CHAPITRE X
A LONG ROAD TO REDEMPTION
Part. II
***
Edward POV.
La nuit où j'avais été arrêté, cette nuit où elle était partit, ma famille ne m'avait plus adressé la parole pendant 3 jours. Leurs silence était la pire des punissions. Voir le visage déçu de mon père à chaque fois que je quittais la maison était insupportable. Lui seul savait où j'allais. Où j'étais obligé d'aller … Il avait gardé mon secret mais je savais que ça ne durerait pas éternellement. Heureusement pour moi, Carlisle était un homme qui sacrifierait n'importe quoi pour sa famille.
[Hurricane – 30 seconds to mars feat. Kanye West]
Je ne savais pas ce qui m'avait poussé à revenir ici. C'était comme si je cherchais un endroit où je pouvais la retrouver, la sentir. Bien sûr tout ça n'était que pure illusion. Bella n'était pas là. Elle était à des kilomètres de moi aujourd'hui. Pourtant elle occupait chacune de mes pensées. J'avais dû la perdre pour me rendre compte de l'importance qu'elle avait eu dans ma vie. Je n'avais pu jouir de l'instant présent. En y réfléchissant, si je me retrouvais sur cette plage à Cecina ce soir, c'était parce que cette soirée que nous avions passé ici, cette nuit, avait été la seule où je m'étais complètement laissé aller avec elle. Cette nuit aurait du faire partie de beaucoup d'autres nuit comme celle-ci. Nous nous étions donné l'illusion d'être un vrai couple, sans même nous en rendre compte. Je l'avais rejoint, j'avais été celui que j'aurais été si je n'avais pas eu cette épée de Damoclès au dessus de la tête. Maintenant que je me rendais compte à quel point j'étais prisonnier de ce contrat, je ne voyais plus aucune sortie possible. Moi qui croyait être libre, en réalité j'avais toujours été piégé. Depuis huit ans, je n'étais qu'un vulgaire pantin.
Alors que les flammes du feu de camp que j'avais allumé dansaient sur ma peau, je nous revoyais dans l'océan qui s'étendait en face de moi. J'entendais sa voix, je sentais sa peau glisser sous ma paume. Je revoyais son visage, ses yeux se remplir d'espoir quand elle m'avait vu arriver. Cette surprise, comme si jamais elle ne se serait attendu à ce que je fasse une chose pareille. Je l'avais choisi elle et pourtant je savais que ce choix allait avoir des conséquences. Aujourd'hui je sais que c'était la meilleure décision que j'avais prise depuis des années. Ma stupidité était vite revenue cependant. Il avait fallu que James me traine à nouveau dans ce business pour que je la chasse. Je l'avais blessé, j'avais brisé cette lueur d'espoir dans ses yeux. Pourquoi fallait-il toujours que je détruise toutes les bonnes choses autour de moi ? Était-ce quelque chose de génétique? Comme ma mère, j'étais un aimant à échec. Non, cette raison aurait été une excuse à mon comportement. Pourtant je n'avais aucune excuse pour avoir piétiné les sentiments de Bella. Je ne m'en cherchais aucune. Je cherchais simplement une solution. Elle me manquait tellement maintenant. Quand elle était partit, elle avait emporté cette lumière avec elle et ma vie me semblait encore plus pathétique qu'avant.
J'avais 24 ans et je n'avais aucun but précis dans la vie, aucune ambition. Je vivais encore dans le passé. Je portais encore en moi les douleurs de mon enfance, une enfance qu'il m'aurait fallu oublier depuis longtemps. Quand je voyais avec quel courage Bella avait combattu ses démons, je ne pouvais que me sentir inférieur. Insignifiant même. Avant même de penser à la retrouver, je devais me construire une vie digne ce nom. Devenir l'homme avec qui elle méritait d'être.
J'entendais des pas sur le sable. Carlisle m'avait trouvé. Je le regardais s'asseoir à côté de moi et pendant un moment, nous nous contentâmes de fixer l'océan, les vagues s'échouant lentement sur le sable.
Je sentais que la conversation qui allait suivre n'allait pas être facile à entendre.
- Alice m'a dit où je pourrais te trouver.
- Ça m'étonne d'elle, c'est à peine si elle m'adresse la parole.
- Ça ne veux pas dire qu'elle ne s'inquiète pas pour toi Edward. Elle est juste en colère. Elle tenait beaucoup à Bella.
Et moi donc ...
- Je sais. Soufflais-je en serrant le sable dans ma paume.
- Je ne sais ce qu'il c'est passé entre toi et Bella mais depuis son départ, je te sent différent.
- J'ai fais pas mal d'erreur, admis-je, que se soit avec Bella ou pour tout le reste. J'aimerais me racheter, seulement je ne sais pas par où commencer.
- Tu sais ce qui me fais le plus mal à moi?
J'osais un regard vers lui. Il avait ce regard que doivent avoir tous les pères quand ils s'apprêtent à vous donner une bonne leçon.
- C'est que tu n'as même pas apprécié ce que tu avais. Je vois bien que tu as des remords maintenant, mais c'est trop tard. Tu aurais du t'en rendre compte dès le départ. Bella est une fille bien. Elle méritait qu'on la respecte. Je t'ai vu avec de nombreuses filles mais Bella … Si tu n'étais pas capable de la traiter avec respect, il fallait rester loin d'elle.
- Je m'en suis rendu compte.
- Alors pourquoi? Edward, tu es mon fils et je t'aime, mais tu es vraiment le roi des imbéciles. Tu avais cette magnifique fille juste devant les yeux et il a fallu que tu la pousse à partir.
- Je sais … Je sais, j'ai merdé mais de toute façon qu'est-ce que tu aurais voulu que je fasse? Que je la présente à Aro peut-être? Carlisle, tu sais très bien que ce n'est pas un monde pour elle. Je ne voulais pas l'entrainer dans tout ça.
Il soupirait et gardait le silence pendant un instant.
- J'aurais tellement voulu que tu m'en parle plus tôt. Huit ans, tu as attendu huit ans.
- Et qu'est-ce que ça aurait changé? Lançais-je, presque sarcastique.
- Ça t'aurais peut-être empêché de faire autant d'erreur de jugement. On a toujours le choix Edward.
Je souriais légèrement. Un sourire triste et amère.
- C'est ce que disait Bella.
- Tu aurais dû l'écouter.
- J'aurais dû faire beaucoup de choses mais on ne peut pas revenir en arrière.
- Tu parles comme s'il était trop tard.
- Ça l'est.
- Tu es trop fataliste. Tu apprendras que quand on se confie aux gens de confiances, aux gens qui pour qui l'on compte, ils font généralement en sorte de t'aider.
- Ce qui veux dire?
- Ce qui veux dire que tu voulais une deuxième chance, un nouveau départ, je te l'offre.
Il se levait, enfonçant ses mains dans ses poches. J'avais dû mal à le suivre.
- J'ai racheté ta dette. Tu es libre de faire tes propres choix maintenant.
- Quoi?
Je me levais à mon tour, n'osant y croire.
- J'ai réussis à parler à Aro, je lui ai donné les 35 000 $, plus un bonus. J'ose croire que c'est un homme de parole. Il ne t'importunera plus.
- Carlisle c'est … Comment as-tu …
J'étais soufflé, les informations avaient du mal à affluer jusqu'à mon cerveau.
- Maintenant c'est envers moi que tu as une dette, une énorme dette et je ne te parle pas seulement d'argent. Il est temps que tu te montre reconnaissant envers tous ceux qui t'ont un jour tendu la main. A commencer par ta mère et moi. Disait-il sévèrement.
- Je ferais tout ce que tu me demanderas.
