Donc voici le chapitre 10. D=V.R

Tobias se réveilla. Aujourd'hui c'était le début de la Deuxième Étape . Il se sentait vaguement reconnaissant d'avoir pu arriver à ce stade . Surtout qu'au début c'était loooiiiinn d'être gagné. Mais il devait réussir. Sinon tout le chemin parcouru jusqu'ici n'aurait servi qu'à retarder l'échéance.

Il avait rêvé cette nuit. De sa mère . De Marcus. Mais aussi de Jack hurlant comme un démon ,débattant avec l'énergie du désespéré qui savait qu'il était condamné. Et d'Harold pleurant,geignant,gémissant,sanglotant,suppliant,criant,expliquant,démontrant hurlant,disant que non il ne pouvait pas partir. Pas comme ça.

Il battit des paupières. C'était triste pour eux bien évidemment mais c'était la dure loi de la sélection ici. Et il ferait tout pour rester en lice jusqu'à la fin.

«Bien dormi?»

C'etait Stella qui venait de lui poser la question d'un ton jovial.

«Oui et toi? Demanda-t-il plus par politesse machinale que par réel intérêt .

-Oui j'ai très bien dormi moi aussi. J'arrive pas à croire que j'ai pu parvenir à la deuxième étape!»

Tobias se tut. Il ne savait pas quoi répondre à ceci. Il était content d'avoir gagné mais quelque part il était amer. Il savait que ce matin n'était qu'un instant de calme trompeur avant une tempête dévastatrice. En plus Stella était bien gentille mais il devait se debarasser d'elle car il avait rendez-vous avec Amar. Alors qu'il la fixait de demandant comment il allait la faire dégager ,quelqu'un là-haut sembla (une fois n'est pas coutume) l'entendre. En effet Stella annonça qu'elle retounait au bungalow qu'ils avaient quitté en arguant qu'elle retournait profiter de la chaleur de son lit.

Une fois loin d'elle le novice (plus pour très longtemps du moins c'était ce qu'il espérait.) se dirigea vers le lieu de rendez-vous. Il mangerait plus tard,là il n'avait pas le temps ,il devait se grouiller car il était un peu à la bourre et il ne souhaitait pas aggraver son retard.

Il poussa la porte de la salle et fut acceuilli par un grand sourire de la part d'Amar.

«Ah Tobias? Comment vas-tu?

Mal avait-il envie de répondre. Mais il répondit quand même par:

-Bien.

-Tant mieux. Je dois t'informer d'un truc par rapport à la deuxième épreuve...

Le garçon aux yeux bleus se tendit. L'air qu'arborait Amar n'augurait rien du bon.

- Cette épreuve ,reprit Amar , cette épreuve donc a été conçue pour mesurer le courage des aspirants Audacieux . Les natifs et les transferts ont les mêmes chances de réussite.

- Mais comment peut-on mesurer le courage? demanda Tobias en fronçant les sourcils.

- Je peux te retourner la question ;comment peux-t-on mesurer l'altruisme? On peut voir vos qualités en vous confrontant à une situation bien particulière.

- Je ne comprends pas.

-Crois-moi tu comprendras bien assez tôt,je pense. Mais cette épreuve n'a pas pour seul objectif de mesurer votre courage. Elle est aussi faite pour repérer des Divergents ayant réussi à passer entre les mailles du filet. C'est pourquoi je vais te donner un conseil: quand tu trouveras la solution quoi qu'il puisse arriver et je dis bien quoi qu'il puisse arriver tu laisses écouler un peu de temps avant de la mettre en oeuvre. C'est une épreuve très dure psychologiquement mais quoi qu'il arrive ne fais pas un trop bon score. Prends ton temps. Trop bien réussir serait très suspect.

- D'accord. Je vais faire de mon mieux.

- Ii vaudrait mieux pour nous en effet. Sors de la piece ; je ne voudrais pas que l'on m'accuse de favoritisme . Je te rappelle que le rendez-vous est ici à 8h00.

- A tout à l'heure monsieur.

-Tu peux m'appeler Amar tu sais ? Mais à tout à l'heure Tobias. Et bon courage à toi!»

Le plus jeune sortit. Une fois seul Amar soupira de lassitude.

«J'ai fait ce que j'ai pu. Maintenant son destin est entre ses mains et ...celles de la Chance. Mais j'aurai essayé au moins.»

