Me revoilà ! ^^
Et je suis en avance, en plus... Je n'étais pas censée poster avant lundi. Il me restait encore des choses importantes à faire avant ça. Mais comme j'étais trop heureuse de savoir que telle17 et Lil's87 s'étaient ajoutées parmi mes chers lecteurs, et avec la gentille pression que m'a faite Lunashura pour avoir la suite, je n'en pouvais plus. J'avais trop envie et trop hâte de vous envoyer la suite maintenant ! Alors je me suis levée un peu plus tôt et couchée un peu (beaucoup) plus tard pour trouver le temps de réviser ce chapitre. ^^
Alors voilà. Je remercie encore mes fidèles révieweuses : Bergère, Eladora, Myiou, yucateca et Clair-2-lune. :)
J'espère que ce dixième chapitre vous plaira. En tout cas, c'est l'un de mes grands préférés ! ^^ J'ai eu beaucoup de plaisir à jouer avec un Sirius sous l'effet de l'Amortentia ! X)
(Tout ce beau monde appartient à J.K. Rowling)
Bonne lecture !
Chapitre dix — Amortentia
— Alors ? insista le professeur McGonagall en se croisant les bras, je vous ai demandé ce qui se passait.
Peter se frotta la poitrine avec malaise et Remus se grattait le nez en évitant de la regarder. Quant à Sirius, bouche bée, comme hypnotisé, il n'arrivait pas à détacher son regard de cette femme qui l'attirait avec la force d'un aiment. Le petit verre lui glissa alors de la main et vint se fracasser sur le sol de pierre. Le professeur McGonagall tourna aussitôt la tête vers lui.
— Black, vous allez bien ? demanda-t-elle en fronçant les sourcils.
Sirius sourit.
— Moi ? répondit-il d'un étrange ton éthéré qui ne lui ressemblait pas. Mais je vais à merveille !
— Professeur, dit précipitamment Remus en s'élançant devant Sirius comme s'il voulait lui cacher la vue de McGonagall. C'est... c'est Peter ! Il... il a insulté Sirius. Il lui a dit qu'il était bête, lança-t-il en jetant à Peter un regard à peine perceptible pour lui faire comprendre qu'il ne devait surtout pas le contredire.
Mais qu'est-ce qu'il disait, songea Sirius avec agacement. Cela n'avait pas de sens. Et il n'aimait pas que Remus l'empêche de voir McGonagall, cette femme qui lui était si attrayante.
— Bête ? répéta-t-elle, sceptique, alors que quelques ricanement s'élevaient des élèves autour d'eux.
— Oui, affirma Remus qui retenait Sirius par la manche pour essayer de le garder derrière lui. Il n'a pas voulu organiser son temps, tout à l'heure, pour faire ses devoirs... Enfin... C'est une raison futile, mais...
— Je vois, dit le professeur McGonagall. Et quel est le rapport avec ce verre par terre ? interrogea-t-elle en le montrant du doigt.
D'un mouvement sec du bras, Sirius parvint à se dégager de Remus et plongea à nouveau ses yeux dans ceux de McGonagall. Il ressentit une fois encore cette espèce de coup de foudre puis, avant qu'il n'ouvre la bouche pour lui répondre, Remus s'empressa de le faire à sa place :
— Un simple jus de citrouille que Sirius a rapporté de la Grande Salle. Comme nous avons cru arriver en retard à votre cours, il avait décidé de terminer de le boire en chemin.
— Mais si vous me dites que je n'avais pas le droit, ajouta Sirius d'une voix suave, je ne le ferai plus, je vous le promets.
Il lui adressa un nouveau sourire et McGonagall le regarda d'un air méfiant, comme si elle le soupçonnait d'essayer d'être drôle.
— Bien... dit-elle enfin. Mais je fais néanmoins perdre dix points à Gryffondor. Vous n'êtes pas autorisé à hurler ainsi dans les couloirs, Mr Black.
Et elle se retourna vers la porte qu'elle ouvrit pour laisser entrer sa classe. Sirius voulut la suivre instantanément mais Remus lui agrippa le bras et le tira vers lui.
— Patmol, parle-moi, murmura-t-il d'un air alarmé. Est-ce que tu as au moins toute ta tête ?
— Qu'est-ce que tu veux dire ? répondit Sirius, insulté. Bien sûr que j'ai toute ma tête !
Remus le scruta attentivement durant quelques secondes, puis lui demanda :
— Comment te sens-tu ?