- D'abord, tu vas te trouver un travail stable et tu commenceras à penser à ce que tu veux vraiment faire de ta vie. Tu n'as plus d'excuse maintenant, tu es libre. Deuxièmement, tu vas faire en sorte de ne plus te laisser avoir et tu vas commencer à réfléchir par toi même. Toute cette histoire avec Aro aurait pu être évitée si tu avais simplement dit à James qu'il avait été trop loin. Être son ami ne veux pas dire le suivre aveuglément. Et enfin troisièmement, tu vas arrêter de faire comme si tu ne faisais pas partie de cette famille parce que c'est faux et tu as une responsabilité envers nous tous. Il est temps de te réveiller et de revenir sur terre Edward, parce que la vie elle ne t'attendras pas elle et le temps passe très vite.
Ensuite il partait. Mon père ne m'avait jamais fait de discours aussi long. Il avait été ferme et sévère. Je l'avais mérité. Il venait de me libérer de ma dette envers Aro. Il m'avait acheté un billet de sortie. Carlisle venait de m'offrir un nouveau départ et je me devais de réussir cette fois. Je savais que j'avais encore beaucoup de chemin à parcourir pour retrouver ma place dans cette famille mais j'étais près à m'investir. C'était la première fois en huit longues années que j'étais en mesure de prendre mes propres décisions. Cette fois ne n'échouerais pas.
Il était temps pour moi de grandir.
***
Je n'avais pas dormi de la nuit. J'avais repris la route aux premières lueurs du jour. Je m'aventurais dans la cuisine. Il n'était que 6 heures du matin et pourtant, Alice était déjà levée, la cafetière à la main. Quand elle me vit entrer dans la pièce, ma sœur se figeait. Elle qui était toujours si enjouée en règle générale, paraissait fatiguée et faible ce matin. Après être resté de longues secondes dans l'encadrement de la baie vitrée, je tentais une approche et allais m'asseoir autour de l'îlot. Je ne quittais pas ma sœur des yeux, étudiant chacun de ses mouvements en essayant de trouver quelque chose à dire pour engager la conversation. Face à cette froideur inhabituelle immanent d'elle, mes lèvres restaient closes. Finalement, elle prenait place en face de moi, les yeux rivés sur sa tasse. Il s'écoulait encore un certain laps de temps avant que, doucement, je ne prenne la parole.
- Je suis désolé.
C'était tout ce que je trouvais à dire. C'était peu certes, mais ça avait le mérite d'être sincère. Alice levait les yeux vers moi, me montrant qu'elle était attentive, mais pas convaincue cependant. Alors je poursuivais.
- Je n'ai jamais voulu te faire souffrir. Je n'ai jamais cherché à faire souffrir qui que ce soit. J'ai juste …
Je m'arrêtais, cherchant à mettre des mots sur ce sentiment de culpabilité qui me poursuivais depuis plusieurs jours déjà.
- Je ne me suis pas rendu compte … Je prenais tout ça pour un jeu, sans conséquence. Elle était là et elle était différente … Elle m'attirait …
- Alors tu l'as séduite, simplement parce que tu t'ennuyais ? Demandait-elle avec un réel dégout dans la voix.
- Au début.
Alice allait répliquer pour prendre la défense de Bella mais je ne lui en laissais pas le temps et enchaînais.
- Je croyais que Bella sera juste une fille de passage, comme toutes les autres … Mais très vite, j'ai vu à quel point elle était à part. Son esprit, cette douceur, ce courage. Alice, Bella m'a fait réfléchir sur tellement de chose.
- Qu'est-ce qu'il s'est vraiment passé entre vous?
Elle commençait à se calmer maintenant. Sa question n'était pas évidente. Qu'est-ce qu'il c'était vraiment passé entre nous?
- Au début on s'amusait …
- Traduction, vous couchiez ensemble !
Je levais les yeux vers elle. Mon silence répondit pour moi. Alice secouait la tête, l'air navrée.
- C'était comme si une force invisible nous poussait l'un vers l'autre. On était tellement bien ensemble. Je n'ai jamais ressentie ça avec personne. Toutes les autres me semble fade à côté d'elle.
- Passe moi les détails de ta vie sexuelle s'il te plait.
- Ça ne se résumait pas qu'à ça. C'était tellement plus que ça. Moi-même j'ai du mal à l'expliquer.
- Alors pourquoi as-tu tout fais foirer? Si ce que tu me dis est vrai, pourquoi?
Elle était presque suppliante.
- Parce que je suis un idiot.
Alice ricana légèrement, me montrant que nous étions au moins en accord sur ce point. J'eus un pincement au cœur fasse à sa réaction mais je suppose que je l'avais mérité.
- Pour faire simple, j'ai voulu la protéger. Je me sentais pas près à assumer une relation qui aurait pu devenir sérieuse.
- T'as flippé quoi. En déduisait-elle.
J'esquissais un sourire devant l'air blasé d'Alice.
- On peut voir ça comme ça. J'ai voulu tout arrêter mais ensuite il y a eu l'anniversaire de la mort de sa mère et elle était si … Vulnérable. Je voulais faire le bon choix pour elle mais … Quand elle est revenue vers moi …
- Vous avez replongé. Et ?
- C'était intense... Soufflais-je en rejouant la scène dans mon esprit.
- Pas ça idiot ! Et après ?!
- Pardon. Après … Après je lui ai dit que nous avions fait une erreur … Avouais-je, ma gorge se serrant.
Je recevais une claque sur le crâne.
- Je sais, je suis un idiot ! Rétorquais-je en me frottant la tête.
- Tu l'as dit ! Vous les mecs vous nous prenez et vous nous jetez dès qu'on vous montre le moindre signe d'affection ! Elle ne te faisait pas de grande déclaration, elle voulait juste être avec toi ! Tu as flipper pour rien !
- Alors imagines ma réaction quand elle m'a avoué être amoureuse de moi …
Alice ouvrait grand les yeux. Sa bouche se fermait et s'ouvrait sans qu'aucun son ne s'en échappe.
- C'était le soir où elle est partie? Souffla-t-elle enfin.
Je hochais la tête.
- Elle as eu peur elle aussi. Qu'est-ce que tu as répondu?
- Rien.
- Comment ça rien?!
- Rien, je suis parti. C'est la dernière fois où je l'ai vu.
J'interceptais la deuxième claque crânienne avant qu'Alice ne puisse me la mettre.
- C'est bon j'ai compris le fond de ta pensé Alice ! Lui fis-je remarquer, son poignet dans la main.
Je la relâchais avec précaution. Nous gardions le silence un moment.
- Et si tu avais dû lui répondre, quel aurait été ta réponse?
Je regardais ma sœur droit dans les yeux. Que répondre à ça?
- J'en sais rien … Je tien à elle … Elle me manque et je m'en veux de m'être comporté ainsi, mais … J'en sais rien.
Je m'attendais à une réplique bien placée mais elle ne vint pas. Le regard d'Alice s'était radouci et un léger sourire étirait le coins de sa bouche. Je la retrouvais. Cette image me réchauffais le cœur.
- Et l'aéroport?
- Je suis arrivé trop tard. Je réalise que je ne sais même pas si elle est bien arrivée.
- Elle va bien. Souffla ma sœur après un instant, les yeux rivés sur son café.
- Tu lui as parlé ?!
- Elle m'a téléphoné. Elle est chez son père.
- Elle va bien? Demandais-je, n'étant pas sûr de vouloir connaître la réponse.
- Qu'est-ce que tu t'imagines? Bella est quelqu'un de fort. Ton nom n'a pas été mentionné. Elle essai de recoller les morceaux avec son père pour le moment.
- Oh … C'est … Bien.
Maintenant j'étais déçu. C'était ridicule.
- Elle a besoin de temps.
J'acquiesçais.
- Qu'est-ce que tu vas faire toi?
- Me trouver une vie, soupirais-je, il est temps que je trouve ma voie.
- C'est quoi le problème ? Avec ton QI ça devrait pas être difficile de trouver un bon boulot et de te faire de l'argent. Pour rembourser les parents par exemple.
