Hey!

J'espère vraiment que ce chapitre va vous plaire, il sort un peu de ce que je fais d'habitude et j'espère vraiment que ça va rendre bien!

En tout cas crazybells a corrigé toutes les petites ( très grosses plutôt ) fautes que vous auriez pu trouver dans ce chapitre si elle n'était pas passé par là. Merci beaucoup mon chacorne, je t'aime énormément!

Laissez moi un commentaire pour que je sache ce que vous pensez, vraiment ce chapitre est tout spécial pour moi!


Chapitre 9: PDV Bella

Tout le monde s'élança à l'extérieur et très vite nous fûmes les seules personnes restantes à l'intérieur du sinistre manoir.

« Bon… Allons-y… Murmurais-je. »

L'atmosphère s'était considérablement alourdie et je souhaitais plus que tout sortir de cet endroit qui me hérissait les cheveux.

Une fois dehors, nous nous dirigeâmes comme convenu vers le point le plus distant désigné sur notre carte. Nous avions estimé que la chasse se passait dans une zone d'environ dix kilomètres à la ronde donc que nous devrions courir de temps en temps ou marcher à une allure soutenue tout le long de l'épreuve.

Nous avions choisi la première proposition qui nous laissait le loisir de faire plus de pauses et c'est en petites foulées régulières que nous entrâmes dans la forêt. J'avais d'abord été d'accord avec cette idée mais la terre humide sous nos pieds s'enfonçait sous notre poids et mes talons y restaient coincés, rendant ma course beaucoup plus difficile.

Dès les premiers instants un rythme fut mis en place et nous évoluâmes assez vite dans la végétation malgré les difficultés auxquelles nous nous heurtions. Edward était en tête, étant le plus rapide de nous trois, je le suivais de près, tentant de réguler au mieux ma respiration ce qui s'avérait assez difficile puisque je ne pouvais m'empêcher de marmonner des injures à l'encontre de Jessica. Bien que ces cuissardes étaient des petites merveilles à porter sur un tapis rouge ou du moins un sol plat et régulier, elles étaient de vraies plaies et courir avec s'avérait vraiment très douloureux. Alice, elle, fermait la marche, handicapée non pas par des chaussures récalcitrantes mais par la carte qu'elle devait consulter régulièrement afin de guider Edward.

Seule la lumière des lampes torches que nous tenions à la main éclairait le passage et je manquais plusieurs fois de tomber sur des racines ou dans des creux présents sous l'épaisse couche de litière tapissant notre route.

Le silence ambiant était entrecoupé par nos respirations devenant de plus en plus erratiques au fil de notre course. Plusieurs fois nous entendîmes des hurlements lointains impossibles à identifier et la peur qui me tordait l'estomac depuis le début de cette aventure s'intensifiait de minute en minute.

Nous n'avions encore croisé personne lorsque nous nous arrêtâmes près d'un gouffre où, à environ cinq mètres en contre bas, serpentait un cours d'eau, afin de faire le point. Une bonne vingtaine de minutes était passée depuis le début de l'épreuve et nous n'avions pas encore parcouru la moitié du chemin nous conduisant au premier indice.

« On en est où Alice ? Demanda Edward après avoir bu une longue rasade d'eau de la gourde qu'il avait dans son sac.

-Hum… Alors, on est ici, dit-elle en désignant un point de la carte près d'une rivière. Pour pouvoir passer il va falloir traverser sur le pont qui est un peu plus au nord, là, puis il nous restera environ cinq kilomètres avant d'atteindre notre objectif. Si on continue à ce rythme on en a encore pour une quarantaine de minutes à cause des obstacles et puis…

-On va pas continuer à ce rythme, coupa Edward. »

Je le fusillais du regard, mécontente du fait qu'une fois de plus il souhaitait se mettre en avant au dépend des autres. Alice venait juste de commencer à être à l'aise avec nous et je sentais que cette remarque ferait s'écrouler toute la confiance qu'elle avait acquise.

Je fus surprise lorsque notre amie continua l'air de rien :

« Ouais, tu as raison, on ne tiendra jamais à ce rythme et on risque de ne pas finir l'épreuve si on se fatigue trop vite.

