THE EVAN'S COMPANY

Posté le : 25 Avril 2011. Entre deux chocolats !

Rating : MA, semblerait-il

Genre : Romance, puisqu'il faut vraiment en donner un... UA. Slash. Blablabla.

Disclaimer : Les personnages appartiennent à J.K Rowling Ce que j'en fais, sort tout droit de mon imagination complètement loufoque.

Note d'auteur : Ce chapitre est-il un grand n'importe quoi ? Euh... Oui !

Est-ce que j'aime ce chapitre ? Oui. Sans aucun doute. C'est mon préféré. Celui que j'ai le plus aimé écrire. Celui qui me ressemble le plus. Celui où, indirectement, je me livre le plus. Ce chapitre finalement, c'est comme un lien entre la vraie moi, la personne, et puis l'autre moi, celle qui se laisse déborder par son imagination, celle qui écrit.

Je me suis complètement laissé aller. J'ai passé toute une après-midi dans mon grenier à écouter des vieux vinyles, interdisant quiconque de me tenir compagnie, et mes parents ont cru que j'étais devenu dépressive. D'ailleurs ils chuchotent encore parfois sur mon passage. Mais, depuis j'ai fait pire, et ils ont du oublier l'épisode du grenier. Ceci dit, encore quelques écarts de ce type et je finis chez la psy moi … !

En redescendant, je me suis enfermée dans ma chambre et j'ai pondu ce chapitre d'une traite. Ça m'a bien pris trois heure. Et ensuite, je n'y ai plus retouché. Je l'ai relu. Un truc comme quinze fois, je me suis rendue compte que je ne n'aimais pas tout, mais je n'ai pas été capable d'y apposer la moindre retouche.

Je ne suis pas sûre que ce soit une bonne chose et je ne suis pas sûre non plus d'avoir le recul nécessaire par rapport à ce chapitre. Peut-être que j'aurais du le remplacer par un qui me touchait moins. Un dont les critiques me feraient moins peur, mais j'ai décidé d'essayer d'être courageuse. Croisons les doigts. ( & les orteils. & les cheveux. & tout ce qu'il est possible de croiser ! )

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Ne soyez pas trop dur avec moi, même les méchantes ont un cœur !

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Réponses aux anonymes :

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Lolotte : Ouh la fanatique de Draco ! J'ai cru lire entre les lignes que ce chapitre t'avait quand même plu, même si Draco en était absent. Ne t'en fais pas, il revient dans celui là, plus lui-même que jamais. :) j'espère que ce chapitre te plaira. Merci de me suivre depuis si longtemps. Je t'embrasse !

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Vicky : Elle est revenue ! Elle est revenue ! Elle est revenue. Elle est... Bon ok, j'arrête de chanter !

Massacrer une limace avec un tire-bouchon ? Je n'y avais jamais pensé. Ceci dit, ça aurait peut-être calmé mes nerfs quand, en attendant ta review, je marmonnais toute seule dans mon coin « Mais où est passé Victoria ? » en me rongeant les ongles! Adopter James ? Hum, bon c'est bien parce que c'est toi et que je sais que tu t'occupera bien de lui. Après tout, qui ne serait pas heureux s'il est nourri de crocodiles H24 ? & puis au pire si ça ne lui convient pas, moi je veux bien que tu m'adoptes :) Quant à se taper le mec Haribo, hum... Ouais, non. Définitivement non. Je le trouve un peu flippant personnellement !

La réponde se mon frère, est devenue celle de James sans trop de changement et c'est ce qui me surprend le plus. Comment j'étais, moi, à treize ans ? Bonne question. Je ne sais plus. Je sais que j'ai détesté me voir devenir une « femme » et que j'avais peur de perdre mon innocence en même temps que poussaient mes poils. Une vraie flippée ! Maintenant je sais que, comme tu le dis si bien, l'enfance c'est surtout dans la tête, et que j'aurais le droit de faire l'enfant aussi longtemps que j'en ressentirais le besoin, mais à treize ans, on ne le sait pas forcément. Malheureusement. & ceci dit, même si cette période est passée, j'aimerai toujours autant être un garçon (:

Et dis donc, interdiction de critiquer tes références, moi j'aime bien Grey's anatomy hein ! Oui c'est un truc qui parle d'amour et c'est débile. Mais c'est trop bien quand même... C'est comme fumer. C'est mal mais c'est tellement bon. & d'ailleurs, j'me suis fait rire en écrivant la réplique de John, parce que mon paquet de « cochonneries » était posé pas si loin de moi !