Je la regardais, légèrement apeuré.
- Carlisle m'a dit pour le Casino?
- Le casino?
- Bah oui … Le fait que tu allais jouer en cachette la nuit et que tu étais sur-endetté !
- Le casino … Bien sûr.
Je souriais intérieurement. Ça aurait été si simple.
- Je ne t'aurais jamais imaginé en joueur compulsif.
- Moi non plus. Répondis-je sincèrement.
- Quand même 50 000 $ !
La mâchoire se contracta. Un bonus avait-il dit. Un bonus de 15 000 $ !
- Alors, à part ça, c'est quoi le problème ?
- Le problème c'est que je suis indécis … Soufflais-je en jouant avec une petite cuillère.
- A propos de quoi?
Je levais de nouveau les yeux vers elle avant de répondre.
- Tout.
- Il va falloir changer ça.
- Je sais.
Un sourire se dessinait sur son visage.
- Quoi?
Alice se levait et venait m'entourer dans une longue étreinte, sa tête reposant sur mon épaule. Au début ce geste me surprit, je ne réagissais pas immédiatement. Finalement, je passais mon bras par dessus mon épaule pour lui caresser les cheveux.
- Tu vas t'en sortir petit frère.
- Tu m'as manqué Alice.
- Toi aussi tu m'as manqué.
Pendant quelques minutes nous apprécions simplement le fait d'être l'un contre l'autre. Ce moment de douceur fut interrompu par la grosse voix d'Emmett.
- Mais ne serait-ce pas le plus grand Gambiller de Volterra !
Alice et moi échangions un regard qui disait : « la classe à la Emmett », en nous séparant.
- Ou à la réflexion, le plus nul vu t'as dette de jeu !
- Je vois que tout le monde est au courant.
- Qu'est-ce tu crois, les nouvelles vont vite par ici ! Rétorquait mon frère en me donnant une violente claque dans le dos.
Il s'asseyait avec nous.
- Alors, toi et Bella hum … Je dois t'avouer que j'avais mes soupçons.
- Emmett fermes là ! Lançait Alice.
Je lui adressais un sourire en guise de remerciement.
- Je vois, vous deux êtes redevenus les meilleurs amis du monde ! Et bah, il était temps ! Je commençais à m'inquiéter !
- Et si tu allais plutôt chouchouter tes grappes de raisin toi ! Répliquait Alice.
- Mais de ce pas ! Il se levait. Il y a au moins quelqu'un ici qui as un travail !
- Parce que moi j'en ai pas peut-être? S'offusquait ma sœur en tombant droit dans le piège qu'Emmet lui avait tendu.
- Oh s'il te plait … Vendre des vêtements ? Vraiment? C'est ce que t'appelle un travail?!
Elle allait lui jeter un croissant au visage quand Emmett quittait la cuisine dans un gros éclat de rire. Après son départ, nous nous regardions et ne pouvions nous empêcher de rire aussi. C'était apaisant de retrouver ce genre de moment avec ma famille.
***
Le soir venu, après le dîner alors que je m'apprêtais à regagner le pool, je recevais un coup de téléphone. C'était James. Il avait raccroché avant que je ne puisse lui répondre. J'aurai dû me douter que cette confrontation était inévitable. Je soupirais en me laissant tomber sur mon lit. Deux minutes plus tard, comme je m'y attendais, je recevais un message : « 10 minutes, à l'entrepôt. Faut qu'on parle ».
Que pouvais-je faire d'autre à part y aller? Après tout, nous étions toujours amis. Il était toujours celui avec qui j'avais grandi, celui qui m'avait sauvé la vie un soir à Chicago il y avait 10 ans de cela. J'attrapais les clés de la Volvo et une veste …
Le parking devant l'entrepôt était vide à cette heure ci. Je remarquais immédiatement le van de James, garé à quelques mètres de là, et lui dedans. Quand je coupais le moteur, en plein milieu du bitume, il sortait. Nous nous rapprochions lentement l'un de l'autre. Il était agité, perturbé, en colère peut-être? Il avait toutes les raisons de l'être, j'étais libre et lui non.
- Alors, commençait-il, tu apprécies le chômage?
Je ne répondais rien.
- Aro m'a dit qu'on lui avait faite une proposition en or te concernant. Imagine ma surprise quand j'ai appris que tu ne travaillais plus pour lui.
- Je n'ai pas eu le temps de te prévenir. Je l'ai su hier soir. Carlisle ne m'a pas consulté avant.
- Carlisle … Le docteur Carlisle Cullen, ton sauveur. Tu sais, si tu dois remercier quelqu'un pour l'avoir fait entrer dans ta vie, c'est bien moi. Tu te serais vidé de ton sang si je n'avais pas été là pour toi.
- Je sais. Soufflais-je.
[Trouble – Coldplay ]
- Et c'est comme ça que tu me remercie? Répliquait-il dénué de toute émotion.
Encore une fois, je ne trouvais rien à répondre.
- En me foutant dans la merde. Finissait James.
- On en serrait pas là si tu n'avais pas été voir Aro au départ.
James riait amèrement.
- Tu sais Ed, je ne t'en ais jamais tenu rigueur quand ton cher docteur a décidé de tous nous ramener ici mais, la vie que j'ai eu après est loin d'avoir été similaire à la tienne. Toi et ta nouvelle famille, toi et ta belle voiture, toi et ton poolhouse flambant neuf … Tu sais ce que j'ai eu moi? Une famille pauvre et qui n'en avait rien à foutre de moi. Ils ne m'ont accepté que pour toucher les indemnités alors excuse moi d'avoir voulu m'en sortir autrement, parce que ton docteur … Il n'en avait rien à foutre de ma gueule. Se n'est qu'un hypocrite !
- Les Cullen ne pouvaient pas adopter tous les monde ! Les défendis-je.
- Et pourquoi pas hein?! Dit-il dans un geste théâtrale et brassant l'air autour de lui. Pourquoi pas?
Il faisait quelques pas.
- Tu aurais peut-être préférer rester dans ce foyer pourri à Chicago?!
- Parfois je me demande. On en serait peut-être pas là aujourd'hui toi et moi... Je croyais … Pour moi ça a toujours été nous deux contre le monde entier ! J'avais confiance en toi ! Putain Ed, criait-il, je te considérais comme un frère !
- Je te considère toujours comme un frère.
- Ah oui? T'as une drôle de façon de le montrer. Il me semble que maintenant tu passes plus de temps avec eux qu'avec moi.
- Excuse-moi d'avoir voulu sortir de cette merde. J'ai fais ce que j'avais à faire. J'en avais marre de faire les mêmes merdes encore et encore ! Tu croyais vraiment que j'allais faire ça toute ma vie?!
- Moi je vais le faire.
- James, on a toujours le choix. Je peux parler à Carlisle. Les Cullen peuvent peut-être t'aider aussi.
- Mais peut-être que je ne veux pas de leur aide. Tu y as pensé à ça? J'aime ma vie comme elle est. J'ai une villa, de l'argent facile … ça me conviens.
- Pas moi. Répondis-je durement.
- C'est là qu'on se sépare mon frère. Avant, tu m'aurais suivis. Comme moi je t'ai toujours suivis. Et arrêtes un peu d'appeler cette famille « Les Cullen », tu en fais partie depuis longtemps. Si tu veux mon avis, je préférais Edward Massen. Lui ne m'aurait jamais trahis comme ça.
- Parfois le changement à du bon.
- Pas pour tout le monde.
- Je suis désolé que tu vois les choses ainsi James. Tout n'est jamais noir ou blanc dans la vie.
- Dans la mienne si. Soit tu suis ton ami, ton frère, jusqu'au bout … Soit tu l'abandonnes en route.
- T'es entrain de me dire que nous ne sommes plus amis maintenant?
