Un personnage que vous connaissez dans les épisodes en noir et blanc, et en anglais ( qui n'existe pas en Français ) , s'est joint à nous.


"- Hey, Carlos, où vas-tu comme ça ?"

Le jeune Del Campo se retourna et vit son meilleur ami, Ramon Castillo le rattrapait avec un sourire aux lèvres.

"- Ramon ? Qu'est ce qu'il y a ?

- Tu ne viens pas à la fête de San José ? Je te rappelle qu'il y aura un championnat et qu'il y a de l'argent en jeu pour les trois premiers. Ecoute, je t'ai inscrit, nous allons faire...

- Ramon, coupa Carlos, je suis touché que tu aies pensé à moi, mais je ne compte pas y aller."

Son ami resta bouche bée.

"- Pardon ? Tu plaisante, j'espère ?

- Non, je suis sérieux.

- Enfin, c'est une occasion, Carlos, en plus Diego de la Vega est dans l'incapacité de se battre, on doit y aller.

- Vas-y, tout seul...Je n'ai pas le moral à y aller.

- Serais-ce à cause de la mort d'Andres ?" Lança Ramon un peu sèchement.

"- J'ai l'impression que tu es le seul parmi les étudiants à rester indifférent à sa mort, répliqua Carlos.

- Je croyais que tu ne l'aimais pas !

- Ce n'est pas parce que je ne l'aimais pas que je ne le considère pas comme un humain..Maintenant, tu m'excuseras, Ramon, mais j'ai d'autres chats à fouetter."

Un peu énervé, il s'éloigna de son ami. Carlos en réalité n'était pas aussi mauvais qu'on ne pouvait le croire. En fait, il souhaitait uniquement être reconnu et la venue de Diego de la Vega avait fait tomber à l'eau tous projets de gloires. Lorsque Marcos avait quitté son groupe pour rejoindre le duo Andres/Diego, Carlos s'était longuement demandé pourquoi. A force de voir les trois amis ensemble, rire, s'amuser, travailler et s'entraider, il avait fini par les envier et avait comprit pourquoi leur amitié était si solide.

Il se dirigea vers les dortoirs vides à cette heure-ci et s'arrêta devant la chambre de Diego. Voilà une bonne semaine que Diego de la Vega n'avait quitté sa chambre après s'être rendu chez la famille d'Andres pour se recueillir sur la tombe de son ami. Marcos est allé avec lui et lui avait confié que le jeune don était complètement dévasté et qu'il n'arrivait pas à lui faire retrouver le sourire.

"- Andres m'avait dit que Diego était trop sensible pour pouvoir accepter le fait qu'il soit malade, il savait en plus comment il réagirait face à sa mort, lui avait dit Marcos, Andres a énormement souffert de cacher ce secret, car il ne voulait pas voir Diego ainsi..."

Depuis ce jour, il était devenu le confident de Marcos. Avec la perte d'Andres, Carlos ne pouvait pas laisser tomber son ami même si ils avaient été longtemps en conflits.

Dans une inspiration, il frappa à la porte du De la Vega. Aucune réponse. Se mordant les lèvres, il essaya de l'ouvrir et fut surpris de constater qu'elle n'était pas vérouillée.

Dans la chambre, c'était un chaos. Lui qui pensait que sa chambre battait les records du désordre, il devait constater que celle-ci avait survécu à une tempête ou bien à l'apocalypse. Diego était assis sur le bord intérieur de la fenêtre, admirant sans doute le paysage, il ne salua même pas son visiteur qui referma doucement la porte.

"- Buenas Tardes, de la Vega, lâcha-t-il pour lui prévenir de sa présence.

Le jeune don sursauta et pivota vers lui.

"- Carlos del Campo ? Si vous êtes venus pour m'ennuyer...

- Je ne suis pas venu pour ça, coupa Carlos, je suis venu...pour Andres.

- Andres ? Répéta Diego légèrement blême.

Visiblement, il ne s'y attendait pas.

"- Ecoutez, Diego, j'aurai jamais imaginé vous dire ça un jour, mais...Revenez. Revenez en cours, revenez vous battre dans des duels. Ne restez pas ici, cloitrer chez vous..dans ce...bazar.

