Et voici la suite !
Midna-88 Merci pour tes encouragements, ça me fait plaisir de voir que j'ai une lectrice si assidue ! Désolé si je mets un peu de temps pour poster la suite, j'ai été un peu pris par mes occupations d'étudiant ces derniers temps ! Mais voilà donc la suite tant attendue, enjoy !
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9
L'attaque nocturne
Une fois son forfait accompli, l'inquiétante silhouette se releva, toujours aussi calmement, et se dirigea lentement vers les lits de Stany et Corny, horrifiés du spectacle qu'ils venaient de voir. Son poignard toujours à bout de bras, l'homme se baissa sur le lit de Corny…
Il y eut alors soudain un bruit sourd, mêlé à un son de vaisselle cassée et à un râle rauque.
Puis, la porte de la chambre s'ouvrit à la volée et la lumière de l'extérieur éclaira la pièce.
L'intrus était allongé sur le lit de Corny, assommé. Ce dernier, coincé sous le corps, essayait tant bien que mal de se dépêtrer sous le regard paniqué de Stany. Tout autour d'eux gisaient les débris d'une assiette.
Et dans l'encadrement de la porte grande ouverte se dessinait la silhouette de… Link !
Il se précipita vers le lit de Corny et l'aida à se dégager, tandis que Stany, ébahi, bégayait :
- Toi… Link… Vivant ? Mais je l'ai vu !… Je viens de voir… Il t'a tué !
- Au lieu de dire n'importe quoi, viens donc m'aider à dégager Corny de là, répliqua Link. Ce type pèse son poids !
Mais Stany restait là sans bouger, et continuait à bredouiller :
- J'avais raison, tu es devenu invincible !... Parce que tu es… Parce que tu es devenu un loup-garou !… Ce n'est pas possible autrement !... Il n'y a pas d'autres explications !
Agacé par ces propos, et ne bénéficiant pas de l'aide dont il avait besoin, Link remua un peu trop brusquement le corps de l'intrus, ce qui eut pour effet de le réveiller. D'un revers de main, il poussa Link en arrière et se releva vivement.
- Je ne sais pas comment tu as fait ça, mais tu vas le regretter ! rugit-il, avant de se jeter sur Link, les mains en avant comme pour l'étrangler.
Toujours à terre, Link ne put éviter l'assaut et se retrouva littéralement plaqué au sol. Son adversaire, beaucoup plus grand et plus puissant que lui, l'immobilisait, enfonçant ses pouces dans la gorge du Kokiri.
Cependant, alors que Link sentait que l'air commençait à lui manquer, l'homme poussa un cri de douleur et le lâcha. Derrière le tueur, qui s'était brusquement redressé, Link aperçut Corny. Tremblant comme une feuille, il tenait à la main le poignard de l'intrus. Des reflets rouges brillaient sur la lame à la faible lumière venant de la porte. Elle était ensanglantée.
Fou de rage, l'homme se jeta sur Corny, qui poussa un cri étouffé. Link en profita pour s'éloigner et prendre le premier objet qu'il trouva sur la table, qu'il jeta violemment sur la tête de l'homme, comme il l'avait déjà fait avec l'assiette. Mais cette fois, au lieu de tomber inanimé, l'homme sembla au contraire retrouver toutes ses forces. Il lâcha Corny, se retourna vers Link et dit :
- Merci, l'ami ! Je ne sais pas ce que tu m'as lancé, mais je ne souffre plus là où ton ami m'a lâchement poignardé !
Link comprit aussitôt qu'il venait de lancer la bouteille d'eau elfique que Sylvien lui avait donnée. Au lieu de lui faire du mal, le produit avait guéri les blessures du tueur ! Celui-ci se leva et marcha doucement vers Link. Il avait récupéré son poignard et Corny était inanimé. C'est alors que Stany décida enfin d'agir. Il attrapa le petit couteau que Kumo lui avait donné, à côté de son lit, et se jeta sur l'homme, qui poussa un nouveau cri de douleur. Contrairement à Corny, Stany n'hésita pas et asséna plusieurs coups de couteau à l'intrus, qui finit allongé par terre, inconscient.
- Merci ! fit Link machinalement.
- Oh, mais ce n'est pas pour toi que j'ai fais ça, répliqua Stany, c'était pour venger Corny.
Préférant ne pas relever le ton légèrement agressif de son ami – il avait dans l'immédiat des soucis plus importants, Link se précipita vers Corny, qui gisait toujours par terre, inconscient.
- Le venger ? Tu… tu crois qu'il est mort ? demanda-t-il, inquiet en examinant son ami.
