Voilà, je tiens à rappeler que, n'étant pas tortues et n'ayant pas vécu ce qu'ils auraient vécu dans les égouts, les garçons ne sont pas ici tout à fait tels qu'ils le sont dans la série. Je ne pense pas que Léo et Raph soient "voués" à se battre, au contraire, je pense que dans des conditions normales, ils s'entendraient très bien, alors que Raph et Donnie ?... Plus tendu. Ne parlons pas non plus de Léo et Mikey ^^ Enfin voilà, je voulais juste parer à toutes remarques à propos de OOC.

Ceci est un AU, les garçons y sont donc à ma sauce !

Bonne lecture ;)

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Chapitre Dix :

« Vous savez forcément où il habite ! S'exclama Raphaël avec emportement. Vous ne pouvez pas sortir son dossier ? Vous en avez un, au moins ? Non mais qu'est-ce que c'est que cette police !

- Monsieur, je vous prie de bien vouloir vous calmer, répondit froidement la policière qui lui faisait face. J'ai le dossier de Michelangelo sous les yeux et je vous répète que sa dernière adresse connue est celle de l'orphelinat où il vivait. Je ne peux rien faire de plus.

- Mais enfin !...

- Calme-toi, Raph, le pria Donatello en posant une main apaisante sur son bras. Ce que tu fais ne sert à rien. »

Avec agilité, Léo fit un pas de côté et se plaça devant Raphaël afin de prendre le contrôle de la conversation. C'était le troisième commissariat dans lequel ils entraient et personne ne semblait pouvoir les renseigner à propos de Michelangelo. Dans le premier, ils n'avaient même jamais vu le personnage, dans le deuxième, sa dernière incarcération datait de plus de deux ans, et dans celui-ci, sa seule visite derrière les barreaux avait été raccourcie par quelqu'un qui avait payé sa caution, trois mois auparavant. Depuis, plus rien.

« S'il vous plaît, il n'y a rien de plus que vous puissiez faire ? Supplia presque Léo.

- Pourquoi recherchez-vous ce gamin, d'abord ? », demanda la policière, suspicieuse.

Tiens, pour nous elle donne du « monsieur », mais pour Michelangelo qui a le même âge, c'est du « gamin », remarqua Léonardo.

« On le connaissait il y a très longtemps, répondit-il. C'était… un très bon ami à nous, et on aimerait bien le retrouver. Vous ne pouvez vraiment pas nous aider ?

- Je suis désolée. », s'excusa-t-elle, légèrement radoucie.

Abattu, Léo secoua la tête pour lui indiquer qu'elle n'y pouvait rien, et se détourna. Raphaël et Donatello étaient sorti sur le parvis du commissariat, sans doute pour essayer de calmer le premier qui, depuis l'épisode de l'orphelinat, la veille, ne semblait pas décolérer. Léonardo les rejoignit.

« Ils ne peuvent vraiment pas nous aider, déplora-t-il quand Donnie leva des yeux interrogateurs vers lui.

- C'est dingue ça ! Tempêta Raphaël qui repartit au quart de tour. Il n'a quand même pas pu disparaître comme ça !

- Raph, s'il te plaît... commença Léonardo.

- Ne me demande pas de me calmer alors qu'on ne sait même pas où est Michelangelo ! L'avertit son frère en pointant un doigt accusateur sur lui. Je te préviens, si tu le fais !...

- On va le retrouver, tenta de l'apaiser Léo. On n'abandonne pas.

- Mais c'est facile à dire, pour toi ! Sauf que si Michelangelo est tout seul et introuvable maintenant, c'est à cause de moi !

- Qu'est-ce que tu racontes encore ? Soupira Donatello. C'est n'importe quoi...

- Non, c'est la vérité ! Il ne restait que lui et je l'ai lâché... J'étais trop occupé à donner des coups de pieds, et je ne l'ai même pas vu partir. Un instant je l'entendais crier, l'instant d'après j'étais tout seul. Vous étiez tous partis, et c'était de ma faute. »

Alors que Léonardo sentait son cœur se serrer et refrénait l'impulsion qui le poussait vers son frère, Donnie eu un grognement. Aucune pitié ne se lisait sur son visage, seulement un profond agacement.

« C'est bon ? Demanda-t-il en faisant pivoter son fauteuil de façon à tourner le dos à Raphaël. Tu as terminé avec l'auto-apitoiement ? Excuse-moi, hein, mais ce que tu dis n'a aucun sens, et tu le sais très bien. D'une manière ou d'une autre, on aurait été séparés, ça n'avait rien à voir avec toi.

- J'étais... ! Tu !... Raaah, laissez tomber ! S'exclama l'accusé, au bord de l'explosion. Vous ne comprenez rien.

- Attends, tenta Léonardo en le voyant se détourner. Allez, Raph !

- Fous-moi la paix, Léo. J'ai besoin d'air. », rétorqua celui-ci en s'éloignant à grands pas.