— Bien, dit Sirius sur un ton d'évidence. Pourquoi ?
Sans attendre la réponse, il repoussa Remus et se dirigea tout droit vers la porte. Il avait déjà hâte de revoir McGonagall. Il avait l'impression qu'il ne pourrait plus jamais être bien sans qu'elle ne soit près de lui, sans sentir sa présence à ses côtés. C'était la femme de sa vie, il en était plus que certain. Il devait conquérir son cœur. Il ne pensait plus qu'à ça. Il était si préoccupé par elle qu'il ne porta aucune attention à James qui venait d'arriver, pantelant, et qui le regardait d'une mine effrayée tandis que Remus lui racontait rapidement ce qu'il se passait.
Sirius s'assit à sa place habituelle, derrière l'une des tables dans le fond de la classe, et regretta de ne pas pouvoir être plus près du bureau de McGonagall. L'instant d'après, James vint s'asseoir à côté de lui, tandis que Remus et Peter prenaient place à la table devant eux, puis se mirent tous trois à examiner Sirius comme si celui-ci était atteint d'une grave maladie qui pouvait être mortelle.
— Quoi ? demanda Sirius, agacé. Qu'est-ce que j'ai ? Vous n'arrêtez pas de me regarder drôlement.
— Tu... tu ne sais pas ce que tu as ? chuchota James en affichant une expression encore plus horrifiée. Tu ne te rappelles pas de... de... — il jeta des regards prudents autour de lui — d'avoir bu tu-sais-quoi ?
Sirius l'observa d'un œil interrogatif. James échangea un regard troublé avec Remus et Peter, puis, devant le tableau noir, le professeur McGonagall commença son cours. Sirius sentit son cœur se remettre à battre à toute vitesse. Cette femme lui faisait ressentir des émotions qu'il n'avait encore jamais éprouvées auparavant. Tout chez elle le rendait fou. Il écoutait le son de sa voix qui lui cajolait les tympans, tout en se délectant de la voir se mouvoir somptueusement en avant de la classe alors qu'elle leur faisait la démonstration d'un tabouret transformé en panda de l'Himalaya. Il la voulait proche de lui, serrée dans ses bras, il désirait ardemment la toucher, la caresser, glisser ses doigts contre sa peau, sentir ses lèvres contre les siennes...
— Patmol, murmura soudain James à son oreille. Arrête de la regarder comme ça. Il y a un filet de bave qui s'échappe de ta bouche.
Sirius se redressa aussitôt sur sa chaise et s'essuya le menton du revers de sa manche.
— Tu... tu crois qu'elle a remarqué ça ? demanda-t-il à voix basse, craintif.
— Quoi ça ? Que tu la regardes sans cesse comme un idiot ?
— Non. Que je bavais, précisa Sirius.
James étouffa un fou rire et le professeur McGonagall leur lança un regard d'avertissement.
Un peu plus tard, Sirius se retrouva subitement devant une copie d'un questionnaire qu'il devait remplir, sans se souvenir d'en avoir entendu parler auparavant. Il avait été trop absorbé dans ses pensées, dans ses scénarios imaginés dans lesquels il se voyait en boucle en train de passer un bon moment dans le lit de son professeur de métamorphose.
Dérouté, il se tourna vers James.
— Qu'est-ce qu'il faut faire ? murmura-t-il.
— Remplir le questionnaire et sortir de la classe après avoir terminé, répondit James.
— En silence, j'ai dit, Mr Potter ! aboya le professeur McGonagall, assise derrière son bureau.
James se repencha instantanément sur son questionnaire et Sirius observa sa copie en se grattant la tête. Toutes les questions portaient sur le contenu du cours d'aujourd'hui, et bien qu'il s'était enivré du son de sa voix, il n'avait pas saisi le moindre mot de ce qu'avait dit le professeur McGonagall.
Brusquement, dans un raclement de chaise, James fut le premier à se lever pour aller porter son travail. Il regarda Sirius d'un air inquiet lorsqu'il revint auprès de lui pour attraper son sac, lui murmura un « bonne chance », puis sortit de la classe en refermant la porte derrière lui. Bientôt, plusieurs élèves l'imitèrent, dont Remus, puis Peter qui fut l'un des derniers à rendre sa copie.
