Bon, je me répète et je radote, mais je remercie encore tous ceux qui me laissent des review. Ca fait vraiment plaisir à lire quand on ouvre ses mails, sérieux.
J'ai l'impression que mes chapitres sont de plus en plus courts, alors cette fois-ci, voilà deux chapitres d'un coup ! C'est parti !
Chapitre 9 – Ballade
Zoro marchait, encore et toujours.
« Je finirais bien par tomber sur quelqu'un » se disait-il, même s'il n'y croyait plus vraiment. Cela devait faire trois jours qu'il se baladait dans ce manoir, ne s'arrêtant que pour chercher quelque chose à manger ou pour piquer un somme, mais l'endroit était désespérément vide. Il y avait juste… ces scènes. Difficiles à décrire. C'était… comme si le manoir lui délivrait quelques souvenirs, des bribes du passé, de ce qui s'était déroulé en son sein au fil des années. Dans le salon, il apercevait un vieil homme distingué parler à sa femme, dans la cuisine, des dizaines de gens s'affairer à la préparation d'un repas. Il était témoin de banales scènes de famille, ou bien de sanglantes scènes de meurtres. « C'est bien une maison de fous, ça » se disait-il simplement. Tout en pensant calmement à toutes ces choses, le sabreur continuait de marcher, de marcher et d'assister à toutes ces scènes, tel le témoin d'un passé perdu.
« …Tout a commencé avec cet homme… Je ne sais rien de lui, il y a des tonnes de rumeurs qui circulaient à son sujet mais je n'y croyais pas. Les gens l'appelaient le Comte, mais maintenant c'est le Comte du Temps. On ne connaît même pas son nom ou son prénom. Il était vraiment solitaire, comme coincé à l'intérieur de sa propre tête, c'est étrange de dire ça mais ça lui correspond bien… »
Peut-être que son regard de fauve l'avait touchée, ou peut-être cette fille se sentait-elle seule et était contente de pouvoir déverser tout ce qu'elle savait, et pensait, à quelqu'un; toujours était-il qu'elle restait debout devant la cellule de Sanji, et débitait d'un ton monocorde l'histoire de son île, sans pouvoir s'arrêter.
« … un jour, comme ça, pendant l'été, il est sorti de ce manoir, il a exhibé cette montre… Il parlait de choses bizarres, il répétait que le passé était bien mieux que le présent, qu'on pouvait enfin réparer ses erreurs, il parlait, parlait, puis il a fini par remonter cette montre. A ce moment-là, tout s'est mélangé, je n'y comprenais plus rien, les couleurs se mélangeaient et j'entendais plein de voix dans ma tête. Quand ça s'est arrêté, j'étais au même endroit, mais… Quarante ans plus tôt, comme il l'a dit. Pourtant, je n'étais pas avec tous les gens de la place. Je ne voyais même plus le Comte. J'étais toute seule, coincée dans le passé. »
Sanji fumait sa clope, adossé au mur de sa cellule. Tout en l'écoutant, il réfléchissait. Il essayait de se souvenir de ce poème, que Robin-chérie avait trouvé. Qu'est-ce que c'était, déjà ? Il avait du mal à se souvenir. Ca paraissait si lointain. C'était si embrouillé… Embrouillé… Ah, voilà, embrouillé. C'était ça. Ce manoir n'avait aucun sens. Le fil du temps s'était déréglé. On vivait le passé. On oubliait le présent. Au moment même où ils ont mis les pieds sur cette île, ou peut-être était-ce en entrant dans ce manoir, ils se sont retrouvés coincés dans cet espace temporel étrange. Mais était-ce bien cela ? Jusqu'où ce champ déréglé pouvait-il bien s'étendre ? Suffisait-il d'y entrer pour en être prisonnier ? Et puis, tout n'était pas clair. Si cette fille s'est retrouvée coincée dans le passé, que faisait-elle ici ? Elle parlait des habitants… Ils sont toujours là… Mais quand est-ce que cette histoire s'est-elle déroulée ?
Après le départ de Robin, Usopp resta un très long moment, assis sur ce canapé. Il resta comme ça pendant des heures, peut-être même des jours, il ne le savait même pas. Ressassant les paroles de son amie, il finit par arriver à la même conclusion que Sanji.
Cette île est totalement déréglée… Ce Comte ne contrôle pas le temps, il en est prisonnier, et nous aussi.
Et puis, simultanément, le même souvenir revint dans leur esprit.
Mort ou raison,
Sont les seules solutions.
Pas le choix, il fallait éclaircir tout ça.