Si Draco est ton beau père, je veux absolument être ta mère, sauf que je viens de te demander en mariage, alors QUE FAIRE ? Parce qu'évidemment je veux me marier avec toi dans une station orbitale. Et d'ailleurs, on prendra le chemin de la station sur "Echoes", de The Rapture, parce qu'il faut quand même pas déconner !

Tu auras sans doute compris à travers ma réponse que tu es toute pardonnée, et si tu avais encore un doute, te voilà sure et certaine maintenant. N'empêche que... J'accepte quand même les crêpes ! Bisous. & merci pour l'orgasme post-lecture de ta review.

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Dixième chapitre : Depuis que t'es monté là-haut,

les anges n'ont jamais été plus beaux.

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Bristol, le 09 Juillet 2010...,

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Harry Potter était assis à son bureau et tentait tant bien que mal de trier ses papiers. Sa montre affichait vingt et une heure, et malgré cela il se refusait à quitter son lieu de travail.

Quelques minutes plus tôt, son portable avait sonné. Hermione lui annonçait qu'elle et James étaient arrivés. Ils étaient partis plus tôt dans l'après-midi pour se rendre à un concert pour lequel Hermione s'était vu offrir des places. Elle avait, dans un premier temps, décidé d'y emmener Harry, mais puisque James était là, et qu'Harry croulait sous les papiers en retard, contrats, invitations à des festivals quelconques, proposition de publicité, Hermione avait embarqué James, pour son plus grand plaisir.

Du coup, le brun devait avouer qu'il s'ennuyait cruellement. Quant à sa promesse d'avancer dans ses papiers, il était loin de la tenir. Il les avait simplement sortis, éparpillés sur son bureau, et attendait qu'ils se trient, seuls, grâce à une intervention du Saint Esprit.

Soudain, quelques coup sont portés à la porte, et celle-ci s'entrouvre sur sa secrétaire.

- Monsieur Potter ? J'y vais. Il se fait tard. Vous avez besoin de quelque chose avant ? Demande-t-elle d'une voix douce, comme si elle avait peur qu'il se soit assoupi.

- Non, merci Élisa c'est gentil, mais il se fait tard, vous l'avez dit. Vous devriez rentrer. Je suis un grand, je suis presque sur de réussir à me débrouiller tout seul.

- Très bien, comme vous voudrez. Passez une bonne soirée. Et essayez de ne pas vous tuer avec tous ces dossiers.

- Vous dîtes cela comme si je n'avais pas l'habitude de travailler, déclare-t-il, souriant.

Elle pouffe, puis referme la porte doucement.

Harry se retrouve à nouveau seul dans son bureau. Il entend le bruit que fait Élisa en attrapant sa veste puis son sac à main. Il entend le bruit de ses talons quand elle se dirige vers la porte, puis le bruit même de la porte lorsqu'elle l'ouvre, puis la referme derrière elle. Enfin, il entend le bruit de sa voiture lorsqu'elle démarre. Puis plus rien. La solitude. Le silence complet.

Le brun se lève, attrape un 45 tours qui traine sur son bureau et le met dans son vieux tourne disque, cadeau d'Hermione pour ses dix-huit ans. Manic Depression. Jimi Hendrix. Harry allume une cigarette, s'allonge à demi sur le divan qui se trouve dans son bureau et ferme les yeux. Le pied. Total.

Puis, aussi vite que le calme s'est installé, il est rompu. La porte d'entrée est de nouveau ouverte, et des pas se font entendre dans le hall. Élisa. Sans doute. Elle a du oublier quelque chose. Comme elle le fait souvent. Avec un peu de chance elle ne viendrait pas lui demander, encore, s'il allait bien, et Harry pourrait profiter de son propre ennuie mortel. Seul. Allongé sur son divan. En écoutant des légendes de la musique, malheureusement mortes bien trop tôt.

Contre toute attente, on frappe de nouveau à la porte du bureau d'Harry. Celui-ci pousse un profond soupir de désespoir.

- Entrez, marmonne-t-il, refusant de se lever de son fauteuil.

Seulement voilà, ce n'est pas sa jeune secrétaire étourdie qui fait une apparition dans son bureau. Non. Plutôt un trentenaire. Blond. Presque trop. Un sourire goguenard aux lèvres.

- Malefoy ? S'étonne le brun en se redressant à moitié.

