Chapitre 10
Une jeune fille marchait dans les couloirs de Poudlard. Elle tourna à l'angle et traversa un énième couloir. Les spasmes de son estomac la firent accélérer. Elle couru jusqu'à une grande porte et l'ouvrit. Les toilettes des filles étaient composées de plusieurs cabinets disposées le long des 4 murs de la pièce. Au centre de celle-ci se trouvait un cercle formé par une demi-douzaine de lavabos.
Un groupe de filles se tenait devant. Lorsqu'il entendit l'adolescente arriver, les élèves se retournèrent vers elle, l'air étonné. La jeune fille se força à leur sourire puis lentement, elle se dirigea vers une cabine pendant que les autres sortaient. La jeune fille resta debout à attendre, l'oreille collée à la porte tandis que les spasmes de son estomac continuaient. Puis lorsqu'elle fut sûre qu'il n'y avait plus personne, elle se pencha légèrement en avant pour s'asseoir. Cependant, les spasmes eurent raison d'elle. La jeune fille vomit dans les toilettes.
๑๑๑
Léna était en cours d'Histoire de la Magie. Le professeur débitait sa leçon pendant que ses élèves s'endormaient sur leur table. A l'inverse, la jeune fille faisait parti des seuls à suivre. Elle aimait ce cours.
Au bout d'un moment, le professeur leva les yeux de ses notes et s'aperçu que la plupart de ses élèves ne l'écoutaient pas. Il secoua la tête, l'air complètement dépité. Ses yeux rencontrèrent ceux de Léna et un sourire apparu sur son visage. La jeune fille lui sourit en retour. Puis il vit que quelques autres paires d'yeux l'observaient aussi. Heureux que des élèves s'intéressent à ce qu'il disait, il se replongea dans sa lecture monotone. Le cours se termina une demi-heure plus tard. Les élèves sortirent rapidement de la salle, trop content d'en avoir fini avec ce cours barbant.
Rose et Léna se dirigèrent vers le hall en prenant le grand escalier en marbre avec les autres Serdaigle. Elles bavardèrent tranquillement jusqu'à ce que les deux adolescentes arrivent à la lisière de la forêt. Les Serpentard vinrent en retard, trainant les pieds et râlant après ce professeur qui les faisait sortir du château alors qu'il faisait très froid.
En effet, l'hiver arrivait à grand pas. Désormais à la mi Novembre, les élèves se couvraient de plus en plus. Léna était revenue la veille. Elle était passée par les couloirs du château où les grandes fenêtres sans vitre laissaient passer le vent glacial. La jeune fille avait du se rendre à l'évidence que la chaleur de son foyer précédent allait lui manquer cruellement.
Lorsqu'il la vit, son petit ami quitta son groupe de Serpentard et vint la rejoindre. Il salua Rose et planta une bise sur la joue de Léna. Puis le cours commença.
Le professeur s'avança au devant de ses élèves et les salua. Il leur présenta des plantes en pot. A première vue, elles avaient l'air inoffensif. Cependant, d'après leur professeur, leurs feuilles étaient venimeuses. Il leur fallait des gants pour les manipuler.
Leur cours d'aujourd'hui consistait à prélever les graines engendrées par la plante dans son pot et les amasser dans un bocal dans un premier temps. Ensuite, les élèves devaient nourrir de sortes de petits rongeurs dans les cages disposées derrière le professeur.
- « Une dernière chose ! Ces plantes sont coriaces ! Elles ne mordent pas mais feront tout pour vous empêcher de prendre leurs graines. Faites très attention. Surtout n'utilisez aucun sort, elles n'y survivraient pas.
- C'est quoi ces plantes qui ne supportent pas la magie ? marmonna un garçon de Serpentard derrière Léna.
- Vous pouvez commencer ! »
Les élèves prirent chacun un pot. Chloé et Liz se joignirent à eux. Puis ils se mirent tous à tenter d'attraper ces graines. Tenter puisque les plantes utilisaient leurs banches pour accrocher les mains et les atteindre avec leurs feuilles venimeuses.
- « Saletés ! s'écria un Serpentard.
- C'est plus difficile que je ne pensais, dit une Serdaigle à ses amies pas loin de Léna.
- Armez-vous de patience et vous arriverez à … Mr Vaper, n'abimez pas la plante ! Il s'agit d'un être vivant ! Ne l'oubliez pas, dit le Professeur »
Léna retira vivement sa main des branchages de la petite plante. Elle lui tapait sur les nerfs. La jeune fille observa les autres. Personne n'arrivait à mater les plantes. Ils n'avaient pas le droit d'utiliser la magie. Mais ils devaient déterrer ces petits êtres verts.