- Comment pourrait-on l'être? Je n'ai pas pour habitude de cacher des choses à mes amis et vu que tu ne travail plus pour Aro, je serais obligé de te mentir sans arrêt.
- On est pas obligé d'en arriver là. Soufflais-je.
- J'ai entendu dire que Bella était repartie à New York...
Mon cœur se serra.
- Je ne vois pas se que ça à a voir.
- Moi au contraire je trouve que ça a tout à voir, tu vois. A partir du moment où cette … fille est arrivée, à la minute même où tu as commencé à la voir … C'était fini.
- Elle n'a rien à voir dans tout ça. Crachai-je, la mâchoire serrée, essayant de rester calme.
- Tu crois? Dans ce cas je vais te dire quelque chose, il fit quelques pas vers moi, je crois que tu peux retourner là d'où tu viens. Si on se recroise un jour toi et moi, ne t'étonne pas si je tourne les talons. En ce qui me concerne, mon ami est mort le jour où Massen est devenu Cullen.
- Bien. Répondis-je sévèrement.
Nous nous fusillions du regard quelques secondes avant que je commence à reculer.
- Si c'est ce que tu veux … Je te souhaite d'avoir une vie heureuse. Après tout, ça aura été ton choix.
- Et toi les tiens. Répondait James.
Avant que je ne m'engouffre dans la Volvo, j'entendais les dernières paroles de mon ami perdu.
- Cette fille t'a changé et tu ne t'en rend même pas compte !
***
En rentrant, j'avais un besoin irrésistible de m'évader. Je m'emparais d'une bouteille de Whisky et jetais le bouchon dans la pièce. J'avais perdu James, j'avais perdu Bella, je ne savais plus définir celui de je voyais dans le miroir. Qu'étais-je devenu ? Allumant une cigarette, j'examinais cet étranger dans le reflet de la baie vitrée. Le changement était quelque chose d'extrêmement douloureux. Je tournais en rond comme un lion en cage ici. Je sortais donc prendre l'air, ma bouteille à la main. J'entendais le liquide claquer contre le verre de son réceptacle, au rythme de mes pas sur la pelouse. Sans trop savoir comment, je me retrouvais dans mon ancienne chambre. Celle qu'elle avait occupé.
Tout le monde dormais. Je refermais soigneusement la porte et me laissais glisser sur le sol de la chambre. Les bras appuyés sur mes genoux, je balayais l'espace des yeux. Son parfum embaumait toujours la pièce. Cette odeur aurait été apaisante si elle n'avait pas encore plus souligné son absence. Je reprenais une gorgée de Whisky en grimaçant. Mes yeux s'attardèrent sur son lit. Nous avions souvent partager ce petit lit. Je pariais que les draps, tout comme la pièce, capturaient encore son essence. J'avais trop peur d'aller confirmer ma pensé cependant. De toute façon avec tout cet alcool, j'étais dans l'impossibilité de bouger. Son absence était partout. Les souvenirs que j'avais d'elle étaient un vrai fardeau.
Dans un élan désespéré et plus que pathétique, je sortais mon portable de ma poche et faisant défiler mon répertoire. Je m'arrêtais sur « Bella », elle. Au moment d'appuyer sur la touche verte pourtant, je refermais le clapet du téléphone. Fermant les yeux, l'arrière de mon crâne allait taper à plusieurs reprises contre le bois de la porte.
Je n'étais pas prêt. Je devais changer pas mal de chose dans ma vie avant de lui demander de la réintégrer. Aussi dur que l'attente l'était, je n'étais pas encore l'homme que je voulais devenir pour elle.
***
Bella POV.
21 Septembre 2008 - New York -
- Les sauterelles, les fourmis, le sang et les excréments sont pour Salvador Dali des éléments terrorisants. Loin d'en être fasciné ou d'en faire l'apologie, ces parties de son iconographie surréaliste des années 20 représentent tous les vecteurs de sa folie qui ont failli le terrasser dans sa jeunesse. Expliquait mon nouveau professeur d'histoire de l'art.
L'année scolaire venait de reprendre à l'Academy of Arts de New York et, à ma grande surprise, j'y participais. Je rentrais en deuxième année. J'avais réussis à avoir tous les cours qui m'interressaient. L'anatomie structurel, l'histoire de l'art des années 20 à 60, Perspective, Composition et Design, Technique de la peinture. J'avais enfin arrêté mon choix, ma vie ne laissait plus de place à l'indécision. J'étudiais la peinture à plein temps. Mon emploi du temps me permettait de travailler à mis-temps dans la boutique de Monsieur et Madame Newton. Chose assez délicate considérant que j'avais laissé tomber leur fils un an plus tôt, mais je n'avais pas le choix, si je voulais étudier il me fallait travailler. Ils avaient accepté sans condition, ils n'étaient pas en colère contre moi, Mike non plus d'ailleurs. Tout le monde ici me prenait avec des pincettes, j'aurais pu demander n'importe quoi, à n'importe qui. Après un an d'absence j'étais devenue « La pauvre Bella qui avait perdu sa maman, Bella la courageuse qui s'était occupée de sa mère ». Ce comportement m'énervait prodigieusement mais si c'était le prix à payer pour travailler, je n'avais plus qu'à serrer les dents. Les Newton étaient maintenant omniprésents dans ma vie. Et oui, malheureusement pour moi, Mike doublait sa deuxième année à l'académie et, comme par hasard, il avait choisis presque tous mes cours. Il ne ratait pas une occasion de s'asseoir à côté de moi, comme aujourd'hui. Je le soupçonnais même de venir plus tôt en classe pour être sur que l'on soit côte à côte. Le pauvre faisait tout pour attirer mon attention. Ces regards pleins de sous-entendus qu'il me lançait sans arrêt, je faisais semblant de les ignorer. C'était mieux comme ça. Mike était un gentil garçon, il m'avait toujours bien traité, je ne voulais pas le faire souffrir inutilement. Après tout, n'y avait-il pas une expression qui disait « l'espoir fait vivre »? Retrouver des visages familiers comme ceux des professeurs, où celui de Mike et Jessica ne me déplaisait pas. C'était comme de revenir à une époque plus douce de ma vie. L'époque où j'étais juste Bella.
- Dali coordonne son inconscient et systématise et domine son délire par l'analyse. Donc, pour pénétrer l'œuvre de Dali, il est impossible de faire abstraction des mécanismes particuliers qui régissent sa pensée pour rendre cohérent et continu son cheminement artistique. Il s'impose sans cesse une gymnastique mentale intense tout en exerçant un contrôle sur les obsessions destructrices latentes qui saturent son esprit.
« les obsessions destructrices latentes qui saturent son esprit. », hum... Je prenais note de cette phrase sur mon classeur.
C'était sûrement pour ça que son œuvre me touchait. Lui et moi avions ça en commun. A la différence que moi, je luttais contre l'obsession, je ne la matérialisais pas en insecte.
En faisant un tour d'horizon de l'amphithéâtre, j'en voyais pas mal somnoler. Pauvres fous. Payer 25 500 $ à l'année pour ronfler. Encore des gosses de riches qui n'ont aucune idée de la vraie vie. En réalité, Charlie avait dû hypothéquer la maison pour que je puisse reprendre mes études. Le près de la banque couvrait à peine une année. Si j'excellais cette année, l'école proposait une bourse d'étude. Je devais donc arriver dans les 5 premiers de ma promotion pour pouvoir finir mon cursus et entrer en troisième année. Mon travail me permettait d'aider Charlie à rembourser la banque. Ce que je ne savais pas rentrant à la maison, c'était que ma mère avait une assurance vie. Cela ne représentait pas une somme vertigineuse, mais elle nous laissait le temps, à mon père et à moi, de voir venir si jamais les choses devaient se compliquer financièrement. J'aurais voulu empêcher Charlie d'hypothéquer mais, à vrai dire, il l'avait fait sans me demander mon avis. Un jours, à peu près 2 semaines après que je sois rentrée à la maison, il m'avait posé un chèque sur la table ainsi que mon dossier d'admission. Je me souviens parfaitement des ses mots : « Reprend ta vie en main ma fille ».