Il traversa le parc qui s'étendait devant le commissariat sans prêter la moindre attention à la neige qui entravait sa route et disparut au détour d'un bassin, les mains profondément enfoncées dans ses poches. Léonardo se tourna vers Donatello.

« Tu ne trouves pas que tu y as été un peu fort ? Demanda-t-il d'un ton accusateur.

- Non, rétorqua son frère en croisant les bras sur sa poitrine, comme un enfant boudeur. Il m'énerve à toujours croire que le monde tourne autour de lui.

- Il a été le dernier d'entre nous à être emmené. Il nous a tous vu disparaître les uns après les autres, tu peux comprendre que...

- Et moi j'étais le premier, rétorqua Donnie. Moi aussi je pourrais m'apitoyer sur mon sort, parce que j'ai longtemps crus que j'étais le seul à avoir été replacé. J'ai longtemps que cru que vous étiez restés ensembles, tous les trois. Bon, et alors ? C'était des délires paranoïaques d'enfant ! J'en fais pas tout un plat. »

Ne trouvant rien à répondre à cela, Léonardo préféra laisser au silence le soin de combler l'espace entre son frère et lui. Ils restèrent longtemps ainsi, à éviter le regard de l'autre. Léo commençait à sentir le froid engourdir ses doigts quand son téléphone décida de sonner.

« Allô ? Marmonna-t-il en se détournant de Donatello, toujours agacé par ce qui avait été dit.

- Oulà, toi, tu n'es pas dans ton assiette, plaisanta Karaï à l'autre bout du fil. Il y a un problème ?

- Hey, Salut, répondit-il avec un peu plus d'enthousiasme. Euh... Ouais, on n'arrive pas à trouver Michelangelo, personne ne sait où il habite. Et puis Don, Raph et moi, on vient de s'engueuler, aussi. Accessoirement...

- Aïe, pas drôle, pas drôle, compatit la jeune femme. Heureusement que Big Sis est là pour te remonter le moral, pas vrai ?

- Quoi, tu as une bonne nouvelle ? Tu as largué Hun ?

- Hey, je sais que tu ne l'aime pas, mais tu n'es pas obligé de le crier sur tous les toits ! Protesta-t-elle alors que son frère ricanait bêtement. Cela dit, ce n'est pas fait, mais ça va pas tarder à l'être, il commence vraiment à me gonfler.

- Première bonne nouvelle de la journée !

- Breeeef, non, ce que je voulais te dire, c'est que P'pa et M'man ont ouvert un compte épargne à ton nom. Ils y verseront de l'argent chaque mois pour tes futurs trajets entre New-york, Boston et St-Paul. C'est le cadeau d'anniversaire de eux à toi, avec huit mois de retard.

- Oh, c'est trop cool ! S'exclama Léo qui ressentit une brusque envie d'embrasser ses parents. Dis leur merci de ma part.

- Un peu que c'est cool ! Ronchonna Karaï d'un ton malicieux. Ils ne m'ont pas augmenté mon argent de poche, à moi, pour mon anniv. J'ai toujours dis que tu étais le chouchou.

- Ils t'ont offert une moto, excuse-moi du peu, se moqua Léo.

- C'est pas faux... Bon, frangin, je dois y aller. J'ai bien fait mon job ?

- Tu m'as bien remonté le moral, si c'est ça ta question, répondit Léonardo en souriant. On va retrouver Michelangelo.

- Bien sûr que vous allez le retrouver. Je suis sûre que Don et Raph ont déjà une idée à propos de la prochaine manœuvre. À plus, Léo. N'oublie pas d'appeler les parents.

- Je vais le faire. À plus, Karaï. »

Rasséréné, Léonardo raccrocha avec le sourire. Sa sœur avait le chic pour toujours appeler au bon moment. En se retournant, il constata que Donatello n'avait pas attendu qu'il finisse son appel en mourant de froid, mais était de nouveau à l'intérieur du commissariat, en train de parler à la policière.

« Merci, disait Donatello quand son frère le rejoignit.

- De rien, répondit l'agent de police avec un sourire. J'espère que vous le trouverez. Au fond, il n'est pas méchant ce môme. »

Une nouvelle fois, Léo tiqua au mot « môme » alors que Michelangelo, tout comme eux, avait ses vingt-deux ans bien sonnés. Il garda cependant le silence et suivit Donnie quand celui-ci retourna dehors.

« Des nouvelles de Raph ? Demanda ce dernier, visiblement calmé de son petit coup de gueule précédant.

- Nop, c'était Karaï, pas Raph.

- Bah, appelle-le, parce qu'on est bon pour une expédition dans la banlieue de Saint-Paul. Tu es prêt ?

- Pourquoi ? Qu'est-ce qu'on va faire... Commença Léo avant de remarquer le sourire XXL de son frère. Qu'est-ce qu'il y a ?

- J'ai peut-être une piste pour Michelangelo, déclara Donatello d'un air satisfait.

- C'est vrai ? S'exclama Léonardo en se demanda sérieusement si Karaï n'était pas médium. Comment tu as fait ?

- Tu te souviens que la policière nous a dit que quelqu'un avait payé sa caution, la dernière fois qu'il s'est fait enfermé ?

