Salut tout le monde ! Me voilà de retour, oui enfin ! :D Bref, me voici avec le chapitre 10 que vous avez si longuement attendu. D'ailleurs je vous remercie pour votre patience, vous êtes tout simplement géniaux, vous mes lecteurs fidèles. Et merci aussi aux nouveaux lecteurs et nouvelles lectrices.

Pour me faire pardonner j'ai plusieurs petites choses à vous dire: tout d'abord je vous ai fait un chapitre un chouilla plus long que d'habitude. Ensuite, le chapitre 11 est déjà terminé. De même que l'épilogue qui se déroulera en deux parties. Mais il me reste encore le chapitre 12 à terminer. Comme vous pouvez le voir j'ai vraiment bien avancé, même si mon travail déstructuré ralenti un peu le processus de publication. Pour faire durer le suspens et me laisser le temps de terminer le chapitre en cours, je ne posterai le chapitre suivant que dans quelques jours. :-)

Fan-des-series: Ma chère petite Preum's encore une fois je ne te remercierai jamais assez pour ton précieux soutien et tes innombrables reviews. Je suis contente que le chapitre 9 t'ait satisfaite. J'espère que celui-ci en fera de même. :D

Delhouss: Encore merci pour ta review, j'espère que ce chapitre aussi te plaira. :-)

Elyseb: Voici la suite ! T'inquiètes pas, ce chapitre là est moins triste. Merci pour ta review. :-)

CptJackHarkness: Je te remercie pour ta review très agréable et encourageante. Comme promis par MP, la suite est postée avant la fin du mois de Mars ! =P J'espère l'histoire te plaira toujours autant. :-)

[PS: Et merci tout spécialement à Anne-So' (elle se reconnaîtra) qui z'yeute parfois mon travail d'écriture par dessus mon épaule quand je suis en cours et qui m'encourage tout au long. Ça signifie beaucoup pour moi. :3]

Sur ce, bonne lecture à vous ! :-)


Cela faisait maintenant un moment que Faith avait emménagé dans l'appartement de Bosco. Les premiers temps avaient été un peu difficiles, mais elle avait fini par s'y faire. Le mois de décembre était désormais bien établit, recouvrant la ville de New York d'un épais manteau blanc. L'assistante sociale avait rendu son rapport au juge chargé du divorce des époux Yokas. Malheureusement pour Faith, son ex-mari s'en sortait bien avec l'aide de son amante et les enfants étaient, paraît-il, très épanouis. La seule consolation qu'elle tirait de tout cela, c'était qu'au moins Fred ne s'était pas remis à boire et que les enfants étaient donc bien traités. Comme si Fred avait s'était déjà comporté comme un monstre avec les gosses… pensa-t-elle. Non, non ma pauvre fille… il n'y a qu'avec toi qu'il agissait ainsi. La jeune femme sortit de ses pensées lorsque son partenaire ouvrit la porte du côté passager de la voiture de patrouille. Une fois qu'il fut installé correctement sur son siège il lui tendit sont café et son sandwich.

« Merci Bosco. »

« Harry te passe le bonjour. Son fils était avec lui aujourd'hui. »

« Ah oui ? Il n'est pas censé être à l'école ? »

« Son professeur est absent, ou quelque chose comme ça. »

Les deux officiers de 55-David restèrent à l'arrêt, profitant de la chaleur enveloppant l'habitacle pour avaler leur repas. En règle générale les pauses duraient un peu moins longtemps en hiver qu'en été. C'était beaucoup plus agréable de manger sur le pouce dans la voiture là où ils n'auraient pas à subir la morsure du froid. Une fois qu'ils eurent terminé, ils se mirent d'accord pour avertir le central qu'ils étaient de nouveau disponible. A peine avaient-ils repris leur patrouille que leur radio grésilla.

« 55-David, votre soutien est nécessaire auprès de 55-Charlie sur la 45e Est. »

« Entendu, central. »

Après avoir répondu au message radio, Bosco se tourna vers Faith qui avait pris la direction que le central venait de leur indiquer.

« Ils ne peuvent pas se passer de nous ! »

La jeune femme ne répondit rien mais ne peut s'empêcher de sourire. Cette petite rivalité entre lui et leurs deux amis de 55-Charlie durait depuis la nuit des temps. Mais pourtant il semblait que le lien qui unissait les quatre compères était devenu plus fort à partir du moment où Faith avait eu des problèmes avec Fred, et davantage encore après la dispute des deux officiers de 55-David. Plus que des amis, ils étaient réellement une famille. Et quelle famille ! Aucun d'entre eux n'avait été aidé par la vie, d'une façon ou d'une autre. Cette atmosphère contribuait beaucoup au bon fonctionnement du commissariat de la 55e division de la Police de New York. Le Lieutenant Swersky lui-même gérait ses troupes comme le patriarche d'une grande famille : avec fermeté et bienveillance.