Sirius, à présent seul dans la classe avec le professeur McGonagall, était incapable de se concentrer. Il ne cessait de lui jeter des regards en biais et ressentit comme une décharge électrique dès qu'il croisa enfin ses yeux perçants. Sirius lui sourit instinctivement et elle, pour une raison qui lui échappait, paraissait furieuse. Lui avait-il fait quelque chose qu'il ne fallait pas ?
Elle se leva. Elle était encore plus enviable lorsqu'elle se tenait debout, la silhouette bien droite, imposante, la tête haute. Sirius l'observait avidement alors qu'elle s'approchait lentement de lui et, saisi d'une grande chaleur ineffable qui se rependit dans tout son corps, il se demanda s'il allait réussir à se retenir de se ruer sur elle pour l'embrasser à pleine bouche. Il avait l'impression que son cœur allait lui défoncer les côtes tant il battait fort.
Le professeur McGonagall s'arrêta à sa table, ramassa sa copie en lui jetant un coup d'œil soupçonneux puis, en silence, la survola rapidement des yeux. Enfin, sans le regarder, elle dit :
— En tout, des dix questions posées, vous n'avez répondu qu'à deux seuls numéros. Et encore, l'une de vos réponses est fausse.
Elle rabaissa le questionnaire et, par-dessus ses lunettes carrées, observa Sirius. Celui-ci ferma étroitement les yeux et crispa les doigts sur les bords de sa table pour essayer de se contrôler. C'était insupportable. C'était comme si tout son corps ne voulait plus lui obéir, ne désirant qu'une seule chose : s'élancer dans les bras de McGonagall.
— Black, reprit-elle d'une voix étonnamment douce, pourquoi avez-vous dessiné un cœur dans le coin de votre questionnaire avec les initiales « M. M. » griffonnées à l'intérieur ?
Les yeux toujours fermés, Sirius expira profondément : pour un instant, il avait oublié de respirer.
— Je... je... balbutia-t-il, je... ne sais pas...
Il se demandait s'il l'effraierait en lui disant qu'il était follement amoureux d'elle. Mais à son grand soulagement, elle le savait déjà :
— Vous êtes amoureux de moi ?
Sirius ouvrit les yeux. Sur le visage de McGonagall, il put y lire de l'inquiétude, mêlée d'une certaine compassion qu'il ne lui avait encore jamais vue. Sirius la trouva tellement belle ainsi que c'était maintenant qu'il voulait la toucher, l'embrasser...
— Oui... répondit-il en se levant avec lenteur. Oui, professeur... Je vous aime, je suis amoureux de vous, je veux... je veux... vous...
Il fit un pas vers elle et McGonagall recula précipitamment en tendant la main devant lui. Elle laissa tomber le questionnaire sur le sol. Son expression avait changé rapidement pour un air effrayé et Sirius pensa qu'il était peut-être allé trop vite.
— Je suis désolé, s'empressa-t-il de s'excuser. Je ne voulais pas vous faire peur. Je vous aime. Je ne vous ferai aucun mal.
— Rasseyez-vous et tout va bien aller, dit-elle lentement.
Sirius ne bougea pas.
— Maintenant ! ordonna-t-elle sèchement.
Mais toujours sans succès.
— Black ! Je vous ai demandé de...
— Pourquoi êtes-vous si furieuse contre moi ?
— Je ne suis pas furieuse ! répliqua-t-elle d'un ton irrité. Enfin... se reprit-elle en rajustant ses lunettes sur son nez, pas contre vous.
— Que voulez-vous dire ?
Il se remit à avancer vers elle et McGonagall, par précaution, recula de nouveau, entre deux rangées de tables, jusqu'à ce qu'elle touchât son bureau derrière elle.
— Vous n'avez pas... commença-t-elle. Enfin... vous n'êtes pas dans votre état normal...
Elle paraissait troublée. Le rouge lui colorait les joues et Sirius la trouvait si désirable, si délicieuse qu'il ne pouvait réprimer l'envie forte de se rapprocher d'elle. Il voulut alors coller son corps tremblant d'excitation contre le sien, mais elle le repoussa immédiatement de ses deux mains. Sirius sentit sa poitrine le brûler à l'endroit où elle le touchait.
— Ne faites rien que vous regretteriez, Black, et retournez vous asseoir !
Mais, cette fois encore, Sirius fut incapable de bouger. Il était trop bien, là où il était, avec ses mains à elle, pressées fermement sur son torse. Doucement, il se mit à lui caresser les avant bras en passant ses doigts dans ses grandes manches.
— C'est donc pour ça que vous vous refusez de vous laisser aller ? demanda suavement Sirius. Vous avez peur que je regrette mes gestes ?