- Et dire que c'est sur ton travail que repose la réussite de ma sœur... Je suppose qu'elle devrait plutôt s'inquiéter ! Lui lance ce dernier.

- Oh mon dieu. Pourquoi n'ai-je pas préciser à ma secrétaire de fermer la porte à clés en partant ? Fait mine de se lamenter Harry avant de se laisser retomber, de tout son poids, sur le divan.

D'une certaine manière, il est plutôt heureux de voir Draco Malefoy dans son bureau. Ils ne s'étaient pas adressé la parole depuis que le blond avait dormi sur son canapé, ce qui remontait à environ deux semaines. Autant dire une éternité par rapport aux petites habitudes qu'ils avaient pris depuis un moment. Cependant, Harry n'avouerai jamais ce sentiment devant Malefoy. Jamais !

- C'est elle qui m'a dit que tu était toujours à l'intérieur, murmure Malefoy en prenant une chaise.

- Ce n'est pas possible ! Dis moi combien tu l'as soudoyé, je vais augmenter son salaire pour qu'elle me soit à nouveau fidèle ! S'exclame Harry.

Draco Malefoy rit. Un rire haut et clair. Un vrai rire. Puis il fixe son regard dans celui d'Harry. Son regard est à peu près aussi gênant que son rire était franc.

- Qu'est-ce que tu veux Malefoy ? Demande soudainement le brun, coupant court à la rigolade.

- Pour commencer je ne dirai pas non à un verre.

- Malefoy, est-ce que j'ai l'air de rire ?

- Malheureusement, non, répond le blond en allant se servir lui même un verre. Tu n'as toujours pas... Disons, changer d'avis ?

- Si tu entends par là, est-ce que j'ai cesser de croire que tu te foutais royalement de moi, et que tu n'as qu'une envie celle de me mettre dans ton lit encore et encore comme si j'étais un objet, alors la réponse à ta question est non. Non je n'ai pas changé d'avis. Et je ne suis pas prêt de le faire.

- Très bien, répond Draco en soupirant. Dans ce cas je suppose que j'ai bien fait de me servir un verre avant de te dire ce que j'ai prévu de te dire.

- C'est à dire ? Demande Harry qui, de toute évidence, porte très peu d'attention aux intentions de son ancien camarade.

Malefoy évite son regard, garde le silence quelques instants et finit par avaler son verre cul sec.

- Doucement Barbie, je n'ai aucune envie que tu retournes faire un plongeon dans ma piscine. J'ai déjà eu de la chance que tu ne te sois pas noyé la dernière fois, je n'ai aucune envie de reprendre le...

- Anna n'est pas ma sœur, le coupe Draco.

- Pardon ? Répond Harry dont la mâchoire semble vouloir se décrocher de son visage.

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Harry a, à présent, repris une position assise sur son divan, et Draco est assis sur un fauteuil en face de lui. Ils ont chacun une cigarette à la main. Et un verre dans l'autre. Ils se regardent sans rien dire. Aucun des deux ne sachant vraiment comment mettre fin à ce silence.

- Fais pas cette tête, murmure Draco. On dirait que je viens de t'apprendre que j'ai trois testicules.

L'expression perplexe qui habite le visage d'Harry depuis de longues minutes ne fait que s'aggraver. Il fixe Draco sans rien dire.

- Je n'en ai que deux ! Je pensais que tu t'en souvenais ! Déclare Draco en riant.

Toujours pas de réaction. Le brun semble juste... Inerte.

- Je peux te remontrer si tu ne me crois pas ! S'exclame le blond.

Draco Malefoy commence alors à se redresser et défait lentement la boucle de se ceinture. La main d'Harry vient alors se poser doucement sur la sienne et il fixe son regard dans le sien, tentant de lui faire comprendre qu'il n'est aucunement en train de plaisanter. Qu'il n'en a aucune envie. Que ce n'est pas le moment.

- Je suppose que ce regard veut dire « Vas-y, raconte-moi tous tes malheurs mon enfant ! ». Tu vois, c'est pour ça que je ne t'ai rien dit avant. Je ne veux pas de ta compassion, ou de tes niaiseries parce qu'il m'est arrivé un truc pas franchement drôle dans ma vie. Je veux que tu m'envoie chier et que tu me prouves que tu peux boire plus que moi. Je veux juste qu'on soit ami... Tu comprends ?

- C'est ce que tu as ressenti pour moi ? De la compassion ? Quand je t'ai parlé de moi, de mon enfance, de Ginny et de mes erreurs ?