Quand la voiture de patrouille se gara sur le bas-côté, une ambulance était déjà sur place. Pourtant il ne semblait pas à première vue y avoir de blessé. Faith et Bosco échangèrent un regard perplexe puis sortirent de l'habitacle. Dehors, Davis se trouvait avec un groupe d'hommes, dont deux d'entre eux étaient menottés. Sully lui, était aux abonnés absents.

« Eh alors, Davis ! Tu as largué le vieux grincheux sur le bord de la route ? »

« Tu sais ce qu'il te dit le vieux grincheux ? »

Bosco se retourna quand la voix de Sully lui répondit. Il était assis sur le bord de l'ambulance, une chaussure posée à côté de lui. Kim était en train de lui de palper sa cheville gauche. Alex était au fond du véhicule médical en train de farfouiller à la recherche de quelque chose. Il se mit à rire.

« Sully, que t'est-il arrivé ? »

« Merci de te soucier de moi, Faith. Ce n'est pas ton partenaire qui le ferait. »

« Alors ? »

« Il a glissé sur une plaque de verglas, Faith, rien de plus. Dites, vous pourriez nous prendre ces gusses pendant que je récupère Sully à la Pitié ? »

« Pas de problème Davis. »

« Merci les gars. »

Pendant leur échange, le vieux Sullivan continuait de bougonner dans son coin. Kim et Alex l'aidèrent à monter complètement dans l'ambulance et à s'installer sur le brancard. Après un dernier salut aux trois officiers elles se mirent en route. Davis fit un rapide topo de la situation à ses collègues avant de prendre à son tour la route de l'hôpital. L'histoire était banale : deux adolescents s'étaient pointés dans une épicerie du quartier et avaient tenté de voler quelque chose. Le propriétaire de la boutique s'étant déjà fait dévaliser par le passé avait investi dans la sécurité. C'est ainsi que les deux jeunes s'étaient retrouvés braqués par une carabine. C'est un passant qui avait averti la police.

ooo

Les deux délinquants venaient d'être mis en cellule quand le sergent Maritza Cruz de la criminelle les interpela alors qu'elle descendait les escaliers qui permettaient d'accéder aux bureaux de l'unité, à l'étage.

« Boscorelli ! »

Les deux partenaires se retournèrent dans un synchronisme presque parfait. Faith n'aimait pas tellement cette femme. On aurait pu s'attendre au contraire, étant donné qu'il n'y avait que peu de femmes dans le service, mais non. Elle n'aimait pas sa façon d'avoir toujours raison, sa façon de prendre les gens de haut. Ce n'était peut-être que des préjugés, mais au fond elle l'imaginait très bien comme étant le genre de femme à coucher pour réussir dans un monde composé essentiellement d'hommes. Après tout, elle avait le physique de l'emploi : une belle poitrine, de longues et fines jambes qu'elle mettait en évidence en portant des jupes indécemment courtes à chaque fois qu'elle en avait l'occasion. Physiquement, il fallait l'admettre, Cruz était une belle femme. Mais il y avait, au goût de Faith, un éclat mauvais dans ses yeux qui brisait toute la beauté de ses traits.

« Bosco, je te cherchais justement. Je pourrais te parler en privé, une minute ? »

Le concerné se tourna vers sa partenaire pour avoir son avis.

« Vas-y Bos'. Je m'occupe de la paperasse. »

« D'accord. Je te rejoins au plus vite. A tout à l'heure. »

« A tout à l'heure, Bosco. Sergent. »

« Yokas. »

« C'est Mitchell. »

« Ouais… »

Faith tourna les talons rapidement. La méprise dans la voix du Sergent lui laissait toujours un arrière-goût amer au fond de la gorge. De toute manière, elle avait du boulot. Bosco suivit du regard sa partenaire jusqu'à ce qu'elle tourne au coin du couloir, puis suivit la brunette. Celle-ci l'emmena dans une des salles du commissariat, histoire de pouvoir parler plus tranquillement qu'au milieu des allers et venues des autres officiers. Bosco entendit la porte de la pièce se refermer derrière lui alors qu'il s'avança jusqu'au bureau, sur lequel il s'appuya plus qu'il ne s'assit. Il resta ainsi face au Sergent Cruz, les bras croisés sur le torse.

