Bonjour tout le monde,

Comme promis, la suite de Budapest est là et je vous la livre avant d'aller me coucher après une nuit de travail. Le prochain chapitre est déjà en préparation et ne devrait donc pas être publié dans deux mois.

Merci pour les ajouts et vos lectures, ça motive toujours.

Litya : Merci beaucoup pour ton commentaire autant enthousiaste. Je ne sais pas si ça pourrait être adapté en scénario mais je ne serai pas contre de voir deux-trois scènes de cette histoire dans un film en effet lol J'espère que cette suite te plaira.

Je vous souhaite une bonne lecture,


Marchant silencieusement dans les locaux du SHIELD, Natalia fut surprise de ne croiser aucun garde alors qu'elle se trouvait uniquement en compagnie de Barton. Soit les dirigeants étaient trop confiants la concernant, soit beaucoup trop insouciants. Quoiqu'il en soit, c'était deux choses auxquelles elle n'était pas habituée et qui la mettait mal à l'aise. Les niveaux de sécurité au sein de la Red room et du KGB étaient bien plus renforcés, pour ne pas dire inviolables. Chaque entrée, chaque sortie, chaque pas étaient scrupuleusement contrôlés. La surveillance permettait l'obéissance. C'était toujours ce qu'on lui avait enseigné et elle le croyait aisément… Tout du moins, jusqu'à maintenant.

« Alors comme ça on retourne à Budapest ? » Brisa-t-elle le silence en observant l'archer du coin de l'œil.

Il paraissait concentré. Ou plutôt anxieux. Voire les deux. Elle n'aurait su dire. Cependant, avoir un assassin russe ultra entrainé à ses côtés ne semblait pas le perturber plus que ça puisqu'il ne la regardait même pas.

« C'est le programme, » affirma-t-il en empruntant le couloir sur sa gauche. « Nous allons juste faire un détour à mon casier pour que je puisse récupérer mon arc et ensuite nous prendrons la route. »

L'information était finement dissimulée mais pourtant très claire. Il serait armé pendant le transport. Elle ne le serait pas.

« Combien d'heures ? » S'intéressa-t-elle alors qu'ils arrivaient devant une porte en acier munie d'un petit boitier numérique.

Il lui lança un regard insistant et elle pivota sur elle-même pour lui permettre de taper le code en toute discrétion.

« Environ dix selon les instructions et la vitesse de vol, » le tapa-t-il rapidement. « Je resterai aux commandes, tu pourras en profiter pour dormir. »

« Je ne dormirai pas, » l'avertit-elle aussitôt d'une voix neutre en se retournant.

D'une, elle n'en avait aucune envie. Et de deux, elle ne lui faisait pas encore assez confiance pour se détendre en sa présence.

« Et bien tu pourras te reposer dans ce cas, » ouvrit-il la porte. « Une fois sur place je ne sais pas quand nous aurons l'occasion de dormir à nouveau. Et de ce que j'ai pu observer, tu n'as pas beaucoup fermé l'œil depuis que tu es ici. Tu devras être en forme. »

Barton ne s'en était peut-être pas rendu compte, mais il venait de lui avouer ouvertement qu'il l'avait espionné au travers des caméras de sécurité. Elle n'en était évidemment pas étonnée ni choquée. La salle rouge avait pour coutume de le faire aussi.

« Mon corps n'a pas le même rythme que le votre, » l'informa-t-elle durement en le suivant jusqu'à son casier. « En général, quatre heures me suffisent et je peux tenir éveiller plusieurs jours d'affilés si les circonstances l'exigent. Et puis, si vous voulez mon avis, » ajouta-t-elle avec beaucoup plus de rudesse, « occupez-vous de votre cul en premier. Vous devrez être plus en forme que moi si vous souhaitez rester en vie. »

Les épaules de l'agent s'affaissèrent. Elle était épuisante.

« Tu n'es pas fatiguée de toujours être sur la défensive ? » Interrogea-t-il en posant son doigt sur le scanner digital permettant de déverrouiller la porte. « De toujours vouloir combattre sans jamais accepter une parole ou un conseil gentil ? »

Sa remarque la laissa de marbre.

Que pouvait-elle répondre à ça ? De tout ce que la salle rouge lui avait fait subir, la gentillesse n'avait jamais fait partie de l'entraînement. Elle n'était pas habituée à en donner, ni à en recevoir. Et pour le moment, elle détestait ce sentiment de compassion qui la faisait se sentir faible.