Au bout d'un moment, quelques élèves réussirent à atteindre les graines. Ils poussaient des exclamations de joie. Cela motiva l'adolescente qui creusa la terre autour en évitant tant bien que mal les branches. Elle finit par dénuder les racines et sortit la plante de son pot. Léna récupéra toutes les graines et remit le végétal avec la terre dans le pot.
Contente d'elle, Léna termina l'exercice et donnant son trésor à un petit rongeur. Cependant, le professeur interpella ses élèves :
- « N'oubliez pas que vous avez deux autres plantes après celle-ci, alors ne trainez pas »
La joie de Léna disparu aussitôt. Elle avait oublié qu'il y en avait d'autres ! Déçue, elle retourna à sa table et reprit son petit manège.
A la pause de midi, la jeune fille s'effondra sur le banc. Ses amies firent de même. Les garçons s'assirent à côté et rirent de leur fatigue.
- « Eh ! Vous avez eu autant de mal que nous ! dit Léna.
- Oui mais nous, nous avons toujours la forme ! Mes petites, taquina Nathan.
- Chloé, tu as une mine affreuse. Tu as fais des folies ce week-end ? demanda Adrian tout sourire.
- Ah ah ! Très drôle !
- Je peux avoir les carottes, s'il vous plait ? demanda Léna.
- Tu as raison d'en prendre ! Ça rend aimable, plaisanta Adrian.
- Wah ! J'adore votre humour aujourd'hui les garçons, lança ironiquement Léna.
- Liz, tu … ».
Léna n'écoutait déjà plus la conversation. Elle les observait. La jeune fille était heureuse de les revoir. Ils n'avaient pas changé. Son regard tomba sur Rose à côté d'elle qui la regardait elle aussi. Elles se sourirent.
- « Alors contente d'être revenu ?
- Oh oui ! Je ne vous ai pas vu depuis près d'un mois et demi ! C'est trop !
- Tu nous as manqué toi aussi. Surtout à une certaine personne ! répondit Rose avec un sourire.
- Qui ? demanda Léna surprise.
- A ton avis ? David, bien sûr ! Le pauvre tournait en rond sans toi.
- Tu exagères quand même. Pas à ce point ! rit Léna.
- C'est vrai, j'exagère un peu. Mais il était perdu sans toi ! Un pauvre petit chiot abandonné ! Parfois c'était drôle à voir, dit Rose en regardant David à sa table. Alors comment va ton petit frère ?
- Mieux. Il court partout dans la maison maintenant ! Il en avait assez d'être cloué au lit. Dis-moi Rose, qu'est-ce que j'ai manqué pendant mon absence ?
- Comme tu le vois Chloé et Adrian se sont rapprochés. Peut être qu'il y a une future idylle entre eux ?
- Maintenant que tu le dis, c'est vrai qu'ils ont l'air plus proche, l'interrompit Léna en observant le couple potentiel.
- Après … Qu'est-ce que je peux te dire de plus ?... Liz est amoureuse !
- Eh ! Je t'ai déjà dit que ce n'est pas vrai, s'indigna la concernée qui les écoutait parler depuis le début.
- Tu connais l'attrapeur des Poufsouffle ? demanda Rose en s'adressant à Léna.
- Oui. C'est lui ? Tu as bon goût Liz !
- Arrêtez ! Je vous dis que ce n'est pas vrai, s'énerva Liz.
- D'accord, d'accord, on se tait ! Battit en retraite Rose. Le professeur Slughorn a monté un club. 'Le club de Slug'. Pas très original comme nom, tu vas me dire. C'est un club dans lequel il réunit des élèves pour des diners et des fêtes le soir. Pas mal d'élèves veulent y entrer. Mais Slug n'invite que ceux qui ont une famille connue ou à ceux qui ont de bonnes notes. C'est un club 'très sélect', débita Rose.
- Il invite tous ceux qu'ils considèrent comme des sorciers ayant un avenir prometteur, en fait, ajouta Liz.
- Tu en fais parti ? demanda Léna à Liz.
- Oui. David aussi. Et il y en a sept autres.
- Qui sont les autres ?
- Eh bien, à part Tom Jedusor, tu ne connais pas les autres.