J'avais donc une grande responsabilité ici, je devais à tout prix réussir mes études. J'étais tellement heureuse de pouvoir étudier à nouveau que cette obligation ne me faisait pas peur. J'étais là pour réussir. Après un an passé au chevet de ma mère, plus rien ne m'effrayais. Je pense que c'est ce que Renée aurait voulu aussi.
- Hey Bell's ? Chuchotait Mike en se penchant vers moi.
- Oui ? Soufflais-je les yeux rivés sur le professeur.
- Je viens de recevoir un message de Jess. Ça te dit d'aller boire un verre après les cours?
- Pas ce soir, j'ai du boulot.
- Oh allez Bella ! La studieuse est de retour, c'est ça ? Bella est de retour? Disait-il en me donnant une légère tape sur l'épaule.
Sa phrase avait eu plus de sens pour lui qu'il ne le laissait paraître. Une certain nostalgie avait envahis ses traits, ravivant à mes yeux nôtres ruptures et ma culpabilité. Encore elle. J'avais décidément blessé pas mal de monde malgré jeune mon âge.
- Oui, j'imagine que oui.
- C'est bien … Bon, demain alors?
- Je travail demain. Allez-y tous les deux. Je suis sûre que Jessica sera ravie.
Mike me sourit tristement, reprenant sa place sur le banc. Même si j'ignorais ses airs de chien battue cette situation ne pourrait pas durer éternellement. J'allais devoir avoir une conversation à cœur ouvert avec lui. Pourquoi les choses ne pouvaient jamais être simples entre deux ex et ça même quand la séparation c'était faite « en bon terme » ?
Jessica en revanche, sautait de joie. Je crois qu'elle et Mike avait eu une grève relation il y a quelques mois et elle ne rêvait que d'une chose, retenter le coups. Libre à toi ma fille, la voie est libre !
- Je te promet qu'on se fera une soirée rien que tous les deux bientôt. Lui promettais-je pour lui redonner le sourire.
Et le pire, c'est que ça marchait...
- Grâce à sa méthode paranoïa-critique, dans les années 50, Dali découvre un nouveau centre d'intérêt artistique : la corne de rhinocéros. D'une symbolique sexuelle évidente, continuait le professeur, mais nous continuerons cette conversation au prochain cours.
Un brouhaha de déception se fit entendre dans l'amphi alors que tout le monde se levait. Évidemment, quand on parle de sexe tout le monde se réveil. Je soupirais en rangeant mes affaires. J'allais passer la moité de la nuit à bosser sur ma dissertation « Comment décrire l'impressionnisme de Monnet ? », dissertation qui s'accompagnait d'une toile que j'avais eu le temps de finir la veille. Depuis le début des cours, le café était mon ami. J'avais tellement de chose à faire depuis deux semaines que je n'avais pas eu le temps de me poser cinq minutes. C'était mieux comme ça … L'occupation m'avait remise sur les rails. La fin du mois d'aout n'avait pas été brillante.
Quarante-cinq minutes de métro plus tard, vingt-cinq minute de bus et un white moka venti de chez Starbucks en main, j'arrivais à la maison. La voiture de Charlie était dans l'allée. Il rentrait plus tôt tous les mardi soir pour voir le match. Je travaillais souvent au salon en sa compagnie. C'était agréable de passer un peu de temps ensemble. Nous avions pas mal de temps à rattraper. Pourtant il était convenu que je déménage à la fin de l'automne. J'avais trouver un appartement en colocation avec une étudiante de l'école. Le loyer était raisonnable et le trajet moins contraignant. Charlie pensait aussi que m'éloigner de la maison dans laquelle ma mère avait vécu ses derniers instants n'était pas plus mal. Bien sûr il ne m'avait pas présenté les choses ainsi, il avait prétexté être un vieux célibataire endurcis qui avait besoin de son espace vital. Nous avions parcouru beaucoup de chemin lui et moi depuis un mois.
En montant les marches du perron, je me souvenais du jour où j'étais revenue et des semaines qui avaient suivis …
***
Aout ...
Je frappais timidement à la porte de chez moi, épuisée de mon voyage. Il était déjà tard. Après quelques secondes je m'apprêtais à réitérer mais je suspendais mon geste en entendant les clés dans la serrure. La porte s'ouvrit lentement et j'arrêtais de respirer. Je découvrais le visage de Charlie, pâle et fatigué, il n'était plus que l'ombre de lui-même. Je m'en voulais tellement. Son état, j'en étais en partie responsable. Il souffrait. Nous avions ça en commun. Mon père s'était figé en me voyant, toutes les émotions passant sur son visage en une fraction de seconde. La surprise, la joie, la douleur, l'incompréhension aussi. Nous nous fixions, tous les deux perdus.
- Je suis revenue, soufflais-je émue et apeurée qu'il ne veuille plus de moi, je suis à la maison …
- Bella …
Il m'attirait dans ses bras, enfouissant sa tête dans mes cheveux et je relâchais tout l'air de mes poumons.
- Bella … Bella, répétait-il sans cesse sa voix se brisant, ma fille.
- Tu veux bien que je revienne, demandais-je timidement sur sa poitrine, mes larmes sur le point de couler.
Ses mains quittèrent mes cheveux pour saisir mes joues.
- C'est une question stupide, jamais, jamais je ne t'abandonnerais tu m'entend.
Je me jetais de nouveau dans ses bras en essayant de contenir ce flot de larme qui menaçait. Mon père tremblait de la tête aux pieds et je devinais qu'il ressentait la même chose. Il se saisit de mon sac et, sans me lâcher – comme s'il avait peur que je ne reparte – il m'entrainait à l'intérieur et refermait la porte. L'odeur de notre maison me frappait. Elle m'était à la fois si familière et tellement étrangère aujourd'hui. J'avançais de quelques pas en détaillant chaque chose que je voyais. Rien n'avait changé, mis à part de désordre. C'était terrorisant. Mon regard accrochait la cuisine, le carrelage … Celui où, un jour, j'avais trouvé ma mère étendu sur le sol. Je fermais les yeux pour chasser cette image de mon esprit. La voix de Charlie me ramenait à la réalité. D'un seul coup il s'agitait partout essayant de rassembler les nombreuses cannettes de bières et les innombrables boites de pizza sur un seul côté du fauteuil. Pauvre Charlie, il s'était complètement lassé aller. Ma gorge se serrait à nouveau.
- Tu as faim? Je n'ai pas grand chose mais je peux sortir t'acheter à manger si tu veux … Chinois ça ira? Je vais aller chercher du chinois …
- Papa, papa, c'est bon, je n'ai pas faim …
Ainsi privé de sa mission, il restait planté dans l'entrée sans savoir quoi faire. Alors je faisais la seule chose que je trouvais approprié et rassurante, j'allais me caler dans ses bras. Timidement, il refermait ses bras autour de moi en soupirant.
- Je peux nous préparer du café si tu veux.
- C'est parfait. Soufflais-je.
Il allait dans la cuisine et j'allais m'installer sur le canapé. Je ne pouvais m'empêcher de tout détailler. Le salon, l'écran plat, le fauteuil de Charlie... C'était comme si j'étais partie depuis des siècles. Quelques minutes plus tard, il revenait avec deux tasses dans les mains, m'en tendant une. Il se plaçait à côté de moi sur le canapé, retirant quelques vêtements froisser de sous ses fesses, me lançant un regard navré. Je souriais.
- Il va falloir que je reprenne la maison en main à ce que je vois.
- C'est si bon de te voir ici Bella. Disait-il sérieusement.