« La crim', ça t'intéresse toujours Bosco ? »

« Et comment ! »

« Mon équipe et moi travaillons actuellement sur une affaire de trafic d'armes. Et ça pourrait bien nous conduire à mettre en place une opération sous couverture. Ça te dirait d'être de la partie ? »

« Et ça commencerais quand ? »

« Comme je viens de le dire, on est déjà sur l'affaire en ce moment. Mais s'il devait y avoir effectivement une infiltration, ça ne serait pas avant le mois prochain au minimum. On doit d'abord se faire une idée de la situation et, si nécessaire, tout programmer. »

« Ouais je comprends. »

Savoir qu'il pourrait passer Noël comme prévu avec Faith le rassura un peu. Ce serait la première fois qu'il passerait les fêtes de fin d'année rien qu'avec elle, et même une proposition, aussi alléchante soit-elle, de la section criminelle ne l'aurait pas fait changer ses plans. Il se reconcentra sur la conversation quand justement Cruz lui adressa un sourire moqueur.

« Pourquoi, t'as des plans pour Noël Bosco ? »

« On peut dire ça, ouais. »

« Ça doit être sérieux entre ta nouvelle copine et toi, pour que vous passiez les fêtes ensembles. Je ne croyais pas ça possible, venant de toi. »

« Qu'est-ce que c'est censé vouloir dire ? »

« Oh rien… mais ta réputation de coureur de jupon te précède Boscorelli. Comment s'appelle-t-elle ? »

Il n'apprécia pas trop son commentaire, c'est pourquoi il s'empressa de mettre un terme à la discussion. Il se redressa et s'avança jusqu'à être à côté d'elle.

« Ça ne vous regardes pas Sergent. Je dois y aller, j'ai encore du travail. »

« Maurice Boscorelli qui se dépêche pour de la paperasse, qui peut le croire ? »

Bosco se contenta de serrer les dents et de se diriger vers la porte. Elle aurait été un homme, Cruz se serait pris son poing dans la figure. Mais il avait pour principe de ne pas lever la main sur les femmes, peu importe de qui il pouvait s'agir.

« Parfait… » Se résigna-t-elle. « Je vais aller en parler à ton boss et je te tiens au courant. »

« Ouais… »

ooo

Bosco quitta la pièce avant même que Cruz ait pu ajouter quoi que ce soit. Il retrouva sa partenaire en train de remplir la paperasse. Il s'installa en face d'elle et se mit à son tour au travail. Bien qu'il ait horreur de ça, il n'aimait pas la voir se farcir tout le sale boulot toute seule. Quand il fut enfin assit, Faith leva les yeux de son formulaire.

« Alors, qu'est-ce que Cruz te voulait ? »

« Me proposer de leur donner un coup de main pour une affaire. »

« Eh ben dis-donc, caches ta joie. Je croyais que ça te plaisait de travailler avec eux ? »

« Qu'est-ce que tu racontes ? Bien sûr que l'unité criminelle m'intéresse, et c'est pour ça qu'elle me l'a proposé. »

« Elle a l'air de bien t'aimer. »

« Je suis un bon flic, c'est tout. »

Faith se mit à sourire en le regardant. Le genre de sourire qui faisait briller ses yeux et qui éclairait tout son visage. Même contrarié, Bosco avait du mal à ne pas sourire aussi dans ces cas-là.

« Depuis quand l'Officier Maurice Boscorelli est-il devenu si modeste ? »

« Et depuis quand es-tu devenue si jalouse ? »

Il venait de la piéger à son propre jeu, et il était fier de lui. Faith se rembrunit aussitôt alors que lui se mit à rire gentiment.

« Je ne suis pas jalouse. »

« Bien sûr… »

Le ton qu'il avait employé montrait bien qu'il n'était pas convaincu. A vrai dire, Faith savait bien qu'au fond c'était plus elle-même qu'elle cherchait à persuader. Elle n'était pas du genre à faire des crises de jalousie. Bien sûr, ça lui arrivait de l'être un peu, après tout elle était humaine aussi. Mais en temps normal elle n'était pas autant affectée, ou du moins elle ne l'exprimait pas ainsi. C'était plus fort qu'elle, elle n'y pouvait rien. Cette femme – Maritza Cruz – l'horripilait à un point… Préférant ne rien rajouter, elle se reconcentra sur sa paperasse. Pendant encore quelques minutes elle sentit le regard de son partenaire sur elle, mais ne broncha pas. Elle ne voulait pas lui donner davantage de raison de l'embêter avec ça.

