Chapter 10 : Formalités après une mission

Kakashi arriva aux bureaux des analyses. Gai lui était complètement sorti de la tête, et d'ailleurs il s'en foutait. Il ne servait qu'à lui faire perdre du temps. Il frappa à la porte en maugréant, songeant à la bornée qui l'avait accueillit la veille. Il espérait ne pas retomber dessus.

- Entrez !

Il poussa la porte et s'avança en retenant un soupir. Si, c'était elle. Cette fois-ci, elle portait un manteau brun sur une chemise qui ne cachait que peu de ses formes généreuses. Après s'être approché du bureau, Kakashi du relever les yeux pour ne pas paraître pervers. Mais qu'y pouvait-il ?

Il brandit fièrement les documents qu'il avait peiné à obtenir.

- Je voudrais faire analyser un échantillon.

- Vous m'en direz tant…

Elle se saisit d'un air circonspect le papier que lui tendait un homme plein d'espoirs. Elle effectua une série de signes et posa sa main dessus sans trop y faire attention.

- Ok…

Elle soupira et leva des yeux ennuyés vers Kakashi.

- Priorité ?

Grand sourire victorieux de sa part.

- Haute

- A quel point ?

Il écarquilla les yeux. Quoi encore ?

- De quoi ?

- Je plaisantais. Vous êtes passé ici hier, je me souviens bien de vous. Un jeune gars sexy et l'air un peu ailleurs.

- Que…

- Et pas très vif.

- Je…

Elle se leva en se raclant la gorge, ne laissant pas à Kakashi l'occasion de dire quoi que ce soit.

- Quoi qu'il en soit, pour que j'analyse votre produit, il me le faut.

Vexé, il le sortit de sa veste sans un mot. Elle ne s'en alarma pas, et n'attendit pas que Kakashi lui tende pour se servir.

- Merci.

Elle ouvrit le flacon et respira son odeur.

- Ca n'a pas l'air bien méchant, si je puis me permettre.

Elle versa quelques gouttes dans sa bouche, retourna le liquide avec sa langue puis avala.

- Je ne vois pas vraiment pourquoi vous voulez le faire analyser…

Après un instant, Kakashi ouvrit la bouche.

- Vous êtes extrêmement douée ou complètement folle ?

- Vous me laissez encore le choix… Les personnes comme vous sont rares…

- Que…

- Mais je n'ai pas de temps à perdre. Suivez-moi.

Elle sortit de la pièce, Kakashi sur les talons. Elle l'entraîna dans les couloirs, connaissant visiblement le labyrinthe par cœur, puis s'arrêta devant une porte, frappa deux coups et ouvrit sans attendre qu'on lui réponde.

- Ibiki ? Je te déranges pas ?

L'interpellé soupira et se tourna, laissant deux collègues surveiller sa victime.

- Je travaille. Tu le sais bien.

Elle s'approcha de lui et lui fit une bise, bien profonde en tâchant de mettre en valeur sa silhouette particulièrement féminine.

- Bon, à plus !

Et elle s'en alla sans rien ajouter, laissant Ibiki reprendre son travail de son côté. Il était habitué aux excentricités de cette femme.

Kakashi fit semblant que tout cela était normal en lui emboîtant le pas. Elle était seulement complètement folle.

Ils montèrent des escaliers, elle entra dans plusieurs pièces où des gens affairés travaillaient. Elle leur disait bonjour puis s'en allait en un coup de vent. De son côté, le sensei tâchait de ne pas s'énerver. Quelle sans-gêne ! Il patientait, lui !

Ils redescendirent les escaliers et s'arrêtèrent devant une petite salle vide, qui se situait en face du bureau des analyses.

- Que faisons-nous là ?

- A ton avis, beau gosse ?

Kakashi tiqua sur ce surnom.

- Je m'appelle Kakashi. Hatake Kakashi.

- Anko. A ton service... Bon, pousse-toi maintenant.

A sa demande, il s'écarta de l'embrasure de la porte, observant ses moindres faits et gestes. Elle exécuta une série de sceaux, puis se tourna vers Kakashi, sourire rêveur aux lèvres.

- On a mis en place un genjutsu pour protéger ce lieu des plaisantins depuis qu'Orochimaru a été poursuivi. Il avait libre accès à cette pièce et s'y amusait régulièrement.