- Non. Bien sur que non. Je t'ai écouté. J'étais content que tu me fasses assez confiance pour me raconter ça. Je suppose en tout cas.

- Alors vas-y, murmure Harry. Raconte-moi.

Draco pousse un soupir. Harry l'avait piégé en beauté...

Il se penche, attrape une nouvelle cigarette dans le paquet d'Harry, laissé à l'abandon sur le bureau, l'allume et commence à raconter. Faisant de son mieux pour éviter de croiser le regard inquisiteur du brun.

- La famille Malefoy est une vieille famille. Elle doit exister depuis plusieurs siècles. À vrai dire je n'en ai pas une idée exacte, mais plusieurs génération. Et à chaque fois, un seul enfant. Ou deux quand, par malheur, le premier né fut une fille. Chose plutôt classique dans les grandes famille. Jusque là rien de particulier. Histoire ennuyeuse à mourir. On arrive à mon père. Il rencontre ma mère, elle est d'une bonne famille, ils se marient, ont un magnifique petit garçon, moi, tout va pour le mieux dans le meilleur des monde.

Malefoy fait une pause. Harry n'a pas bougé d'un millimètre. Il semble même avoir arrêté de respirer. Il le fixe. Attend. Impatiemment. Comme lui-même quelques jours auparavant.

- Sauf que mon père n'est jamais à la maison, il passe son temps à travailler. Je deviens adolescent, ne laisse plus ma mère m'approcher et elle, elle commence à s'ennuyer ferme. Alors, mon père lui paye une croisière. Puis deux. Puis trois. Puis une chaque mois. Elle revient bronzée, rencontre d'autres femmes de riches et s'habitue à sa vie chiante à mourir. Je n'ai jamais eu le fin mot de l'histoire, mais un soir d'été je les entends se disputer. Et pas qu'un peu. Il hurle. Elle pleure. Il la menace. Elle lui répond qu'elle ne le laissera jamais faire. Ça dure des heures. J'appelle Blaise et Théo, je fais le mur et je bois pour oublier que mes parents se détestent et que ma destiné est de finir comme eux. Deux semaines plus tard, mes parents m'annoncent, tout mielleux, que je vais être grand frère.

Le regard du brun est toujours posé sur Malefoy. Il attend le dénouement de cette triste histoire. Le blond semble souffrir quand il raconte. Il semble souffrir et Harry se souviens alors les sourires qu'Anna et lui échangent. Rien ne laisse présager qu'ils ne sont, en réalité, pas frères et sœurs. Rien. À part peut-être le fait qu'ils ont l'air de trop bien s'entendre.

- Seulement voilà, reprend Draco. J'ai seize ans et je ne suis pas con. Il font chambre à part depuis que je suis tout petit. Ils ne s'embrassent jamais alors de là à copuler... Ma mère finira par me l'avouer. Elle a couché avec un steward sur l'une de ses croisières, n'a pas voulu avorter, a réussi à convaincre mon père, ça sera comme si c'était son enfant. Je n'y crois pas mais je ne dis rien. J'attends. Seulement, j'avais raison. Anna arrive quelques mois plus tard et mon père ne la considèrera jamais comme sa fille. Heureusement pour elle, elle hérite tout de ma mère et non du fameux steward, seulement pour mon père, cet homme fier et arrogant, elle restera toujours la fille d'un autre. Elle ne sera jamais assez jolie, assez douée, assez intelligente. Dès que j'ai dix-huit ans, je me tire de la maison, histoire de ne pas voir ça. Je suis lâche. Et elle... Mon Dieu elle est tellement forte.

- Est-ce qu'il... ? Murmure Harry d'une voix à peine audible.

- Lui fait du mal ? Non. Même pas une fessée ou une punition. En dix-sept ans. Il l'ignore. Tout simplement. Elle saute une classe et il ne la félicite pas. Elle apprend à jouer de la guitare toute seule et il n'écoute même pas une fois. Et puis elle fume des patard, bois et se tape le jardinier de la maison familiale, il ne l'engueule pas. Elle n'existe pas. Elle a beau tout faire pour attirer son attention, il ne lui en prête aucune. Il ne la prend pas dans ses bras, ne l'embrasse jamais.

- Elle le sait ? Le coupe à nouveau Harry, d'une voix à peine plus haute que la précédente.