-Je propose qu'on continue en marchant et qu'une fois cet indice là atteint, on essaye de rejoindre celui qui est là en courant, il n'a pas l'air trop loin… Proposais-je en indiquant les différents lieux sur la carte d'Alice.

-Ça me va ! Lança Edward.

-Alice ? Demandais-je.

-D'a-d'accord, souffla-t-elle doucement en baissant la tête. »

Elle évitait mon regard et son audace d'il y a quelques secondes s'était évanouie.

« Allons-y ! »

Edward posa une main réconfortante sur l'épaule d'Alice et cette dernière, à ma plus grande surprise, lui sourit et lui pressa la main, pas un sou décontenancée.

J'étais de plus en plus intriguée par notre coéquipière. Elle restait discrète la plupart du temps mais faisait part d'une très grande perspicacité dès qu'on lui demandait son avis. Enfin, dès qu'Edward lui demandait son avis. Elle se refermait comme une huître les fois où je lui demandais quoi que ce soit. Pourtant je me comportais beaucoup plus gentiment qu'à l'accoutumée et j'essayais d'être la plus douce possible. J'avais l'impression de parler sur le même ton que lorsque l'on racontait une histoire à un gamin !

Nous continuâmes à marcher le long du gouffre qui formait un mini canyon, dans un silence des plus profond. Nous avions repris notre formation d'origine et nous avancions à bon pas, plus du tout embêtés par la végétation qui était absente à cet endroit.

Rapidement nous pûmes apercevoir un pont qui nous permettrait d'atteindre l'autre côté du ravin.

Le pont n'était en fait qu'une simple passerelle de bois, oscillant à cause du vent et semblant tout sauf solide.

« Bon Cullen, tu sais ce qu'il te reste à faire ! Lançais-je tandis que je me penchais nerveusement pour voir l'eau déferler avec puissance sous le pont.

-Tu repasses au "Cullen" maintenant ?

-Tu vas sûrement mourir dans cinq minutes en traversant, je ne tiens pas à m'attacher !

-Oh, parce que tu pourrais t'attacher à moi ? Intéressant… Murmura-t-il en se frottant pensivement le menton.

-Ne me fais pas dire ce que je n'ai pas dit ! Allez soldat, en avant !

-À vos ordres mon capitaine ! Si la sauvageonne veut bien me tenir ça ! Dit-il en tendant sa lampe torche ainsi que sa fameuse batte de base-ball à Alice.

-Ce n'est pas une sauvageonne ! M'exclamais-je outrée. Elle est déguisée en indienne d'Amérique ! »

J'avais de plus en plus peur des réactions d'Alice, c'était la première fois de ma vie que je voulais autant le bien être de quelqu'un et je pouvais dire, sans me tromper, que j'avais besoin de plus d'entraînement :

« Les indiens d'Amérique, à l'époque, étaient considérés comme des sauvageons… Me fit remarquer Alice. Et puis il a raison, je suis souvent vue comme quelqu'un de bizarre par les autres…

-Ça me va très bien ! S'exclama Edward en la prenant par l'épaule. J'aime pas les gens normaux de toute façon.

-C'est pas ce que tu laisses penser pourtant… Contrais-je en pensant au nombre de filles qu'il avait dût ramener dans son lit.

-Jalouse Swan ?

-Tu rêves Cullen !

-Je pense pas, non, sinon tu serais beaucoup moins habillée que ça, je peux te l'assurer !

-Je veux pas vous couper dans vos fantasmes, mais je ne pense pas que ce pont va être traversé tout seul… Intervint Alice alors qu'un affrontement de regards avait lieu entre mon condisciple masculin et moi.

-Pas faux ! Bon puisque je suis doté d'une incroyable générosité et que je suis prêt à tout pour aider les belles femmes en détresse de vous êtes, je me sacrifie et je vais risquer ma vie en traversant ce terrible pont foudroyé par les vents ! »

Je levais les yeux au ciel, une fois encore amusée par ses longues tirades sans queue ni tête.

Edward reprit son souffle et entreprit enfin de traverser la passerelle. Accroché aux deux grosses cordes de chaque coté de lui, il avançait prudemment tandis que le pont se balançait de droite à gauche, rendant son entreprise vraiment périlleuse. À chaque fois que nous entendions une des planches de bois craquer, Alice et moi nous figions, serrant la main de l'autre avec force. Cette épreuve avait au moins le mérite de nous rapprocher l'une de l'autre.

