La douleur m' a réveillée.
J'ai mis longtemps à comprendre ce qui se passait.
Une jeune femme m'aidait à vomir.
Ca me faisait mal au ventre, mes poumons étaient en feu.
Puis j'ai replongé dans le noir.
Il m'a semblé entendre des voix.
Celle de mon père, remerciant quelqu'un en pleurant, puis sa voix tout prêt de mon oreille: « tu as eu un accident Bella, le petit Cullen t'a renversé avec sa voiture, mais tu vas bien, tu vas guérir très vite! » et aussi celle d'un homme que je n'ai pas identifié: « ne vous en faites pas Charlie, même si Edward n'est pas responsable de l'accident sa mère et moi nous payerons les frais que votre assurance ne couvre pas ».
Je ne savaiis pas quand je les entendais. Ca m'a semblé durer longtemps et revenir plusieurs fois.
Longtemps après sans doute mais pour moi ces deux moments ont été concomitants, mon père m'a embrassée frénétiquement, plus sans doute qu'il ne l'avait jamais fait depuis ma naissance, et Edward Cullen m'a parlé.
Je ne pouvais pas le voir, parce que mes yeux refusaient d'obéir à mon cerveau, mais je l'entendais me parler.
Je ne voyais qu'une seule raison au fait qu'il me parle: je devais avoir oublier de participer au cadeau du bébé de Kate. Ca m'étonnait un peu, j'aimais tellement la prof de littérature…Mais j'avais soif, une soif dévorante, et j'ai du réussir à boire parce que je me suis rendormie, plus paisiblement.
Je n'entendais plus les voix, je dormais vraiment.
Et quand j'ai suffisamment retrouvé mes esprits il n'était plus là pour me confirmer quoi que se soit.
Je dormais par intermittence, puis la douleur me réveillait, et alors je geignais tant je souffrais, mon père me prenait la main, une infirmière arrivait, je la regardais injecter quelque chose dans ma perfusion et je replongeais avec soulagement dans le néant.
A un moment mon réveil a été plus inconfortable que douloureux.
J'avais envie de faire pipi.
J'avais mal, mais l'envie d'uriner me paralysait.
Mon père a courageusement paniqué, il a sonné et est sorti en courant de la chambre pendant qu'on me mettais un horrible truc en plastique froid sous les fesses. J'ai pu me soulager et j'ai un peu pleuré, de honte et de douleur.
Quand je me suis à nouveau réveillée mon cerveau a pu analyser ce qui m'arrivait.
J'étais couchée dans un lit d'hôpital, avec un pansement qui me serrait les cotes, respirer était laborieux, je souffrais, mais j'étais vivante.
Mon père m'a expliqué les circonstances de l'accident, et j'ai un peu médité sur l'ironie de ma vie, qui me précipitait sous la voiture d'Edward Cullen. Certes j'avais espéré qu'il me remarque, mais je me serais contentée de quelque chose de moins dramatique.
Je me concentrais essentiellement sur ma respiration.
Le père d'Edward et Alice est venu me voir. C'est lui qui m'avait opérée.
Je l'ai remercié et il m'a serré la main .
Edward est venu à nouveau me voir, avec sa sœur Alice. Elle n'est pas resté longtemps. Je crois qu'elle pleurait.
Je souffrais mais j'essayais de faire bonne figure.
Il m'a demandé pardon et je lui ai dit qu'il n'y avait rien à pardonner: c'était un accident.
Sa présence me dérangeait.
Je savais que je devais avoir une tête affreuse, et je supportais mal qu'il me voit ainsi.
Heureusement lui non plus n'est pas resté longtemps.
J'ai dormit, cette nuit là.
Ca faisait du bien.
Je ne confondais plus les moments, le jour et la nuit.
En me réveillant, je savais qu'on était jeudi.
La tête me tournait encore mais je n'avais plus mal, sauf si je bougeais.
Le docteur Cullen m'a fait lever. Ca a été incroyablement difficile, et ça m'a épuisée, mais je me suis levée . J'ai serré les dents pour ne pas crier et seulement deux ou trois gémissements m'ont échappé.
Je me suis recouchée, tremblante, en sueur et épuisée, et le docteur Cullen m'a sourit. Dans ses yeux il m'a semblé lire du respect.
« tu es immensément courageuse Bella…J'espère que tu le sais »
Je n'ai rien répondu.
Une infirmière souriante m'a aidée à faire ma toilette.
J'ai pu me brosser les dents et ça m'a fait un bien incroyable.
Elle m'a brossé un peu les cheveux, mais ils étaient terriblement emmêlés.
Rapidement mon père est arrivé.
Juste après lui un fleuriste m'a amené plusieurs bouquets, et des cartes .
J'ai lu tous les petits mots, médusée.