- Oui. Non. Elle ne m'en a jamais parlé. Je ne l'ai jamais fait non plus. Ma mère n'en aura jamais le courage. Quant à mon père, il faudrait déjà qu'il lui parle... On murmure dans le dos de la famille Malefoy. On chuchote qu'Anna n'est pas la fille de Lucius, mais elle semble y porter très peu d'attention. Elle est là, fière. De la même fierté froide que mon père, paradoxalement. Elle est la fille que beaucoup auraient aimé avoir. Sauf lui. Elle est... C'est ma sœur Harry. Personne n'y changera jamais rien. Elle est exceptionnelle. Elle est forte. Elle est belle. Elle est drôle. Et gentille. Et douce. Et généreuse. Je crois... Je pourrais continuer comme ça pendant des heures. Beaucoup de gens s'accorderont pour dire que je n'ai pas de cœur. Aucun sentiment. Rien. Et je ne dirais pas forcément qu'ils ont tord. Je ne suis même pas sur d'aimer mes parents... Ce qui, avouons le, est dégueulasse quand on sait que tu aurait certainement adoré connaître les tiens. Et les aimer. Par contre, elle, je l'aime. Et c'est pour ça que je l'ai fait venir ici. Pour t'approcher aussi, je l'avoue. D'une certaine façon je me suis servit d'elle pour t'avoir dans mon lit. Car tu as raison, je crevais d'envie de t'avoir dans mon lit. Je me suis servie d'elle, mais jamais je ne serai capable de lui faire du mal. Jamais. Je l'ai longtemps fuit parce que je n'ai pas le courage d'assumer ce que je sais et qu'elle sait sûrement aussi. Je l'ai abandonné alors qu'elle avait besoin d'un grand frère. Je ne sais pas si c'est trop tard, mais aujourd'hui je suis là et j'aimerais que ça suffise pour tout effacer.

La voix de Draco se brise. Et une larme coule doucement sur sa joue. Il n'ose toujours pas croiser le regard d'Harry. Il préfère méditer sur les révélations qu'il vient de lui faire.

Après presque dix minutes de silence absolu, le blond réagit enfin.

- Est-ce que tu vas dire quelque chose ? Demande-t-il.

- Non, répond Harry presque immédiatement.

- Rien ?

- Est-ce que tu te sentirai mieux si je te disais quelque chose ? Rétorque Harry.

- Je ne crois pas, non, se résout à répondre le blond.

- Alors voilà.

- Et est-ce que tu vas m'embrasser comme moi je l'ai fait la dernière fois ?

- Je ne sais pas, ça dépend. Tu as envie que je t'embrasse ?

- Je crois, oui, murmure Draco.

Alors Harry se lève et vient délicatement poser ses lèvres sur celles du blond. C'est un baiser doux. Il n'est pas naturel, et pourtant on pourrait le croire. C'est un baiser qui veut dire je suis là. C'est un baiser comme on prendrait quelqu'un dans ses bras pour le consoler.

Harry retire ensuite ses lèvres, aussi doucement qu'il les as posées et se lève d'un bond. Il ouvre un des tiroir de son bureau, en sort quelque chose que Draco ne voit pas, attrape ses clés et tend sa main au blond.

- Allez, viens. Viens avec moi.

Draco accepte la main tendue, et suit Harry dans la nuit.

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Le blond avait d'abord penser qu'Harry l'emmenait chez lui, histoire de lui faire l'amour toute la nuit. Faut pas croire, le sexe, ça console quand même vachement bien ! Puis, quand il avait pris le chemin de se voiture, tenant toujours Draco par la main, ce dernier s'était dit qu'il l'emmenait boire un verre pour fêter ses révélations et parce qu'il semble évident qu'ils ont tous les deux besoin d'un remontant.

Seulement, de tout évidence ce n'est pas ça. Harry roule et sort doucement de la ville. Ils prennent plusieurs petites routes, puis des autoroutes, et encore des petites routes. Harry a le regard fixé sur la route et il ne dit pas un mot. Son auto-radio semble diffuser l'intégrale des Doors, le volume proche du minimum. Le trajet dure bien une heure. Une heure et demi peut-être. Draco n'a pas la notion du temps et il fait trop noir dans l'habitacle pour qu'ils puissent distinguer les aiguilles de sa montre.

Enfin, Harry arrêta sa voiture sur un parking, qui semblait abandonné, face à ce que Malefoy qualifierais d'un mur. Tout à fait quelconque. Qu'est-ce qu'ils faisaient là ?