Le casier s'ouvrit dans un petit bip bienveillant qui la força à revenir à la conversation.

« Reconnaissance digitale. Impressionnant, » préféra-t-elle ne pas répondre et couper court.

Il approuva sans faire de remarque. La brusquer dans ses idéaux n'était pas son plan d'action. Il savait qu'il n'arriverait à rien dans l'immédiat.

« A notre retour, tu pourras mettre tes affaires dedans, » sortit-il un sac de son casier. « Nous le partagerons jusqu'à ce que Fury décide de t'en attribuer un. »

« Je suppose qu'il ne marchera qu'avec votre index ? »

Il posa son arc sur le côté et entreprit d'examiner son carquois de flèches.

« Tu n'auras pas accès à cette salle, ni à ce casier si je ne suis pas présent, » confirma-t-il ses propos tout en faisant son inventaire.

Elle applaudit mentalement.

Le contraire aurait franchement été étonnant. Et cela la réconfortait. Les mesures de sécurité n'étaient peut-être pas aussi pitoyables qu'elle ne le pensait.

« Budapest n'a pas été choisi au hasard, je me trompe ? » Interrogea-t-elle alors que son regard se portait sur les flèches clignotantes que Barton avait sélectionnées.

Il acquiesça d'un hochement de tête.

« La dernière fois que les agents du KGB t'ont vu, c'était là-bas, quand nous nous trouvions sur le toit, » zippa-t-il la fermeture éclair de son sac une fois qu'il fut rempli pour le mettre sur son épaule droite. « Ils vont forcément commencer leur recherche quelque part et tout leur indique que tu n'es jamais sortie du pays. »

« Ils savent que j'ai été capturée, » déclara-t-elle sans reproche.

L'arc en main, Clint se dirigea vers la sortie, la jeune femme sur ses talons. Il ferma soigneusement la porte derrière eux avant de prendre le chemin du hangar.

« Le quinjet a un mode furtif indétectable, » lui apprit-il calmement. « Ils savent que je t'ai emmené mais ils ne savent pas où. »

« Je vois, » comprit-elle enfin le choix de Fury de l'envoyer sur le terrain. « Nous n'y retournons donc pas pour les surprendre, nous y retournons pour qu'ils ne trouve pas ce repaire. »

Ce n'était pas une question. C'était une affirmation.

« S'ils obtiennent l'emplacement du SHIELD, nous ne pourrons pas y faire face et les dégâts seraient désastreux, » approuva-t-il implicitement ses propos. « Le meilleur moyen est donc de se rendre sur place et de leur apporter ce qu'ils veulent. »

Autrement dit. Elle.

« Je suis la proie, Jinbroshky est le chasseur et vous êtes le traqueur. Vu sous cet angle ma présence me paraît beaucoup plus justifiée. »

Vu sous cet angle, cela ne semblait surtout pas très réjouissant.

Le jeune agent s'arrêta finalement devant une nouvelle porte en verre blindé et attendit qu'un garde à l'intérieur les autorise à entrer.

« Nous n'avons pas vraiment d'autres options, » fit-il remarquer. « Tu es notre meilleure chance de les atteindre. »

Ce qu'elle concevait à cent pour cent. Elle appréciait d'ailleurs sa franchise à ce sujet.

« Il y a d'autres choses que je devrais savoir ? » Demanda-t-elle en regardant la porte coulisser.

Il réfléchit tout en pénétrant dans l'immense garage contenant les différents véhicules du SHIELD.

« Pas à ma connaissance, » l'amena-t-il vers les avions. « L'objectif est toujours le même. Il faut qu'on élimine Jinbroshky. Il est notre priorité. »

Une priorité qui sera dur à exterminer. D'autant qu'il n'était qu'un seul homme parmi toute une armée.

« Éliminer seulement Jinbroshky ne résoudra pas la menace, » le prévint-elle en observant attentivement l'intérieur du grand hall sous les regards suspicieux des autres agents présents.

Et au vu des murmures qui s'élevaient sur leur passage, sa présence dérangeait.

« Je me doute, » les ignora royalement Clint alors qu'ils montaient dans le premier quinjet qu'il croisa. « Mais nous ne pouvons pas dissoudre un organisme aussi puissant que le KGB. En revanche nous pouvons essayer de l'affaiblir, » posa-t-il ses affaires dans un coin de l'appareil.