Le pont ne mesurant qu'une dizaine de mètres, sa traversée arrivait à sa fin et je commençais déjà à me détendre. Edward était sauf et il ne risquait plus rien.

Quand cette pensée traversa ma tête, je sus que j'avais déclaré victoire trop vite.

L'avant dernière planche de bois céda sous son poids et il ne se rattrapa qu'in-extremis à l'autre coté du ravin sous nos cris horrifiés.

« C'est bon, je vais bien ! Cria-t-il. Vous pouvez traverser sans problème, faites attention, marchez doucement et répartissez bien votre poids afin de stabiliser au maximum le pont.

-T'y vas où j'y vais ? Demandais-je à Alice.

-Je préfère y aller en première, si je suis la dernière à passer je sens que je n'aurais pas le courage de le faire…

-Vas-y, bon courage. Essayais-je de la rassurer en lui serrant une dernière fois la main. »

Tout au long de sa traversée, Edward lui donna divers conseils et, bien qu'elle était moins à l'aise que lui, elle réussit sans problème à passer, Edward la réceptionna à la fin, quand elle dut sauter les deux dernières planches.

C'était à mon tour et je ne cachais à personne que la boule m'enserrant les entrailles depuis le début de la soirée prenait de plus en plus de place dans mon ventre.

N'ayant pas le choix, je me lançais et commençais ma dangereuse traversée. Les conseils d'Edward guidaient mes pas et m'aidaient à mieux me placer et à ma grande joie je pus arriver à la fin de ce maudis pont.

« Vas-y, saute maintenant. Dit Edward les mains tendues dans ma direction, prêtes à me réceptionner.

-T'es sûr de toi ? Lui demandais-je nerveusement en regardant le vide qui s'étendait sous mes pieds.

-Douterais-tu de ma force Queeny ?

-Tu penses vraiment que c'est le moment d'inventer de nouveaux surnoms ? Demandais-je de plus en plus paniquée. »

L'attente était insoutenable et chaque seconde qui passait ajoutait de nombreux doutes à la liste déjà longue que je tenais à ce moment. Le vent qui soufflait faisait bouger dangereusement la passerelle et j'étais de plus en plus consciente du fracas de l'eau qui se heurtait aux rochers plusieurs mètres sous mes pieds. Je me savais complètement ridicule mais je pensais sérieusement à faire demi-tour. Un comble, hein, pour quelqu'un qui disait n'avoir peur de rien, ou presque, j'avais même pris escalade comme sport cette année-là, je ne devrais pas avoir peur du vide, merde !

« Aie confiance Bella ! Je te rattraperais, promis. »

Son regard confiant fut la chose qui me poussa à croire que tout irait bien.

Je m'élançais, sautant les deux planches manquantes et il me rattrapa sans problème, me serrant contre lui fermement. Tout allait bien maintenant.

« Je te rattraperais toujours, sois en sûre. Murmura-t-il dans mes cheveux. »

Je le relâchais doucement, le remerciant silencieusement du regard et décidais de l'embrasser sur la joue. Bon c'était plutôt sur la commissure des lèvres et j'étais restée un peu plus longtemps que la normale, mais il fallait bien que je le remercie ! C'est ça, essaye de te justifier…

J'enlaçais aussi Alice, qui, je m'en rendais bien compte, n'était pas très à l'aise dans mes bras, mais je persistais à croire qu'elle se ferait à moi et que l'on deviendrait de grandes amies.

Dire que peu de temps auparavant, ce genre de marque d'affection était totalement proscrite pour moi…

Nous décidâmes de nous éloigner de ce maudis pont mais nous fûmes vite arrêtés.

Deux silhouettes encapuchonnées, toutes vêtues de noir sortirent des abords du sentier que nous suivions et se dressèrent devant nous. Du brouillard cachait en partie les alentours et accentuait l'impression de se trouver dans un film d'horreur.

Je sentais que cette soirée était loin d'être finie…

Nous nous figeâmes tous les trois au milieu du sentier, cherchant dans les yeux des autres quoi faire, quand une des silhouettes s'avança vers nous.