Eric se leva. Aujourd'hui deuxième étape. Il allait tout faire pour être premier cette fois-ci.

Il essaya d'imaginer ce à quoi pouvait ressembler cette deuxième épreuve. Traditionnellement dans le rite d'initiation d'une faction il y'avait toujours un moment où les chefs essayaient de voir si les candidats présentaient la qualité-phare de la faction c'est à dire le courage/la sociabilité/altruisme/sincérité/intelligence. On pouvait mesurer l'intelligene avec des batteries de tests,notamment ceux de comment pouvait-on mesurer le courage?

L'ex-erudit avait essayé d'avoir la réponse à cette question. Il avait interrogé d'anciens transferts audacieux . Mais ceux-ci étaient restés muets comme des tombes. Une règle communément admise par l'ensemble des habitants de Chicago stipulait qu'un transfert ne devait pas révéler des informations de nature sensible sur son ancienne faction en sa possession. Et tout le monde respectait tacitement cette règle bien qu'elle ne soit en réalité écrite nulle part.

Il n'avait donc aucune idée . L'adolescent supposait que pour perdurer le courage on devrait les confronter à des situations dangereuses. Mais ces situations ne devaient pas être trop dangereuses sinon les candidats risqueraient d'y laisser la vie. Or les factions avaient besoin de sang neuf donc dans la mesure du possible elle devait éviter d'imposer des épreuves trop dangereuses.

Cette réflexion n'avançait pas davantage Éric qui après des minutes de cogitation interieure n'avait toujours pas trouvé la réponse à ce mystère. Plutôt que de continuer à se creuser la tête il décida d'aller petit-déjeuner pour prendre des forces. De toute manière il aurait la réponse bien assez tôt.

Une fois assis devant un bol de céréales qu'il touillait avec avec application, il se mit à repenser à sa famille toujours dans le quartier Érudit. Ils devaient se faire beaucoup de souci pour lui. Normalement les communications entre factions étaient restreintes au minimum vital mais il devait y'avoir moyen de faire passer des lettres pour les rassurer sur son état.

De plus il devait réfléchir à un prénom pour le futur nouveau membre de la famille. Quel prénom choisir?

Le choix d'un prénom obéissait à des règles strictes sujettes à variation selon les factions et les familles. Chez les Érudits la coutume était de prendre des prénoms ayant été portés par des rois,reines ou scientifiques ayant marqués leur temps. Par exemple son prénom à lui ,Éric avait été choisi par son père parce qu'il avait été porté par de nombreux rois venant des anciens pays nordiques plus à l'ouest.

Donc un prénom masculin de scientifique ou de roi célèbre. Le champ de possibilité était vaste . Quels autres critères pourrait-il rajouter?

Ah oui il devait prendre en compte les jeux de mots malheureux sur les initiales. Donc il ne devait pas prendre de prénom commençant par P. Et il devrait éviter aussi des prénoms commençant par D ,la répétions d'une même lettre était énervante selon lui.

Il regarda la porte de la cafétéria que venait de s'ouvrir le coupant court à ses pensées. Tobias entra ,se servit au Self ,puis en voyant avec un air dépité inscrit sur le visage que les autres tables étaient bondées ,s'affala avec la grâce d'un hippopotame sur la chaise en face de lui. Il entama son bol de céréales.

Tobias qui jusque là gardait obstinément ses yeux céruléens fixés sur son bol de céréale les releva soudain. Éric qui n'avait jusque alors jamais eu l'occasion de les admirer fut surpris par leur éclat et leur beauté.

Jamais il ne s'était heurté contre le regard de Tobias jusque là : il ne prêtait habituellement jamais attention au physique des gens. Il avait eu quelques choses pour approcher Tobias mais il ne s'était jamais focalisé sur ses yeux.

Il n'arrivait pas à détacher son regard. Les yeux restèrent face à face pendant un moment.

Cet instant fut rompu par l'arrivée tointurante de Stella qui salua hâtivement Éric d'un simple signe de tête et prit place sur la chaise à la droite de Tobias.

L'atmosphère était alors étouffante et celle-ci sembla vite s'en rendre compte.

« Bah qu'est-ce-que tu as,Tobias? s'enquit-elle candidement en se tournant vers son voisin de droite. Vous ne vous parlez pas?s'adressa-t-elle à Eric cette fois.