Je lui prenais la main.
- Je suis là maintenant.
- Pourquoi es-tu revenu si tôt?
- Je savais que mon père avait besoin de moi. J'ai mis du temps à m'en rendre compte. Pardonne-moi.
- A chacun sa façon de s'évader. Moi j'avais mon travail et toi … Mais on est ensemble maintenant et il va falloir qu'on reconstruise notre petite famille …
- Y'a du boulot pas vrai? Disais-je tristement.
- Tu es là maintenant. On y arrivera.
Nous nous sourions et là, je ne pu me retenir de bailler.
- Pardon, disais-je honteuse, le voyage a été long.
- C'est normal. Ta chambre n'a pas bouger. Va te coucher.
J'hésitais.
- Je serais toujours là quand tu te réveillera. M'assurait-il.
Finalement, morte de fatigue je montais jusqu'à ma chambre, évitant soigneusement de regarder celle où Renée avait passé sa dernière année, et moi avec. L'heure n'était pas au deuil, mais à la joie de retrouver ma famille. Je prenais ensuite une longue douche, comme pour chasser le stress de ses longues heures de vol. Quand je me glissais pour la première fois en plus d'un moi dans mon lit, mon corps se détendit immédiatement. Jamais on ne dormait mieux que dans son propre lit. Ramenant les couvertures sur moi, je fixais le plafond. Être ici était encore surréaliste. J'entendais deux coups timides sur la porte et voyais Charlie apparaître dans l'encadrement.
- Tu as tout ce qu'il te faut?
- Oui.
Il ne bougeait pas cependant, le visage ravagé par la peine.
- Papa, tu n'as pas à t'inquiéter.
- La dernière fois que tu as dis ça, tu es partie.
La culpabilité refaisait surface. J'avais été tellement égoïste avec mon père.
- Je suis vraiment désolée papa.
Seul ses yeux trahissaient sa douleur.
- Tu resterais avec moi jusqu'à se que je m'endorme? Demandais-je hésitante.
Charlie marchait lentement jusqu'à moi et se couchait à côté de moi alors que je prenais une position confortable, la tête sur son torse.
- Raconte moi un peu tes vacances?
- C'est une longue histoire tu sais …
- S'il te plait Bella, j'ai juste … J'ai envie d'entendre la voix de ma fille.
Alors je lui racontais tout. La gentillesse des Cullen, mes après-midi avec Jake et le fait que j'avais revu les Black ainsi que son ami Billy, mon travail avec Esmé, Volterra, Alice et même … Même Edward, passant rapidement sur les détailles les plus crus. Je lui expliquais juste à quel point je m'étais sentie libérée avec lui. Je lui disais que nous avions eu une aventure mais que ça n'avait pas marché et qu'il était dur de passer à autre chose. Sans lui donner le mauvais rôle, je disais à mon père qu'Edward était quelqu'un de bien mais qu'il n'était simplement pas pour moi. Au final, tout ce que Charlie avait retenu était qu'Edward avait profité de moi et que j'avais désobéis à la règle familiale en montant sur sa moto. Jacob trouvait grâce à ses yeux lui. J'imagine que c'était mieux comme ça … Finalement j'avais fini par tomber de sommeil dans les bras de mon père.
***
Septembre …
[Crazy – Alanis Morissette (James Michael Mix)]
La vie passait vite maintenant. Je m'occupais de la maison, rangeant, nettoyant et préparant de bon petits plats pour Charlie. Notre famille était remise sur les rails et je m'en réjouissais. Pourtant je ne pouvais pas le tromper très longtemps, mes nuits étaient longues et il m'arrivait souvent de pleurer. Je pleurais Renée, je pleurais Edward et je pleurais de le pleurer. Il n'aurait pas dû me manquer autant, il n'avait pas été correcte avec moi. Il ne méritait pas que je pleure pour lui. Malheureusement, une partie de moi était en manque de lui. Une partie de moi était en manque de ces moment de déconnexion totale avec la réalité. Ses mains me manquaient, sa voix, son regard … En faisant abstraction de la peine qu'il m'avait causé, j'étais simplement en manque de ses sensations de bien être qu'il m'avait aussi fait ressentir avant que tout ne se complique. Edward était comme une ombre dans mon dos, un point douloureux dans mes côtes me rappelant à chaque instant, qu'il était là, qu'il avait existé.
Malgré tous les efforts que je fournissais pour ne rien laissé paraître, on ne pouvait pas mentir au chef de la police très longtemps. Cette ombre, mon père la lisait dans mes yeux. C'est pour cette raison, qu'au début du mois de septembre, il avait fait venir Angéla de Los Angeles. Je lui avais littéralement sautée dessus quand je l'avais découverte. Il y avait tellement longtemps que je n'avais pas vu ma cousine. Nous avions été si proche étant enfant. Elle avait passé une semaine chez nous et j'avais pu lui dire tout ce qui me pesait sur le cœur. Me confier à Angéla était plus facile que le faire avec Charlie. Elle avait cette faculté d'écouter sans jamais vous interrompre et de parler très peu, mais bien.
Nous étions parties à la chasse aux appartements ensemble, Charlie souhaitant que je me rapproche de l'école. Il est vrai qu'il y avait tellement de choses que j'évitais de voir dans cette maison, tellement de souvenir … Au bout de trois jours de recherche, Angéla et moi visitions ce petit appartement à sous-louer avec cette étudiante en droit. Elle était plus âgée que moi, assez sérieuse et studieuse. Pour payer ses études elle devait sous-louer son appartement, disposant d'une chambre supplémentaire. Je lui avait tout de suite plus et c'était réciproque. J'aurais les clés à la fin du mois. Une nouvelle vie commençait pour moi.
Charlie m'avait réservé une dernière surprise, il m'avait dit que pour me faire économiser les frais de transport en commun et ainsi venir le voir plus souvent, il avait dû « agir ». Il avait acheter une veille Chevrolet à l'abandon dans un garage, pour ensuite la retaper et me l'offrir. Je m'étais prise d'affection pour ce camion ! Tout était parfait maintenant. Tout … Ou presque. Je n'arrivais toujours pas à étouffer cette pointe dans mes côtes.
***
Octobre …
Voilà maintenant deux semaines que j'avais emménagée. Je voyais rarement ma colocataire, soit elle travaillait, soit elle était chez son petit ami. Mais nous nous attendions bien et ça me donnait aussi la possibilité d'apprécier le fait d'avoir mon propre espace de vie. J'étais pas mal occupée moi aussi entre les cours et mon boulot chez les Newton. J'avais souvent les Cullen au téléphone, je ne voulais pas rompre ces liens que nous avions créé pendant l'été. Ils me manquaient eux aussi. J'appelais souvent ma cousine également. Il était convenu qu'elle revienne à New York à Noël et l'été prochain, j'irais passer quelques jours chez elle à L.A si toutefois, tout se passait comme prévu.
Un jours, après que l'un de mes cours aient été annulé, je sortais me chercher un Starbucks – On était drogué à la caféine ou on ne l'était pas ! - Je faisais la queue, les mains enfoncées dans mon blouson quand on m'interpellait :
- Bella?!
Cette voix …
- Rosalie ! M'exclamais-je alors qu'elle me serrait déjà contre elle.
- Et moi qui ne voulait pas te prévenir de ma venue, de peur de ne pas avoir de temps à te consacrer !
- Voyage d'affaire?
- Tout juste ! Je suis sur un coup pour racheter une boutique pas loin.
- Rose, je la reprenais dans mes bras, c'est si bon de te voir !
- Tu nous manque Bella, mais regarde toi …
Elle recula pour m'observer en me tenant par le main.
- Tu as l'air en forme !
- Je le suis. Souriais-je.
C'était réellement revigorant de retrouver un visage de Volterra.