- Corny, je ne sais pas, et j'espère que non… Mais cet individu par contre, avec tous les coups que je lui ai donnés, je pense qu'il a son compte…
Mais en posant les mains sur le corps de Corny, Link sentit immédiatement que ses vêtements étaient imbibés d'un liquide chaud. Levant ses mains à la lumière, il constata alors qu'elles étaient rouges de sang. Paniqué, il les montra à Stany en lui lançant un regard de détresse.
C'est alors qu'il perçut un mouvement derrière lui. L'intrus reprenait conscience. Vraisemblablement, il n'était pas mort, comme semblait le croire Stany. Tandis qu'il se relevait doucement, Link mit Stany en garde. Ce dernier fit volte-face et rejoignit Link à reculons, sans quitter des yeux le tueur qui s'était complètement remis et s'avançait vers eux, le regard brillant d'une lueur de folie meurtrière.
- C'est l'eau elfique, souffla Link à Stany. Ses vêtements en sont imbibés !
Entre les deux Kokiris qui lui faisaient face, l'homme sembla un instant désorienté. Puis il se tourna vers Stany et lui arracha d'un geste vif son petit couteau qu'il tenait toujours en main. Puis, il se retourna face à Link, le couteau en l'air, un sourire mauvais fendant son visage :
- Cette fois, c'est terminé ! Ta bourde de tout à l'heure m'a rendu invincible, ton copain n'a plus d'arme, l'autre est mort, et je vais enfin supprimer le Héros !
Mais à ce moment, l'homme poussa un nouveau hurlement de douleur. Une flèche venue de nulle part lui avait transpercé la jambe, à un endroit où l'eau elfique n'avait pas coulé, et il s'écroula.
- Eh bien, mes amis, il était moins une ! fit une voix.
Link et Stany se tournèrent vers la porte où Sylvien, le vrai, cette fois, brandissait un arc. Derrière lui, d'autres Elfes regardaient la scène. Leur chef s'avança vers l'homme qui gémissait, recroquevillé par terre. D'un bref coup de pied, il le tourna vers lui et l'interrogea sans cérémonie :
- Alors ? Qui es-tu ? Comment es-tu entré ?
- Je ne dirai rien ! lança l'homme entre deux plaintes.
Rapide comme l'éclair, Sylvien décocha une seconde flèche dans son autre jambe. L'intrus émis un autre hurlement de douleur dans un raclement de gorge.
- Arrêtez ce supplice, supplia-t-il. Je dirai tout !
- Alors ? J'attends ! s'impatienta Sylvien.
- Je… Mon nom est Kendaru… Je suis un serviteur du Seigneur Noir ! Je suis entré dans le grand Chêne car j'ai trouvé l'entrée grande ouverte…
Link frissonna : la Licorne avait raison. Lorsqu'il avait laissé échapper le gland magique, un des sbires de l'homme maléfique avait profité de l'ouverture prématurée du Royaume Elfique pour y pénétrer.
- Et que voulais-tu faire ? continua Sylvien.
- Le… Le Seigneur Noir a eu vent de l'arrivée d'un nouveau Héros… Lorsque tu as rassemblé tous les Elfes pour leur annoncer que le Héros dormait ici, je me suis dit que c'était l'opportunité de le supprimer. J'ai alors assommé un de vos Elfes pour lui prendre ses vêtements. Déguisé en Elfe, je vous ai suivi pour connaître la chambre du Héros. Et j'ai attendu la nuit pour frapper… Mais je ne sais pas comment… Je l'ai poignardé pendant qu'il dormait, mais il est apparu ensuite, toujours vivant !
Sylvien lança alors un regard interrogateur à Link.
- J'étais réveillé, expliqua-t-il, et quand je l'ai vu entrer, je suis sorti discrètement du lit, à la faveur de l'obscurité, pour me cacher sous la table. Lorsqu'il s'est ensuite approché de Corny, je lui ai lancé une assiette sur la tête.
- Ciel, Corny ! s'écria alors Sylvien en s'approchant du corps inerte du jeune Kokiri. Je n'avais pas vu qu'il…
Il se pencha sur lui et prit son pouls.
- Non ! Il est vivant ! souffla-t-il, rassuré. Mais il faut agir, vite !
Il attrapa la gourde de Corny, à côté de son lit, et déversa un peu de son contenu sur son ventre.
- Il a reçu un coup de couteau, mais il va s'en sortir ! expliqua enfin Sylvien, au grand soulagement de tout le monde. Oh ! Mais il a également des marques de strangulation, constata-t-il. Je vais lui faire boire un peu de son eau magique, ajouta-t-il en joignant le geste à la parole.
Corny se mit alors à toussoter, puis ouvrit doucement les yeux.