Une fois la salle remplie, elle s'aventura entre plusieurs rangées de tables chargées de tubes à essais, de flacons de toutes sortes. Elle posa celui de Kakashi parmi tous les autres et sorti de la pièce en refermant derrière elle.

- Et voilà…

Elle retourna dans son bureau et s'assit à sa chaise, suivie d'un Kakashi qui se posait des questions.

- Et après ?

- Quoi après ?

- Qui va analyser mon échantillon ? Quand ? Quand aurai-je les résultats ?

- Tu auras les résultats le plus tôt possible, je peux déjà te dire que ce n'est pas du poison. Je m'occupe personnellement des analyses.

- En plus du bureau ?

- Oui.

- Pourquoi ne pas mettre tout dans la même pièce ?

- Pour m'empêcher de tout faire sauter. A passer mes journées dans des produits étranges… J'ai tendance à m'exciter un peu.

Des frissons parcoururent l'échine d'un Kakashi anxieux. A quel point était-elle folle ?

- Vous arriver à faire ces deux boulots là ?

- Evidemment.

- Et quand vous êtes d'un côté, comment parvenez-vous à accueillir de nouveau dossiers ?

- Ecoute, mon petit Kakashou, tu vas pas m'apprendre mon boulot. Sache qu'en fait je travaille comme il faut, très bien. C'est comme ça que les choses fonctionnent.

- Vous pourriez m'explique ?

- Non.

Ca avait le mérite d'être clair.

- Sinon, pourquoi m'avoir demandé de vous suivre ?

- J'avais envie.

Complètement givrée, celle-là. Kakashi ne savait plus vraiment s'il fallait l'interner ou seulement lui remettre les idées en place à coups de coups.

- Et puis, je ne peux me déplacer dans les couloirs qu'accompagnée. Donc j'en profite.

Ainsi, des précautions avaient déjà été prises. Ils s'étaient bien rendu compte qu'elle avait un problème.

- Et j'analyserai ton échantillon quand j'en aurai le temps. Vu que t'es sexy je vais te faire passer en premier. Ca va faire rater une expérience mais ça pourra être amusant, et je me demande bien ce que ça va donner…

Elle fit un grand sourire psychédélique.

- Si je fais tout sauter, je te tiendrai pour responsable. C'est clair ?

- Mais…

- C'est clair. Au revoir.

Là-dessus, elle se plongea dans ses paperasses. Kakashi n'insista pas. Quelle femme !


Sakura terminait sa première journée de soins pour l'inconnu. Sa mission s'avérait plus longue que pour les autres membres de l'équipe sept, qui à présent avaient temps libre puisqu'ils ne devaient pas s'occuper du blessé. Elle n'avait pas recroisé Kakashi depuis leur arrivée à Konoha et ne savait pas s'il avait entamé l'enquête. Elle n'avait pas revu les deux garçons non plus, mais ce n'était pas plus mal. Elle voulait penser à autre chose.

Elle se prit à rêvasser alors que son boulot n'était pas encore vraiment fini. Elle devait à présent installer le jeune blessé dans une chambre et l'enregistrer. Les autres médecins sortirent de la salle d'opération en bâillant ; elle devait encore s'occuper de lui. Elle devait souffrir pour être forte.

Elle effaça les sceaux qu'ils avaient tracés sur le sol pour les soins en soupirant. Elle ne rêvait plus que d'une chose : un bon bain chaud ! Mais il semblait si loin…

Elle jeta un regard sur cet homme qui n'avait certainement rien demandé à personne. Plutôt beau gosse, mais pas son style. Elle préférait le visage ténébreux de Sasuke aux traits simples de son patient. Mais, de l'avoir vu dans le plus simple appareil, elle devait avouer qu'il était bien fait. Pour l'instant, il n'était qu'un mourant parmi les autres ; mais évidemment elle ne lui cracherait pas dessus s'il voulait un peu d'amour. Ou en tout cas de tendresse.

Elle dévia son regard en rougissant. Voilà qu'elle fantasmait, maintenant ! Elle devait se rattraper. Se consacrer à un seul, au bon. Sasuke…

Ou Naruto. Cette incurable courge était quand même attachante, elle devait bien le reconnaître. Et plutôt mignon, aussi. De beaux yeux profonds et purs. Des cheveux rebelles, à son image.