- Raconte moi tout, lançais après avoir commander mon éternel White Moka, comment va Emmett? Comment va tout le monde?!
- Ça fera 10$. Nous disait l'employée de chez Strabucks.
Je cherchais mon portefeuille mais déjà Rosalie tendais sa carte de crédit en m'envoyant un clin d'œil. Elle n'avait définitivement pas perdue ses sales habitudes.
- Sur place ou à emporter?
- Sur place, répondait Rose en me prenant par les épaules, la miss et moi avons beaucoup de choses à nous dire !
- Tu as le temps? Demandais-je alors que nous choisissions une table.
- Non mais je le prend ! Souriait-elle en éteignant son Iphone.
- Alors, quoi de neuf? Demandais-je enthousiaste.
- Emmett et moi avons peut-être trouvé la maison de nos rêves !
- C'est vrai?! C'est géniale !
- Tu viendra la voir hum?
Je ne répondais pas en souriant tristement.
- J'aimerais beaucoup … Un jour peut-être.
- Mais si tu viendra voyons ! Répliquait Rose en me donnant une tape sur l'épaule.
- Et Alice et Jasper?
- Toujours les même ! Alice est retournée à Milan, mais elle revient souvent nous voir et pour Jazz. Les cours lui plaisent toujours autant. Elle est survoltée, tu la connait, c'est Alice.
Je hochais la tête d'un air entendu.
- Et Esmé et Carlisle?
- Carlisle travail toujours comme un forcené et Esmé est toujours la fée du logis !
- C'est définitivement pas la même chose de vous avoir au téléphone et de t'entendre me raconter tout ça.
- Et toi alors, il n'y a que moi qui parle là !
- Moi? Moi j'ai repris les cours ! Annonçais-je fièrement.
- Oh c'est vrai?! Félicitation ma belle !
- Merci. Financièrement il faut gérer mais je fais attention. C'est pour ça que je ne peux pas venir vous voir aussi souvent que je le voudrais.
- Ton père?
- Ça va beaucoup mieux entre nous.
- Je suis contente pour toi.
- Merci.
- J'ai emménagé dans un appartement près de l'école, je le vois le weekend en général.
- Mais regardez moi ça … Bella, l'indépendante. Lançait Rose en me regardant presque avec fierté.
- Oh je suis encore dépendante de pas mal de chose rassure toi.
- J'aimerais beaucoup voir où tu habites.
- On y va si tu veux. Ma colocataire est cool pour ça. J'invite qui je veux tant que se ne sont pas des fauteurs de troubles.
- A priori, je n'en suis pas une !
- Je ne crois pas non. Riais-je.
- On va passer devant le magasin où je travail aussi, je te montrerai.
- Tu travail?
- Il faut bien. Joindre les deux bouts, ce genre de choses. Ça va avec l'indépendance je suppose.
Nous nous levions pour partir.
- Ça se passe bien.
- Ouais, c'est pas toujours facile à gérer.
-Pourquoi ça?
- Je travail chez les parents de mon ex …
- Aoutch …
- Tu l'as dit !
- Il te relance.
- Non, c'est plus subtil que ça … Mais je suis mal à l'aise avec Mike. Je contrôle le moindre de mes faits et gestes de peur qu'il ne les interprètes de travers …
- Mouais, t'as pas choisi la facilité.
- Si au contraire. Ils m'ont demandé si je voulais ce job et j'ai dis oui. La chose raisonnable aurait été de dire non.
- Alors pourquoi avoir accepté?
- Parce que je ne possède pas ta Black Card Rose.
Elle me regardait et haussait les épaules dans le genre « ouais, je sais ... ». Sur ceux nous partions en fou rire tout en nous rendant à l'appartement.
Nous avions passé l'après-midi à parler. Ça avait été dur de la laisser repartir ensuite. Avec elle, Rosalie avait ravivé plein d'images de mon été Italien. J'étais un peu nostalgique ce soir là en rentrant chez moi. Il n'y avait qu'une personne de qui ne n'avait pas demandé de nouvelle. Il me manquait plus que tout ce soir là. La curiosité me rongeait, que faisait-il?
J'avais failli l'appeler avant de me raviser. Je ne pouvais pas me permettre de replonger dans un moment de faiblesse comme celui-ci. Je devais être forte pour ne pas ruiner tous les efforts que je fournissais pour aller mieux depuis deux mois.
Certains soir étaient simplement plus dur que d'autres ...
***
- Volterra -
Edward POV.
En sortant du magasin de musique ce jour là, j'étais fier de moi. Je venais de décrocher mon premier vrai travail, honnête. Le salaire était une misère mais ce job me permettrait d'être entouré de musique. Donner des cours de guitare dans un magasin de musique était tout à fait honorable pour un nouveau départ. Carlisle m'attendait sur le parking et quand il remarquait mon sourire triomphant, il me venait me féliciter. Voilà bien longtemps que mon père n'avait pas été aussi heureux en me voyant. Je remontais la pente. J'étais sur la bonne voie. Je remettais de l'ordre dans ma vie. Maintenant que j'avais un vrai travail, je pouvais commencer à penser à l'avenir. A y penser sérieusement. Le gérant de magasin avait été surprit en voyant mon CV et tous les diplômes que j'y listais.
« - Pourquoi quelqu'un d'aussi instruit que toi voudrais travailler pour moi? », m'avait-il demander.
« - Parce que je n'ai rien de mieux à faire et que vous avez besoin de quelqu'un », lui avais-je sincèrement répondu. Ma franchise avait payé, il m'avait embauché.
Oui, les choses allaient mieux pour moi depuis quelques semaines. Je m'étais lancé un défit personnel. Avancer. Cette philosophie m'avait permise d'aller de l'avant après les semaines chaotiques que j'avais passé à la fin de l'été. Maintenant, je m'occupais l'esprit. La journée en tout cas. Les nuits étaient toujours les plus dures. La nuit, je pensais. Je pensais à mes erreurs, je pensais à la façon dont les choses avaient tournées et ce qu'il en serait aujourd'hui, si elles avaient été différentes.
La nuit je pensais à elle tout simplement.
En rentrant à la villa je trouvais toute la famille attablée autour de Rosalie qui, visiblement, venais de rentrer de son voyage d'affaire je ne sais où. Je prenais une assiette et leur annonçais la nouvelle de mon nouveau travail. Tout le monde me félicitait.
- Alors Rose racontes nous, commençait mon père, comment vont les affaires?
- Très bien. On va sûrement acheter cette nouvelle boutique.
- C'est génial ! S'enthousiasmait ma mère. Félicitation ma belle.
Rosalie lui sourirait.
- Ed, passe moi le poulet s'il te plait. Me demandait Emmett.
- Et où elle est cette nouvelle boutique? Demandais-je à Rosalie.
- Ed, le poulet. Répétait mon frère.
- A New York. Répondait Rose.
Mon estomac se noua.
- Tu étais à New York? Soufflais-je en essayant de paraître impassible.
Dans mon esprit j'associais cette ville à …
- Oui.
- Edward ! Hurlait Emmett.
- Quoi?! Répondais-je vivement.
- Le poulet s'il te plait !
Je lui jetais presque le plat à la figure et baissais les yeux sur mon assiette. Je n'avais plus faim bizarrement. La simple évocation de cette ville me rappelait qu'elle était là bas, vivant sa vie quelque part. Que faisait-elle de sa vie?
- Et c'est là que j'ai rencontrée Bella ! Lançait Rosalie.
Je relevais immédiatement la tête. J'avais l'impression qu'on venait de me poignarder en plein cœur. Personne ne le remarquais. Alice continuait à s'exalter devant le récit de Rosalie, lui demandant toujours plus de précision alors que j'avais juste envie qu'elle s'arrête.
- Comment va-t-elle? Demandait ma mère.
Non, pas elle aussi.
- Bien, très bien même …
Elle allait bien quand moi j'étais misérable. Second coup de poignard.
