puis, accepter un contrat ne signifiait pas l'honorer !
-Admettons que je le fasse, qu'est-ce que tu aurais à m'apprendre.
-Pas maintenant : Magnum gare sa voiture !
L'ex-marine fronça les sourcils avant de se tourner vers l'écran pour voir le célèbre moustachu braquer le volant et redresser ses roues à l'issue d'un demi-tour parfaitement réussi. Comment ce type pouvait-il être l'idole d'un gamin élevé au pop-corn ? Il resta silencieux jusqu'à ce que l'homme sorte du véhicule, un peu surpris de l'intérêt quasi-religieux que son voisin portait au personnage. A moins que ce ne soit à l'acteur.
-Vous deviez vous asseoir.
Il avait dit ça d'une voix lasse, et ce n'est qu'à cet instant que Gibbs remarqua la fatigue sur les traits du jeune homme. Il était difficile de lui donner un âge car il n'arrêtait pas d'attirer l'attention sur une foule d'autres détails, mais il avait l'air terriblement jeune et fragile assis là, à planifier sa propre mort. Quelque part, l'adulte se sentait coupable de voir que la situation ne lui permettait pas de fournir une solution à ce gamin. Coupable, et impuissant.
Il décida alors de se rasseoir, au moins pour écouter ce qui serait certainement l'une des dernières conversations que ce gamin pourrait tenir.
-Si vous acceptiez de me tuer, je pense que je vous dirai que j'ai remis la clé USB contenant la clé et les codes à l'agent Burley. Enfin, je dis ça, j'en sais rien. Vous voulez bien me tuer ?
Il affichait un sourire timide mais engageant, et Gibbs ne prit même pas la peine de répondre. Il attrapa son portable et entreprit de chercher le menu "sms" dans son téléphone... sans grand succès. Il poussa un grognement auquel un léger rire répondit : le soliste tendait la main, prêt à taper le sms. Gibbs lui fourra l'hérésie technologique dans les mains. Le plus jeune pianota quelques secondes avant de se tourner à nouveau vers lui, prêt.
-Qu'est-ce que je lui mets, au menteur ?
-Demande-lui ce qu'il a fait de la clé USB.
-Ah... Bah, en fait, je ne la lui ai pas vraiment remise en main propre vous savez...
L'enquêteur fronça à nouveau les sourcils.
-Je lui ai glissée dans la poche. A l'église.
Le plus âgé acquiesça, prouvant ainsi qu'il avait compris. Le mafieux tapota quelques secondes et rendit le téléphone à son propriétaire.
-Voilà. Maintenant, on peut parler du meurtre de votre marine si vous voulez ?
-Et pourquoi pas de ton plan ?
-Depuis quand est-ce que vous faîtes des suggestions ?
La suite de la conversation permit à l'agent spécial Gibbs d'apprendre que le marine avait été suivi pendant deux semaines avant sa mort par les membres de la mafia, et que le Soliste (quel autre nom pouvait-il lui donner pour l'instant ?) avait passé une nuit entière dans une benne à ordure avec micro et lunettes thermiques pour le surveiller, ce qui n'avait pas été du goût de l'intéressé.
-Franchement, les poubelles Gibbs. C'était particulièrement de mauvais goût.
Il apprit aussi que le Soliste avait assisté à l'exécution trois jours plus tard, alors qu'il rentrait chez lui.
-Ce qu'il faut savoir, c'est que le lieu d'une exécution a toujours une signification. Le faire flinguer juste devant notre propriété, ça veut bien dire que mon père va se faire fumer. C'est une déclaration de guerre. Et je ne compte pas la perdre.
Il ne demanda pas pourquoi le gamin s'acharnait-il à défendre un homme qui, visiblement, n'en ferait pas autant pour lui. Il n'était pas sûr de pouvoir comprendre la réponse.
-Si je vous demande de m'abattre, c'est simplement pour détourner une des règles de la mafia.
-A savoir...?
-Le sang d'un des membres de la famille doit être versé. Si je meurs, ils ne pourront pas exécuter mon père, puisque l'un de leurs employés issu de cette lignée sera déjà mort.
-Et tu comptes profiter de la situation pour les tuer, eux aussi ?
-Ca ? Non. J'ai juste envie de nettoyer un peu la ville. Ca me tuerait de les savoir à mon enterrement.
-Juste une chose...
-Oui ?
-Si je suis celui qui te tue, en quoi ton père sera-t-il protégé ?
-Très bonne question. C'est tout simple.
Il avala encore un peu de pop-corn avant de répondre.
-Sans moi, il restera dans la mafia.
-Et ses dettes ?
-A ma mort, il sera indemnisé assez pour pouvoir redémarrer à zéro.
-Et par qui ?
-Par l'Etat. Et le comptable de Vixenzo.
Abigail Sciuto et Stan Burley lurent et relurent avec la même stupéfaction le sms, sans fautes, de leur patron. Non seulement l'aspect, mais également le contenu, eurent raison de leur curiosité. Stan dévala les étages du NCIS pour remonter sa veste au labo et en fouiller les poches avec Abby.
-Ne bouge pas Stan !
-Pourquoi ?
-Je veux les empreintes de ce type !
-Pourquoi ?
-Parce que Gibbs devait dîner avec moi ce soir, et qu'à la place, il est au cinéma avec cet illustre inconnu.
-Jalouse ?
-non, mais j'ai une théorie à prouver !
Elle enfila une paire de gants pour ne pas altérer les empreintes sur la clé et se mit au travail...
La projection avançait. Et avec elle, Gibbs en apprenait un peu plus sur le trafic entre l'armée et la mafia. Enfin, les mafia. Albanaise, Italienne, Mexicaine, Coréenne, ... toute une foule de réseau peuplaient la ville. Un vrai labyrinthe. Et ce gamin le connaissait comme sa poche.
-Quand comptes-tu passer...
A l'acte ? L'arme à gauche ?
-De vie à trépas ? J'aurais bien dit tôt demain, mais l'avocat de mon père ne travaille pas le matin, alors... demain après-midi vers seize heures ?
-Ce n'est pas un peu tôt ?
-On sera prêt. Allez au parc demain matin à l'ouverture des grilles. Je vous attendrai.
-Je dois venir seul ?
-Prenez Burley si vous voulez. Je n'ai pas choisi le parc pour rien. Il y a des jeux pour enfants.
Gibbs retint à peine son sourire et acquiesça. Le soliste pensait qu'il allait partir, mais Gibbs s'installa un peu plus confortablement dans son siège. Il allait rester ce soir. L'enquête attendrait. Il piocha une poignée de maïs et ignora le regard faussement indigné de son voisin. Ils avaient, l'un comme l'autre, besoin de compagnie. Car la journée à venir s'annonçait plus que difficile et que, au coucher du soleil, malheureusement, l'un d'entre eux ne serait plus là.