Elle se reprit. Depuis quand envisageait-elle ces choses-là ? Ah, oui. Depuis toujours.

Elle rhabilla celui auquel elle avait prodigué énormément de soin. Un dernier regard pour son entrejambe, et le voilà présentable. Elle l'installa dans un lit roulant puis sortit de la salle.

Dix minutes plus tard, elle put enfin quitter l'hôpital. Elle était épuisée. Mais quelqu'un vint encore la retenir : Naruto. Un des deux qu'elle ne voulait pas voir.

- Sakura ! T'aurais pas vu Sasuke ?

Elle soupira. Que faisaient-ils encore ensemble, eux deux ?

- Non…

Une mine déçue au visage, il repartit de plus belle.

- Au fait…

Tant qu'à lui parler, autant tout dire d'un coup pour être tranquille plus tard.

- Il a été stabilisé. Demain, des derniers soins seront apportés mais rien de bien important. Il se peut qu'il reprenne conscience dans la journée, on va autoriser les visites l'après-midi si tout se passe bien.

- Ok, merci de prévenir ! J'irai le voir. Mais maintenant, je cherche Sasuke !

Toujours à la recherche de Sasuke, et sans rien expliquer de leur manigances à Sakura, il s'en alla. Elle n'aurait pas du le voir. C'est de mauvaise humeur qu'elle retourna chez elle, et, sans un mot pour ses parents, s'enferma dans sa chambre. Heureusement qu'elle ne devait plus trop s'épuiser pour cet homme qui faisait tant de mystères autour de lui.


Sasuke buvait tranquillement du thé chez lui en s'entraînant à une cuisine plus complexe : un souper. Il risquait encore de le rater. Il allait certainement encore le rater. Mais ça ne le décourageait pas.

Soudain, la sonnette retentit.

- Et meeerde !

Il hésita. Fallait-il ouvrir ou surveiller la cuisson de ses pommes de terre ? Il était de mauvaise humeur. Maussade. Il ne fallait pas qu'on l'ennuie encore plus ; il ne fallait pas qu'il carbonise ses patates.

Une seconde sonnerie le fit soupirer. On insistait. Il baissa le feu et se dirigea à pas crispés vers la porte d'entrée. Pressé, il ouvrit la porte d'un geste ample… Pour la refermer tout de suite.

Naruto, évidemment.

Il tourna la clef dans la serrure et s'appuya pesamment contre la porte. Pourquoi venait-il lui parler ? Que venait-il faire là ? Il ne voulait plus le voir !

Ou alors, il venait s'excuser… Lui dire qu'il l'aime, pour passer une nuit torride… Non. Ce con n'était qu'un sans cœur. Sasuke ne l'oublierait pas. Il resta contre cette porte longtemps, les yeux fermés, à ressasser des pensées moroses.

Quelques minutes plus tard, une odeur de poisson le coupa de ses rêveries. Il était en train de cramer, certainement. Mais il n'avait pas envie d'y retourner. Ou plutôt, il voulait rester où il était, à ne rien faire. Sans être vraiment bien, il trouvait cette position réconfortante.

Sauf qu'il n'avait pas fait cuire de poisson. Il n'en était qu'aux patates. Il se précipita dans la cuisine, sharingan activé. Il était en colère. On lui volait son entraînement ! On l'empêchait de s'améliorer ! Le fait qu'on se soit introduit chez lui ne l'inquiéta pas plus que ça. Il n'aurait aucun problème à réduire cet homme en cendres.

Sauf, évidemment, si cet homme-là possédait un regard azur aussi pur, aussi beau plus simplement ; sauf si ce type se cachait sous une tignasse blonde soyeuse et rebelle ; sauf si c'était ce cruel Naruto. Son sharingan se désactiva automatiquement, même s'il tentait encore d'avoir l'air menaçant.

- Qu'est-ce que tu fous ?

Naruto lui fit un sourire miraculeux comme il savait si bien en faire, et Sasuke fondit instantanément. Il se sentit obligé de reformuler, plus calmement :

- Pourquoi tu cuisines ? Chez moi ?

- Tes patates allaient se déchiqueter.

Il soupira et s'approcha de la cuisinière, souleva un couvercle pour surveiller son repas à venir. Puis il leva les yeux vers son ami… seulement son ami.