On ne pouvait apercevoir un centimètre de sa peau et sa démarche était lente. Comme celle d'un mort vivant pensais-je. Il fallait absolument que j'arrête de me faire des films sinon je ne passerais pas la nuit.

Nous étions sur la défensive, tentant de savoir ce que la créature, oui créature, une vieille peau toute vêtue de noir qui cache son visage sous une capuche j'appelle ça une créature ! Donc je disais : tentant de savoir ce que la créature prévoyait de faire.

Elle s'arrêta finalement devant nous, sans esquisser le moindre geste et murmura d'une voix d'outre tombe :

« Vous ne passerez pas !

-C'est pas Gandalf qui dit ça d'habitude ? Lançais-je sans réfléchir. »

J'étais sur les nerfs, et quand j'étais sur les nerfs je ne contrôlais absolument pas ce qu'il pouvait sortir de ma bouche.

Alice et Edward me firent les gros yeux et je me ratatinai sur moi-même, espérant que ma gaffe ne nous coûtera pas trop cher.

« Vous ne passerez pas ! Continua l'inconnu. Je faillis lui faire remarquer qu'il l'avait déjà dit mais je me retins au dernier moment. Sauf… Si vous résolvez cette énigme… »

Surpris, on ne dit rien et l'écouta religieusement.

« Cette chose toutes choses dévore:

Oiseaux, bêtes, arbres, fleurs ;
Elle ronge le fer, mord l'acier ;
Réduit les dures pierres en poudre ;
Met à mort les rois, détruit les villes ;

Et rabat les hautes montagnes.

-Vous nous faites vraiment toute la compile du Seigneur Des Anneaux ou quoi ? M'exclamais-je.

-Quoi ? Me demanda Edward.

-Cette énigme, c'est celle que Golum demande au hobbit dans la grotte !*

-C'est quoi la réponse alors ?

-Le temps ! C'est le temps, répétais-je en direction des gardes. Vous devez nous laisser passer ! »

Suivant mes ordres, les deux silhouettes s'effacèrent pour nous ouvrir le chemin. Arrivée à leur hauteur, je leur dis victorieuse :

« La prochaine fois, essayez de prendre des énigmes un peu moins connue ! »

L'une d'elle esquissa un geste mais j'accélérais le pas, me traitant mentalement d'idiote. Edward en fit de même, mais cette fois à voix haute bien sûr.

« C'est bon, sans moi on serait encore devant les deux zouaves là-bas !

-Comment as-tu fait pour te souvenir de cette énigme? Si je me rappelle bien, il y en a beaucoup dans ce film… Demanda Alice.

-Hum… Disons que quand je regarde une fois un film je suis obligée de le regarder une dizaine de fois après… Je sais c'est bizarre mais c'est moi ! Rigolais-je.

-Au moins grâce à ça on a pas eu de mal à passer, j'espère que le reste des épreuves sera du même genre, au moins on n'aura pas trop de difficultés ! Conclut Edward.

-Alice, il reste encore combien de chemin à parcourir ? Demandais-je.

-Heu… Plus beaucoup… Environ dix minutes de marche, cinq en courant.

-Bien, je propose qu'on fasse une pause une fois arrivés là-bas ! »

Nous acquiesçâmes et d'un accord commun nous parcourûmes les derniers mètres en trottinant.

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Nous cherchions le premier indice depuis une heure déjà, enfin, nous avions mis une cinquantaine de minutes pour arriver au lieu où il était caché mais ça faisait dix minutes que nous inspections chaque recoin possible et inimaginable, mais rien !

Juste avant d'arriver dans la clairière où nous savions que se trouvait l'indice, nous avions entendu des cris ainsi que des bruits de lutte. Nous nous étions préparés à croiser quelqu'un ainsi qu'à nous défendre, mais rien, ça faisait maintenant une heure que nous avions l'impression d'être seuls au monde.

Résultat de moult recherches, le papier sur lequel l'indice était écrit fut trouvé par Alice sous la racine d'un arbre qui s'élevait à quelques petits centimètres du sol.

« Enfin ! M'exclamais-je.

-Lis ce qu'il y a de marqué dessus ! Demanda Edward.