Il eut un doux ricanement incrédule et le professeur McGonagall retira aussitôt ses mains, comme s'il l'avait pincée.
— Ne me touchez pas !
Elle contourna son bureau à la hâte et alla ouvrir un tiroir. Sirius vint la rejoindre lentement.
— Je sais que vous me désirez autant que je vous désire, Minerva McGonagall, continua-t-il en souriant avec désinvolture. Je le vois dans...
— Oh, je vous en prie, ne dites pas n'importe quoi ! interrompit-elle en se redressant avec un morceau de parchemin à la main. Écoutez, vous pouvez faire quelque chose pour moi ?
Sirius, qui ne cessait de la regarder avidement, fit un autre pas vers elle.
— Tout ce que vous voudrez, susurra-t-il.
Il allongea la main et lui effleura le visage du dos des doigts. Aussitôt, McGonagall se raidit au contact et s'empressa de le repousser une nouvelle fois, avec brusquerie.
— Dans ce cas, ne bougez plus, dit-elle, le temps que j'écrive un mot pour le professeur Slughorn.
Elle s'installa sur sa chaise, prit sur son bureau une plume qu'elle trempa dans l'encrier, et se pencha sur le morceau de parchemin.
Mais Sirius ne pouvait pas rester immobile, à la regarder sagement, sans se permettre de la toucher. Il devait sentir la chaleur de son corps contre le sien. Il voulait ressentir à nouveau cette émotion intense qu'il éprouvait lorsqu'elle était très près de lui.
Il s'avança donc vers elle, silencieusement, et vint se placer derrière sa chaise. Il regarda sa nuque. Il se demanda quelles sensations fortes il connaîtrait en l'effleurant de ses lèvres. Alors, instinctivement, il se pencha vers elle et fit glisser ses mains le long de ses bras. Elle avait chaud, il pouvait le sentir à travers le tissus de sa robe.
— Black, dit-elle d'une voix tremblante, je vous ai demandé de ne pas bou...
Elle hoqueta de surprise. Sirius s'était mis à l'embrasser dans le cou avec passion. Pour lui, c'était comme si le temps s'était brusquement arrêté. Il se sentit transporté dans un tourbillon d'émotions si ardentes qu'il ne voyait plus comment il était possible de s'arrêter. Tout son corps et son âme ne cessaient d'en réclamer davantage tandis qu'il continuait à la caresser fougueusement, par-dessus le dossier de la chaise, explorant la douceur de sa peau, la chaleur de sa robe, sa longue chevelure qu'il essayait de libérer des épingles. Un puissant frisson le parcourut à la sensation de sa main à elle, dont les doigts venaient de s'enrouler dans ses cheveux, puis il bascula brutalement par terre, aux pieds de la chaise.
Ahuri, Sirius se frotta la tête à l'endroit où une douleur aiguë l'élançait et regarda McGonagall. Elle était debout, avait sorti sa baguette magique qu'elle pointait droit sur lui, une expression de totale panique sur le visage. Son chignon était à moitié défait, son cou avait pris une couleur rouge vif et tout son corps était secoué de violents tremblements. Elle semblait de pas savoir quoi dire sur le moment et Sirius ne pensait qu'à une seule chose :
— Tu es tellement belle, Minerva, murmura-t-il.
— TAISEZ-VOUS ! s'écria-t-elle avec véhémence, la baguette brandie. TAISEZ-VOUS ET NE VOUS APPROCHEZ PLUS JAMAIS DE MOI !
Ses yeux brillèrent comme si elle allait pleurer. Sirius, horrifié, s'était figé sur le sol.
— Non, dit-il, la voix brisée, non, professeur, ne m'obligez pas à me tenir loin de vous. Je ne pourrais pas vivre sans vous. Je mourrai. S'il vous plaît.
Il se leva en s'appuyant d'une main sur le bureau.
— Je vous aime... Je... Je t'aime, Minerva...
Le professeur McGonagall ferma les yeux un moment, sembla essayer de retrouver son flegme, puis se laissa tomber de nouveau sur sa chaise en posant sa baguette près d'elle. D'une main fébrile, elle termina d'écrire les quelques mots de son message, puis roula le morceau de parchemin qu'elle tendit à Sirius.
— Allez me porter ça immédiatement au professeur Slughorn, dit-elle, il saura quoi faire pour vous aider.