-Merci.

Naruto dansa sur ses pieds, fit dos à Sasuke en feignant de contempler les jardins.

- Au fait, Naruto, on est chez moi, tu sais.

- Oui et alors ?

- C'est pas à toi de cuisiner.

Sasuke prit alors les choses en main, une manique à la main gauche et une spatule à droite.

- Tout est prêt. J'ai déjà coupé les épinards et les patates. Le poisson doit aussi être bon maintenant.

L'Uchiwa, soupira : il n'avait plus rien à faire. Plus rien à cuisiner. Puis il se posa une question.

- Euh… A quoi tu vois ça ?

- Que c'est bon ? Bein…

Naruto fit un grand sourire en se remémorant les confidences que lui avait faites Sasuke au village.

- C'est un truc de cuistot. Tu peux pas comprendre.

- Mouais… Il y a tellement de choses que je comprends pas…

Ils s'installèrent à table en silence, la dernière phrase de Sasuke ayant fait retomber l'ambiance. Il était triste. Après la journée qu'il venait de passer, il ne voulait plus voir Naruto. Il ne voulait plus de faux espoirs. Il ne voulait plus être déçu.

Leur repas terminé, ils débarrassèrent la table ensemble, le silence ponctué de quelques rares mots de Naruto qui demandait où mettre quoi. Sasuke lui répondait d'un signe de tête.

Une fois tout cela fini, Naruto soupira. Il était venu consoler Sasuke, le rassurer ; lui rappeler qu'ils n'étaient pas gays pour un plaisir entre mecs. Il pouvait bien comprendre que son ami soit homophobe, ou, du moins, ait du mal à accepter d'être homosexuel. Lui-même avait mit beaucoup de temps…

Beaucoup de temps avant rien. Il ne savait pas. Il préférait ne pas y penser, et vivre sa vie loin des morales traditionnelles qui se perpétuaient de parents en enfants. Vivre comme il le sentait, mais vivre heureux. Ne pas regretter, ne pas s'en vouloir : avoir juste ce qu'il faut de remords pour accepter ses regrets.

Il était venu pour consoler son ami ; mais il n'avait fait que clore son visage sous des traits vieillis. Il n'avait plus rien à faire là, aussi décida-t-il de partir. De laisser Sasuke seul chez lui, dans sa grande maison, et d'aller se coucher dans son propre lit. Mais au moment de sortir du bâtiment, la porte déjà ouverte et un pied au seuil de la rue, il repensa – allez savoir pourquoi – à ce qu'avait dit Sakura un peu avant.

- J'y pense juste… Le type qu'on a ramené va mieux. Il est presque complètement guéri, et d'après Sakura demain on pourra aller lui rendre visite.

Sasuke lui jeta un coup d'œil indéfinissable. Pourquoi lui disait-il cela ? Il voulait l'attirer vers quelqu'un d'autre. Certainement, le bourreau de cœur ne voulait plus de lui. Il l'envoyait chercher ailleurs, ne voulait plus le revoir. Il ne voulait plus que l'Uchiwa le poursuive, l'aime sans l'avouer, mais l'aimant quand même. Il était dégoûté de ce qu'ils avaient fait ensembles.

Alors pourquoi était-il venu cette fois-ci ? Pour le voir pleurer ? Non, il se serait douté que Sasuke ne se laisserait pas aller si facilement. Pour lui dire cela, alors ? Pour le briser entièrement ?

- Mouais… Au revoir.

Sans un mot de plus, il lui referma la porte au nez. Naruto ne s'en offusqua pas, cela était en accord avec la mine de son ami. Et il avait déjà son lit en tête. Son sommeil. Sa prochaine grasse matinée. Il alla se coucher sans trop tarder, profitant de ses congés.


Cela faisait deux heures que Sasuke s'entraînait dans sa maison. Lui, un ninja aussi doué, un ancien élève d'Orochimaru et celui qui l'avait tué, n'avait plus besoin d'entraînements pour être d'un niveau respectable et même rare. Mais cette fois-ci, il cherchait autre chose que s'améliorer en tant que ninja. Et il choisissait ses exercices en conséquences.