- Et en quoi me vaut cette soudaine attention amicale ? Se plaça Diego en face de lui, vous nous avez toujours cherché des problèmes et là, vous venez dans ma chambre me suppliant de sortir ?"

Carlos dut se retenir pour ne pas le frapper. Il avait oublié que Diego n'était pas du genre à garder ses mots lorsqu'il était sous l'emprise de la colère.

"- Je ne nie pas que je ne vous ai jamais porté sur le coeur, Diego, confirma Del Campo, mais en tant qu'être humain, en tant qu'homme et par respect pour Andres, je me devais de venir pour vous dire ce que je pense de votre comportement...regrettable.

- Sortez immédiatement de ma chambre, Del Campo.

- Pourquoi ? Pour que je vous laisse pourrir entre ses murs comme un mort-vivant ?Franchement, De la Vega, vous me decevez."

Pour toute réponse, Diego lui envoya un bon coup de poing en plein visage et le saisit par le col.

"- Comment osez-vous ? Je vous interdis de m'insulter de la sorte ! S'écria-t-il en le maintenant contre le mur.

- Que voulez-vous ? Un homme qui s'enferme, à cause de la mort d'un de ses meilleurs amis est un mort-vivant, je doute qu'Andres aurait été fier de vous.

- Ne bafouez pas son nom avec votre langue de vipère, Carlos !

- Pour l'instant, celui qui bafoue son nom, c'est vous en restant dans votre solitude pathétique. Dîtes-moi, est ce que Andres vous a laissé seul lorsque vous êtes arrivés ici ? Est ce qu'il vous a laissé seul après sa mort ? Non ! Il a pensé à vous, jusqu'à la fin de sa vie, il a demandé à Marcos de veiller sur vous !"

Remarquant l'hésitation de Diego, Carlos en profita pour lui rendre un coup de genoux dans le ventre, le faisant reculer et le giflant si bien que le jeune don se retrouva à terre. Cette fois-ci, les rôles furent inversés, Carlos le maintient à terre.

"- C'est vrai que je ne vous ai jamais aimé, De la Vega, mais...je vous envie. Je vous envie d'avoir eu des amis comme Andres. Et par respect pour sa mort, pour honorer sa mémoire, je me sens obligé de vous..."

Il déglutit, venant de comprendre ce qu'il venait de faire.

"- De vous...aider, acheva-t-il.

Le jeune don en resta abasourdi devant ses paroles venant d'un de ses rivaux. Il se demanda même si ce n'était pas une façon pour l'autre de jouir de sa situation.

"- Pourquoi ? Pourquoi m'aiderez vous ? vous avez toujours cherché à me causer des problèmes ?

- Parce que la première personne qui m'est parlé quand je suis arrivé ici, c'est Andres. Et vous savez ce qu'il m'a dit ?"

Diego garda le silence attendant la suite de sa phrase.

"- Il m'a dit : Ne regarde pas par terre quand tu marches, car c'est là qu'on enterre les morts , regarde autour de toi, c'est là que tu verras la vie. Elle m'a un peu dérouté, je ne l'avais pas comprise au début, ni pourquoi il m'avait dit ça le premier jour où je suis arrivé. En fait, il savait que j'avais perdu mon frère jumeau, et il avait vu à quel point, ça m'a anéanti."

Carlos le lâcha et se redressa tout en aidant le jeune De le Vega.

"- C'est vrai que même après ça, je n'ai jamais été très sympathique avec lui, mais sachez que je ne l'ai jamais provoqué en duel.

- Pourquoi ?

- Qui aurait eu envie de provoquer un ange ?"

Devant sa réponse innattendue et surprenant, Diego éclata de rire.

"- J'aurai jamais cru entendre ça de vous, rit-il.

- Moi non plus, sourit Carlos, écoutez, je vous invite à venir boire un verre avec moi.

- Serait-ce encore un de vos mauvais tours ? Se méfia Diego.

Carlos eut un rire nerveux, en lui tendant le gilet de son uniforme avec sa ceinture.

"- Et si c'était le cas, seriez vous prêt pour un défi ?"


Finalement, Diego avait suivi le jeune Del Campo. Il devait avouer qu'il avait besoin de sortir. Les deux étudiants allèrent dans une taverne qu'ils avaient l'habitude de fréquenter. Cependant, il était clair que le soudain retour de Diego en compagnie de Carlos n'allait pas rester un secret bien longtemps.