Il lui indiqua un siège et elle s'assit pendant qu'il partait s'affairer au cockpit.

« Il y a quelques mois, ils ont publié un communiqué affirmant que le KGB n'existait plus. Qu'il y avait eu une importante dissolution. Ils se sont volontairement affaiblis tout seul et ont menti pour essayer de reprendre le pouvoir. Ils ne s'arrêteront jamais parce qu'un agent, même le meilleur, sera tombé, » lui fit-elle remarquer. « Et c'est encore plus stupide de penser que perdre un agent les rendra faible. »

Il le savait déjà. Mais il préférait tenter quelque chose plutôt que de rester passif.

« Et bien nous devons essayer quand même, » indiqua-t-il.

Cela ne changerait peut-être rien au niveau de la sécurité des citoyens, toutefois il espérait le contraire.

« Ce qu'ils veulent c'est diriger le monde, imposer leur volonté, » tenta-t-elle de lui faire prendre conscience des risques. « Vous n'arriverez pas à les arrêter. Pas tout seul. Et encore moins avec un arc. »

A vrai dire, c'était même carrément du suicide. Elle ne lui dirait évidemment pas.

« Sauf que je ne suis pas seul, » lui lança-t-il alors un regard lourd de sens.

Elle ne bougea pas. Ne cligna même pas des yeux. Il ne comprenait vraiment rien.

« Il n'y a pas que les organismes que vous connaissez Barton. Le KGB n'est qu'une petite partie d'un immense iceberg, » s'agaça-t-elle de son obstination. « La CIA, le FBI, le Mossad, la DGSE, tout ça ce n'est rien à côté de ce qui se cache dans l'ombre. »

« Et bien dans ce cas, explique-moi. »

Elle aurait dû le prévoir. Elle ne le connaissait pas encore parfaitement mais il ne semblait pas être du genre à vouloir ignorer les choses. Et ceux, même s'il n'était pas prêt à ouvrir les yeux sur les horreurs qu'avait à offrir ce monde.

« Non, » décréta-t-elle fermement. « Peut-être plus tard. »

« Nous allons presque avoir dix heures de vo… »

« J'ai dit peut-être plus tard, » ne le laissa-t-elle pas finir. « Même si le KGB est notre principal adversaire, Jinbroshky est une menace bien plus importante et réelle pour le moment. Nous ne pouvons pas nous permettre de nous éparpiller sur des sujets que vous ne comprendriez même pas. »

S'il se vexa de ses paroles, il ne le montra pas.

« D'accord, » articula-t-il surpris mais respectueux de son choix. « Je vais demander l'autorisation de décoller mais avant, je suis désolé, je dois t'attacher, » s'approcha-t-il avec un regard empli d'excuse.

Elle pivota la tête sur les deux côtés de son siège et un sourire moqueur se dessina sur ses lèvres. Comment n'avait-elle pas pu voir les restrictions plus tôt ?

« Sérieusement ? » Arqua-t-elle un sourcil coquin. « D'habitude, on ne me le propose pas directement. Vous me surprenez agent Barton. »

Restant impassible face à son allusion déplacée, ce dernier préféra garder le contrôle plutôt que de rentrer dans son jeu. D'autant plus que ce n'était pas lui qui les imposait.

« Ordre de Fury, » révéla-t-il comme si cela allait rendre les choses plus simples.

« Précaution numéro trois ? » Questionna-t-elle en proposant un chiffre aléatoire puisqu'elle était certaine que d'autres consignes avait été données.

Il se pinça les lèvres. Elle avait visé juste.

« Quelque chose comme ça oui. Je peux ? » Demanda-t-il en désignant les sangles situées au niveau de ses poignets et de ses chevilles.

« Je suppose que je n'ai pas le choix ? »

« Pas vraiment. »

Elle souffla discrètement mais se cala plus profondément dans le siège pour trouver une position confortable.

« C'est ridicule, » murmura-t-elle tandis qu'il s'approchait. « Pourquoi je tenterai quelque chose alors que je suis à bord ? »

L'archer sourit intérieurement. Quand Fury lui avait donné la liste des consignes, il lui avait dit exactement la même chose.

« Il ne veut pas que tu essaies de prendre les commandes de l'appareil, » lui fournit-il la raison principale.

Natalia s'esclaffa.