Il s'entraînait en tant qu'homme, qu'adolescent en pleine crise hormonale et en manque de tendresse. Il s'entraînait comme dragueur. Abdominaux à la chaîne, fessiers, ce qui se faisait le plus désirer en général était mis à rude épreuve. Il voulait être beau, attirant, plus encore à en croire tant de stupides filles, pour séduire. Séduire quelqu'un qui l'aimerait, qu'il aimerait.

Car ses exercices n'étaient pas que du renforcement musculaire. Il développait aussi son cerveau, le musclait. Il luttait contre son cœur avec sa matière grise ; et le combat n'était pas aisé. Qui eût pu penser qu'un tel glaçon ait un cœur, là, enfoui dans sa poitrine sous des côtes si rarement caressées ? Si lui y avait déjà songé auparavant, désormais il s'en mordait les doigts. Quels fardeaux que les sentiments !

Il avait compris que Naruto ne voulait pas de lui. Alors, vu qu'il s'en était entiché, il ne lui restait qu'à lutter pour aimer quelqu'un d'autre. Il se surprit d'ailleurs à ne chercher que parmi les garçons qu'il connaissait. Pas les filles, ni les femmes d'ailleurs. Ainsi donc, il était complètement homosexuel. Pas à moitié. Cela le rassura, en un sens : il n'aimait pas faire les choses à moitié.

Pas Shikamaru. Il ne l'appréciait pas énormément. Pas Naruto, évidemment. Pas Kiba non plus. Il était plutôt beau gosse, avec ce qu'il fallait là où on le voulait, mais il était trop bruyant. Et il n'était pas attendrissant comme Naruto, il ne l'intéressait donc pas. Naruto ? Non. Il était cruel.

Choji ? Certainement pas. Naruto non plus, d'ailleurs. Lee était mieux. Plutôt mignon, téméraire, pas poule mouillée comme tant d'autres. Pourquoi pas… Il devrait essayer d'aller lui parler, une fois ou deux. Mais non. Pas son style de mec. Assez bruyant aussi.

Alors, qui lui restait-il ? Naruto ? Non. Shino ? Non. Ennuyant, ce type, toujours à faire des mystères. Naruto, alors ? Non. Il devait aller chercher plus loin. Au village du sable, il connaissait Gaara et Kankuro. Il aimait encore bien Gaara. Un type silencieux, doué, mignon. Il avait une peau pâle aussi, comme Sasuke. Il était ténébreux, comme Sasuke. Il était un Jichuuriki… comme Naruto.

Il soupira. Il pensait toujours à Naruto. Ce stupide petit blond était quand même… si parfait… Comment ne pas l'aimer ? Il se le demandait toujours. A sa place, il serait certainement tombé amoureux de lui-même.

Il s'arrêta dans ses exercices en sentant ses yeux s'humidifier. Pourquoi fallait-il qu'il pensât toujours à lui ? A lui qui le rejetait ? Qui était hétéro ? Stupides bijoux de famille… Une des rares choses qu'il lui restait de son clan ne comprenait rien à rien.

- Et je suis sûr de jamais le faire perdurer…

Il s'adossa contre un mur et se laissa tomber en boule, le visage dans ses mains et contre ses genoux, il lui semblait sentir un peu de chaleur humaine. Il n'en avait que si rarement eu… Et jamais de la vraie, celle dont il rêvait tant et duquel il rêvait tant.

Il retourna à ses cogitations. Qui, alors ? Il avait passé en revue tous ceux qu'il connaissait vraiment, et qui avaient son âge. Il n'allait tout de même pas chercher des vieux ou des gamins !

Alors qu'il s'apprêtait à prendre une douche, décidé à ne plus rien faire de sa journée, il pensa au type qu'il avait soigné – plus exactement, maté – en mission. Pourquoi pas lui ? Il ne connaissait pas son âge et ne savait pas qui il était. Alors il avait toujours une chance…

Seule façon de le savoir : aller le voir. Il alla prendre une douche comme il l'avait prévu, et sortit, armé d'un livre sous le bras. Direction : l'hôpital de Konoha.