- Ça fait : « Bravo, vous avez trouvé cet indice ! De longues recherches s'offrent encore à vous, vous n'êtes pas au bout de vos peines ! Ce que vous cherchez est aussi brillant que de l'or ! Veuillez remettre cet indice où vous l'avez trouvé. Merci ! PS : Attention derrière vous. » »

Alice finit sa lecture sur une note interrogative en se retournant quand des cris de guerre retentirent dans la nuit.

Trois hommes déguisés en vikings sortirent des fourrées et foncèrent dans notre direction en courant.

Alice et moi poussâmes des cris stridents tandis qu'Edward brandissait sa batte de base-ball devant lui.

Je fis de même avec mon épée, bien que je sentais que je n'aurai pas le cran de m'en servir face à d'autres personnes.

Les trois hommes fonçaient sur nous, haches et boucliers à la main et Edward en première ligne n'eut pas le choix et en frappa un en pleine tête.

Alice et moi étions éloignées du combat, ne sachant quoi faire pour aider notre ami mais je remarquais avec soulagement que les armes brandies par ces voyous gisaient maintenant à terre.

Malheureusement, ces hommes étaient des forces de la nature et bien qu'Edward se défendait avec hargne, à deux contre un, le troisième semblant inconscient par terre, il ne pouvait rien faire.

Un des vikings lui asséna une droite en plein visage ce qui le sonna et l'autre en profita pour lui donner des coups dans le ventre qui le firent se plier en deux.

Je m'apprêtais à intervenir, à surgir par surprise dans le dos d'un des deux abrutis qui s'en prenait sans raison à une personne à laquelle je tenais, mais tout s'arrêta aussi vite que ça avait commencé.

Plus aucun coup de pleuvait, mais un des hommes sortit un sac en toile d'une sacoche, le mit sur la tête d'Edward et le fit se relever en l'obligeant à le suivre dans la forêt.

« Arrêtez ! Hurlais-je. »

Je tentais de lui courir après, mais l'autre homme que j'avais complètement oublié me bloqua le passage et me cracha à la figure :

« Dégage de là si tu veux pas avoir de problème !

-Vous vous foutez de ma gueule ? Pousse toi de là connard où je te jure que je te tue ! »

Il me regarda et rigola, ce qui fit augmenter la fureur qui m'habitait déjà.

Je sortis mon épée de son fourreau et tentais de le frapper avec, de toutes mes forces, oubliant les conséquences que pourrait avoir mon geste.

Malgré toute la hargne présente dans mon coup, le Viking n'eut aucun mal à intercepter mon épée et, comme plus tôt dans la soirée, elle me fut arrachée des mains.

Il la jeta au loin et, furieux, m'empoigna par le cou, et commença à m'étrangler.

« Salope ! T'aurais jamais dû faire ça, je te jure que tu vas le regretter ! »

Il me frappa au visage et je gémis de douleur, souhaitant plus que tout que cette soirée de malheur se finisse.

Il leva une nouvelle fois la main, s'apprêtant à renouveler son coup, quand une voix l'interpella, lui ordonnant de se grouiller.

Mécontent, il me relâcha et je tombai au sol me crachant au visage de nouvelles insultes.

Il finit par partir, me laissant à terre et Alice se précipita sur moi.

« Tu vas bien ? Me demanda-t-elle les larmes au bord des yeux en m'aidant à m'asseoir.

-Ouais… Ça peut aller. Murmurais-je essoufflée, tremblante, le cœur battant à mille à l'heure. »

J'essuyais le sang qui coulait de ma lèvre et tentait de me reprendre.

Alice alla chercher mon épée, me donna à boire et me murmura des mots réconfortants tandis que je restais toujours aussi figée.

Je pris quelques secondes pour réfléchir à tout ce qu'il venait de se produire. Nous nous étions fait attaquer par trois hommes, le dernier était encore à quelques mètres de nous, assommé, Edward s'était fait kidnapper après avoir tenté de nous défendre et je m'étais faite frapper. Tout ça en même pas cinq minutes alors que ça faisait plus d'une heure que nous n'avions vu personne, que nous avions rien fait à personne…

« Bella… Chuchota Alice en plongeant son regard dans le mien. On doit partir, il est en train de se réveiller. »

Je m'étais déconnectée de la réalité pendant un instant, repensant sans cesse à ce qu'il s'était produit et, maintenant, nous n'étions plus en sécurité.