- Pourquoi devrais-je gaspiller de la salive pour des personnes comme vous? lui répondit narquoisement Eric.

-Je te demande pardon? fit Tobias en crispant ses poings. Decidément Eric l'agaçait. Pas un mot,rien par rapport à ce qui c'était passé hier et là maintenant il lui fasait l'affront de faire comme si de rien n'était. Tu as déjà gaspillé ta salive pour nous .rajouta-t-il d'un ton moqueur faisant référence au baiser.

Il avait touché un point sensible; Eric semblait gêné ce qui était assez rare pour lui. Apparammment il avait compris le sous-entendu. D'ailleurs c'etait lui ou les gerçures sur les levres claires de Tobias étaient plus grandes et plus profondes que d'habitude?

Stella fronça les sourcils. Un Eric gêné était chose rare, elle avait pu s'en rendre vompte en l'ayant côtoyé ces denières semaines. Pourquoi ce changement soudain de comportement? Quelque chose clochait mais elle serait bien en peine de dire quoi exactement.

- Rien à dire? fut Tobias dans une volonté d'enfonce encore un peu plus le clou.

Eric ouvrit la bouche-sans doute pour sortir une de ces répliques cinglantes et sanglantes dont il en avait le secret- mais il fut -encore une fois- interrompu par l'arrivée de Solène qui posa brutalement son plateau à côté d'eux. Il referma alors sa bouche .

Le reste du repas se passa dans le silence.

Sans qu'aucune parole ne fut échangée,les transferts se constituerent en un groupe malgré leurs dissensions et marchèrent tous ensemble jusqu'à la salle.

Là ils y retrouvèrent les natifs légèrement plus nombreux qu'eux avec une femme aux cheveux roses qui semblait être leur instructrice. Amar les attendait.

« Bien asseyez-vous .demanda-t-il.

Les élèves s'executèrent.

- Si vous etes ici c'est que vous avez réussi la premiere étape. Ne restez pas trop sur vos lauriers ce n'etait que de la petite bière comparé à ce qui vous attend.

De là oú il était Tobais pouvait voir les poings d'Anna blancs à force d'être crispés.

- Mais je vais laisser à ma collègue le plaisir de vous expliquer le principe de l'épreuve.

- Merci Amar. Cette étape 2 vise à voir si vous avez ce que nous recherchons c'est à dire le courage. Cette épreuve a pour but de nous permettre d'évaluer votre niveau de courage. Ici pas de pleurnichards, pas de couards, pas de lâches pour faire tache. On vous virera dehors chez les sans-factions s'il s'avère que vous êtes de ce genre. Je tiens à signaler que vous êtes tous egaux devant cette épreuve . Peu importe votre faction d'origine vous êtes tous égaux et vous devez tous montrer que vous avez des tripes. Pigé?

L'assemblée hocha la tête se demanda ce qui l'attendait demain.

- Pour les détails pratiques reprit Amar. Vous allez passer cette épreuve individuellement dans un ordre de passage précis inscrit sur le tableau. Vous vous présentez à l'heure indiquée en salle PEAR. Soyez ponctuels : si vous n'êtes pas présents vous êtes éliminés. Des qustions?»

Personne n'osa en poser. L'exposé était tres clair après tout. La seule partie qu'ils n'avaient compris c'était en quoi consistait exactement l'épreuve. Mais les instructeurs avaient eu recours tout le long de leur exposé à des précautions oratoires pour masquer la nature exacte de l'épreuve, ils ne risquaient donc pas de donner la réponse à cette question.

Tobias regarda l'affiche. Il passait aujourd'hui à 14h juste après le déjeuner et Eric.

Suelques heures plus tard Tobias se présente devant la salle fatidique. Il s'approche de la porte et y colle son oreille pour voir s'il peut entendre suelque chose pour qu'il sache au moins à quoi s'attendre. Il n'entend rien à part les bips réguliers de la machine. Bip. Bip. Bip. Et les bruits d'un stylo en train d'être utilisé. Scratch. Scratch.

Cela l'inquiète car Eric n'est pas du genre à rester silencieux. Pendnat l'effort il renâcle,grogne,râle bref est tout le contraire de Tobias toujours muet. Ce silence est inquietant.

Il prie pour que ce soit Amar qui surveille mais il n'a pas trop d'espoir. Il n'en a aucun. Inspire. Expire.

«Tobias? C'est à toi.»

