Yoko cligna plusieurs fois des paupières, ses yeux verts étaient fatigués car elle n'avait pas su fermer l'œil de la nuit. En effet, la jeune femme était terrifiée à l'idée que cela soit un rêve et qu'elle puisse se réveiller, alors elle n'avait pu s'endormir. Elle ne pouvait s'empêcher de regarder Yumi endormie tranquillement à côté d'elle. La jeune fille aux cheveux bruns dormait aussi paisiblement qu'un bébé.

Yumi fit une grimace suivant un petit grognement de réveil et changea de position pour se retrouvée couchée sur le dos. Lentement, elle ouvrit les yeux et souri chaleureusement à la première chose qu'elle vit. Yoko la regardait souriante également et lui caressa tendrement la joue

« Bonjour mon petit ange…tu as bien dormi ? » Demanda-t-elle en l'embrassant sur le front. Yumi remarqua sans aucun doute les cernes sous les yeux de sa petite amie et lui répondit « Mieux que toi apparemment ! Tu as fait un cauchemar ? » Demanda-t-elle l'inquiétude peinte sur son visage.

Yoko soupira, elle se sentait un peu gênée de raconter cela à Yumi alors qu'elle venait tout juste de commencer une relation. « Non ! Non…je…j'ai…j'avais peur que tu ne sois qu'un rêve ! » Avoua-t-elle finalement en rougissant légèrement. La rougeur de Yumi s'installa définitivement sur son visage, elle trouvait cela adorable de la part de Yoko.

La brunette ne sut quoi répondre et laissa ses gestes le faire à sa place, elle avança doucement ses lèvres jusqu'à ce qu'elles touchent celle de Yoko. C'était un baisé attendu, mais pas vraiment expérimenté, c'est que Yumi ne pouvait pas se vanter d'avoir beaucoup embrassé de personne dans sa vie.

A vrai dire, Yoko non plus n'avait jamais eu de petit ami ou de petite amie. Le plus étonnant c'est qu'elle ne s'était jamais posée de question sur son homosexualité, voir elle ne se voyait pas comme lesbienne même à présent alors qu'elle aimait Yumi qui était une autre fille. Yoko aimait Yumi, elle n'aimait pas d'autres femmes.

Yoko brisa le baiser alors qu'elle réfléchissait à tout cela, en y réfléchissant bien d'ailleurs, jamais Yumi n'avait laissé de signe avant-coureur à cette situation. « Yumi ! C'est assez gênant comme question, ais j'ai besoin de savoir ! Est-ce que tu te définis comme une…tu sais une lesbienne ? » Interrogea Yoko en rassemblant un minimum de sérieux.

Yumi ne répondit pas tout de suite, elle ne s'était même jamais posé la question et cela ne lui paraissait pas être important. « Je le suis peut-être, mais je ne m'étais jamais posé la question ! Pour moi on peut ressentir de l'amour pour n'importe qu'elle personne, mais ça ne fait pas de moi quelqu'un d'étrange ! »

Yoko lui sourit, c'était exactement ce qu'elle pensait et elle l'embrassa sur la joue avant de se lever, il était temps de se préparer pour aller à leur activité scolaire. Un petit déjeuner plus tard, le couple se retrouva dans la voiture, sur la route qui les emmenait au lycée. Un attroupement d'élèves s'était formé près de la grille et elles ne perdaient pas une seule miette de ce qui se passait. Yumi ne fut pas très à l'aise pour donner un baiser de bonne journée à sa petite amie et se contenta d'un bref signe de main accompagné d'un sourire. Lorsqu'elle sortit de la voiture, elle fut littéralement entourée par les filles particulièrement curieuses. La présidente du club de journalisme se fraya un passage dans la foule accompagnée par Tsutako et son fidèle appareil photo.

« Alors Rosa Chinensis ! Quel est le lien que vous entretenez avec l'es rosa chinensis Yoko-sama ? Les lectrices aimeraient le savoir ! » Dit-elle

Yumi se sentit…choquée par une telle question, elle essayait d'entrer dans sa vie privée, elle regardait aux alentours pour trouver le courage de répondre. Elle commença à se sentir très mal à l'aise jusqu'à ce qu'elle sente deux mains sur ses épaules, son regard tomba sur Yoshino d'un côté et sur Shimako de l'autre. Elle se détendit et leur souri.

« Pardonnez-moi, mais je dois présider pour l'instant une réunion importante ! » Dit-elle avec un faux air de confiance. Une fois hors de leur vue, elle laissa s'échapper un soupir de soulagement.

« Yumi…tu devrais te montrer plus prudente ! Les curieuses ne te lâcheront pas avant d'avoir reçu leurs réponses ! » Prévint Yoshino.