- Madison n'est pas membre ? Pourtant sa famille est célèbre et elle a de bonnes notes ! S'étonna Léna.
- Non, je pense que c'est à cause de l'incident qu'il y a eu avec le collier, dit Rose.
- En parlant de cet incident, comment va Madison ?
- Elle a récupéré mais elle ne veut plus entendre parler du collier. Elle et Chloé se sont réconcilié, répondit Liz. Tu te rappelles de la seconde personne qui est allée à St Mangouste ?
- Oui mais je ne sais pas qui c'est !
- Une fille de Gryffondor a été pétrifiée ! s'écria Rose. Ils ne savaient pas ce qui lui été arrivé au début alors ils ont préféré l'envoyer directement à l'hôpital. Maintenant ils ont l'antidote, un filtre à la mandragore.
- Comment cela lui est-il arrivé ? Comment a-t-elle été pétrifiée ? Un sort qui a mal tourné ?
- On ne sait pas du tout. Le professeur Dumbledore nous a dit qu'elle n'aurait aucune séquelle et qu'elle allait s'en remettre rapidement »
Le lendemain, Léna alla à son cours de Potions. Lorsqu'elle sortit de la salle à la fin du cours, la jeune fille se dirigea directement à la bibliothèque. Elle voulait finir ses devoirs que ses professeurs lui avaient envoyés quelques jours avant qu'elle ne revienne au château. Chloé et Nathan l'accompagnèrent.
L'adolescente fit ses exercices et rédigea sa dissertation en Etudes des Moldus. Cela ne lui prit pas beaucoup de temps. Le fait qu'elle vive dans le monde des Moldus en dehors de Poudlard l'avantageait. D'après son professeur, les devoirs qu'elle lui rendait l'intéressaient beaucoup. Elle avait donc de très bonnes notes.
Elle relut son cours d'Histoire de la Magie et fit son devoir d'Arithmancie. Puis ses amis et elle sortirent de la bibliothèque. Léna les laissa aller à la Grande Salle pendant qu'elle se dirigeait vers la salle des professeurs. Il était midi. Ils devaient tous s'y trouver.
Lorsque Léna toqua à la porte, le professeur d'Histoire de la Magie lui ouvrit.
- « Si c'est encore toi, tu … ! Commença-t-il s'attendant sûrement à un plaisantin. Oh, c'est vous Léna ! Excusez-moi. Je pensais que c'était Peeves, ajouta-t-il avec un sourire d'excuse.
- Ce n'est pas grave, Monsieur, répondit la jeune fille.
- Voulez-vous parlez à un professeur ?
- Je suis venu apporter les devoirs que l'on m'a envoyés par hibou, dit Léna.
- Donnez-les-moi, je vais les transmettre aux professeurs concernés.
- Merci, Professeur »
Ce dernier ferma la porte et Léna se retrouva seule dans le couloir. Enfin c'est ce qu'elle croyait. Peeves flottait au-dessus d'elle.
- « Lèche-botte ! » s'écria-t-il avant de partir dans le couloir adjacent.
Léna fulminait. Quel ingrat celui-là ! Elle voulut le suivre mais la jeune fille entendit des éclats de voix au fond du couloir à sa gauche. Elle s'approcha à pas de loup.
- « […] Il faut que tu lui dise ! dit une voix de fille. Tu dois le faire.
Mais ce n'est pas encore décidé. Et puis je refuse cet accord ! répondit une voix masculine qu'elle reconnut.
- Tu ne peux pas refuser ! Si tu fais ça, tu sais très bien ce que ma famille va faire à la tienne, rit la fille.
- C'est du chantage.
- Ma famille est bien plus puissante que la tienne. Tu dois m'obéir ! ordonna l'autre.
- Je ne ferais jamais ça. Je ne te laisserai pas gâcher ma vie, refusa David.
- Romps avec Léna ! »
Cette dernière sortie de sa cachette surprenant les deux autres. Le jeune homme la regarda avec horreur.
- « Tu as tout entendu ?
- Qu'est-ce que c'est que cet accord ? demanda Léna, énervée.
- Un mariage ! s'écria la fille, victorieuse.
- De quoi tu parles ? David ?
- Vous allez arrêtez de vous voir parce qu'à la fin de nos études, David et moi, nous allons nous marier. D'ailleurs, pendant les prochaines vacances, c'est-à-dire, pour Noël nous allons nous fiancer, répondit la fille à sa place.
- C'est vrai David ?