"- Tiens, donc, Diego de la Vega, je vois que vous êtes sortis de votre tanière."

Carlos et Diego levèrent les yeux vers celui qui venait de troubler leur moment de détente. Ramon Castillo souriait à pleine dent.

"- Et toi, Carlos, je n'aurai jamais imaginé qu'un jour tu partagerais la table avec De la Vega, ajouta Ramon à Del Campo.

- Les gens peuvent changer, mon ami, rétorqua Carlos à la grande surprise de Diego.

- Alors tu m'abandonnes ? C'est ça ?

- Je n'ai pas dit ça, tu peux te joindre à nous, si tu veux."

Mais Ramon ne semblait pas accepter la situation aussi facilement que Carlos.

"- Je vois. Ainsi, Diego, vous avez perdu un ami et donc vous allez en voler un autre.

- Qu'insinuez vous ?"

Diego s'apprêta à se lever mais Carlos lui retint son épaule.

"- C'est moi qui suis allé vers lui, corrigea ce dernier en serrant fortement l'épaule de Diego si bien qu'il en grimaça, si tu as quelque chose à reprocher, c'est à moi qu'il faut que tu fasses.

- Pourquoi, Carlos ? Je croyais que nous étions amis ?

- Nous le sommes toujours.

- Non. Tu as choisi le camp adverse.

- Ecoute, on va pas passer son temps à faire la guerre entre nous. Je veux juste enterrer la hâche de guerre.

- Fais comme tu veux, Carlos. Mais désormais, notre amitié s'arrête ici.

- Ramon, c'est complètement stupide..."

Mais le jeune Castillo ne l'écouta pas et alla rejoindre son groupe d'amis qui l'attendait un peu plus loin. Diego était désolé pour son ancien rival.

"- Ne t'en fais pas, assura Carlos en haussant les épaules, de toutes façons, Ramon restait avec moi uniquement pour l'argent.

- Tu as de drôles d'amis.

- Je n'ai jamais eu vraiment d'amis, Diego. Les gens que je fréquente sont surtout des personnes d'origines nobles, des riches, des aristocrates. Mais, ils sont tellement...immorales, stupides, sans cervelles, se gavant d'idioties...

- Tiens donc, d'où vient le Carlos qui ne voulait que gloire et richesse ? S'amusa Diego qui n'arrivait pas à croire que son rival était beaucoup plus raisonnable qu'il ne paraissait.

- J'ai muri, de la Vega. J'ai changé, murmura-t-il, peut-être que maintenant je sais ce que c'est de se sentir seul, perdu, coupable.

- Coupable de quoi ? S'enquit le jeune de la Vega.

- Coupable de n'avoir rien pu faire pour empêcher la ruine de son propre père."

La nouvelle laissa Diego abasourdi.

"- Attend, tu veux dire que...

- Mon père est ruiné, soupira Carlos en s'étirant négligemment, sa dépression l'a rendu accro au jeu de carte et à l'alcool et il a tout perdu en peu de temps. Mais ne t'en fais pas, le frère de ma mère, mon Oncle Aris de la Cadana a pris mes frais de scolarité en charge et il m'a désigné comme son héritier avant même que mon père finisse dans cet état. Il est veuf et sans enfants.

- Je suis désolé pour ton père."

Le jeune Del Campo étouffa un rire.

"- Tu sais quoi, Andres était au courant de ça. J'ignore comment il pouvait être au courant de tout et n'importe quoi, mais il était toujours informé de ce qui se passait chez chaque étudiant."

Diego approuva ses dires. Il était vrai que son ami avait tendance à savoir tout avant tout le monde, il connaissait les mauvaises nouvelles comme les bonnes. Diego se souvenait très bien que parfois, Andres allait voir les autres étudiants pour savoir si tout allait bien ou pour les féliciter d'un heureux événement ou bien pour les encourager. Marcos et Diego ne s'étaient jamais demandés comment et pourquoi Andres faisait tout ça. Pour eux, c'était la personnalité de leur ami littéraire.

"- Bien, j'offre un toast au plus grand homme de lettres, Andres Ileos Cortiquez. Salud, fit Carlos en levant son verre.

- Salud." L'imita Diego.