Je me relevais, maladroite et tentais de reprendre mes esprits.

« Ça va aller… Murmurais-je.

-Très bien, on fait quoi maintenant ?

-Ils sont partis par où ?

-Quoi ?

-Je te demande par où ils sont partis ! Hurlais-je. »

Alice me regarda avec de grands yeux effrayés et je me souvins qu'elle n'était pas Jessica, qu'elle ne subissait pas mes crises de colères et de doutes et qu'elle ne savait pas comment réagir, qu'elle allait être blessée et qu'elle devait être aussi effrayée que moi…

« Excuse moi… Murmurais-je, les larmes que je retenais depuis lors, coulant sur mes joues. »

Devant ma détresse, elle me prit dans ses bras et ce fût la première fois de la soirée qu'elle fût vraiment à l'aise avec moi. Alors que je venais de lui hurler dessus… Quelle ironie…

Je séchais tant bien que mal mes pleurs, ne voulant pas m'apitoyer sur mon sort et pris une longue bouffée d'air frais.

« Il faut les suivre, il faut sauver Edward ! Lui expliquais-je.

-Comment va-t-on faire ? Vaut mieux rentrer, une fois là-bas on pourra appeler la police !

-Non, cette attaque était organisée, ces hommes nous attendaient, c'était même indiqué sur l'indice. Il faut qu'on arrive à délivrer Edward, ça doit être possible, pour eux tout cela n'est qu'un jeu…

-Si c'est censé être un jeu, alors pourquoi nous a-t-on frappés, et pourquoi nous avoir laissées là sans nous capturer, nous aussi ?

-Ça j'en sais rien… » Murmurais-je.

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Alice et moi nous étions remises en route, tentant de suivre les deux fils de pute -pardon, restons polis- les deux connards -c'est mieux hein- qui retenaient Edward. Ils étaient partis en direction du deuxième indice et nous nous doutions que tout cela avait été organisé bien avant que le jeu ne commence.

Quel jeu… Pensais-je.

Nous marchions prudemment, faisant attention à ne pas faire le moindre bruit afin d'entendre tout ce qui se passait autour de nous.

Après une trentaine de minutes, nous arrivâmes près d'une autre clairière et nous entendîmes enfin la voix de nos attaquants ainsi que celle d'Edward qui les insultait sans répit.

« Qu'est ce qu'on fait maintenant ? Chuchota Alice.

-Il faut attendre… On n'est pas de taille face à eux… »

Nous nous éloignâmes et choisîmes de nous cacher dans une crevasse en partie recouverte de buissons.

Nous réfléchissions à un plan d'action, proposant toutes les idées qui nous venaient en tête et petit à petit notre plan se mit en place.

Il ne restait plus qu'à attendre l'occasion idéale.

Nous les avions observés et avions découvert qu'ils retenaient Edward dans une sorte de cage constituée de morceau de bois attachés entre eux avec des racines. C'était rudimentaire mais l'on voyait que ça avait été préparé en avance, la construction faisant plus de deux mètres de haut sur trois mètres carrés au sol.

Un des gardes était assit à coté d'un feu alors que l'autre se tenait debout et s'amusait à provoquer Edward qui menaçait de lui filer un procès au cul.

Durant l'horrible attente que nous avions du subir, j'avais posé une question qui trottait dans ma tête depuis le tout début de cette aventure à Alice :

« Pourquoi es-tu comme ça avec moi ?

-C'est à dire ?

-Pourquoi es tu si distante et craintive avec moi ? Au début je pensais vraiment que c'était ta façon d'être tout le temps, mais quand je te vois avec Edward je me dis que c'est moi le problème…

-Je-je suis comme ça la plupart du temps… Avec Edward c'est différent…

-Pourquoi ? »

Je n'aurais vraiment pas du ressentir ce sentiment à ce moment-là mais je me sentais profondément jalouse.

« Puisqu'il m'a toujours défendue, surtout contre Rosalie… Le jour où tu es intervenue ce n'était pas la première fois qu'elle s'en prenait à moi… L'année dernière c'était pire, tu n'étais pas là et j'étais déjà sa cible favorite et à chaque fois Edward était là pour éviter qu'elle n'aille trop loin…

-J'en savais rien…

-C'est pas le genre de chose dont on parle autour d'une table entre deux bières.

