Chapitre 10 : Plénitude
POV Bella
L'obscurité régnait dans la petite chambre d'Edward, et un silence juste troublé par le bruit des branches d'arbres balayées par le vent et la pluie qui frappait contre la vitre pesait sur la pièce.
J'étais allongée toute nue entre ses draps, la tête enfuie dans l'oreiller, le corps à quelques centimètres à peine de celui d'Edward. Il m'avait tenue longtemps dans ses bras, tout contre lui dans une étreinte protectrice et possessive, puis quand il avait cru que je m'étais assoupie, il s'était doucement détaché de moi et n'avait pendant un long moment rien fait d'autre que me caresser les cheveux.
Je lui tournai le dos, mais je pouvais savoir avec certitude qu'il ne dormait pas, sa respiration n'était pas aussi calme et détendue que quand il rêvait. Je l'imaginai sans peine, juste à côté de moi, les yeux rivés sur le plafond, cherchant désespérément le sommeil, mais trop rongé par ses préoccupations que pour le trouver. Il était une époque, où j'avais été habituée à attendre la fin de ces longs moments d'insomnie. Je savais pertinemment ce qu'il brûlait de faire en ce moment, et je me demandais ce qu'il attendait pour céder à cette envie et se vider la tête.
Les minutes passèrent, longues et pesantes, où je continuai de jouer mon rôle d'endormie pour lui laisser l'intimité dont il avait besoin. Finalement, il céda et s'extirpa délicatement du lit et j'entendis le bruit faible et si particulier d'une guitare qu'on libère de son pied. Il revint s'asseoir sur le lit et il accorda son instrument, enfin il commença à jouer doucement, un morceau en arpége, beau et mélancolique.
Je l'écoutai patiemment, sans bouger, faisant semblant de dormir, comme je l'avais déjà fait des dizaines de fois quelques années auparavant. La musique d'Edward trahissait toujours ses émotions, et durant plus d'une année elle avait été mon indicateur sur ses états d'âmes, m'indiquant sans erreur l'état émotionnel dans lequel il se trouvait, m'éclairant parfois sur ses inquiétudes et les choses qu'il préférait garder pour lui.
Ce soir, la musique était certes un peu mélancolique, mais on entendait également du bonheur dans la mélodie et… une pointe d'espoir ? Espérait-il que tout ne s'arrête pas là entre nous ? Etait-il heureux que nous nous soyons retrouvés ? Appréhendait-il la suite des événements ? C'est ce que la chanson semblait dire, et mon rythme cardiaque s'accéléra à cette constatation, car c'était exactement ce que j'éprouvais également.
Je me laissai bercer par la mélodie qui faisait vibrer chaque centimètre carré de mon corps et qui m'émouvait presque aux larmes quand j'entendis la voix un peu éraillée d'Edward fredonner des paroles sur l'air de la chanson. Je dus tendre l'oreille pour les entendre et comme je les comprenais mal je me retournai dans le lit pour mieux écouter ce qu'il chantait. Il cessa aussitôt de jouer, posant son instrument sur le sol et se tournant vers moi.
- Bella, murmura-t-il comme pour s'assurer que je dormais.
Je décidai que j'avais assez joué la comédie pour cette nuit et je lui répondis d'un faible « oui ».
- Excuse-moi de t'avoir réveillé, chuchota-t-il en se penchant vers moi pour caresser ma joue.
- Je ne dormais pas réellement…
Il s'appuya sur un coude pour pouvoir se pencher un peu plus sur moi et poser un baiser sur mon front.
- Que jouais-tu, demandai-je en me redressant doucement tout en enroulant le drap blanc autour de mon corps.
- Rien d'important… Juste un truc comme ça…
- J'aimais beaucoup… C'était de toi ?
- Euh, ouais. Mais ce n'est pas si bien que ça…
- Rejoue-la pour moi, s'il te plait, suppliai-je doucement.
Il hésita un instant avant de se rasseoir au bord du lit, me tournant le dos, il repris sa guitare et se remis à jouer le morceau. Je me rapprochai de lui, posant ma joue sur son épaule nue, perdue dans ce qu'il me jouait.
Il se remit à fredonner de sa belle voix légèrement enrouée les paroles que j'avais eu des difficultés à entendre plutôt.
Tu me demandes si j'ai envie d'une cigarette
Il est deux heures du matin, nous sommes dans un lit
Dans une ville, dans un hôtel où personne ne nous entend
Où personne ne nous connaît, où personne ne nous dérange
Par terre, il y a un pichet de vin
Et des vêtements peut-être à toi ou à moi
Le crépuscule, la radio basse
Et cette nuit est tout ce que je peux attendre d'une nuit
C'était une nuit qu'on croise uniquement dans les films
C'était une nuit, chantée dans les plus belles chansons
C'était une nuit, je ne peux pas croire que ça me soit arrivé
Mais cette nuit, je la passe avec toi
Et je suis fasciné par toi
- Voilà, dit-il en arrêtant de jouer, ça me semblait juste correspondre à l'instant…
Je ne répondis rien interdite par la beauté de cette chanson et par tout ce qu'elle avouait. Il reposa sa guitare et caressa ma joue qui n'était pas appuyée sur son épaule tandis que je calais un peu plus mon torse contre son dos en glissant mes bras alentour de sa taille.
- C'est très beau, articulai-je finalement.
- Pas tant que ça, c'est encore maladroit.
- C'est une des meilleures choses que je t'ai entendu composer…
- Merci, souffla-t-il en posant un baiser sur mon front.
