Salut à tous, me revoila bien en avance pour poster ce chapitre. J'ai été très motivé pour écrire, ce qui explique que je poste les derniers chapitres plus rapidement. J'espère que celui ci vous plaira. Faites moi savoir ce que vous en pensez, ça m'aidera beaucoup. (Appel aux review déguisé).

Allez, bonne lecture à tous.

Disclaimer : touhou Project appartient à ZUN.


Chapitre 10 : Faire face à l'horrible petit secret caché dans la cave

Cela faisait environ un quart d'heure que Remilia hésitait à ouvrir la porte de bois qui lui faisait face.

Après avoir longuement réfléchi à ses actes, elle avait compris que sa servante avait eu raison sur toute la ligne. Elle n'était qu'une petite fille ingrate et égoïste, cruelle pour son seul plaisir et inconsciente de la douleur qu'elle provoquait chez ses proches.

Consciente de ses erreurs, la vampire voulait faire amende honorable auprès de tous ceux qu'elle avait blessée, pour tenter de réparer ses erreurs passées. C'était emplie de ces bonnes résolutions et animée par la volonté de respecter ses engagements, qu'elle avait décidée de commencer par présenter ses excuses à sa petite sœur.

Le constat frappa brutalement la créature nocturne. Autrefois, elle n'aurait jamais ressenti la moindre culpabilité, le moindre regret. Elle n'aurait jamais affiché la moindre émotion positive envers quiconque, ne montrant que le visage altier de la maîtresse des lieux. Actuellement, la buveuse de sang était beaucoup moins froide. Chaque jour, elle repensait à ses actions et sa méchanceté la rendait malade. C'était en quête de pardon qu'elle se trouvait face à cette porte depuis plusieurs minutes, mais elle n'osait pas la franchir.

La peur grimpait en elle, progressant lentement pour empoisonner ses sens, comme une liqueur glacée qui grimpait sur son échine. Elle craignait d'ouvrir la porte conduisant vers la cave, s'inquiétant en particulier de la façon dont se comporterait Flandre lorsqu'elle la verrait.

Inspirant un grand coup, le démon en robe rose appuya sur la poignée avec un geste fort. Lorsque la porte s'entrebâilla, Remilia recula d'un bon mètre. Les gonds grincèrent légèrement, s'ouvrant sur un couloir très faiblement éclairé. Face à cette ouverture vers les souterrains, la vampire sentit qu'elle ne pouvait pas reculer. Le noir l'appelait, l'attirent et la repoussant en même temps. Remilia descendit lentement, gardant une main sur le mur de pierre froide, comme pour se convaincre que ces murs étaient ceux de sa demeure et qu'elle n'avait rien à craindre en ses propres murs.

La descente des marches lui parut interminable, chaque pas de plus dans les ténèbres soulevait un petit nuage de poussière et le bruit de ses pantoufles semblait claquer, résonnant contre les murs bruts. A chaque pas qu'elle faisait, Remilia avait la désagréable impression d'avancer dans les intestins d'un monstre, se dirigeant fatalement vers un inconnu qui ne pouvait qu'être pire.

La vampire déverrouilla une succession de portes blindées, avançant de plus en plus dans les souterrains. Elle aurait voulu faire demi tour, mais elle savait qu'elle était obligée d'aller jusqu'au bout. Surmonter la peur de sa sœur était la première étape de sa quête de rédemption. La température froide la fit frissonner et la poussa à accélérer, à ne pas rester dans ces lieux venteux pour ne pas s'enrhumer. A chaque fois, les cellules vides et humides semblaient la narguer, comme pour lui rappeler qu'elle avait jadis été une des occupantes de ces pièces lugubres et glacées.

Lorsque le démon écarlate fit face à une nouvelle porte, son corps commença à trembler. Ses souvenirs affluaient, alors qu'elle savait que derrière, elle trouverait ce qu'elle était venue chercher. Cette simple masse de bois conduisait dans un groupe de pièces qui maintenaient sa sœur isolée du reste du monde.

Remilia chercha à ouvrir la porte, avant de constater avec stupeur que le loquet était situé à l'intérieur, de l'autre coté des murs. Alors que tout était pensé pour empêcher quelqu'un de s'évader, l'aménagement avait été revu pour empêcher les gens de rentrer dans la pièce. Les serrures avaient été changées, transformant cette partie des cachots en une place forte, en un bunker qui protégeait ses occupants de ceux qui se trouvaient dehors.

Loin de se laisser démonter par l'absence de réponse, Remilia se lassa vite de toquer contre le bois et usa de sa magie rouge pour faire sauter élégamment la serrure. De l'autre coté, les choses étaient radicalement différentes, n'ayant plus grand chose en commun avec le reste du sous-sol. Une chaleur élevée régnait dans la pièce, du fait des multiples braseros qui éclairaient les murs. Les fenêtres barrées avaient été doublées par du verre, limitant les courants d'airs et les infiltrations d'humidité.