- Potter ? Est-ce que je peux savoir où on est ? Demande Draco presque immédiatement.

- Devant le cimetière de Salisbury, répond Harry comme si c'était en réalité une sorte d'évidence.

- Et qu'est-ce qu'on fait devant ce... Cimetière ?

- C'est là que sont enterrés mes parents Malefoy. Et mon parrain. Je veux te montrer quelque chose.

- Je sais pas si tu es au courant, mais il doit être quelque chose comme vingt-trois heures. Ou minuit. Ton cimetière là, il est fermé !

- Et ? Lance Harry avant de quitter la voiture.

Harry s'avance vers le mur et Draco, lui aussi sortit du véhicule, le suit du regard. Il voit le brun venir coller son corps au mur, poser ses deux mains, bien à plat sur le haut du mur, et y prendre appui afin de soulever son corps, ce qu'il parvient à faire sans la moindre difficulté.

Il est à présent assis sur le mur, ses jambes pendant à l'intérieur du cimetière, et il lance un regard interrogateur au blond.

- Allez Malefoy, fais pas ta chochotte, viens !

- Potter, déclare le blond en s'approchant du mur, est-ce qu'on est en train de rentrer, disons par effraction, dans un cimetière au beau milieu de la nuit ?

- C'est exactement ça, répond Harry en se laissant tomber à l'intérieur, bientôt suivi par Draco.

Le brun zigzague entre les tombes, semblant connaître le chemin qu'il est en train de parcourir, sur le bout des doigts. Draco, quand à lui, le suit minutieusement, craignant de faire un faux pas et de tomber.

Bientôt, Harry s'arrête devant une tombe, fait un signe de croix et s'assoit sur l'une d'elle sous le regard ébahi de Draco. Le brun sort une lampe torche de la poche arrière de son jean, et l'allume, apportant ainsi un peu de lumière. Ils sont alors, tous deux, éclairés par la lune et le faisceau de lumière produit par la lampe. Cette ambiance pourrait presque paraître romantique. Du moins s'ils n'étaient pas dans un cimetière.

- Assied-toi, je t'en prie, murmure Harry. Oh, je ne te conseille pas Sirius, ajoute-t-il en désignant la tombe à sa droite, je lui disais souvent du mal de toi quand j'étais plus jeune. Pour peu qu'il s'en souvienne... Celle de ma mère a toujours été ma préférée, mais je pense que mon père n'aurait aucun inconvénient à ce que tu t'assois sur sa tombe.

Draco à l'impression de rêver. Harry avait complètement perdu la tête, c'était la seule explication plausible. Sinon, pourquoi l'aurait-il emmené dans un cimetière, en pleine nuit et le sommerait-il de s'assoir sur la tombe de son père ? Tout ceci n'avait aucun sens.

- Quand j'étais plus jeune, commence Harry, et qu'il était encore vivant, bien entendu, Sirius m'emmenait souvent ici. Ce n'était pas mon oncle ou ma tante qui l'aurait fait et vu qu'ils sont enterrés ici, je n'avais que très peu l'occasion de les voir...

- Pourquoi tu me racontes tout ça ? Demande Draco qui finit, finalement, par s'assoir sur la tombe du père d'Harry.

- On venait là, et on jouait. Il avait un jeu génial. Un jeu qui nous faisait chanter. Et danser même parfois. Oui, dans un cimetière. Et les gens nous regardait bizarrement. Mais on s'en foutait. L'autre jour, ta sœur m'a demandé d'où me venait mon goût pour la musique. Pourquoi j'aimais tellement ça. Pourquoi j'aidais tellement de gens à réaliser leurs rêves dans ce domaine. J'avoue que je n'ai pas su quoi répondre. Je me suis dit que, peut-être, un jour je l'emmènerais ici, et je lui montrerais... Finalement, c'est toi que j'emmène. Va savoir pourquoi.

- T'es dingue..., murmure Draco.

- Qu'est-ce que tu dirais d'un joint ? Et après on joue. J'ai bien joué à ton jeu, moi, alors tu me dois bien ça Malefoy.

- Très bien...

Harry sort donc un joint d'une des poches de son jean. À croire que ce type avait vraiment tout ce qu'il fallait dans ses poches. Il l'allume, s'allonge sur la tombe de sa mère et fume, les yeux fermés. Totalement détendu.

Puis, il passe le joint à Draco qui fume un peu plus précautionneusement. Après tout, il a presque arrêté tout ça depuis la fin de la fac.