— Mais... mais pourquoi m'aider ? demanda-t-il en prenant la missive.
— Nous en reparlerons plus tard, répondit-elle d'un ton pressant. Pour l'instant, allez vite rejoindre le professeur Slughorn à son bureau. C'est urgent !
Sirius la regarda d'un air inquiet.
— Professeur, je suis profondément désolé de vous avoir mise dans cet état. Qu'est-ce que je peux faire pour me faire pardonner ?
— Courir vite auprès du professeur Slughorn ! répondit-elle avec agacement. Voilà ce que vous devez faire !
— C'est tout ? s'étonna-t-il.
— Oui, c'est tout ! À présent, filez ! Pour l'amour du ciel, Black, allez-y !
Elle lui montra la porte avec insistance, mais Sirius ne pouvait pas se résoudre à la quitter maintenant.
— D'accord, mais... Est-ce que je peux revenir vous voir après ça ? Uniquement pour parler, précisa-t-il dès qu'il vit sa mine prendre une expression exaspérée. J'ai besoin qu'on se parle un peu, vous et moi. Vous avez une période libre en ce moment ?
— Oui, répondit-elle entre ses dents, oui, fort bien, je vous permets de revenir me voir après avoir passé voir le professeur Slughorn. Mais SEULEMENT après avoir passé à son bureau !
Puis elle ajouta dans un murmure pour elle-même :
— Mais je doute beaucoup que vous voudriez me voir après cela...
— Impossible ! contesta aussitôt Sirius avec ferveur. Je suis fou de vous ! Il est inconcevable que je ne veuille plus vous voir. Vous occupez toutes mes pensées, professeur, et je ne rêve qu'à vous serrer dans mes bras, vous caresser, vous embrasser, vous faire l'amour...
Le professeur McGonagall se leva si brusquement que sa chaise bascula sur le dos avec un grand bruit.
— Bon, ça suffit ! s'exclama-t-elle, indignée, les joues rosies. Soit vous partez à l'instant voir le professeur Slughorn, ou je vous enferme dans cette salle de classe tandis que je vais moi-même le chercher !
Mais Sirius ne se laissait pas intimider. Incrédule, il hocha la tête et se rapprocha d'elle.
— Pourquoi vous ne me croyez pas ? Je vous aime vraiment !
— Non, vous ne m'aimez pas vraiment ! rétorqua-t-elle en reculant à nouveau. Vous... vous avez bu un philtre d'amour, bon sang, Black !
Sirius se trouva interdit. Un philtre d'amour lui disait quelque chose, mais il était certain que ses sentiments amoureux envers elle n'avaient aucun lien avec une telle potion. Ses émotions étaient trop réelles, parfaitement sincères. Il était impossible que toutes ces sensations intenses qu'il éprouvait présentement soient fausses, artificielles. Non, vraiment, pensa-t-il avec conviction, il était véritablement amoureux d'elle, il en était persuadé. Et il voulait le lui prouver...
— Non, Minerva, tu te trompes, dit-il doucement en enjambant la chaise renversée sur le sol. Je suis littéralement tombé amoureux de vous et ce n'est pas du tout à cause d'un quelconque philtre d'amour. Mes émotions son vraies, Minerva, et si tu me le permettais, je pourrais facilement te le montrer.
Le professeur McGonagall, qui reculait toujours, eut un rire sarcastique.
— Voyez-vous ça ! s'exclama-t-elle.
Puis elle s'éloigna de lui d'un pas décidé en direction de la porte. Affolé, Sirius s'élança derrière elle en laissant tomber la missive derrière lui.
— Minerva, où vas-tu ? demanda-t-il en lui agrippant le bras.
— Ne me touchez pas ! répéta-t-elle sèchement. Et cessez de me tutoyer !
Elle se libéra de lui d'un vif mouvement de coude et rejoignit la porte.
— Je vais chercher le professeur Slughorn. Vous, restez sagement ici, je reviens !
Mais au moment où elle mit la main sur la poignée, elle se retourna en soupirant.
— J'ai oublié ma baguette... marmonna-t-elle.
Elle retourna donc à son bureau pour aller la récupérer, mais Sirius fut le plus rapide : il se rua en avant et se saisit de la baguette avant elle. Le professeur McGonagall s'arrêta, outrée.
— Donnez-moi ma baguette, dit-elle lentement, alors que Sirius la faisait rouler entre ses doigts d'un air triomphant.
— Embrasse-moi, Minerva.
— Non ! répondit-elle, catégorique.