- Eh bien, tu reviens de loin, mon ami ! lui lança Sylvien.
Link se précipita au chevet de son ami, un grand sourire fixé aux lèvres. Stany le rejoignit et tous les deux l'étreignirent. Ils avaient eu si peur !
- Quant à cet intrus, reprit Sylvien en désignant de la tête le dénommé Kendaru, il est notre prisonnier. Emmenez-le ! ordonna-t-il aux autres Elfes.
Quelques minutes plus tard, tout le monde avait disparu de la salle, excepté Sylvien et les trois Kokiris.
- Eh bien, heureusement que le boucan que cet individu à provoqué dans votre chambre a réveillé mes Elfes, n'est-ce pas ?
Les trois Kokiris acquiescèrent silencieusement. Ils avaient subi un grand choc et avaient du mal à reprendre la parole. Aussi, Sylvien les quitta pour les laisser se remettre de leurs émotions, sous le prétexte d'aller chercher une nouvelle bouteille d'eau elfique.
Les trois Kokiris n'ouvrirent pas d'avantage la bouche en l'absence du chef des Elfes. Link semblait perdu dans ses pensées, le regard dans le vague. Stany, le fixait de travers, et Corny tournait sa tête de l'un vers l'autre, comme s'il attendait quelques explications de la part de ses amis. Mais finalement, c'est Stany qui prit la parole le premier, à l'adresse de Link :
- Alors comme ça, tu dis que tu n'étais pas dans ton lit quand il a frappé…
- Non, répondit Link, sur la défensive. J'ai fait une boule dans mes draps et je suis allé me réfugier sous la table…
- C'est ça… Et il ne t'a ni vu, ni entendu ?
- J'ai agis lorsqu'il fermait la porte, il ne faisait pas attention à ce moment là.
- Donc, si j'ai bien compris, tu étais réveillé lorsqu'il est arrivé ?
Soudain, Link comprit où Stany voulait en venir : il voulait savoir s'il avait entendu leur conversation avant l'arrivée du tueur. Link hésita un instant, puis décida finalement de ne pas le leur révéler. Il prétendit alors que c'était la lumière qui venait de l'extérieur qui l'avait réveillé lorsque Kendaru avait ouvert la porte. Mais Stany restait sceptique :
- Il n'y avait quasiment pas de lumière, fit-il remarquer. Moi j'ai le sentiment que tu dormais, et que le bonhomme t'a véritablement poignardé. Mais comme tu es un loup-garou…
- Ce n'étaient pas des loups-garous ! coupa Link.
Sous le regard inquisiteur de Stany, il précisa :
- Les créatures qui nous ont attaqués dans la forêt, ce n'étaient pas des Loups-garous, c'étaient des Lobbos !
- Des quoi ?
- Des Lobbos, répéta Link. C'est la Licorne qui me l'a dit.
- Evidemment, c'est pratique, puisqu'on ne peut pas l'entendre…
- Crois-le ou non, mais c'est le cas.
- Bien sûr. Parce que tu es le Héros et tu es le seul à l'avoir entendu. D'ailleurs, pour un soi-disant « Héros », tu n'en menais pas large face au tueur. Sans nos interventions, tu serais sûrement mort.
- Pour ça, je t'ai déjà remercié, fit remarquer Link, de plus en plus agacé.
- Et puis c'est notre rôle de l'aider et de le protéger, intervint Corny. Nous sommes une équipe, c'est à cela que ça sert. Et sans lui, nous serions peut-être morts nous aussi cette nuit, je te signale ! Quand vas-tu donc cesser de le sous-estimer et de croire ces idioties sur lui ?
Stany lança un regard incrédule à Corny, mais ne fit pas de commentaires. Le silence refit surface ; un silence lourd cependant, durant lequel Link et Stany ne cessaient de se défier du regard. Mais ce silence fut de courte durée, rompu par le retour de Sylvien, qui portait non seulement une nouvelle bouteille d'eau elfique, mais aussi un autre plateau rempli de nourriture :
- Le jour se lève, expliqua-t-il. Il est temps pour vous de prendre votre petit déjeuner et de partir au plus vite. Il ne faut pas laisser l'occasion à ce Caspy de trouver le Joyau suivant avant vous !
Les trois Kokiris acquiescèrent, jugeant qu'il était temps de mettre leurs querelles de côté pour le moment : leur mission était d'une importance plus sérieuse, et ils devaient se concentrer sur la dure journée qui s'annonçait. Mais Link restait hanté par cette pensée que Stany puisse être en fait dans le vrai… Qu'il était peut-être vraiment, sans s'en rendre compte, en train de se transformer en bête féroce…