Il se dégagea doucement de mon étreinte pour se retourner et me prendre dans ses bras. Il m'allongea délicatement en travers du lit et il vint ensuite se blottir contre mon corps glissant une jambe entre mes cuisses avant de caresser mon mollet de s'emparer du creux de mon genoux pour remonter une de mes jambes sur sa hanche.
Il posa son front contre le mien et soupira doucement.
- Tu sembles inquiet, murmurai-je en caressant tendrement ses cheveux soyeux.
- Je… Non… Enfin…
Je fis descendre mes caresses sur sa nuque et ses clavicules que je massai délicatement avant de faire courir mes doigts sur son torse parfait.
- Détends-toi, lui murmurai-je en continuant mes caresses.
- Est-ce que…
- Oui ?
- Est-ce que tu as déjà vécu une nuit aussi parfaite, Bella ?
- J'ai déjà passé de très belles nuits dans tes bras, mais celle-ci ne ressemble à aucune autre…
Il s'empara d'une mèche de mes cheveux et l'entortilla alentour de son doigt.
- Est-ce que c'est juste le sexe qui fait ça ?
- Non ! Bien sûr que non !
J'étais blessée tout à coup.
- Qu'est-ce que tu t'imagines ? Je veux dire… C'était parfait et il n'y a que toi pour me faire autant de bien, mais est-ce que tu crois réellement qu'il n'y a que ça qui compte pour moi ?
- Ce n'est pas ce que je veux dire… Je voudrai juste savoir, s'il y a quelque chose de particulier qui te retient ici cette nuit.
- Tu sais ce qui me retient ici… C'est toi, soufflai-je en caressant son visage.
- Et qui suis-je pour toi, Bella, demanda-t-il tendrement en me serrant un peu plus fort.
Je fus décontenancée par sa question et je ne sus que répondre. Il semblait apparemment attendre ma réponse avec beaucoup d'intérêt, car je sentais son regard vrillé sur moi.
- Je… Je ne sais pas… Je crois que n'importe quelle personne que tu désirerais devenir pour moi me satisferait à partir du moment où tu es auprès de moi… Je suis de nouveau trop accro à toi que pour ne pas souffrir quand tu es loin, avouai-je d'une voix hésitante.
Il enfuit son visage dans mon cou et je sentis son sourire contre ma peau, il ne répondit cependant pas, s'obstinant à embrasser ma gorge et mon décolleté.
- Et toi ? Qui voudrais-tu être pour moi, demandai-je en prenant son visage entre mes mains pour être sûre qu'il fût attentif à ma question.
Il sembla réfléchir un instant et répondit.
- Je ne me contenterai pas d'être n'importe qui pour toi... Je veux être la personne qui compte le plus, et uniquement cette personne. C'est sans concession, expliqua-t-il en posant des baisers sur le haut de ma poitrine.
- Je… D'accord. Mais c'est ce que tu as toujours été pour moi, malgré tout ce que j'ai pu penser pendant longtemps.
Il posa sa bouche sur la mienne et m'embrassa langoureusement, avant de dire :
- Je t'aime, Bella…
J'essayai d'articuler une réponse cohérente, mais il ne m'en laissa pas la possibilité, écrasant de nouveau sa bouche sur la mienne tandis que ses mains cherchaient mes seins et les massaient délicatement dans leurs paumes ou faisaient rouler mes tétons sous ses doigts.
Ses doigts descendirent le long de mon corps jusqu'à mon bas ventre et mes hanches qu'ils caressèrent longuement tandis qu'Edward torturait le bout de mes seins de sa langue chaude et sensuelle. Une de ses mains glissa jusqu'à mon intimité dont elle s'empara et je sentis bientôt son index dessiner des cercles plaisants sur l'endroit le plus sensible de mon sexe. Je perdais la tête et lorsque deux de ses doigts me pénétrèrent, j'y pris du plaisir, mais je ne fus pas longue à le réclamer lui. J'avais de nouveau besoin de le sentir en moi, de ne faire qu'un avec lui, de sentir qu'il n'y avait rien au monde qui ne comptait plus que moi dans ses bras même pour un court instant.
Ce ne fut que lorsque son corps fatigué s'échoua délicatement sur le mien dans un ultime coup de hanche que je pus lui murmurer à quel point je l'aimais aussi.
Fin du chapitre 10
Chapitre court, mais pas inutile, c'est un peu un chapitre à part que je ne pouvais pas coller avec le précédent ni avec le suivant dont l'humeur sera plus légère, je pense (Emmett et Alice sont de retour donc…).
Je crois que vous m'avez déclaré l'auteur sadique de la semaine voir du mois d'après vos reviews, mais ne vous inquiétez pas, nos amoureux ont quand même quelques instants de bonheur à vivre avant que la situation ne se retourne. Je ne suis pas si méchante. Et puis, elle va se retourner pour mieux se rétablir, évidemment ! Sinon, ça n'a pas de sens.
J'ai été impressionnée, quelques lectrices ont mis partiellement le doigt sur ce qui allait se passer. Deux lectrices ont trouvé la réponse à elles deux, autant dire que j'étais un peu déçue, lol.
Pour la chanson, c'est une traduction approximative et inspirée de Het is een nacht de Guus Meeuwis. C'est pas la meilleure chanson de l'année quoi que je trouve la mélodie plutôt jolie, mais les paroles sont en néerlandais, c'est plutôt peu gracieux pour une oreille pas habituée. Mais les paroles correspondaient à la situation alors, voilà. Allez voir sur Youtube si ça vous branche.
Je voudrais ajouter un énorme merci à tous les reviewers en or massif qui m'écrivent et m'encouragent ! Vos commentaires sont simplement la meilleure récompense pour ce que je fais, je n'en voudrai pas d'autre. Un grand merci…