-Mais pourquoi es tu comme ça avec moi alors ? Je t'ai aussi défendue…

-Tu es la reine…

-C'est censé tout m'expliquer ? Pardon… Me repris-je.

-Ne t'excuse pas, me dit-elle en me faisant un maigre sourire. J'avais peur que tu sois comme elle, qu'en devenant reine tu deviennes comme elle, mais j'ai cru comprendre ce soir que ce n'est pas le cas. Je l'espère en tout cas, j'ai l'impression que l'on pourrait devenir amie… »

En disant ça elle rougit et se reprit de suite :

« Oublie ça, bien sûr que tu n'as pas envie d'être amie avec moi…

-Quoi ? Mais bien sûr que si que j'ai envie de devenir amie avec toi ! Pourquoi je n'en aurais pas envie ?

-Tu préfères sûrement être amie avec des filles un peu plus populaires que moi, plus riches que moi et sûrement plus belles que moi !

-Au-cu-ne-ment ! Toutes ces filles me saoulent, je te jure, je peux pas rester plus de cinq minutes avec elles. Mais… Comment ça se fait que tu participes à cette soirée ? Les critères ne sont pas d'être riche et populaire ? Désolée je dis pas que tu-

-Non non, je sais, je ne suis ni riche ni populaire… J'ai juste joué au jeu proposé là, je sais même pas pourquoi j'ai fait ça, si je n'étais pas tombée sur vous deux j'aurais sûrement passé la soirée à me faire insulter…

-Ouais… Mais ces places à gagner ne sont-elles pas, elles aussi, truquées ?

-J'en sais rien, mais j'ai été prise…

-Tant mieux, je suis heureuse de mieux te connaître, dis-je émue en lui serrant la main doucement.

-Moi aussi. »

Nous nous étions regardées avec émotions et avions finalisé notre plan.

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Une heure de planque plus tard, l'occasion idéale se présenta à nous : l'un des gardes venait juste de partir uriner tandis que l'autre, s'étant lassé d'insulter leur prisonnier, somnolait devant le feu.

Nous pouvions maintenant entrer en action : notre piège était fin prêt !

Discrètement, nous pénétrâmes dans la clairière, la cage et Edward faces à nous, le viking, lui, de dos.

Je pris mon épée par la lame et, une fois arrivée prêt de notre ennemi, j'abattis directement sur son crane la garde dont les pierres précieuses tintèrent sous le choc.

Le garde s'effondra par terre sans plus de cérémonie et Edward qui s'était couché par terre se releva brusquement, nous apercevant pour la première fois.

Il s'accrocha aux barreaux et chuchota afin de ne pas prévenir l'autre homme.

« Qu'est ce que vous faites là ?

-Si tu veux qu'on reparte Cullen, dis-le tout de suite ! Dis-je tandis qu'Alice s'attaquait aux racines retenant la construction avec un coutelas qu'avait cru bon d'ajouter Jessica à la tenue d'indienne. »

Mon dieu, Jessica, dans sa manie de vouloir que tout soit parfait, nous avait sauvé la vie.

Les racines étaient solides et les secondes s'écoulaient beaucoup trop rapidement à mon goût. Aussi je décidais de l'aider en fragilisant les racines avec une pierre coupante et Edward fit de même quand il vit que ça marchait.

À la seconde où les racines cédèrent et où Edward fut libre, nous entendîmes un cri et vîmes le deuxième garde se ruer sur nous.

Edward, comme la fois précédente, se mit devant nous mais Alice et moi le prîmes par les bras et l'obligeâmes à courir dans le sens opposé.

« Suis nous ! Et fais ce qu'on te dit ! »

J'entendis le garde nous suivre et priais pour que notre plan marche. Nous allions le savoir dans quelque secondes.

Une fois arrivés près de l'endroit où nous étions restées avec Alice, j'accélérai et criai pour Edward :

« Saute ! »

Ne cherchant pas à comprendre, il fit ce que je lui dis et sauta au dessus du gouffre que nous avions recouvert de végétation, ce qui le rendait indétectable.