« Je sais ! Merci les filles ! » Dit-elle à l'intention de ses deux amies.

Une fois tout le monde installé au manoir des roses, Yumi commença la réunion qui avait pour but le festival sportif, Yumi expliqua les nouveaux règlements relatifs à l'organisation. Ce fut ensuite à Yoshino de proposer les nouvelles idées de jeux. Yumi se perdi dans ses pensées.

*Pourquoi n'ai-je pas réussit à leur dire ce que Yoko et moi entretenions comme relation, je me suis sentie si différentes, si mal à l'aise alors que je l'aime tant ! Qu'est-ce qui me prend ? * Pensa-t-elle, ses pensées furent interrompues par Touko qui la regardait avec inquiétude.

« Onee-sama est-ce que vous vous sentez bien ? Vous avez l'air soucieuse ! Si je peux faire quoique ce soit pour vous aider alors n'hésitez pas et demander-le moi ! » Déclara Touko.

Yumi ne put s'empêcher de sourire, Touko était exactement la petite sœur qui lui fallait, sûre d'elle, empathique, elle savait mener à bien les missions que l'on lui confiait et elle ferait une incroyable rose. « Non ! Non tout va bien ! Alors ou en étions-nous ? » Demanda Yumi.

L'ensemble du yamayurikai se regarda dans les yeux « Euh ! Yumi…cela fait cinq minutes qu'on a terminé d'aborder tous les sujets…alors ne me dit pas que tu n'as rien écouté ! » S'exclama Yoshino avec fureur. Yumi joignit les mains en prenant un air fautif « Désolé Yoshino…je n'ai rien écouté du tout ! » Avoua-t-elle.

Yoshino verrouilla son regard brun et visiblement colérique sur Yumi « Une chance que tu as une petite sœur exemplaire ! Elle a noté exactement ce qu'on a dit durant la réunion ! Lis-le pour tantôt ! Et essaye de revenir dans le monde réel ! On a besoin de toi nous ! » Informa Yoshino.

Touko donna le petit carnet dans lequel elle notait tous les PV des réunions. Un véritable travail de secrétaire. La classe commença, Yumi essaya de pousser ses idées au loin pour suivre le cours, il ne fallait pas que ces histoires viennent perturber ses notes.

Lorsque la première pause sonna, alors que Yoshino et Shimako se rendirent auprès de leur petite sœur, Yumi décida de lire le carnet. Elle ne se rappelait pas qu'il y ai eu autant de sujet abordé depuis le début de l'année. Enfin, elle avait été souvent dans ses pensées. Elle décida de lire l'entièreté du carnet afin de tous se remémorer.

Elle sentit que quelqu'un l'observait et tourna la tête pour croiser le regard de Mami, la journaliste. « Mami, tu m'as surpris ! Tu ne vois pas que j'essaye de me concentrer sur ce que je lis ? » Demanda Yumi.

« Justement ! Yumi tu sembles ailleurs depuis quelque temps ! Tu ne veux pas nous dire ce qui se passa ? Tu as entendu que Sachiko allait divorcer ? Tout le monde se demanda si tu n'y es pas pour quelque chose…t ! » Mami ne put terminer ce qu'elle allait dire, Yumi se leva et claqua ses mains avec colères sur le banc en criant « ça suffit Mami ! » Tous le monde se tut, jamais auparavant ils n'avaient vu Yumi en colère, elle qui avait toujours été si douce.

« Cela ne te regarde pas ! Cela ne regarde personne ! J'aimerais que vous respectiez la vie privée des gens vous m'avez compris ! Vous devriez toutes avoir honte de vous immiscer ainsi dans le jardin secret ! Sachiko a décidé d'elle-même de divorcer outre cette information rien d'autre ne vous regarde ! A présent fichez-moi la paix ! » Lança-t-elle les sourcils baissé dans la colère.

Yoshino et Shimako qui venait tout juste de revenir se regardèrent bouche-bée, alors que Yumi les bousculaient pour sortir de la classe. Elle sentait ses veines bouillir dans tous son corps, ses membres tremblaient avec autant de colère. Elle s'était énervée parce qu'elle avait mal, cela lui avait fait un horrible pincement au cœur lorsqu'elle avait entendu le prénom de son onee-sama.

Elle n'aurait pu continuer le cours de cette façon, elle voulait voir Sachiko, mais elle aimait Yoko. Tous dans sa tête se bousculait. Il fallait qu'elle mette les choses au clair. Elle sécha les cours délibérément, abandonnant son cartable et sa carte de bus et se rendit à pied jusqu'à l'hôpital.