— Alors je garde précieusement ta baguette magique avec moi.
Et il la fit glisser dans sa poche.
— Donnez-moi ma baguette, j'ai dit ! s'écria-t-elle avec colère.
— Alors, viens la chercher...
Le sang affluait au visage du professeur McGonagall et Sirius n'aurait pas été étonné de voir des flammèches jaillir de ses lunettes.
— D'accord, lança-t-elle alors, en se retournant vers la porte, dans ce cas, gardez-la ! Je n'en aurai pas besoin pour le moment.
Avant même d'avoir eu conscience de ce qu'il faisait, Sirius s'était précipité pour la rattraper avant qu'elle ne touche la poignée et, de toutes ses forces, il l'obligea à lui refaire face.
— Lâchez-moi ! s'écria-t-elle en se débattant entre ses bras.
— Non ! Tu vas devoir m'écouter d'abord !
— Je n'ai que faire d'écouter vos... AARGH !
Brusquement, il la plaqua contre le mur et l'immobilisa de tout son corps. Il ne comprenait pas très bien pourquoi il la brutalisait ainsi, mais le fait qu'elle ne voulait pas le prendre au sérieux le mettait hors de lui. Elle devait le croire ! Elle devait comprendre qu'il la désirait à la folie !
La respiration de McGonagall était saccadée et Sirius s'enivrait de son souffle chaud, proche de ses lèvres. Il frémissait de toutes parts et son sang lui semblait être en ébullition dans ses veines. Il avait très chaud et il pouvait sentir qu'elle aussi était brûlante. Incapable de se retenir plus longtemps, il rapprocha lentement ses lèvres de les siennes.
— Ne faites pas ça, je vous en prie, supplia McGonagall d'une voix faible.
Sirius leva les yeux dans son regard brillant de frayeur et resserra sa solide étreinte.
— Pardonne-moi, Minerva, mais... mais... Tu me rends fou ! J'ai tellement envie de toi ! Et ne me dis pas que ce n'est pas réciproque, parce que tu es toi-même en sueur. Je te sens frissonner autant que moi !
— Non, Black, vous ne savez pas ce que vous dites ! répliqua-t-elle, paniquée. Je ne suis pas... Oh, Black, s'il vous plaît, laissez-moi me rendre au bureau du professeur Slughorn avant que vous...
Mais Sirius la fit taire soudainement en pressant ses lèvres contre les siennes. La sensation était exquise, libératrice. Une impression de courant électrique se répandit dans tout son corps. McGonagall se raidit dans ses bras. Elle amorça un mouvement de recul contre le mur, mais Sirius apporta aussitôt ses mains de chaque côté de sa tête et, avec insistance, lui releva le menton, caressa ses lèvres du bout de sa langue avec espoir qu'elle les entrouvre, qu'elle s'abandonne enfin à lui. Mais elle les garda étroitement serrées, jusqu'à ce qu'elle essaie de murmurer un faible « arrêtez » qu'il s'empressa d'étouffer en faisant pénétrer sa langue à l'intérieur de sa bouche, lui arrachant ainsi un gémissement de surprise ou de terreur.
Sirius sentit alors qu'il perdait la tête, que tous ses mouvements n'obéissaient plus qu'à son puissant désir irrépressible, inexorable, de lui faire l'amour instantanément, dans cette salle de classe même. Il savait que ce n'était pas bien, qu'il risquait de lui faire mal, mais il ne parvenait pas à s'arrêter. C'était plus fort que lui. Il ne contrôlait plus ses gestes lorsqu'il fit glisser sa main sur sa nuque, entrelaça ses doigts dans sa chevelure défaite, et que de l'autre, fébrilement, il chercha à dénouer le laçage sur le devant de sa robe. Sa langue ne cessait de s'entortiller passionnément autour de la sienne et il fut presque sûr qu'elle répondait à son baiser jusqu'à ce qu'il sentît une douleur insupportable l'élancer dans son épaule gauche.
Aussitôt, il s'écarta d'elle et comprit qu'elle enfonçait de toutes ses forces ses ongles dans sa chair pour se défendre désespérément. Sirius la repoussa et se massa vigoureusement l'épaule en regardant McGonagall retomber contre le mur. Pantelante, elle paraissait médusée, traumatisée. Ses lèvres rougies étaient restées entrouvertes, ses yeux écarquillés derrière ses lunettes un peu de travers sur son nez, et de longues mèches de ses cheveux noirs lui tombaient devant le visage.