Beaucoup d'élèves du Lycée, tous ceux de ma classe, tous les profs, et même le proviseur m'envoyaient leurs vœux de rétablissement.
J'étais effarée.
Je n'avais pas encore droit aux visites, mais le docteur Cullen m'a informé que beaucoup de gens souhaitent venir me voir.
Je n'ai as su quoi répondre.
Ca me paraissait surréaliste.
Je lui ai demandé quand je pourrais sortir.
Il a éclaté de rire.
« et bien voici la meilleure des preuves que tu guéris vite et bien Bella! Pour répondre à ta question je dirais en milieu de semaine prochaine »
En fin d'après-midi Edward est venu, seul.
Je n'avais pas le droit de recevoir des visites, sauf celle du fils du chirurgien, et accessoirement celui qui m'avait renversée apparemment!
J'étais gênée.
Je ne savais pas quoi dire.
Il était évident qu'il s'en voulait pour l'accident, ce que je comprenais.
Je répondais aux questions qu'il me posait, mais il ne s'en tenait pas aux banalités.
Il devait savoir que j'aimais lire, parce qu'il m'a demandé si j'avais des livres.
Mais mon père avait oublié de m'en amener, il était assez chamboulé.
Alors Edward s'est absenté et il est revenu avec des BD et des livres de poche qu'il avait acheté à la librairie du hall de l'hôpital.
J'étais gênée, mais en même temps j'étais ravie.
J'allais avoir quelque chose de lui que je pourrais garder.
Quoi qu'il se passe je pourrai me raccrocher à ces bouquins, offerts par le garçon que j'aimais.
Lui aussi aimait lire.
Le silence entre nous n'a été entrecoupé que par nos rires et nos commentaires sur les BD.
J'étais bien, pas totalement détendue mais bien.
La tête m'a tourné rapidement mais sa visite m'avait fait un bien incroyable.
Le soir j'ai eu le droit de manger.
Je n'ai eu qu'une soupe et une compote, mais je n'ai pas pu tout finir.
J'ai à nouveau bien dormit.
Le lendemain je me suis levée presque seule.
J'ai pu faire ma toilette au lavabo de la salle de bain.
J'ai grimacé en apercevant mon pansement dans le miroir, mais l'infirmière m'a juré que la cicatrice serait minime et presque invisible avec le temps.
Mon sein droit avait un gros bleu. Il était douloureux.
Le docteur Cullen est venu avec une consœur pour qu'elle examine mon sein. Je lui en ait été infiniment reconnaissante.
On m'a descendue en salle de radio, parce que la collègue du père d'Edward, j'ai compris plus tard qu'elle était la tante de Jasper et Rosalie Hale, voulait voir ça de plus prêt et elle m'a fait une échographie.
Elle m'a adressé un sourire:
« tout va bien ma petite, ta poitrine n'a pas été endommagée, tu n'auras pas de séquelles! Ce vilain bleu va disparaitre avec le temps, je vais te donner une crème que tu appliqueras trois fois par jour »
Quand elle m'a remontée dans ma chambre, mon père m'y attendait.
Et deux de mes profs aussi.
Le prof de maths et celui de physique/chimie, mais on ne peut pas tout avoir non plus!
J'étais heureuse de les voir.
Entre midi et deux j'ai aussi reçu la visite de mon prof d'histoire et de la moitié de ma classe.
Tous marchaient sur des œufs et chuchotaient.
Mais les voir faisait du bien quand même.
Tyler Crowley est passé. Je lui ai dit que je ne lui en voulais pas.
Il était mal, sans doute plus mal que moi.
Plusieurs fois je lui ai répété ne pas lui en vouloir, savoir que c'était un accident.
Il est reparti un peu soulagé.
Mike Newton est venu avec ses parents.
J'ai joué les grandes malades pour qu'il ne reste pas longtemps.
Il m'a offert un gilet signalétique jaune fluo et j'ai rit. C'était drôle à mes yeux, mais j'ai comprit que son père et lui étaient sérieux.
Je leur ai sourit.
Ils n'étaient pas méchants, mais ce n'étaient pas eux que j'avais envie de voir…
J'attendais, de plus en plus fébrilement, sa venue à lui…
Kate est arrivée et la voir m'a donné la pêche.
On a discuté un moment, et quand on a frappé à la porte je ne pensais plus à Edward.
Mais c'était lui.
Il m'a sourit en voyant Kate et le bonheur m'a brulé la poitrine.
Il m'amenait des livres, des livres à lui!
On a lu et on a discuté.
J'étais spontanée à présent.
Il avait l'air content d'être là.
Nous avons rit plusieurs fois.
Il m'a dit qu'il reviendrait le lendemain, et il a tenu parole.
C'était un samedi et il est resté avec moi de 13h00 à 19h00.