« Il oublie qu'il me contrôle à distance ? » Maugréa-t-elle ironiquement.

Il devait admettre qu'elle n'avait pas tort.

« Ce n'est pas moi qu'il faut convaincre, » serra-t-il les sangles au dernier trou. « J'étais contre mais… »

« Les ordres sont les ordres, » finit-elle sa phrase à sa place.

« C'est ça, » reconnut-il. « Et évite de sortir des contentions s'il te plait, il y a des capteurs reliés à la base avec des ordres précis. Je n'ai pas envie de devoir te faire mal dès le début. »

Il sembla réellement sincère et cela la troubla. Il ne ressemblait pas aux agents qu'elle avait jusqu'alors connus. Même si elle ne pouvait pas en être sûre, elle pensait réellement que sans cet ordre de Fury, il l'aurait laissé libre de ses mouvements.

« Je resterai sagement assise, » décida-t-elle de le rassurer, non sans une petite pointe d'espièglerie.

Clint ne s'en formata pas et sourit en retour.

« Je n'en attendais pas moins, » rétorqua-t-il en retournant au devant de l'appareil. « Tour de contrôle, ici Hawleye, je demande la permission de décoller. »

N'ayant d'autres choix que d'écouter, la rousse resta un moment interdite.

« Hawkeye ? » L'interrogea-t-elle avec amusement.

« Un vieux surnom qui reste, » expliqua-t-il rapidement.

Elle rigola mais ne dit rien. Après tout, chacun avait son propre passé. Néanmoins, elle commençait à comprendre d'où lui venait sa prétention. A ce stade, il avait intérêt d'être sacrément bon dans son domaine s'il ne voulait pas qu'elle le charrie.

« Hawkeye, ici tour de contrôle, » lui répondit une voix à travers le microphone principale. « Permission de décollé accordée. Nous vous souhaitons tous bonne chance. »

« Merci tour de contrôle. On se revoit dans quelques jours. »

Il coupa l'émetteur et commença à amorcer les différents boutons permettant au décollage. En quelques secondes, ils se retrouvèrent dans l'espace aérien, les coordonnées de Budapest rentrées dans le tableau de bord.

Ils naviguèrent une dizaine de minutes avant que Barton ne tourne son fauteuil en direction de la jeune femme.

« Je vais me reposer un peu pendant qu'il n'y a pas trop de danger, » l'informa-t-il en détachant sa ceinture. « Tu devrais en faire de même. »

Elle l'observa. Dubitative.

« Quoi ? Détacher ma ceinture ? » Le taquina-t-elle.

Il lui jeta un regard accusateur. Cela ne l'amusait pas.

« Vous ne pilotez plus ? » Reprit-elle alors son sérieux.

« Le pilote automatique est enclenché. Heure d'arrivée, vingt-trois heures six, » lut-il les chiffres sur ses paramètres. « Je vais juste veiller à ce qu'aucun appareil n'entre en collision avec nous. »

Pour le coup, elle ne savait pas s'il plaisantait ou non mais décida de le croire.

« Ce serait plutôt l'inverse puisque c'est nous qui enfreignons les codes aériens en restant en mode furtif. Vous n'avez jamais eu de problèmes ? »

Il sourit à sa remarque pertinente.

« Sûrement, » resta-t-il volontairement dans le vague. « Mais ça, c'est le souci du directeur Fury, pas le notre. »

Il se massa le cou tout en fermant les yeux.

Cela faisait longtemps qu'il n'avait pas eu une vraie nuit de sommeil réparatrice. En fait, il n'arrivait plus à dormir correctement depuis l'arrivée de l'espionne. Il souhaitait avoir fait le bon choix en la laissant en vie mais il n'en était pas encore persuadé. Son attitude était loin d'être amicale et ses réactions imprévisibles. Les douleurs musculaires dues au combat en étaient la parfaite preuve.

« Votre épaule n'est pas totalement remise ? » Le vit-elle grimacer.

Il la fit doucement bouger et réprima de nouveau un léger rictus de douleur tandis qu'il rouvrait les yeux.

« Pas encore mais c'est en bonne voie, » se voulut-il rassurant.

« Mais vous n'êtes pas à cent pour cent de vos capacités, » rectifia-t-elle sa phrase.

Et ça, c'était un gros problème la concernant. Jinbroshky était dangereux. Elle ne pouvait pas gérer le meilleur assassin du KGB et s'occuper de garder un agent du SHIELD blessé en vie.