- Elle a un appartement, elle a reprit les cours et elle bosse dans un magasin d'article de sport.
- Et Charlie?
- Elle m'a dit que ça allait mieux entre eux.
- Tant mieux. Soufflait Esmé, soulagée.
Je l'étais aussi. Toutes ces informations remontaient lentement jusqu'à mon cerveau et déjà je l'imaginais. Rayonnante dans son nouvel univers. Pour moi, c'était elle mon univers.
- Elle m'a aussi dit de vous passer le bonjours à tous et qu'elle appellerait dès qu'elle aura rechargé son téléphone.
Tout le monde riait. Pourquoi riaient-ils?
- Le premier du mois ! Lançait Alice.
- A 14h55. Continuait Rosalie en riant.
- Et pendant 26 minutes ! Terminait Jasper.
Comment est-ce que …
- Vous l'avez tous eu au téléphone? Demandais-je d'une voix à la fois terne et alertée qui surprit tout le monde.
[Hurricane – 30 seconds to mars feat. Kanye West]
Tous les visages convergèrent vers moi et un silence pesant s'installait autour de la table.
- C'est une sorte de rendez-vous qu'on prit la dernière fois qu'on l'a eu au téléphone, expliquait gentiment Alice.
- Il arrive qu'on l'appel aussi. Soufflait Emmett, les yeux rivés sur sa fourchette.
Je reculais ma chaise et me levais lentement.
- Excusez-moi. Disais-je simplement avant de quitter la table.
- New York – 3 jours plus tard …
Je sortais de cours en compagnie de Mike et Jessica, m'apprêtant à prendre le bus pour rentrer, quand mon téléphone sonnait. Il pleuvait des cordes. Je faisais signe aux deux autres pour leur dire au revoir et me précipitais dans le bus avant de décrocher.
- Alice? Dis-je en souriant. Tu es matinale dis moi, il est quelle heure à Volterra, 10 heure du matin?
- Bella, tu as vu Edward?
Je perdais mon sourire et prenait place au fond du bus avant de répondre.
- Non, pourquoi je l'aurais vu? Répondais-je, détachée.
- Écoute, je voulais juste te prévenir. Il est partit. Il nous a dis qu'il allait participer à un concert dans un bar … J'ai pas bien compris.
- A New York? Soufflais-je timidement, la peur au ventre.
- Oui.
J'aurais hurlé si j'avais pu. Il n'avait pas le droit de venir ici.
- Écoute Alice, soupirai-je, New York est une grande ville et ton frère ne sait pas où j'habite alors … Même s'il le savait de toute façon, je doute fort qu'il vienne me rendre visite. Pas après la façon dont on s'est quitté.
- Je voulais juste te prévenir.
- C'est un grand garçon, il fait ce qu'il veux, crachais-je amèrement, merci quand même. Je te rappellerais d'accord.
- D'accord. Prend soins de toi.
- Toi aussi.
Je raccrochais en fixant mon portable comme un oiseau de mauvais augure. Je n'avais même pas remarqué cette vieille dame qui était assise à côté de moi jusqu'à ce qu'elle me sourit gentiment. Je lui rendais son sourire avant de détourner la tête.
- Des problèmes de cœur jeune fille?
Je regardais de nouveaux ma voisine. Cette mamie aurait pu être la « mamie gâteaux » d'une pub de biscuit. Je n'eus pas le courage de lui dire que je ne voulais pas m'étendre sur le sujet, alors je répondais.
- Plus maintenant non.
- Oh … Il vous a fait souffrir ça se voit.
- N'est-ce pas là le but de tous les hommes sur Terre? Répondis-je comme une question rhétorique.
- Pas pour tous. Souriait-elle fasse à mon scepticisme.
- Sans vouloir vous manquer de respect madame, les hommes étaient plus galants dans votre jeunesse.
- C'est peut-être vrai mais vous savez, il y en a encore aujourd'hui.
- Ah oui?
- Je vous assure. Il y a quelque temps, j'ai rencontré un charmant jeune homme. Il vous aurait plus. Il était désespéré. Il ne trouvait pas les mots justes pour avouer ses sentiments à cette jeune femme qu'il aimait. Vous l'auriez vu dans cet ascenseur. Riait la vieille dame.
- Dans ce cas il faut que vous me le présentiez. Plaisantais-je.
- Oh je pense malheureusement que son cœur est prit. Je l'ai revu une seconde fois dans un supermarché de Boston à la recherche du diner parfait pour sa dulcinée.
- Quel dommage. Cette fille a bien de la chance. Vous êtes de Boston?
- Oui, je rend visite à de la famille ici à New-York.
Le bus s'arrêtait et je remarquais que j'étais arrivée.
- Bien, c'est mon arrêt, annonçais-je en me levant, j'ai été ravie de parler avec vous.
- Moi aussi.
- Et si vous revoyez ce mystérieux jeune homme, dites lui surtout de rester comme il est.
- Se sera fait et vous jeune fille ne perdez pas espoir. Vous êtes encore trop jeune pour ne plus croire en l'amour.
Je lui souriais.
- Je ne connais même pas votre prénom. Réalisait-elle avant que je ne sorte du bus.
- Bella. Répondais-je poliment en préparant mon parapluie
- Tiens comme c'est étrange, l'autre jeune fille aussi s'appelait Bella.
Je lui faisais un dernier signe de la main et quittais le bus sous des trompes d'eau.
Quelle drôle de rencontre …
Déployant mon parapluie je traversais la route en diagonale, le bus repartant derrière moi. Arrivant en face de chez moi, je me figeais littéralement sentant mon regard s'agrandir.
- Qu'est-ce que tu fais ici?
Certain d'entre vous l'aurons peut-être remarqué, il y a un crossover avec la fic des Twinsis (A New Beginning) dans ce chapitre. Avez-vous repérez la scène en question? Faites-le moi savoir dans vos reviews ! C'était juste un petit clien d'oeil que je voulais faire à cette magnifique histoire et à ses deux auteurs dévouées et passionnées. Elles m'ont gentillement prêtée un petit bout de leur univers pour ça et je les en remercies. Pour ceux qui ne lisent pas encore A new Beginning, elle est ici sur FF ou sur leur blog : http://a-new-beginning-by-twins[.]blogspot[.]com (sans les crochets). Merci les filles !
Autre chose, la semaine prochaine après la publication du chapitre XI de Beautiful Disaster dimanche prochain, je ferais une pause dans les publications pour finir (ENFIN !) ma première fiction Chrysalis, qui sera donc terminée le 19 décembre prochain. Je m'excuse d'avance pour ceux qui ne la lisent pas et je m'excuse aussi pour tous ces qui ont déespérés d'attendre le final de Chrysalis. Vous étiez tellement passionnés par BD que je n'ai jamais eu le temps de me replonger dans Chrysalis. Il me faut une semaine pour écrire un chapitre et forcément, pour nourrir les BD Maniacs ;) j'ai dû fournir pas mal de chapitres !
Une petite mise à jours de la playlist:
Le thème principal de ce chapitre est la chanson : Hurricane de 30 seconds to mars feat. Kanye West, vous la retrouver deux fois dans ce chapitre. C'est une chanson et un groupe que j'affectionne tout particulièrement. Je vous conseil de l'écouter.
Vous pouvez l'ententre dans le teaser du chapitre 10 sur Youtube : http://www[.]youtube[.]com/watch?v=a2_qXBvWbEk (sans les crochets).
Les autres maintenant :
- Trouble - Coldplay
- Crazy – Alanis Morissette (James Michael Mix) (que vous pouvez écouter via Deezer en tapant Alanis Morissette, tout simplement).
Je vous laisse, en espèrant que ce chapitre vous ais plus ;) - Après tout, j'écris pour vous aussi ! Merci encore, vous êtes nombreux à reviewer !
G -