Remilia décida d'explorer les lieux, curieuse de savoir comment sa sœur avait aménagé les cellules. La vampire se demanda combien de temps s'était-il écoulé depuis sa dernière visite ? Ellee se sentit encore plus mal, honteuse d'avoir abandonnée sa cadette depuis si longtemps. L'une des pièces était occupé par ce qui semblait être une salle de réception, comme en témoignait les multiples poupées assises en cercle autour d'une table. La plus grande chaise, celle qui faisait face à la fenêtre barrée était une sorte de trône surélevé, décoré comme celui de la véritable maîtresse du manoir. Cette dernière comprit rapidement que sa sœur copiait les lieux de pouvoir du manoir. Une dînette, accompagnée d'un service à thé dépareillé ramassé dans un coin, confirmait les impressions de Remilia.

-Elle m'imite, affirma t-elle pour elle-même. Elle veut me ressembler.

La créature ailée sortit et explora les autres pièces du complexe souterrain. Passant rapidement sur la petite salle de bain et la penderie contenant plusieurs robes, le démon écarlate s'attarda dans le cellier. De nombreuses bouteilles étaient stockées dans les caves, une bonne partie étant déjà vidées. L'une d'entre elles, à moitié pleine, était posée avec inattention sur le caisson de bois. Remilia regarda distraitement l'étiquette et se laissa tenter.

- Allez, c'est une excellente année. Austerlitz, 1805. Un vrai régal que j'ai moi même mis en bouteille.

Remilia saliva à cette pensée, elle adorait remplir des cuves entières avec le sang frais des humains. Chaque bataille ayant lieu était une aubaine, elle n'avait plus qu'à achever les blessés le soir, alors que personne ne faisait attention à elle. Dommage que les guerres aient fini par s'affranchir des horaires et que l'évolution technologie ait rendu ses chasses nocturnes plus délicates.

Dès qu'elle eut fini de boire le contenu, goûtant avec délectation l'hémoglobine bonifiée pendant deux siècles, soigneusement séparée du plasma sanguin, le regard de Remilia fut attirée par l'un des murs austères. Quittant la cave à « vin » , elle vit un étonnant dessin sur la pierre. La qualité du trait laissait penser que l'auteur était approximativement une enfant de cinq ans, mais les personnages étaient aisément reconnaissables. Avec les habits, les ailes et les ornements représentés, il était facile de deviner que ce graffiti représentait Flandre, tenant la main de sa grande sœur. Face à ce dessin d'enfant, Remilia fut touchée. La seule personne que Flandre avait représentée n'était autre que son aînée.

- Alors … elle m'aime tant que ça ? constata Remilia, encore frappée par cette découverte qui la fit pleurer.

La vampire se sentit nauséeuse après cette découverte. Malgré sa cruauté, sa petite sœur l'aimait encore sincèrement, c'était un signe qu'il y avait encore de l'espoir pour obtenir le pardon de la cadette. Pour autant, l'image effraya également Remilia. Lorsqu'elle toucha la pierre, il s'avéra que l'image s'effritait si on la grattait trop fortement. La vampire regarda la poussière rouge sombre sur ses doigts et constata avec effarement que la réalisation avait été conçue avec du sang.

Remilia s'arracha à la contemplation du dessin, se dirigeant avec réticence vers la dernière pièce. Celle ci était protégée par une lourde porte d'acier, verrouillée de l'intérieur par une lourde herse de fer. Le linteau de pierre était décoré par un symbole sinistre, composé de la superposition d'une étoile à six branches, de cercles concentriques et d'une évocation stylisée des ailes de Flandre, le tout frappé par une lance brisée. Flandre avait peint son emblème au dessus de la pierre, une image véritablement angoissante à cause des bavures et des gouttes ayant coulé, le matériau employé ne laissant aucune place au doute.

La vampire regarda fixement le dessin macabre, dont le centre était composé d'une étoile qui semblait la fixer avec intensité. Elle aurait presque pu imaginer que ce dessin la prévenait qu'une fois entrée dans cette pièce, Remilia n'était plus chez elle. Prenant son courage à deux mains, la maîtresse du manoir toqua contre le bois centenaire.

Après quelques longues secondes, des pas résonnèrent de l'autre coté et le cliquetis de la serrure se fit entendre. La porte pivota sur ses gonds, laissant lentement entrevoir une silhouette noyée dans la pièce ténébreuse dont toutes les lampes venaient juste d'être éteintes.

- Onee-sama ? s'enquit une petite voix d'enfant. C'est toi ?

Remilia trembla légèrement avant de se maîtriser, elle devait garder sa constance et son image de femme sûre d'elle. Sa dureté ainsi affichée, elle entra dans la pièce, avant d'être immédiatement enserrée par sa sœur. Remilia faillit tomber sous le poids et l'élan de sa sœur, mais elle resta debout, avant de regarder ce visage qu'elle craignait tant. La blonde était restée agrippée, un grand sourire sur son visage.

- Onee-sama … je suis contente de te voir, affirma timidement Flandre, j'avais peur que tu ne veuilles plus me voir.