Bosco de son côté était amusé par la situation. Il n'avait jamais vu Faith réagir ainsi lorsqu'elle était avec Fred. Il ne pouvait pas le lui reprocher, étant donné son passé. Le sergent Cruz ressemblait en de nombreux point au type de filles avec lesquelles il avait l'habitude de coucher. Et même si la brune était du genre à faire du rentre-dedans quand elle en avait décidé ainsi, c'était Faith qu'il aimait. De plus il avait toujours mis un point d'honneur à être fidèle, donc sa jolie blonde n'avait aucun souci à se faire à son propos.

Une fois la paperasse terminée, les deux officiers de 55-David se levèrent. Faith se chargea de tout ranger pendant que Bosco remettait sa veste et regagnait leur voiture de patrouille. A l'extérieur ils aperçurent leurs collègues de 55-Charlie. Sully venait récupérer ses affaires et déposer son arrêt de travail avant que Davis ne le reconduise chez lui.

La fin de leur service se passa tranquillement. Ils discutèrent de leurs projets pour Noël. Bosco n'était pas le plus festif des deux, mais il l'avait toujours fêté dignement avec sa mère. Cette année, Rose ne serait pas là. Elle s'était arrangée pour passer les fêtes avec une personne de sa famille, une cousine peut-être, elle n'en avait pas dit plus. Tous les deux savaient qu'elle avait fait en sorte de ne pas être là pour leur laisser l'occasion de passer le réveillon véritablement en tête à tête. Elle passerait du temps avec son fils le lendemain. Faith souhaitait passer voir les enfants pour leur offrir leurs cadeaux. L'amante de Fred avait convaincu celui-ci de l'inviter à rester manger le midi du 25 décembre. Noël est symbole de trêve, avait-elle insisté. Bien entendu Faith avait accepté. Même si cela ne l'enchantait pas de se retrouver sous le toit de ce nouveau couple – ce toit qui était auparavant le sien – elle ne refuserait pour rien au monde de passer du temps avec ses enfants. Ces derniers avaient semblé plus qu'heureux de la nouvelle. Cette fin d'année s'annonçait belle.

De retour au commissariat, le Lieutenant Swersky intercepta le duo pour annoncer à son subordonné qu'il avait l'autorisation de faire son « stage » avec l'équipe de la crim' s'il était toujours intéressé. Bosco le remercia et le chef les salua tous les deux en leur souhaitant une bonne nuit.

ooo

Les fêtes de fin d'année arrivèrent rapidement pour tout le monde, même au commissariat de la 55e. Comme chaque année, la traditionnelle soirée de Noël rassemblait une bonne partie des officiers de tous grades autours du grand sapin. Les hommes étaient en costumes ou en uniforme de cérémonies, et les quelques officiers femmes étaient en robes de soirée. Dans la salle de briefing, tous allaient et venaient, s'arrêtant de temps en temps au buffet, saluant des collègues par-ci et discutant avec d'autres par-là.

Dans un petit coin Swersky trouva ses meilleurs éléments en train de discuter entre eux. Il y avait même certains secouristes et pompiers qui s'étaient joint à l'évènement. C'était à la base une idée de Davis, qui avait souhaité être accompagnée par Alex Taylor, sa petite amie du moment.

« Alors les enfants, vous passez une bonne soirée ? »

« Excellente, et vous chef ? »

« Très bonne merci. Je dois dire que vous êtes tous très beaux ainsi vêtus. Et Faith, tu es resplendissante. »

« Merci Lieutenant. »

La jeune femme rougie sous le compliment. Ils restèrent ainsi à discuter avec leur chef pendant un moment, celui-ci appréciant réellement leur compagnie. Kim et Jimmy vinrent se joindre à eux après avoir été se chercher un verre. Un homme finit par aborder le groupe.

« Faith, vous permettez que je vous invite à danser ? »

Jusqu'alors, ils n'avaient pas remarqué que la musique venait d'être lancée. Il s'agissant d'une mélodie assez lente, idéale pour un slow. Faith eut une idée et, les yeux pleins de malice et un grand sourire aux lèvres, elle déclina l'invitation.