- Ça ne se fera pas puisque je vais refuser, lança celui-ci. Sa famille veut se lier à la mienne. Ses parents font pression sur les miens pour marier leur fille avec moi, ajouta-t-il à l'attention de Léna.
- Tu n'as aucune chance avec lui. Tu n'es qu'une Sang-de-Bourbe !
- Tais-toi, Kiera ! Ne l'insulte pas ! S'énerva David.
- Et toi, ne me parle pas sur ce ton ! »
Des pas retentirent derrière Léna. Les deux autres s'interrompirent lorsqu'ils virent la personne qui arrivait.
- « Que se passe-t-il ? »
Un silence accueillit sa question. Le Préfet-en-Chef souleva un sourcil.
- « Vous êtes bien silencieux tout d'un coup.
- Je remettais en place cette Sang … cette fille, Tom, répondit Kiera.
- Qu'a-t-elle fait pour mériter autant d'acharnement ? demanda le jeune homme. Eh bien, Kiera ? dit-il devant un nouveau silence.
- Elle se mêle de ce qui ne la regarde pas.
- Dis donc toi, pour qui tu … commença Léna.
- Calmes-toi Léna, l'interrompit David.
- Mais tu as vu comment elle parle de moi ? s'indigna Léna.
- C'est vrai Kiera. Tu manques de respect à … enchérit le Préfet-en-Chef.
- Léna, répondit la jeune fille.
- Tu manques de respect à Léna » reprit Tom en regardant droit dans les yeux Kiera.
La Serpentard prit un air vexé puis devant le regard insistant du Préfet-en-Chef, elle s'efforça de paraître désolée.
- « Je suis désolée. Je ne le referais plus » dit celle-ci, plus pour le garçon que pour Léna.
Il y eut un silence pendant lequel tout le monde attendait la réaction de cette dernière mais elle ne vint pas. La Serpentard rompit ce silence en lançant d'une voix horripilante :
- « Allons manger ! Tu viens David ?
- Oui, il est temps pour nous tous de descendre avec les autres » dit alors Tom.
Cela eu pour effet de faire baisser les yeux de Kiera. Personne ne répondit mais les quatre élèves avançèrent vers la Grande Salle. La Serpentard marchait en premier et David la suivait. Ils ne se parlaient pas. Tom se mit à la hauteur de Léna.
- « Je te rencontre souvent dans des situations … Comment dire ?
- Compliquées ?
- Oui c'est cela, répondit le Préfet-en-Chef avec un sourire. Ainsi donc tu t'appelles Léna ?
- Oui, répondit celle-ci n'ayant pas envie de continuer la conversation.
- Enchanté. Nous sommes dans la même école mais nous ne nous sommes presque jamais adressé la parole, continua tout de même le garçon.
- Oui c'est vrai. Mais il y a beaucoup d'élèves, dit Léna en fixant David.
- C'est ton petit-ami ? demanda le jeune homme en suivant son regard.
- Oui »
Arrivés à la Grande Salle, Tom se tourna vers l'adolescente :
- «Bon appétit ! lança-t-il en lui souriant une dernière fois.
- Merci, bon appétit à toi aussi »
Léna le regarda s'éloigner et rejoindre les deux autres qui atteignaient déjà leur table. Tout les deux baissèrent la tête et s'assirent sur le banc. Ils n'échangèrent pas un mot avec leur Préfet-en-Chef mais il était évident qu'il avait de l'autorité ou du moins de l'influence sur eux.
Léna se rendit compte qu'elle était plantée en plein milieu de l'entrée lorsqu'elle se fit bousculer par une fille qui sortait de la salle l'air pressé, les yeux rivés sur le sol. D'autres élèves arrivaient dans la salle pour manger et râlaient après elle car elle les gênait. Elle se mit alors en marche vers sa propre table avec une impression désagréable.
๑๑๑
La jeune fille était à table avec ses camarades. Elle se força à rire aux plaisanteries de ses amis. Mais elle ne se sentait pas à sa place. Elle ne se sentait plus à sa place parmi ses amis. L'adolescente se servit un peu de purée et une patte de poulet. Elle avala quelques bouchées. Un haut-le-cœur fit son apparition. Il ne fallait pas qu'elle rende son maigre repas devant tout le monde. Ça serait la honte assurée ! Alors elle inventa une excuse et sortie de la Grande Salle en bousculant une fille au milieu de l'entrée. La jeune fille la reconnu. C'était la Serdaigle qui l'avait vu vomir en Septembre.