Il arriva en une petite heure, ayant marché au hasard des rues jusqu'à avoir croisé l'hôpital. Il s'y était alors arrêté, avait inspiré profondément et s'était avancé dans l'allée. Des oiseaux chantaient dans les arbres du parc, où quelques patients se promenaient sous l'œil vigilent d'une infirmière en manque évident d'occupations : ses ongles en témoignaient. Il poussa la porte à double battant du bâtiment et s'aventura à l'intérieur. Il n'y était que rarement venu et n'avait jamais vraiment fait attention à la décoration ; aussi, deux ans plus tard et l'esprit moins troublé, fut-il surpris de son austérité. Un couloir sobre menait au guichet, où des infirmières bavardes attendaient vaillamment qu'un peu d'action pointe le bout de son nez. Chance pour elles : Sasuke était un peu d'action.

Il s'approcha du comptoir, et elles se turent sans rechigner pour mieux lever les yeux à son visage. Un si beau visage, ce serait triste de s'en priver, non ? Et elles n'avaient pas tous les jours que des beaux visages à voir. Parfois même il n'y avait plus de visage à voir. Mais passons.

- Excusez-moi…

L'interpellée rougit en se sentant observée, et même presque accostée – le premier pas avant le rancart – par ce beau jeune homme au regard distant.

- Ouiiii ?

Sasuke retint un soupir. Ca recommençait. Pourquoi était-il si beau, déjà ? Certainement un don de Dieu un soir où il avait trop bu. Ou un matin, il ne savait pas à quelle heure il était né.

- C'est pour kwaaa ?

Pitié…

- Une visite.

- Okééé…. Et on peut avoir le nom d'un si b… Votre nom ?

Les deux autres, restées en retrait à assister la scène, pouffèrent. La gourde !

- Uchiwa Sasuke.

- Merciiii…

Sasuke n'était pas sûr que tant d'emphase soit appropriée à ce lieu. Mais il ne dit rien. Ce n'était pas lui au comptoir.

- C'est pour quiiii ? Si je peux me permettre bien sûûûûr…

- Comment ça ?

Elle pouffa. Encore une gourde.

- Je disais : « C'est pour quiiii » ?

- En fait… Je ne connais pas son nom.

Pauvre infirmière. Pour une fois qu'un adonis – à l'allure pas très grecque – se pointait, il fallait que ce soit pour une autre qu'il avait croisée avant. Une autre qui lui avait tapé dans l'œil.

- Dans ce cas, je ne peux rien faire pour vous.

Sasuke soupira et fit demi-tour. Il n'avait pas envie d'insister.

Une autre infirmière, derrière, murmura son extase. Troisième gourde, et première irrémédiable C'était à son tour. Elle s'approcha de Sasuke, un grand sourire victorieux aux lèvres. Sa collègue ne voulait pas l'aider ? Elle le ferait elle-même, et s'attirerait les grâces de Mr Uchiwa. Vite, le faire revenir.

- Vous avez des informations sur notre patiente ? Qui pourrait nous aider à la retrouver ?

Il tomba dans le piège et revint lui parler.

- Quelques-unes. Entre autre que c'est un patient.

Ohoh… La voie était donc libre. Sa voisine s'en mordit les doigts.

- D'accoooord…

- Il est arrivé hier.

- Okééé… Rien d'autre ?

- Gravement blessé. Il a dut subir de lourdes opérations. Tsunade-sama a d'ailleurs participé.

Elle devint hystérique à cette annonce.

- Ouh mais c'est notre BG du moi ! Avec des organes tout retourné et toutoutoutout ?

- Euh… Pour les organes en tout cas… C'est vrai.

- Chambre cent-seeeept… Je vais vous montreeer…

Avec un clin d'œil fier à ses copines, elle se leva et s'en alla, Sasuke sur les talons, dans les couloirs de l'hôpital.


N'allez pas croire que je sois myso… Je vois mal des hommes faire ce genre de commentaires ! Et je sais que toutes les filles ne sont pas des cruches, gourdes, tourtes, comme vous le voulez. Et imaginez votre réaction si Sasuke débarquait dans votre hôpital (à supposer que vous soyez infirmière)… Alors ?

( Je suis pas sû que vous m'ayez compris sur cette dernière note…désolé)

Il semblerait aussi que poster un chapitre par semaine soit infaisable. Donc, un toutes les deux semaines, à mon avis parfois moins. Encore désolé… J'aimerais tant pouvoir écrire ce texte à envi ! Mais bon, vous connaissez le refrain : école,… Si j'avais plus de temps…