« Désolé… Cameron, c'est ça ? Je réserve la première danse à mon compagnon. »

Swersky, Alex, Kim et les autres avec eux la dévisagèrent surpris. Davis et Sully, quant à eux, gloussèrent discrètement. Bosco la regarda presque avec fascination.

« Tu es sûre ? »

« Absolument ! »

A peine avait-elle dit cela qu'elle l'embrassa devant leurs collègues et amis dont les mâchoires manquèrent de se décrocher. Elle s'écarta quelques secondes après et prit la main de son partenaire et amant avant de se diriger vers le centre de la salle où quelques danseurs avaient établis leur piste. Tous les suivirent des yeux.

« Vous le saviez et moi je n'étais même pas au courant ?! »

« Que veux-tu Kim, c'est la vie ! »

« Ce n'est pas drôle ! D'habitude entre filles on se raconte tout ! »

« Oh, mais Faith n'est pas une femme comme les autres. »

« Ça c'est bien vrai Lieutenant ! »

« Plus sérieusement, ça fait longtemps ? »

La question de Swersky reflétait ce que beaucoup d'entre eux se demandaient. Ce fut Sully, cette fois, qui pris la parole.

« Vous vous souvenez de la dernière dispute entre eux ? »

« Celle qui a pris fin comme par magie ? »

« Celle-là même. »

« Non ?! »

Les deux hommes hochèrent la tête pour confirmer leurs propos. D'un même ensemble ils se tournèrent vers les deux officiers de 55-David enlacés sur la piste de danse improvisée.

ooo

Quand ils se retrouvèrent au centre de la salle et que Bosco l'attira à lui, Faith gloussait doucement. Elle passa les bras autour du cou de son homme tandis que lui posa délicatement les mains sur ses hanches.

« Tu es fière de toi, n'est-ce pas ? »

« Oui. »

Bosco ne put que sourire. Sa partenaire était rayonnante en cette soirée du réveillon. En y repensant bien, il n'aurait pas trouvé meilleur moment pour annoncer leur relation à leur patron et à leurs amis. Mais oubliant cela, il se contenta de regarder les étoiles briller dans l'océan d'émeraude qui composait les yeux de Faith. L'instant ne dura pas longtemps car au bout d'un moment celle-ci se blottit davantage contre lui et nicha son visage au creux de son cou. Il resserra son étreinte autour de sa taille tout en continuant à danser. L'un comme l'autre savourèrent leur danse jusqu'à la dernière note avant de rejoindre le groupe. Swersky s'était éloigné.

« Je vais nous chercher des rafraichissements. »

« D'accord. »

Bosco laissa sa compagne entre les mains de ses amies qui s'empressèrent de lui réclamer des détails. Même Davis et Sully s'étaient éloignés, très peu intéressés par une conversation de filles. Ils allèrent retrouver d'autres collègues un peu plus loin. Le Lieutenant Swersky s'approcha du buffet pour se servir quelques petits fours.

« Je suis content pour vous deux, fiston. »

« Merci, boss. »

Ils restèrent quelques instants silencieux, puis Bosco reprit la parole, un peu inquiet.

« Dites, est-ce qu'on risque d'être séparés ? Vous savez, avec le règlement, et tout ça. »

« Il semble évident que je vais devoir en référer à mes supérieurs. Je n'ai pas le choix, tu comprends, c'est le protocole. Cependant, je peux appuyer votre cas et tenter de faire pencher la balance en votre faveur. »

« Merci. »

« Je ne te promets rien Boscorelli. »

« Je sais. »

Le reste de la soirée se passa tranquillement. Etrangement, depuis l'annonce officielle de sa relation avec Bosco, Faith eut moins de prétendant pour aller danser. En tous les cas, elle n'en fut pas plus dérangée que cela. Elle était avec ses collègues et amis, ceux qu'elle considérait comme une partie de sa famille. Quand l'heure fut bien avancée, chacun rentra chez soit pour célébrer le réveillon avec ses proches. Pour Bosco et Faith, c'était d'autant plus important qu'il s'agissait de leur premier Noël en amoureux.

Le lendemain, ils profitèrent de leur congé pour rester à flâner dans leur lit jusqu'à tard dans la matinée. Ils finirent tout de même par se lever et aller se préparer car chacun d'eux avait rendez-vous quelque part : lui chez sa mère, et elle chez son ex-mari. Elle était contente que Fred ait accepté qu'elle passe une partie de la journée avec lui, mais surtout avec leurs enfants. Elle eut d'ailleurs l'agréable surprise de constater que sa nouvelle compagne n'était pas là. Elle avait eu la décence d'aller voir sa propre famille. Dans le cas contraire, l'ambiance aurait été quelque peu tendue.