Alice m'a étourdie en papotant sans cesse pendant 2h00 et Edward a finit par la mettre dehors. Jasper et Rosalie Hale sont venus me voir aussi, j'étais peu à l'aise en face de la belle Rosalie mais elle m'a sourit plusieurs fois, et même embrassée en partant.
Angela est venue aussi, et des profs également.
Mais seule la présence d'Edward comptait.
Le dimanche il est à nouveau veux passer toute l'après-midi avec moi.
Même mon père m'a fait la réflexion, le soir au téléphone, qu'il n'avait pas l'attitude d'un garçon qui veut juste se faire pardonner.
Il était doux, et vraiment gentil.
Il me faisait rire.
J'étais bien avec lui et lui paraissait bien avec moi.
Le dimanche soir j'ai eu du mal à m'endormir.
Je commençais à espérer…
Peut-être que je pourrais devenir amie avec lui, je ne pensais pas à devenir sa petite amie, je n'étais pas stupide, mais je m'imaginais manger à leur table à la cafétéria du Lycée…
Et c'était déjà extraordinaire…
C'était comme si tous mes rêves se réalisaient spontanément. Je flottais sur un petit nuage. Je me sentais plus heureuse que je ne l'avais été depuis bien longtemps.
Et puis le lundi est arrivé.
Je me suis levée seule, j'ai fait ma toilette seule, ma mère a réussit à me parler d'autre chose que de l'accident au téléphone, j'ai mangé un peu mieux et je savais qu'Edward devait revenir le soir.
Mais à 15h00 on a toqué à la porte de ma chambre.
C'était Tanya Denali. Je savais qui elle était, mais sa présence dans ma chambre m'a coupé le souffle.
Jamais je n'aurais imaginé qu'elle vienne me voir.
Elle a été adorable, au début.
Elle m'amenait des chocolats et elle m'a aidée à me démêler les cheveux.
Elle me brossait avec douceur quand d'une voix tendre elle a commencé à me parler d'Edward:
« bien sur tu as été blessée ma chérie, mais Edward est dans les ennuis jusqu'au cou à cause de cet accident. Le proviseur lui a ordonné de venir te voir tous les jours, pour se faire pardonner, et aussi parce qu'il se doutait que personne ne viendrait te voir…Edward doit être gentil avec toi s'il ne veut pas être collé le restant de l'année…Il en a marre d'ailleurs. C'est un garçon, tu sais comment ils sont, passer du temps avec une petite gamine comme toi n'est pas son truc. Les garçons comme Edward aiment les filles mures, physiquement, surtout. Mais je te trouve tellement gentille, Edward dit que tu es une petite gourde mais tu es juste très jeune, un peu naïve, évidement les garçons n'aiment pas ça, mais tu vas murir un jour ou l'autre, non? »
Je n'ai pas répondu.
La douleur me serrait la gorge, m'empêchant de respirer.
Tanya m'a déposé un baiser sur le front, a caressé ma joue et avant de partir elle m'a glissé:
« si c'est toi qui ne veut plus voir Edward, alors le proviseur ne les collera pas, n'est-ce pas? »
A aucun moment je n'ai mit la parole de Tanya en doute. Tout ce qu'elle m'avait dit était tellement logique. Une petite voix me répétait que je le savais depuis le début, que je m'étais bêtement bercée d'illusions.
Je n'ai pas pleuré. C'était trop douloureux.
J'avais été une idiote de croire qu'Edward Cullen pouvait m'apprécier, me trouver sympa.
J'étais une nulle, une idiote…
Il est arrivé à 17h00 et j'ai réussit à ne pas craquer.
Il a senti mon trouble et je l'ai vu paniquer.
J'avais envie qu'il reste, et j'avais envie qu'il parte.
J'avais envie que tout redevienne comme avant.
Mais je ne pouvais pas accepter qu'il vienne me voir pour de mauvaises raisons.
Alors, quand il m'a demandé s'il pourrait venir me voir chez moi j'ai rassemblé mes maigres forces et le peu de courage que je possédais, et, sans le regarder j'ai dit:
« je préfèrerais que tu ne viennes plus. »
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Je suis contente et surprise que ce PDV rencontre chez vous un tel écho.
Bella est malheureuse, timide, introvertie, et je suis étonnée de faire passer tant de sentiments dans lesquels vous vous retrouvez parce que moi je suis au contraire exubérante et extravertie, et j'ai une assez forte propension à l'optimisme et donc au bonheur! J'espère en tous les cas que cette lecture vous fait du bien!
Mec surprise: tu lis donc tout! Super! Ça me fait plaisir! merci!
À part ça je viens de me créer un twitter, sous mon pseudo d'auteure, donc si ça vous dit de discuter avec moi via twitter, vous trouverez le lien dans mon profil!