Ils sont là, dans le silence presque inquiétant du cimetière, assis pour l'un, allongé pour l'autre, sur des tombes, et ils fument en silence. Ils sont redevenus des sortes d'adolescents. Présents dans un lieu qui leur est interdit. Faisant quelque chose d'illégal. Et cette idée fait rire Draco. Il rit doucement. Il rit de ce qu'il fait depuis qu'il a décidé de mettre Harry Potter dans son lit. Qu'allait-il devenir ? Et l'incertitude ne fait que renforcer son rire.

- Draco ? Appelle Harry. Dis moi le titre d'une chanson. Une seule. Ta préférée...

Draco prend le temps de réfléchir. D'après ce qu'il avait compris, la musique n'avait rien d'un jeu pour le brun. Et encore moins dans cet endroit. Il regarde le ciel. Tourne la tête sur sa droite et constate que les yeux d'Harry sont fermés. Il attend.

- Peut-être... J'ai peur de me tromper et ne pas pouvoir revenir en arrière, mais je crois... Jailhouse Rock. Elvis Presley. C'est la chanson préférée d'Anna. Et moi j'adore l'écouter avec elle. Quitte à en choisir une je crois que ce serait elle.

- Je m'en fou. Je sais déjà que ta sœur a de très bons goûts. Ce qui m'intéresse c'est toi, lui répond Harry presque immédiatement.

- Oui, alors hum... C'est d'un classique désarmant, mais Dream On, d'Aerosmith. Quand je l'écoute, c'est juste... Le paradis. Je me sens bien. Comme jamais... Mais par contre j'adorerais faire l'amour sur Roxanne de Police.

Cette réponse semble satisfaire à Harry car cette fois il ne dit rien. Ses yeux sont toujours fermés. On pourrait presque croire qu'il dort. Ou même qu'il est mort. Il a l'air si... Paisible.

- Sur quelle chanson tu aimerais faire l'amour Harry ? Finit par demander Draco.

- Let it be, des Beatles, répond-t-il sans hésitation. Ou Seasons in the Sun mais chanté par Nirvana. Même si elle ne convient absolument pas. Au niveau du rythme j'entends. Mais j'adore cette chanson.

- C'est ça le jeu n'est-ce pas ? Trouver une chanson pour chaque moment de ta vie ?

- Oui, répond Harry. Oui. Et Sirius était vraiment très fort. Sa chanson à lui, depuis la mort de mes parents c'était Manic Depression. Jimi Hendrix. Celle que j'écoutais quand tu es entré dans mon bureau.

- Bon choix, commente Draco.

- Le meilleur. J'aimerais... Tu vois je suis en colère, parce que je peux trouver une chanson pour presque chaque moment de ma vie, et pourtant je n'arrive à trouver ma chanson. Je n'arrive pas à faire comme lui.

Draco pense un instant qu'Harry est juste complètement défoncé, qu'il délire complètement. Puis, il se dit qu'il pourrait peut-être juste oublier d'essayer de comprendre.

- Voyons ça. Pour te lever ? Interroge Draco qui, il doit l'avouer, se laisse prendre au jeu.

- Island of the Sun, the Weezer. Ou Life de Des'ree, répond Harry en souriant. Enfin, ça c'est juste pour sortir de mon lit. Quand je suis dans ma salle de bain j'aime danser comme une adolescente pleine d'hormone en chantant dans une brosse à cheveux qu'Hermione a oublié chez moi et que je n'ai jamais voulu lui rendre. Pour ça, je met en fond sonore I want you back des Jackson Five, Crush, Jennifer Paige voir même du Britney Spears.

Draco laisse échapper un petit rire, avant de continuer.

- Et sur quelle chanson tu te marierais ?

- Je me suis déjà marié... Ginny a marché jusqu'à l'autel sur Imagine de John Lennon. Et je ne peux plus entendre cette magnifique chanson sans avoir un pincement au coeur. Hermione dit qu'elle voudrait se marier sur Always love de Nada Surf. Quant à moi... Si l'occasion se représentait... Merde. C'est pire qu'un cliché je crois. J'adorerais me marier sur I'm still standing, d'Elton John...

Ils éclatent tous les deux de rire, et malgré la gêne que cela lui occasionne, Draco se laisse aller à s'allonger sur la tombe du père d'Harry.

- Et puisqu'on est ici sur quelle chanson enterrerais-tu quelqu'un que tu aimes ?