« C'est encore sensible, c'est vrai, » avoua le jeune homme. « Mais la douleur est vraiment minime si on la compare à il y a de ça quatre jours. »

« Guérison rapide ? »

Elle avait bien une idée du pourquoi mais ne souhaitait pas s'avancer. Elle aurait très bien pu commettre une erreur lors de leur affrontement.

« Les médecins m'ont dit que c'était une dislocation propre et nette et que c'était la raison pour laquelle je me remettais rapidement, » confirma-t-il ses pensées. « Le nez sera un peu plus long en revanche. »

« Deux fois de suite, ce n'est pas l'idéal, » concéda-t-elle avec sarcasme.

« Non, en effet. Je pense même que tu m'as sectionné le nerf olfactif, » se toucha-t-il le haut du nez avec précaution.

Elle sourit furtivement devant son air suspicieux.

« C'est embêtant. »

« Pas tant que ça en fait, » l'informa-t-il en croisant ses bras sur son torse. « D'autres sens ont bien plus de valeurs que celui-ci. »

Elle le fixa attentivement, attendant qu'il s'exprime davantage sur ce sujet mais il n'en fit rien.

« Le KGB fournit des planques ? » Demanda-t-il à la place.

D'accord, il lui faisait gentiment comprendre que l'heure n'était plus aux confidences.

« Comme toutes les agences, » remarqua-t-elle.

« Certaines sont fixes ? »

La jeune espionne le fixa de nouveau intensément.

Il était vraiment sérieux ?

S'ils voulaient réussir à travailler ensemble, elle allait devoir lui apprendre beaucoup de choses sur le fonctionnement d'une agence gouvernementale.

« Vous les prenez pour des incapables ? »

« Fixes ou non ? » Insista-t-il.

Alors il était vraiment sérieux.

« Aucune n'est fixe, » dit-elle avec évidence. « Et les agents ont ordre de bouger constamment. »

Il jura dans sa barbe. Visiblement, cela ne l'enchantait pas. Mais Natalia avait beau réfléchir, elle ne voyait pas ce qu'il aurait pu attendre d'autre comme réponse. Il ne semblait pourtant pas débutant en matière de traque gouvernementale.

« Qu'est-ce que tu peux me dire sur Jinbroshky ? »

Si elle avait eu les mains de libre, elle l'aurait applaudi pour avoir posé une question intelligente.

« Version longue ou version courte ? »

« Nous allons avoir dix heures de vol, » lui rappela-t-il. « Donc je dirai la longue. »

Elle l'aurait juré. Leurs méthodes étaient véritablement à l'opposé l'une de l'autre. Elle préférait vraiment ne rien savoir contrairement à lui. Cela la gardait plus concentrée.

« Qu'est-ce que vous savez déjà sur lui ? » Le questionna-t-elle.

Il s'empara d'un dossier situé dans une bannette accroché au mur du cockpit et l'ouvrit.

« Fury m'a fourni les informations que tu lui avais transmises, » le parcouru-t-il dans les grandes lignes. « Pour le reste, je préfère avoir confirmation d'une personne qui le connait suffisamment. »

« Pour le reste ? » Tiqua-t-elle. « Vous avez réussi à pirater son dossier ? »

« Une partie seulement. Il s'est détruit automatiquement et électroniquement dès que nos experts ont essayé d'en savoir plus. »

La jeune femme ne parut pas étonnée de cette explication.

« Le KGB a créé un virus anti-piratage depuis que certains fichiers ont été volés l'année passée, » l'informa-t-elle par réflexe. « Tous n'en sont pas encore équipés mais plus personne ne peut y avoir accès une fois qu'il est incorporé. Le seul moyen est d'utiliser les ordinateurs de la salle de recherche. »

« Qui se trouvent en Russie et dans une base ultra-protégée, je présume, » en déduisit Clint.

Sinon ce serait évidemment trop facile. Il souffla et se passa une main sur le visage. Cette mission s'annonçait plus compliquée que prévu.

« J'en informerai Coulson lorsque nous arriverons à Budapest afin qu'ils ne perdent pas de temps inutilement si nous avons d'autres noms à lui fournir, » dit-il.

Natalia se renfrogna.