Il entre . Pas de traces d'Eric nulle part. Il a déjà dû sortir. Il aurait aimé le voir non pas pour lui parler (il préferait ne pas se rappeler comment leur dernière discussion s'etait terminé) mais pour avoir une preuve tangible que l'on pouvait survivre à cette mysterieuse deuxieme epreuve si dangereuse pour lui en tant que Divergent.

Ce fut Amar qui l'acceuillit et lui fit signe de s'installer dans une chaise.

«Normalement ce n'etait pas censé être moi aujourd'hui. Ma collegue est malade et elle reviendra demain.»

Tous deux savaient très bien ce qu'Amar avait sous-entendu. Tobias se sentit heureux d'avoir un peu de répit.

Le mentor lui brancha des électodes sur la tete et les relia à un ordinateur. Il avait les mains moites alors qu'il triturait les appareils. Tobias fronça les sourcils quand il le vit les brancher sur un ordinateur. Cela voulait dire qu'il serait en mesure de voir ?

Une fois ces réglages terminés Amar se tourna vers lui.

« Dans cet exercice le plus important c'est la respiration. Tant que ta respiration ne s'est pas apaisée ,calmée tu ne pourras jamais reussir cet exercice et sortir de là. Quoi qu'il puisse arriver tu dois te concentrer sur ta respiration,OK?

-Que se passera-t-il?

-Je ne peux pas te dire. Pour chaque personne les réjouissances sont différentes. Je vais t'injecter ce produit à trois dit Amar en brandissant une seringue. Un!

Tobias adressa une priere à quelqu'un quel qu'il soit pour s'en sortir .

-Deux!

Son coeur accelera le rythme. Qu'est-ce-qui allait se passer?

-Trois!

Schlang! Si seulement...

Ses paupieres se refermèrent.

Ses yeux s'ouvrirent.

Il était haut. Tres haut. Trop haut.

Les rues étaient petites,elles lui semblaient être juste de l'épaisseur de son avant-bras. Des lumières de feux de circulation clignotaient et attiraient son oeil,donc l'obligeaient à scruter cet effroyable vide. Il ne voyait personne, n'entendait rein.

Ses jambes tremblaient.

Il essaya de regarder.

Le vent soufflait,hurlait,menaçant de le faire basculer par-dessus bord. Il ancra encore plus fermement ses pieds dans le sol mais il se sentit tanguer ,tanguer comme un bateau sur le point de sombrer dans l'eau.

Il se risqua à jeter un coup d'oeil en contrebas. D'ici il pouvait voir toute la ville dans son entiereté - Chicago ou la Ville de Vents .

D'ici il pourrait dominer le monde s'il n'etait pas aussi effrayé. Le brun avait une étrange sensation de déjà-vu.

Ses jambes tremblaient encore plus. Il s'affala sur le sol. Il tenta bien de se relever mais il tremblait trop pour pouvoir réussir.

Il ne pouvait pas bouger. Bouger signifiait se rapprocher du vide et de la mort. Aussi précaire qu'eiat sa position elle était pour l'instant la meilleure option qui s'offrait à lui.

Il repensa à la fois où Marcus l'avait suspendu par la cheville au-dessus du vide. Peut-être etait-ce le même immeuble? Le vide semblait l'appeler ,l'inciter à venir,à ne faire plus qu'un avec l'asphalte en s'écrasant.

A la pensée que Marcus était peut-être derrière lui son coeur qui battait déjà bien plus vite que d'habitude accélera encore comme s'il en avait besoin.

Coeur... Bam Bam. Bam. Battements. Quelque chose lui échappait . Il reflechit tout en essayant desesperement de ne pas tomber.

Oui! Amar! Se calmer.

Mais pouvait-il se calmer alors qu'il était juste au-dessus d'un gouffre beant prêt à ne faire qu'une bouchée de lui pauvre Divergent et qu'il voyait le vide?

Minute. S'il fermait ses yeux peut-être que ...

Il entendit son coeur ralentir. Encore un peu plus lentement.

Quand il les rouvrit il ne voyait plus rien. Contrairement à la premiere scène.

Il se retrouva autre part. Mais où?

«Ah Tobias?»

NdA: Desolée pour le retard. Mais ce mois côté IRL a été pour le moins agité. Ce n'est pas une excuse certes mais pardon quand même..

Vous me laisserez un commentaire quand même? *yeux de chiot battu*.