- Ouais, et alors ?

- Ben je lui ai juste demandé l'adresse de cette personne. Un certain Léo-Henri. Il habite à l'autre bout de la ville, mais ça vaut le coup d'aller le voir, non ? S'il a payé pour le faire libérer, c'est qu'il doit connaître Michelangelo plutôt bien.

- Don, tu es un génie, marmonna Léo, abasourdis par la simplicité du résonnement.

- Hey, je suis pas entré au MIT parce que je faisais bien des claquettes, pas vrai ? Dépêche-toi d'appeler l'autre idiot, qu'on puisse y aller tout de suite. »

Léonardo tenta de joindre Raphaël, mais tomba trois fois de suite sur le répondeur. Agacé par l'entêtement de son frère, il se dépêcha de suivre Donatello qui poussait déjà son fauteuil vers l'arrêt le plus proche. Ils prirent un bus, puis un autre, pour rejoindre l'adresse qu'avait indiqué la policière.

Le quartier était tout à fait correct mais l'immeuble devant lequel il se retrouvèrent aurait bien eu besoin d'un ravalement de façade, ainsi que de travaux importants.

« Tu montes ? Demanda Donnie.

- Tu ne viens pas ?

- Il n'y a pas d'ascenseur. A moins que tu me porte, ça va pas être possible. Et je préférerais éviter cette solution, si possible. J'ai quand même ma fierté. »

Ainsi livré à lui-même, Léo poussa la porte de l'immeuble que quelqu'un avait pris soin de coincer avec une brique, et entra dans le hall. S'il avait espéré trouver un peu de chaleur, il fut amèrement déçu. Il faisait presque plus froid à l'intérieur qu'à l'extérieur.

Le New-Yorkais n'avait aucune idée de l'étage où il devait se rendre, aussi décida-t-il d'essayer tous les paliers. Au premier, il tomba sur un petit vieux qui l'envoya paître sans ménagement et une porte que personne n'ouvrit. Au deuxième, un enfant lui répondit de derrière le battant qu'il n'avait pas le droit de parler aux inconnus ou à ses voisins tant que ses parents n'étaient pas là, et de la très mauvaise musique rugissait dans l'appartement voisin. Léo ne prit pas la peine de toquer, se disant qu'on ne l'entendrait de toute façon pas. Enfin, au troisième, alors que sa main était déjà levée et prête à frapper la première porte, un papier pourtant collé à quelques centimètres de son visage attira son attention.

« Mike, je suis sorti. Si tu veux me rendre mon matos, tu me trouveras au Pirate. LH »

LH. Ça ne pouvait être que Léo-Henri, pas vrai ? Et ça s'adressait à un certain Mike. Ce surnom était plutôt celui des Michaël, ou des Michel, mais ça pouvait aussi marcher pour Michelangelo, n'est-ce pas ? Pour Léonardo, il était d'ores et déjà évident que tout concordait, et qu'il venait de trouver son premier indice bien tangible au sujet de son frère. La première chose qui lui prouvait, pour de vrai, que celui qu'il cherchait était en vie. Le brusque soulagement qu'il ressentit lui fit l'effet d'une décharge d'adrénaline.

Extatique, le jeune homme dévala les escaliers quatre à quatre pour se précipiter dehors. Donatello était penché en avant et frottait vigoureusement ses jambes.

« L'ennui, c'est que je ne sais même pas si ce que je fais est utile, grommela-t-il à l'adresse de Léo avant de remarquer son visage et de sourire à son tour, par mimétisme. Tu as déjà fini ? Qu'est-ce qu'il y a ? Demanda-t-il, d'un seul coup très excité. Tu as trouvé quelque chose ?

- Léo-Henri n'est pas chez lui, mais il laissé un mot pour Michelangelo ! » S'exclama Léonardo pour qui le calme n'était plus qu'une notion abstraite.

Alors qu'il prononçait ces mots, son téléphone sonna. Son sourire qui faisait déjà le tour de sa tête s'élargit encore un peu si s'était possible en voyant le nom de son interlocuteur.

« Raph ! S'écria-t-il sans prélude. On a une piste pour Michelangelo ! Tu es où ?

- C'est pas vrai ? Ricana Raphaël à l'autre bout du fil. Je ne peux pas vous laisser deux minutes sans que vous trouviez des trucs. »

Malgré la plaisanterie, Léonardo entendit comme une angoisse, une inquiétude dans la voix de son frère, et son excitation retomba un peu. En voyant sa nouvelle expression, Donatello comprit sans doute que quelque chose clochait car toute son attention revint sur Léo dans la seconde.

« Y'a un problème ? Demanda celui-ci.

- Je ne sais pas, marmonna Raph dont on pouvait presque voir le dandinement mal à l'aise à travers le téléphone. Je crois… Je crois que je viens de voir Michelangelo.

- De quoi ?!

- Ouais… Enfin, je ne suis pas du tout sûr que c'était lui, mais si c'est le cas, alors oui, Léo, on a un gros, gros problème. »