Face à ce visage adorable, Remilia ne put que fondre et laissa un sourire orner son visage. Elle discuta quelques instants avec sa sœur qui était restée calme et attentive.

- Tu veux jouer avec moi ? demanda la petite en implorant.

- Pas maintenant, coupa Remilia, j'ai d'autres choses plus importantes à te dire.

- Sakuya elle joue toujours avec moi, répondit l'enfant avec une pointe de colère dans sa voix. D'ailleurs, elle n'est pas venue hier … ni avant hier. Onee-sama, ou est Sakuya ?

La vampire baissa la tête, ne sachant pas comment répondre à sa sœur visiblement déçue, mais qui était encore calme. Ce n'était pas un simple caprice, Flandre aimait réellement les moments passés avec la servante, lorsqu'elle riait en poussant ce son cristallin que tout adulte aime entendre chez un enfant.

- J'ai fait une terrible erreur, gémit la maîtresse du manoir. Je l'ai chassée.

Le mot frappa durement Flandre. Même si elle n'avait que cinq ans d'âge mental, elle savait très bien ce que ça voulait dire.

- Tu … l'as chassée ? Mais pourquoi ? demanda la cadette avec les yeux brillants de larmes contenues.

Elle a jetée Sakuya comme une malpropre …

- J'ai été une idiote. Je me suis mise en colère et j'ai été trop loin, avoua l'aînée avec regret.

- Tu es méchante.

La voix de Flandre s'était faite radicalement différente. Plus basse, plus froide, plus grave et chargée de menaces, cette tonalité plus sombre indiquait que la gamine était à la limite de la rupture.

- Je ne suis pas méchante. J'ai toujours voulu être là pour toi, parce que je t'aime !

- Menteuse ! répondit Flandre avec hargne. Sakuya est gentille ! Elle joue toujours avec moi, elle me laisse sortir dehors et passe toujours le soir pour me dire bonne nuit ! Toi, tu m'as abandonnée. Tu es méchante ! asséna brutalement la plus jeune.

Remilia était choquée. Sa sœur venait de lui asséner la cruelle vérité, de la même façon que la servante parfaite l'avait fait quelques jours auparavant.

- Je ne voulais pas ça, tenta maladroitement le démon, ne sachant pas quoi dire à sa sœur pour ne pas perdre la face.

- Quand je suis triste tu n'es jamais là pour me prendre dans tes bras. Même quand je pleure, quand je les revois. Sakuya est douce, douce, gentille avec moi. Elle me console, me calme même quand je l'entends.

- Qui ça « elle » ? Qui entends tu ? interrogea sèchement Remilia.

- L'autre, finit la cadette, avouant à demi mot.

Flandre trembla légèrement à la mention de la petite voix qui ne la quitte jamais et qui lui murmure des conseils pernicieux. Cette petite voix si tentatrice et dont le pouvoir de séduction n'avait d'égal que la malveillance.

- Sakuya me calme toujours, quand je l'entends. Toi, tu n'es jamais là, jamais. Surtout quand elle est là, quand elle me parle sans arrêt, sans arrêt, sans arrêt, sans arrêt, sans arrêt, sans arrêt, sans arrêt, sans arrêt, sans arrêt, sans arrêt, sans arrêt, sans arrêt …

Remilia commença à sentir la peur s'infiltrer en elle, tandis que des sueurs froides commençaient à tremper sa robe. Elle recula doucement, sans gestes brusques face à cette bête sauvage mortelle, cherchant la poignée de la porte à tâtons.

- Sakuya est douce … apaisante. Douce, comme le vin qu'elle m'apporte. Douce … rouge … rouge …

La petite fille commença à sangloter, poussant de petits cris aigus entre deux larmes. A ce moment la vampire écarlate s'agenouilla près de sa sœur pour la calmer avant que la situation ne dégénère.

Flandre poussa un petit rire, qui se transforma en un fou rire incontrôlable. Un rire hystérique monta en elle, accompagné de cette envie irrépressible. Lorsque la blonde releva son visage, ses traits s'étaient élargis en un sourire carnassier. Les yeux aux pupilles fendues étaient si dilatés que le blanc entourait la totalité de l'iris rubis qui luisait, une flamme dansant profondément derrière eux.

- Petite sœur, tenta malaisément Remilia, visiblement inquiète de l'état mental de sa cadette qui continuait à rire en fixant son aînée.

- Sakuya. Elle est partie … partie … partie, répéta Flandre en accompagnant ses sanglots de rires hystériques.

Les yeux fous de la blonde croisèrent ceux de Remilia et la plus jeune distingua clairement la peur dans ceux de la plus âgée.

- Je vais te tuer !

Les canines proéminentes, la bouche grand ouverte et les yeux écarquillés, Flandre se jeta à la gorge de sa sœur. Lentement les doigts fins de Flandre se refermèrent, les ongles longs entrant profondément dans la chair et faisant perler le sang qui excitait ses sens.