Horrifié, Sirius prit conscience de ce qu'il venait de faire et recula d'elle d'un pas chancelant.
— Je... balbutia-t-il, je suis désolé.
Lentement, l'air toujours terrorisé, le professeur McGonagall longea le mur et retourna devant la porte dont elle tourna la poignée d'une main tremblante.
— Non, attends ! s'écria Sirius en se précipitant vers elle.
Mais ses doigts se refermèrent dans le vide lorsqu'il voulut l'agripper une nouvelle fois par le bras et quelque chose lui frôla rapidement le bas des jambes : un chat tigré s'était faufilé par l'entrebâillure de la porte et courait maintenant à toute vitesse le long du couloir.
— Non, Minerva, ne t'en va pas !
Il ne pouvait pas supporter qu'elle le quitte dans cet état. Il devait s'expliquer, se faire pardonner d'avoir agi ainsi, lui faire comprendre que son amour pour elle lui était trop fort !
Alors, sans réfléchir, il prit lui-même sa forme d'Animagus, un énorme chien noir, et s'élança à la poursuite du chat. Mais à peine avait-il parcouru la moitié du couloir qu'une force invisible s'écrasa soudain sur lui et l'immobilisa par terre. Hébété, Sirius reconnut la voix de James qui résonna contre son oreille hirsute :
— Patmol, imbécile ! Mais qu'est-ce qui te prend de te transformer imprudemment en chien à l'intérieur du château ! Ce n'est pas parce que la plupart des élèves sont en cours et que les couloirs sont...
Sirius grogna et se libéra de James d'un puissant coup de pattes avant de reprendre sa forme humaine.
— Aïe ! cria James. Mais tu es complètement malade ! Tu as failli me crever l'œil !
— Je n'ai pas de temps à perdre, Cornedrue ! répliqua Sirius, irrité, en s'élançant de nouveau dans le couloir à toutes jambes. Je vais perdre Minerva !
— Mais tu ne la perdras pas, idiot ! répondit la voix haletante de James qui courait derrière lui sous sa cape d'invisibilité. Puisqu'elle t'a dit qu'elle allait directement au bureau de Slughorn !
Sirius accéléra l'allure. Il bifurqua dans un corridor à sa droite et dévala l'escalier qui se présentait devant lui. Bientôt, il arriva dans les sous-sols du château, le cœur battant frénétiquement, et lorsqu'il rejoignit les cachots, il aperçut un rat qui l'attendait à la porte restée ouverte du bureau de Slughorn.
— Queudver ? s'étonna Sirius. Mais qu'est-ce que tu fiches là, toi aussi ?
Mais il ne prit pas plus de temps à se demander ce que Peter, comme James, venait faire par là, puisque la voix du professeur McGonagall, résonnant depuis la porte à deux pas de lui, lui déclencha à nouveau ce sentiment d'effervescence au creux de l'estomac. Il entra en trombe dans le bureau.
Le professeur Slughorn, dans des gestes empressés, était en train de jeter dans le fond d'un petit chaudron sur le coin de sa table, un tas d'ingrédients que McGonagall ressortait à la hâte de l'armoire derrière eux.
— Il va arriver bientôt, disait-elle, angoissée, avant qu'elle ne voit Sirius s'avancer vers eux et que son visage ne se décompose subitement.
— Minerva, haleta Sirius, sans prêter attention à Slughorn qui sortait sa baguette d'un air alarmé. Je ne voulais pas te faire de mal. J'ai perdu contrôle...
— Asseyez-vous, jeune homme, ce ne sera pas long, dit le professeur Slughorn en désignant le fauteuil qui faisait face au bureau.
Sirius s'approcha, atteignit le fauteuil, puis passa tout droit et alla contourner le bureau pour rejoindre McGonagall derrière. Celle-ci recula aussitôt et Slughorn se plaça précipitamment entre eux, la baguette brandie.
— Je vous ai demandé de vous asseoir, Mr Black !
Il tenta de le repousser vers le fauteuil, mais Sirius résista.
— C'est inutile, Horace, avisa McGonagall, la voix frémissante, il a dû boire une trop grande quantité d'Amortentia. Il est complètement hors de contrôle !
— Je n'ai pas bu de philtre d'amour ! se frustra Sirius en essayant de contourner le ventre proéminent du professeur Slughorn qui l'empêchait de passer. Vous, ôtez-vous de là !