« Jinbroshky ne sera pas accompagné, » objecta-t-elle durement. « Ou alors uniquement d'une petite poignée de soldats insignifiants qui ne seront là que pour nous distraire. Il n'y aura personne à rechercher. »

Du moins, c'est ce qu'elle espérait.

« Il compte te traquer seul ? »

L'espionne ne put lui en vouloir de son ton étonné.

« Moins contraignant. Moins repérable. Plus efficace, » énuméra-t-elle les avantages. « Si j'étais à sa place, c'est ce que je ferai. »

« Donc ce n'est qu'une supposition ? »

S'il voulait s'assurer qu'elle en était certaine, il allait être satisfait.

« Nous avons subi le même entrainement militaire et avons appris les mêmes tactiques, » déclara-t-elle le regard vide. « Je pourrai parier sur ses agissements les mains liées. »

Clint ne commenta pas cette référence à sa propre situation. Il sembla juste s'accommoder de sa réponse.

« Tu sais s'il agira en lieu public ? » S'inquiéta-t-il.

Elle réfléchit. Si elle avait été une cible facile, il aurait sûrement cherché à l'amener dans une ruelle sombre. Mais elle n'était pas une cible facile. Et il le savait.

« Si sa mission est réellement de m'éliminer ou de me capturer, il profitera de chaque opportunité. Peu importe le lieu. »

Cela allait grandement compliquer leurs déplacements.

« Est-ce qu'il s'attend à ce que tu sois accompagnée ? »

Car si c'était le cas, il allait devoir demander des renforts à Coulson. Et Fury allait être sacrément énervé.

« Pas s'il pense que je me suis échappée, » nia-t-elle.

C'était déjà une bonne nouvelle. Peut-être même bien la seule.

« Parfait, nous aurons donc un effet de surprise. »

Et par effet de surprise, il pensait évidemment à une flèche entre les deux yeux de cet individu. Ce que comprit parfaitement Natalia.

« Ce n'est pas un enfant de cœur, Barton, » le mit-elle en garde. « Le KGB se fout des règles morales et des conséquences de ses actions. Il n'hésitera pas à vous torturer pour vous faire révéler le nom de votre agence et de son emplacement. »

Son pied s'agita, signe évident de sa nervosité naissante. Plus il en apprenait et moins il avait de le rencontrer. Il connaissait néanmoins les risques et y était habitué mais cela ne l'empêchait pas de se dire qu'il était cinglé d'aimer son métier.

« Pas la meilleure des perspectives, » admit-il, le front plissé. « Tu as une photo récente de lui ? »

Elle répondit négativement d'un signe de tête.

« Il est capable de modifier son apparence d'un claquement de doigt. Le repérer à l'avance sera quasiment impossible, » indiqua-t-elle. « Il faudra qu'on attende qu'ils viennent à nous pour agir. »

« Et s'il décide d'employer une arme à distance ? »

Pour l'avoir déjà défier lors des entraînements, elle était certaine qu'il n'en ferait rien.

« Ce n'est pas dans son caractère, » réfuta-t-elle cette hypothèse. « Il préférera m'attaquer en personne juste pour me prouver qu'il est meilleur que moi. »

« Il l'est ? »

Son corps se figea.

C'était bien la principale question qu'elle se posait.

« A l'époque, non, » confia-t-elle difficilement en baissant la tête.

Bien qu'elle aimait l'adrénaline que lui procurait sa vie grâce à ces gens, parler de cette période de son passé était toujours une épreuve,

« Et maintenant ? » Voulut savoir l'archer.

Relevant la tête, elle planta ses verts dans les siens.

« Je n'en sais rien, » avoua-t-elle. « Il me surpassait souvent au combat de par son poids mais mon agilité et ma technique étaient meilleurs. Il en a gardé certaines rancunes. S'il a été envoyé ici c'est qu'il s'est proposé. Il en profitera sûrement pour se venger. »

Ce qui signifiait qu'il redoublerait de force pour atteindre son objectif.

« Et bien, il ne nous reste plus qu'à trouver un plan en béton pour le coincer et l'empêcher de nuire, » annonça Clint, la voix faussement enjouée.


Voilà pour cette suite. J'essaie réellement de construire quelque chose de cohérent et c'est donc pour cette raison que je peaufine autant cette histoire. J'espère donc vraiment que vous appréciez.

N'hésitez pas à me dire vos avis ou vos pensées sur ce qui se passera ensuite.

Je vous dis, à la prochaine,

Tanutwo

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