« Les enfants, votre mère est arrivée ! »

Emily et Charlie, qui s'étaient installés sur le lit de leur père avec leurs cadeaux de Noël, déboulèrent dans le couloir et se jetèrent dans les bras de leur mère. Elle les garda un moment contre elle, en se disant qu'elle n'aurait voulu être nulle part ailleurs en cet instant. Quand elle relâcha l'étreinte, ce fut pour couvrir leurs deux minois de baisers.

« Tu nous as manqué Maman ! »

« Oh que oui ! »

« Vous m'avez manqué aussi, mes trésors. »

Faith se releva et posa au sol le sac qui reposait sur son épaule. De dedans elle tira deux paquets cadeaux pour Charlie, et autant pour Emily.

« Joyeux Noël à tous les deux. C'est de ma part et de celle de Bosco aussi. »

« Joyeux Noël Maman ! »

« Joyeux Noël à toi aussi, M'man ! »

Les deux enfants s'installèrent sur le canapé pour ouvrir leurs paquets, et pendant ce temps-là Fred leur servit une tasse de café, et pour les enfants un bol de chocolat chaud chacun. Faith le remercia et s'installa à la table du salon. Elle sortit de son sac une enveloppe entourée de papier cadeau.

« Joyeux Noël Fred. »

Surprit, son ex-mari prit le petit paquet qu'elle lui tendait et l'ouvrit. A l'intérieur il y avait quatre places pour la prochaine saison de baseball. Il la regarda, sans savoir quoi dire.

« Pour que vous puissiez y aller tous ensemble. »

« Je… euh… Merci, Faith. Mais, euh… je n'ai rien pour toi. »

« Ce n'est rien. »

Elle lui sourit doucement. Le temps avait atténué la colère qu'elle nourrissait envers lui. Du moment qu'il prenait soin des enfants, même si elle aimerait les voir un peu plus souvent, c'était tout ce qui lui importait.

« Maman ! »

« Oui, mon Charlie ? »

« J'ai fait ça pour toi. »

Il lui tendit une feuille de papier sur lequel il avait fait un très beau dessin de lui, Emily et elle. La scène qui était représentée lui rappelait le weekend de Novembre, lors de la première neige de l'année, où elle avait pu les avoir. Ils étaient allés tous les quatre avec Bosco à Central Park.

« Merci, mon trésor. C'est magnifique. »

« Et ça, c'est pour oncle B ! »

Il lui tendit une deuxième feuille sur laquelle étaient maladroitement dessiné une voiture de course et un terrain de football. Un truc de mecs, quoi ! Faith sourit, imaginant déjà la tête conquise de Bosco quand il le verrait. Pour remercier son fils elle le prit sur ses genoux et lui claqua un bisou sur chacune de ses petites joues.

« Et ça c'est de ma part. »

Faith ouvrit le petit paquet et découvrir un joli petit bracelet en argent, autour duquel étaient accrochés des pendentifs en forme de flocons de neiges. Il était vraiment très beau.

« Il est magnifique, Emily. Merci. »

« Et ça c'est pour Bosco. C'est un modèle réduit d'une Mustang bleue, exactement comme la sienne. »

Elle lui tendit un autre petit paquet cadeau. Faith rangea tout dans son sac pour être sûre de ne rien oublier quand elle partirait. Elle prit sa fille dans ses bras et la remercia de sa part et de celle de Bosco, même si elle se doutait qu'il les appellerait pour leur souhaiter un joyeux Noël et pour les remercier. Le reste de la journée se passa tranquillement. Et si par moments le malaise s'installait entre les deux adultes, Emily et Charlie arrivaient toujours à ramener l'attention sur eux et tout repartait normalement.

Comme elle l'avait imaginé, Bosco avait été enchanté par les cadeaux que ses enfants lui avaient offerts. Puis plus tard, passées les festivités, tout le monde retourna au boulot. Les patrouilles, les diners dans le RMP, le dernier verre chez Haggerty avec tous les autres. La routine donc. Fred devint plus souple cependant, et Faith pu avoir les enfants un peu plus régulièrement avec le temps. Peut-être était-ce à cause de son attitude vis-à-vis de lui, l'incitant à adopter un comportement plus serein qui ne pourrait être que bénéfique pour les enfants.


Alors, qu'avez-vous pensé de ce dixième chapitre ? =)