— Jeune homme, dit solennellement Slughorn, ça suffit !
Il leva sa baguette magique et, soudain, Sirius se retrouva sur le dos, sur le sol de pierre froid, à se tortiller avec fureur dans des liens serrés solidement autour de lui. On le fit ensuite léviter vers le fauteuil dans lequel il tomba assis, et cet homme qu'était Slughorn devint alors son pire ennemi : il l'empêchait de toucher à Minerva, l'amour de sa vie.
— Bon, voilà qui est mieux, commenta d'un air satisfait le professeur Slughorn en rangeant sa baguette dans sa poche avant de reprendre la préparation de sa potion avec calme.
Sous ses longues mèches noires, McGonagall observait silencieusement Sirius, une expression indéchiffrable sur le visage. Elle restait en retrait derrière Slughorn, et Sirius avait envie de la prendre dans ses bras, de la consoler en lui promettant qu'il ne lui ferait plus jamais de mal.
— Minerva, gémit-il, je m'excuse...
— Mr Black, dit Slughorn d'un ton compatissant, vous n'avez rien à vous reprocher. Vous n'êtes pas...
— Oh, vous, taisez-vous ! lança férocement Sirius. Ce n'est pas à vous que je m'adressais !
Il regarda de nouveau la femme qu'il désirait tant.
— Minerva, reprit-il d'une voix crispée, je t'aime !
— Apprécierez-vous que je le fasse taire ? demanda alors le professeur Slughorn à McGonagall, en ressortant sa baguette magique.
Cette dernière ferma les yeux en respirant profondément.
— Oui, s'il vous plaît, murmura-t-elle.
Et Sirius, furieux, fut privé de voix durant tout le temps nécessaire à la préparation de la potion. Lorsque le professeur Slughorn termina son travail, un peu plus tard, il alla chercher un verre dans son armoire et, après l'avoir empli à moitié, le tendit à Sirius.
— Maintenant, vous allez boire une grosse gorgée de ça, dit-il.
Mais Sirius pinça les lèvres et secoua la tête avec vigueur. Il était hors de question que cet homme qu'il exécrait lui fasse boire quoi que ce soit !
— Mais enfin, dit le professeur Slughorn, buvez donc ! C'est cela qui va guérir tous vos tourments.
Sirius lui décocha un regard noir.
— Bon, donnez-moi ça, dit alors sèchement McGonagall en s'approchant de Slughorn, la main tendue vers le verre qu'il tenait. Et enlevez-lui le sortilège de mutisme.
Le professeur Slughorn s'exécuta et Sirius recouvra la voix.
— Minerva, mon am...
— Vous allez boire cet antidote ! interrompit-elle d'un air menaçant.
— Pourquoi ?
— Parce que si vous ne le faites pas...
Elle marqua une pause, sembla réfléchir un instant, puis poursuivit :
— Vous ne me verrez plus jamais de votre vie.
— Non ! s'affola Sirius, horrifié. Vous ne pouvez pas me faire ça ! Je mourrai !
— Dans ce cas, buvez !
Elle rapprocha le verre de ses lèvres et, puisqu'il ne voulait surtout pas qu'elle décide de l'abandonner à jamais, il ouvrit la bouche docilement et laissa la femme de sa vie lui faire boire la totalité de la potion de Slughorn. Dès qu'il eut terminé de tout avaler, le cerveau brumeux, il vit McGonagall s'empresser d'aller poser le verre vide sur le bureau, lancer un rapide « merci » au professeur Slughorn, et sortir à toute vitesse de la pièce en faisant claquer la porte derrière elle.
Soudain, la conscience de Sirius lui revint aussi violemment qu'un coup de poêle reçu à la nuque. Il eut l'impression que son cœur s'arrêtait de battre. Une brusque nausée l'envahit alors qu'il repassait rapidement dans sa tête, avec horreur, tout ce qu'il venait de faire avec le professeur McGonagall, un moment plus tôt, dans la salle de classe. Puis, lorsque Slughorn lui demanda d'un ton jovial s'il allait mieux, la seule réponse qui lui franchit les lèvres fut un long hurlement horrifié :
— AAAAAAAAAAAAAAAAAARRRRRRRRGH !
La suite, probablement lundi. :) Et à partir de lundi, j'essaierai de reprendre ma routine avec un chapitre par jour. ^^
En attendant, je brûle de hâte d'avoir vos impressions sur ce chapitre que j'ai adoré écrire ! =)
À bientôt !