- J'espère tellement que ce moment n'arrivera jamais... Je ne veux plus jamais avoir à enterrer personne. Mais je crois que je choisirais... Mad World. Gary Jules.

- Et quelle chanson mets-tu à fond dans ta voiture ? Demande ensuite Draco, conscient de passer du coq à l'âne.

- Sans hésitation, The Cramberries. Zombie. Sauf si James est dans la voiture. Là, ce serait Holidays de Greenday.

- Il a déjà ton goût pour la musique ? D'ailleurs, à lui, quelle est la première chanson que tu lui ai fais écouter ?

- Ginny a, pour mon plus grand désarroi, fait écouter des comptines stupides à James alors qu'il venait juste de naitre. Mais je me souviens qu'une fois en rentrant, il dormait et je lui ai fredonné Angels de Robbie Williams. Elle venait de sortir et passait sans arrêt à la radio... Bien plus tard, je lui ai fait écouter Wild World de Cat Stevens. Et c'est resté. Il adore cette chanson. Enfin aux dernières nouvelles.

Draco sourit. Il ne savait pas quel était le problème de Potter. Pourquoi il aimait tellement raconter des choses aussi intimes à quelqu'un comme lui alors qu'ils n'étaient pas si proches que ça. Il devait avouer qu'il était touché. Il savait comme il était dur de prendre le temps de raconter certains de ses secrets, comme lui l'avait fait plus tôt dans la soirée. Dans le seul but de montrer à Potter qu'il lui faisait confiance. Et qu'il lui manquait. Allez savoir pourquoi, il voulait devenir son ami. Il aimait réellement sa présence. Et il avait décidé de se confier à Potter pour ne pas le perdre. Mais à présent ils étaient quitte, alors pourquoi Harry continuait-il à lui raconter ces choses si personnelles ?

- Ensuite, continue Harry, comme s'il avait sentie que cette situation gênait Draco, j'aime boire un verre en écoutant Where did you sleep last night de Nirvana. Ou Alabama Song, The Doors. Évidemment. Je mettrais Thinking of you, de Tracy Chapman en fond sonore pour un diner romantique. Et je ferais une déclaration sur Wonderwall d'Oasis. Je me prépare pour mes rendez-vous, galants ou non, sur Things have Changed de Bob Dylan. Et je fredonne souvent Californication des Red Hot Chili Pappers. J'aime fumer en écoutant Jeamin de Bob Marley, encore une évidence, ou Polly de Nirvana. Encore.

Dans le noir, pendant qu'Harry parle, Draco se rend compte que s'ils tendaient tous les deux les bras, leurs mains pourraient se toucher. Et à cet instant précis, il en a vraiment envie. Mais, à la place, il décide de se lever, et s'approche du brun. Celui-ci semble comprendre le message car il se décale un peu, histoire de laisser une petite place à Draco sur la tombe de sa mère.

- Moi, j'ai constamment le sourire quand j'entends Fuck Forever des Babyshambles, et j'adore l'accompagnement musical de Porcelain de Moby. Il me détend complètement, déclare Draco en se lovant contre le corps du brun. Et, même si c'est ridicule, je fond en entendant Goodbye My Lover de James Blunt, ou The Wings, le thème de cette connerie de Brockeback Mountain qui m'a vue chialer comme une fillette. Je ne voulais pas le voir. Deux cowboys qui baisent sur une montagne, quel intérêt ? Et puis Blaise me l'a prêté. Il est resté des jours posé sur la table avant que je le regarde. Et putain...

En entendant ça, Harry resserre encore un peu l'étreinte. Draco se demande un instant s'il n'est pas dépressif, puis décide qu'il préfère ne pas le savoir.

- Alors ça y est, on a réussi à devenir ami ? S'aventure le blond un peu plus tard.

- Non, répond Harry d'une voix froide.

- Non ?

- J'ai constamment envie de t'embrasser, et ce n'est pas ce qu'on fait avec ses amis, répond Harry.

Et Draco sait, sans vraiment savoir comment, qu'il ne dira plus rien pour le moment. Peut-être même de la soirée. Et il sait aussi qu'aussi bizarre que ça puisse paraître, Harry ne l'embrassera pas. Pas ce soir. Il doit avouer que cette conclusion le frustre un peu. Mais ce n'est pas grave. Il est bien.

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À suivre...

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* Monté là-haut,Saez. Sublime. Y a-t-il un autre mot ?