Le viking lui, bien trop absorbé par le fait de nous rattraper ne fit pas attention à ce que je dis et tomba dans ce gouffre, une plainte sortant de sa bouche au moment de sa chute.

Nous continuâmes de courir pendant une dizaine de minutes encore, voulant être sûrs qu'ils ne puisent pas nous rattraper.

Lorsque nous nous arrêtâmes essoufflés, je fondis dans les bras d'Edward me sentant enfin en sécurité.

Je m'accrochais désespérément à lui, tentant de savoir où il avait mal et ce qu'ils avaient bien pu lui faire avant qu'on ne le trouve et il mit un certain temps à me calmer.

Lui aussi remarqua les marques sur mon visage et ce fut à mon tour de le rassurer.

« Je te jure que ces gars vont le regretter, ils vont finir leurs jours en prison et ne pourront plus jamais en sortir ! Fulmina-t-il.

-Ça va, j'ai rien, je te promets que je n'ai rien, Alice aussi va bien ! »

Se rendant compte de la présence d'Alice, il la prit elle aussi dans ses bras, nous serrant toutes les deux contre lui.

Après ces embrassades vint le moment de décider quoi faire.

« Il faut qu'on retourne au manoir ! Déclara Edward.

-Oui, j'ai qu'une envie c'est de rentrer chez moi ! Dit Alice.

-Moi c'est d'arrêter ce maudis jeu et d'aller casser la gueule à Rosalie. C'est elle qui a organisé tout ça, tout est de sa faute !

-Tu peux pas faire ça, tu n'as pas de preuve, me fit remarquer Edward. Elle ne fera que nier, c'est une évidence…

-Alors on fait quoi ? Demanda doucement Alice.

-On rentre quand même et on oublie ce qui s'est passé dans cette forêt. »

Ses paroles clôturèrent le dialogue et nous commençâmes à rebrousser chemin afin de rejoindre le manoir.

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C'est aux premières lueurs de l'aurore que nous débouchâmes de la forêt et que le manoir se dressa devant nous, toujours aussi hostile. Personne n'était en vue, ils devaient tous avoir trouvé le trésor maintenant. Nous nous en moquions, souhaitant juste partir de cet endroit de malheur.

Nous entrâmes dans la battisse pour reprendre nos affaires et éventuellement retrouver Jessica afin de rentrer avec elle.

La lumière rouge éclairait encore le palier du premier étage et tandis que nous pensions trouver la boule écarlate dans la pièce nous apparut plutôt une vision d'horreur :

Rosalie, quasiment nue, les parties les plus intimes recouvertes des tissus autrefois aux abords de la boule était allongée sur une table et prenait la pose, un immense sourire aux lèvres.

Bon c'est pas vraiment une vision d'horreur vu le corps qu'elle avait mais quand même !

Des pouffiasses gloussaient tandis que l'une d'entre elle s'exclama :

« Félicitations ! Vous êtes les premiers à avoir trouvé le trésor, vous avez obtenu le privilège de voir la plus belle femme au monde offerte à vous !

-J'espère que c'est une putain de blague ? M'écriais-je en tentant d'étrangler la pouffiasse qui avait dit ça avec un grand sourire scotché aux lèvres.

-Arrête Bella, c'est bon, me retint Edward. On y va ! Dit-il en reprenant son portable qu'il avait dût abandonner au début de la chasse. »

Il nous entraîna, Alice et moi, dehors, en direction de la limousine, en envoyant un message à Jessica afin qu'elle récupère nos affaires.

Une fois dans le véhicule, nous nous affalâmes tous les trois sur les sièges qui me paraissaient vraiment plus confortables qu'avant et entrepris d'enlever mes cuissardes. Mes pieds douloureux me remercièrent et, bien que pendant notre sauvetage je les avais complètement oubliés, maintenant que la peur et l'adrénaline étaient parties ils se rappelaient à moi. Mon corset, lui aussi, fut laissé au sol, me laissant couverte d'une légère chemise et de mon pantalon en cuir. Alice fit de même, enlevant la plupart de ses accessoires, tandis qu'Edward indiquait le chemin à prendre au chauffeur.

Le véhicule démarra et bien malgré moi je sentis mes yeux se fermer.


Alors? Bien? Pas bien? Horrible? Ouffissime?

Dites moi tout!